vendredi 2 juillet 2010

Bettencourt : la droite fait bloc derrière Woerth

La polémique sur les liens supposés entre l'évasion fiscale de Liliane Bettencourt, le ministre et trésorier de l'UMP Éric Woerth et sa femme s'est déplacée à l'Assemblée nationale.
Le ministre du Travail doit démissionner. C'est la teneur des réactions à gauche, à la suite des révélations de l'affaire Bettencourt, vite devenue l'affaire Woerth. D'abord parce que les soupçons d'évasion fiscale qui visent Liliane Bettencourt éclaboussent Florence, épouse du ministre et salariée du gestionnaire de fortune de l'héritière de L'Oréal, deuxième fortune de France (estimée à 16,9 milliards d'euros - NDLR). Ensuite parce que le ministre lui-même est accusé au pire d'avoir couvert, au mieux d'avoir fermé les yeux.
« La question du conflit d'intérêts se pose de manière évidente », a déclaré la secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot, hier sur Europe 1. Les députés communistes et républicains, par la voix de Roland Muzeau, estiment que les faits « ne semblent laisser place à aucune conjonction de hasards ». Le premier ministre doit « demander à son ministre du Travail de se mettre en congé des affaires publiques ». Le député PS Arnaud Montebourg, dont on se souviendra qu'il a écrit plusieurs rapports sur les paradis fiscaux, est le plus véhément : « Les milliardaires d'aujourd'hui vivent très bien, fraudent en toute impunité le fisc. Les procureurs du gouvernement les protègent, des femmes de ministres les aident et ils ont le soutien du pouvoir, tout va bien. »
Logiquement, la droite fait bloc. Lors des questions au gouvernement, le chef du gouvernement, François Fillon, dénonçant « un long cortège de dénonciations anonymes, de calomnies, de corbeaux, de petits calculs politiques », a redit « toute (sa) confiance et (son) amitié » au ministre du Travail. Lequel, quelques minutes plus tard, a estimé qu'« il n'y a pas de conflit d'intérêts parce qu'il n'y a pas d'intérêt ni de mon épouse ni de moi dans cette affaire ». Démissionner ? « Il n'y a aucune raison que je le fasse », avait-il déjà dit avant la séance.
Il ne faudrait pas oublier le cour de l'affaire : les fraudes fiscales couvertes par une droite qui favorise avant tout le capital. L'héritière de L'Oréal ne paierait ainsi que 4 % d'impôts ! Ce que le député socialiste Dominique Raimbourg dénonçait en rappelant que, puisque la fraude est avérée, elle est « passible de sanctions fiscales et de sanctions pénales ». Sur ce point, pas de réponse. Le ministre du Budget, François Baroin, a même qualifié de « malsaine » la « curiosité des députés ».
Le seul qui se frotte les mains dans cette affaire est Olivier Metzner, avocat de Françoise Bettencourt-Meyers, fille de l'héritière de L'Oréal, en conflit avec sa mère et qui aurait commandé les enregistrements des conversations qui ont révélé l'affaire, entre Liliane Bettencourt et son gestionnaire de fortune. « Je ne peux que me réjouir qu'on reconnaisse ainsi que le contenu des enregistrements est vrai, puisque l'une démissionne et l'autre rapatrie ses fonds », a-t-il déclaré.

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