Appel

mercredi 29 juin 2011

Pouvoir d’achat : l’attente des classes populaires

Le « travailler plus pour gagner plus » de Nicolas Sarkozy a fait long feu. Les Français sont de plus en plus inquiets pour leur pouvoir d’achat, qui se hisse en tête de leurs préoccupations avec l’emploi. En 2012, il faudra compter avec cette inquiétude. Reportage dans la région lorientaise (Morbihan) où un habitant sur trois est ouvrier.
C ’est la France qui se lève tôt, la « vraie France, celle qui souffre » comme l’haranguait en 2007 celui qui n’était encore que le candidat Sarkozy. C’est à elle qu’il promettait de « travailler plus pour gagner plus ». Mais quatre années plus tard, cette France-là se réveille avec la gueule de bois.
Il est 13 h 45. Devant l’usine Triskel dans laquelle sont fabriqués andouilles, saucisses et boudins, c’est le chassé-croisé des 2-8. Près de 150 personnes travaillent ici. Thibaud sort de l’enceinte de l’entreprise en vélo après 9 heures de travail. « Ce matin, j’ai commencé à 4 h 30. Cette semaine, c’est 10 heures par jour, la semaine dernière, c’était parfois des journées à 13 heures, et deux mois avant, seulement 5 heures. »
Le jeune homme de 26 ans est en CDI depuis quatre ans, il gagne «  le Smic, plus de temps en temps des primes d’intéressement ». Au total : un peu plus de 1 000 euros pour lui, sa compagne qui ne travaille pas et leur fille de 4 ans. « On ne s’en sort pas du tout. On fait attention à tout. Quand on fait les courses, on regarde tout, on compare les prix. »
« Bosser pour rien » Les heures supplémentaires défiscalisées, l’une des mesures phares du gouvernement pour inciter les entreprises à avoir recours aux heures supp’ et ainsi augmenter le pouvoir d’achat des salariés, ont été mises en oeuvre dès octobre 2007 (loi Tepa) mais Thibaud n’en a pas vu pas grand-chose : «  Le problème, c’est qu’on est payé en heures supplémentaires qu’à partir de 42 heures, et les patrons s’arrangent pour qu’on n’en fasse pas trop. On est annualisé, alors entre 35 heures et 42 heures, on rattrape les heures qu’on n’a pas faites les semaines où il y avait moins de travail. Mais quand on a bossé 13 heures dans la journée, et qu’on n’est pas payé en conséquence, oui, on est un peu dégoûté, on a l’impression de bosser pour rien.  »
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