Appel

samedi 30 juillet 2011

Votre blog préféré se met en mode vacances....

Le deuxième exil des communards

Rédacteurs : Eric Fournier et Quentin Deluermoz, enseignants et publiant sur la commune.
En cette année 2011, l’importance des commémorations du 140ème anniversaire de la Commune de Paris a surpris bien des observateurs tant par la multiplicité des manifestations que par l’intérêt soutenu d’un public divers. La Commune reste un objet mémoriel notable. Ce qui est d’autant plus intéressant au regard de la faible place qu’elle occupe dans les programmes de l’enseignement secondaire et qui semble vouée à se réduire comme peau de chagrin. C’est l’occasion de s’interroger sur les raisons de cet effacement et sur la manière dont l’enseignement de la révolution communale pourrait singulièrement compliquer la compréhension du dix-neuvième siècle et de notre « modernité » politique.
Le dix-neuvième siècle, terra incognita scolaire ?
L’application du nouveau programme de première générale jette une lumière crue sur l’évolution de la place attribuée à la Commune dans l’enseignement secondaire. Dans l’ancien dispositif sa place était honorable. Elle était traitée à deux reprises. En quatrième, dans le cadre de « l’évolution politique de la France (1815-1914) », une séquence d’une heure lui était consacrée. Puis, en première générale, elle pouvait être traitée en une ou deux heures dans le cadre « de la IIème République à 1879 : la recherche d’un régime politique ».  Ainsi, après avoir acquis les bases au collège, le cycle terminal, quoique empreint d’une certaine téléologie républicaine, autorisait un approfondissement permettant de mettre en valeur la complexité des processus socio-politiques qui aboutissaient à la IIIème république.
La nouvelle version applicable en 2011 propose de significatifs déplacements qui ne concernent pas tant la seule Commune que l’ensemble du dix-neuvième siècle. Auparavant abordé par trois fois (quatrième, seconde, première), celui-ci reste pleinement abordé en quatrième mais, dans le cycle terminal, entre un premier dix-neuvième siècle remisé en fin de seconde et un second dix-neuvième siècle qui ne commence abruptement qu’en 1880 dans le programme de première, la période subit comme un double effacement. Le premier est quasi officiel : il organise un vide entre 1848 et 1880. Le second est plus pragmatique, puisque chacun sait qu’il est quasiment impossible de terminer le programme de seconde. Au total, c’est un vaste premier XIXe siècle qui se trouve ainsi escamoté.  On pourra nous objecter que l’enseignement de l’histoire n’obéit pas une stricte linéarité chronologique et que la Commune est consacrée comme un acquis du collège. Il n’en demeure pas moins que certains thèmes ont droit à un approfondissement au lycée, notamment – et c’est une bonne chose -la Révolution française, le 20e siècle, le fait colonial. Quant au XIXe siècle, lorsqu’il reste abordé, c’est prioritairement dans une plus longue durée et dans ses aspects économiques, sociaux ou culturels, mais étonnamment pas dans sa dimension politique. L’évacuation d’un premier XIXe siècle allant de 1815 à 1880 n’est donc pas anodine et on peut d’ailleurs se demander si elle ne propose pas ainsi justement une autre forme de linéarité, plus consensuelle. Le phénomène déborde le cadre du programme des filières générales : que ce soit en STG ou au lycée professionnel, cette période, et notamment la Commune, ne peut être abordée que très incidemment. Ces absences font sens.
La Commune, une initiation au siècle des expérimentations politiques
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PARIAS - les Roms en France

Un an après le discours de Grenoble du Président de la République pointant du doigt la communauté rom, Médecins du Monde dénonce les conséquences sanitaires des expulsions et présente une exposition de photographies d’Alain Keler « Parias, les Roms en Europe » du 22 juillet au 7 août à Paris.

vendredi 29 juillet 2011

Hausse du chômage : un bilan accablant pour le gouvernement

Communiqué du Parti Communiste Français
Le nombre de personnes privées d'emploi continue d'augmenter de façon dramatique. Toutes les catégories de la population sont touchées mais les jeunes femmes de moins de 25 ans, les salariés de 50 ans et plus et les chômeurs de longue durée sont les plus durement frappés. Qu'à cette annonce, la nouvelle directrice du FMI et ancienne ministre de l'Economie, préconise de renforcer « la rigueur » est proprement criminel. Et quand on constate le résultat de son action en France, on est tenté de lui demander de faire preuve de plus de retenue.
Cette détérioration du marché de l'emploi est à mettre au compte de la politique du gouvernement qui a fait de l'austérité à marche forcée pour les Français, son crédo, et des injonctions des agences de notation des marchés financiers, sa feuille de route.
Le bilan du gouvernement est accablant. Il mène l'économie française droit dans le mur.
Pour le PCF, éradiquer le chômage et l'insécurité sociale exige de cesser de verser des aides publiques aux entreprises qui licencient et délocalisent alors que leurs marges bénéficiaires s'accroissent ; cela exige de rompre avec la réduction des dépenses publiques et la casse de l'emploi public et de titulariser les 800 000 précaires de la Fonction publique ; cela exige de réorienter les profits vers les investissements productifs et non la spéculation.
La règle d'or si chère à Nicolas Sarkozy et voulue par le FMI, la BCE et la Commission européenne a pour objectif de graver dans le marbre de notre Constitution la politique ultra-libérale du chef de l'Etat et de son gouvernement alors que c'est le droit au travail et à l'emploi de tous les citoyens qui doivent y être réaffirmés et renforcés.

La lettre du RAPSE n°94

 

jeudi 28 juillet 2011

La tactique change pour la même sale politique

par Patrick Le Hyaric 
Une petite musique médiatique explique depuis plusieurs jours qu’à la faveur de la crise européenne le président de la République retrouve de la crédibilité et remonte dans les sondages. Que se passe-t-il ? Le chômage diminue ? Le pouvoir d’achat s’améliore ? L’augmentation des salaires et une baisse des prix sont décidés ? Une réforme fiscale juste est-elle en cours ? Toutes les suppressions d’emploi dans les services publics notamment à l’école et dans les hôpitaux sont-elles abandonnées? L’Europe érige-t-elle enfin en priorité absolue le sort des êtres humains et non plus celui des banquiers ? Rien de tout cela évidemment ne connaît un début de commencement. Certes, il y a un changement de tactique, des mises en scène nouvelles, l’organisation de l’expression d’une droite ultra pour donner à M. Sarkozy un visage d’homme raisonnable ; des mensonges et la préparation de la figure du futur père de famille avec l’isolement de Madame sous les lambris du fort de Brégançon, avec la distillation régulière de photos sur papier glacé de la grossesse dans quelques magazines. Rien à voir évidemment avec le sort de l’ouvrière de l’agroalimentaire ou de l’employée de supermarché contrainte de travailler plus longtemps dans le stress. Car la souffrance sociale continue de se répandre dans tous les pores de la société, tandis que les profits des grands groupes ne connaissent aucun congé. Les plus scandaleux étant ceux de la firme Total, qui s’engraisse -l’Etat aussi-  à mesure que chaque famille utilise son véhicule.
 Pendant ce temps là, loin des images glamour, notre pays bombarde chaque soir la Libye et dépense chaque jour près de 3 millions d’euros dans ces guerres inutiles, là comme en Afghanistan. On est aujourd’hui à mille lieues de la nécessaire protection des populations menacées par le dictateur libyen. En Afghanistan, les talibans n’ont pas reculé d’un pouce, la corruption gangrène toutes les sphères du pouvoir, les attentats meurtriers se poursuivent et la liberté progresse à reculons. Cela n’empêche pas le gouvernement de faire croire avec  un cynisme sans nom que nos soldats y perdent la vie pour de bonnes causes alors qu’il ne s’agit que d’élargir la zone d’influence d’un Occident capitaliste à bout de souffle. On ne peut qu’être outré que le président de la République ait pu se servir de la mort des cinq derniers soldats la semaine dernière pour une lamentable opération politique dans la cour des Invalides, sans que personne n’ose répliquer, lui laissant le champ libre pour se présenter en une sorte de « père de la nation » qu’il n’est pas. C’est lui qui a intégré la France dans l’OTAN. C’est lui qui a été à l’initiative de la guerre en Libye.
C’est lui encore qui se sert de la crise européenne et des difficultés des gens pour tenter de liquider définitivement la souveraineté populaire, après avoir détourné autoritairement le refus du traité de Lisbonne  exprimé par une majorité de Françaises et de Français.
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Faut-il sortir de l'Euro ?

Par Michel Husson
Le déroulement de la crise peut se résumer de manière simple: le capitalisme s’est reproduit durant les deux décennies précédant la crise en accumulant une montagne de dettes. Pour éviter l’effondrement du système, les Etats ont repris à leur compte l’essentiel de ces dettes qui, de privées, sont devenues publiques. Leur projet est dorénavant de présenter la facture aux citoyens sous forme de coupes budgétaires, d’augmentation des impôts les plus injustes et de gel des salaires. En résumé la majorité de la population (travailleurs et retraités) doit assurer la réalisation de profits fictifs accumulés durant de longues années.
Le ver était dans le fruit. Vouloir construire un espace économique avec une monnaie unique, mais sans budget, n’était pas un projet cohérent. Une union monétaire tronquée devient une machine à fabriquer de l’hétérogénéité et de la divergence. Les pays connaissant une inflation supérieure à la moyenne perdent en compétitivité, sont incités à fonder leur croissance sur le surendettement.
Rétrospectivement, le choix de l’euro n’avait d’ailleurs pas de justification évidente par rapport à un système de monnaie commune, avec un euro convertible pour les relations avec le reste du monde, et des monnaies réajustables à l’intérieur. En réalité, l’euro était conçu comme un instrument de discipline budgétaire et surtout salariale. Le recours à la dévaluation étant impossible, le salaire devenait la seule variable d’ajustement.

Pourtant, le système a fonctionné tant bien que mal grâce au surendettement et, au moins dans un premier temps, à la baisse de l’euro par rapport au dollar. Ces expédients ne pouvaient que s’épuiser, et les choses ont commencé à se détraquer avec la politique allemande de déflation salariale qui l’a conduite à accroître ses parts de marché, en majeure partie à l’intérieur de la zone euro. Même si la zone euro était globalement en équilibre, l’écart s’est ainsi creusé entre les excédents allemands et les déficits de la majorité des autres pays. Les taux de croissance des pays de la zone euro ne se sont pas rapprochés : ils ont au contraire eu tendance à diverger, et cela dès la mise en place de l’euro.
Cette configuration n’était pas soutenable. La crise a brutalement accéléré les processus de fragmentation et la spéculation financière a fait apparaître au grand jour les tensions inhérentes à l’Europe néo-libérale. La crise a approfondi la polarisation de la zone euro en deux groupes de pays. 

mercredi 27 juillet 2011

Propos du député Carayon : une abomination de plus de « la droite populaire »

Communiqué du Parti Communiste Français
Alors que le monde entier est encore sous le coup de l'effroyable tragédie qui a frappé la Norvège, le député UMP Bernard Carayon, qui cherche assurément à se faire remarquer, a demandé lundi à l'État de ne plus subventionner le MRAP qui a mis en cause "les partis populistes et les extrêmes droites" d'Europe. Une  abomination de plus de la part du groupe de députés UMP « droite populaire ». Voilà maintenant que l'État est sommé de cesser de subventionner la lutte contre le racisme.Le racisme et la xénophobie sont des maux à combattre avec la plus grande fermeté. Et les différents responsables de l'UMP qui font de la surenchère avec le Front national doivent se ressaisir au plus tôt en balayant devant leur porte. Hurler au loup en faisant le plus de bruit possible ne détournera pas l'attention sur les vrais responsables du climat nauséabond qui gagne l'Europe. Ces adeptes du "choc des civilisations" et des "guerres justes" ne trouvent le monde vivable que dans le chaos, les inégalités sociales et l'injustice. On aurait aimé que cet élu UMP, farouche républicain à la tête du client, fasse preuve d'un peu plus de cohérence et sache réagir en son temps aux propos racistes de certains de ses amis ministres.

Dette : une tragédie grecque

par Thierry Brun
Une étude des économistes atterrés dresse un premier bilan de la stratégie du choc appliquée en Grèce. Il en ressort que ce pays est mis en coupe réglée, et que la crise de la zone euro est loin d’être achevée, tant que la finance restera dérégulée.
Un an après la mise en place du plan d’aide à la Grèce, entériné par les ministres des Finances de la zone euro, et la signature d’un Mémorandum d’accord approuvé par le Parlement européen, la « très grande majorité des mesures ou réformes » ont bien été appliquées et l’exécution de ce plan est un… échec, peut-on lire dans la récente note des « économistes atterrés », rédigée par les économistes Benjamin Coriat et Christopher Lantenois [1].
L’analyse détaillées des deux économistes atterrés indique que les résultats sont édifiants. « Selon la Banque centrale de Grèce, le pouvoir d’achat a reculé en moyenne de 9 %, alors que l’inflation s’élève à 4 %. Conséquence, la demande interne est à l’agonie : la consommation des ménages a chuté de 4,5 % en 2010, alors que l’investissement est en chute libre (-16,5 % en 2010). Les exportations, malgré la baisse des coûts salariaux – le coût unitaire du travail a reculé de 1,1 % en 2010 –, continuent d’être entravées par un euro par trop surévalué pour l’économie grecque ».
« Tous les moteurs de la croissance sont au point mort. Conséquence, la récession s’est « structurellement » installée depuis deux ans (-2 % en 2009 et -4,5 % en 2010). Et les prévisions du Fonds monétaire international (FMI) pour 2011 ne sont guère plus optimistes (-3 %). Les entreprises licencient en masse, les fermetures d’entreprises se multiplient. Il n’est donc pas surprenant de voir le chômage s’envoler à près de 16 %. Les jeunes plus encore que par le passé sont sacrifiés ».
Les auteurs de cette note en concluent que les chiffres attestent l’échec de la mise en œuvre du plan de 2010 : « Le Mémorandum en effet poursuivait deux objectifs : réduire le déficit public et l’endettement, et restaurer la crédibilité de la Grèce afin de lui permettre de “revenir sur les marchés” dès 2012, pour y emprunter les sommes nécessaires au paiement de ses échéances ». Aucun de ces objectifs ne sera atteint.
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mardi 26 juillet 2011

Famine dans la corne de l'Afrique : « une inertie coupable des pays les plus puissants »

Des dizaines de milliers de personnes sont déjà mortes des conséquence de la famine qui sévit dans la Corne de l'Afrique. Des millions sont sous la menace d'une mort certaine si rien n'est fait d’urgence pour leur apporter une aide.
De sommet en sommet, les promesses d'aide et les projets de développement se succèdent, le souvent sans effets. Cette inertie coupable des pays les plus puissants est un reflet du peu d'importance accordé à l’enjeu du développement humain en Afrique et au sort de millions d'êtres humains. L'empressement politique et financier de secourir des détenteurs du capital ou d’organiser des interventions militaires n'est plus de mise quand il s'agit de la faim et de la vie des plus démunis de la planète.
Le Parti communiste exprime son émotion et son indignation devant cette nouvelle catastrophe sans réponse et sa très grande préoccupation devant le manque volonté politique d’apporter des moyens réellement à la hauteur. Les 100 millions d'euros promis par l'Union européenne et les 10 millions annoncés par le gouvernement français sont insuffisant face à l'ampleur de la tragédie et des besoins. Selon l'ONU, c’est au moins 1,6 milliard qui sont nécessaires, rien que pour la seule Somalie.
La Corne de l'Afrique a besoin d'une action efficace et rapide. Les moyens indispensables doivent être mis en œuvre immédiatement pour sauver des populations de plus en plus gravement fragilisées. L'accès à l'alimentation et à l'eau doit être considéré comme un droit et tous les moyens doivent être mis en œuvre pour créer les conditions de l'exercice normal de ce droit.
Une véritable solution au problème de la faim passe aussi par des solutions à longue terme : sortir les denrées alimentaires et les matières premières agricoles des logiques spéculatives et du marché ; mettre en place des projets de coopération qui apportent les infrastructures et les technologies adéquates ; créer les cadres pour les solutions aux conflits régionaux qui sont une des causes de cette crise majeure.

Le Casino Financier, ou comment transformer une dette privée en dette publique

lundi 25 juillet 2011

Hébergement d’urgence : l’écran de fumée pour masquer les « laissés pour compte »

Les récentes déclarations du secrétaire d’Etat Benoît Apparu quant à la transformation de 4 500 places d’hôtels en logements ne peuvent masquer le désengagement de l’Etat des politiques d’hébergement d’urgence et ses conséquences humaines et sociales désastreuses.

Les coupes budgétaires à l’encontre du Samu Social de Paris et la démission de son président Xavier Emmanuelli, qui ont fait la une de l’actualité, en sont l’illustration frappante et révèlent l’ampleur de la crise. Elles font suite à la décision du gouvernement au mois de mai d’une réduction de 3,3 % des moyens alloués au secteur de l’hébergement. Elles sont le résultat accablant de la volonté dogmatique du gouvernement de réduire l’intervention publique, y compris pour le domaine social.

La CGT dénonce cette réduction des crédits de l’Etat. La réforme de la politique de l’hébergement d’accueil, directement inspirée d’expériences anglo-saxonnes, qui visent à privilégier l’accès au logement des personnes sans domicile, sans passer par la case de l’hébergement d’urgence jugé trop coûteux par le Gouvernement, est un échec absolu.

Par delà les chiffres, cela se traduit concrètement sur le terrain par la réduction du nombre de places d’hébergement, la diminution des heures d’ouverture des centres, la fermeture de points d’accueil, la mise à mal de l’accompagnement social pourtant nécessaire et indispensable pour passer de la rue au logement autonome. Cela se traduit également par des licenciements et des suppressions d’emplois au sein des structures tel que le Samu Social dont les salariés inquiets viennent de se mobiliser.

Près de 700 000 personnes sont sans domicile personnel, dont plus de 100 000 personnes à la rue. Aux sans-abri de longue date, ce sont aussi de plus en plus de travailleurs pauvres et leurs familles qui sont victimes des réductions budgétaires du gouvernement à l’égard des associations qui les aident. La pénurie persistante de logements et la flambée des prix immobiliers ont, en effet, fragilisé un nombre croissant de personnes. Le nombre de décisions de justice prononçant une expulsion a atteint un record historique en 2009, avec 107 000 ménages menacés de se retrouver à la rue.

Au-delà, c’est bien la politique économique conduite par le gouvernement et le Chef de l’Etat qui est en cause, conduisant à une paupérisation de plus en plus grande des salariés pour répondre aux exigences des entreprises et appétits des marchés financiers. Le refus d’un coup de pouce à l’augmentation du SMIC s’inscrit dans cette logique. C’est cette même logique qui est aujourd’hui en œuvre en Europe et qui impose toujours plus d’austérité aux peuples, avec tous les risques de repli identitaire et de montée de l’extrémisme.

Pour la CGT, comme pour d’autres associations et organisations, l’accueil d’urgence et logement ne s’opposent pas. L’un et l’autre ont indispensables dans une société et un modèle économique en crise. L’un et l’autre nécessitent des moyens accrus.

La CGT milite pour une obligation d’accueil digne et adaptée de toute personne sans logis jusqu’à son relogement. Elle œuvre de la même façon pour l’effectivité du droit au logement pour tous, élément fondamental du "Vivre ensemble", avec un loyer qui n’excède pas 20% des revenus.

L’Etat doit être le garant de ce droit en favorisant des choix budgétaires pour une politique d’hébergement d’urgence, la production de logements sociaux.

Pour sortir les peuples européens de la crise, faut-il sortir de l'euro ?

Un dirigeant du PCF et un dirigeant du M’PEP ont débattu de l’euro dans l’Humanité Dimanche, n° 270, du 13 au 20 juillet 2001.JACQUES NIKONOFF
Porte-parole du Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP).
DENIS DURAND
Membre du Conseil national du Parti communiste français (PCF).

JACQUES NIKONOFF. Attention aux amalgames ! Il y a une sortie de gauche de l’euro et une de droite, comme il y avait un « non » de droite et un « non » de gauche lors du référendum de 1992 sur le traité de Maastricht et de 2005 sur le projet de traité constitutionnel européen. La sortie de gauche de l’euro est la suite logique de ces « non » de gauche de 1992 et de 2005 à ces traités qui visaient à sanctuariser les politiques libérales. Certains objectent un « effet désastreux d’une forte dévaluation sur le niveau de vie des travailleurs en cas de sortie de l’euro. Il ne faut pas se laisser impressionner par la campagne d’affolement de la population menée par la droite, le patronat et le PS en reprenant leurs arguments ! Pourquoi faut-il sortir de l’euro et dévaluer le franc, la drachme, etc. ? Parce que, pour la plupart des pays de la zone euro – sauf l’Allemagne -, l’euro est surévalué.
Cet euro « fort » signifie qu’actuellement 1 euro vaut 1,40 à 1,45 dollar alors que le taux d’équilibre est de 1 euro = 1,15 dollar. Cela entraîne une baisse des exportations, l’aggravation du déficit commercial, les délocalisations (automobile, aéronautique…), la pression sur les salaires. Inversement, les prix des marchandises venant des pays hors zone euro sont moins élevés à qualité égale que les mêmes produits fabriqués en zone euro. Les consommateurs préfèrent alors acheter les produits importés, moins chers. Donc, là aussi, encouragement aux délocalisations et au chômage. Si on veut mettre un terme à la surévaluation de l’euro, au chômage et à l’écrasement des salaires, il faut donc sortir de l’euro.

DENIS DURAND. Face à cette question, il y a trois positions. Celle qui est majoritaire, soutenue par les forces les plus proches du pouvoir, est favorable à la poursuite de l’euro tel qu’il est et a été conçu et mis en place depuis maintenant 20 ans. Le choix de la monnaie unique était destiné à instaurer des politiques destinées à satisfaire les marchés financiers. Elles ont eu pour résultats une faible croissance dans la zone euro depuis les années 1990, la montée du chômage et de la précarité, l’aggravation de l’emprise du capital allemand sur l’ensemble de la zone, et actuellement, une crise extrêmement aiguë des finances publiques dans la zone euro. Face à cela, une partie de la gauche socialiste propose de continuer et estime que si l’on a cette crise, c’est parce qu’on n’est pas allé assez loin dans le fédéralisme européen. C’est une fuite en avant pour mieux satisfaire les marchés financiers et qui passe par des politiques d’austérité. Première voie manifestement à rejeter. La deuxième voie, c’est celle de Jacques Nikonoff. La troisième, c’est celle du PCF, que je préconise. C’est considérer qu’il n’y a pas de formule magique pour sortir de la crise, et de la crise de l’euro en particulier. On ne peut surmonter la crise du capitalisme financiarisé dans lequel nous sommes sans lutter pour changer aussi l’Europe. La politique de l’euro cher a effectivement des aspects destructeurs sur l’industrie et l’emploi. Mais renverser cette politique exige une solidarité à l’échelle européenne face aux marchés financiers et face à l’hégémonie américaine. Ce sont les États-Unis qui ont délibérément provoqué une politique de création massive de dollars, pour faire baisser le dollar et répondre aux intérêts du capital américain. Le Japon, la Chine, les pays émergent ont réagi en refusant cette baisse du dollar : la hausse de l’euro a servi de variable d’ajustement. Pour en sortir, il faut changer l’euro et sa place dans le système monétaire international, et pour cela organiser une alliance entre l’Union européenne et les pays émergents afin d’imposer un autre système monétaire international, avec une monnaie commune mondiale qui ne soit pas au service d’une puissance dominante, comme l’est le dollar aujourd’hui. Si la solidarité entre Européens éclate au profit d’un repli sur une politique monétaire nationale, on perd un atout considérable dans cet affrontement avec l’hégémonie monétaire américaine. Il faut donc non seulement refuser l’euro tel qu’il est, mais se battre pour le changer.
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Les attentats d'Oslo montrent le danger que représente l'extrême-droite

Par Andrée OGER Conseillère Générale communiste
91 personnes ont trouvé la mort jeudi sur Oslo dans un attentat causé par un fondamentaliste chrétien d'extrême-droite. L'un des plus gros attentat de ces dernières décennies en Europe vient donc de l'extrême-droite.
Deux attentats ont visé la capitale norvégienne jeudi dernier. Le premier visait le siège du gouvernement travailliste. Le deuxième visait de jeunes militants du Parti travailliste (gauche) lors de leur université d'été sur une île d'Oslo.
Le bilan provisoire est de 91 morts. Solidaires des victimes innocentes, en Europe comme ailleurs, les communistes apportent leur soutien au peuple norvégien dans ce moment de souffrance.
A peine connus, ces attentats ont déclenché une vague de haine anti-immigrés sur internet. Les sites grands publics comme Orange ont été envahis de messages de commentateurs certainement mieux informés que la police norvégienne ou les services secrets car attribuant immédiatement les attentats aux islamistes. Evidemment, les amalgames ont été rapides sur la présence d'immigrés en Norvège, créant un lien pour eux évident entre les immigrés et les terroristes.
La réalité, c'est que le terroriste est un norvégien "de souche", pour reprendre une expression qui plait autant à Guéant qu'aux Le Pen, père et fille.
Chrétien fondamentaliste, il est logiquement d'extrême-droite et opposé à la présence physique de populations de cultures différentes. Un discours classique et récurrent dans l'extrême-droite depuis toujours et dans tous les pays du monde.
Ce monstrueux événement démontre que le discours raciste et fondamentaliste chrétien amène certains à des actes criminels de masse comparables à ceux des islamistes actuellement et comparables aux crimes de l'extrême-droite à travers l'Histoire. 

dimanche 24 juillet 2011

La voix soul d'Amy Winehouse s'est éteinte

La chanteuse Amy Winehouse a été retrouvée morte dans son appartement dans le nord de Londres, samedi après-midi. Agée de seulement 27 ans, la chanteuse à la voix incroyablement soul se battait depuis plusieurs années avec des problèmes d'alcool et de drogue. Elle était sortie récemment d'une cure de désintoxication, avant de tenter un retour dans le cadre d'une tournée estivale de concerts, qu'elle avait dû annuler.
"La police a été appelée par le Service londonien des ambulances à une adresse à Camden Square peu avant 16 heures, à la suite d'informations faisant état d'une femme trouvée morte", a déclaré la police dans un communiqué. "A leur arrivée, les agents de la police ont trouvé le corps d'une femme de 27 ans, dont la mort a été déclarée sur place. L'enquête sur les circonstances de la mort continue. A cette étape des investigations, elle est considérée comme inexpliquée", ajoute le texte.
Huée en juin au cours d'un concert en Serbie, où elle était apparue titubante sur scène, incapable de se souvenir des paroles de ses chansons, elle avait dû annuler toute sa tournée estivale, qui prévoyait encore des étapes en Espagne à Bilbao, en Suisse à Locarno et Nyon, au festival de Lucca en Italie, à Wiesen en Autriche et en Pologne.
Révélée en 2006 par la chanson Rehab, la chanteuse accoutumée aux annulations de concert au dernier moment, avait connu les honneurs en 2008 en remportant quatre Grammys, dont ceux du meilleur album et de la meilleure nouvelle artiste. Des ennuis judiciaires l'avaient cependant empêchée d'assister à la remise des prix.

samedi 23 juillet 2011

Sommet européen : "Rien n'est réglé avec les mesures prises" (Pierre Laurent)

Devant l'exceptionnelle gravité de la crise des dettes publiques en zone euro, les dirigeants européens réunis à Bruxelles refusent une fois de plus de se rendre à l'évidence. Malgré le fiasco des recettes appliquées jusqu'ici, qui ont plusieurs fois échoué et n'ont fait qu'encourager le chantage des marchés financiers, les décisions du sommet européen prises sous la houlette d'Angela Merkel et de Nicolas Sarkozy persistent dans une logique unique : préserver les intérêts des grands créanciers, banques et assurances, et des spéculateurs. Les décisions prises à Bruxelles ne doivent pas faire illusion. Les systèmes de refinancement et de rachat des dettes publiques déjà mis en place sont un peu assouplis devant le risque d'effondrement généralisé du système, mais les mécanismes globaux restent les mêmes. Le rôle de la Banque centrale européenne n'est pas réorienté, les fonds spéculatifs ne sont pas taxés, l'idée d'une taxe bancaire est abandonnée, la création d'un Fonds social et de solidarité pour le développement européen proposé par le Parti de la gauche européenne n'est même pas évoqué. En échange, c'est aux peuples que l'on va continuer de demander à payer l'addition avec une surenchère irresponsable à l'austérité, des politiques salariales ravageuses, la casse des systèmes de retraite et des services publics, des privatisations généralisées. Les intérêts financiers sont sauvegardés à court terme, mais les Etats et les peuples sont mis à genoux. Rien n'est réglé avec les mesures prises. La seule solution durable est de rompre avec la logique actuelle, en abandonnant le pacte de stabilité et le pacte de super-austérité de l'euro +, et en lançant un nouveau pacte pour une croissance sociale, écologique et solidaire. Tourner le dos à la solidarité, soit par une sortie solitaire de l'euro, soit par le renforcement de mécanismes fédéralistes autoritaires, serait suicidaire. Le Parti communiste va poursuivre son combat contre les choix européens actuels et refusera leur inscription dans la Constitution par le biais du système de la « règle d'or ». Nous proposons de taxer durement la spéculation, d'instaurerune taxe Tobin sur les transactions financières, de mettre à contribution, par un prélèvement spécifique, les banques, les sociétés d'assurances, tous les fonds spéculatifs. Toute perspective de mise en défaut de la Grèce doit être écartée. Le Fonds européen de stabilité financière qui soutient les marchés doit être remplacé par un Fonds européen qui finance le développement social et solidaire des pays européens. Le contrôle de la BCE doit être  repris par les Parlements pour mettre à nouveau la politique monétaire et du crédit au service de la créations d'emplois utiles à répondre aux besoins sociaux et écologiques urgents et à venir. Hors de cette remise en cause radicale, tout discours sur la sortie de crise est un dangereux leurre. Le mensonge des gouvernements européens doit cesser.
Pierre Laurent, Secrétaire national du PCF

Le plan climat du gouvernement : démagogie et inefficacité à l’œuvre !

Les scientifiques du Groupe d’Experts Intergouvernemental sur le Climat (G.I.E.C.) nous avaient alertés sur les conséquences du réchauffement climatique dû à l’augmentation de l’émission des gaz à effet de serre. Or la production de gaz carbonique du fait de l’utilisation des énergies fossiles a atteint un niveau record en 2010. On est certain d’une augmentation « rapide » de plus de 2°C en moyenne de la température du globe.
Les 230 mesures, que vient de décider N. Kosciusko Morizet, sont d’abord un constat d’échec. Les Etats et plus particulièrement les gouvernements des pays les plus industrialisés du monde ont été incapables de parvenir à un accord contraignant et l'échec des négociations successives qui préparent la rencontre de Durban, en décembre 2011, le confirment.
La France, grâce à son « mix énergétique », était en bonne position pour réussir la réduction, d’un facteur 4, de ses émissions de CO2, comme cela est demandé à tous les pays industrialisés. A contrario, l’Europe ne mène et n'impulse aucune politique énergétique de transition pour le réussir. Notons que c’est « un passage en force », sans cohérence et sans débat. C’est la suite du Grenelle de l’Environnement où les moyens financiers sont loin d’être à la hauteur des enjeux.
Le discours cache la suppression des emplois à l’Office National des Forêts, les conséquences de la loi « Bachelot » sur la santé, la baisse du ferroutage, la défaillance de notre politique industrielle. Quant à l’eau, on a surtout besoin d’un grand service public pour éviter les gaspillages et des prix insupportables.
Au moment où tous les services publics, y compris ceux de l’environnement, sont attaqués, on fait de la communication. En réalité, c’est le système capitaliste qui est incapable de répondre aux besoins de l’humanité tout en préservant la planète.
D’où la nécessité d’un vrai changement dans la politique « écologique » de notre pays.

vendredi 22 juillet 2011

Ils s'engraissent sur la dette publique

Dans l'Humanité, ce vendredi, spécial crise de la zone Euro: comment la fortune des Bettencourt profite des dettes des Etats européens; notre analyse du sommet de Bruxelles; quelle Europe, quelle solutions? Les points de vue de Francis Wurtz (PCF), Eric Coquerel (PG), Yannick Jadot (EELV), Olivier Besancenot (NPA) et Liêm Hoang-Ngoc (PS). L'analyse d'ATTAC.
Ce jeudi soir, la zone euro a crié une nouvelle fois victoire. A l'issue d'un énième sommet de crise sur la situation grecque et la crise de l'euro, elle a annoncé un deuxième plan d'aide de près de 160 milliards d'euros pour la Grèce, qui risque toutefois de provoquer un défaut de paiement du pays, inédit dans l'histoire de l'Union monétaire.
Le plan. Le montant de ce second sauvetage, qui doit permettre à Athènes asphyxiée par 350 milliards d'euros de dettes, de tenir jusqu'à mi-2014, est bien supérieur aux chiffres qui circulaient précédemment, proches du premier plan décidé en urgence mi-2010 de 110 milliards d'euros. Environ 109 milliards d'euros doivent venir de prêts de l'Europe et du Fonds monétaire international, le reste, 49,6 milliards d'euros, d'une contribution du secteur privé créancier de la Grèce, banques, compagnies d'assurance et fonds d'investissement. Soit 158,6 milliards d'euros au total.
Défaut de paiement. La participation des banques dans un plan d'aide de ce type est une première au sein de l'Union monétaire et pourrait déboucher sur un défaut de paiement de la Grèce, même de courte durée. Il est question de "quelques jours", selon un diplomate. Il n'empêche, la zone euro brise là un tabou au sein de l'Union monétaire.
Tout pour rassurer les marchés. Cette question de la participation du secteur privé a été à l'origine d'un rude bras de fer ces dernières semaines entre Berlin, soutenu par les Pays-Bas et la Finlande d'une part, la Banque centrale européenne, la France et de nombreux pays d'autre part. Ces différends ont alimenté la nervosité des marchés et créé des turbulences qui ont failli emporter l'Italie à son tour dans la tempête de la crise de la dette
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En Inde, les ouvriers du textile relèvent la tête

Par Jihane Habachi
À Bangalore, « Silicon Valley » indienne, près de 500.000 personnes travaillent dans des usines de confection, essentiellement tournées vers l’exportation. Les déplorables conditions de travail continuent de peser sur la vie de ces travailleurs, majoritairement des femmes. Dans l’État du Karnataka, Jihane Habachi de l’ONG Frères des Hommes, a rencontré les syndicats qui tentent de les soutenir dans leurs luttes. 
Laver, couper, repasser, teindre, étiqueter et surtout coudre... Toutes ces tâches représentent le quotidien des petites mains d’une industrie qui joue un rôle-clé dans l’économie indienne. C’est aujourd’hui en Asie qu’est produite la majorité des vêtements vendus sur le marché mondial. En Inde, l’industrie textile représente 14% de la production industrielle et plus de 30% des exportations. Plus de 35 millions d’employés travaillent dans ce secteur, dont beaucoup de femmes et de membres des castes les plus basses.
Dans le sud de l’Inde, à Bangalore – plus connue pour ses performances dans les nouvelles technologies – 500.000 personnes travaillent dans le secteur textile, pour 12.000 usines. Les femmes représentent plus de 80% de la force de travail. Mais ces travailleurs ne bénéficient que très peu des revenus que leur travail génère. Et la bataille pour leurs droits est difficile. Moins de 5% des travailleurs de ce secteur sont syndiqués [1]. Près de 45.000 syndicats sont officiellement enregistrés, en plus des 13 syndicats « centraux » nationaux quasiment tous liés à un parti politique. Mais très peu se sont intéressés au secteur textile : « La plupart des syndicats pensent qu’il est bien trop difficile d’organiser ce secteur et préfèrent se concentrer sur d’autres », explique Sebastian Devaraj, président de Karnataka Garment Workers Union (KGWU). Créé en juillet 2009, sous l’impulsion de l’ONG Fedina (Foundation for Educational Innovations in Asia), ce syndicat des travailleurs de la confection de l’État du Karnataka, situé au sud du pays, se bat pour obtenir des conditions de travail plus justes.
Un droit du travail systématiquement bafoué
S’organiser n’a pas été facile. « Au départ, les ouvriers ont peur, même seulement de prendre un tract distribué par les membres du syndicat », explique Sebastian Devaraj. « Les employeurs disent aux ouvriers que dès que les syndicats entrent dans une usine, cette dernière devra fermer. La menace de la perte de leur emploi est très forte. La peur les domine et les empêche de demander leurs droits. » La grande majorité des travailleurs ne connaît pas les lois du travail en vigueur. Temps de travail, jour de repos hebdomadaire, congés, maladie… Les lois indiennes couvrent tous les aspects de la protection des travailleurs, du moins en théorie.
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jeudi 21 juillet 2011

Communauté d'agglomération Grenoble-Alpes Métropole

Intervention du groupe Communes et Démocratie

En mai dernier, Monsieur le préfet de l'Isère présentait ses propositions dans le cadre du schéma de  développement de la Coopération Intercommunale. Ces propositions confirment la volonté de l'État de mettre en place des intercommunalités renforcées et élargies en créant de nouvelles structures intercommunales pour les communes n'étant pas encore engagées dans ce type d'organisation et par le regroupement d'intercommunalités déjà existantes afin d'en augmenter la taille et les compétences.
Concernant l'agglomération grenobloise, le Schéma Départemental de Coopération Intercommunale propose une « fusion-extension » de la Métro avec 24 autres communes :
- 16 des 17 communes de la communauté de communes du Sud Grenoblois
- 5 communes de la communauté des Balcons Sud de Chartreuse
- les communes de Chamrousse, St Martin d'Uriage et de Miribel-Lanchatre.
La Communauté d'Agglomération Grenoble Alpes Métropole rassemblerait alors 51 communes contre 27 actuellement et 444 762 habitants contre 404 000 aujourd'hui. (soit - 5 238 habitants pour le passage en Communauté Urbaine).
Avec ce projet, le département passerait de 37 communautés de communes à 24. Sur le principe de l'Intercommunalité, le groupe Communes et démocratie confirme son attachement à une nécessaire coopération intercommunale. Nous soutenons pleinement la constitution d'intercommunalités choisies.
Nous partageons les propositions portées par la Métro sur la mise en place d'un Pôle Métropolitain qui, dans la suite du Sillon alpin, fasse vivre la coopération en réseau des pôles d'Annemasse, d'Annecy, de Chambéry, d'Aix les bains, du Pays Voironnais, de Valence et de l'agglomération grenobloise autour des thématiques du transport, de l'économie ou encore du tourisme.
Par le passé, nous avons su être exemplaire grâce à une charte et un règlement intérieur qui nous a permis une bonne collaboration. Notre agglomération a su se différencier des textes de coopération intercommunale et être original et il nous faut continuer à l'être.
Pour nous, l'intercommunalité doit s'appuyer sur des projets partagés et démocratiques, répondant aux besoins des habitants et non comme une simple opportunité financière imposée par l'asphyxie actuelle des communes par l'État.
Notre vision de l'intercommunalité repose sur un espace de coopération voulu, qui permette de gommer un maximum d'inégalités entre les territoires et entre les hommes et les femmes et cela passera par un maintien de services publics de proximité et de qualité. Les communes ont à y jouer un rôle, qui pour nous est indispensable, comme échelon de proximité et de démocratie.
Autre importante interrogation de nos concitoyens : le transfert de compétences avec des moyens incertains et la crainte justifiée de nos concitoyens d'augmentation excessive de la fiscalité.
D'ailleurs, la déclaration récente de l'Association des Maires de France confirme avec force ces
craintes. Nous devons aujourd'hui nous prononcer sur les propositions faites par Monsieur le Préfet.
Plusieurs remarques sur la façon dont ces propositions ont été faites :
- le décalage entre les intentions de l'État et l'information faite aux communes. On note en effet un manque évident de prise en compte des réflexions et propositions des communes (communes déjà membres ou pas encore membres) (cf réunion organisée par la Métro le 31 mai dernier).
- Un déficit de concertation entre les communes, entre les élu-es mais aussi avec les habitant(e)s, premiers concernés par cette réforme .
- Un calendrier beaucoup trop « pressé » qui nous impose à tous d'entrer à marche « forcée » dans cette réforme des collectivités.
Pour notre groupe, une intercommunalité ne peut se décréter par la seule définition d'un périmètre. Elle nécessite de la part des communes le partage d'un projet commun et l'acceptation de tous. Nous ne pouvons aujourd'hui accepter que soit imposé à certaines communes d'entrer dans cette communauté d'agglomération. Il faut que cela soit désiré par tous. Nous faisons ici référence aux communes de la communauté de communes du Sud Grenoblois et dont le conseil de communauté, réuni hier, jeudi 7 juillet, s'est prononcé très majoritairement contre ce projet.
Malgré notre attachement à l'intercommunalité, nous ne pouvons accepter que des communes puissent être intégrées de force sans leur consentement.
Dans ces conditions, le groupe Communes et démocratie votera contre cette délibération.
Yannick Boulard
Président du groupe Communes et Démocratie

Démission de Xavier Emmanuelli : « L'heure est grave pour l'urgence sociale »

Communiqué du Parti Communiste Français
Le président du Samu social, Xavier Emmanuelli, a démissionné. Protestant contre le désengagement considérable de l'État de l'institution qu'il dirigeait, Xavier Emmanuelli n'a trouvé pour se faire entendre qu'une forme ultime de protestation : la démission. Ce geste doit nous alerter : l'heure est grave pour l'urgence sociale. Dans un contexte de paupérisation avéré de la société française, L'Etat qui a pour responsabilité les enfants, les femmes et les hommes sans abris, a décidé d'une terrible saignée dans le budget du Samu social. Cela se traduit par la suppression de 5000 nuitées par jour avec des conséquences dramatiques pour les publics concernés remis à la rue. C'est une mise en danger de la vie d'autrui et c'est criminel ! Le Samu social doit retrouver les moyens d'agir. Comme le demandent ses personnels, l'urgence social doit être soutenu et reconnu comme un service public fondamental.

Comment Monsanto transforme miraculeusement son soja OGM en soja « responsable »

Par Simon Gouin
La production de soja « responsable » arrive sur le marché européen. Responsable ? Parce que certifié par la Table Ronde sur le Soja Responsable, lancée par le WWF. Une certification qui fournit aux entreprises une belle façade verte. Ou comment Monsanto, Glencore, Nestlé ou Carrefour, grâce à ce label, deviennent d’ardents défenseurs du développement durable, et pourraient toucher des « crédits carbone » pour une culture qui contribue à la déforestation, véritable désastre écologique et social en Amérique latine.
Monsanto n’a pas dû se faire prier. Quelle aubaine, pour le principal fournisseur de soja OGM en Amérique latine et dans le monde, de s’asseoir à la Table Ronde sur le Soja Responsable ! Désormais, le géant américain des OGM, à l’instar de Cargill, BP, ou Shell, participe à la culture d’un soja estampillé « responsable », dont les premières récoltes sont arrivées sur le marché européen en juin 2011 [1]. Glencore, modèle de l’entreprise « irresponsable », participe aussi à ce projet, tout comme Carrefour, Unilever ou Nestlé. Principaux usages du soja produit ? L’alimentation des animaux et les agrocarburants.
« Nous aidons les agriculteurs à cultiver leurs champs de façon soutenable […] tout en réduisant aussi l’impact de l’agriculture sur notre environnement », affirme Monsanto sur le site de la table ronde. Peu importe que son soja Roundup Ready ait des effets désastreux sur l’environnement, la santé et les communautés locales où il est cultivé. Il sera labellisé « responsable ». Et risque, grâce à ce label, de gagner de nouvelles parts de marché.
« Pour les industries des OGM, il est très commode de s’asseoir autour de cette table ronde », explique Nina Holland, du Corporate Europe Observatory (CEO), un organisme qui observe le lobbying des entreprises auprès de l’Union européenne. « Cela vous apporte beaucoup de bénéfices sans que vous n’ayez à changer quelque chose. » Faire évoluer les pratiques, c’était pourtant l’objectif initial de la Table Ronde sur le Soja Responsable (RTRS), qui fixe quelques critères, comme « minimiser la pollution » ou « ne pas étendre les champs sur les forêts ».
Un désastre écologique et social
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mercredi 20 juillet 2011

La Fête de l'Humanité

La fête de l'Humanité aura lieu cette années les 16, 17 et 18 septembre à la Courneuve.
Nous organisons comme chaque année un voyage avec transport en car + hébergement en hôtel + vignette d'entrée sur le fête au prix de 110 euros.
Transport en car
Départ de la gare routière de Grenoble le vendredi 16 septembre à 8H00. Arrivée prévue vers 16H00 à l'hôtel.
Retour le dimanche 18 septembre à 18H00. Arrivée prévue à la gare routière de Grenoble vers 2H00 du matin.

Hébergement
Hôtel Première Classe (2 nuits)
Chambre pour 3 personnes.
Pré-réservations et renseignements auprès de la Fédération 04.76.87.70.61
Les réservations seront effectives à la réception du règlement qui devra nous parvenir avant le 2 septembre.

Flottille / Gaza : le PCF condamne le coup de force des autorités israéliennes

En faisant arraisonner par sa marine le bateau français "Dignité-Al Karama" en route pour gaza, et en capturant son équipage et ses passagers - dont quelques élus- le gouvernement israélien commet une fois encore un acte de piraterie, une violation inacceptable du droit international. Le Parti communiste français condamne cette attaque injustifiable contre un navire qui ne constituait en rien une menace contre quiconque et dont le seul objectif est précisément de briser symboliquement le blocus illégal et inhumain de Gaza par Israël.
Le PCF s'indigne du silence consternant des autorités françaises qui ont systématiquement refusé d'apporter la moindre protection à ce bateau porteur, comme l'ensemble de la Flottille internationale dont il est partie prenante, d'un message de justice et de l'exigence du respect des résolutions des Nations-Unies. Les autorités françaises ne peuvent pas dire qu'elles sont favorables à l'édification d'un Etat palestinien et tolérer en même temps de tels actes qui bafouent le droit des Palestiniens à la souveraineté en foulant aux pieds les pratiques les plus élémentaires de la communauté internationale.
Le Parti communiste exige la libération immédiate de toutes les personnes capturées par l'armée israélienne ainsi que la restitution du bateau qui doit bénéficier de la liberté de navigation conformément au droit maritime. La France doit intervenir dans ce sens. L'ambassadeur de France à Tel Aviv doit assumer ses responsabilités et intervenir dans les plus brefs délais.
Le PCF appelle au rassemblement de soutien au Dignité-Al Karama, contre le coup de force israélien et pour la solidarité avec le peuple palestinien, à Paris, ce soir 19 juillet, 18h30 au métro Franklin Roosevelt.
Parti communiste français,
Paris, le 19 juillet 2011.

Jean-Luc Mélenchon : « Nous sommes le pays qui a le devoir de résister le premier »

Par Agnès Rousseaux, Nadia Djabali, Sophie Chapelle
Pour Basta !, Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche à l’élection présidentielle de 2012, explique sa vision de « la rupture » : rupture avec les marchés financiers, avec le productivisme ou avec la social-démocratie… À quoi il oppose une « révolution citoyenne » et une « planification écologique ». Entretien avec le leader du Parti de gauche reconverti à l’impératif écologique et admirateur de Jaurès.
Basta ! : Imaginez que la gauche, la vôtre, remporte les élections. Vous lancez des réformes fiscales, des politiques sociales, reconvertissez l’économie... Et là, les agences de notation dégradent la note de la France, la dette grimpe, les taux d’intérêt s’alourdissent. Comment réagissez-vous ?
Jean-Luc Mélenchon : Ce triste sort ne sera pas réservé qu’à un gouvernement du Front de Gauche. Si c’est un gouvernement socialiste, les agences de notation lui tomberont dessus avec la même sauvagerie. Les fonds de pensions savent que les socialistes ne résistent pas. Ils n’ont pas résisté en Grèce. C’est un événement dont la portée dépasse la Grèce. C’est à peu près l’équivalent de ce qui s’est passé avec le vote des crédits de guerre en 1914. Les socialistes allemands avaient juré de faire la grève générale s’il y avait la guerre… Et ils ont voté les crédits de guerre ! La guerre commence avec les banques, et qui est le premier à se coucher et à faire passer son peuple à la caisse ? Le Premier ministre grec, président de l’Internationale socialiste. Et si c’est un gouvernement de droite, ce sera pareil. Les Français sont détestés par la finance anglo-saxonne. Pour eux s’il y a un pays dont il faut briser les reins, c’est bien la France. Parce que la France, ce sont les services publics, c’est « liberté-égalité-fraternité ». La méthode Sarkozy consiste à passer par-dessus bord, petit à petit, tout notre appareil égalitaire : les retraites, la santé, bientôt l’école. Et le monstre financier n’est jamais repu. Il est insatiable. La France est un fruit juteux. Elle sera attaquée.
Mais quelle alternative à un éventuel plan d’austérité ?
Le système est dans une impasse. M. Sarkozy ne tient pas tête. Les socialistes capitulent. Et nous ? On résistera sans concession ! Ceux qui viendraient nous prendre à la gorge seront servis, parce que l’emprunteur a toujours la capacité de ne rien rendre. Que tout le monde gagne sa vie, d’accord, mais pas sur le dos du peuple français, avec des taux d’intérêt à 10% ou 15% !
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mardi 19 juillet 2011

L'ETAT PILLE LE 1% LOGEMENT

 COMMUNIQUE DU CONSEIL SOCIAL HLM

   Le Conseil Social du mouvement Hlm, composé de 31 organisations nationales, a décidé de faire part de ses très vives inquiétudes sur le financement des logements locatifs sociaux.

   Le Conseil Social, lors de sa réunion du 6 juillet 2011 s’est ému de la mainmise totale de l'Etat sur le 1% logement. L’État exige désormais que la participation des entreprises à l’effort de construction finance la totalité des dépenses engagées dans le programme de la rénovation urbaine, par un nouveau prélèvement de 3,4 milliards d’euros en trois ans, dont 1,25 milliard en 2012, 1,2 milliard en 2013 et 950 millions en 2014.

   Après la ponction sur les organismes Hlm, de 240 millions d’euros par an sur trois ans, l’État met ainsi en péril l’existence même du dispositif du 1% et réduit considérablement les sommes destinées au financement du logement locatif social.

   Le 1% logement a été créé pour aider au logement des salariés. Il n'a pas vocation à financer la politique des pouvoirs publics et à renflouer les caisses de l'Etat. Le Conseil d’État et la Conseil Constitutionnel se sont d’ailleurs récemment prononcé sur le fait le 1% avait « le caractère d'un investissement obligatoire à la charge des entreprises et non celui d'un impôt ou d'une cotisation sociale destinés à financer des dépenses publiques »

   Le Conseil Social constate une fois de plus le désengagement de l’Etat en matière de logement notamment vis-à-vis des ménages modestes, alors que les besoins en logements économiquement accessibles aux ménages sont immenses et que le logement représente en moyenne le quart du budget des ménages.

Paris, le 8 juillet 2011

 Les membres du Conseil Social
Association Force Ouvrière Consommateurs (AFOC), Confédération Générale du Logement (CGL), Consommation Logement Cadre de Vie (CLCV), Confédération Nationale du Logement (CNL), Confédération Syndicale des Familles (CSF), UFCS & Familles Rurales, Union Nationale des Associations Familiales (UNAF), Assemblée des Conseils Economiques, Sociaux et Environnementaux Régionaux de France CESER de France, Assemblée des Communautés de France (ADCF), Assemblée des Départements de France (ADF), Association des Maires de France (AMF), Association des Maires de Grandes Villes de France (AMGVF), Caisse Nationale d’Allocations Familiales (CNAF), Confédération générale du patronat des petites et moyennes entreprises (CGPME), Fédération Française du Bâtiment (FFB), Mouvement des Entreprises de France (MEDEF), Confédération Française Démocratique du Travail (CFDT), Confédération Générale des Cadres (CFE-CGC), Confédération Générale du Travail (CGT), Confédération Française des Travailleurs Chrétiens (CFTC), Force Ouvrière (FO), Aide à Toute Détresse Quart Monde (ATD Quart-Monde), Fédération Nationale des Associations d’Accueil et de Réinsertion Sociale (FNARS) , Les Restaurants du Coeur, L’Union Nationale des Centre Communaux et intercommunaux d’Action Sociale (UNCCAS), L’Union nationale interfédérale des oeuvres et organismes privés sanitaires et sociaux (UNIOPSS) , Fédération Nationale des PACT.

Règle d’or : Les peuples ne doivent pas payer leur crise

Communiqué du PCF
L’Union européenne et les gouvernements utilisent les dettes publiques pour imposer aux peuples d’Europe une véritable purge sociale. Alors que les banques et autres opérateurs financiers n’en finissent pas de spéculer sur les dettes publiques, il faudrait que ce soit les populations qui payent une crise dont les marchés financiers sont les premiers responsables et uniques bénéficiaires.
C’est pour cela que les gouvernements de l’Union, la Commission et le Parlement européen, avec la participation active de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international, veulent imposer une nouvelle gouvernance économique asservie à la finance avec pour objectif de mettre sous surveillance accrue les budgets nationaux, de durcir les sanctions contre les Etats en cas de déficit dit excessif et de réduire les dépenses publiques.
Le pacte « euro plus » utilisait déjà la crise de la dette pour imposer l’austérité, la baisse des salaires des pensions et des retraites, la diminution du nombre de fonctionnaires, la flexibilité du travail, le recul de l’âge du départ en retraite, la casse des systèmes de protection sociale, tout en réduisant les pouvoirs des organisations syndicales. Le tout, au seul bénéfice des actionnaires des grandes sociétés et du système financier international ! Une mesure déjà prise, le « semestre européen », vise à soumettre au Conseil et à la Commission, les budgets des Etats avant même qu’ils soient débattus par les parlements nationaux.
Pour essayer de verrouiller totalement ce montage, les gouvernements européens veulent intégrer dans la loi fondamentale des Etats l’objectif de l’équilibre budgétaire, ce que Nicolas Sarkozy appelle « la règle d’or ». Stupide économiquement - que se serait-il passé si cette règle avait été appliquée au moment de la crise financière où les Etats ont renfloué les banques -, cette proposition est une agression contre la démocratie, car les politiques économiques seraient ainsi totalement soustraites au débat politique et à la décision citoyenne. Une telle disposition, adoptée par les parlementaires des deux chambres, ne doit pas être intégrée dans la Constitution française comme le veulent le président de la République et l’Union Européenne.
Les citoyens et les citoyennes ne doivent pas payer les dettes qui sont le résultat de la soumission des Etats aux marchés financiers. Ces dettes sont illégitimes et les peuples ne doivent pas en faire les frais. Il faut exiger aujourd’hui un moratoire et des audits citoyens sur les dettes publiques. Dans l’immédiat, les organisations signataires appellent les citoyennes et les citoyens, leurs organisations associatives, syndicales et politiques à se mobiliser contre la constitutionnalisation de l’austérité et les parlementaires à voter contre ce texte si Nicolas Sarkozy osait malgré tout convoquer le Parlement en congrès à Versailles.
Avec ATTAC, CGT-Finances, FASE, Fondation Copernic, GU, Les Alternatifs, Marches européennes, MPEP, NPA, PCF, PCOF, PG, Union syndicale Solidaires. Parti communiste français,
Paris, le 18 juillet 2011.

La France veut-elle privatiser ses forêts et se débarrasser de l’ONF ?

Par Raphaël Baldos
Trois suicides en un mois ont endeuillé l’Office national des forêts (ONF), qui gère un quart des zones boisées. Un mal-être social se répand chez les gardes forestiers alors qu’une note de la direction générale du Trésor suggère de privatiser en partie le service public de la forêt. Objectif de l’État : extraire toujours plus de bois dans un contexte où les réductions d’effectifs s’accentuent. Syndicats et communes forestières s’inquiètent. La forêt, ce n’est pas seulement des troncs découpés en planches : c’est aussi un lieu de préservation de l’environnement et de lien social. 
Un arbre qui tombe fait plus de bruit qu’une forêt qui pousse, dit le proverbe. En décembre dernier, une simple feuille de papier a provoqué un raffut encore plus assourdissant. Une note de la direction générale du Trésor envisage de modifier en profondeur le régime forestier, c’est-à-dire les règles applicables aux forêts publiques. Elle propose aussi de privatiser certaines activités de l’Office national des forêts (ONF), qui gère 25% de la surface boisée nationale (soit 4,7 millions d’hectares de forêt, 12 millions d’hectares appartenant à3,5 millions de propriétaires privés). Une vraie bombe lancée au cœur du massif public français, à quelques mois de la renégociation du contrat État-ONF pour 2012-2016.
Un patrimoine naturel jusqu’ici préservé d’une vision court-termiste
Pour les 11.000 communes propriétaires de bois, le régime forestier [1] garantit la préservation de leur patrimoine naturel. Il leur assure notamment des rentrées financières grâce aux ventes de bois. Grâce à l’ONF, seul gestionnaire autorisé à mettre en œuvre le régime forestier, elles bénéficient des compétences nécessaires pour assurer le renouvellement de la ressource en bois.
« L’ONF a un rôle important de maintien des espaces forestiers. Il est souvent l’un des derniers services publics en milieu rural. Il garantit qu’on n’y fait pas n’importe quoi, en gérant à la fois la production de bois, la protection des espaces sensibles et l’accueil du public. Si on confie cette mission à des entreprises privées, celles-ci chercheront à obtenir un résultat immédiat, opposé à une gestion à long terme », s’inquiète Alain Lesturgez, directeur de la Fédération nationale des communes forestières (FNCOFOR). Celle-ci, réunie en assemblée générale le 27 mai à Fréjus, a indiqué qu’elle ne signerait le nouveau contrat État-ONF que si les intérêts des communes sont préservés, évoquant les « propositions scélérates » de la note du Trésor.
L’ONF menacé de disparition ?
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lundi 18 juillet 2011

Les agences de punitions

par Patrick Le Hyaric 
Elles ne sont que trois. Elles agissent dans l’ombre. Elles ont un pouvoir tentaculaire. Elles répondent aux noms de Moody’ s,  Standard & Poor’s et Fitch Ratings. On les appelle les agences de notation. Mais, à l’opposé du professeur Tournesol, elles ne distribuent pas les notes avec générosité, elles ne donnent que des punitions. La semaine dernière, les autorités européennes et quelques chancelleries se sont inquiétées à haute voix sur les agissements de ces venimeux serpents. Mieux vaut tard que jamais. Ces agences sont des structures privées opaques, créées par les systèmes bancaires et les fonds financiers pour noter les budgets des Etats et la situation des… banques, celles-là mêmes qui prêtent de l’argent aux Etats. Bonjour le conflit d’intérêts.
Ces structures que personne ne rencontre jamais font la pluie et le beau temps, en lien avec les intérêts supérieurs des seuls marchés financiers qui les rémunèrent. Lorsqu’elles abaissent comme on dit la note d’un Etat, celui-ci doit payer plus cher l’argent qu’il emprunte sur ces mêmes marchés financiers. C’est d’ailleurs pour conserver une bonne note que M. Sarkozy avait défendu et fait voter la contre-réforme des retraites, qu’il aggrave encore en augmentant comme il l’a fait la semaine dernière le nombre de trimestres de cotisation. Et ce n’est pas fini puisque le 10 juin dernier l’une de ces sorcières, Standard & Poor’s, a rendu publique une note dans laquelle on peut lire ceci : « si les autorités françaises ne poursuivent pas la réforme des retraites, ne continuent pas à modifier la sécurité sociale… il est incertain que [nous] maintenions la note AAA de la France ».
Autrement dit, après les retraites, demain on passe à la sécurité sociale. C’est l’abaissement brutal de la note du Portugal qui a mis le feu aux poudres. Voila un pays dans lequel le parti de M. Barroso, président de la Commission européenne, vient de gagner les élections, à qui, comme pour la Grèce et l’Irlande, le triumvirat totalitaire – composé de cette même Commission de Bruxelles ; du Fonds monétaire international ; de la Banque centrale européenne – est en train d’imposer une insupportable austérité et qui doit emprunter de l’argent aux banques privées à 12 % parce que sa note a été dégradée. Ce même argent que ces mêmes banques auront emprunté à 1% auprès de la BCE.

« Cet été encore, on reste à la maison »

Comme Nadia, Radya ou Myriam, trois mères de famille vivant dans des quartiers populaires de la banlieue parisienne, de nombreux Français ne partiront pas en vacances cette année. Un phénomène croissant, mais toujours douloureux.Mère divorcée, au chômage, Nadia vit au Blanc-Mesnil avec ses trois garçons. Les vacances, ça fait près de huit ans qu’elle n’y a pas goûté. Ses fils sont chez leur père pour quelques jours. Elle est seule, alors elle peut souffler. Mais sortir, au-delà du quartier, « c’est impossible », tranche-t-elle. « Je ne sais pas où aller. Je n’ai pas beaucoup d’argent. » Paris ? « Pour quoi faire ? Tout coûte très cher. Comme de retourner en Algérie pour voir ma famille... J’ai trop de dettes à payer alors je préfère me priver de vacances. »
Comme 45 % des Français, Nadia reste à quai cet été, un phénomène qui prend de l’ampleur et dont la raison essentielle reste le manque de moyens. Avant de la quitter, son mari a cessé de payer les loyers de l’appartement et lui a légué près de 4 000 euros de dettes. Partir en vacances, ce n’est pas l’envie qui lui manque. Surtout avec trois adolescents. « Si je pouvais, je les enverrais en vacances. Pour celui qui a seize ans, j’ai trouvé une colonie. Ils partent quelques jours avec des éducateurs. Ils vont à la piscine, mais ça ne suffit pas à les occuper pendant deux mois. » Avec le chômage et les allocations familiales, Nadia touche à peine 800 euros par mois. Même les vacances que propose la caisse d’allocations familiales (CAF) sont hors de portée. « C’est une aide importante, mais, même ça, je ne peux pas me le 
permettre. »
« je ne peux rien prévoir »
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dimanche 17 juillet 2011

Hausse des prix de l'essence : Fillon, nouveau VRP de Total

En pleine hausse de l'essence et pendant que des millions de Français s'apprêtent à partir en vacances, François Fillon a choisit son camp : celui du patron de Total, Christophe De Margerie qui a annoncé des hausses futurs des prix du carburant à la pompe.  Pour le Premier ministre, et maintenant VRP du groupe pétrolier français, les propositions visant à stabiliser les prix et taxer les super-profits sont « démagogiques » et « sans aucun sens ». Les rendez-vous annoncés en grande pompe entre le Ministre Baroin et le PDG de Total ne sont donc que de la gesticulation visant à calmer une opinion publique mécontente. Les Français sont de plus en plus las d'un gouvernement incapable d'imposer sa volonté aux puissants.

Le PCF dénonce cette collusion et demande l'instauration d'un prix maximum à la pompe, la diminution de 5 % de la TIPP sur les produits pétroliers et le financement de ces mesures par une taxe sur les profits des compagnies pétrolières.

samedi 16 juillet 2011

Ce que veulent les salariés, ce sont des augmentations de leur pouvoir d’achat, donc des augmentations de salaires

Par Annie David, Sénatrice Communiste
Monsieur le président, monsieur le ministre, madame la présidente de la commission des affaires sociales, mes chers collègues, cela ne vous surprendra pas, ayant voté contre ce projet de loi lors de son examen en première lecture, nous voterons de nouveau contre après la réunion de la commission mixte paritaire, dussiez-vous invoquer les fameux « 62 % de sondés » ou qualifier mon intervention de « caricaturale », monsieur le ministre.
En effet, la commission mixte paritaire n’a pas vraiment permis d’aboutir à une véritable répartition des richesses, comme nous l’appelions de nos vœux ; vous-même semblez pourtant y être attaché, monsieur le ministre.
Pour notre part, nous avons été surpris par certaines déclarations que nous avons entendues dans la discussion générale en première lecture.
Ainsi, monsieur le ministre, vous avez affirmé : « Il y a deux ans, au moment où notre pays traversait, comme le reste du monde, une crise d’une ampleur sans précédent, le Président de la République a voulu que s’engage une réflexion pour permettre une meilleure répartition des fruits de l’effort collectif. » Une telle déclaration appelle tout de même quelques observations.
D’abord, vous donnez voix à un rapport qui a été remis au Président de la République le 16 mai 2009 ; vous auriez pu trouver plus récent… Et on peut légitimement se demander pourquoi le Gouvernement a attendu plus de deux ans pour proposer enfin une mesure présentée comme devant renforcer le pouvoir d’achat de nos concitoyens. Certains l’expliquent par la proximité de l’élection présidentielle… Je vous laisserai le soin de nous répondre sur ce point, monsieur le ministre.
Par ailleurs, ce rapport n’est pas exempt de critiques. En effet, pour justifier toute sa théorie selon laquelle la part des salaires n’aurait pas radicalement diminué dans le partage des richesses, il se fonde évidemment sur le chiffre le moins gênant : la valeur ajoutée au coût des facteurs de production. Cela permet de conclure que la baisse « n’atteindrait que deux à trois points de valeur ajoutée » sur la période étudiée.
Même si nous ne sommes pas d’accord sur le chiffre retenu, nous notons tout de même, à l’instar de Sylvain Lapoix dans un article de Marianne, que : « Trois points de baisse ramenés au PIB français représenteraient la bagatelle de 55 milliards à 60 milliards d’euros en moins pour les salaires. » Et là, on peut dire que c’est une perte sèche pour le pouvoir d’achat des salariés !
En outre, de nombreux économistes s’accordent à dire, à l’image de Michel Husson, que le véritable enjeu est celui de la répartition de la valeur ajoutée entre deux facteurs : les dividendes et les salaires.
Selon des données fournies par l’INSEE, les salaires nets représentaient 45,8 % de la valeur ajoutée en 1980, contre 37,4 % en 2008, soit une perte d’un peu plus de 8 %. Sur la même période, la part de la valeur ajoutée dédiée aux dividendes est passée de 3,1 % à 8,4 %, soit une progression de 5,3 %.
La tendance principale est un transfert des salaires vers les profits équivalant à 8,8 points de valeur ajoutée. Michel Husson précise : « Du côté des profits, la majeure partie de l’augmentation est allée au versement de dividendes. En 1980, les revenus ainsi distribués par les entreprises représentaient 4,2 % de leur masse salariale, et cette proportion est passée à 12,9 % en 2008. Autrement dit, les salariés travaillaient 72 heures par an pour les actionnaires en 1980. En 2008, c’est 189 heures. » Voilà le constat !
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Retrouver la République

Mediapart publie le discours tenu par le résistant Raymond Aubrac à la Bastille, le 14 juillet 2011, à l'occasion de la célébration de la fête nationale française. Un plaidoyer pour un retour aux principes fondamentaux d'une République dévoyée par ceux qui la gouvernent dans «la haine et le rejet de l'autre».

" Depuis bientôt un an, les plus hautes autorités de l'Etat s'acharnent à dresser les citoyens les uns contre les autres. Elles ont successivement jeté à la vindicte publique les Roms et les gens du voyage, les Français d'origine étrangère, les habitants des quartiers populaires, les chômeurs et précaires qualifiés d'«assistés»... Elles ont ressorti le vieux mensonge d'une immigration délinquante, elles pratiquent la politique de la peur et de la stigmatisation. Nous avons manifesté le 4 septembre 2010, dans toute la France, contre ce dévoiement de la République. Aujourd'hui, chacun mesure la terrible responsabilité de ceux qui ont donné un label de respectabilité aux idées d'extrême droite, à la xénophobie, à la haine et au rejet de l'autre. De dérapages verbaux en pseudo-débats, de crispations identitaires en reculs sociaux, la voie a été grande ouverte à une crise démocratique encore plus grave que celle du 21 avril 2002.
Parce que nous sommes attachés aux valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité, nous ne supportons plus que la République soit ainsi défigurée, la laïcité instrumentalisée au service de la stigmatisation de millions de nos concitoyens, la xénophobie banalisée dans les propos de ministres et de députés qui prétendent parler en notre nom à tous. Nous refusons que la peur soit utilisée pour faire reculer nos libertés, que les inégalités soient encouragées par l'injustice fiscale, le recul des droits sociaux et la démolition des services publics.
Nous refusons cette République défigurée; celle que nous voulons, c'est la République «laïque, démocratique et sociale» que proclame notre Constitution; celle du 14 juillet 1789, du Rassemblement populaire de 1936, celle enfin du Conseil national de la Résistance. Celle qui s'attache inlassablement à garantir à tous l'égalité en dignité et en droits, l'égale liberté, l'égal respect de la part de ceux qui les gouvernent.
C'est pourquoi nous lançons un appel solennel au rassemblement de toutes et tous, à la mobilisation des consciences pour le retour de cette République que nous voulons plus que jamais libre, égale et fraternelle.
Deux cent vingt deuxième anniversaire de la prise de la Bastille, ce 14 juillet est le dernier avant l'échéance présidentielle de 2012. Sachons nous en saisir, nous rassembler pour fêter la République de la meilleure manière qui soit: en appelant nos concitoyennes et concitoyens à faire respecter ses valeurs, aujourd'hui et demain. "
Raymond AUBRAC