La fete des Allobroges

samedi 12 mai 2012

Universités : quel bilan du processus de Bologne ?

Elaboré en juin 1999, et signé depuis par quarante-sept pays, le processus de Bologne vise à unifier les systèmes d’enseignement supérieur européen. Depuis une dizaine d’années, il a surtout, sous couvert d’harmonisation et de mobilité des étudiants, entraîné la mise en place de réformes à visée néolibérale, dénoncées par une bonne partie de la communauté universitaire.
En France, le processus de Bologne s’est traduit par l’instauration du système LMD (licence-master-doctorat) qui a, entre autres, cassé le cadre national des diplômes, accentué la mise en concurrence des filières et le poids des entreprises dans le contenu des formations. Loin de freiner ce mouvement, le dernier « rapport d’exécution » du processus de Bologne, adopté en mars dernier par le Parlement européen, poursuit dans cette même logique de libéralisation de l’enseignement supérieur. Seuls les députés du groupe GUE-GVN, regroupant communistes et progressistes, ont voté contre.
Quel bilan dressez-vous du processus de Bologne ?
Marion Guenot : Il est désastreux pour les étudiants et pour les jeunes diplômés de toute l’Europe. Avec la réforme LMD, on nous parlait d’harmonisation de nos formations. Or, force est de constater que, aujourd’hui, seules les politiques de régression sociale (augmentation des frais d’inscription, casse des services publics ) sont en harmonie. On voit bien que l’ambition de développer la mobilité étudiante est un véritable échec en l’absence totale d’encadrement structurel et financier, seuls 2 % des étudiants de France y ont accès, le plus souvent dans les grandes écoles où les moyens financiers sont les plus importants. Le mot fort du bilan de ce processus est « déréglementation ». Les diplômes n’obtiennent pas la même reconnaissance d’une université à une autre en France, alors d’un pays à un autre, c’est bien pire ! En réalité, l’harmonisation des notations renforce le dumping social en Europe, en permettant de construire une lisibilité pour le patronat européen, qui peut ainsi délocaliser les entreprises là où la formation correspond le mieux à ses exigences et où la main-d’œuvre est moins chère.
Christophe Charle et Charles Soulié : Historiquement, le processus de Bologne visait déjà à faciliter la mobilité des étudiants en Europe. Sur ce plan, le bilan est mitigé.

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