La fete des Allobroges

samedi 30 juin 2012

Austérité: "Tout ça va se finir dans la rue"

Spécialiste des questions budgétaires, l'ancien député Front de Gauche Jean-Pierre Brard souhaite que le gouvernement rompe avec les méthodes en vigueur plutôt que de "rafistoler". 

Que pensez-vous de l'orientation économique du nouveau gouvernement?
Je regarde cela avec beaucoup de circonspection et d'inquiétude. Si on veut sortir de la crise dans laquelle nous sommes, il faut rompre avec les méthodes en vigueur, et pas simplement rafistoler. L'exemple de la faible augmentation du Smic illustre bien cela. Ce n'est pas comme ça que la consommation va repartir! En agissant de la sorte, on règle la question des banques espagnoles, pas du peuple français. C'est une faute politique.

Vous avez l'air très déçu...
Oui, car on applique les mêmes recettes qu'auparavant. François Hollande aurait tort d'oublier qu'il a été élu de justesse, car tout cela va se régler dans la rue. Le nouveau gouvernement prend de bonnes mesures sociétales, comme le mariage homosexuel, c'est un fait. Mais cela ne remplit pas les assiettes!

Ca ne laisse rien présager de bon, car cela s'apparente à une mise à la diète. Si on m'explique que le système fonctionne mieux avec moins de fonctionnaires, alors il suffit de les virer tous, comme cela on sera tout à fait guéri! Le gouvernement amorce des bombes à retardement et cela va créer une espèce de morosité ambiante. 
Le temps où Nicolas Sarkozy obéissait au doigt et à l'oeil à "Sainte Angèle de Germanie" est révolu.

Le pacte de croissance européen annoncé ce matin est-il une bonne nouvelle?
Les contraintes inscrites dans ce pacte vont totalement congeler ses effets. Je rappelle qu'au départ, il était question de renégocier le pacte européen. Ce n'est plus le cas. La subordination de la souveraineté française vis-à-vis de Bruxelles ne le permet pas. François Hollande doit se monter plus ferme, car on ne peut rien refuser à la France. Le temps où Nicolas Sarkozy obéissait au doigt et à l'oeil à "Sainte Angèle de Germanie" est révolu. Le président français a certaines positions encourageantes, comme sur les eurobonds, mais ce n'est pas suffisant.

Que faut-il, d'après vous, pour remettre la France en état de marche?
Nous devons augmenter le Smic et les pensions, avec des mesures adaptées pour les PME. La différenciation entre les revenus du capital et ceux du travail est également très importante. Enfin, il faut évidemment augmenter les prélèvements. Les tranches les plus hautes ne payent pas assez d'impôts. Et ceux qui prétendent le contraire spéculent sur l'ignorance du bon peuple.  

Gel du tarif du gaz : courrier de la sénatrice Mireille Schurch à la ministre de l’Écologie Delphine Batho

Madame la Ministre,
Dans le cadre de la révision des tarifs réglementés du gaz au 1er juillet 2012, j’attire votre attention, et nous avions saisi en des termes identiques Madame la Ministre Nicole Bricq, sur les engagements qui avaient été pris auprès des usagers au Sénat lors de l’examen du projet de loi renforçant les droits, la protection et l’information des consommateurs, en décembre dernier.
En effet, la majorité sénatoriale avait adopté un amendement du groupe communiste républicain et citoyen visant à ce qu’une commission pluraliste composée d’élus, d’usagers, de représentants des salariés du secteur et du ministre chargé de l’énergie, soit créée afin de modifier la formule tarifaire du gaz visant à fixer les tarifs réglementés.
Comme nous l’avions défendu en séance, rien ne fait obstacle à ce que les tarifs du gaz soient gelés le temps du processus de révision de la formule tarifaire des tarifs réglementés du gaz, le Conseil d’Etat ayant très clairement confirmé la compétence du Premier Ministre pour prononcer le gel des tarifs réglementés du gaz, au nom de l’intérêt public.
Nous vous prions donc, sans attendre le débat sur la transition énergétique de l’automne 2012, de bien vouloir examiner la possibilité de mettre en place une telle commission, afin que la transparence soit assurée et la réalité des coûts garantis dans le processus de révision nécessaire de la formule tarifaire du gaz.
Confiante de l’attention que vous porterez à cette demande faite au nom de l’intérêt général en faveur de l’ensemble des usagers, je vous prie de bien vouloir agréer, Madame la Ministre, l’expression de ma considération distinguée.
Mireille SCHURCH, SENATRICE DE L’ALLIER, MEMBRE DU GROUPE COMMUNISTE REPUBLICAIN ET CITOYEN

vendredi 29 juin 2012

Sommet européen : lettre de Pierre Laurent au président de la République : "Ne signez pas !"

Monsieur le président de la République,
Le sommet européen des 28 et 29 juin auquel vous vous apprêtez à participer est d'une extrême importance. L'Union européenne, toujours dans la tourmente, « doit être réorientée », comme vous l'avez souligné dans votre campagne électorale. L'élaboration de mesures nouvelles, rompant avec les logiques d'austérité qui s'avèrent chaque jour plus injustes et plus désastreuses, demeure un impératif pour sortir durablement de la crise.
C'est aussi le premier sommet où vous engagerez la parole et la politique de la France. Il s'agit maintenant de traduire, dans les actes, le changement pour lequel les Français vous ont élu.
À l'occasion de votre discours le 22 janvier au Bourget, vous avez pris l'engagement de « renégocier le traité européen, issu de l'accord du 9 décembre », c'est-à-dire le traité élaboré par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. Cinq mois plus tard, le respect de cet engagement paraît plus nécessaire que jamais.
Les Français ont décidé de tourner la page de la politique de Nicolas Sarkozy. Il serait donc incompréhensible que nos politiques budgétaires continuent à être dictées par ce traité, et pire, qu'elles soient soumises à un contrôle accru de Bruxelles au mépris de la démocratie parlementaire et de la souveraineté populaire.
Nos concitoyens ont déjà été floués après leur « non » au TCE en 2005. Aujourd'hui, le maintien en l'état du Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) serait un nouveau déni de démocratie.
Ensuite, et surtout, les développements de la crise au sein de l'UE montrent qu'aucun assainissement de la situation financière des États membres ne sera obtenu en s'entêtant dans la voie actuelle.
Sans une politique de relance construite sur de nouveaux modèles de développement, sans dégager nos grands choix d'investissements de la dépendance et des injonctions de rentabilité des marchés financiers, la sortie de crise fuira comme la ligne d'horizon au fur et à mesure des prétendues avancées de la coordination économique européenne. Celles-ci, au contraire, tendent à transformer l'Europe en champ clos dominé par les grands groupes, comme l'ont souhaité dans une récente tribune les PDG de Telecom Italia, Axa et Siemens.
Ce qui se profile à l'ouverture du sommet européen nous inquiète au plus haut point.
Le pacte budgétaire, ou TSCG, sortirait intact du Sommet. Il serait le seul texte considéré comme contraignant, et donc, avec les Mécanismes européens de stabilité qui conditionnent l'octroi de fonds au respect des injonctions du traité budgétaire, le seul soumis à ratification des États.
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Front de Gauche : et maintenant ? par Cl. Debons et J. Rigaudiat

La séquence électorale présidentielles-législatives est maintenant close. Le moins que l’on puisse dire est que la campagne du Front de Gauche aura connu des phases contrastées en passant du chaud au froid.
 
Le chaud, c’est la dynamique militante de la présidentielle, les grands meetings de masse, les liens tissés avec les entreprises en lutte et les syndicalistes, l’engouement populaire constaté ; même si, au final, il y a eu un décalage entre la dynamique militante forte et une dynamique électorale moindre. Il n’est pas anormal qu’après les échecs et déceptions accumulées depuis plusieurs années la remobilisation touche d’abord les franges les plus politisées ; pour les autres, il y faudra plus de temps.

Le froid, c’est le score des législatives, où le Front de Gauche progresse en voix et en pourcentage par rapport à 2007, mais recule sensiblement par rapport au score de la présidentielle — alors même que certains d’entre nous espéraient que la pression du « vote utile » serait moindre — et c’est la perte de députés sortants malgré des scores en progrès pour la plupart. Cela laisse le goût amer d’un groupe parlementaire diminué, d’un affaiblissement institutionnel rendant plus difficile de peser au quotidien sur le gouvernement, d’une image de défaite et d’échec propagée par les médias.

Même si la réalité est toujours plus complexe et contradictoire, même si l’acquis engrangé dans ces mois de campagne n’a pas disparu et constitue un socle substantiel pour continuer, il n’en demeure pas moins que le Front de gauche devra affronter l’avenir avec ces handicaps.

Il convient donc de se livrer à une analyse lucide de ce qui a conduit à un résultat bien éloigné de certaines affirmations (« nous serons en tête de la gauche », « nous allons devancer le Front national »), si l’on veut trouver les moyens de rebondir. Face à des militants troublés par les résultats, il est important de donner une grille de compréhension de ce qui s’est passé pour bâtir des perspectives. Nous avions déjà mis en garde, il y a un an, alors que nous prenions nos distances avec le Parti de gauche, contre « une analyse fantasmagorique de la situation française, décrite comme quasi-prérévolutionnaire » servant de « justification à une orientation protestataire-révolutionnariste » ne répondant pas aux attentes populaires réelles. Au vu de la séquence qui s’achève, nous n’avons rien à retirer à cette mise en garde qui nous apparaît au contraire prémonitoire. Dans ce texte, nous nous contenterons de souligner quelques aspects essentiels, considérant que d’autres contributions (rapport de Pierre Laurent, texte de Roger Martelli, remarques de Pierre Khalfa, etc.) complètent utilement l’analyse que nous proposons ici :
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A l'ombre d'un tilleul...

Après l'intense mobilisation de la séquence électorale, une trentaine de militants du Front de Gauche du Grésivaudan se sont regroupés à l’ombre d’un tilleul, ce soir, pour faire une analyse de la campagne en terme de résultats mais aussi de dynamique militante et citoyenne.
L'élan est toujours présent puisque les camarades et les sympathisants ont souligné l'urgence de  travailler sur une expression politique à propos de nombreux sujets : Traité européen actuellement en négociation à Bruxelles, régularisation des sans papier, smic et pouvoir d'achat, désindustrialisation et hausse du chômage (Arcelor, PSA Aulnay), etc...
Après cette discussion de bilan de campagne, en présence des ex-candidats, rendez-vous fut pris à la Fête du Travailleur Alpin ce weekend, aux journées estivales du Front de gauche à Grenoble les 25 et 26 août et bien sûr à la Fête de l’Humanité les 14, 15 et 16 septembre à la Courneuve.

La soirée s'est achevée par un casse croûte fraternel et fort sympathique

jeudi 28 juin 2012

Travailleurs sans papiers : Communiqué de la Plateforme 12


Communiqué commun :
CGT, FSU, UNEF, Autremonde, La Cimade , Collectif 31 mai, Femmes Egalité, JOC, LDH, MRAP, RESF, SOS Racisme
Le 29 mai dernier, le Premier Ministre Jean-Marc AYRAULT a reçu en mains propres une lettre ouverte signée par les premiers dirigeants des douze organisations constituant la « Plateforme 12 » (CGT, FSU, UNEF, Autremonde, La Cimade , Collectif 31 mai, Femmes Egalité, JOC, LDH, MRAP, RESF, SOS Racisme) appelant à l’organisation d’une rapide rencontre sur la question des travailleurs-euses migrants sans papiers et étudiant-e-s étranger-e-s.
Nos organisations se sont félicitées de l’abrogation de la scandaleuse circulaire du 31 mai 2011, dite circulaire Guéant. Elles souhaitent que le nouveau texte (31 mai 2012) paraisse rapidement au JO pour faciliter son application. Pour autant, de nombreuses questions concernant l’égalité de traitement entre étudiants français et étrangers restent pendantes.
Nous réaffirmons avec force, comme le proclame notre plate-forme commune, l’idée suivante : « Dans leur très grande majorité, les migrants, qu’ils soient avec ou sans papiers, sont des travailleurs-euses ou des futurs travailleurs-euses. Ils n’ont vocation, ni à être victimes de la déréglementation sociale, ni à en être les vecteurs. Ils ne prennent le travail de personne. Ils sont partie intégrante du salariat. »
Les élections, tant présidentielles que législatives, sont maintenant passées. Une majorité existe, qui a souvent exprimé sa solidarité vis à vis de ces travailleurs, étudiants et jeunes majeurs scolarisés. Il est maintenant temps de construire les fondements d’une nouvelle politique assurant l’effectivité de « l’égalité de traitement entre Français et Etrangers dans les études comme au travail », garantie par des textes législatifs ou réglementaires.
Nous, acteurs sociaux, saurons y participer avec la sérénité et la responsabilité qui s’imposent, et la rencontre que nous avons sollicitée auprès du Premier Ministre doit marquer l’ouverture de ce dialogue.
Paris, le 22 juin 2012

La réplique de Mikis Théodorakis à Jean-François Copé

Le mucisien et compositeur grec réagit dans l'Humanité contre la campagne de l'UMP faisant de lui un antisémite.
«Je suis grec et fier de l’être, car nous sommes le seul peuple en Europe qui, pendant l’occupation allemande (1941-1944), non seulement n’a pas exercé de poursuites contre les juifs mais, au contraire, les a aidés à vivre et à survivre avec tous les moyens dont nous disposions.
À l’époque, j’étais moi-même partisan de l’Armée populaire de libération et je me souviens que nous avions pris sous notre protection de nombreuses familles de juifs grecs, que nous nous sommes souvent battus contre les SS pour les sauver et beaucoup d’entre nous l’ont payé de leur vie.
Plus tard, j’ai composé le cycle Mauthausen que, notamment en Israël, l’on considère quasiment comme un hymne national. J’ai ressenti une des plus grandes émotions de ma vie quand, dans les années 1980, il m’a été accordé de diriger cette œuvre sur le site du camp de concentration de Mauthausen, tout d’abord chantée en grec par sa première interprète, Maria Farantouri, puis en allemand par Gisela May, et en hébreu par la chanteuse israélienne, Elinoar Moav. Je l’ai dirigée une fois encore sur ces lieux et, depuis lors, l’œuvre enregistrée est diffusée sans interruption sur le site du camp.
En 1972, j’ai bravé le boycottage européen et j’ai donné des dizaines de concerts en Israël, des moments que je qualifierais d’historiques en raison des liens d’amour mutuel qui nous unissaient.
À cette même époque, Yigal Allon, alors vice-premier ministre du gouvernement israélien et ministre de l’Éducation et de la Culture, m’a confié une première mission, celle de transmettre un message de paix à Arafat au nom de son gouvernement. C’est dans cette intention que je l’ai rencontré à Beyrouth et, à cette occasion, j’ai donné une conférence de presse dans une salle. Un groupe de fanatiques palestiniens avait décidé de m’abattre, car il me considérait comme un complice des juifs. C’est Arafat lui-même qui me l’a dit le lendemain avec, à ses côtés… le groupe de mes assassins en puissance. Qu’est-ce qui m’a sauvé ? Mon amour authentique pour les deux peuples martyrs : les juifs et les Palestiniens.
“Quand on t’a entendu pendant la conférence de presse, m’ont-ils dit, on a compris que nous nous trompions.” Qu’est-ce que j’avais dit au cours de la conférence de presse ? “Le conflit qui vous oppose ne sera pas résolu par les armes, mais par la compréhension mutuelle. De l’autre côté, il y a des hommes ordinaires qui vous ressemblent, simples et travailleurs, capables d’aimer et qui, comme vous, aiment leur famille et leur pays. C’est eux que vous devez trouver, parce que c’est avec eux que vous pourrez vivre dans la paix.”
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mercredi 27 juin 2012

Pierre Laurent : tchat sur "Le Monde"

Bertrand : Jean-Luc Mélenchon parle de "carence de direction politique" dans votre parti, que répondez vous ?
Pierre Laurent : D'abord, il a parlé de carence de direction politique dans le Front de gauche, à propos des élections législatives. Je pense que chacun devrait faire attention aux déclarations à l'emporte-pièce sur nos résultats dans ces élections.
Nous avons progressé en voix et en pourcentage, et notre recul en nombre de députés est d'abord dû à l'injustice du système électoral et aux effets d'une présidentialisation aggravée des comportements politiques. C'est donc un sujet de réflexion pour toutes les femmes et tous les hommes de gauche.
Nous avons enregistré ce progrès y compris dans la plupart des circonscriptions où nous perdons un député sortant. Je crois moi aussi que nous avons manqué de lisibilité nationale dans ces élections législatives. Mais contrairement à Jean-Luc, je ne pense pas que la campagne menée localement par nos candidats, a fortiori dans les circonscriptions sortantes, soit en cause.
Jeanne : Croyez vous comme Mélenchon que les communistes ont tenté individuellement de "sauver leur peau" ?
C'est contraire à toute la réalité de la campagne, qui a été menée collectivement au nom du Front de gauche. Si on veut sérieusement s'interroger sur les électeurs qui avaient voté pour nous à la présidentielle et qui ne l'ont pas fait aux législatives, il faut chercher les raisons ailleurs.
Une partie d'entre eux ont sans doute considéré, à tort, que l'essentiel avait été fait en votant contre Nicolas Sarkozy. La présidentialisation excessive des comportements électoraux ne nous épargne pas. Par ailleurs, d'autres électeurs ont sans doute eu du mal à comprendre comment nous entendions être utiles à la réussite d'une politique de gauche dans la nouvelle situation créée par l'élection de François Hollande.
Ils ont du coup estimé que la seule question posée était de lui donner une majorité, en sous-estimant ce que nous voulions mettre en valeur : la qualité de cette majorité parlementaire et l'importance de compter ou non en son sein un groupe Front de gauche. C'est une leçon qu'il faudra retenir pour les batailles à venir.
Aline : Comment décryptez vous les attaques de Jean-Luc Mélenchon ?
A l'issue d'une période électorale aussi intense, il est normal que toutes les formations du Front de gauche tirent les leçons des scrutins et confrontent leurs idées sur la suite à donner.
Que s'expriment des opinions différentes au sein même du Front de gauche n'est pas en soi un problème. En revanche, je pense que chacun devrait se garder de réactions caricaturales, voire insultantes, sur la campagne de nos candidats.
L'exigence de confrontation n'exclut pas la solidarité et surtout, impose que nos jugements soient étayés sur des analyses approfondies et non des racontars. Je souhaite, j'espère que cela sera le cas très vite, que ces premières réactions laissent la place à ce nécessaire travail d'analyse dont nous avons besoin pour relancer de plus belle la dynamique conquérante du Front de gauche.
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Rio + rien (ou presque)

Par Sophie Chapelle
Vingt ans après le sommet initial qui avait jeté les bases de la notion de développement durable, Rio+20 sonne comme un échec retentissant. Après la Conférence sur le climat de Copenhague en 2009, c’est un nouveau raté sur la question environnementale. Dans lequel se confirme, au passage, la "bascule géopolitique" qui voit les pays émergents prendre toute leur place parmi les puissants de la planète.
Les signes ne manquent pas autour du centre de conférence des Nations Unies sur le développement durable pour marquer la présence des 130 chefs d’Etat et de gouvernement du 20 au 22 juin. Alors que la police anti-émeute est alignée devant l’entrée principale et que des troupes armées patrouillent dans des canots sur le lac voisin, les frégates marines dessinent l’horizon. Dans cette enclave sécuritaire située à une vingtaine de kilomètres du Sommet alternatif organisé par la société civile, personne ne cache sa déception autour du texte adopté le 19 juin par l’ensemble des négociateurs. Pas même Ban Ki Moon, le secrétaire général des Nations unies, pour qui « nos efforts n’ont pas été à la mesure des défis qui nous attendent. La nature n’attend pas. Elle ne négocie pas avec les humains ».
Intitulé « le futur que nous voulons », ce texte de 49 pages était censé déterminer une feuille de route sur la mise en œuvre d’une « économie verte », définir des « objectifs de développement durable » (ODD) clairs, et s’accorder sur la mise en place d’un cadre institutionnel ambitieux pour ce faire. Assis aux terrasses des cafés créées pour l’occasion, les délégués tentent de s’accrocher à quelques « avancées ». Est ainsi prévue l’adoption de futurs ODD qui pourraient prendre le relais des Objectifs du millénaire définis en 2000. « La négociation a défini un mécanisme et un calendrier précis et court, analyse Laurence Tubiana de l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri). La discussion va dorénavant porter dans chaque pays sur la définition de ces objectifs universels. » Sans réelle surprise, point de nouvelle agence des Nations Unies pour l’environnement, mais un Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) aux compétences « renforcées ».
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mardi 26 juin 2012

Refuser le pacte d’austérité

Par Patrick Le Hyaric
Le sommet européen de cette fin de semaine doit à nouveau discuter du traité initié par M. Sarkozy et Mme Merkel. Celui-ci est un sévère corset contre les peuples. Il oblige les Etats à réduire drastiquement les investissements humains, sociaux et publics. De ce point de vue, il est encore plus dur que le traité de Maastricht.
Pire, ce traité d’austérité budgétaire oblige les Etats à inscrire dans leur constitution, « l’auto-obligation » de réduire les dépenses publiques et de se placer sous le contrôle direct de la Commission de Bruxelles. Ce contrôle des finances publiques concernerait l’Etat, le budget de la sécurité sociale et aussi ceux des collectivités territoriales.
Ainsi, avec ce texte, c’est l’austérité permanente : moins de crédits pour l’école ou la santé, la voie ouverte à une privatisation de tout ou partie de la protection sociale, des moyens réduits pour les communes, départements ou régions. Le Président, F. Hollande, lorsqu’il était candidat, a contesté ce texte et s’était engagé à le renégocier. C’est d’ailleurs la proposition numéro 11 de son programme. Depuis, il n’a évoqué que l’ajout d’un volet baptisé « croissance ».
En fait, ce qui s’est discuté à Rome, il y a quelques jours, avec les responsables italien, espagnol et allemand, ne porte que sur l’activation d’un accord décidé le 30 janvier dernier, lors d’un sommet européen et qui serait maintenant baptisé « pacte de croissance ».  Les dirigeants européens font mine de reprendre les mots de F. Hollande. En vérité, il ne peut y avoir de relance efficace de l’économie sans progrès social. Or, les instances européennes sauvent les banques pour mieux détruire les acquis sociaux.
Les propositions, au nombre de quatre, restent en effet bien maigres, au moment où l’Espagne et l’Italie sont violemment attaquées par les marchés financiers. Il s’agirait d’utiliser les crédits des fonds structurels non dépensés, de mettre en place une taxe sur les transactions financières, de créer des bons d’obligation pour racheter des dettes, d’augmenter le capital de la Banque européenne d’investissements. Rien n’est envisagé pour augmenter le pouvoir d’achat. Rien non plus pour faire de la Banque centrale européenne une banque publique au service de la relance et de l’emploi.

Paraguay : le PCF condamne le coup d'État déguisé contre le Président Fernando Lugo

Le PCF condamne le coup d'État déguisé au Paraguay, dirigé contre Fernando Lugo, Président de la République « l'évêque des pauvres » et élu contre une droite revancharde et réactionnaire qui s'est enrichie pendant la période de la dictature.
Cette oligarchie de la bourgeoisie, qui ne s'est jamais inquiétée des violations des droits de l'homme et qui a tout fait pour empêcher la mise en place des réformes voulues par Fernando Lugo, en particulier la réforme agraire, s'empare d'un événement dramatique pour tenter de légitimer son coup de force.
La droite paraguayenne s'est en effet saisi de l'affrontement qui a fait 17 morts, 11 paysans et 6 policiers à Curuguaty, dans le Nordeste du pays pour demander la destitution du Président Fernando Lugo. La majorité de droite a laissé 24 heures au président pour préparer sa défense et il ne disposera que de deux heures pour s'exprimer devant le Sénat ce vendredi 22 juin 2012.
Le PCF affirme sa solidarité avec les partis de la gauche paraguayenne et avec le peuple du Paraguay.
Communiqué du Parti Communiste Français

lundi 25 juin 2012

SMIC: le coup de pouce promis se transforme en dérisoire pichenette

Le gouvernement s'apprête à annoncer le montant de la hausse du SMIC pour le 1er juillet.
Selon Les Échos de ce matin, il s'agirait d'une augmentation du salaire minimum de 2 % soit + 0,6 % si l'on tient compte de l'inflation constatée depuis la dernière augmentation. Si tel est le cas, le coup de pouce promis se transforme en dérisoire pichenette!
Nous ne pouvons décemment pas en rester là. Le PCF demande au gouvernement de corriger le tir en revoyant à la hausse une augmentation du SMIC. Au lendemain d'une victoire historique de la gauche, le changement doit se traduire par du sonnant et du trébuchant. L'urgence le commande.
Communiqué du Parti communiste Français

La "hausse raisonnable" du Smic s'annonce très limitée

Matignon n'a pas cherché à démentir le coup de pouce au Smic de 2% mentionné par Les Echos ce vendredi matin. Less services du Premier ministre évoque juste une hausse "raisonnable" à compter du 1er juillet prochain. Pas de quoi rassurer les syndicats.
L'entourage de Jean-Marc Ayrault a indiqué ce matin qu'une réunion technique consacrée à ce sujet, qui était prévue en fin de matinée à Matignon, avait été annulée pour cause de Conseil des ministres. "Mais cela n'empêche pas les discussions de se poursuivre", a-t-on ajouté. Promesse très attendue de François Hollande, le coup de pouce au Smic sera dévoilé mardi aux partenaires sociaux, réunis en Commission nationale de la négociation collective. Un décret sera pris le lendemain pour que la hausse s'applique dès juillet aux salariés concernés, environ un sur dix.
Pressions du patronat
En coulisses, les pressions se font plus insistantes du côté du patronat pour limiter à tout prix une hausse du Smic. Jeudi, la CGPME a réclamé "une suspension du coup de pouce envisagé", estimant qu'il mettrait "en danger" des milliers de petites entreprises. Même faible, un coup de pouce fera peser un "risque sérieux sur l'emploi", affirme aussi la présidente du Medef, Laurence Parisot.
L'hypothèse énoncée par Les Echos d'une hausse de 2% irait dans le sens des représentants des patrons. Car ce mini-coup de pouce serait un trompe l'oeil. La hausse constituerait en grande partie un à-valoir sur la future revalorisation légale qui doit intervenir le 1er janvier, à savoir l'inflation constatée depuis la dernière augmentation, soit 1,4%. Le "vrai coup de pouce" serait donc de 0,6%, écrit Les Echos.
Déception en vue pour les salariés
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La Poste Astrid Herbert-Ravel : "On m’a discriminée parce que j’ai refusé de me taire"

Témoignage exclusif. Ex-DRH de La Poste, Astrid Herbert-Ravel, 42 ans, raconte sa placardisation au sein du groupe. Elle dénonce un harcèlement institutionnalisé 
qui a pour but 
de supprimer des postes, sans faire 
de plan social.
Racontez-nous votre descente aux enfers 
au sein de La Poste.
Astrid Herbert-Ravel. En 2002, j’étais DRH des services financiers d’Île-de-France quand un nouveau responsable hiérarchique est arrivé. Mes journées sont devenues cauchemardesques. Après quelques mois, j’ai alerté un bras droit du président de La Poste  : il a convenu qu’il y avait un problème, mais qu’il ne pourrait pas faire de miracle ! Le jour où j’ai voulu négocier mon départ, mon manager s’est emporté : en me claquant contre le mur, il m’a hurlé que « je lui appartenais, que La Poste était petite, que s’il me retrouvait, il me ferait la peau ». En état de choc, je me suis arrêtée pour un mois. Quand je reviens, j’ai perdu mon poste. Je fais alors un signalement pour harcèlement, le protocole interne n’est ouvert que deux ans plus tard et conclut à un problème d’organisation, malgré des éléments accablants et un syndrome post-traumatique diagnostiqué par un expert. Ma carrière s’est arrêtée net le jour de mon agression : après des mois d’inactivité à la maison, on ne m’a proposé que des missions, le plus souvent bidon. On a poussé le vice jusqu’à me faire reprendre le travail en 2005 sur le même lieu que mon harceleur. Après mon congé maternité, je suis encore sur la touche. Je suis mutée au service logement de La Poste en 2008. J’arrive par la petite porte alors que j’ai contribué à créer le service dix ans plus tôt. J’y reste des mois sans boulot. En 2010, j’ai dit stop ! Depuis 2011, je suis en congé longue maladie. En parlant, je sais que j’ai dit adieu à mon statut de fonction publique.
Pourquoi avoir porté plainte au pénal contre les dirigeants de La Poste ?
Astrid Herbert-Ravel.
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dimanche 24 juin 2012

La vignette 2012 pour la fête du Travailleur Alpin

Les communistes du Grésivaudan ont le plaisir de vous annoncer la disponibilité de la vignette 2012 de la fête du Travailleur alpin.
Vous avez deux bonnes raisons de l'acheter :

- Elle coûte moins cher en prévente : 13 € pour les 3 jours au lieu de 15€ la journée sur place.
- Elle permet de financer la préparation de la fête.



Rapprochez-vous des communistes du Grésivaudan ! 
Découvrir le programme 

samedi 23 juin 2012

«Résistez!» L’appel du PCF à Hollande contre l’austérité

Le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, a lancé, mercredi, lors d’un meeting à la Mutualité, à Paris, un appel à la mobilisation contre le traité Sarkozy-Merkel, rappelant à François Hollande ses engagements en faveur de sa renégociation.
« Résistez ! Donnez-vous du temps et de la force, tournez-vous vers les Français et les parlementaires ! » Par ces mots, Pierre Laurent a lancé un appel au président de la République à ne pas céder aux sirènes de l’austérité, qui se font de plus en plus fortes à mesure qu’approche le sommet européen des 28 et 29 juin prochains.
Une politique de rigueur stricte
C’est à l’occasion du meeting de clôture de la conférence nationale de son parti, mercredi soir, à Paris, salle de la Mutualité, que le secrétaire national du PCF a, devant plusieurs centaines de militants, rappelé à François Hollande ses engagements à propos du traité Sarkozy-Merkel : « Vous-même avez considéré qu’avec ce traité, il ne serait pas possible de mener votre politique, celle que vous avez promise aux Français. » « Or, s’est-il inquiété, on nous dit aujourd’hui qu’il pourrait ressortir intact du sommet européen et qu’on se contenterait d’y ajouter quelques mesures dites de croissance. » Et d’estimer qu’il y a là « une contradiction » dans laquelle « nous ne pouvons pas rester », puisque « tout dans ce traité va contredire cette ambition de croissance ».
Ce texte, signé en mars par le duo Sarkozy-Merkel, mais non encore ratifié, soumettrait en effet les États à une politique de rigueur stricte, en vue de la réduction des déficits, avec contrôles et sanctions à la clé, limitant d’autant la souveraineté budgétaire des parlements nationaux. Et les derniers signaux envoyés par François Hollande sont plus mitigés que la renégociation à laquelle il s’était engagé : « Nous devrons (...) y mettre tous les instruments qui peuvent, et avec modification du traité ou pas de modification du traité, être efficaces », a-t-il, par exemple, expliqué la semaine dernière à Rome. Selon Pierre Laurent, « il se murmure aussi que la France pourrait inscrire sa ratification au Parlement dès les premiers jours de juillet ».
"La France doit ouvrir des changements en Europe"
Une situation inacceptable pour le dirigeant communiste, qui juge que « la victoire de la gauche en France doit ouvrir des changements en Europe ». « Nous ne pouvons pas avoir chassé Sarkozy et gouverner demain avec son traité », précise-t-il. Les parlementaires du Front de gauche, au Sénat comme à l’Assemblée, ne ratifieront donc pas un texte qui n’aurait pas été « réellement changé », a-t-il prévenu. Plus encore, le PCF appellera « ces jours-ci, s’il le faut, à se mobiliser pour pousser les parlementaires dans leur ensemble à ne pas ratifier ce traité ».
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Quel programme d’urgence face à la crise ?

par Damien Millet, Eric Toussaint
En accord avec les exigences du FMI, les gouvernements des pays européens ont fait le choix d’imposer à leurs peuples des politiques de stricte austérité, avec des coupes claires dans les dépenses publiques : licenciements dans la fonction publique, gel voire baisse des salaires des fonctionnaires, réduction de l’accès à certains services publics vitaux et de la protection sociale, recul de l’âge de l’accès à la retraite… Le coût des prestations des services publics augmente (transports, eau, santé, éducation…). Le recours à des hausses d’impôts indirects particulièrement injustes, notamment la TVA, s’accroît. Les entreprises publiques du secteur concurrentiel sont massivement privatisées. Les politiques de rigueur mises en place sont poussées à un niveau jamais vu depuis la Seconde Guerre mondiale. Les effets de la crise sont ainsi décuplés par des prétendus remèdes, qui visent surtout à protéger les intérêts des détenteurs de capitaux. L’austérité aggrave nettement le ralentissement économique et a déclenché l’effet boule de neige : vu la faible croissance, quand elle existe, la dette publique croît de manière mécanique. Comme l’écrit Jean-Marie Harribey, le triptyque Austérité salariale + Austérité monétaire + Austérité budgétaire donne leur formule du triple A.
Mais les peuples supportent de moins en moins l’injustice de ces réformes marquées par une régression sociale de grande ampleur. En termes relatifs, ce sont les salariés, les chômeurs et les foyers les plus modestes qui sont mis le plus à contribution pour que les États continuent d’engraisser les créanciers. Et parmi les populations les plus touchées, les femmes occupent le premier rang, car l’organisation actuelle de l’économie et de la société patriarcale fait peser sur elles les effets désastreux de la précarité, du travail partiel et sous-payé |1|. Directement concernées par les dégradations des services publics sociaux, elles paient le prix fort. La lutte pour imposer une autre logique est indissociable de la lutte pour le respect absolu des droits des femmes. Esquissons les grandes lignes de ce que nous voulons pour cette autre logique.
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vendredi 22 juin 2012

Les socialistes français prendront-ils la même voie que les socialistes grecs et espagnols ?

Par Andrée OGER, Conseillère générale communiste
C'est fait : le Parti socialiste peut gouverner seul la France. Mais pour mener quelle politique ?
Le Parti socialiste et ses alliés disposent d'une majorité confortable à l'Assemblée nationale à l'issue des Législatives. Avec 316 sièges, les socialistes sont bien au dessus des 289 députés nécessaires pour avoir une majorité absolue.
La situation est inédite en France pour la gauche socialiste puisque, pour la première fois de notre histoire, le Sénat est lui aussi contrôlé par le PS.
Après la timide victoire de François Hollande, le fort taux d'abstention enregistré lors de ces élections législatives rend difficle l'analyse du scrutin. Il semble bien toutefois qu'aucune dynamique n'ait porté la "gauche" au pouvoir mais plutôt un rejet de cinq ans de souffrance sous Sarkozy et une volonté de changement d'air.
Ceci étant, le PS est désormais aux manettes et ne doit pas décevoir les espoirs qui se sont portés sur lui et ses candidats. Une politique calamiteuse, dans la continuité idéologique du libéralisme qui détruit la France depuis trente ans, serait un désastre pour le peuple français et amènerait une déroute historique pour la gauche socialiste.
Rigueur de gauche = Déroute de la gauche !
C'est ce qui a emporté les gouvernements socialistes de Zapatero en Espagne ou de Papandréou en Grèce. Le PSOE espagnol est ainsi passé de 43,64 % des voix en 2008 à 28,73 % des voix en 2011 (- 15 %) tandis que le PASOK grec a connu un effondrement encore plus brutal, passant de 43,9 % des voix en 2009 à 12,28 % le 17 juin dernier (- 31 % !) !
Dans ces deux pays, les partis socialistes ont tout bonnement menés des politiques d'austérité à sens unique, faisant payer aux seuls salariés les conséquences d'une crise dont sont responsables les banques et les spéculateurs.
Convertis à un "réalisme politique" qui correspond en fait à une démission face au pouvoir des multinationales et de la finance, ces partis socialistes se sont retrouvés à gérer les affaires de nations fragilisées selon les dogmes européens dictés par ceux-là mêmes qui étaient responsables de la crise.
Le Parti socialiste français va t-il faire la même chose ou sera t-il en capacité de s'opposer aux marchés et à l'Europe ?
Les premières mesures prises par le gouvernement Ayrault pour le compte de François Hollande vont pour certaines dans le bon sens mais elles restent symboliques : diminution des salaires des ministres et du Président, retour de la retraite à 60 ans pour seulement une petite minorité de salariés, taxe sur les dividendes des actionnaires qui ne représentera qu'un montant infime des dividendes versés annuellement,...
D'autres mesures s'avèrent plus inquiétantes comme les engagements de François Hollande sur la rigueur budgétaire ou la politique internationale de la France qui ne dévie pas d'un pouce de celle de Nicolas Sarkozy, on le voit sur l'Otan ou la Syrie.
Pendant toute la campagne présidentielle, François Hollande s'est évertué à rassurer les marchés financiers. Le fameux "i am not dangerous !" (je ne suis pas dangereux) lancé à la City londonienne en est un moment fort.

Le Chant des Partisans interdit par l'extrême-droite à Bollène


Le Chant des Partisans, Zebda - Le Chant des... par ATTACHEE-PRESSE13

A la mairie d'extrême-droite de Bollène (Vaucluse), on révise les chants. Lundi dernier, le Chant des Partisans a été interdit lors de la cérémonie de commémoration du 18 juin. Et la force a été employée pour faire taire les anciens combattants récalcitrants.
Officiellement, la décision de la mairie dirigée par Marie-Claude Bompard (Ligue du Sud), dissidente du Front national comme son mari Jacques Bompard à Orange, est d'éviter les redondances. "A chaque cérémonie, nous choisissons un hymne qui colle. Pour l'appel du 18 juin, le Chant des Partisans n'est pas au programme. Il sera en revanche joué le jour de la libération de la ville" le 26 août, a déclaré André-Yves Beck, adjoint délégué aux finances et à la communication à l'AFP.
Intervention de la police municipale
L'adjoint en profite pour renvoyer la responsabilité des incidents à "nos "amis" communistes (qui) le savent pertinemment. Pourtant, ils avaient apporté une sono pour diffuser (le Chant des partisans) et nous n'étions pas d'accord. Ils ont provoqué sciemment un incident." Non content d'interdire ce chant de résistance, la mairie a fait intervenir la police municipale pour arrêter la diffusion, tandis que des élus entonnaient la Marseillaise.
Le mépris de la Résistance
Jean Roudil, ancien combattant présent à ce moment, réfute la manipulation politique. "Je chantais le Chant des Partisans à 17 ans, je vois pas pourquoi à 85 ans on voudrait m'interdire de le chanter et me déclarer hors-la-loi !", fulmine ce fervent gaulliste.
De son côté, la fédération PCF du Vaucluse, qui a fait connaître le scandale, "assure de son soutien les citoyens médaillés militaires pris à partie" et fustige, dans un communiqué, "l'extrême droite (qui) montre une fois de plus son vrai visage, celui du révisionnisme, du mépris des Résistants et de leurs familles et de sa haine anti-communiste."
A lire aussi: Le communiqué du PCf du Vaucluse

jeudi 21 juin 2012

Consultation au PCF : participer au gouvernement, une idée qui ne fait pas recette

Appelés à voter sur l’éventualité d’entrer ou pas au gouvernement Ayrault, les adhérents du PCF en ont débattu un peu partout dans le pays. Reportage dans trois sections locales, alors qu'à la conférence nationale du PCF réunie aujourd’hui, les communistes ont voté à une écrasante majorité leur refus d'entrer au gouvernement.
Le Conseil national du PCF, réuni lundi, a soumis aux adhérents un bulletin de vote qui leur propose d’adopter trois décisions : refuser, dans les conditions actuelles, d’entrer au gouvernement ; poursuivre le combat pour une vraie politique de changement ; et poursuivre et amplifier la démarche citoyenne engagée avec le Front de gauche.
  • À Gentilly, continuer le Front de gauche sans entrer 
au gouvernement
« Je ne veux pas de ministres communistes au gouvernement. C’est clair et net. » C’est Marcel qui le dit. Et tant d’autres après lui. Pas un seul militant du PCF, à Gentilly, Arcueil, Cachan et au Kremlin-Bicêtre, dans le Val-de-Marne, présents, lundi soir, à l’assemblée des adhérents, ne veut en entendre parler. « Je me demande même pourquoi la question se pose », souligne-t-il, particulièrement suspicieux à l’égard de la direction qui a lancé la consultation sur ce thème. Lisant et relisant certains des passages à haute voix du texte accompagnant le bulletin de vote, les intervenants sont nombreux à s’interroger sur « l’ambiguïté de la formulation ». « À partir de quelle concession du PS estime-t-on que les conditions sont réunies pour entrer au gouvernement ? » s’interroge Philippe. La perte du député sortant Pierre Gosnat, éliminé par Jean-Luc Laurent (MRC), « tout simplement parce qu’il a posé à côté de Hollande sur l’affiche électorale », laisse un goût amer. D’autant que le Front de gauche progresse en voix et en pourcentage sur l’ensemble de la circonscription. Mais ce n’est pas la déception qui guide le choix des militants. Eux veulent que continue l’aventure du Front de gauche. « Avec la campagne nationale, à la présidentielle, on a ouvert une voie sur ce qu’est notre avenir, celui du mouvement révolutionnaire en France », explique Patricia. Or, pour elle et d’autres participants, occuper un fauteuil ministériel cela équivaudrait à « entrer dans le jeu » du gouvernement socialiste. Lequel « veut neutraliser jusqu’au bout le Front de gauche qui entend rompre avec le capitalisme », poursuit Patricia. Comme elle, beaucoup préfèrent continuer « à porter le drapeau du Front de gauche. Je ne vois que ça comme solution ». Visiblement, les adhérents avaient davantage envie de s’exprimer sur l’avenir du PCF et du Front de gauche que sur l’entrée ou non dans l’équipe Ayrault. Il n’empêche, plusieurs d’entre eux ont signalé leur incompréhension face à un bulletin unique englobant, à leurs yeux, des questions aussi diverses.
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Comment s’enrichir en prétendant sauver la planète

Par Sophie Chapelle
La planète, nouvel objet à but lucratif ? Demain, des ONG pourront acheter des quotas de baleines pour les protéger. Les parcs naturels pourront être évalués par des agences de notation. Les performances des forêts en matière de recyclage du carbone seront quantifiées. Des produits financiers dérivés vous assureront contre l’extinction d’une espèce. « Nous sommes en train d’étendre aux processus vitaux de la planète les mêmes logiques de financiarisation qui ont causé la crise financière », dénonce le chercheur Christophe Bonneuil, à la veille de la conférence Rio+20. Entretien. 

Basta !  : Cela fait vingt ans, depuis le sommet de la Terre à Rio en 1992, que l’on se préoccupe davantage de la biodiversité. Quel bilan tirez-vous de ces deux décennies ?
Christophe Bonneuil [1] : Ce qui a été mis en place en 1992 n’a pas permis de ralentir la sixième extinction actuellement en cours [2]. Le taux de disparition des espèces est mille fois supérieur à la normale ! Cette érosion de la biodiversité est essentiellement due à la destruction des habitats naturels, à la déforestation, aux changements d’usage des sols. La Convention sur la diversité biologique (CDB) adoptée à Rio il y a vingt ans se souciait certes de la biodiversité, mais son premier article indique clairement que la meilleure façon de la conserver suppose le partage des ressources liées à son exploitation. Il s’agit donc de conserver la biodiversité par la mise en marché de ses éléments, à savoir les « ressources génétiques ».
La CDB entérine dès cette époque la notion de brevets sur le vivant. Les textes préfigurent déjà un modèle marchand qui pense que l’on ne conserve bien que ce qui est approprié, breveté et marchandisé. Tout en mettant en avant qu’une partie de ces profits seront redistribués par un mécanisme de partage des avantages vers les communautés locales. Mais il a fallu plus de quinze ans pour qu’il y ait un accord sur ce mécanisme, lors de la conférence des parties sur la biodiversité à Nagoya en 2010. Il semble que les firmes n’étaient pas pressées d’avoir un mécanisme qui contrôle le retour des royalties vers les populations locales.

Les États se sont-ils donner les moyens de préserver la biodiversité ?
Il n’existe pas de fonds mondial que chaque État ou une taxe mondiale sur les biotechnologies auraient pu abonder. Les États ont misé exclusivement sur la bioprospection [3] des firmes pharmaceutiques. Un des contrats les plus médiatisés a été celui qui liait la multinationale allemande Merck à INBio, l’Institut national de la biodiversité au Costa Rica. Inbio devait fournir à Merck les substances chimiques extraites des plantes et les insectes prélevés au Costa Rica. En contrepartie, Merck versait 500 000 dollars par an, ce qui permettait à INBio d’avoir des ressources pour financer ses actions de conservation. Cet accord a fait énormément de bruit mais il n’a pas été suivi par beaucoup d’autres initiatives de ce type. Les grandes entreprises comptent davantage sur les énormes banques de molécules dont elles disposent, pour innover en laboratoire. Le paradigme de Rio 92, de conservation de la biodiversité par la bioprospection et la biotechnologie, créant un nouveau marché des ressources biologiques tout en rémunérant les communautés locales pauvres a fait la preuve de ses limites.

Concrètement, comment se déroule cette privatisation de la protection de l’environnement ?
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mercredi 20 juin 2012

Non au Pacte budgétaire européen, oui au référendum

Contre le Traité pour la stabilité de la zone euro, auquel le président de la République souhaite que soit ajouté un volet «croissance», Attac et la Fondation Copernic lancent un appel à François Hollande: «Donner la parole au peuple est un impératif. (...) Vous pourrez y contribuer en convoquant un référendum pour mettre en débat ce traité européen». Un appel signé par plus d'une centaine de responsables associatifs, syndicaux et politiques.

Monsieur le Président de la République,

Lors de la campagne électorale, vous avez annoncé votre volonté de renégocier le Traité pour la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) de la zone euro, dit Pacte budgétaire, signé par Nicolas Sarkozy et 24 autres dirigeants européens le 2 mars dernier.

Ce traité durcit et rendrait irréversibles les politiques d'austérité en Europe en interdisant définitivement tout déficit « structurel » supérieur à 0,5 %. Le déficit « structurel », notion incompréhensible des citoyens et fort controversée parmi les économistes, sera évalué de façon arbitraire par les experts de la commission. Le Pacte budgétaire prévoit des sanctions automatiques contre les pays contrevenants, coupant court à tout débat. L'aide aux pays en difficulté, prévue par le Mécanisme européen de stabilité, sera conditionnée par l'application de plans d'austérité, de privatisation et de libéralisation. Les marchés financiers et les banques, activement soutenus par la BCE, continueront à imposer leur loi aux gouvernements. S’enfonçant dans la dépression et le déni de démocratie, l’Europe deviendra synonyme de chômage et de misère pour le plus grand nombre. L'extrême droite continuera à se renforcer jusqu'à imposer ses thèses autoritaires et xénophobes sur les débris de l'Union européenne.

Pour éviter cela, vous souhaitez « ajouter un volet sur la croissance » au Pacte budgétaire. La croissance ? Nous ne voulons plus de cette croissance prédatrice et inégalitaire portée par le néolibéralisme. Quelles que soit les appréciations diverses qui existent parmi nous sur la possibilité ou la désirabilité d’une croissance verte, un fait est certain : les mesures d’austérité prises simultanément dans tous les pays ne peuvent qu’aggraver le chômage et bloquer la transition écologique. Les dispositions mêmes du Pacte budgétaire sont contradictoires avec votre exigence de croissance.
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Pour signer la pétition

Le Front de gauche aura son groupe à l'Assemblée

Les dix députés du Front de gauche devraient être en mesure de créer un groupe à l'Assemblée nationale avec l'aide de cinq de leurs collègues "progressistes ultra-marins".
"Nous allons pérenniser un groupe de type GDR avec des députés d'outremer qui va nous permettre d'être tout de suite opérationnel. Il y a unanimité des dix députés du Front de gauche sur la constitution d'un groupe à 15 qui sera un groupe du type Gauche démocrate et républicaine (GDR)", a expliqué André Chassaigne (PC). Le député du Puy-de-Dôme réélu dimanche avec plus de 60% des suffrages devrait en assurer la présidence. Il a dit espérer boucler dans la journée la constitution de ce groupe.
Au début de la dernière législature, en 2007, avait été créé le groupe de la Gauche démocrate et républicaine qui rassemblait 24 élus venant du PCF ou apparentés, des membres du Parti de Gauche, des élus divers gauche d'Outre-mer et les écologistes. Les écologistes avaient décidé de quitter le groupe à l'automne dernier pour rejoindre les non-inscrits.
Il faut 15 députés pour créer un groupe et dix députés du Front de gauche - neuf communistes et apparentés et un Parti de gauche - ont été élus aux législatives des 10 et 17 juin.

mardi 19 juin 2012

Pierre Laurent veut "amplifier la dynamique du Front de gauche"

Poursuivre, faire évoluer et amplifier la dynamique du Front de Gauche : c’est la ligne proposée aux communistes par Pierre Laurent ce lundi au Conseil National. Après un an de campagne et pour faire face aux défis de demain, le secrétaire national du PCF estime "indispensable" de prolonger la démarche de large mobilisation citoyenne qu’est celle du Front de gauche.

Ce discours du secrétaire national du PCF était fort attendu. Il s’agissait de tirer un premier bilan d’une année de campagne intense, dès le lendemain du second tour des élections législatives et de proposer aux militants une première direction, un projet  pour les années à venir. Après Marie-George Buffet qui s’était exprimée en ce sens dès l’annonce des résultats du 1er tout des législatives, Pierre Laurent estime qu’il est "plus indispensable que jamais", de poursuivre et amplifier la démarche de Front de gauche : "A l'élection présidentielle, la percée du candidat commun du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, avec près de quatre millions de voix et 11% des exprimés, a été un événement. Ce résultat est apprécié comme tel par l'immense majorité des communistes, ainsi que tous les acquis de nos campagnes qui les conduit à considérer que c'est dans la poursuite et l'amplification de la démarche du Front de gauche qu'est l'avenir."
La dynamique de « L'humain d'abord » c’est aussi 6000 nouvelles adhésions en 6 mois
Pour Pierre Laurent, le Front de gauche n’est pas qu’un cadre ou un candidat, c’est toute une démarche, "une dynamique citoyenne et populaire inédite dont la marche pour la VIème République à la Bastille et les nombreux meetings tenus ont été les symboles. L'engagement dans cette démarche, le retour ou l'entrée en politique de très nombreux jeunes, de syndicalistes, de forces sociales, intellectuelles et culturelles diverses. Il faut aussi souligner l'enthousiasme avec lequel les communistes ont mené ces batailles, l'élan qu'elles ont suscité pour leur propre engagement, le renforcement du Parti communiste qu'elles ont permis avec plus de 6000 adhésions nouvelles depuis septembre 2011."
C’est aussi en cela que Pierre Laurent considère le Front de gauche comme un avenir. La concertation entre les partenaires, le partage et l’élaboration collective du projet l’Humain d’abord sont au cœur de cette dynamique, et donc également une démarche à poursuivre et développer. Le secrétaire national du PCF propose ainsi déjà plusieurs rendez-vous, dès cet été, de concertation avec les partenaires du Front de gauche, comme à l’Université d’été et le point culminant : la Fête de l’Humanité les 14,15 et 16 septembre. "Cela suppose également que la capacité d'initiatives du Parti communiste continue à se déployer pleinement au service de cette démarche et de notre propre travail de renforcement et d'élaboration collective. Tout ce travail est devant nous", conclut-il.
Une stratégie soumise au vote
Le Conseil National a voté cette résolution (93 pour, 11 contre, 17 abstentions). Ce texte, divisé en trois axes, est également proposé au vote des militants réunis partout en France en Assemblées générales ces 18 et 19 juin.  Une Conférence nationale se tiendra le 20 juin 2012 à Paris et s’appuiera sur les résultats du vote pour définir la direction prendre. S’en suivra un meeting à la Mutualité, à partir 18h00.

Les élections législatives et le Front de Gauche

Après dix années de gouvernements de droite et d’attaques systématiques contre les conditions de vie de l’écrasante majorité de la population, la gauche a enfin remporté les élections législatives. Naturellement, ce résultat réjouit des millions de jeunes et de travailleurs qui ont subi les coups portés par la droite et les conséquences de la crise du capitalisme.
La Riposte se félicite de la cuisante défaite de l’UMP et de ses alliés. Cependant, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault sera très rapidement confronté à l’extrême gravité de la situation économique. Contrairement à ce que prétendent Hollande et ses ministres, ils ne pourront pas à la fois satisfaire les « marchés » et les énormes besoins de tous ceux qui ont voté pour le PS. S’il ne s’en prend pas directement aux intérêts de la classe dirigeante – que personne n’a élue, mais qui contrôle les principaux leviers de l’économie –, le gouvernement n’aura pas d’autre alternative que de capituler et de mener une politique d’austérité sévère. Il n’y a pas de troisième voie.
Malgré une campagne militante exemplaire, le Front de Gauche perd plusieurs députés. Mais en réalité, ce recul en nombre d’élus cache une progression en nombre de voix : près de 700 000 de plus qu’en 2007, au premier tour. Dans telle ou telle circonscription (comme dans la Somme et à Vénissieux), des particularités locales ont pesé sur la défaite du candidat du Front de Gauche (ou, en l’occurrence, du PCF). Mais plus globalement, le fait est que le Parti Socialiste a davantage progressé que le Front de Gauche par rapport à 2007. Compte tenu du mode de scrutin, cela a nécessairement favorisé l’élection de candidats du Parti Socialiste et de ses alliés – au détriment de ceux du Front de Gauche.
Le résultat des législatives ne devrait en aucun cas décourager les militants du PCF et du Front de Gauche. Des centaines de milliers de jeunes, de travailleurs et de militants syndicaux se sont passionnés pour la campagne de Jean-Luc Mélenchon. C’est un acquis considérable. Les quatre millions de personnes qui ont voté pour le candidat du Front de Gauche à la présidentielle forment la colonne vertébrale d’une puissante opposition de gauche à la politique du gouvernement socialiste. Cette opposition gagnera en force au cours des mois et des années à venir. Le nombre d’élus du Front de Gauche à l’Assemblée nationale ne reflète ni sa base sociale actuelle, ni, surtout, sa base sociale potentielle.
Nous assistons à une polarisation croissante de la société – vers la gauche et vers la droite. C’est ce que montrent la progression du Front National et le recul du prétendu « centre ».
A ce stade, c’est le Parti Socialiste qui a le plus bénéficié du rejet de la droite. Cela s’explique, dans une large mesure, par les illusions de millions de travailleurs, jeunes, chômeurs et retraités qui espèrent que le gouvernement socialiste pourra « aménager » le système capitaliste à leur profit. Mais il est très probable que ces espoirs seront rapidement et cruellement déçus. Si le PS capitule aux pressions des marchés, il connaîtra les mêmes déboires que le PASOK grec.
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J’ai vu le tweet à 12 h ce mardi 12 juin… alors j’en ai fait un autre

Par Gérard Filoche
J’ai vu le tweet à 12 h ce mardi 12 juin, j’ai eu du mal à y croire et j’ai ressenti tous les éléments de la gène, j’ai compris illico tout ce que cela allait donner dans les médias. Je ne veux pas parler de La Rochelle et même plus de Hénin-Beaumont mais de la retraite à 60 ans sans décote. Ca vous dérange ? Ca passe à côté ?  On n’a pas le droit ? Ce n’est pas opportun ?



Il y a eu 8 millions de manifestants en 2010 pour défendre la retraite à 60 ans contre Sarkozy qui s’est comporté comme un dictateur birman et n’a rien voulu négocier. Il y avait 75 % de l’opinion pour les 60 ans sans décote. Il y a sans doute 80 % des syndiqués de ce pays qui y sont favorables. Sondez les adhérents du PS, j’en ai fait le tour de France, il y a sans doute 75 %  des membres qui sont pour. Le FdG, EELV, la FSU, la CGT, FO, Sud-Solidaires, UNSA, une bonne moitié de la CFDT sont « pour ».
Vous vous étonnez qu’il y ait des abstentions aux législatives ? Vous n’avez qu’à ne pas organiser le silence ou la diversion mais le débat là dessus ! Qu’en pensent Philippe Kemel et Ségoléne Royal ? sur le fond ?
Il doit y avoir des négociations cet été : ça, c’est une belle avancée. Rien que pour cela il fallait chasser Sarkozy. Mais que va t on négocier ? On ne peut se contenter d’en rester à 110 000 salariés qui ont commencé à 18 ans et après 42 ans (sic) auraient « droit » à la retraite à 60 ans sans décote. Tiens, qu’est ce que vous faites des « égoutiers » dont l’espérance de vie est inférieure à 60 ans et dont l’âge de départ a été repoussé de 50 ans à 52 ans ?
Deux maladies sur trois sont liées au travail entre 55 et 60 ans. Trois maladies sur quatre entre 60 et 65 ans. Il y en a qui voient des nains partout, mais il n’y a que le Medef qui voit des centenaires partout, c’est bien le seul point sur lequel il est optimiste. La biologie du corps humain est inchangée. Le travail est dur à partir de 55 ans. Il y a 150 000 crises cardiaques en France par an et 100 000 accidents vasculaires : entre 1/3 et 50 % de ces 250 000 AVC sont liés au travail.
Il a été pris prétexte de l’allongement de l’espérance de vie pour allonger la durée du travail sur la vie : mais l’espérance de vie moyenne recule en France comme aux USA et en Allemagne. Normal : car si on travaille plus longtemps en moyenne, on mourra plus tôt en moyenne. E si on vit plus longtemps c’est pour en profiter davantage, pas pour travailler plus.
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lundi 18 juin 2012

Le PCF vers un soutien au gouvernement sans participation

Les militants votent lundi et mardi sur une participation au gouvernement.

Le Front de gauche comptait dimanche soir sur l'élection d'une dizaine de députés, dont 9 ou 10 communistes et un membre du Parti de gauche, Marc Dolez, dans la 17e circonscription du Nord. Parmi les élus, deux nouveaux: Gaby Charroux dans la 13e des Bouches-du-Rhône et le maire de Vierzon, Nicolas Sansu, dans la 2e du Cher. Secrétaire national du PCF, Pierre Laurent a été clair: ce n'est «pas un bon résultat». «Nous avons payé cher notre autonomie», a-t-il jugé, estimant la situation «liée au double effet de la présidentialisation et du mode de scrutin».

Les communistes n'envisagent pourtant pas d'être privés de groupe à l'Assemblée, même en l'absence des quinze députés nécessaires. «On va explorer toutes les pistes avant de demander l'abaissement», a indiqué Pierre Laurent, qui compte sur le soutien de quelques élus d'outre-mer. Il a estimé «pas impossible» d'atteindre le seuil. Le secrétaire national communiste est amer. Le Front de gauche «pèse 25 % des voix de gauche à la présidentielle et 15 % des voix de gauche aux législatives et nous aurons moins de 5 % des députés de gauche à l'Assemblée nationale», a-t-il déploré, évoquant «une injustice démocratique».

Une participation au gouvernement n'est pas d'actualité chez les communistes. Pas plus chez leurs alliés. Patrick Braouezec en a rêvé un temps. C'était avant que le député sortant de Seine-Saint-Denis ne se maintienne face au candidat PS arrivé en tête au premier tour, et qu'il soit battu. Interrogée sur une participation gouvernementale du PCF, Marie-George Buffet a laissé entendre qu'elle n'y était pas favorable et que son parti serait «autonome et constructif».

Vendredi sur RTL, Pierre Laurent a donné «tort» au gouvernement qui veut fixer le déficit à 3 % du PIB en 2013, jugeant que ce ne serait «pas tenable». «Si on continue dans cette voie-là, à l'arrivée, non seulement nous n'aurons pas de sortie de crise, mais nous n'aurons pas la réduction des déficits annoncée.» Et il a rappelé que «si aucune des mesures importantes, structurelles» proposées par le Front de gauche «n'est prise en compte, les conditions risquent de ne pas être réunies» pour participer au gouvernement. Sachant que le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, ne doit pas non plus les supplier.

Les militants communistes voteront sur cette question de la participation du PCF au gouvernement. Ils sont autour de 70.000, selon la direction. Les militants s'exprimeront sur la base d'une résolution adoptée lundi par le conseil national du PCF. Mercredi, enfin, une conférence nationale, à Paris, réunissant près de 500 délégués, «prendra ses décisions sur la base des résultats du vote».

«Attitude sectaire »

Mais plus qu'une participation de la gauche radicale au gouvernement, c'est de l'entrée possible d'une partie dissidente du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) dans le Front de gauche qu'il sera question. Mardi, des représentants du courant Gauche anticapitaliste, qui ont quitté le NPA cet hiver, ont rendez-vous avec quelques responsables pour en parler. Parmi eux, l'ex-bras droit d'Olivier Besancenot, Pierre-François Grond, qui a soutenu Jean-Luc Mélenchon à la fin de sa campagne présidentielle. «Des éléments nouveaux sont intervenus, dit-il, qui nous incitent à rejoindre le Front de gauche et à rompre avec l'attitude sectaire des actuels dirigeants du NPA: la place prise par le FN, les orientations politiques austéritaires de François Hollande et la force de la crise qui s'annonce.»

Selon Pierre-François Grond, «quelque chose de très profond» se passe pour l'extrême gauche, alors que ni Lutte ouvrière ni le NPA ne vont pouvoir bénéficier des subsides de l'État du fait de leurs trop faibles scores… Certains militants restés au NPA attendraient le conseil national du parti, fixé au 7 juillet, pour tenter d'orienter les votes en direction du Front de gauche. Avec risque d'explosion du parti à la clé. «Ce serait une faute de croire que notre score aux législatives, résultat d'une présidentialisation dénoncée, est la preuve d'un affaiblissement du Front de gauche», assure Éric Coquerel, du Parti de gauche. «Ce n'est qu'un ressac, et les événements économiques en Europe vont vite nous redonner la main…»

Pour le Front de gauche, "ce n'est pas un bon résultat"

Avec dix députés élus sur dix-neuf sortants, le Front de gauche pourra cependant constituer un groupe parlementaire avec le soutien d'élus ultra-marins, pour faire porter les aspirations du mouvement social à l'Assemblée nationale.
Les élus
André Chassaigne est ainsi largement réélu (67%) dans le Puy-de-Dôme. Dans le Cher, Nicolas Sansu remplace Jean-Claude Sandrier. Dans l'Oise, Patrice Carvalho sort vainqueur d'une triangulaire Front de gauche-UMP-FN. Dans les Bouches-du-Rhône, Gaby Charroux remporte son duel face au Front national avec plus de 60% des voix. Le Nord demeure une place forte du Front de gauche avec trois élus. Les deux députés sortants communistes, Alain Bocquet (20e) et Jean-Jacques Candelier (16e), ainsi que leur collègue Parti de gauche Marc Dolez (17e), conservent leur circonscription. En Seine-Saint-Denis, Marie-George Buffet et François Asensi passent, de même que Jacqueline Fraysse dans les Hauts-de-Seine.
En revanche, Fabien Thiémé (44,17%) ne parvient pas à pousser hors de l'Assemblée Jean-Louis Borloo. Patrick Braouezec, non-investi pour le deuxième tour par le Front de gauche, mais soutenu par ses composantes locales, ne l'a pas emporté face au socialiste Mathieu Hanotin.
Les résultats n'ont rien à voir avec la réalité
Dressant un bilan à chaud tout de suite après les résultats, Pierre Laurent, a estimé ce dimanche auprès de l'AFP que le score du Front de gauche aux législatives n'était "pas un bon résultat". Pour le secrétaire national du PCF, "le mode de scrutin et l'inversion du calendrier électoral dénaturent la portée des élections législatives et déforment le paysage de l'Assemblée nationale au profit du bipartisme. A gauche, la majorité législative est ainsi distordue par rapport à la réalité de la majorité politique de gauche dans le pays".
Pierre Laurent relève ainsi qu'avec 65% des voix de la gauche à l'élection présidentielle, le PS rafle plus de 90% des députés de gauche. A l'inverse, les 25% des voix de gauche à la présidentielle que représente le Front de gauche ne débouche que sur moins 5% des députés de gauche. "C'est une anomalie provoquée par une logique institutionnelle implacable qui, de scrutins en scrutin, a permis aux deux plus grosses formations de monopoliser aujourd'hui 90% des sièges à l'Assemblée nationale."
"Porte-parole des attentes du mouvement social"
"Nous avons payé cher notre autonomie", souligne lui aussi Jean-Luc Mélenchon. Pour l'ex-candidat dans la circonscription de Hénin-Beaumont, les voix du Front de gauche à l'Assemblée nationale auront une utilité: "Nous serons les porte-parole des attentes du mouvement social, sans concession ni naïveté, ni impatience."
Pour se faire, le mouvement devrait bien disposer d'un groupe parlementaire, grâce au soutien de députés d'Outre-mer qui étaient déjà présent dans le groupe Gauche démocratique et républicaine en 2007, ou l'abaissement à dix du seuil d'élus nécessaires. Relevant que les socialistes l'avaient accordé au Sénat pour les élus d'Europe écologie les Verts, Jean-Luc Mélenchon "pense que les socialistes n'ont pas intérêt à bloquer cela à l'Assemblée".
"Autonomes et constructifs"
interrogée sur une éventuelle entrée du PCF dans le gouvernement à l'issue des législatives, Marie-George Buffet a expliqué: "Nous ne pensons pas que ce programme (en 60 propositions de François Hollande) soit apte dans sa totalité à nous sortir de la crise donc nous serons dans la majorité de gauche mais autonomes et constructifs".

Grèce: la droite, appuyée par l'Eurogroupe, devance de peu Syriza

La Nouvelle démocratie est bien placée pour former un prochain gouvernement rassemblant les partis pro-austérité. Après avoir fait pression sur les électeurs grecs, l'Eurogroupe salue ce résultat et promet à Antonis Samaras de lui donner quelques marges de manoeuvres. Alexis Tsipras a annoncé dès ce dimanche soir que Syriza, désormais la deuxième force politique en Grèce, resterait en dehors d'une telle coalition et déterminée à combattre la rigueur.
Minuit. Dix jours pour trouver une majorité. Le chef de la droite grecque, Antonis Samaras, sorti en tête des législatives selon les projections officielles, tente dès ce lundi de former le gouvernement "d'union nationale" qu'il a appelé de ses voeux, inaugurant un marchandage politique qui peut durer une dizaine de jours. Aux termes de l'article 37 de la Constitution, M. Samaras, 61 ans, doit recevoir du président de la République, Carolos Papoulias, un "mandat exploratoire" pour former un "gouvernement qui jouisse de la confiance du parlement".
Affirmant que le "pays n'a pas une minute à perdre", Antonis Samaras a tenté de court-circuiter cette procédure en appelant tous les partis pro-euro à rallier son projet. Mais la fin de non-recevoir immédiatement opposée par ses partenaires présumés devrait le contraindre à respecter les formes. Crédité de 128 sièges sur 300 au parlement, avec 29,5% des voix, M. Samaras aura trois jours pour tenter de former un cabinet.
S'il échouait, le poker politique se poursuivrait mené cette fois par Alexis Tspiras, chef du parti de gauche radicale Syriza. Dressé contre la rigueur imposée au pays par l'UE et le FMI, ce dernier a exclu jusque là toute alliance, optant pour l'opposition, avec un score présumé de 27,1% des voix, soit 72 sièges. Le mandat devrait donc revenir à Evangélos Vénizelos, le chef du Pasok socialiste, crédité de la troisième place avec 12,3% des voix et 33 sièges.
Courtisé par M. Samaras, auquel il apporterait les sièges nécessaires pour une majorité absolue au parlement, Evangélos Vénizélos a réitéré dimanche qu'il ne participerait à un gouvernement que si le Syriza y prend aussi part. Sans solution, la Grèce serait appelée à une troisième élection.

Législatives, 2ème tour : Déclaration de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF

Les premières estimations, ce soir, confirment le basculement de l'Assemblée nationale à gauche. La page du pouvoir sarkozyste en France est définitivement tournée mais le parti de l'ancien président sauve un nombre substantiel de sièges. Il ne fait aucun doute que la droite saura s'en servir pour multiplier les obstacles au changement dans notre pays.
L'entrée du FN dans l'hémicycle qui reste heureusement circonscrite est un signal d'alarme supplémentaire.
A gauche, le Parti socialiste parvient à son objectif et dispose à lui tout seul d'une majorité absolue. Le Front de gauche aura moins de députés malgré un gain en nombre de voix et en pourcentage mais les conditions semblent ce soir réunies pour la constitution d'un groupe à l'Assemblée. Si cela se confirme, c'est une bonne nouvelle pour la démocratie.
Force est de constater, cependant, que le mode de scrutin et l'inversion du calendrier électoral dénaturent la portée des élections législatives et déforment le paysage de l'Assemblée nationale au profit du bipartisme. A gauche, la majorité législative est ainsi distordue par rapport à la réalité de la majorité politique de gauche dans le pays. Le PS totalise 65% des voix de la gauche à l'élection présidentielle, près de 70% avec ses alliés aux législatives et obtient  plus de 90% des députés de gauche. Le Front de gauche totalise 25% des voix de gauche à la présidentielle, 15% aux législatives et compte moins de 5% des députés de gauche. C'est une anomalie provoquée par une logique institutionnelle implacable qui, de scrutins en scrutin, a permis aux deux plus grosses formations de monopoliser aujourd'hui 90% des sièges à l'Assemblée nationale.
En dépit de cette injustice, le Front de gauche avec l'influence qui est la sienne dans le pays, avec ses deux groupes au Parlement, ses élus sur le territoire et au Parlement européen, entend être une force d'initiatives et de propositions active et positive pour la réussite du changement dans notre pays.
Pierre Laurent, secrétaire national du PCF