La fete des Allobroges

jeudi 14 juin 2012

Front de gauche : progression des voix, mais pas des sièges

Avec près 
de 7 %, le Front 
de gauche progresse 
en pourcentage 
et en voix, mais 
la bipolarisation 
et le mode de scrutin bouchent ses perspectives.
Avec 6,91 % et 677 260 voix de plus que lors des précédentes législatives, les résultats de dimanche soir installent le Front de gauche à la deuxième place à gauche, devant EELV qui a obtenu 5,46 % des suffrages. « Ces deux séquences électorales (présidentielle avec 11,1 % et législatives) ont confirmé la présence dans le paysage politique d’une deuxième force à gauche autour du Front de gauche », a souligné Pierre Laurent, hier matin, sur France Info. Cependant, la bipolarisation accrue du vote, liée à l’inversion du calendrier électoral qui présidentialise la vie politique, a profité aux candidats socialistes qui ont pu compter sur plus d’un million de voix supplémentaires. La coprésidente du Parti de gauche, Martine Billard, y a vu « un choix qui confirme que les électeurs ne veulent plus de l’UMP, mais pas un choix de mobilisation massive, ni un raz-de-marée du côté socialiste », a-t-elle estimé en référence au fort taux d’abstention et au « vote utile » qui a marqué ce scrutin.
Le Front de gauche en a d’ailleurs pâti. Sa progression, paradoxalement, ne devrait pas lui permettre de retrouver la totalité de ses élus qui siégeaient au sein du groupe de la Gauche démocrate et républicaine, qui comptait 13 PCF et apparentés, 2 PG et 3 Fase, plus deux Ultramarins, Huguette Bello (réélue au premier tour) et Alfred Marie-Jeanne (en tête du premier tour avec 28,46 %). Sur les circonscriptions métropolitaines desquelles ils sont issus, 9 sortants ou leur remplaçant sont arrivés en tête, 3 ont été éliminés, 6 sont arrivés deuxièmes derrière un candidat de gauche, parfois à quelques dixièmes près. À l’instar de Jean-Paul Lecoq (Seine-Maritime) qui obtient 30,26 % contre 30,50 % au PS, ou de Marie-Hélène Amiable (Hauts-de-Seine) avec 29,20 % contre 29,93 %. Deux autres candidats, dans l’Oise et le Nord, ont eux aussi réussi à s’imposer.
Parmi nombre d’autres, Roland Muzeau, sortant de Hauts-de-Seine, illustrait dès hier ce paradoxe. « À Gennevilliers, je progresse en voix et, avec 51,32 %, de 2 points. À Villeneuve, je progresse de 4,4 % et également en voix. À Colombes, je progresse de 2,74 % et aussi en voix », relève-t-il, pour autant devancé. Dans certaines circonscriptions, c’est même la dynamique présidentielle du Front de gauche qui a été confirmée, comme dans celle de Jean-Luc Mélenchon, qui y a largement progressé.
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