La fete des Allobroges

mercredi 11 juillet 2012

Après 18 jours de marche, les mineurs investissent Madrid

Après deux semaines de marche, les «gueules noires», en grève illimitée contre le sacrifice de leur industrie charbonnière, sont entrées dans la capitale espagnole. Ils manifestent aujourd'hui devant le ministère de l’Industrie.

Sur le bord des routes, ils ont reçu des milliers d’applaudissements et des encouragements appuyés. À chaque étape de leur périple, on les a accueillis en héros. Tandis que l’Espagne sombre dans la dépression, les mineurs ont relevé la tête et, avec eux, les victimes de la crise. Venus des Asturies, de Leon, d’Aragon, de Castille-La Manche, d’Andalousie, plus de deux cents mineurs étaient attendus, hier soir, à la Puerta del Sol, l’épicentre social de Madrid, après dix-huit jours de marche.

Interpeller l’opinion et les pouvoirs publics. Les «gueules noires» devaient défiler, à la nuit tombée, en bleu de travail, avec leur casque à lanterne, comme ils l’ont déjà fait depuis le 23 mai, date du début du conflit. Plusieurs autres mineurs se sont enfermés dans leurs puits pour interpeller l’opinion et les pouvoirs publics. Dans les villages et bassins miniers, le gouvernement de droite de Mariano Rajoy a dépêché des milliers de policiers antiémeute qui se livrent à une violente répression face à des mineurs qui défendent avec force leur outil de travail. «Le gouvernement a transformé le conflit minier en un symbole. La population s’identifie aux mineurs parce qu’elle a supporté beaucoup de coupes budgétaires mais sans pouvoir réagir», a déclaré, lundi, à la Radio nationale espagnole, le secrétaire général de l’UGT, Candido Mendez, qui ajoute : «Il y a un mélange d’obscurantisme et d’autoritarisme : les choses empirent et l’exécutif manque de transparence.»
Prétextant la crise économique, le gouvernement du Parti populaire a annoncé, en mai, une réduction des aides publiques au secteur minier d’un montant de 190 millions d’euros, soit une baisse de 63 % des subventions, signifiant ainsi la mise à mort de l’exploitation du charbon et de l’anthracite. Depuis, les mineurs sont en grève illimitée, en l’absence de négociations entre les représentants du secteur et le ministre de l’Industrie, de l’Énergie et du Tourisme, José Manuel Soria Lopez. Ce dernier a fermé la porte au dialogue, remettant en cause le «plan charbon» qui stipule que les aides publiques doivent être maintenues jusqu’en 2018.
Lire la suite

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire