La fete des Allobroges

lundi 2 juillet 2012

Chassaigne : "Je ne me considère pas comme un opposant de gauche"

André Chassaigne, président du groupe Gauche démocrate et républicaine (GDR) qui regroupe des élus du Front de gauche et des députés ultramarins, a reçu leJDD.fr à l'Assemblée nationale. Le communiste revient sur la campagne des législatives et reconnaît un "manque de lisibilité" quant au positionnement du mouvement. Pour l'avenir, il estime également que le Front de gauche doit montrer "plusieurs visages et plusieurs voix". 

Vous avez pris la tête du groupe GDR et succédez ainsi à Roland Muzeau, qui n'a pas été réélu. Comment envisagez-vous ce rôle?
Je vais essayer d'être un président qui, d'une part, soit l'animateur d'une équipe dans le respect des différentes sensibilités. Et en même temps, en étant un parlementaire qui travaille sur les textes, qui s'implique et qui essaie vraiment d'être exemplaire dans l'exercice de cette fonction de député. Cela exige aussi davantage de modération qu'en tant que simple député. Je porte une responsabilité collective.
Vous auriez aimé que votre groupe obtienne une présidence de commission et une vice-présidence. Vous vous êtes dit "choqué" de la répartition des postes à l'Assemblée. Pourquoi?
Les dix députés du Front de Gauche qui le composent (avec cinq députés ultramarins, Ndlr) représentent les quatre millions d‘électeurs qui ont apporté leur voix à Jean Luc Mélenchon à la présidentielle et qui, au second tour, ont contribué à élire François Hollande. Aux législatives, ces députés ont permis l’élection de centaines de députés socialistes. Balayer notre poids dans la société en ne nous donnant aucune présidence et vice-présidence, c’est choquant. Une tentation hégémonique se met en place.
Ne payez-vous pas le fait de ne pas avoir passé d'accord avec le PS, contrairement aux écologistes?
Nous payons les conséquences du mode de scrutin et du calendrier électoral. Mais dans une élection, il faut présenter son programme. Nous n’avions pas à être englobés sous un ensemble de gauche, qui nous aurait obligés à mettre sous l’éteignoir des propositions qui, pour nous, sont fondamentales.
«Nous essaierons de faire bouger les lignes»
Vous estimez aussi que cela augure "des choix politiques qui se préparent". C'est-à-dire?
Le fait de ne pas nous accorder notre dû à l’Assemblée est une façon de vouloir amoindrir les propositions que l’on porte. A savoir trois principaux axes. D'abord, l’augmentation du pouvoir d’achat et des bas salaires. Un coup de pouce au Smic de 2% n’est absolument pas à la hauteur de ce que devrait faire un gouvernement de gauche, ni des attentes de la population. Deuxième point : le partage des richesses. Il faut remettre à plat la fiscalité et que les plus hauts revenus et ceux du capital paient davantage. Enfin, il faut s’opposer au choix de l’austérité et en finir avec cette révision générale des politiques publiques prolongée.
Ce sont les principaux points de désaccords avec le Parti socialiste?

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