samedi 3 novembre 2012

Un gouvernement qui marche sur la tête…

Par Jacques Sapir
La croissance du produit intérieur brut (PIB) de la France pour 2013 reste un sujet de dissension entre le gouvernement et les économistes. Le premier maintient, officiellement, sa prévision d’une croissance faible, mais positive, de 0,8 %. Il a fondé le calcul de son budget sur cette prévision. Cependant nombre d’officiels admettent, en privé et sous réserve de ne pas être cités, que l’on sera « quelque part » entre 0,5 % et 0,3 %. Ceci est cohérent avec calculs réalisés par diverses institutions.

Prévisions pour 2013
FMI (octobre 2012) [1] : 0,4 %
OCDE (mai 2012) : 1,2 %
Commission européenne (mai 2012) : 1,3 %
Gouvernement (septembre 2012) : 0,8 %
Consensus (octobre 2012) : 0,3 %

On peut déjà noter qu’un réajustement a eu lieu entre les prévisions de l’OCDE ou de la Commission européenne - qui datent du printemps dernier - et celles du FMI - publiées en octobre, mais faites fin août et début septembre - et enfin du « consensus des économistes », réalisées au début du mois d’octobre. On constate que plus tardive est la prévision, plus mauvais en est le résultat. Cela n’a rien d’étonnant, la France étant clairement sur une pente d’entrée en récession. Les derniers résultats impliqueraient que sans mesures fiscales supplémentaires - pour l’instant exclues par le premier ministre - l’objectif des 3 % de déficit budgétaire pour 2013 ne pourra être tenu. Des personnalités de premier plan, comme le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone [2], ont déjà lancé des ballons d’essai sur ce point. Mais la réalité risque de se révéler bien plus sérieuse qu’un écart de 0,5 % entre les prévisions et le résultat définitif.

Facteurs positifs et négatifs
Commençons par un inventaire des facteurs qui vont peser sur la croissance.
(a) L’ajustement budgétaire et fiscal.
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