Appel

vendredi 14 décembre 2012

L’avenir du Front de gauche se débat

Samedi 7 décembre, se réunissait pour la première fois depuis les élections du printemps le parlement du Front de gauche. Compte rendu des débats.
Au début de la campagne de la présidentielle, le Front de gauche avait créé une structure informelle, prenant le nom de « Conseil national de campagne ». Désignée par consensus entre les composantes organisées du Front, elle rassemblait des militants de ces organisations aux côtés d’intellectuels et personnalités diverses de la « société civile ». En fait, à l’orée d’une bataille électorale difficile, il s’agissait de corriger la seule dimension de cartel partisan qui marquait l’origine du Front de gauche.
Cette structure ne s’était plus réunie depuis l’élection. Elle l’a fait samedi dernier, au siège du PCF, place du Colonel Fabien. En présence de Pierre Laurent, qui présidait jusqu’alors la structure, et de Jean-Luc Mélenchon, quelques dizaines de responsables ont pu ainsi discuter à bâtons rompus des perspectives du Front. À la différence de réunions du même type et quelque peu compassées, le ton de celle-là a été franc, sans complaisance ni agressivité. Deux débats ont dominé la réflexion : l’attitude à l’égard de la majorité gouvernementale et l’avenir des structures mêmes du Front de gauche.
Sur le premier point, les différences se sont définies comme étant davantage d’ordre tactique que stratégique. Les uns et les autres conviennent que les choix retenus par le pouvoir socialiste relèvent désormais d’une cohérence assumée, qui conduit la gauche à l’échec, avec toutes les graves conséquences qui peuvent en résulter. Mais, à partir de là, la gauche de gauche est confrontée à une double exigence, pas si facile à maîtriser dans l’action concrète. D’un côté, la cohérence officielle est telle que son refus doit être énoncé avec la clarté la plus grande, hors de toute nuance plus ou moins grisâtre. D’un autre côté, le refus ne peut être identifié au combat que mène la droite et ne peut donc laisser supposer que les critiques de gauche ignorent le clivage de la droite et de la gauche et, peu ou prou, font le jeu d’un adversaire par ailleurs bien radicalisé. Dans l’espace politique du Front de gauche, il n’est pas absurde de suggérer que les uns sont plutôt sensibles à la première contrainte et les autres plutôt à la seconde. La question du vote parlementaire sur le budget a donc continué de distinguer les points de vue, les uns persistant à dire qu’il eût mieux valu voter contre, les autres continuant à justifier l’abstention. Mais, au final, chacun est enclin à ne pas survaloriser le choix du vote, l’abstention des élus nationaux s’étant accompagnée d’une critique suffisamment globale et radicale pour que l’abstention ne puisse pas être lue comme une complaisance de quelque nature que ce soit.
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