La fete des Allobroges

mardi 25 juin 2013

Ce que le FN a fait en local, il peut le faire en national. Ces villes gérées par l’extrême-droite.

par Maxime Vivas et  Eric W. Farides
Des électeurs : «  On va voter Front National. Ce sont les seuls qu’on n’a jamais essayés ». 
Faux ! Sans aller chercher dans un passé lointain, voyons comment le FN a géré les villes que les électeurs français lui ont confiées ces dernières années pour en faire ce qu’il appelait fièrement «  des laboratoires du FN ».
Arrêtons-nous à ce qu’il advint à Vitrolles, Marignane, Toulon et Orange, «  villes expérimentales » des méthodes à élargir au pays tout entier.
Constatons le carnage en matière de finances, emploi, social, culture, sécurité, démocratie, droits des travailleurs et respect des lois de la République.
A Vitrolles
Catherine Mégret est élue maire le 9 février 1997(1). La dette de la ville augmente. La Chambre Régionale des Comptes de Provence Alpes Côtes d’Azur s’inquiète du budget municipal.
Une prime de naissance de 5 000 francs est octroyée aux familles françaises. Catherine Mégret est condamnée pour discrimination à la prime de naissance.
En juin 1997, le Lycée Pierre Mendès-France refuse d’inscrire Sofia Touzaline, lycéenne née en France de parents Algériens. Une conseillère d’orientation du lycée rapporte avoir entendu le proviseur dire, à propos des élèves de l’internat : «  Il faut faire le tri ; les gris d’un côté, les blancs de l’autre ». Le MRAP et SOS-Racisme se portent parties civiles. En 1998, la proviseur est suspendue de ses fonctions par le recteur d’académie d’Aix-Marseille.
La municipalité décrète la fin des repas de substitution sans porc dans les cantines scolaires. Alain Darmuzey, directeur d’école du Liourat et surveillant de cantine est relevé de ses secondes fonctions par Catherine Mégret, car il a refusé de lui serrer la main.
L’association pro-FN « Fraternité française » (2) reçoit de fortes subventions. La mairie ferme des centres aérés et la mission prospection de «  Vitrolles Emploi Formation ». L’association Vitrolles-Kiffa est jetée hors de ses locaux. Des subventions aux syndicats et associations humanitaires sont supprimées. La municipalité tente de s’expliquer : «  Les vraies associations (…) reçoivent une aide financière (…). Pour elles, les subventions ont augmenté de 40%... ».
La mairie limoge la directrice du cinéma Les Lumières pour avoir proposé des courts-métrages portant sur la prévention du sida. En contrepartie, l’équipe de Bruno Mégret «  s’est efforcée d’obtenir la construction d’un vaste complexe cinématographique de type multiplexe dans la zone commerciale ». Le FN-MNR remplace les cinémas d’art et d’essais par de la malbouffe culturelle produite à la chaîne.
Catherine Mégret tient des discours racistes dans le journal Allemand Berliner Zeitung : « les immigrés l’esprit colonialiste ; les immigrés [... ], ils font je ne sais combien de gamins, qu’ils mettent dans la rue. Ils font des gamins pour toucher des allocations, ils ne les élèvent même pas. [...] Vous interrogez n’importe qui, à part une personne de mauvaise foi, on va vous répondre qu’effectivement il y a des différences entre les races, il y a des différences entre les gènes. C’est ce que disait M. Le Pen. ».
La mairie licencie des agents sociaux et certains contractuels municipaux (150 agents sur 1 000 en 4 mois). En Août 1997, la Justice annule 31 licenciements car «  le motif d’économie avancé pour justifier la délibération du 30 août 1997 ne peut être regardé comme établi ». L’arrivée de la nouvelle équipe signe le départ de cadres municipaux consécutif aux méthodes FN.
En novembre 1997 «  Dans la nuit du 4 au 5, vers 3 h 30, un commando d’une dizaine d’hommes vêtus de noir, cagoulés et armés de battes de base-ball attaque le piquet de routiers grévistes du carrefour de l’Anjoly. Le matraquage fait trois blessés et des dégâts matériels... ».
En décembre 1997, 5 conseillers de Vitrolles sont mis en examen pour «  complicité de violence en réunion, avec arme et préméditation » et «  complicité de destruction de biens » après l’agression des routiers grévistes.
«  Il faut faire de la répression, c’est-à -dire il faut punir, poursuivre, attraper ceux qu’on connaît » affirme Catherine Mégret au Berliner Zeitung.
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