Liste UN ENGAGEMENT COMMUN

Liste UN ENGAGEMENT COMMUN
Liste UN ENGAGEMENT COMMUN

mardi 28 janvier 2014

Ernest Pignon-Ernest : "Le dessin affirme la pensée 
et la main, il affirme l’humain"



ENTRETIEN. La prison Saint-Paul à Lyon est le dernier lieu de son intervention entre des murs qui ont retenu la souffrance. Retour sur le parcours d’un artiste singulier, dont les interventions in situ ont toujours fait date, qu’il s’agisse de Charonne, des murs de Naples ou des Extases mystiques, à l’occasion d’une exposition à la galerie Lelong à Paris de ses dessins et photos. Ernest Pignon-Ernest, on connaît 
vos dessins, pourtant, vous n’êtes 
pas au sens strict, un dessinateur.Ernest Pignon-Ernest. Les dessins sont essentiels dans mon travail mais ils sont comme un outil. Si on peut parler d’œuvre, l’œuvre, c’est ce que provoque l’insertion du dessin dans la réalité. Quand je choisis les murs de la prison Saint-Paul à Lyon, les escaliers de Montmartre ou du métro Charonne, mon travail tient plus du ready-made au sens où Duchamp l’a inventé que de la figuration. C’est le lieu et le moment que je propose, le dessin, c’est révéler en quelque sorte la réalité du lieu.C’est le fruit d’une réflexion qui veut prendre en compte tout ce qui ne se voit pas d’emblée mais qui est là, l’espace, la lumière, la texture du mur. C’est, en même temps, tout ce qui appartient à l’histoire, à la mémoire, aux traces. Avec des photos, ça ne marcherait pas. Parfois des gens disent que c’est du dessin académique, mais ce n’est pas la question. Le dessin doit répondre aux contraintes qu’implique cette relation avec la réalité. Il faut que j’aie assez d’effets de réel. Du strict point de vue du dessin, moi je préfère un dessin de Francis Bacon à un dessin réaliste, mais si je colle un dessin de Bacon sur un mur…
Oui, ce sera un dessin…
Ernest Pignon-Ernest. Un dessin exposé dans la rue. Moi, je n’expose pas des dessins dans la rue, je provoque quelque chose dans la rue. D’ailleurs, ça m’énerve vraiment si on me dit que j’expose des dessins dans la rue.
Je comprends que ça énerve. Mais, 
malgré tout, pourquoi avez-vous fait 
au départ le choix du dessin ?
Lire la suite

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire