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samedi 25 janvier 2014

Le « communisme municipal » : entre fierté et défiance

Par Emmanuel Bellanger (historien) et Julian Mischi (sociologue)
Le Parti communiste s’est longtemps distingué par son ancrage municipal qui lui a procuré une légitimité sur la scène politique et un rayonnement auprès des populations et tout particulièrement des classes populaires. Mais cette participation des élus communistes au jeu institutionnel a aussi suscité de la défiance et des dissidences.
Deux mots sont associées couramment à l’expérience sociale et politique des territoires rouges : le « communisme municipal ». Ce communisme municipal a assuré au Parti communiste au cours du XXe siècle une représentation parlementaire et un espace de socialisation, de légitimation et de ressourcement. Il relève d’une conception exogène, élaborée hors de l’institution politique, et s’inscrit dans la filiation du socialisme et du réformisme municipal que les dirigeants du PCF ont toujours rejetée, du moins officiellement.
Dénoncer le « crétinisme municipal »
Dès les années 1920, la question municipale interpelle la direction du PCF qui perçoit les contradictions formelles entre le discours subversif qu’elle veut incarner et la gestion municipale dans un « État bourgeois » qu’elle souhaite détruire. Le principe du contrôle politique du travail municipal est d’autant plus revendiqué par l’appareil politique qu’il a été contesté dès les années 1920 par une dizaine de maires communistes de la banlieue parisienne qui ont préféré ou ont été contraints de quitter ce parti.

Cette défiance originelle ne s’estompe pas dans les décennies suivantes. Jusque dans les années 1970, pèse sur les élus locaux du PCF, qui sont de plus en plus nombreux, le soupçon du « crétinisme municipal » dénoncé en 1945 par Étienne Fajon membre du bureau politique. Cette expression s’inscrit en opposition avec les règles de bonne conduite attendues d’un élu local : « le soutien des luttes ouvrières », le maintien de « la liaison permanente des élus communistes avec les masses », « la lutte contre le pouvoir de tutelle du gouvernement et de ses préfets », le rejet des « vieilles théories réformistes » et la « juste application de la politique du parti ».

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