La fete des Allobroges

vendredi 30 mai 2014

Depuis le 15 mai, les facteurs de Villard-Bonnot sont en grève

                                 






Communiqué de presse

   La Poste prône le dialogue social, elle envoie
          19 facteurs au tribunal

La direction du courrier a choisi la répression plutôt que le dialogue,

Les facteurs de Villard-Bonnot sont en grève depuis 15 jours pour que la
poste rende 2 emplois sur les 6 qu'elle souhaite supprimer. La direction reste
sourde à ces revendications, et veut casser le mouvement.

Non contente de bafouer le droit de grève en créant un centre de tri parallèle
et en embauchant des intérimaires pour effectuer le travail des agents
grévistes, elle assigne en justice ses personnels.

Les agents en grève ont reçu le vendredi 30 mai une assignation au tribunal
de grande instance de Grenoble.

Les facteurs de Villard Bonnot continuent leur mouvement et seront
présents le samedi matin 31 mai sur la place du marché de
Brignoud.
Les facteurs de Villard Bonnot appellent à un grand rassemblement
devant le TGI de Grenoble (place Firmin Gautier) le mercredi 04 juin à
8h45 pour les soutenir.  
contact :Cyril ETELLIN , Facteur Villard Bonnot:06 44 83 34 41

Européennes : une analyse d’André Chassaigne

- La Montagne : Comment en est-on arrivé à ce que des classes populaires qui votaient communistes, à gauche, il y a peu de temps encore, donnent leurs suffrages au FN ?
André Chassaigne : C’est indéniable : les idées de transformations de la société régressent. Avec, en parallèle, Chassminibourbl’affaiblissement des forces qui les portent, comme le PCF. Si ce recul idéologique se traduit plus fortement dans les classes populaires, c’est que nos idées pénètrent beaucoup moins où se construisent les votes. Je veux parler des lieux de travail, mais aussi des quartiers, des villages. Ce repli est aussi accentué par le rouleau compresseur des grands médias dominants qui relaient les idées conservatrices, voire réactionnaires.

- LM : Pourquoi le Front de gauche ne fait-il pas front face au FN ?
AC : Je crois que le Front de Gauche est le rassemblement politique qui a le plus dénoncé les idées que porte le Front national. Mais nous devons aussi être lucide : notre rassemblement ne réussit pas à irriguer la société, à rassembler toutes celles et tous ceux qui veulent construire des réponses politiques concrètes et crédibles sans pour autant adhérer à une organisation. Il nous faut donc un débat stratégique sur ce que doit être le Front de Gauche : un outil efficace de rassemblement pour que les idées transformatrices deviennent une force. Pas un cartel d’organisations qui mène au repli, à des rigidités, voire à une concurrence stérile entre organisations qui en sont membres.

- LM : Jean-Luc Mélenchon est-il encore légitime pour incarner ce front anti-Front ?
AC : Il ne s’agit pas d’avoir un homme providentiel pour incarner un simple front anti-front. Bien au contraire, c’est le travail collectif qui fait bouger les consciences sur les causes réelles de la crise, sur les vrais responsables de l’austérité et du mal-vivre, sur nos propositions alternatives. L’avenir du Front de Gauche ne se résume donc pas à la légitimité d’un porte-parole, quel qu’il soit, mais bien davantage à une capacité de travailler au quotidien sur tous les terrains, au cœur de la population. La question est plutôt celle-ci : sommes-nous prêts à organiser ce travail collectif au côté de tous les progressistes ?

«Le partenariat transatlantique serait une catastrophe d’ampleur continentale»

En Europe, la reprise pointe son nez. Mais, si la croissance est à nouveau positive dans la plupart des Etats-membres, elle sera trop faible pour réduire significativement le chômage. Au mieux, les cinq prochaines années seront celles d’une croissance molle. Une fatalité ? Pas pour l’économiste français Gaël Giraud, directeur de recherche au CNRS, auteur de l’illusion financière (Les Editions de l’Atelier).
La stratégie européenne repose sur trois piliers : des « réformes structurelles » pour restaurer la compétitivité ; l’austérité budgétaire pour dégager l’espace à l’initiative privée ; et le partenariat transatlantique, dont on dit qu’il créera « des centaines de milliers d’emplois ». Vous y croyez ?
Cette stratégie constitue une erreur majeure. Le problème fondamental n’est pas lié à un manque de compétitivité, mais à l’excès de dettes. Des dettes privées d’abord, notamment celles des banques, qui sont les acteurs les plus endettés et ne remplissent plus leur mission. La question de la dette publique est un alibi pour imposer un vieux programme : le démantèlement de l’Etat-providence. Ce que l’Europe réalise, avec un succès terrifiant, en Grèce, en Espagne, au Portugal et, dans une moindre mesure, en Italie. Cette stratégie n’a aucune chance de favoriser le retour d’une croissance durable. Elle enfonce l’Europe davantage encore dans la trappe déflationniste.

L’Union mise sur le commerce extérieur. C’est ainsi qu’elle justifie le partenariat transatlantique en cours de négociation avec les États-Unis. De plus en plus d’Européens craignent que cet accord « de libre-échange » se traduise par un nivellement par le bas de nos législations sociales, sanitaires ou environnementales. Une inquiétude justifiée ?

mercredi 28 mai 2014

Victoire des Fralibs : "leur combat est un exemple"


Les Fralibs ont gagné ! Le bras de fer qui opposait les salariés de l'usine thé et tisane Éléphant de Gémenos (13) et la multinationale Unilever depuis plus de trois ans, s'est conclu hier par un protocole d'accord . Ce dernier ouvre la voie à une reprise de l'usine en SCOP par les salariés et au développement de la production.
Cet accord arraché après des années de lutte et l'annulation à trois reprises par la justice des plans de licenciements proposés par Unilever est une excellente nouvelle pour notre industrie et la sauvegarde de l'emploi dans notre pays. Elle est la démonstration qu'existent des alternatives face à l'hémorragie industrielle, à la violence des délocalisations et à la loi de la concurrence, à condition de donner des nouveaux droits aux salariés.
Je salue le courage et la solidarité dont ont fait preuve les Fralibs dans cette lutte de longue haleine. Leur persévérance, leur solide plan de reprise de l'usine et de relance de la production, la coopération qu'ils ont initiée avec les pouvoirs publics pour appuyer ce projet et le soutien qu'ils ont su faire naître dans la population, font de leur trois années de combat un exemple.
Le PCF qui a soutenu les Fralibs depuis le premier jour, continuera à être à leurs côtés pour cette nouvelle étape de leur projet de relance de l'usine qui s'ouvre aujourd'hui.
Pierre Laurent 

La France populaire décroche, qui s’en soucie ?

Depuis 2008, le niveau de vie des plus démunis diminue. Une crise qui alimente les tensions sociales, mais n’inquiète pas plus que ça les couches favorisées, dont les revenus continuent à augmenter. Par Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités.

+ 1 800 euros annuels pour les 10 % les plus riches, - 400 euros pour les 10 % les plus pauvres. Le bilan de l’évolution des revenus sur la période 2008-2011 [1] est sombre pour les milieux populaires. La « baisse généralisée du pouvoir d’achat » [2], tant médiatisée, est une imposture : le pouvoir d’achat augmente pour les plus riches et diminue pour les plus pauvres.
Bien des catégories sont à l’abri de la crise. Elle ne frappe qu’une partie de la population : les plus modestes, déjà fragilisés par des décennies de chômage. Les jeunes, les ouvriers et les employés, la main d’œuvre peu qualifiée travaillant dans les petites entreprises du secteur privé et les immigrés sont en première ligne. Et pourtant, on entend essentiellement le bruit des couches aisées qui continuent d’oser se plaindre d’être matraquées par les impôts. Le gouvernement, dont l’action est formatée par les sondages, a entendu le « ras-le-bol-fiscal ». Il a perdu le sens de la réalité sociale. Les politiques mises en œuvre sont totalement décalées par rapport à la hauteur de l’enjeu.

Trois France se distinguent. Parmi les 30 % les plus riches, les revenus ont continué à progresser entre 2008 et 2011 : + 500 euros gagnés par an pour ceux de la tranche située entre les 70 et les 80 % les plus aisés, jusqu’à + 1 800 euros pour ceux des 10 % supérieurs. La crise, les 20 % du haut ne la connaissent pas vraiment. 

lundi 26 mai 2014

Réactions de Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon


Européennes 2014 - Réactions de Pierre Laurent... par CN-PCF

De cette crise politique doit émerger une perspective réelle et crédible à gauche

Le très haut niveau de l'abstention et le niveau historique du Front national, confirment que la crise politique et démocratique que traverse notre pays atteint un seuil critique. C'est une nouvelle alerte. La France s'enfonce dans un malaise démocratique inquiétant. Les causes de cette situation sont claires : le rejet massif du modèle libéral de l'Union européenne et le mépris que les tenants de ce modèle ont opposé depuis dix ans à tous ceux qui le contestaient ; l'enfermement de François Hollande et de Manuel Valls dans une politique d'austérité désavouée par le pays ; le profond désarroi dans lequel cette situation plonge les classes populaires et l'ensemble des électeurs de gauche.
La victoire du Front national, portée par une forte appropriation du mécontentement et une captation des voix de la droite, est un événement grave au plan national comme européen.
Si la droite et l'extrême droite sont en tête, c'est surtout que la majorité gouvernementale est ce soir sanctionnée et isolée. La gauche sort très affaiblie de ce scrutin.
Dans ce contexte, les résultats du Front de gauche, équivalents à ce qu'ils étaient en 2009, ne permettent pas de relever le défi d'une voix alternative majoritaire à gauche. Un vaste chantier est devant nous.
Ce soir, le PCF lance un appel solennel. De cette crise politique doit émerger une perspective réelle et crédible à gauche sur fond de rupture avec ce système rompu aux thèses libérales. La gauche s'est trop éloignée de ses valeurs. Elle ne pourra retrouver le peuple que dans un mouvement social et politique de l'ampleur d'un Front populaire du XXIème siècle. Nous appelons tous ceux qui, ce soir, se sentent malheureux à gauche, toutes les forces vives du pays, la jeunesse et les salariés à s'unir sans attendre. Nous mettons le Front de gauche à leur service.
Dans cette visée, les résultats de nos partenaires européens du groupe de la GUE-NGL et la progression de l'idée d'une alternative à gauche en Europe sont des signes encourageants.
Les député-es du Front de gauche élu-es aux européennes 2014:
- Marie-Christine Vergiat ( Sud-Est )
- Jean-Luc Mélenchon ( Sud-Ouest )
- Patrick Le Hyaric ( Ile-De-France )
-Younous Omarjee - DVG soutenu par le Front de gauche ( Outre-Mer )
Communiqué du Parti communiste français

samedi 24 mai 2014

Aux urnes citoyens ! - Le 25 mai on leur fait un dessin


Ep.24 - Europe : aux urnes citoyens ! par CN-PCF

"les idées de haine ne tiendront pas le haut du pavé"

Jean-Marie Le Pen s'est, une fois de plus, livré à une provocation ignoble comme il en est si friand. Pour la tête de liste du FN dans le Sud-Est aux éléctions europeennes, le virus Ebola "reglerait le probleme de l'immigration en trois mois". Jean-Marie Le Pen a beau être coutumier de ces petites phrases, c'est à vomir !

La vieille baderne fasciste revient à ses fixettes sur la solution finale, lui qui s'etait déjà illustré avec son "durafour crématoire".

Cette saillie insupportable et pourtant prévisible met en face de leurs responsabilités tous ceux qui donnent des brevets de respectabilité à la formation que Marine Le Pen dirige et dont Jean-Marie Le Pen est le fondateur.

Plus que jamais l'heure est à la mobilisation de tous les démocrates. Ce n'est pas les idées de haine qui doivent tenir le haut du pavé. Le 25 mai prochain, il faut voter pour ne pas laisser libre champs au racisme et au fascisme que tente d'installer le Front national. Le 25 mai prochain, il faut voter pour les listes du Front de gauche.
Olivier Dartigolles (PCF)

jeudi 8 mai 2014

Sétif, Guelma, l'autre 8 mai 1945

par Hassane Zerrouky
Le 8 mai 1945, les premiers tirailleurs algériens qui débarquent du croiseur Gloire font une entrée triomphale à Alger. La presse coloniale fait sa une sur la défaite du nazisme. Le jour même, débutent les manifestations organisées par le PPA à travers les principales villes algériennes. Brandissant des drapeaux alliés, y compris celui de la France mais aussi l'emblème algérien, scandant des mots d'ordre revendiquant l'indépendance de l'Algérie, portant des gerbes de fleurs devant être déposées devant les monuments aux morts, plusieurs centaines de milliers d'Algériens répondent à l'appel du PPA.
À Sétif et Guelma, cependant, l'événement prend une tournure dramatique. Le matin du 8 mai, avant que ne débute la marche, les manifestants sont invités par les organisateurs à déposer cannes, bâtons et couteaux devant la mosquée de Sétif. Le cortège, précédé par des scouts, devait se rendre au monument aux morts de la ville pour déposer une gerbe de fleurs en hommage aux soldats algériens tombés face au nazisme. Mais c'était sans compter avec le préfet de Constantine, Lestrade-Carbonnel, qui a ordonné aux forces de police : « Faites tirer sur tous ceux qui arborent le drapeau algérien. » Le commissaire de police Lucien Olivier ne se fait pas prier : il fait tirer sur les manifestants. Les colons, organisés en milices, participent à la répression.
De pacifiques, les manifestations deviennent violentes. Elles échappent au contrôle des nationalistes, tournent à l'émeute et embrasent tout l'Est algérien. Devant l'ampleur des cortèges de Sétif, mais aussi Kherrata et Guelma, l'administration coloniale fait intervenir l'armée. Légionnaires, tirailleurs sénégalais et même des prisonniers allemands et italiens sont engagés pour réprimer la révolte : manifestants fusillés sommairement par centaines, femmes violées... L'aviation mitraille et bombarde les villages de montagne. Le croiseur Duguay-Troin qui se trouvait dans la baie de Bougie bombarde les douars de la montagne kabyle. À Périgotville, près de Guelma, on fusille tous ceux qui savent lire et écrire. À Chevreuil, Petite Kabylie, c'est par groupes de vingt que des Algériens sont passés par des armes. Des prisonniers fusillés sont jetés dans les gorges de Kherrata. Parmi eux, Rabah Hanouz, membre de la Ligue des droits de l'homme, et ses trois enfants. À son frère Lounis, juste démobilisé à son retour de France, qui faisait partie du Comité pour l'amnistie des prisonniers, le ministre de l'Intérieur, André Le Troquet, lui demande d'oublier et de tourner la page. Les dizaines de milliers de manifestants qui ont été arrêtés seront libérés suite à une campagne du PCA qui avait pourtant condamné auparavant ce soulèvement populaire.

Commémoration du 8 mai : « Il y a une édulcoration de la notion de fascisme »

Ce 8 mai, la France commémore le 69e anniversaire de la victoire des Alliés sur l’Allemagne nazie et la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe. L’historien Jean-Paul Scot analyse le sens de cette commémoration à laquelle il faut redonner du contenu politique.
Signée en deux temps, la capitulation de l’armée du Reich a mis fin à un conflit qui fit plus de 36 millions de morts sur le continent. Mais "On minimise trop souvent la portée des idéologies fasciste et nazie dont on commémore aujourd’hui la défaite", analyse Jean-Paul Scot.
Humanite.fr : Pourquoi faut-il commémorer le 8 mai 1945 ?
Jean-Paul Scot : La capitulation de l’Allemagne Nazie, c’est très différent de la fin d’une simple guerre impérialiste, basée sur la conquête de territoires, comme l’était la première guerre mondiale. Dans le cas de 1945, la victoire est celle contre une tentation de domination idéologique, basée sur des principes antidémocratiques, de discrimination raciale, anti socialistes et anti-communiste. En 1945 on ne faisait pas la différence entre la victoire sur l’Allemagne et la victoire sur le nazisme, les deux étaient intimement liées. Et aujourd’hui, combattre les fondements de cette idéologie reste très important.
Humanite.fr : Après la fin de la seconde guerre mondiale, il fallut  attendre 8 ans pour qu’un décret fasse du 8 mai, un jour férié en mars 1953. Et dès 1959, un autre décret signé du Général de Gaulle garda la commémoration mais pas le jour férié. En 1975, Valéry Giscard d’Estaing supprima carrément les commémorations du 8 Mai dans un contexte de réconciliation avec l’Allemagne. C’est François Mitterrand qui en en octobre 198, rétablit le caractère férié et mémoriel du 8 mai. Comment expliquer ces tergiversations en ce qui concerne cette commémoration ?
Jean-Paul Scot : Il y a eu une tendance très précoce dès 1945-46, de la part d’un certain nombre de démocrates chrétiens et de résistants de droite à vouloir effacer le caractère anti fasciste et antinazi de la victoire de 1945, au nom de la nécessaire réconciliation européenne.  Sous l’impulsion de W Churchill il y a eu une incitation à effacer la contribution des communistes et de l’union soviétique dans la lutte antifasciste. Il s’agissait de prôner la réconciliation au nom de la civilisation européenne et de ses racines chrétiennes…
C’est dans le contexte de la lutte contre le réarmement de l’Allemagne et sa réintégration au sein de l’alliance atlantique en 1953, qu’il y a eu un sursaut de la part du Général de Gaule qui a souhaité que le 8 mai et la difficile victoire contre l’Allemagne nazie  reste dans les mémoires.