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mardi 15 juillet 2014

« Si on pouvait, on partirait, mais ce n’est pas possible »

Par Benoit Delrue
Désormais, près d’un Français sur deux ne peut pas partir en vacances. Un droit de plus en plus remis en cause par l’austérité généralisée et l’absence de politique vigoureuse pour aider au départ. Rencontre avec ces familles qui passeront leur été chez eux, bon gré mal gré.
Lille, Roubaix, envoyé spécial. «Si on pouvait, on partirait, c’est clair ! » Mais, cette année encore, la famille Wattier ne sortira pas la tente de camping pour une longue  escapade en Vendée. L’été, elle le passera dans sa petite maison de briques, rue d’Alger, à Roubaix (Nord). Comme depuis trois ans. « Un endroit calme, on ne se plaint pas », assure Patrick. Son épouse, Sabine, acquiesce : « Avoir une maison, aujourd’hui, c’est un luxe ! À choisir, je préfère ça plutôt que d’avoir un appartement et de pouvoir partir en vacances. » Le problème, justement, étant de devoir « choisir ».
Un dilemme face auquel se retrouvent de plus en plus de Français. Depuis une dizaine d’années, le taux de départs en vacances ne cesse de se dégrader. Selon le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Credoc), les Français étaient 66 % au milieu des années 1990 à profiter d’un séjour estival pour couper avec leur quotidien. Ils ne sont plus que 57 % en 2013. Mais il serait faux de parler d’un recul général. Cette baisse du taux de départs est creusée par les catégories les plus pauvres. L’année dernière, près de 80 % des foyers gagnant plus de 3 000 euros ont continué à programmer un séjour de vacances durant l’été. Un chiffre stable.
En revanche, seuls 35 % des foyers ayant un revenu inférieur à 1 200 euros ont tablé  sur un départ, reculant de dix points par rapport à 1998.
Sur quinze ans, ce sont les catégories sociales les plus défavorisées qui ont enregistré la baisse la plus conséquente. « Le fossé des vacances se creuse, constate Sandra Hoibian, chercheuse au Credoc. Depuis 2008, les plus modestes ont pris de plein fouet la crise et ne s’en remettent pas. Le taux de départ des plus pauvres n’a jamais été aussi bas depuis le milieu des années 1990. Les autres catégories, elles, ont tendance à repartir en vacances davantage depuis 2010. »

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