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mardi 30 septembre 2014

Du nouveau sur le front des traités de libre-échange

Par Patrick Le Hyaric
La pression des citoyens, des associations, des syndicats et partis progressistes est-elle en train de faire voler en éclats l’une des pièces maîtresses des traités de libre-échange entre L’Union européenne et le Canada et avec les Etats-Unis (le traité transatlantique) ? Il s’agit du projet d’instaurer des tribunaux arbitraux privés qui permettraient aux grandes sociétés transnationales de poursuivre des Etats dont elles considèrent que leur droit social, sanitaire, environnemental, constitue une entrave à la progression illimitée de leurs profits.
Ce mécanisme, inscrit dans le mandat qui sert de base de discussion entre la Commission européenne et les Etats-Unis, est déjà utilisé contre certains Etats. Ainsi, le géant du tabac Philip Morris multiplie les poursuites contre des Etats qui préconisent d’inscrire des avertissements sanitaires sur les paquets de cigarettes ; la société Nord-Américaine Lone Pine poursuit le Canada parce que ce pays a décidé d’un moratoire sur l’extraction de gaz de schiste ; Veolia poursuit l’Egypte pour avoir fait relever le salaire minimum. On pourrait multiplier les exemples.
Avec ces « mécanismes de règlement des différends », il s’agirait d’établir les lois non plus par des procédures démocratiques, des parlements et des gouvernements, mais par des cours de justice privées à partir des seuls intérêts des puissances industrielles, agro-industrielles et financières. Il s’agit ici d’un point d’affrontement décisif entre les intérêts généraux et publics et les intérêts privés qui cherchent à détruire les droits sociaux et environnementaux et à réduire la capacité des peuples d’agir sur leur destin.

Mais, voici que depuis quelques jours des choses bougent ! Les mobilisations doivent s’y engouffrer. En Allemagne, sous la pression de syndicats et des associations, le gouvernement a déclaré la semaine dernière qu’il bloquerait l’accord de libre-échange avec le Canada s’il comprenait ce mécanisme de « règlement des différends » et de protection des investissements. Cette déclaration s’est faite au moment même ou le président du Conseil européen Mr Von Rompuy et Mr Barroso, président pour quelques semaines encore de la Commission européenne, se trouvaient au Canada pour un sommet Union Européenne-Canada, devant conclure les négociations sur le projet de traité de libre-échange.

Pourquoi la France est-elle le pays qui a le plus fusillé « pour l’exemple » pendant la Grande guerre ?

Par Olivier Favier
Au moins 918 soldats français ont été exécutés entre 1914 et 1918. Ce qui fait de l’armée française celle qui a le plus fusillé, avec l’armée italienne, loin devant l’Allemagne et les pays anglo-saxons, selon la comptabilité officielle. Si plusieurs soldats condamnés à mort ont, depuis, été réhabilités, le sujet, un siècle plus tard, suscite toujours la controverse. Tour d’Europe des « fusillés pour l’exemple ».
Quelques 918 militaires français ont été fusillés pour l’exemple pendant la « Grande guerre ». La grande majorité n’a pas été exécutée pendant les mutineries de 1917, mais pendant la première année du conflit, de septembre 1914 à octobre 1915. 918 fusillés pour l’exemple : cela peut sembler statistiquement dérisoire par rapport aux 1,3 million de soldats « morts pour la France ». Mais cette pratique de l’état-major fait peser sur la troupe une menace permanente, quand bien même le recours aux exécutions capitales n’a jamais été systématique. Facilitée par le rétablissement des Conseils de guerre entre 1914 et 1916, la peine de mort est froidement réglementée par un décret de 1909. Une réglementation qui précise même les modalités du coup de grâce, administré « avec un revolver dont le canon est placé juste au-dessus le l’oreille et à cinq centimètres du crâne ».
Un siècle plus tard, les fusillés pour l’exemple continuent de hanter l’imaginaire littéraire et cinématographique. Leur réhabilitation fait toujours débat, montrant une continuité de fait entre l’institution militaire capable de fusiller ses soldats et une République qui se refuse à en désavouer les actes. Durant l’entre-deux-guerres, quelques 40 soldats ont bien été réhabilités, au cas par cas. En juin dernier, une proposition de loi sur le sujet, portée par le groupe communiste, a été repoussée, malgré le soutien du groupe écologiste. La chose est d’autant plus surprenante que les sympathisants du Parti socialiste sont, d’après un sondage réalisé fin 2013, de loin les plus favorables à la réhabilitation, à 87% (75% pour l’ensemble des Français). Ce débat n’est pas spécifique à la France et touche d’autres pays européens. Si la France figure parmi les pays qui ont le plus fusillé durant la Grande Guerre, elle a bénéficié d’une cohésion nationale supérieure à celles de bien d’autres belligérants. Ce paradoxe est une clé essentielle pour comprendre l’ampleur des débats qui la traversent encore aujourd’hui.
Les limites d’une comptabilité macabre

lundi 29 septembre 2014

Sénat : Un groupe communiste et citoyen plus que jamais utile aux populations, aux collectivités territoriales et à la gauche

La majorité sénatoriale repasserait à droite. Ce n'est pas une bonne nouvelle pour notre peuple. Pire, pour la première fois le FN va siéger au sénat en faisant élire deux sénateurs dans le Var et les Bouches du Rhône. C’est une défaite pour le gouvernement Valls et le Parti socialiste, conséquence du résultat des élections municipales, d'un fort mécontentement populaire et d’une réforme territoriale autoritaire et austéritaire.
Le PCF se félicite de l’élection de Christine Prunaud dans les Côtes d'Armor et de la réélection de Thierry Foucaud en Seine-maritime.  Les candidates et candidats que nous soutenions ont obtenu des résultats en progression dans 16 départements.
Avec 18 élu(e)s au service des territoires et de leurs populations, le groupe Communiste, Républicain et Citoyen, sera plus que jamais utile aux salarié(e)s, aux familles populaires, aux fronts des luttes politiques et sociales sur le terrain comme dans l’hémicycle. Il sera dans l'action au quotidien pour défendre les collectivités locales et leurs moyens que le gouvernement veut amputer de 11 Milliards d'euros. Il sera force de propositions audacieuses pour redresser le pays et redistribuer les richesses avec un rassemblement majoritaire pour une alternative de gauche.
Pour éviter la chronique annoncée des prochaines victoires électorales à droite, il y a urgence à sortir la gauche du chaos et changer fondamentalement de politique. Le PCF est animé d'un seul objectif : Que la gauche retrouve le peuple pour que le peuple retrouve sa gauche.
Communiqué du Parti communiste français

Assassinat d’Hervé Gourdel : Le tragique et l’obscène

Par Jacques Sapir
L’assassinat (et non on ne sait quelle « exécution » comme le disent et l’écrivent très malencontreusement de nombreux journalistes) de notre compatriote Hervé Gourdel suscite une intense et légitime émotion tant en France qu’à l’étranger. On s’associe naturellement à la peine et aux chagrins de ses proches.
Mais, sous le coup de l’émotion, un certain nombre de contre-vérités, de mensonges éhontés, sont aussi proférés. Il n’est pas admissible de laisser la politique étrangère prise en otage par l’émotion, aussi légitime que soit cette dernière. Il est inacceptable que la politique intérieure puisse être cyniquement manipulée au nom de cette émotion. On voudrait ici rappeler un certain nombre de faits
1. Le soi-disant « Etat Islamique » est le fruit de plus de dix ans de politique américaine au Moyen-Orient.
L’organisation s’appelant « Etat Islamique », dont la barbarie est évidente, et qui donne tous les jours les preuves de sa sauvagerie dans la manière dont elle traite les populations sous son contrôle n’est pas née du hasard. Ce n’est pas le fruit simplement du « fanatisme » religieux, même si ce dernier joue un rôle de justification et de légitimation. Il convient de rappeler ici que le soi-disant « Etat Islamique » se développe sur les ruines laissées par l’intervention de ce qu’avec Maurice Godelier nous appelions en 2003 « l’isolationnisme interventionniste providentialiste » des Etats-Unis[1]. C’est cette intervention, avec ses suites, qui a durablement déstabilisé la région. Elle se fit au mépris du droit international et du droit des gens[2]. Les traces qu’elle a laissées sont encore douloureuses.
2. La montée de l’intégrisme musulman est le produit de la destruction des nationalismes arabes.
Un deuxième point, tout aussi important, est que la montée d’un intégrisme militant musulman répond à la destruction, elle aussi organisée et voulue par les Etats-Unis, des nationalismes arabes. Non que ces nationalismes, qu’il s’agisse du Nassérisme ou des partis se réclamant du parti Baas aient été exempts de défauts. Les régimes issus du nationalisme arabe ont été corrompus et souvent despotiques, mais en un sens pas plus que les nôtres. Le temps de leur nécessaire maturation ne leur fut jamais accordé. Rappelons que le discours de Michel Aflak, l’idéologue de ce nationalisme, correspondait à une véritable introduction de la modernité dans cette région du monde. La devise initiale du mouvement Baas, Wahdah, Hurriyah, Ishtirrakiyah, ce qui signifie « Unité, Liberté, Socialisme », fait référence à une idéologie reconnaissant le statut individuel de la personne humaine. Aflak d’ailleurs, tout en reconnaissant la présence dominante de la culture musulmane, affirme la nécessité de construire un Etat laïc.

samedi 27 septembre 2014

L’offensive contre les « seuils sociaux » : inutile aux chômeurs, nuisible aux salariés ?

La représentation des salariés dans les entreprises est remise en cause par le nouveau ministre du Travail, François Rebsamen. En ouvrant la porte au gel et au relèvement des « seuils sociaux », le ministre a suscité l’hostilité de la CGT et les louanges du MEDEF, ce qui devient une habitude pour les membres de ce gouvernement. Sous prétexte de lutte contre le chômage, il s’agit en réalité d’une offensive contre les conditions de travail des salariés et la capacité de résistance des syndicats. C’est pourquoi il est nécessaire de connaitre ces seuils sociaux pour mieux les défendre.
Des outils au service des salariés
Un seuil social est un effectif de salariés à partir duquel l’employeur doit mettre en place de nouvelles dispositions en faveur de ces derniers. Dans le discours du MEDEF et de François Rebsamen, ce sont surtout les seuils sociaux obligeant à mettre en place des Institutions Représentatives du Personnel (IRP) qui sont visés. En effet, à partir de 11 salariés, toute entreprise doit être dotée de Délégués du Personnel (DP) ; à partir de 50, elle doit également mettre en place un Comité d’Entreprise (CE) et un Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT).
Cette hostilité envers les représentants du personnel n’est pas accidentelle. L’élection de délégués du personnel, par exemple, oblige l’employeur à organiser des réunions mensuelles avec eux pour faire valoir les réclamations des salariés. Le DP dispose d’un crédit d’heures pour remplir sa mission, ainsi que de différents pouvoirs d’investigation et d’alerte. Ils ont été créés en 1936, à la signature des accords de Matignon, qui faisait suite à la grève générale de juin et à la victoire électorale du Front Populaire.
Le CE – dans les entreprises de plus de 50 salariés – a été créé après la Seconde Guerre mondiale pour obliger les employeurs à communiquer des informations économiques aux représentants des salariés, ce qui permet souvent aux syndicats de tirer la sonnette d’alarme ou de réagir plus rapidement à un projet de licenciement collectif. De plus, le CE est chargé de gérer les œuvres sociales et culturelles pour les salariés ; sa création oblige donc le patron à y consacrer un budget.
Enfin le CHSCT a été généralisé à partir de 1982, lors du premier septennat de François Mitterrand. Il a pour mission de contribuer à la protection de la santé et de la sécurité des travailleurs, ainsi qu’à l’amélioration des conditions de travail. Il dispose de moyens supplémentaires par rapport aux DP. Il peut, par exemple, mandater un expert aux frais de l’employeur s’il constate un risque important pour la sécurité ou en cas de projet de modification conséquente des conditions de travail (changement d’outillage, modification des cadences ou des normes de productivité...).
Ces IRP sont donc autant d’outils qui limitent – fut-ce à la marge – l’exploitation des salariés en faisant valoir leurs réclamations, en obtenant des informations ou en augmentant leur salaire indirect.

Le produit d’un rapport de forces entre les classes

Disparition d’André Bergeron et manipulation médiatique

Par Michel Etiévent
Décidément les médias manipulent, occultent sans cesse. Par exemple à propos de la mort d’André Bergeron, un des fondateurs de FO. L’occasion leur était donnée de raconter avec objectivité la naissance de FO et ses conséquences sur le mouvement ouvrier et la première casse de nos acquis.
Qu’ai-je entendu : « Bergeron, un des créateurs de FO était partisan d’un "syndicalisme indépendant", indépendant des patrons et de toute politique ». Voilà comment ils résument l’histoire... aucun mot sur la naissance de FO et son pourquoi. Alors racontons. Nous sommes en 1947, nous venons de vivre (45-47) une période de conquis sociaux extraordinaires dans le sillage du CNR avec les ministres communistes (Sécu, statuts et avancées de toutes sortes, nationalisations, services publics). Il fallait évidemment briser cette formidable invention sociale, d’autant plus que la guerre froide pointait son nez. Comment ? Et bien en divisant le mouvement ouvrier. Et d’où va venir cette inspiration à la scission ?... des USA évidemment. Inspirée de Bruxelles par Irving Brown, le 18 décembre 1947, décision est prise par Jouhaux, Bothereau, Delamarre... de démissionner du bureau confédéral de la CGT.
Le 13 avril 1948, ils organisent le congrès constitutif d’une nouvelle Confédération. La « CGT-Force ouvrière » est née. La scission est consommée... La responsabilité directe des syndicats américains dans la scission sera plus tard attestée par Georges Meany, nouveau secrétaire de l’AFL (American Federation of Labour). En 1953, lors d’un "Club de la Presse" à Washington, l’homme déclarera en substance aux journalistes ébahis : « Il n’y a pas de forces plus importantes aux USA que les Fédérations syndicales américaines. Oui, nous avons un grand rôle à jouer à l’étranger. Tout aussi important, sinon plus, parce que nous pouvons nous permettre de le révéler maintenant, c’est avec l’argent des ouvriers de Détroit et d’ailleurs qu’il m’a été possible d’opérer la scission, très importante pour nous, de la CGT, en créant le syndicat FO ». Dans une interview au Los Angeles Times en 1964, Thomas Braden confirmera, quant à lui, que la CIA, dont il fut l’un des dirigeants, avait également largement contribué au financement de FO.

Les conséquences seront terribles pour le mouvement social : division ouvrière, obstacles aux nouvelles conquêtes sociales, affaiblissement de la CGT, reprise en main des patrons après leur période noire de la Libération, facilitation de toute la casse des conquis. Juste un exemple : la Sécu.

vendredi 26 septembre 2014

Intervention de Pierre Laurent au Sénat


Intervention militaire en irak - Intervention... par CN-PCF

Compagnie aérienne low cost cherche pilotes intérimaires, subventions publiques et paradis fiscal attractif

Par Rachel Knaebel
Le conflit social à Air France-KLM dure depuis plus d’une semaine. Les pilotes, soutenus par une partie des personnels, s’opposent au développement de la filiale low-cost de la compagnie, Transavia. Selon les grévistes, cela se traduira par une dégradation des conditions de travail et des baisses de salaire. Les exemples des compagnies à bas coût, Ryanair et Easyjet en tête, laissent craindre le pire. Car l’ascension du low-cost se fait partout au détriment du droit du travail et des protections sociales, tout en bénéficiant de millions de subventions publiques optimisées dans des paradis fiscaux. L’avenir du transport aérien européen prendra-t-il des allures de crash social ?
« Si on pouvait faire du low-cost avec les règles de fonctionnement d’une compagnie traditionnelle, cela se saurait ! (…) Il n’est donc pas possible d’aller travailler chez Transavia aux conditions d’Air France, sauf à tuer Transavia. » Le patron d’Air France-KLM, Alexandre de Juniac – passé directement de la direction du cabinet de Christine Lagarde, ministre de l’Économie de Sarkozy, à Air France en 2011 – a au moins le mérite d’être clair : le développement de la filiale à bas coût d’Air France passera par une dégradation des conditions de travail, ou ne se fera pas [1].
Transavia France [2], créée en 2007, devait au départ fonctionner comme une compagnie charter, affrétant des avions en dehors des vols réguliers pour des voyagistes par exemple. Avec la crise que traverse Air France depuis 2008, la direction a changé de stratégie et décide d’en faire une compagnie à bas coût. En économisant notamment sur le personnel.
Délocalisation des équipages, sous-traitance au sol

Les pilotes en grève depuis plus d’une semaine demandent un contrat unique pour les pilotes d’Air France et de Transavia. La direction refuse, proposant seulement de reculer le lancement de Transavia de trois mois. Les pilotes craignent aussi une délocalisation des emplois. Car Air France veut développer des bases de Transavia dans d’autres pays d’Europe, avec du personnel employé aux conditions locales.

jeudi 25 septembre 2014

Préconisations du MEDEF : "Et puis quoi encore..."

Déclaration de Thierry Lepaon, secrétaire général de la CGT :
"La démonstration est faite. Chaque cadeau offert au patronat le pousse à en demander toujours plus.
41 milliards d’euros de cadeaux du pacte de responsabilité, 50 milliards d’économies pour les salariés, affaiblissement du droit des chômeurs, blocage du SMIC, report de la reconnaissance de la pénibilité, ne lui suffisent pas. Il en est même à vouloir supprimer deux jours fériés.
L’entreprise idéale du MEDEF et de la CGPME, c’est la suppression de la durée légale du travail, la fin du CDI, le recul de l’âge de la retraite, des salariés soumis à l’arbitraire patronal avec la fin des garanties pour tous et l’absence de voie de recours, la remise en cause du SMIC…
C’est un véritable recul social pour l’ensemble des salariés.
En passant à l’offensive, cela évite au MEDEF de rendre des comptes à l’entreprise, aux salariés et aux pouvoirs publics.
Le Président du MEDEF peine toujours à nous présenter les résultats sur les millions d’emplois créés en contre partie des 220 milliards d’aides annuelles aux entreprises.
A la veille de l’ouverture des négociations concernant le dialogue social, le patronat mène une charge lourde contre la hiérarchie des normes au travers de la remise en cause des 35 heures.
Dire que la négociation d’entreprise primerait sur la loi, c’est remettre en cause le principe des garanties sociales pour tous les salariés. Privilégier les accords d’entreprise par rapport à la loi, c’est le pot de fer contre le pot de terre. C’est la porte ouverte à la déréglementation sociale et au dumping social.
Les préconisations moyenâgeuses du MEDEF, c’est une aggravation assurée du mal travail et du manque d’efficacité des entreprises.
Inverser cette spirale demande aux salariés de réagir collectivement. Ils auront l’occasion de le faire avec la CGT le 16 octobre prochain pour défendre leur protection sociale."

Montreuil, le 24 septembre 2014

TAFTA : communiqué des députés Front de gauche

Le secrétaire d’Etat au commerce extérieur Matthias Felkh a décidé d’écrire à la Commission européenne afin qu’elle lève le secret pesant sur le mandat dont elle dispose pour négocier - en notre nom ! - le traité transatlantique de libre-échange (TAFTA).
Il s’agit là d’une demande que les députés du Front de Gauche n’ont cessé d’exprimer.
Une demande formalisée dans notre proposition de résolution européenne portant sur ce fameux TAFTA, dans laquelle nous soulignions déjà l’opacité proprement antidémocratique qui caractérise la manière dont sont jusqu’ici menées les négociations transatlantiques.
Débattu le 22 mai dernier à l’Assemblée nationale, notre texte appelait au respect du droit à l’information et de participation des Représentants de la Nation.
Toujours au nom du respect de la souveraineté des peuples, nous demandions que les citoyens aient un accès direct aux documents de travail et de négociations.
Expression des exigences démocratiques élémentaires, notre proposition de résolution n’a pourtant pas été soutenue par la majorité socialiste, qui a préféré l’édulcorer en supprimant notamment notre demande de suspension immédiate des négociations en cours.
Si nous nous félicitons de l’initiative du secrétaire d’Etat et espérons qu’elle sera suivie d’effets, nous continuons néanmoins à exiger la suspension pure et simple de ces négociations transatlantiques, dont la raison d’être réside dans les seuls intérêts économiques et financiers des firmes internationales.
La France n’a pas vocation à soutenir l’avènement d’un Grand marché transatlantique régi par l’idéologie du libre-échange et la doctrine de la concurrence libre et non faussée.
Ce projet est fondé sur le principe de nivellement par le bas des normes sociales, sanitaires et environnementales.
Il est synonyme de régression généralisée.

C’est pourquoi, et dans l’intérêt des peuples européens, nous préconisons de l’abandonner définitivement.

mercredi 24 septembre 2014

Privatisation des autoroutes : Un scandale national qui perdure !

Le 17 septembre dernier, l’Autorité de la concurrence a publié un rapport dénonçant une véritable « machine à fric » pour les géants du BTP, actionnaires des sociétés d’autoroutes.
En 2005, la CGT avait combattu la privatisation des autoroutes imposée par le gouvernement de Dominique de Villepin et de son ministre de l’Economie Thierry Breton, qui affirmait, à l’époque, que « l’Etat contrôlera et fixera les tarifs (des péages) » et n’hésitait pas à sanctionner sévèrement les militants CGT qui s’opposaient à ce bradage devenu un scandale national.
On se souvient qu’un rapport de la Cour des comptes de 2008, confirmait ce qu’a toujours dit la CGT, en reconnaissant que la cession, pour une valeur d’achat de 14,8 milliards d’euros, était inférieure aux estimations de la valeur du patrimoine routier entraînant une perte d’1 milliards d’euros par an sous forme de dividendes liés aux participations de l’Etat.
Le chiffre d’affaires de l’ensemble des 19 Sociétés Concessionnaires d’Autoroutes (SCA), parmi lesquelles VINCI ; ASF/ESCOTA; EIFFAGE:APRR/AREA; ABERTIS: SANEF/SAPN), est en constante progression (+ de 20%) découlant essentiellement de l’augmentation des tarifs de péages, bien supérieure à l’inflation.
Le rapport de l’Autorité de la concurrence précise également que « l’Etat a privatisé les SCA au moment même où leur rentabilité a commencé à croître fortement jusqu’à atteindre les niveaux actuels (…). Sept années après la privatisation, les dividendes versés par les seules SCA privatisées se sont ainsi élevés, dividendes exceptionnels inclus, à 14,9 milliards d’euros ».
Démonstration est également faite que le coût du péage est nettement supérieur au coût réel des activités de fonctionnement de l’autoroute permettant à ces profits une progression permanente : alors que le prix du kilomètre pour l’usager ne cesse d’augmenter permettant l’accroissement du chiffre d’affaire, les effectifs des personnels des autoroutes ont été réduits de 17% depuis la privatisation, et comptent  2776 agents en moins. Dans le même temps, depuis 2013, les SCA touchent le Crédit d’Impôt compétitivité Emploi (CICE). Scandaleux !
En plein débat sur la transition énergétique, et à la veille d’une nouvelle conférence environnementale où les transports feront l’objet d’un débat spécifique, il est urgent de prendre des mesures pour que cette manne financière serve l’intérêt général, notamment pour développer les modes alternatifs à la route dans une conception multimodale, tout en  permettant le financement de la régénération et de la modernisation des réseaux ferrés, fluviaux et routiers nationaux non concédés.

14-18 : consensus autour d’une guerre ? Violence (sociale) de la « nouvelle histoire » de la Grande guerre

Il flotte aujourd’hui comme un parfum d’Union sacrée autour du centenaire de la Grande Guerre. C’est l’évidence sur le plan politique, et l’on peut passer sans s’attarder sur le discours inaugural tout vibrant de patriotisme d’un Président de la République qui ne se dit plus qu’« issu du parti socialiste », n’hésitant pas à citer De Gaulle davantage que Jaurès, pour appeler à « l’impérieuse nécessité de faire bloc si nous voulons gagner les batailles qui, aujourd’hui, ne sont plus militaires mais économiques »[1]. Mais c’est aussi le cas des historiens qui semblent mettre en sourdine les récentes controverses et leurs différentes « sensibilités » (selon la formule consacrée), pour mettre ce centenaire sous le signe de la distance[2]. (…)
Une entreprise d'histoire à succès
En 1992, après l’engouement rencontré par son prédécesseur le Mémorial de Caen, l’Historial de la Grande Guerre ouvre ses portes à Péronne. Comme souvent en France, tout commence donc par des grands travaux. Mais au grand équipement culturel il faut bientôt ajouter une école historique. À la fois très internationale par les nombreux historiens étrangers qui la parrainent ou l’accompagnent et très française par son style comme son public, affichant une volonté de rupture radicale et en même temps portée sur les fonts baptismaux par les plus hautes autorités éditoriale et universitaire, l’école « de Péronne » s’incarne au cours des années 1990 dans les personnes d’Annette Becker et de Stéphane Audoin-Rouzeau[3], deux historiens alors d’une quarantaine d’années, qui signent ensemble une série de manifestes jusqu’au vrai succès rencontré en 2000 par leur ouvrage commun : 14-18 Retrouver la guerre [4], référence désormais incontournable à laquelle sont adossées les nombreuses encyclopédies, présentations de témoins, préfaces et autres synthèses publiées depuis. Entrepreneur en « nouvelle histoire » depuis au moins trente ans, leur éditeur Pierre Nora connaît bien son affaire. Il publie celle de la Grande Guerre comme il avait publié celle de la Révolution française avec François Furet [5]. Même maison (Gallimard), même collection (« Bibliothèque des histoires »), deux événements matriciels de l’histoire, et deux livres qui se ressemblent : sérieux d’apparence mais pas trop gros, et des manifestes au ton vindicatif. En 1978 comme en 2000, c’est deux fois le même « coup ». Mettre en scène la « nouvelle histoire » qui renverse la table en rétablissant les droits de la science malmenée par l’idéologie. Chez Furet, c’était l’histoire « communiste » de la Révolution française, chez Audoin-Rouzeau et Becker, c’est le « pacifisme » rampant de l’histoire de 1914-1918. (…)
Mais pour fonder le succès d’une thèse, il ne suffit pas d’être parrainé par un éditeur habile, de paraître scandaleux ni d’être les héritiers désignés d’une lignée universitaire ; et même si cela finit par faire beaucoup, il ne suffit pas non plus de s’appuyer sur un équipement muséal de premier plan. Encore faut-il aussi rencontrer une demande et venir combler un manque. À ce titre, la « nouvelle histoire » de la Grande Guerre tombe à pic en offrant une vulgate clé en main. Elle le répète assez : elle est une histoire culturelle. (…) 

mardi 23 septembre 2014

Le bal des Faux-culs ! ou vive la fête de l’Humanité !

Par Roger Martin
Je reviens de la Fête de l’Huma.
Écartelé.
Enthousiasmé par ce que j’ai vécu, partagé avec des amis et de parfaits inconnus. Discussions, plaisanteries, engueulades fraternelles au Village du Livre ou au restaurant de la Fédération de Vaucluse, bribes de musiques entendues ici et là, Internationales éclatant un peu partout, sourires plein de confiance, rires en avalanche, regards entendus de ceux qui se reconnaissent pour semblables, volonté de lutter et de ne rien lâcher !
En colère devant la saloperie classique de la plupart des médias, couchés devant Medef et patronat…
Bien sûr, je savais par avance que le traitement réservé à la fête ne reflèterait pas sa réalité, mais ILS (vous savez ces journalistes couchés insolents avec les humbles, obséquieux avec les puissants) ont réussi à se surpasser.
Il y a 5 ans, on n’avait vu de la Fête à la télé que l’arrivée d’Olivier Besancenot, à croire que ce n’était plus la Fête de l’Huma mais celle du NPA. L’année suivante, un œuf providentiel jeté sur Laurent Fabius avait permis d’ignorer 400 à 500 000 participants… Cette année, le gros titre du Parisien libéré (Aujourd’hui en France) c’est « Trafic de chaises pour la Fête de l’Huma à la mairie de Blanc-Mesnil » et les télés n’ont eu d’objectif que pour la promenade de Kerviel, « trader » repenti (à quel point ? pour combien de temps ?), dont le comité de soutien est présidé par le très sulfureux père Di Falco. Le « trader » censé rester confiné au stand du Parti de Gauche, a drainé dans son sillage toutes les caméras. Vous devinez ce que les salariés de Pilpa, de Sanofi et de Fralib, qui n’ont jamais bénéficié du centième de cette bienveillance médiatique ont pu penser…
La même chose que moi : on a le droit de changer, on a le droit d’opérer un retour sur soi et de rompre avec ce que l’on a été. Encore faut-il que cette conversion soit volontaire et non le fruit du hasard, la conséquence d’un événement imprévu, du grain de sable qui grippe la machine, et surtout qu’elle soit durable. On a transformé Kerviel en victime mais la morale (et une certaine prudence) voudrait qu’on attende qu’il ait fait ses classes avant d’en faire un Robin des Bois.
Comme disait l’autre « l’essentiel n’est pas d’où on vient, mais où l’on va ».
Ouais… à condition de ne pas être sur un cercle !
Bref, cet épisode m’a contrarié, presque autant que la présence non loin de moi au Village du Livre d’un écrivain qui se revendique communiste tout en confiant sa prose à des torchons d’extrême-droite. Un schizophrène quoi, ou à tout le moins un contorsionniste !

Climat : la révolution ne sera pas télévisée

Par Corinne Morel Darleux
Changeons le système, pas le climat ». C’est le titre du débat auquel j’ai participé à la Fête de L’Humanité sur le stand de la République bolivarienne du Venezuela et des pays de l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA) en compagnie d’Andrès Bansart (intellectuel vénézuélien) et d’Hervé Kempf (fondateur du quotidien — électronique — de l’écologie Reporterre [1]). Des représentants de la République bolivarienne étaient également présents. Un remaniement ministériel venait d’avoir lieu à Caracas.
Le président Nicolás Maduro a annoncé à cette occasion la création d’un ministère du logement, de l’habitat et de l’écosocialisme dirigé par Ricardo Molina. J’ai voulu y voir un signe favorable. Il y a en effet urgence à diversifier le modèle industriel et commercial vénézuélien qui dépend encore terriblement de l’exploitation pétrolière. Le pays se voit toujours contraint d’importer une grande part de ses produits alimentaires. Cette situation est d’autant plus ironiquement cruelle que le Venezuela ne dépend pas du pétrole pour sa consommation intérieure, ayant en grande partie basé son propre « mix énergétique » sur l’hydroélectrique.
J’avais pu le constater à l’occasion de deux voyages d’étude effectués à Caracas : l’un en septembre 2012 à l’occasion de la dernière campagne électorale d’Hugo Chavez [2] ; l’autre en 2009 pour la préparation du Sommet sur le climat de Copenhague.
Copenhague, où en 2009 déjà, le mot d’ordre du contre-sommet organisé par les associations, ONG, syndicats, mouvements sociaux et organisations politiques était « Changeons le système, pas le climat ». Placé sous le signe de la justice climatique, Copenhague avait vu la convergence des mouvements sociaux, altermondialistes et de défense de l’environnement. Les pays de l’ALBA y avaient fortement imprimé leur marque. J’en garde le souvenir d’Hugo Chavez brandissant le livre d’Hervé Kempf Como los ricos destruyen el planeta [3] à la tribune des chefs d’Etat ; également du président équatorien Rafael Correa formulant une proposition inédite : laisser, dans un pays du Sud, le pétrole sous terre en contrepartie d’un engagement de soutien financier de la soi-disant « communauté internationale ». Etait ainsi présentée aux yeux du monde l’initiative Yasuni ITT [4], hélas abandonnée depuis.

lundi 22 septembre 2014

Avec Valls 2, jusqu’où ira la régression sociale ?

Dans L'Humanité Dimanche. 
Certes le premier ministre a obtenu la confiance à l’Assemblée nationale. Mais une confiance de façade plus justifiée par la peur d’un retour de la droite que par une adhésion à son programme qui, loin de résoudre la crise économique, sociale et politique, l’amplifie. La pauvreté et le chômage se répandent, la démocratie s’affaisse, la régression s’installe. Jusqu’où ira le gouvernement Valls 2 ?
Jusqu’au-boutiste : « Qui pousse à prendre des mesures extrêmes, quelles qu’en soient les conséquences. » Synonyme : « extrémiste ». Nul ne sait si un jour « hollandiste » ou « vallsiste » s’ajouteront à la liste des synonymes, mais force est de constater que le président de la République et son premier ministre mettent un certain coeur à l’ouvrage. Peu importe, au final, les postures de capitaines dans la tempête, de chefs imperturbables face à la catastrophe annoncée. Cet incendie, ils y ont contribué, ils en ont renforcé les flammes, et sont aujourd’hui censés en être les pompiers. Sourds à toute autre parole que celle des marchés financiers et de leur pendant national, le MEDEF, ils entraînent le pays sur la voie d’une régression généralisée, qu’elle soit économique, sociale ou démocratique.
L’économie de l’inefficacité
« C’est un scénario catastrophe que personne n’avait anticipé », a osé déclarer Michel Sapin, le ministre du Budget, lors de la présentation des comptes publics définitifs pour 2014. Voici pourtant des mois que nombre de partis politiques de gauche, de syndicats, d’associations et de citoyens n’ont de cesse de mettre en garde le gouvernement sur l’impasse de sa politique. Sous la pression de la finance, l’économie française est en panne, et se dégrade à une vitesse vertigineuse. Croissance nulle lors des six premiers mois de l’année, et un timide 0,4 % pour 2014 (au lieu du 1 % prévu par le budget rectificatif voté en juillet). 2015 ne s’annonce pas sous de meilleurs auspices, avec une prévision de 1 %, qui risque fort, elle aussi, d’être révisée à la baisse. Quant au déficit, creusé chaque jour davantage par la politique d’austérité qui grève la demande publique et par des recettes insuffisantes, il atteint 4,4 % du PIB. Sans réforme fiscale, reportée aux calendes grecques, le pourcentage de contribuables imposables sur le revenu a chuté de 53 % à 48,5 % – le plus bas niveau depuis le début des années 1980 –, signe d’un appauvrissement généralisé. Alors que tout indique que ces choix économiques mènent à une impasse, pas question pour le gouvernement, surveillé de près par les marchés et les dirigeants européens, d’en dévier. « Les 2 milliards d’euros d’économies qui ne seront pas réalisées à cause de la faiblesse de l’inflation seront compensées, nous maintenons le montant prévu », a martelé Michel Sapin. Deux milliards d’économies nouvelles donc, qui devraient toucher en premier lieu la santé. Mais puisque Manuel Valls répète à l’envi que « nous ne faisons pas de l’austérité »...

Le peuple paupérisé
Les répercussions sociales de la réduction des dépenses publiques et du chant d’amour entre le gouvernement et le MEDEF atteignent des proportions alarmantes. Les 50 milliards du pacte de « responsabilité » grèvent toute possibilité de relance, pèsent sur les salaires, l’investissement, la consommation. Derrière ces mots, c’est la pauvreté, visible, pesante, qui s’étend.

Ce n'est pas facile de ne pas mépriser le Peuple

Par Jean Ortiz
C’est pas facile de vivre avec le Smic
c’est pas facile d’être ouvrière et mère célibataire c’est pas facile de dormir sous des cartons
c’est pas facile d’être chômeur en fin de droits
c’est pas facile de basculer dans la misère
c’est pas facile de survivre en dessous du seuil de pauvreté
c’est pas facile d’accumuler les impayés
c’est pas facile d’être paysan chassé de sa terre
c’est pas facile de finir le mois à découvert
c’est pas facile d’être diplômé et précaire
c’est pas facile de rogner sur le chauffage l’hiver
c’est pas facile de n’avoir jamais vu la mer
c’est pas facile de regarder les autres partir en vacances
c’est pas facile d’inspirer la pitié
c’est pas facile de rester digne dans la dèche
c’est pas facile de renoncer au dentiste
c’est pas facile d’éviter l’ophtalmo
c’est pas facile de se nourrir low-cost
c’est pas facile de s’habiller chez Emmaüs
c’est pas facile de faire durer les chaussures
c’est pas facile de subir l’humiliation
c’est pas facile de rester calme quand un président se fout de ta poire
c’est pas facile de se taire lorsqu’il faudrait crier
c’est pas facile d’être caissière et de se syndiquer

Thierry Lepaon : "Dans notre organisation il n'y a pas de place pour ceux qui défendent les thèses du Front national"


vendredi 19 septembre 2014

Le trésor des grands groupes

Par Robert Injey
Voilà (1) un article de Challenges dont les grands médias se sont bien gardés de parler. Et pour cause, alors que tous les JT, tous les experts nous assènent les mêmes « vérités », les leurs, cet article fait une révélation intéressante : « Mille milliards d'euros: les sociétés d'Europe, d'Afrique et du Moyen-Orient n'ont jamais détenu autant de cash. Pourtant, elles restent encore très frileuses. »
Il y a de l'argent ?! Plus précisément « près de 936 milliards d'euros, soit presque un billion, dorment tranquillement dans les comptes bancaires des sociétés cotées. Du jamais vu. C'est 40% de plus qu'en 2007, souligne une étude Deloitte publiée lundi 15 septembre".
En regardant dans le détail il apparaît que 17 % des entreprises totalisent les ¾ de ces liquidités. Autre révélation : « En France, les groupes du CAC 40, avec en tête Total, Airbus Group ou encore Renault, affichent des trésoreries élevées, dépassant largement les 5 milliards d'euros. D'une manière générale, l'industrie et le secteur de l'énergie arrivent à mettre plus d'argent de côté que la distribution et les entreprises technologiques. »
Plus symptomatique de la dérive financière de l'économie, le même article poursuit en précisant
« S'ils se montrent frileux lorsqu'il s'agit de réinjecter leurs réserves dans l'économie réelle, les grands groupes n'hésitent pas en revanche à récompenser généreusement leurs actionnaires. Au 1er trimestre 2014, les dividendes versés dans le monde ont augmenté de près d'un tiers par rapport à l'an passé ».
Et une précision qui nous interpellent concernant la France : « les (dirigeants d'entreprises) Français sont parmi les plus prudents en Europe. Seuls 26% des Français veulent investir contre 37% des Allemands. Par contre, ils sont 11% à désirer récompenser leurs actionnaires, contre 3% outre-Rhin »
Résumons-nous : l'argent existe, les liquidités des grands groupes n'ont jamais été aussi importantes, mais ceux-ci préfèrent récompenser généreusement leurs actionnaires. Et cette tendance est encore plus marquée en France.

La fronde parlementaire se heurte aux limites de la cinquième République, il faut déplacer le débat sur la place publique !

Le Premier ministre vient d’obtenir la confiance de l’Assemblée nationale sans obtenir la majorité absolue de la représentation nationale. Il recueille même 45 voix de moins que lors du premier vote de confiance. La légitimité de la politique qu’il impose est donc faible. Au-delà de la teneur plus sociale du discours de Manuel Valls, conçu pour amadouer la majorité, il n’y aura malheureusement pas de changement de cap. C’est ce que regrettent les députés du Front de gauche, qui ont voté contre la confiance. C’est ce que constatent les députés verts et les nombreux députés socialistes qui se sont abstenus.
Parce qu’elle n’est pas comptabilisée comme suffrage exprimé, l’abstention de 31 « frondeurs » socialistes ne fait pas tomber le Premier ministre. Un vote contre aurait mis Manuel Valls en minorité. Cela aurait-il incité le président de la République à changer de Premier ministre pour mettre le cap à gauche ? Nul ne le saura. Le Premier ministre va désormais pouvoir mettre sur pieds la loi de finance 2015, celle-ci mettant en œuvre un pacte de responsabilité incluant d’énormes cadeaux fiscaux pour les uns, et des mesures d’austérité sans précédent pour les autres. L’exécutif menacera une nouvelle fois les « frondeurs » qui seraient tentés de s’y opposer. Il brandira à nouveau la menace d’une dissolution, que la constitution n’impose nullement.
Alors qu’ils sont mandatés par leurs électeurs, les députés socialistes subissent des pressions insupportables alors que prévaut, en principe, la séparation des pouvoirs exécutif et législatif. L’action parlementaire se heurte désormais aux limites de la cinquième République. Ce régime ne permet plus aux parlementaires de porter la voix de leurs mandants. La démocratie ne respire plus. Ceci est d’autant plus regrettable lorsque l’exécutif fait fausse route. Dans ces conditions, l’enjeu est désormais de déplacer le débat sur la place publique.

jeudi 18 septembre 2014

La fraude patronale s’élève à plus de 20 milliards d’euros

Travail dissimulé, travailleurs détachés, heures non déclarées… La fraude aux cotisations sociales des patrons français explose et représente un manque à gagner de plus de 20 milliards d’euros par an, selon la Cour des Comptes.
La fraude avait atteint entre 16,8 et 20,8 milliards d'euros en 2012. Élargie à l'assurance-chômage et aux retraites complémentaires obligatoires, l'estimation grimpe dans une fourchette entre 20,1 milliards et 24,9 milliards, ce qui représente environ 5% du total des cotisations et contributions sociales. La fraude a doublé depuis 2007.
Dans son rapport, la Cour des comptes pointe l’importance du travail dissimulé, ou travail au noir. Les secteurs de la construction et du commerce occupent la tête de peloton des fraudeurs, avec respectivement 3,8 milliards et 3,3 milliards de cotisations "éludées". Le rapport pointe de nouvelles formes de fraude "peu aisées à combattre", dues, entre autres, à la mondialisation des échanges, au développement du marché unique européen - réunissant des pays dont les niveaux de protection sociale sont "très inégaux" -, mais aussi à l'augmentation des transactions dématérialisées. "La fraude transnationale, la sous-traitance en cascade, les faux statuts, les circuits de financement occultes compliquent la tâche des agents chargés du contrôle des cotisations" explique l’institution.
Parmi ces "nouvelles" formes de fraudes, il y a la question des travailleurs détachés à l'étranger, pour lesquels s'appliquent le droit du travail du pays d'accueil et celui de la sécurité sociale du pays d'origine. Des entreprises usent et abusent de ces travailleurs étrangers, afin de payer des cotisations moins élevés. Les chiffres sont éloquents : il y avait 210.000 travailleurs détachés en France en 2013, 170.000 en 2012, contre 7.500 en 2000. Le rapport pointe également l'abus des patrons qui forcent leurs employés à passer au statut de "travailleur indépendant" plutôt que de les salarier.
Notamment du fait du manque criant d’inspecteurs de l’Ursaf, la Cour estime que cette fraude reste "difficile à détecter et à réprimer". Le taux de recouvrements est ainsi dérisoire: environ 1,5% de la fraude liée au travail dissimulé, hors retraites complémentaires et chômage. La Cour des comptes appelle à un renforcement des moyens d'investigation, regrettant qu'il n'y ait pas l'équivalent de la "police fiscale" dans ce domaine. Elle appelle aussi à une augmentation de la majoration des redressements en cas de constat de travail dissimulé (actuellement à 25%).

Le référendum en Écosse : une révolte contre le règne conjoint de la finance et de l’impérialisme

Par Hilary wainwright, Red Pepper
Le 18 septembre prochain, les Écossais se prononceront pour ou contre leur indépendance du Royaume-Uni. Selon les derniers sondages, l’hypothèse d’une victoire du Oui, impensable il y a quelques mois, n’est désormais plus improbable. Loin des clichés nationalistes, la campagne pour l’indépendance écossaise est aussi portée par une vaste mouvement populaire et démocratique, qui s’est attiré le soutien d’une bonne partie de la gauche et des écologistes, y compris en Angleterre même. Explications de Hilary Wainwright, du magazine progressiste Red Pepper.
Pourquoi Basta ! publie-t-il ce texte ? En France, l’indépendance écossaise n’est souvent abordée que sous l’angle « folkorique », comme une manifestation de nationalisme classique, ou en relayant les messages négatifs des élites britanniques sur les conséquences économiques d’une scission. Mais, derrière le Scottish National Party et son leader Alex Salmond, cibles de toutes les critiques, la cause de l’indépendance écossaise est aussi – et surtout – portée par un vaste mouvement démocratique dans la société écossaise. Ce mouvement populaire suscite l’enthousiasme d’une bonne partie de la gauche et des écologistes non seulement en Écosse, mais aussi en Angleterre même.
Une autre partie de la gauche anglaise a pris position contre l’indépendance, notamment par rejet du nationalisme. Les travaillistes britanniques sont aussi le parti qui a le plus à perdre à court terme d’une indépendance écossaise. L’Écosse vote traditionnellement à gauche. La perte de ces suffrages risque de compromettre les chances du parti de revenir au pouvoir à Londres lors des élections générales de 2015. Des figures aussi diverses que le journaliste George Monbiot [1] ou l’écrivain d’origine pakistanaise Tariq Ali se sont prononcés pour l’indépendance.

mercredi 17 septembre 2014

Les luttes sociales et la Paix à la fête de l'Huma


Les luttes sociales se sont invitées à l'Huma ! par CN-PCF

Le MEDEF propose le retour au capitalisme du XIXème siècle

Par Andrée Oger, Conseillère générale communiste
Le MEDEF veut supprimer des jours fériés, les grilles de salaire, les jours de repos.
A peine croyable : le journal "LEs Echos" révèle un document de travail du MEDEF où le syndicat patronal propose tout bonnement d'annuler près de 150 ans de conquêtes sociales !
Ainsi, travail dominical, durée légale du temps de travail, salaire minimum et salaire horraire, nombre de jours de congés annuels, tout volerait en éclats !
Evidemment, pour le syndicat patronal, il s'agit encore une fois de "créer des emplois". 1 million tant qu'à faire !
Comme à chaque fois que le patronat se lance dans une offensive contre les droits des travailleurs, c'est pour la bonne cause !
On l'a vu depuis trente ans avec les sempiternels efforts demandés aux salariés et aux petites entreprises, les objectifs sont toujours les mêmes : réduire les déficits publics, favoriser la croissance, améliorer la compétitivité de notre économie et, cerise sur le gâteau, réduire le chômage.
Sauf que, depuis trente ans, toutes ces politiques mènent à des impasses  puisque déficits et chômage ne cessent de s'aggraver.
Les nouvelles propositions du patronat vont, évidemment, dans le même sens puisque, la promesse de créer 1 million d'emplois fait suite aux 35 milliards de cadeaux fiscaux du Pacte de Responsabilité qui doivent eux aussi permettre de créer 1 million d'emplois.
A ce rythme, on va manquer de chômeurs !
Sauf que, pour l'instant, le Pacte de Responsabilité n'a produit aucun résultat bien que l'argent, lui, ait bien commencé à être généreusement distribué.
Ce qui est sûr, c'est que devant la soumission du gouvernement aux exigences de leur syndicat, les grands patrons se sentent pousser des ailes et réfléchissent déjà à un monde "meilleur", meilleur pour eux, débarasser enfin des "contraintes" sociales que 150 ans de luttes ouvrières ont permis d'arracher pour le bien des travailleurs : horaires de travail réglementés, contrat de travail clair, droit à la santé, à la retraite, salaire encadré, jours de repos et congés payés...
Dans les exigences du patronat, ne manque plus que l'exigence de faire sauter l'âge minimal de travail. Quoique... Avec l'apprentissage dès 14 ans, le patronat tente déjà de faire revenir les ados dans l'entreprise.
Aller, encore un effort et la France ressemblera à nouveau à la France de Germinal !

mardi 16 septembre 2014

« Soyons les acteurs d’un sursaut national et citoyen »

S’appuyant sur le succès populaire et la vigueur des débats politiques de ce week-end réussi, Patrick Le Hyaric, le directeur de l’Humanité, appelle à relever le défi de l’espérance et d’une gauche qui retrouve ses couleurs.

Cher(e)s ami(e)s, cher(e)s camarades,
Quel plaisir de nous retrouver rassemblés ici, si nombreux.  Nous avions tellement besoin de nous parler, de nous écouter, de nous retrouver.
Quelle est belle notre Fête ! Votre Fête !
Et quel contraste, quel fossé ! Quel fossé entre vos visages, vos sourires échangés, vos joies partagées, vos espérances, vos idées débattues ici dans une multitude de confrontations et de rencontres. Avec les plaisirs éprouvés comme une communion dans les spectacles et les expositions.  
Quel fossé entre cette belle espérance populaire et le spectacle atterrant qui nous est offert par le paysage dévasté de la vie politique.  
Cette longue coulée de boue, charriant des tombereaux de promesses non tenues, de retournements de veste, de mensonges, de mépris, d’affaires, de trafics et de corruption, jusqu’au plus haut niveau de l’état.
L’argent qui tient le haut du pavé, l’argent-roi qui corrompt, l’argent qui pollue, l’argent qui ronge notre République jusqu’à l’épuisement, pendant que dans nos quartiers, dans nos villages, la France que vous connaissez, celle qui travaille, celle qui recherche un emploi, vit dans l’angoisse du lendemain et redoute que l’avenir de ses enfants soit sacrifié.  
Surendettés, que devront-ils répondre aux huissiers qui viendront demain saisir les meubles pour un retard de loyer ?  
Pourront-t-ils le faire, à l’image de ce  petit sous-ministrion pris la main dans le sac, en invoquant « la phobie administrative » ?
Quelle époque !
Décidément, le poisson pourrit par la tête.
Il est urgent de réagir !
La belle France des Lumières, des révolutions et de la Commune de Paris, la France du Front populaire et du Conseil national de la résistance, a besoin de votre engagement.  
Un engagement citoyen de type nouveau, avec la conviction que les réponses ne viendront pas d’en haut et qu’on ne les trouvera pas dans les livres d’histoire.
Elles viendront de vous, d’un mouvement du peuple, tel qu’il est, et tel qu’il vit avec ses souffrances, ses craintes, ses joies et ses espoirs pour lui-même, pour la France, pour l’Europe et pour le monde.
De cette Fête de l’Humanité, nous vous  proposons que grandisse le projet d’un sursaut national et citoyen pour une autre politique de justice, de démocratie et de paix.
Oui, parce qu’une autre politique est possible !

Pierre Laurent - Moi ma gauche elle est à la Fête de l'Humanité


Pierre Laurent - Moi ma gauche elle est à la... par CN-PCF

jeudi 11 septembre 2014

Emprunts toxiques : l’État préfère défendre les banques plutôt que les collectivités flouées

Des taux d’intérêts qui explosent, des collectivités locales qui ne peuvent plus financer leurs projets, des procès qui se multiplient : l’affaire des emprunts toxiques se poursuit, dans l’ombre, depuis qu’elle a éclaté en 2010. L’État français, repreneur de Dexia, principale banque à l’origine de ces prêts toxiques, a fait passer une loi qui prive les collectivités de leur principal argument pour attaquer les banques en justice. Mais est-ce aux collectivités de payer les frais des comportements délictueux des banques ? Face à ce scandale d’État, la résistance s’organise, notamment à Sassenage, en Isère, ou à Dijon.
C’est un nouveau rebondissement dans l’affaire des emprunts toxiques, dont les collectivités locales et les établissements publics [1] se seraient bien passés. Le 24 juillet dernier, le Conseil constitutionnel a validé une loi empêchant les collectivités locales d’attaquer les banques qui leur ont vendu, quelques années plus tôt, des « emprunts toxiques ». Jusqu’alors, plusieurs collectivités avaient assigné la banque Dexia, le Crédit agricole, la Société générale ou la Royal Bank of Scotland devant les tribunaux - et réussi à obtenir réparation. Le principal argument des collectivités : elles n’avaient pas été informées du taux effectif global (TEG) du prêt. Autrement dit, elles s’étaient engagées sans connaître précisément le coût réel des intérêts des emprunts auxquels elles souscrivaient. Quelques années ou quelques mois plus tard, le scandale des emprunts toxiques éclatait et les taux d’intérêts s’envolaient pour atteindre parfois plus de 20%, mettant en péril les finances de ces acteurs publics.
Une situation intenable pour les acteurs publics locaux, qui ont décidé d’attaquer les banques en justice. Les villes de Grenoble ou d’Angoulême, le Conseil général de la Seine Saint-Denis, l’hôpital de Roanne : sur 1500 collectivités locales et établissements publics touchés par les emprunts toxiques, 300 auraient porté l’affaire en justice. Le problème, c’est que l’État français est venu à la rescousse de la banque Dexia, au cœur du scandale des emprunts toxiques, en 2011. Il a en effet créé une structure publique, la Société de financement local (Sfil), afin de reprendre 90 milliards d’euros de prêts consentis aux collectivités par Dexia. Dont 8,5 milliards d’euros sont alors estimés comme toxiques ! Le risque bancaire est désormais assuré par la Sfil, donc par l’État. Quand une collectivité se retourne contre Dexia, c’est à l’État, donc aux contribuables, d’assumer les risques [2]. Et de payer.

Le prêtre Gérard Riffard, hébergeur de demandeurs d’asile relaxé par la justice

Ce mardi matin, le tribunal de police de Saint-Etienne a acquitté le père Gérard Riffard. Mais le parquet a annoncé faire appel. Le prêtre stéphanois était poursuivi pour avoir hébergé des demandeurs d’asile dans son église de Montreynaud, à Saint-Etienne, contre l’avis de la mairie. Depuis de nombreuses années, ce prêtre à la retraite accueille des dizaines de personnes en attente d’une nouvelle vie. Nous republions le portrait que nous avions fait de lui, publié à l’occasion de son passage devant le tribunal de police.
Le 11 juin 2014, à l’issue de son audience devant le tribunal de police,  le ministère public avait requis une amende de 11 950 euros. Plus de 200 personnes étaient venues le soutenir.
Vue de l’extérieur, la petite église Sainte-Claire ne paie pas de mine. Avec son toit pentu et sa chair de béton, elle conserve le charme désuet des années 1970. Le modeste lieu de culte n’est pourtant pas anodin. Né il y a quarante ans avec la ZUP stéphanoise de Montreynaud, il sert actuellement d’accueil provisoire à quarante adultes et douze enfants. Tous africains et demandeurs d’asile.
« Je suis comme Abraham, père d’une multitude »
Petit gabarit en bras de chemise, le père Gérard Riffard est la figure animatrice de cette petite communauté autogérée. La tâche est lourde pour ce retraité qui vit d’une pension de 700 euros, mais il est porté par le « désir de servir » :
« Je suis comme Abraham, père d’une multitude », plaisante le prêtre catholique.
A bientôt 70 ans, l’ancien curé de Montreynaud préside Anticyclone, une association qui a pour vocation d’accueillir et d’accompagner les demandeurs d’asile. Au fil des années, il a fait de l’église Sainte-Claire -située juste en face du bureau de police du quartier- un toit pour ces migrants démunis en attente d’une nouvelle vie.
Une situation qui ferait aujourd’hui de cet homme de foi un hors-la-loi. Car à l’été 2012, suite à une visite de la commission municipale de sécurité, les services de la mairie ont pris un arrêté interdisant toute activité d’hébergement au sein de l’église ; avant de saisir la justice pour non-respect de cet arrêté.

mercredi 10 septembre 2014

Déclaration du Front de Gauche - 6 sept. 2014

La politique suivie par le Président et le Premier ministre entraîne notre pays dans une grave crise économique, sociale, démocratique et politique. Crise économique que traduisent tous les indicateurs ; crise sociale avec un chômage qui s’enracine, la précarité et la pauvreté qui s’accroissent et les protections sociales qui sont constamment rognées ; crise démocratique avec un parlement, des élu-e-s territoriaux, des syndicalistes jamais écoutés et souvent pas consultés ; crise politique du fait de la fuite en avant néolibérale de ce pouvoir contestée au sein même de sa majorité politique. Ces crises alimentent un repli identitaire et nationaliste qui favorisent la désignation de boucs émissaires et font progresser la xénophobie et tous les racismes….
L’ensemble de celles et ceux qui avaient permis la défaite de Nicolas Sarkozy se retrouvent désemparé par cette politique loin, très loin, des valeurs traditionnelles de la gauche. Ce gouvernement se retrouve ainsi de plus en plus illégitime.
Les orientations internationales de François Hollande concourent à cette perte de repère. Il rompt avec la politique traditionnelle de la France à l’égard de la Palestine, s’engage dans des guerres sans qu’apparaisse une stratégie d’ensemble conduisant à des paix durables, se retrouve impuissant avec l’Union européenne à solutionner des conflits internes à l’Europe. Pire, son attitude à l’égard des manifestations de soutien au peuple palestinien cet été, permet de croire qu’il souscrit désormais au « choc des civilisations » cher à Mr Bush en transformant un conflit entre États en guerre de religion et en mettant à l’index les jeunes des quartiers populaires suspectés d’être antisémites.
La constitution du gouvernement Valls 2 n’a fait qu’aggraver les choses en soulignant la pratique autoritaire de ce gouvernement et la multiplication d’interventions inspirées par les exigences du MEDEF. Il expulse des ministres qui expriment leur doute sur la politique suivie, il se fait acclamer par les grands patrons, remet en cause les avancées de la loi sur le logement, poursuit la multiplication des menaces sur le code du travail et sur les 35 heures, reprend des thèmes de la droite visant à culpabiliser les citoyens comme le contrôle des chômeurs etc… etc… Cette ligne suicidaire pour le pays et pour la gauche est clairement assumée par François Hollande et Manuel Valls, mais aussi par le premier secrétaire du parti socialiste.
Ce n’est pas de coupes drastiques dans les dépenses publiques dont la France a besoin mais au contraire de plus de services publics, de protection sociale et d’investissements publics. Cette politique ne peut que mener notre pays qu’à la catastrophe. Elle ne fait qu’un gagnant : les actionnaires dont les dividendes ont augmenté de 30 % au second trimestre 2014 comparés au même trimestre de l’année précédente. Des alternatives existent à condition de répartir autrement les richesses, de partir des besoins sociaux et de la nécessité de répondre à la crise écologique.

Non à la cogestion avec le Medef

Communiqué des Economistes atterrés
La soumission au Medef n’est pas une solution, la France a besoin d'un changement de cap.
A la mi-2014, l’économie française est sur une pente dangereuse. La croissance, nulle depuis un an, s’accompagne d’une hausse sans fin du chômage, d’une décélération des prix, en un mot d’un risque grandissant de déflation. Au lieu de prendre acte de ces résultats catastrophiques et de l’échec de la voie suivie, François Hollande a choisi d’accélérer dans la même direction, en se soumettant toujours davantage aux exigences du Medef.
Depuis deux ans, le Medef s’est lancé dans une campagne agressive pour obtenir de cogérer l’État. Les thèmes de cette campagne sont martelés directement par ses porte-parole et par les nombreux médias qu’il contrôle ou influence. Le cœur du message asséné est simple : seules les entreprises privées sont productives ; seuls les chefs d’entreprise créent de l’emploi ; seules les entreprises savent ce qu’il faut produire ; seules des entreprises compétitives, entendues comme ayant des salaires et des impôts faibles, peuvent le faire. C’est d’elles que dépend notre avenir et tout doit être mis à leur service. Comme si les salariés du public : les enseignants, les infirmières, les employés d’EDF ou de la RATP n’avaient aucune utilité ni aucune productivité. Comme si les entreprises, ce n’était pas d’abord des salariés qui produisent. Comme si de nombreuses entreprises n’organisaient pas la délocalisation de leurs emplois hors de France. Comme si les entreprises n’étaient pas étroitement dépendantes des débouchés, lesquels sont étouffés par les politiques d’austérité ou de compétitivité. Comme si la puissance publique n’avait pas son mot à dire pour orienter la production afin, en particulier, de prendre en compte la contrainte écologique.

Une stratégie à la Gribouille
Le Medef réclame une baisse de 120 milliards des impôts des entreprises, ce qui signifierait démanteler et privatiser la Sécurité sociale au profit des groupes d’assurances. Il demande que les dépenses publiques et sociales diminuent de 100 milliards. Mais, en même temps, les entreprises investissent peu en France, de sorte qu’il s’agit d’une stratégie à la Gribouille. Quels seront les débouchés des entreprises si la consommation stagne et les dépenses publiques chutent ? 

Valls applaudi par le MEDEF
Le tragique est que cette opération a été couronnée de succès. Manuel Valls se fait applaudir par le Medef en reprenant, mot pour mot, les termes même de cette campagne. Il s’est ainsi engagé à satisfaire toutes leurs revendications : le travail de nuit et du dimanche, le détricotage des 35 heures, la baisse des cotisations sociales, la hausse des seuils sociaux. Le tout au moyen d’ordonnances pour interdire tout débat au Parlement.

Des promesses inefficaces

Au motif que leur taux de marge ait baissé (ce qui est habituel en période de crise), le gouvernement a déjà promis 40 milliards aux entreprises sans engagement ou contrepartie véritable. Cette gigantesque subvention publique risque de venir gonfler encore les dividendes des actionnaires des entreprises du CAC 40, déjà en hausse de 30% sur un an (au deuxième trimestre 2014) alors que l’investissement reste, lui, désespérément plat. 

mardi 9 septembre 2014

Revue du Projet n°39: La Fabrique de "l'assistanat"

Le grand retour du Parti Communiste

Par Elias Duparc
Des spectres hantent l’Europe. Alors que le capitalisme n’en finit plus de faire la preuve de sa dangerosité meurtrière, la gauche radicale est en tête en Grèce et en Irlande. Partout ailleurs qu’en Allemagne, le néolibéralisme ne produit plus qu’échec sur échec pour les partis de la bourgeoisie. Celle-ci se tourne vers des extrêmes droites regonflées pour verrouiller sa domination dans la violence. En France, la gauche entre dans une phase de reconfiguration forcée : alors que le PS est en phase terminale s’ouvre le moment d’un possible grand retour du Parti Communiste. Enregistrant depuis 2012 un regain militant en même temps que le « communisme » connaissait une nouvelle expansion dans le champ intellectuel, le parti, définitivement sorti des aventures de liquidation, a montré qu’il était capable de gagner des villes importantes aux dernières municipales. Il appartient désormais aux militants de faire de ce frémissement le premier pas d’un réarmement général du PCF, seul parti français brandissant le communisme dans son nom, pour l’égalité et le partage des richesses au bénéfice de tous.

Mort du huïsme
« Les partis sont morts mais ils ne le savent pas encore », écrit Robert Hue, ancien dirigeant du PCF passé au social-libéralisme, dans un livre récent. Une thèse loin d’être nouvelle, partagée par la gauche « mouvementiste » comme par les opportunistes promoteurs d’un « dépassement » des partis dans des rassemblements citoyens (sur le modèle de Podemos en Espagne). Mais si le même Robert Hue, du temps de la « mutation » (1994-2001), s’est en effet ingénié à lancer une grande procédure de liquidation de son propre parti, sa tentative, dans un retournement dialectique caractéristique, a au contraire paradoxalement participé à la reviviscence du PCF. En effet, « l’érosion » et la « mutation » des dernières décennies n’ayant finalement pas débouché sur une liquidation, elles ont été suivies, par leur échec même, de contreparties positives et de recommencements de tous ordres : rajeunissement, démocratisation importante des procédures internes, dépersonnalisation du pouvoir, reconstitution des réseaux du MJCF et de l’UEC, « Enterrement de l’enterrement du PCF »… Le ratage de la mutation aura donc fini par faire muter le parti dans le sens inverse du projet huïste, de telle sorte que cette crise de désorganisation peut se lire après coup comme ayant rendu possible, partiellement et malgré elle, le rebond « positif » ultérieur.

lundi 8 septembre 2014

Face à l’offensive libérale, le Front de gauche se retrouve, décidé à passer à l’action

L’assemblée de rentrée du Front de gauche, samedi à Montreuil, a permis, après des mois de tensions, à ses dirigeants et militants d’échanger. Si des débats persistent, tous ont affiché leur volonté d’agir et d’étendre leur force.
Après les vives tensions qui l’ont traversé avant, pendant et après les scrutins du printemps dernier, le Front de gauche a de nouveau donné à voir une photo de famille au complet, samedi, à l’occasion de son assemblée de rentrée à Montreuil (Seine- Saint-Denis). Aux côtés de Pierre Laurent (PCF) qui avait confirmé sa présence dès la fin août, Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche), après avoir fait planer le doute, y a finalement participé.
Le constat sur la gravité de la situation – entre remaniement libéral et président en déroute – partagé (voir ci-contre), chacun a acté que la « relance » du Front de gauche est une nécessité. « Nous avons encore un avenir et les moyens de le construire ! » a lancé Éric Coquerel, secrétaire national du PG, en conclusion. « Le Front de gauche s’est remis au travail et envoie un appel de remobilisation à tous les militants », a abondé le porte-parole du PCF, Olivier Dartigolles. Les débats ne sont pas tous tranchés, loin s’en faut. Les perspectives d’actions restent en discussion. De son côté, le Parti de gauche propose un « mouvement pour fédérer le peuple » autour de la « VIe République » pour lequel Jean-Luc Mélenchon s’est rendu disponible. Dans la semaine, un réseau social et un appel d’intellectuels et d’artistes devraient être lancés.
L’ex-coprésident du PG a assuré, samedi, ne pas prendre ses distances avec le Front de gauche mais au contraire « porter ses idées » avec cette initiative. « Le Front de gauche est une composante idéologique et militante essentielle » de ce mouvement, a-t-il ajouté. Pour ses partenaires, pas question de se cantonner à ce seul sujet. « J’appelle à engager des campagnes de ripostes et d’actions qui construiront les conditions du rassemblement », a déclaré Pierre Laurent, en marge de la rencontre. Travail du dimanche, seuils sociaux, utilisation du CICE, réforme territoriale… « Il s’agit de stopper Valls sur des points précis, tout en redonnant espoir », résume Olivier Dartigolles. « Je suis d’accord », répond Jean-Luc Mélenchon interrogé sur la nécessité de conduire de telles batailles pour répondre à l’urgence sociale.
Accords et désaccords : le rassemblement en question

"Gauche, ne plus tarder" : le livre

Par Caroline De Haas
Le 1er juillet 2014, quatorze responsables politiques membres des socialistes affligés, d’EéLV, d’Ensemble!, de Nouvelle Donne, du PCF, du PG, féministes et acteurs du mouvement social, ont exprimé dans une tribune leur inquiétude pour l’avenir de la gauche. Identifiant la politique Hollande/Valls comme principale responsable de l’abstention massive et de la banalisation du vote FN lors des échéances municipales et européennes, ils soulignent l’urgence de la convergence des forces, femmes et hommes partisans de l’alternative politique et de la refondation de la gauche.
Cet appel demandait à être prolongé et son contenu développé et argumenté, parce que les préoccupations qu’il exprime et les questions qu’il pose sont largement partagées : les choix du pouvoir socialiste constituent-ils le seul horizon possible à gauche, ou existe-t-il une autre issue pour répondre aux attentes populaires ? Quelle autre politique et comment faire pour la rendre majoritaire ?
Ce livre, en donnant à chacun-e des signataires les moyens de développer son point de vue, apporte de premières pistes de réponses à ce débat. Une contribution à chaud, porteuse de perspectives.

Les auteures et auteurs : Clémentine Autain, Leila Chaibi, Caroline De Haas, François Longérinas, Isabelle Lorand, Elise Lowy, Philippe Marlière, Myriam Martin, Marie-Pierre Toubhans Francis Parny, Danielle Simonnet, Marie-Christine Vergiat, Marie-Pierre Vieu.

samedi 6 septembre 2014

Une grande Fête de l’Humanité pour un sursaut national et citoyen


Par Patrick Le Hyaric
Une formidable course de vitesse est engagée entre le pouvoir exécutif, devenu minoritaire à gauche et dans le pays, et l’immense majorité qui a porté cette dernière au pouvoir pour sortir des politiques de droite afin que la vie de chacun s’améliore.
A l’opposé de leurs engagements, les locataires de l’Elysée et de Matignon indexent toujours plus la politique, nos vies, l’avenir de la jeunesse, celui du pays, sur les exigences du grand patronat et des milieux financiers, les oukases de Bruxelles et les rodomontades de la droite allemande. Une telle situation, inconnue à ce point dans l’histoire de la gauche française, appelle une mobilisation exceptionnelle de toutes celles et ceux qui refusent que ses valeurs soient sacrifiées sur l’autel d’un prétendu réalisme économique qui n’est en fait que le paravent du service aux rentiers de la finance et de l’immobilier. Depuis des décennies, ici et ailleurs, l’expérience montre que les concessions permanentes au grand capital n’ont produit aucun résultat positif. L’efficacité économique ne peut passer en effet que par la justice, le progrès social et écologique.
Cette mobilisation peut commencer dans quelques jours, dans le plus grand rassemblement populaire, festif et citoyen que constitue la Fête de l’Humanité. Ce sera le lieu des débats pour défricher d’autres choix sociaux, écologiques, économiques, culturels et politiques. La Fête sera en elle-même une manifestation populaire contre les choix actuels et pour régénérer la gauche et la politique. Il n’y a en effet aucune issue positive à l’actuelle situation qui apparaît comme bloquée si les sympathisants de gauche et de l’écologie, dans leur diversité, ne s’en mêlent pas. Nous souhaitons contribuer à cet indispensable sursaut national et citoyen pour sortir des impasses actuelles et éviter le pire. Nous incitons chacune et chacun à prendre la parole, à faire entendre ses colères, ses aspirations et ses espoirs aussi.
La multitude de nouvelles résistances à la dérive droitière du Président et de son premier ministre y encourage. A celles du Front de gauche, s’ajoutent désormais des personnalités et des fractions importantes du Parti socialiste, de la grande majorité d’Europe-Ecologie-Les Verts, d’intellectuels, d’économistes progressistes, de syndicalistes. Par-delà leurs différences, tous ont intérêt à se retrouver à la Fête de l’Humanité, dont le cœur battra à l’unisson des valeurs de justice, de liberté, de paix. La construction d’un autre avenir a besoin d’eux pour défricher les voies inédites d’un rassemblement de type nouveau, sous peine de voir la seule expression du mécontentement –déjà bien réelle- déboucher sur les pires aventures.

Université d'été du PCF - Discours de clôture par Pierre Laurent


Discours de  clôture de l'université d'été 2014 par CN-PCF

vendredi 5 septembre 2014

D’avril à juin, les dividendes ont augmenté de 30 %

Pendant que le gouvernement implore les entreprises d’investir et d’embaucher, ces dernières empochent les deniers publics pour mieux arroser les actionnaires.
Depuis que les mauvais chiffres de l’économie française sont tombés, les ministres se relayent afin d’occuper la scène médiatique. Après François Rebsamen, Manuel Valls, c’était au tour de Michel Sapin, hier, d’attraper le témoin, dans Libération, pour tenter de convaincre les Français des « bienfaits » de la politique de l’offre. « Les entreprises ont d’abord un problème de marges. (...) Tant qu’elles n’auront pas retrouvé une partie de ces marges, et avec la perspective de les retrouver entièrement, elles seront dans une situation très difficile, notamment pour embaucher. » Rappelons que c’est, officiellement, pour compenser la perte de 40 milliards d’euros de marges essuyée par les entreprises depuis la crise de 2008 que le gouvernement a mis en place un crédit d’impôt de 20 milliards d’euros auquel il a ajouté le pacte de responsabilité pour un total de 41 milliards d’euros. Un calcul une fois de plus discrédité après la publication par le Financial Times d’une étude réalisée par le fonds d’investissement Hendreson Global Investors. Selon les données récoltées, les entreprises européennes auraient distribué entre avril et juin dernier pas moins de 115 milliards d’euros de dividendes, soit une hausse de 20 % par rapport à l’an dernier.

Un vrai gaspillage de l’argent public

Et l’étude nous apprend que le gonflement de l’enveloppe pour les actionnaires vient essentiellement de la part versée par les entreprises françaises, qui a progressé de plus de 30 %, grâce notamment à l’apport des banques comme la Société générale ou encore le Crédit agricole. Or 2013 s’était déjà avérée être une année faste pour les actionnaires qui avaient empoché quelque 36,8 milliards d’euros, déjà en progression de 9,2 %. Même avec des marges en baisse, n’en déplaise au gouvernement, les entreprises semblent avoir fait leur choix : la croissance est à plat, le chômage en hausse, mais le capital se porte au mieux. L’étude réalisée en juin par le syndicat SNB CFE-CGC sur l’utilisation du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (Cice) dans les banques confirme cette tendance. Selon le syndicat, qui a récolté auprès des comités d’entreprise les projets d’utilisation des fonds, « l’essentiel (pour ne pas dire la totalité) des utilisations annoncées du Cice correspond à des projets, actions et dépenses déjà largement engagés : soit dans le cadre de l’activité normale de l’entreprise : formation, rénovation et entretien du réseau d’agences ; soit dans le cadre d’investissements déjà largement, et depuis longtemps, engagés et budgétés : innovation technologique, banque digitale et multicanal, nouveaux concepts d’agences ». Les 135,5 millions d’euros accordés aux banques sont donc un pur effet d’aubaine.