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mercredi 2 septembre 2015

Parti travailliste de Grande-Bretagne : « Voter Corbyn ! Lutter pour le socialisme ! »

Suite à sa défaite cinglante aux élections législatives de mai dernier, en Grande-Bretagne, Ed Miliband a démissionné de la direction du parti travailliste. L’élection du nouveau chef du Labour est en cours ; les résultats seront communiqués le 12 septembre.

En l’espace de quelques semaines, Jeremy Corbyn, député de la circonscription d’Islington, au nord de Londres, est passé du statut de parfait outsider à celui de favori, avec 43 % des intentions de vote. Dans ses discours, il attaque les politiques d’austérité et le « New Labour » de Tony Blair et Gordon Brown, cette prétendue « troisième voie » visant à liquider l’héritage socialiste du parti. Il propose de mettre fin aux politiques d’austérité et de développer des services publics gratuits et de qualité, notamment dans les domaines de la santé et l’éducation. Ce faisant, Corbyn a gagné le soutien des principaux syndicats affiliés au parti ainsi que de larges couches d’adhérents et sympathisants, dont de nombreux jeunes.

Panique des « blairistes »
Cet enthousiasme pour la candidature de Corbyn a semé la panique chez les dirigeants « blairistes », à commencer par les trois autres candidats : Andy Burnham, Yvette Cooper et Liz Kendall. Corbyn ne mâche pas ses mots. Il a même proposé de traduire Tony Blair en justice pour avoir soutenu la guerre en Irak, en 2002. A la Chambre des Communes, Corbyn a systématiquement rejeté les consignes de vote du groupe parlementaire du Labour – par exemple lorsque ce dernier (dominé par l’aile droite) appelait à voter la contre-réforme du système de santé adoptée par le gouvernement conservateur de Cameron. Corbyn est aussi le seul candidat qui propose d’en finir avec la monarchie.

Une Sainte-Alliance s’est alors formée, appuyée par les grands médias, pour tenter de discréditer à la fois Corbyn et ses supporters. Outre les condamnations pour « irréalisme politique » auxquelles a droit, en Europe, tout candidat qui s’oppose aux politiques d’austérité, Corbyn a été accusé d’antisémitisme, de sympathies pour le Hezbollah et de passivité face à un scandale de pédophilie dans sa circonscription – entre autres.

« En fait de calomnies, tout ce qui ne nuit pas sert à celui qui est attaqué » : les dirigeants actuels du Parti travailliste devraient méditer cette phrase du Cardinal de Retz. Plus les critiques sont virulentes, plus Corbyn monte dans les sondages et plus les soutiens affluent. Se fiant à leur expérience passée, les gens se disent que si Tony Blair est contre telle ou telle proposition de Corbyn, c’est qu’elle doit être bonne. Sur internet et les réseaux sociaux, de nombreuses parodies ont fleuri qui tournent en ridicule les attaques grotesques contre Corbyn.
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