La fete des Allobroges

mardi 27 octobre 2015

Le Ku-Klux-Klan à Béziers !

La dérive fascisante de notre ville, intimement liée à ses problèmes économiques et sociaux, prend des dimensions inquiétantes. Un malade mental vient d’envoyer une lettre contenant des menaces de mort au 2 de la rue Voltaire. Ces menaces visent Aimé Couquet, Linda Mendy et Medhi Roland, engagés pour la solidarité avec les réfugiés, pour la paix, contre le racisme et la xénophobie.

Oui il s’agit d’un détraqué mais son acte imbécile n’est pas sorti du néant. Il est en conformité avec le climat entretenu par le maire de Béziers. Si ce dernier n’a pas la folie du demeuré qui se réclame du Ku-Klux-Klan pour menacer de mort ceux qui résistent à l’emprise fascisante, il est responsable de cette ambiance délétère à laquelle nous sommes confrontés.

Si on fait le bilan de toutes les dispositions prises ou qu’il essaie de prendre, on voit que Ménard cultive la violence, la haine, particulièrement à l’encontre des pauvres gens. C’est son fonds de commerce ! La bourgeoisie peut dormir sur ses deux oreilles, ce ne sont pas les idées de l’extrême droite qui permettront que soit élevé le niveau de conscience de ce qui est en cause dans la crise que nous vivons.

Bien sûr que celui qui a posté cette lettre de menace est taré. Mais le nazisme s’est servi de ce genre d’individus pour se développer en Allemagne. On connait le résultat, la guerre et des souffrances horribles. Alors oui il faut trouver le coupable qui à coup sûr donne dans la démence et il faut combattre l’idéologie qui permet à ce genre de personne d’émerger. Cela passe par une autre politique que celle que nous subissons au plan national, européen et mondial. Elle est insupportable pour l’immense majorité des gens.

Jacques Cros
Section PCF Béziers

lundi 26 octobre 2015

Auvergne-Rhône-Alpes : L'Humain d'abord et les travaux de la fabrique

Par Michel Barrionuevo
Samedi 24 octobre 2015 à l'université Stendhal sur le campus de Saint Martin d'Hères, s'est tenue la fabrique du Projet pour bâtir les engagements de la liste l'Humain d'abord avec la gauche républicaine et sociale, ci-dessous les 4 vidéos réalisées, avec l'introduction de Jacqueline Madrennes, de Catherine Coutard, de Patrice Voir, avant l'ouverture des travaux en ateliers et l'intervention de clôture par Cécile Cukierman.












Suivre les discours des intervenant(e)s

Pourquoi le Front national est-il l’ennemi du monde du travail?

Le FN, avec Air France, a montré sa convergence avec le patronat. Décryptage par Alain Hayot, délégué national à la culture du PCF, Valérie Igounet, historienne, spécialiste du négationnisme et Mourad Lafitte, réalisateur.

Marine, Marion, Jean-Marie, ou l’ordre inégalitaire établi  
par  Alain Hayot Délégué national à la culture du PCF

Le poids du lepénisme pèse lourdement sur l’air du temps. Il éclaire la vraie nature du parti du clan Le Pen, plus uni que ne le laisse voir la tragi-comédie qu’il nous sert. Le FN donne le la au débat politique. On le mesure entre autres aux ignobles propos de Nadine Morano ou au fait que Sarkozy prétend combattre le FN tout en calquant sa vision sociétale sur celle des lepénistes.

La crise des réfugiés fonctionne comme un révélateur de la collusion idéologique autour du thème de la fermeture. La reculade de Merkel suivie par Hollande et les autres dirigeants européens donne des ailes à Marine Le Pen. Elle parle, contre toute réalité, de « submersion migratoire ». Le fantasme du « grand remplacement » n’est plus très loin comme il ne l’est pas non plus dans les propos de Fillon, Estrosi ou Ciotti. Ils légitiment ainsi les peurs agitées par Marine, Marion et Jean-Marie Le Pen.

Ainsi de l’appel au repli nationaliste qui exacerbe la haine de ces « barbares » venus des mondes arabo-musulman et africain, ces galeux d’immigrés auxquels le FN veut retirer le droit du sol au nom de la priorité nationale. Comme si le logement, l’hôpital ou l’école souffraient d’abord de la présence étrangère ; comme si notre histoire ne témoignait pas du fait que le genre humain n’a ni souche ni racine mais un cerveau pour penser, des langues pour échanger, des pieds pour bouger et une conscience pour éprouver son unité.

Ainsi de la culture où le FN tente d’exploiter le désarroi identitaire de millions de Français dans une Europe et un monde qui leur échappent. Dans les communes qu’il dirige, le FN pratique la censure. Dans le pays, il mène des actions violentes contre la création contemporaine qualifiée au mieux d’élitiste, au pire de pédo-pornographique. Ce que rejette le FN, mais aussi de nombreux élus de droite, c’est la capacité de l’art à transgresser le réel, à inventer et à anticiper le changement. Le FN prétend savoir ce que le peuple veut en matière culturelle. En vérité, il veut l’enfermer dans une vision passéiste et sclérosée du patrimoine et dans une forme de divertissement déconnectée de toute portée critique et émancipatrice.

Ainsi du monde du travail où la situation à Air France a montré la convergence du FN avec le patronat, le gouvernement, les forces politiques et les médias qui s’en sont pris avec une violence inouïe aux salariés. Là encore, les Le Pen, Philippot ou Collard ont étalé leur haine de classe. Contrairement au discours social qu’ils tiennent, ils n’ont pas eu un mot de solidarité avec les salariés, encore moins d’attention à leur détresse face aux licenciements. Philippot en a même rajouté en menant une charge contre les syndicats, accusés de politiser les enjeux. Comme si l’économie et l’emploi ne dépendaient pas de choix politiques. Ainsi des élus régionaux FN qui ont systématiquement voté contre toutes les délibérations qui allaient dans un sens social et culturel au service des populations et des territoires et dont toutes les interventions transpiraient la haine et le racisme.
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vendredi 23 octobre 2015

Les salariés d’ECOPLA disent NON aux ponctions de trésorerie

Projet de SCOP - Par Annie David  / 21 octobre 2015

Monsieur Emmanuel MACRON,
Ministre de l’Economie
Monsieur le Ministre,

Je souhaite attirer votre attention sur l’entreprise ECOPLA France située à Saint Vincent de Mercuze dans l’Isère. Cette entreprise, transforme de l’aluminium en barquettes destinées principalement à l’agroalimentaire. Elle est à ce jour premier producteur de barquettes et rouleaux d’aluminium en Europe. Anciennement dans le groupe Pechiney, elle est aujourd’hui partie d’un groupe composé de plusieurs sociétés situées en Angleterre pour la maison-mère, au Bénélux et en Allemagne,

Depuis plus d’un an et demi ses salarié-e-s nous alertent sur la situation de leur entreprise, s’adressant dès mars 2014 aux Ministres du Redressement productif, de l’Economie et du Travail, faisant part des difficultés financières découlant des ponctions de trésorerie effectuées sur ECOPLA France au bénéfice des autres sociétés.

J’ai personnellement fait le lien avec le commissaire au redressement productif de la région Rhone-Alpes, ainsi qu’avec le président du tribunal de commerce afin qu’ils puissent accompagner la stratégie de la société et anticiper une cessation d’activité et la disparition des emplois sur le site. J’apprécie d’ailleurs les contacts que j’ai pu avoir avec vos services et le suivi réalisé.

Les salarié-e-s sont de leur côté, mobilisés pour empêcher l’entreprise de disparaitre. Ils et elles ont en particulier travaillé un projet de SCOP qui aux dires des services de la DIRECCTE est tout fait solide, et sont prêts à assurer la reprise de l’activité. Un ou des repreneurs semblaient à un moment également intéressés.

A l’heure actuelle, la situation financière d’ECOPLA n’a pas conduit le tribunal de commerce à prononcer sa mise en redressement ou sa liquidation ; l’actionnaire venu en France pour, dit-il, s’occuper de la société, se contente de combler les dettes sans injecter suffisamment de fonds pour assurer l’approvisionnement suffisant et régulier en matière première et répondre aux attentes de la clientèle. Une clientèle qui se démobilise alors que les salarié-e-s sont confrontés à une activité partielle.

ECOPLA France est propriétaire de son équipement et de ses locaux et possède le savoir-faire. Premier producteur en France de barquettes et rouleaux d’aluminium, elle a de réelles débouchées commerciales. L’entreprise est viable si tant est que l’actionnaire décide de la faire vivre ou de la céder sans plus tarder ; une centaine d’emplois sont en jeu dans l’attente de sa décision ou d’une initiative de sa part. Chaque mois qui passe réduit bien sûr les possibilités de maintien de l’activité et la confiance des clients.
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jeudi 15 octobre 2015

Rassemblement à Grenoble

17 octobre 1961 - 17 octobre 2015
Pour une mémoire vivante
au service de la liberté et de la justice
Rassemblement à Grenoble
Samedi 17 octobre 2015 à 18h00
Place Edmond Arnaud (quartier Très-Cloîtres)

Le mardi 17 octobre 1961, en pleine guerre d’Algérie, des Algériens manifestent pacifiquement à Paris contre le couvre-feu décrété par le préfet de police Maurice Papon. Ce sont des femmes et des hommes qui manifestent parce qu’ils exigent la dignité, la liberté, la reconnaissance de leurs droits et celle du droit du peuple algérien à diriger son avenir. L’Etat français choisit alors la répression sanglante. Des centaines de personnes sont portées disparues. On retrouve des cadavres dans la Seine.
La défaite de l'ordre colonial en Algérie, symbolisé par les accords d'Evian le 19 mars 1962 est une grande victoire pour le peuple algérien, qui y gagna le droit de maîtriser son avenir, et une victoire pour le peuple français qui vit la fin d'une guerre cruelle et injuste.
Loin de tirer toutes les conséquences de ce passé encore récent, de nombreuses forces politiques tentent de réécrire l'Histoire, pour glorifier le passé colonial et attiser les haines xénophobes.
En ces temps troublés où la tentation est forte d’empiéter sur les libertés individuelles, au nom de la sécurité et de la lutte contre le terrorisme, il est nécessaire de maintenir vivante la mémoire. De la rafle du Vel d’Hiv (Paris, juillet 1942) aux centres de rétention en passant par la répression sanglante du 17 Octobre 1961, nous savons ce qu'un pouvoir en place peut faire au nom de la Raison d'Etat.
À Grenoble, nous nous réunissons depuis plus de 20 ans pour commémorer le souvenir de ces centaines d’Algériennes et d’Algériens qui ont été massacrés à Paris le 17 Octobre 1961. Cette présence témoigne de la vitalité de l'engagement militant en faveur de la solidarité entre les deux rives de la Méditerranée, d'années de combats communs contre le racisme. Nous pensons que les murs de Grenoble doivent porter la trace de cet engagement-là.
C'est pourquoi les associations signataires ont entrepris des démarches auprès de la Ville de Grenoble en ce sens.
Manifestons pour
- exiger que l’État français ouvre largement les archives de la guerre d'Algérie aux
historiens de toute nationalité,
- condamner toute complaisance vis-à-vis de l’OAS et des nostalgiques de l’ordre
colonial, refuser les discours xénophobes, racistes, colonialistes,
- être solidaires des combats des peuples pour leurs droits,
- affirmer le droit des migrants à vivre en France dans la dignité et sans subir de
discriminations,
- être solidaires des combats des peuples pour leurs droits.
Rassemblement à 18h00 puis cortège jusqu'à la passerelle Saint Laurent où des
fleurs seront jetées dans l'Isère en hommage aux victimes du 17 octobre 1961.
Appel à l'initiative de Algérie au coeur, Amal, Association Amazigh, Association de solidarité des algériens de l'Isère (ASALI), Association Nationale des Pieds Noirs Progressistes et de leurs Amis (ANPNA), Centre d'information inter-peuples (CIIP), Comité de soutien aux réfugiés algériens (CSRA), Coup de Soleil en RhôneAlpes, Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP), Observatoire des Discriminations et des Territoires Interculturels (ODTI), Ras L'Front Isère

Tribune de Marwan Barghouthi dans le Guardian

Marwan Barghouthi: Aucun peuple sur terre n’accepterait de coexister avec l’oppression. Par nature, les êtres humains aspirent à la liberté, luttent pour la liberté, se sacrifient pour la liberté. Et la liberté du peuple palestinien n’a que trop tardé.

Marwan Barghouthi, leader palestinien emprisonné, député, Président du groupe d’amitié avec la France au Conseil Législatif Palestinien, Membre du Comité Central du Fatah, souvent appelé « le Mandela palestinien »

L’escalade n’a pas débuté avec la mort de deux colons israéliens. Elle a débuté il y a longtemps, et s’est poursuivie durant des années. Chaque jour, des palestiniens sont tués, blessés, arrêtés. Chaque jour, le colonialisme avance, le siège contre notre peuple à Gaza se poursuit, l’oppression et l’humiliation persistent. Alors que certains veulent que nous soyons accablés par les conséquences potentielles d’une nouvelle spirale de la violence, je continue à plaider, comme je l’ai fait en 2002[1], pour que l’on s’attaque aux causes de cette violence : le déni de liberté pour les Palestiniens.

Certains ont suggéré que la raison pour laquelle nous ne sommes pas parvenus à conclure un accord de paix est le manque de volonté de feu Président Yasser Arafat ou du manque de capacité du Président Mahmoud Abbas, alors que tous les deux étaient prêts et capables de signer un tel accord. Le véritable problème est qu’Israël a choisi l’occupation au dépend de la paix et a usé des négociations comme d’un écran de fumée pour faire avancer son projet colonial. Tous les gouvernements au monde connaissent pertinemment cette vérité élémentaire et pourtant nombre d’entre eux prétendent que le retour aux recettes éculées nous permettra d’atteindre la liberté et la paix. La folie c’est de répéter sans arrêt la même chose et d’espérer un résultat différent. Il ne peut y avoir de négociations sans un engagement israélien clair de se retirer complètement du territoire qu’Israël a occupé en 1967, y compris en ce qui concerne Jérusalem, une fin de l’ensemble des politiques coloniales, la reconnaissance des droits inaliénables du peuple palestinien, y compris le droit à l’auto-détermination et au retour, et la libération de tous les prisonniers palestiniens. Nous ne pouvons coexister avec l’occupation israélienne, et nous ne capitulerons pas devant elle.
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mercredi 14 octobre 2015

NON! Les salariés d'Air France ne sont pas des criminels ! Témoignages


Le cri de colère de cinq personnalités après les arrestations de syndicalistes, traités comme des scélérats et interpellés chez eux devant leur famille au petit matin.

Xavier Mathieu, ancien leader CGT des Continental 
en lutte : « La violence est aussi du côté du gouvernement »
« Je suis bouleversé par le traitement médiatique que subissent les salariés d’Air France. J’ai envie de rendre hommage à ces salariés qui depuis des années s’en prennent plein la gueule. Le DRH d’Air France, comme notre directeur qui à l’époque avait pris des œufs dans la gueule, n’a rien subi en comparaison de ce que subissent les salariés. Il n’y a jamais eu de drame du côté des patrons. Alors que du côté des salariés, ce sont des drames permanents. À Continental, certains ont perdu leur maison, ont sombré dans la consommation d’antidépresseurs ou d’alcool, ont divorcé ou se sont suicidés. Quand on voit comment sont traités les événements, on comprend que 90 % des médias sont détenus par des patrons du CAC 40. Lorsque Continental a fermé, les salariés ont été traités de voyous pendant plusieurs jours par les médias, alors que par la suite, c’est bien la direction de Continental qui a été condamnée par les tribunaux. Dans les cinq procès qui ont eu lieu, il a été démontré qu’il n’y avait aucune raison économique à ce que l’entreprise ferme. Cela me dérange de voir la une des journaux avec un mec qui s’est fait arracher la chemise alors que depuis la fermeture de Continental, on aurait dû voir au moins cinq unes avec les collègues qui se sont foutus en l’air.
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De la truelle à la scène : vivre pour des idées

par  Charles Hoareau
Son nom ne dira peut-être rien à de jeunes lecteurs mais il en est autre chose pour nombre de militants plus anciens. Celui qui chantait « mourir pour des idées ce n’est qu’un accident » en conclusion de sa chanson « VIVRE POUR DES IDEES » sur la lutte sous Franco était un chanteur à part. A part du show-business bien sûr et à part par l’itinéraire de sa vie. Comme il le disait l’une des rares fois où il s’exprimait à la télévision, ses parents avaient fait toute la guerre d’Espagne et n’en étaient partis contraints et forcés qu’une fois vaincus.

Arrivé en France à 7 ans, il apprit à lire et à écrire et plus tard le métier de maçon qu’il exerça. Il raconte que c’est sa sœur qui le poussa à chanter sur scène les textes qu’il écrivait tout seul chez lui sur des cahiers d’écoliers. Si « Pour une amourette » l’a fait connaître cela ne peut occulter les autres titres hérités de son histoire comme il le dira lui-même « on ne peut pas oublier que vos parents ont pris devant vous le fusil pour vous défendre. » Cette fidélité à l’engagement familial, à la lutte contre les injustices, au fait d’avoir « fait parfois des concessions, mais jamais de compromis » marquera toute sa vie ses rapports au métier et aux médias.

Invité d’une émission de Philippe Bouvard, la coqueluche du Figaro, qui avait trouvé judicieux de faire une émission de variétés dans le restaurant de luxe « Chez Maxim’s » il ne se démonta pas. (extrait)
Bouvard « Lény Escudéro vous chez Maxim’s c’est une surprise ?
- Mais ce n’est pas la 1ère fois que je viens !
- Ah oui ?
- Oui j’étais encore maçon et, à la pause midi, pendant qu’un de mes collègues occupait le singe qui est devant l’entrée, je suis rentré en bleu de travail pour demander si on pouvait me chauffer ma gamelle et je peux vous dire qu’ici on ne fait pas chauffer les gamelles ! » Rires gênés.
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mercredi 7 octobre 2015

Gouffre infranchissable

Par Patrick Appel-Muller
L'éditorial de Patrick Apel-Muller dans l'Humanité : "Ainsi, tandis que l’acte de violence de l’ouvrier apparaît toujours, la responsabilité profonde et meurtrière des grands patrons, des grands capitalistes se dérobe, s’évanouit dans une sorte d’obscurité. » Entre Jaurès et le tandem Hollande-Valls, un gouffre infranchissable."
Une chemise déchirée pèse plus que le sort de 2 900 salariés. Bombant le torse, le premier ministre s’est précipité, hier, au siège d’Air France pour traiter de « voyous » les employés qui ont molesté deux dirigeants, annoncer des « sanctions lourdes » et proclamer que « la France est sous le choc ». Ces incidents étaient tout à fait regrettables, mais quel contraste entre sa compassion envers deux cadres – surjouée, pour que l’émotion de l’opinion paralyse la résistance des salariés – et l’indifférence tranquille de Manuel Valls à l’égard des milliers de syndicalistes, harcelés par leur hiérarchie, brimés dans leur carrière et bien souvent licenciés !

Qui a allumé la mèche de ce désespoir sinon une direction qui multiplie les licenciements et cherche à opposer navigants et « rampants » ; sinon un gouvernement qui proclame son amour aux patrons et reste intransigeant aux revendications des salariés ; ou encore un président rallié au libéralisme qui veut réduire ce qui revient au travail pour mieux servir le capital ? Rappelez-vous des cris d’orfraies après un coup de colère des Conti dans une préfecture. Les mêmes trémolos s’étaient fait entendre, puis un silence de plomb avait ­accompagné les jugements en faveur des ouvriers, leur abandon par le pouvoir et des vies brisées, certaines jusqu’au suicide. La compassion dans les médias dominés par les géants du CAC 40 est une valeur indexée sur la Bourse. Jaurès rappelait en 1906 : « Le patronat n’a pas besoin, lui, pour exercer une action violente, de gestes désordonnés et de paroles ­tumultueuses ! Quelques hommes se rassemblent, à huis clos, dans la sécurité, dans l’intimité d’un conseil d’administration, et à quelques-uns, sans violence, sans gestes désordonnés, sans éclats de voix, comme des diplomates causant autour du tapis vert, ils décident que le salaire raisonnable sera refusé aux ouvriers ; ils décident que les ouvriers qui continuent la lutte seront exclus, seront chassés, seront désignés (...) à l’universelle vindicte patronale.(...) Ainsi, tandis que l’acte de violence de l’ouvrier apparaît toujours, la responsabilité profonde et meurtrière des grands patrons, des grands capitalistes se dérobe, s’évanouit dans une sorte d’obscurité. » Entre Jaurès et le tandem Hollande-Valls, un gouffre infranchissable.

mardi 6 octobre 2015

CGT Air France. Toutes les violences se condamnent

Alors que la direction vient d’annoncer un nouveau plan désastreux pour l’emploi, près de 3 000 emplois vont être dans un premier temps supprimés, tout le monde gardera en mémoire les images diffusées de la violence avec laquelle certains dirigeants ont été traités après le CCE du 5 octobre.
Depuis 2008 des efforts incessants sont demandés à l’ensemble des salariés. 15 000 postes ont été supprimés. Des milliers de « nos collègues se sont sacrifiés pour que ceux qui restent aient un avenir ». C’est ainsi que communique la direction. Un peu avant ses envolées de Royaumont, Alexandre de Juniac de passage à Strasbourg le répétait haut et fort : « il faut se battre à MORT, à MORT !! » Voilà le discours d’un chef de guerre qui plonge ses salariés dans un combat sans pitié…

Déjà 7 ans, plus de 84 mois, plus de 2550 jours, que de nombreux salariés, au quotidien subissent l’autre violence. La violence social, celle qui assombrit inexorablement l’avenir. Elle ronge les esprits dès le matin. Il n’est pas rare qu’elle se transforme en angoisse, pas seulement le soir, mais sitôt que nos yeux se posent sur notre uniforme, celui qu’il faut revêtir avant d’aller travailler. Au travail, d’autres tensions naissent, plus machiavéliques, le jeu des « chaises musicales », car il n’y a plus de places pour tout le monde.

De nombreuses expertises votées dans nos CHSCT traduisent cette violence sociale. Sa cousine, celle du désespoir l’accompagne en silence. Elles touchent toutes les populations, de l’ouvrier au cadre en passant par le technicien. Personne n’est à l’abri. La direction nous a plongé dans le tunnel de transform, au bout duquel la lumière devait rejaillir. Trois années plus tard, nous sommes toujours loin de la surface, toujours au fond du trou. On nous propose de creuser avec nos ongles, tout en gardant le sourire et l’espoir. Et alors, on s’étonnerait de la violence ? Il est toujours plus aisé d’avoir une réaction sur les conséquences plutôt qu’une analyse sur les causes. Réfléchir à l’origine de ce mal qui peut se répandre en chacun de nous. Quel est son mode de transmission, quelles sont les populations les plus sensibles, celles qui seront les premières exposées : voilà de véritables sujets pour nos ressources humaines en peine.

La Cgt condamne les agressions physiques qui ont eu lieu ce jour. La Cgt condamne tout aussi fermement l’attrition et les licenciements que la direction s’apprête à mettre en oeuvre. « Qui sème le vent récolte la tempête », écrivait Nizami (XIIè) dans un de ses poèmes.
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lundi 5 octobre 2015

Durant toute cette année, les salarié-es, les chômeurs-euses, les étudiant-es, les lycéen-nes et les retraité-es se sont mobilisé-es pour leurs droits.
A plusieurs reprises, dans les secteurs professionnels, les écoles, les établissements et au plan interprofessionnel ils ont exprimé leurs attentes, leur exaspération grandissante face à une situation économique et sociale qui ne cesse de se dégrader et pour exiger une autre répartition des richesses qu’ils produisent.
Ces derniers mois, des mobilisations, souvent unitaires, ont été menées par les salarié-es, les jeunes et les retraité-es, exigeant leur juste dû, autour de luttes sur les salaires, les pensions, le financement du service public d’éducation assurant la réussite de tous et une protection sociale qui garantit un droit à l’autonomie pour tous les jeunes.
Des actions se sont développées pour exiger de travailler mieux et moins, d’améliorer les conditions de travail et de réduire la durée du temps de travail, contre les licenciements, pour exiger aussi la pérennisation et la conquête de nouveaux droits (retraites, protection sociale pour tous –jeunes, salarié-es, retraité-es-, garanties collectives), le développement des services publics notamment de l’éducation pour élever le niveau de qualifications des travailleurs de demain en ne laissant personne sur le côté et la relance industrielle.
Cédant aux pressions des puissances financières, au MEDEF, aux injonctions de Bruxelles, le gouvernement déroule une politique qui remet en cause notre modèle social assis sur l’égalité, la justice et la solidarité.
Accompagnées par une bataille idéologique inédite, des politiques pour l’emploi se traduisent trop souvent par des mesures de régression sociale qui vont impacter tous les salarié-es, les chômeurs-euses, en particulier les jeunes, bizutés socialement à leur arrivée sur le marché du travail.
Dans un contexte où les inégalités se creusent, où la précarité se développe, où la confiance en la possibilité de changer le cours des choses s’amenuise, où les forces réactionnaires progressent, les organisations syndicales CGT, FSU et Solidaires, UNEF et UNL réaffirment leur volonté de contribuer au renforcement des mobilisations et à leurs convergences, dans un cadre unitaire le plus large possible et de manière intergénérationnelle afin de faire entendre que des alternatives aux politiques libérales sont possibles.
Dans cette rentrée, elles invitent les salarié-es, les chômeurs-euses, les jeunes, les étudiant-es et les retraité-es à amplifier la mobilisation autour d’une plate-forme revendicative commune pour :
• Augmenter les salaires, les retraites, les pensions, les minimas sociaux, le point d’indice des fonctionnaires, et les bourses ;
• Promouvoir l’égalité salariale femmes/hommes ;
• Améliorer les conditions de travail et réduire le temps de travail pour créer des emplois, combattre et réduire le chômage ;
• Pérenniser et améliorer les garanties collectives ;
• Pérenniser et améliorer la protection sociale, les retraites complémentaires, pour garantir les droits, à la santé et à la retraite ;
• Développer les investissements pour relancer l’activité économique en tenant compte des impératifs écologiques ;
• Protéger socialement les jeunes pour garantir un droit à l’autonomie ;
• Conforter et promouvoir les services publics ;
• Investir dans le système éducatif pour faire face à l’augmentation du nombre de lycéens et d’étudiants en leur assurant des conditions d’études satisfaisantes.
Les organisations syndicales CGT, FSU, Solidaires, UNEF et UNL appellent les salarié-es, les chômeurs-euses, les jeunes, les étudiant-es et les retraité-es à en débattre pour construire une grande journée de mobilisation interprofessionnelle et intergénérationnelle, le 8 octobre prochain.
Jeudi 8 octobre : journée de grève interpro unitaire pour les salaires, la protection sociale, les services publics, …, avec manifestation à Grenoble 10h place de la gare SNCF.

La Suède teste la journée de 6 heures. Et ça fonctionne !

A Göteborg, la municipalité tente une expérience originale : faire travailler une partie de son personnel "seulement" six heures par jour pour augmenter sa productivité. Un exemple dont il faut s'inspirer ?

Réduire le temps de travail pour augmenter la productivité... et le bonheur des salariés. Et si c'était cela la clé de la réussite d'une entreprise ? Depuis le mois de février, la mairie de Göteborg teste la semaine de 30 heures dans plusieurs établissements publics de la ville. Pour le même salaire, les employés travaillent désormais six heures par jour à la place de huit.
Le service public n'est pas le seul concerné et de nombreuses sociétés suédoises ont déjà adopté ce nouveau rythme de travail plus souple. A la clé, moins de stress pour les salariés, des embauches et une plus grande attractivité pour l'entreprise.

La municipalité de Göteborg veut donner l'exemple
A l’initiative de Mats Pilhem, maire adjoint de la ville et membre du Parti de Gauche, la municipalité de Goteborg deuxième ville du pays, demande à ses salariés de jouer les cobayes depuis le mois de février. Les employés municipaux du secteur des soins aux personnes âgées ont été divisés en 2 groupes : le groupe A travaille 6h par jour, le groupe B, 8h par jour. A salaire égal. But de l'expérience : comparer la productivité et le bien-être des employés et, peut-être, étendre le nouveau rythme de travail à l'ensemble des services.

"A la fin de l'expérience, nous comparerons les deux et on verra ce qui diffère. Nous espérons que le personnel réduira son nombre de congés maladie et qu'il se sentira mieux mentalement et physiquement grâce à des journées plus courtes", expliquait Mats Pilhem, à l'annonce du projet en avril 2014."

A la maison de soins de Svartedalens, le personnel concerné par la diminution du nombre d'heures de travail salue l'initiative, comme le rapporte le "Guardian" : "J'étais tout le temps épuisée, dès que je rentrais du travail, je m'écroulais de fatigue sur le canapé. Désormais, je suis plus alerte : j'ai à la fois plus d'énergie pour mon travail, mais aussi pour ma vie de famille", raconte Lise-Lotte Pettersson, une des 82 infirmières de l'établissement.

Le passage aux 30 heures hebdomadaires a également eu un impact positif sur l'emploi : depuis le mois de février 14 postes ont été créés pour compenser la réduction du temps de travail et la direction de l'établissement dit avoir observé "une amélioration des services" et du "bien-être" des salariés.
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