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mardi 12 juillet 2016

Ecopla, l’incompréhensible blocage d’une reprise en Scop

Des salariés du dernier fabricant français de barquettes alimentaires en aluminium ont proposé de reprendre l’activité en coopérative. Malgré un dossier solide, le tribunal de commerce de Grenoble a préféré céder l’entreprise à l’un de ses concurrents, envoyant les emplois à la casse.

Chez Ecopla, dernier fabricant français de barquettes en aluminium pour l’alimentaire, tout est prêt pour que l’activité redémarre. De grandes marques de l’agroalimentaire n’attendent plus que la remise en fonctionnement des chaînes de production pour leurs plats préparés, surgelés ou viennoiseries. Un seul coup de fil, et les matières premières sont livrées. Six tonnes de métal attendent chez un fournisseur normand lui-même en difficulté. Un signal positif et les vingt-cinq salariés, candidats repreneurs de l’usine de Saint-Vincent-de-Mercuze (Isère), exercent leurs savoir-faire uniques. Les statuts de leur société coopérative et participative (Scop) sont couchés depuis longtemps sur le papier. De même que son tour de table bouclé en deux mois top chrono et soutenu par cinq établissements financiers. Un nouvel investisseur vient de s’engager à ajouter 150 000 euros. Toutes les villes et la communauté de communes du territoire, tous les élus du cru sont sur le pont pour soutenir le redémarrage de la production. Tout est prêt donc pour que l’un des derniers sites industriels du Grésivaudan, entre Grenoble et Chambéry, reparte de plus belle avec l’objectif de créer trente postes supplémentaires en trois ans.

La décision judiciaire face à la mobilisation
Pourtant, les machines-outils peuvent être saisies du jour au lendemain et les salariés envoyés définitivement à Pôle emploi. Ecopla est suspendu au bon, ou plutôt au mauvais, vouloir du tribunal de commerce de Grenoble. Pour l’heure, et malgré la mobilisation des salariés et de toute une région qui a fait bouger jusqu’au ministère de l’Économie, les juges en place n’ont pas cillé depuis leur décision du 16 juin dernier. À l’offre de reprise des salariés – 100 000 euros pour les machines en plus de la vingtaine d’emplois sauvegardés sur soixante-dix-sept et de la centaine d’emplois induits conservés dans la filière aluminium et les services – le tribunal a préféré celle du concurrent italien direct, Cuki Cofresco. Soit 1,5 million d’euros pour reprendre les machines-outils et solder le reste. Ce million et demi ne tombe pas du ciel. Il représente exactement le coût de la fermeture et des licenciements pour le régime de garantie des salaires (AGS). Pour l’entreprise transalpine, elle-même en difficulté, c’est tout bénéfice. Elle tue un concurrent en lui siphonnant son savoir-faire et ses clients. La décision judiciaire peut être exécutée à tout moment. Or, jusqu’à présent, Cuki Cofresco n’a dû débourser qu’une garantie de 150 000 euros.
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