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dimanche 11 septembre 2016

En Haute-Savoie, les salariés de Rectiphase interpellent Hollande pour sauver 96 emplois

En grève depuis huit jours, les salariés de Rectiphase, filiale du florissant groupe Schneider-Electric, dénoncent la fermeture programmée de leur usine de production de condensateurs située près d’Annecy.
« L’expert auprès du CHSCT a dit qu’il avait rarement vu un plan social avec une telle colère. Il faut dire que les gens se sont beaucoup investis dans cette entreprise », souligne Denis Bondon, délégué syndical CGT du site Rectiphase de Pringy près d’Annecy, qui ne cache pas lui-même son écœurement. Depuis le 30 août soit plus d’une semaine, une bonne partie des 96 salariés du site est en grève à l’appel de la CGT pour dénoncer le projet de fermeture totale de cette usine de matériel électrique pour l’industrie, filiale à 100% du groupe Schneider-Electric. Ce jeudi en fin d’après-midi, ils devaient se rassembler devant la préfecture de Haute-Savoie à Annecy pour interpeller les pouvoirs publics. En fin de semaine dernière, les trois syndicats CGT, CFDT et CFE-CGC ont écrit au président de la République François Hollande pour demander une rencontre et une intervention auprès du géant électrique, pour le maintien du site de production et des 96 emplois.
Implantée depuis 65 ans à Pringy, l’usine Rectiphase produit des condensateurs de basse et moyenne puissance, matériel qui permet aux industriels clients, comme EDF, de réduire leur consommation d’énergie. « Le site était florissant jusqu’à la fin des années 2000, nous dégagions un taux de profit énorme, raconte Denis Bondon.  A l’époque on fonctionnait de manière autonome, avec un service commercial et la recherche et développement sur place. Mais à partir de 2012, Schneider Electric a restructuré et revu le modèle économique. Rectiphase est devenu une simple usine de production, le commercial et la recherche ont été transférés vers le groupe, qui pilotait tout. Cela nous a éloigné des clients et en plus le groupe a décidé de faire des produits haut de gamme qui n’ont pas marché. Ces choix stratégiques nous ont plombés ; Les salariés dénonçaient ces choix depuis 2012 mais comme d’habitude ils n’ont pas été écoutés ». Le projet du groupe est aujourd’hui de transférer l’activité basse tension vers un autre site Schneider-Electric situé près de Chambéry, et de mettre fin à l’activité moyenne tension, ce qui obligerait EDF à recourir à la concurrence. Le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) prévoit une première réduction d’effectifs de 52 postes en avril prochain, puis la fermeture définitive fin 2017.
Pour les syndicats, cet arrêt de production est une aberration puisque « le marché de la compensation est en pleine croissance à moyen terme, avec des perspectives de doublement de la consommation électrique à l’horizon 2050 », écrivent-ils dans le courrier à François Hollande. Selon eux, Schneider Electric, « seul responsable du déclin de l’entreprise par ses choix stratégiques, doit investir massivement dans de nouvelles offres pour retrouver la pérennité du site ». Le groupe a réalisé quelque 26,6 milliards d’euros de chiffre d’affaire mondial en 2015, et dégagé un bénéfice de 1,5 milliard d’euros.
La perspective des licenciements ne passe pas. Les 96 se verraient proposer des reclassements dans d’autres sites du groupe, mais vu l’éloignement géographique, cela impliquerait de tout quitter. « Il y aurait 19 postes de reclassement à Chambéry mais c’est à une heure de voiture, pour un travail en horaires décalés, souligne Denis Bondon. La moitié des effectifs a plus de 50 ans, très peu choisiront le reclassement ». En cas de licenciement, la direction propose une prime supralégale dérisoire aux yeux des salariés, autour de 8.000 euros en moyenne. « C’est ridicule par rapport aux autres plans sociaux pour un groupe de cette taille, nous réclamons 40.000 euros par personne pour le préjudice de la perte d’emploi », appuie le syndicaliste.

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