Appel

mercredi 30 novembre 2016

Air France. Trois ex-salariés condamnés à 3 à 4 mois avec sursis pour violences, deux relaxés dans l'affaire de la chemise



  • Trois ex-salariés d'Air France, des militants CGT accusés d'avoir agressé deux cadres lors d'une manifestation en octobre 2015, ont été condamnés mercredi à des peines de 3 à 4 mois de prison avec sursis par le tribunal de Bobigny, qui a relaxé deux autres prévenus.
    "Les gens qui ont arraché la chemise ne sont pas présents aujourd'hui", avait affirmé Vincent Martinez, seul délégué du personnel (CGT) à avoir été licencié. Avant le délibéré, il a dit être "serein", avoir "confiance en la justice française" et confié être "pressé de passer à autre chose".
    Ce qu'on attend de voir, c'est si on a vraiment une justice indépendante", a indiqué Miguel Fortea, secrétaire général de la CGT Air France. "Le dossier est vide. S'il était étayé, il y aurait eu des sanctions « exemplaires», a-t-il assuré. Avocate de 12 prévenus, Me Lilia Mhissen a dénoncé tout au long du procès « un dossier bâclé » où dominerait la volonté de trouver à tout prix des « boucs émissaires ».
    A l'issue du procès, certains prévenus avaient fait part de leur sentiment d'injustice. Car, comme l'avait reconnu le parquet, tous les auteurs des violences n'ont pu être identifiés sur les vidéos.
    Une thèse refusée par les avocats des parties civiles, pour qui « les infractions » sont « clairement imputables aux personnes poursuivies ». Les prévenus « n'ont pas été pris au hasard », avait affirmé Me Frédérique Beaulieu, le conseil de Xavier Broseta.
    Lors du procès, prévenus et témoins de la défense étaient largement revenus sur le contexte de ces violences. L'annonce d'un nouveau plan de restructuration, alors que 10.000 postes avaient déjà été supprimés entre 2005 et 2015, avait été très mal vécue par des salariés qui estimaient avoir déjà fait beaucoup d'efforts. Pour la première fois, les syndicats redoutaient des licenciements secs, en particulier au sein du personnel au sol, dont les prévenus sont issus. 
     
    Fin septembre, le procureur de la 14e chambre du tribunal correctionnel de Bobigny avait requis de deux à quatre mois de prison avec sursis contre cinq des prévenus, soupçonnés de violences, et une amende de 1.000 euros contre les dix autres, mis en cause pour des dégradations.
    Le verdict est tmobé ce matin au tribunal de Bobigny. Trois ex-salariés d'Air France, des militants CGT ont été condamnés mercredi à des peines de 3 à 4 mois de prison avec sursis par le tribunal de Bobigny, qui a relaxé deux autres prévenus. Poursuivis pour des dégradations commises sur le portail d'accès au siège de la compagnie aérienne à Roissy, dix autres salariés et ex-salariés de la compagnie se sont vu infliger une amende de 500 euros.

Quelle place pour les partenaires de la France insoumise ?

Le candidat de la France insoumise, crédité de 13% à 15% dans les sondages – toujours en tête de la gauche quel que soit le représentant socialiste – a enregistré le week-end dernier un soutien de poids. Il ne pouvait d’ailleurs pas espérer meilleur ralliement que celui des militants communistes qui se sont opposés à la ligne de leurs dirigeants – ces derniers avaient préféré à 55% une candidature interne au PCF.
Le peuple contre les puissants. Les militants contre les dirigeants. Eux contre nous. Le nouveau moteur de Jean-Luc Mélenchon. « C’est un choix qui reste partagé mais nous avons eu un débat respectueux des avis des uns et des autres », commente Olivier Dartigolles, porte-parole du Parti communiste français. « Il y a une sous-estimation au sein de la gauche de la gravité dans laquelle nous nous trouvons et les communistes ont surtout considéré qu’ils ne devaient pas ajouter un nouveau bulletin de vote », poursuit-il.

Des campagnes multiples ou un rassemblement large ?

De son côté, Jean-Luc Mélenchon a salué cette décision : « [elle] m’honore beaucoup. J’en suis très heureux », a-t-il d’abord réagi sur France 2 dimanche soir, avant d’ajouter : « Mais ils ont pris leur décision par eux-mêmes, sans négociation. Ils m’apportent leur soutien à ma candidature du point de vue de leur propre démarche. Donc ils auront leur campagne autonome et voilà. Tant mieux pour moi ». Une réaction qui n’a pas manqué de surprendre – parfois d’inquiéter – les soutiens à sa candidature. Quelle va être la place des partenaires dans le mouvement de la France Insoumise ? Faut-il comprendre qu’il y aura deux campagnes, voire plusieurs : celle de ceux qui ont rejoint la France Insoumise, celle des communistes, celle des autres partenaires déclarés ? Des campagnes distinctes à l’échelle nationale et locale ?
Ces interrogations reposent sur une ambigüité qui se lit sur toutes les lèvres – y compris parmi les membres du mouvement de Mélenchon : la France Insoumise doit-elle être l’amorce d’une organisation politique pérenne ou bien doit-elle être considérée pour ce qu’elle est, c’est-à-dire comme le cadre politique de la campagne présidentielle ? Pour l’heure, personne n’en sait vraiment rien, mais pour Olivier Dartigolles, il n’y a pas vraiment de doute : « Il n’y a aujourd’hui pas de cadre commun pour mener une campagne comme c’était le cas en 2012 avec le Front de gauche. Ce cadre commun ne peut pas être celui de la France Insoumise. Il y aura donc une campagne autonome du PCF, pour entendre la voix des communistes avec un appel à voter pour Jean-Luc Mélenchon ».
Plusieurs rencontres entre les différentes parties prenantes ont pourtant eu lieu afin de créer les conditions d’un rassemblement large, dans un cadre commun qui porterait la candidature de Jean-Luc Mélenchon. En vain. À l’issue de l’une de ses réunions qui s’est tenue la semaine dernière entre les représentants de la France insoumise et l’appel Front commun, un accord avait pourtant été obtenu sur la place des partenaires dans l’organisation de la campagne. L’idée serait de créer un espace de liaison entre la France Insoumise et les partenaires pour mener « une campagne collective harmonieuse ».

Le souhait d’amender la charte des candidats insoumis

La réponse officielle de la France Insoumise, pour acter l’accord, se fait encore attendre et des discussions internes au mouvement seraient toujours en cours. Une chose est pourtant acquise : Mélenchon n’entend pas dénaturer la fameuse charte politique des candidats insoumis aux législatives, qui a suscité tant de polémiques et commentaires et envisage qu’elle soit respectée par tous (lire "Soutenir ou ne pas soutenir Mélenchon ?->http://www.regards.fr/web/article/pcf-soutenir-ou-ne-pas-soutenir-melenchon]. Optimiste, Patrice Cohen-Seat, ex dirigeant communiste et initiateur de l’appel Front commun, veut croire qu’un accord est possible.
Une seconde rencontre doit avoir lieu prochainement. De son côté, Leila Chaibi, animatrice de l’espace politique de la France insoumise, se veut confiante et rassurante : « Lors de ces rencontres, Front commun nous a proposé des amendements que nous considérons tout à fait acceptables. Il y a une caricature faite sur la charte qui ne correspond pas à notre volonté. Mais nous devons poursuivre nos échanges avec tout le monde ».
S’agissant de la place des partenaires dans le cadre de la France insoumise, Leila Chaibi se montre plus tenace : « On joue sur les mots. Notre souhait c’est d’éviter les erreurs de 2012 où nous avons été rassemblés pour la présidentielle et divisés aux législatives. Aujourd’hui, quand on demande aux partenaires ce à quoi ressemblerait pour eux le cadre idéal, ils désignent ce que nous sommes, c’est-à-dire un espace où toutes les sensibilités sont représentées et s’expriment librement tout en jouant un rôle de conseil important de notre candidat commun, comme c’est le cas avec les communistes insoumis par exemple ». Et de conclure : « Nous devons faire encore plus de pédagogie auprès des partenaires et les convaincre de rejoindre ce cadre. Mais nous ferons tout notre possible pour trouver un terrain d’entente ».

De l’unité aux législatives

Autre source d’inquiétude, l’accélération du calendrier. La désignation des candidats aux législatives doit intervenir à l’occasion des assemblées générales de la France insoumise qui se réuniront dès demain soir dans deux à trois cents circonscriptions sur 577 pour désigner leurs représentants. Alors quid des candidats communistes sortants ? Quid de celles et ceux qui – non ralliés à la France Insoumise – souhaiteraient se porter candidat au titre de la diversité des soutiens à Jean-Luc Mélenchon ?
Pour l’heure, aucune réponse officielle. Olivier Dartigolles se montre d’ailleurs très inquiet : « Mélenchon évoque des candidats Insoumis dans chacune des 577 circonscriptions. Si tout le monde se met à présenter ses candidats, les communistes, Ensemble, les socialistes ou écologistes critiques, on se retrouvera dans une configuration catastrophique. Nous devons créer les meilleures conditions possibles pour obtenir un groupe parlementaire qui permettent l’expression de la diversité de la gauche de transformation sociale ». Même analyse pour Patrice Cohen-Seat : « La raison va l’emporter », veut-il croire. « Je ne peux pas imaginer un instant qu’il y ait 577 duels entre les candidats investis par la France insoumise et d’autres qui auraient soutenu Jean-Luc Mélenchon. Ça serait catastrophique et absurde ».
Pourtant, Leila Chaibi insiste : « On ne peut pas mener 577 campagnes différentes. Il faut de la cohérence. C’est le sens de la France Insoumise, c’est-à-dire un unique cadre à la fois pour la présidentielle et pour les législatives. Cela dit, les AG de demain n’ont rien de définitif. Elles ont d’ailleurs la possibilité de repousser à janvier la désignation des candidats. Et d’ici là, j’espère bien que les autres partenaires seront avec nous ».
Pour donner de la voix à la nécessité de créer un large espace autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon, c’est-à-dire qui dépasse la seule France insoumise, Front commun – qui revendique près de 8.000 signataires – organise une réunion publique ce samedi à Montreuil. Sont attendus des représentants du PCF, d’Ensemble et « peut-être de la France Insoumise », espère Cohen-Seat. Avec l’espoir de faire émerger cet espace commun, cette architecture commune que les soutiens à Jean-Luc Mélenchon appellent plus que jamais de leurs vœux. Et partir au plus vite en campagne, rassemblés. Leila Chaibi assure de son côté que la France insoumise sera représentée ce samedi. Rendez-vous est pris.

Airbus annonce 1.164 suppressions de postes en Europe

La direction d'Airbus a annoncé mardi à ses employés la suppression de 1.164 postes en Europe et la quasi-fermeture du site de Suresnes, dans la région parisienne, dans le cadre d'un plan de restructuration.
La direction du groupe Airbus a fait ses annonces, ce matin à Blagnac près de Toulouse, lors du comité européen de groupe. Airbus prévoit de supprimer jusqu'à 1.164 postes actuels dans le groupe et d'en créer environ 230 nouveaux, principalement dans la recherche et la digitalisation, soit une réduction nette de 934 postes sur un effectif total d'environ 136.000 salariés.
« La direction a confirmé la suppression de 1.164 postes dans tous les sites et la création de 230 emplois, ce qui fait un solde net de moins de 1.000 suppressions de postes au total", a pour sa part indiqué Yvonnick Dréno, coordonnateur FO pour Airbus Group. La direction a confirmé la fermeture à mi-2018 du site de Suresnes, soit 308 suppressions de postes et 150 "mobilités" de Suresnes vers Toulouse ».
 
Ces annonces étaient attendues dans le cadre du plan Gemini, annoncé le 30 septembre, qui conduira à donner au groupe et la filiale le seul nom d'Airbus à compter du 1er janvier avec une mise en oeuvre effective prévue en juillet et août 2017 d'un plan visant à éviter les doublons. Cette fusion permettra également de finaliser le déménagement à Toulouse du siège de la société qui était précédemment basé à Paris et Munich. Tom Enders prendra la tête du nouvel Airbus et Fabrice Brégier sera son numéro deux tout en conservant la présidence de l'activité d'avions commerciaux. Airbus Helicopters, numéro un mondial des hélicoptères civils que continuera à diriger Guillaume Faury, avait de son côté annoncé le 26 octobre un plan de départs volontaires portant sur 582 postes en France sur la période 2017-2018 en raison du ralentissement de son marché. 
 
« Airbus group va bien, souligne le PCF, « un carnet de commandes de 1000 milliards (presque 50 % du PIB annuel de la France) et 15 ans d’activité assurée, un chiffre d’affaires en hausse de 6 %, un résultat net progressant de 15 % à 2,7 milliards. »
Les syndicats également dénoncent une "logique financière" qui pousse un groupe à la tête d'un carnet de commandes record de près de 1.000 milliards d'euros, soit 8 à 10 ans de production, à supprimer plus de 1.000 postes.

mardi 29 novembre 2016

Une belle victoire pour Valérie Cuvillier, nouvelle maire de Rouvroy (Pierre Laurent)




J'adresse un salut amical et fraternel à Valérie Cuvillier qui menait la liste « continuons ensemble l'essor de Rouvroy » face à une liste FN, lors du premier tour de l'élection partielle de cette ville du Pas de Calais. Ce soir, les 78% obtenus par Valérie Cuvillier et son équipe est un événement. Ce score n'était pas acquis face à un FN qui n'avait pas ménagé ses efforts pour conquérir les pouvoirs municipaux, n'hésitant pas à faire une campagne haineuse contre la municipalité dirigée depuis 1977 par un maire communiste.
Je salue en particulier Jean Haja, un des artisans de cette victoire, qui a permis de passer d'une belle manière le flambeau à Valérie.
Bravo aux habitants de Rouvroy, Bravo aux militant-e-s communistes et à toutes celles et tous ceux qui se sont mobilisés.
Pierre Laurent, secrétaire national du PCF,

lundi 28 novembre 2016

Fidel Castro : un géant du XXe siècle

Fidel Castro et Ernesto Che Guevara. Photo Cubadebate/AfP/Archives-Roberto Salas
 
Un récit de José Fort. Rarement un révolutionnaire, un homme d’Etat aura provoqué autant de réactions aussi passionnées que Fidel Castro. Certains l’ont adoré avant de le brûler sur la place publique, d’autres ont d’abord pris leurs distances avant de se rapprocher de ce personnage hors du commun. Fidel Castro n’a pas de pareil.
Il était « Fidel » ou le « Comandante » pour les Cubains et les latino-américains, pas le « leader maximo », une formule ânonnée par les adeptes européo-étatsuniens du raccourci facile. Quoi qu’ils en disent, Fidel Castro restera un géant du XXe siècle.
Le jeune Fidel, fils d’un aisé propriétaire terrien, né il y a 90 ans à Biran dans la province de Holguin, n’affiche pas au départ le profil d’un futur révolutionnaire. Premières études chez les Jésuites, puis à l’université de La Havane d’où il sort diplômé en droit en 1950. Il milite dans des associations d’étudiants, tape dur lors des affrontements musclés avec la police dans les rues de la capitale, puis se présente aux élections parlementaires sous la casaque du Parti orthodoxe, une formation se voulant « incorruptible » et dont le chef, Chivas, se suicida en direct à la radio. Un compagnon de toujours de Fidel, Alfredo Guevara, fils d’immigrés andalous et légendaire inspirateur du cinéma cubain, dira de lui : « Ou c’est un nouveau José Marti (le héros de l’indépendance), ou ce sera le pire des gangsters ». 
 
Le coup d’Etat du général Fulgencio Batista renverse le gouvernement de Carlos Prio Socarras et annule les élections. Voici le jeune Castro organisant l’attaque armée de la caserne Moncada, le 26 juillet 1953. Un échec. Quatre-vingts combattants sont tués. Arrêté et condamné à 15 ans de prison, Fidel rédige « l’Histoire m’acquittera », un plaidoyer expliquant son action et se projetant sur l’avenir de son pays. Libéré en 1955, il s’exile avec son frère Raul au Mexique d’où il organise la résistance à Batista. Son groupe porte le nom « Mouvement du 26 juillet ». Plusieurs opposants à la dictature rejoignent Fidel. Parmi eux, un jeune médecin argentin, Ernesto Rafael Guevara de la Serna. Son père me dira plus tard : « Au début, mon fils le Che était plus marxiste que Fidel ».
 
Fidel communiste ? Fidel agent du KGB ? Fidel Castro à cette époque se définit comme un adversaire acharné de la dictature, un adepte de la philosophie chère à Thomas Jefferson, principal auteur de la Déclaration d’indépendance des Etats-Unis, et adhère au projet de Lincoln de coopération entre le capital et le travail. Raul et plusieurs de ses compagnons sont nettement plus marqués à gauche.
 
Le 2 décembre 1956, Fidel monte une expédition avec 82 autres exilés. Venant du Mexique à bord d’un bateau  de plaisance, le « Granma », ils débarquent après une traversée mouvementée dans la Province Orientale (sud-est de Cuba). La troupe de Batista les y attend. Seuls 12 combattants (parmi lesquels Ernesto Che Guevara, Raul Castro, Camilo Cienfuegos et Fidel) survivent aux combats et se réfugient dans la Sierra Maestra. Commence alors une lutte de guérilla avec le soutien de la population. Fidel Castro apparaît au grand jour dans les journaux nord-américains et européens, accorde des interviews, pose pour les photographes, parle sur les radios. A Washington, on ne s’en émeut guère lassés des frasques d’un Batista peu présentable. Après l’entrée de Fidel dans La Havane, le 9 janvier 1959, on observe avec intérêt ce « petit bourgeois qui viendra à la soupe comme tout le monde », ricane-t-on au département d’Etat. Même le vice-président Nixon mandaté pour le recevoir afin de vérifier s’il est communiste soufflera à Eisenhower : « C’est un grand naïf, nous en ferons notre affaire ».  Tant que Fidel ne s’attaque pas à leurs intérêts économiques, les dirigeants étasuniens ne s’alarment pas. Lorsque la révolution commence à exproprier des industries nord-américaines, la United Fruit par exemple, la donne change brutalement.
 
Le premier attentat dans le port de La Havane, le 4 mars 1960, sonne le prélude à une longue liste d’actes terroristes : le cargo battant pavillon tricolore, La Coubre, qui avait chargé des munitions à Hambourg, Brème et Anvers explose dans le port de La Havane faisant plus de cent morts, dont six marins français. Ulcéré, le général de Gaulle donne l’ordre d’accélérer la livraison des locomotives commandées du temps de Batista. Elles font l’objet d’étranges tentatives de sabotage. Les dockers CGT du port du Havre surveilleront le matériel jusqu’au départ des navires.
 
Une opération de grande envergure se préparait du côté de Miami : le débarquement de la Baie des Cochons. En avril 1961, au lendemain de l’annonce par Fidel de l’orientation socialiste de la révolution, le gouvernement des Etats-Unis missionne la CIA pour encadrer 1400 exilés cubains et mercenaires latino-américains en espérant, en vain, un soulèvement populaire. Fidel en personne dirige la contre-attaque. La tentative d’invasion se solde par un fiasco. Les Etats-Unis signent là leur déclaration de guerre à la révolution cubaine. Pendant des dizaines d’années, ils utiliseront toute la panoplie terroriste pour tenter d’assassiner Fidel, jusqu’à la combinaison de plongée sous-marine enduite de poison, faciliteront le débarquement de groupes armés, financeront et manipuleront les opposants, détruiront des usines, introduiront la peste porcine et des virus s’attaquant au tabac et à la canne à sucre. Ils organiseront l’asphyxie économique de l’île en décrétant un embargo toujours en vigueur. « El Caballo » (le cheval) comme l’appelaient parfois les gens du peuple, ce que Fidel n’appréciait pas, aura survécu à Eisenhower, Kennedy, Johnson, Nixon, Reagan, Ford et assisté aux départs à la retraite de Carter, Bush père et Clinton. Il dira de Bush fils « celui là, il finira très mal. »  
 
Tant d’années d’agressions, tant d’années de dénigrement et de coups tordus, tant d’années de résistance d’un petit pays de douze millions d’habitants face à la première puissance économique et militaire mondiale. Qui fait mieux ? Lorsqu’on évoque le manque de libertés à Cuba, ne faudrait-il pas d’abord se poser la question : un pays harcelé, étranglé, en guerre permanente, constitue-t-il le meilleur terreau pour favoriser l’épanouissement de la démocratie telle que nous la concevons en occident et que, à l’instar de George Bush, certains souhaiteraient calquer mécaniquement en d’autres endroits du monde, particulièrement dans le Tiers monde? Lorsque dans les salons douillets parisiens, on juge, tranche, condamne, sait-on au juste de quoi on parle ?
 
La crise des fusées ? Lorsque l’URSS dirigée par Nikita Khrouchtchev décide en 1962 d’installer à Cuba des missiles afin, officiellement, de dissuader les Etats-Unis d’agresser l’île, la « patrie du socialisme » répond à une demande de Raul Castro mandaté par Fidel. La direction soviétique fournit déjà à Cuba le pétrole que lui refuse son proche voisin. Elle met deux fers au feu : dissuader les Etats-Unis d’agresser Cuba, afficher un clair avertissement à Washington sur l’air de « nous sommes désormais à proximité de vos côtes ». La tension atteint un point tel qu’un grave conflit mondial est évité de justesse. Les missiles soviétiques retirés, Fidel regrettera que le représentant de l’URSS à l’ONU n’ait pas reconnu la réalité des faits. « Il fallait dire la vérité », disait-il. Il fut bien obligé de se plier à la décision finale de Moscou même si dans les rues de La Havane des manifestants scandaient à l’adresse de Khrouchtchev : « Nikita, ce qui se donne ne se reprend pas. »
Entre Moscou et La Havane, au-delà des rituels, les relations ont toujours été conflictuelles. Pas seulement, pure anecdote, parce que des « responsables » soviétiques ignorants faisaient livrer des chasse-neige à la place des tracteurs attendus. Les Soviétiques voyaient d’un mauvais œil le rôle croissant de Fidel dans le mouvement des non alignés, l’implication cubaine aux côtés des mouvements révolutionnaires latino-américains puis l’aide à l’Afrique. Ils ne supportaient pas la farouche volonté d’indépendance et de souveraineté de La Havane et ont été impliqués dans plusieurs tentatives dites « fractionnelles » reposant sur des prétendus « communiste purs et durs », en fait marionnettes de  Moscou, pour tenter de déstabiliser Fidel. Une fois l’URSS disparue, les nouveaux dirigeants russes ont pratiqué avec le même cynisme abandonnant l’île, coupant du jour au lendemain les livraisons de pétrole et déchirant les contrats commerciaux. Quel autre pays aurait pu supporter la perte en quelques semaines de 85% de son commerce extérieur et de 80% de ses capacités d’achat ?  L’Espagne, ancienne puissance coloniale, a laissé à Cuba un héritage culturel, les Etats-Unis son influence historique et ses détonants goûts culinaires comme le mélange de fromage et de confiture. Mais la Russie ? Rien, même pas le nom d’un plat ou d’un cocktail.
 
L’exportation de la révolution ?  Fidel n’a jamais utilisé le mot « exportation ». Ernesto Che Guevara, non plus. Ils préféraient évoquer la « solidarité » avec ceux qui se levaient contre les régimes dictatoriaux, créatures des gouvernements nord-américains. Doit-on reprocher ou remercier Fidel d’avoir accueilli les réfugiés fuyant les dictatures du Chili et d’Argentine, de Haïti et de Bolivie, d’avoir ouvert les écoles, les centres de santé aux enfants des parias de toute l’Amérique latine et, plus tard, aux enfants contaminés de Tchernobyl ? Doit-on lui reprocher ou le remercier d’avoir soutenu les insurrections armées au Nicaragua, au Salvador et d’avoir sauvé, face à l’indifférence des dirigeants soviétiques, l’Angola fraîchement indépendante encerclée par les mercenaires blancs sud-africains fuyant, effrayés,  la puissance de feu et le courage des soldats cubains, noirs pour la plupart ? Dans la mémoire de millions d’hommes et de femmes d’Amérique latine et du Tiers monde, Fidel et le Che sont et resteront des héros des temps modernes.
 
Les libertés ? Fidel, un tyran sanguinaire ? Il y eut d’abord l’expulsion des curés espagnols qui priaient le dimanche à la gloire de Franco. Complice de Batista, l’église catholique cubaine était et demeure la plus faible d’Amérique latine alors que la « santeria », survivance des croyances, des divinités des esclaves africains sur lesquels est venue se greffer la religion catholique, rassemble un grand nombre de noirs cubains. Les relations avec l’Eglise catholique furent complexes durant ces longues années jusqu’au séjour de Jean Paul II en 1998 annoncée trop rapidement comme l’extrême onction de la révolution. Ce n’est pas à Cuba que des évêques et des prêtres ont été assassinés, mais au Brésil, en Argentine, au Salvador, au Guatemala et au Mexique.
Il y eut la fuite de la grande bourgeoisie, des officiers, des policiers qui  formèrent, dès la première heure, l’ossature de la contre révolution encadrée et financée par la CIA. Il y eut ensuite les départs d’hommes et de femmes ne supportant pas les restrictions matérielles. Il y  eut l’insupportable marginalisation des homosexuels. Il y eut les milliers de balseros qui croyaient pouvoir trouver à Miami la terre de toutes les illusions. Il y eut la froide exécution du général Ochoa étrangement tombé dans le trafic de drogue. Il y eut aussi ceux qui refusaient la pensée unique, la censure édictée par la Révolution comme « un acte de guerre en période de guerre », les contrôles irritants, la surveillance policière. Qu’il est dur de vivre le rationnement et les excès dits « révolutionnaires ». Excès? Je l’ai vécu, lorsque correspondant de « l’Humanité » à La Havane, l’écrivain Lisandro Otero, alors chef de la section chargée de la presse internationale au Ministère des Affaires étrangères, monta une cabale de pur jus stalinien pour tenter de me faire expulser du pays. 
 
Ceux qui osent émettre une version différente d’un « goulag tropical » seraient soit des « agents à la solde de La Havane », soit victimes de cécité. Que la révolution ait commis des erreurs, des stupidités, des crimes parfois n’est pas contestable. Mais comment, dans une situation de tension extrême, écarter les dérives autoritaires? 
 
A Cuba, la torture n’a jamais été utilisée, comme le reconnaît Amnesty international. On tranchait les mains des poètes à Santiago du Chili, pas à la Havane. Les prisonniers étaient largués en mer depuis des hélicoptères en Argentine, pas à Cuba. Il  n’y a jamais eu des dizaines de milliers de détenus politiques dans l’île mais un nombre trop important qui ont dû subir pour certains des violences inadmissibles. Mais n’est-ce pas curieux que tous les prisonniers sortant  des geôles cubaines aient été libérés dans une bonne condition physique ?
Voici un pays du Tiers monde où l’espérance de vie s’élève à 75 ans, où tous les enfants sont scolarisés et soignés gratuitement. Un petit pays par la taille capable de produire des universitaires de talent, des médecins et des chercheurs parmi les meilleurs au monde, des sportifs raflant les médailles d’or, des artistes, des créateurs.  Où, dans cette région du monde, peut-on présenter un tel bilan ?
 
Fidel aura tout vécu. La prison, la guérilla, l’enthousiasme révolutionnaire du début, la défense contre les agressions, l’aide internationaliste, l’abandon de l’URSS, une situation économique catastrophique lors de la « période spéciale », les effets de la mondialisation favorisant l’explosion du système D. Il aura (difficilement) accepté l’adaptation économique avec un tourisme de masse entraînant la dollarisation des esprits parmi la population au contact direct des visages pâles à la recherche de soleil, de mojito, de filles où de garçons. Comment ne pas comprendre les jeunes cubains, alléchés par l’écu ou le dollar, et regardant avec envie les visiteurs aisés venus de l’étranger ? Il aura, enfin, très mal supporté  le retour de la prostitution même si dans n’importe quelle bourgade latino-américaine on trouve plus de prostituées que dans  la 5 eme avenue de La Havane. Alors, demain quoi ?
 
Fidel mort, la révolution va-t-elle s’éteindre ? Il ne se passera pas à Cuba ce qui s’est produit en Europe de l’Est car la soif d’indépendance et de souveraineté n’est pas tarie. Les adversaires de la révolution cubaine ne devraient pas prendre leurs désirs pour la réalité. Il y a dans cette île des millions d’hommes et de femmes – y compris de l’opposition – prêts à prendre les armes et à en découdre pour défendre la patrie. Fidel avait prévenu en déclarant : « Nous ne commettrons pas l’erreur de ne pas armer le peuple. » Le souvenir de la colonisation, malgré le fil du temps, reste dans tous les esprits, les progrès sociaux enregistrés, au-delà des difficultés de la vie quotidienne, constituent désormais des acquis. Il y a plus. La révolution a accouché d’une nouvelle génération d’hommes et de femmes refusant le retour au passé, des cadres « moyens » de trente à quarante ans très performants en province, des jeunes dirigeants nationaux aux talents confirmés. Une nouvelle époque va s’ouvrir et elle disposera d’atouts que Fidel n’avait pas. L’Amérique latine, ancienne arrière cour des Etats-Unis, choisit des chemins progressistes de développement, l’intégration régionale est en marche, le prestige de la révolution cubaine demeure intacte auprès des peuples latino-américains. Cuba, enfin, peut respirer.
Il n’y aura pas de rupture à Cuba. Il y aura évolution. Obligatoire. Pour qu’elle puisse s’effectuer dans les meilleures conditions, il faudra que les vieux commandants de la Révolution rangent leurs treillis vert olive, prennent leur retraite et passent la main. Les atlantes du futur, de plus en plus métissés, sont prêts. Ne sont-ils pas les enfants de Fidel ?

dimanche 27 novembre 2016

Résultat du vote des communistes pour 2017 : 53,6 % pour l'option 1, des communistes unis pour faire grandir le rassemblement

Suite à la Conférence nationale du 5 novembre, les 120.000 membres du Parti communiste français étaient invités à poursuivre le débat engagé sur leur choix pour les échéances électorales de 2017. Ils l'ont fait sur la base de l'analyse des développements de la situation politique, de la résolution adoptée par la Conférence nationale et des deux options qui étaient soumis à leur vote pour l'élection présidentielle. La discussion des communistes a confirmé l'inquiétude et la lucidité partagées devant la montée des dangers de droite, d'extrême-droite et de populismes rétrogrades, et aiguisé la conscience des responsabilités qui sont les nôtres pour ouvrir un nouveau chemin d'espoir.

Des dizaines de milliers de communistes ont activement participé à cette consultation dans un état d'esprit respectueux et de grande responsabilité, faisant honneur à la vie démocratique de leur parti et de la vie politique nationale. Ils ont largement exprimé leur volonté de sortir unis et rassemblés de cette consultation pour mener les batailles cruciales qui nous attendent.

Sur les 56 365 cotisants à jour de leurs cotisations et pouvant donc participer au vote, 40.937, soit 72% des inscrits, ont voté ces 24, 25 et 26 novembre.

Plus de 92 % ont adopté la résolution stratégique « Uni-e-s pour l'humain d'abord, les communistes en campagne », qui fixe le cap général de nos batailles pour 2017 : porter un pacte d'engagements pour la France à même de sortir notre pays de la crise dans laquelle il est plongé ; construire le rassemblement de toutes les forces disponibles pour un nouveau pacte de majorité à gauche alternatif à l'austérité; présenter dans toutes les circonscriptions de France des candidat-e-s capables de porter ce projet et cette démarche de rassemblement.

Sur le choix présidentiel, 53, 60 % des exprimés ont voté pour l'option 1, qui devient de ce fait la décision du Parti communiste Français, et 46,40 % ont voté pour l'option 2. Le comité exécutif national appelle donc l'ensemble des communistes à se rassembler autour du choix majoritairement validé.

Les votes et les débats sur ces deux options ont été partagés. Quels qu'aient été leurs choix, l'unité des communistes est désormais indispensable. Elle est nécessaire pour permettre une mise en œuvre efficace de nos combats. Pour être forte, cette unité doit se faire dans le respect du choix majoritaire, de tous les communistes, du débat qui a lieu, des convictions et des questionnements qu'il a exprimés.

C'est dans cet état d'esprit que le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, et l'ensemble du comité exécutif national, s'engageront au service du choix démocratiquement effectué.

Le choix 1 retenu par la majorité des votants est celui d'une campagne communiste autonome appelant à voter Jean-Luc Mélenchon, « considérant qu'un rassemblement peut s'opérer avec cette candidature et qu'elle porte une grande partie des propositions de la gauche alternative à l'austérité ». Ce choix indique également que « les communistes poursuivront leurs efforts pour une candidature commune, porteront cet appel en conservant leur autonomie, critique et constructive, travailleront à un cadre collectif de campagne élargi afin d'oeuvrer à la construction d'un rassemblement le plus large possible ».

Le Conseil national du PCF se réunira le jeudi 1er décembre pour prendre toutes les décisions nécessaires à la mise en œuvre offensive de ce choix : porter sans attendre nos propositions dans le débat national, prendre de nouvelles initiatives de rassemblement en mettant notre choix de candidature au service de cette démarche, impulser notre campagne et la désignation de nos candidat-e-s pour les législatives.

Le Comité exécutif national invite dès à présent tous les communistes à amplifier le travail sur les élections législatives, la désignation des candidat-e-s - ainsi que la désignation des chefs de file pour les élections sénatoriales - et la construction des rassemblements nécessaires. Le 14 janvier 2017, le Conseil national validera les candidatures présentées ou soutenues par le PCF à ces élections.

Le Comité exécutif national remercie tous les secrétaires départementaux, tous les conseils départementaux, les secrétaires de sections pour l'organisation du vote qui s'est déroulé dans de très bonnes conditions. Il félicite tous les communistes pour la qualité du débat mené. Aujourd'hui, le choix des communistes nous engage. Soyons ensemble pour le mettre en œuvre.

Décès de Fidel Castro : récation de Pierre Laurent

C'est avec une très vive émotion que j'ai appris le décès du Président Fidel Castro. Il fut l'artisan de l'une des plus importantes révolutions initiées au XX°siècle et une personnalité majeure de notre histoire.

La révolution qu'il dirigea dès 1953, est l'un des plus fondamentaux moments de l'histoire de Cuba et de l'Amérique latine. Pour le peuple cubain, elle a permis la conquête de l'indépendance et le début d'un processus de construction d'une nouvelle société. A l'échelle de l'Amérique latine, elle reste un symbole de résistance et la démonstration de la possibilité de bâtir une société juste et souveraine pour tous les peuples.

Le décès de Fidel Castro intervient alors que Cuba entre dans une nouvelle étape initiée par le rétablissement des relations avec les États-Unis qui pendant des décennies mobilisèrent tous les moyens possibles pour abattre la révolution cubaine sans jamais y parvenir. La politique de harcèlement et de blocus mise en œuvre par Washington a fait la démonstration de l'impuissance des Etats-Unis face à la résistance de tout un peuple et aux changements progressistes intervenus dans la région. L'influence de Fidel Castro a été décisive tant par sa vision politique que par sa volonté et celle du peuple cubain de défendre la souveraineté de Cuba. Avec lui, la lutte pour l'indépendance s'est jointe à celle de la construction d'une société nouvelle et socialiste. Fidel Castro fit face toute sa vie aux multiples attaques violentes dont son île et sa personne furent l'objet. Il fut admiré par ses soutiens comme par ses détracteurs pour son courage, son sens politique, sa grande culture, et les combats progressistes de solidarité internationale qu'il mena toute sa vie à l'image de la lutte contre l'apartheid ou par l'envoi de milliers de médecins cubains à travers le monde.

Aux côtés des forces de gauche latino-américaines, il joua un rôle de premier plan dans l'émergence d'une nouvelle configuration politique marquée par l'arrivée des gouvernements progressistes et la création d’instruments d'intégration régionale. Cuba assuma ainsi en 2013 la présidence de la Communauté d’États latino-américains et des Caraïbes comme une reconnaissance de sa place et de son action en faveur de l'unité des peuples. Même dans les moments les plus difficiles, la révolution cubaine est restée fermement solidaire avec les forces progressistes du continent.

samedi 26 novembre 2016

Les Communistes en consultation



Les militants communistes du Grésivaudan sont appelés à se prononcer sur leur choix de candidature pour la présidentielle de 2017. On connaîtra les résultats départementaux et  nationaux de cette consultation dimanche.

vendredi 25 novembre 2016

Airbus : 1000 emplois supprimés, 1000 milliards de commandes

Airbus group va bien : un carnet de commandes de 1000 milliards (presque 50 % du PIB annuel de la France) et 15 ans d’activité assurée, un chiffre d’affaires en hausse de 6 %, un résultat net progressant de 15 % à 2,7 milliards.
Pourtant, la direction du groupe, annonce la suppression de 1000 emplois dans le cadre son plan « Gemini », avec en particulier 400 postes détruits dans le secteur clef de l’innovation technologique.

Ce paradoxe insupportable, montre que le choix de la direction est de sacrifier la pérennité à long terme de l’entreprise au profit de la satisfaction immédiate de l’intérêt financier de ses actionnaires et des stock-options des hauts dirigeants. Ceci est la conséquence logique d’une composition du capital par un actionnariat à plus de 74 % flottant et privé. Or les bons résultats actuels du groupe sont dus à des programmes dont le lancement porte sur une ou plusieurs décennies, ainsi le début des études des premières versions du best-seller d’Airbus l’A320 remonte à 1975.
L’industrie aéronautique va être confrontée dans les années avenirs aux défis de la lutte contre le réchauffement climatique et au pic pétrolier, ce qui devrait impliquer des investissements massifs en termes de salariés, de formations et de recherche & développement.

Le gouvernement français porte une responsabilité accablante dans cette situation, car il a laissé passer en 2013 l’occasion historique que se constitue avec Airbus le premier groupe public européen lorsque la banque publique allemande Kreditanstalt für Wierderaufbau a racheté la moitié des parts de l’actionnaire privé Daimler et alors que parallèlement le groupe Lagardère se désengageait du capital.

Aujourd’hui afin d’assurer l’avenir d’Airbus group, le PCF demande solennellement à État français toujours actionnaire du groupe, d’intervenir pour que le plan « Gemini » de 1000 destructions d’emplois soit retiré. Notre pays comme l’Europe à l’heure des menaces de guerre commerciale de Trump ont plus que jamais besoin d’une ambitieuse politique industrielle.

jeudi 24 novembre 2016

L’Assemblée Nationale adopte le budget 2017


L’Assemblée nationale a voté ce mardi 22 novembre 2016, (287 voix pour, 243 voix contre, 22 députés se sont abstenus) l’ensemble du projet de loi de finances pour 2017 en première lecture.
Le PLF 2017, sous réserve de sa transmission, fera l’objet, jeudi 24 novembre 2016, d’une discussion générale en séance publique. Cette discussion ouvre traditionnellement l’examen du projet de loi de finances au Sénat.
Mercredi 16 novembre 2016, la commission des finances du Sénat s’est réunie pour examiner les articles de la première partie du projet de loi de finances pour 2017. Elle a donné mandat au rapporteur général pour rédiger une motion tendant à opposer la question préalable sur l’ensemble du projet de loi de finances.
Cette motion, déposée au nom de la commission, sera débattue en séance publique mercredi 30 novembre 2016.
Les députés Front de gauche ont voté CONTRE. Explication de vote par Gaby Charroux :
"Nous voici au terme de l’examen de ce projet de loi de finances pour 2017, dernier budget du quinquennat. Le temps est donc venu de prendre du recul pour faire le bilan de la politique budgétaire menée depuis 2012.
Soyons francs : ce quinquennat aura été celui d’un transfert inédit de fiscalité. En effet, le choix exclusif d’une politique de l’offre, fait dès 2012 et amplifié en 2014, aura conduit à diminuer de plus de 30 milliards d’euros les prélèvements sur les entreprises et à augmenter de 20 milliards d’euros environ les prélèvements sur les ménages.
Avec la hausse du taux de CICE et la baisse programmée du taux de l’impôt sur les sociétés, adoptées dans ce budget, ce choix est, malheureusement, conforté. Dès lors, messieurs les ministres, que va-t-il rester de notre impôt sur les sociétés dont le rendement sera deux fois moindre que celui de la moyenne des pays de l’OCDE ?
Autre question : ce transfert massif – et douloureux –des prélèvements des entreprises vers les ménages, qui s’accompagne d’une TVA désormais en surpoids, a-t-il été bénéfique pour l’emploi et la cohésion sociale ? Malheureusement non ! En quatre ans et demi, le chômage comme la précarité n’auront cessé de croître. L’erreur manifeste aura été de croire et de faire croire que la compétitivité des entreprises dépendait exclusivement du prix du travail, je dis bien de son prix car le travail n’est pas un coût !
Or c’est par l’investissement, l’innovation et la formation que notre pays doit se singulariser. C’est par un mode de développement fondé sur la transition écologique, la réussite éducative ainsi qu’un véritable accompagnement dans l’emploi tout au long de la vie que nous parviendrons à proposer un chemin d’espérance et d’optimisme à nos concitoyens.
Ce chemin est, pour le moment, coupé par une fracture territoriale, silencieuse et pourtant si douloureuse, qui s’aggrave : la métropolisation a contribué à accroître les inégalités sociales et le sentiment d’abandon. La baisse des investissements publics, en particulier à l’échelon local, qui a subi une baisse drastique et indifférenciée de ses moyens, a été lourde de conséquences pour nos territoires.
Bien sûr, nous avons salué certains efforts nécessaires, en matière de police, de gendarmerie et de justice, pour assurer la sécurité de nos concitoyens. Nous avons également soutenu le rattrapage concernant l’éducation nationale, même si un effort supplémentaire reste nécessaire.
Ce soutien, nous l’avons apporté en responsabilité, ce dont nous nous félicitons, compte tenu de ce que d’aucuns promettent ! Contrainte de faire de la surenchère pour pouvoir se démarquer politiquement, la droite annonce, selon les goûts, entre 80 et 110 milliards d’euros de diminution de dépenses publiques, ce qui aurait des conséquences dramatiques sur notre capacité à répondre aux défis du temps présent.
C’est une ineptie au moment où toutes les grandes institutions prônent un desserrement des politiques d’austérité qui font tant de mal aux plus fragiles.
Mais si nous en sommes là, messieurs les ministres, si nos concitoyens font preuve d’un tel rejet à l’égard de la politique menée depuis 2012, c’est tout simplement parce que le chemin choisi n’a pas été à la hauteur de leurs attentes et de vos engagements.
En refusant de toucher à une ligne du Traité européen sur la stabilité, la coordination et la gouvernance – TSCG – et donc en refusant de porter le fer contre l’orthodoxie européenne qui fait des 3 % de déficit l’horizon indépassable, notre pays s’est mis dans l’impasse.
En ne portant pas une véritable réforme fiscale posant la progressivité et la justice comme valeurs cardinales, modulant les prélèvements des entreprises en fonction de l’utilisation des bénéfices et décourageant la rente, le Gouvernement est resté dans le couloir de l’ordolibéralisme ambiant.
Le prélèvement à la source n’est en aucun cas une réforme fiscale. Source de complexité, qualifié par certains d’usine à gaz, il présente des risques importants en matière de confidentialité et d’efficacité du recouvrement en associant un tiers à la collecte, en l’occurrence l’entreprise, dont ce n’est pourtant pas le rôle.
Pis, le prélèvement à la source pourrait être pour la droite le cheval de Troie d’une flat tax, un impôt proportionnel qui toucherait uniformément les plus riches et les plus pauvres, ce qui constituerait un désastre social.
Dans sa philosophie, ce budget ne diffère pas des précédents. Au terme de cette législature, il signe la déception de ne pas avoir ouvert un autre chemin : celui d’une création et d’une répartition plus égalitaires des richesses, celui du progrès et de l’ambition, celui de l’innovation et de l’espoir.
C’est pour avoir oublié sa volonté de battre en brèche une finance internationale toute-puissante, c’est pour avoir pris le parti de la doxa libérale que le Gouvernement, entraînant toute la gauche, a perdu une grande partie du peuple. L’urgence est telle que la résignation comme la satisfaction seraient une faute. Nous voterons contre ce projet de budget."

mercredi 23 novembre 2016

Pour André Chassaigne (PCF), la candidature de François Fillon « prépare des lendemains douloureux »

André Chassaigne, député communiste du Puy-de-Dôme, a jugé le 22 novembre que, face au « programme ultra-libéral » de François Fillon, il fallait « une gauche décomplexée, qui assume son identité ».

Le député du Puy-de-Dôme a estimé, lors d'un point presse, que le candidat de la primaire de la droite, favori pour le second tour, portait un programme très « éloigné du gaullisme social », « extrêmement dur et qui prépare des lendemains douloureux ».

Aux yeux de l’élu communiste, la proposition de M. Fillon de supprimer 500.000 postes en cinq ans dans la fonction publique est « une forme d'aveu d'apesanteur par rapport aux réalités du peuple », qui connaît notamment « la dégradation du service dans les hôpitaux » et « une présence scolaire dans les territoires défavorisés » en recul.

François Fillon, « c'est le bulldozer, la grosse Bertha » avec la perspective de la TVA sociale, la retraite à 65 ans, la suppression de l'ISF, des 35 heures, retient André Chassaigne en citant Cocteau: « pour que les Dieux s'amusent beaucoup, il importe que leurs victimes tombent de haut ».

Selon le patron des députés du Front de gauche, « quand une porte a été entrouverte [vers le libéralisme] comme elle l'a été par les socialistes, certains mettent de grands coups de pied dedans ».

Ainsi la « dérive » du gouvernement « pousse encore davantage la droite vers des mesures conservatrices ». Face à cela, « il faut une gauche décomplexée, qui assume son identité », préconise-t-il.

mardi 22 novembre 2016

Présidentielle. Au PCF, derniers jours de débat avant le vote

Avant de se rendre aux urnes cette semaine, les communistes poursuivent leurs échanges. Leur secrétaire national, Pierre Laurent, a confirmé son choix d’un soutien à Jean-Luc Mélenchon.
Semaine décisive au PCF. À partir de jeudi, les militants communistes sont appelés à se prononcer sur leur choix de candidature pour la présidentielle de 2017. Et le débat se poursuit, au plan local comme national, sur les deux options en balance : soit un appel à voter pour Jean-Luc Mélenchon assorti d’une campagne autonome du PCF, soit la désignation d’un candidat communiste qui pourrait se retirer au profit d’une « candidature commune d’alternative à l’austérité ». Le 5 novembre, la conférence nationale du PCF s’était prononcée à 55,69 % en faveur de la seconde hypothèse.
Comme plusieurs responsables et élus ces deux dernières semaines, Pierre Laurent, le secrétaire national, a confirmé, vendredi dans une note de blog, le choix qu’il avait fait connaître à la veille de ce rendez-vous. « Face au paysage plein de dangers qui se met en place, je conçois l’appel à voter Jean-Luc Mélenchon comme un levier, un appel pour pousser plus loin le travail de rassemblement vers un front social, politique et citoyen », explique-t-il, tout en rappelant que, à ses yeux, il s’agit avec cette prise de position « non pas (de) se rallier mais (de) lancer sans tarder une grande campagne communiste autonome ».

« Construire la possibilité d’un véritable choix pour les électeurs »

Le dirigeant du PCF invite, face au risque de détournement de la colère populaire à l’instar de Trump aux États-Unis, à « construire la possibilité d’un véritable choix pour les électeurs, c’est-à-dire une candidature tout à la fois porteuse de résistance et d’un projet répondant à leurs attentes, et portée par un arc de rassemblement suffisamment crédible à leurs yeux. (…) C’est sur cette seconde dimension essentielle que risque de buter, à notre corps défendant, une candidature communiste », estime-t-il. Et d’objecter à ceux qui constatent l’absence d’accord politique avec le candidat de La France insoumise qu’une « totale liberté de campagne » et un « engagement immédiat dans les constructions les plus rassembleuses possibles dans chaque circonscription législative » seraient les « meilleures garanties » d’y parvenir.
En fin de semaine dernière, un texte signé par 23 membres du Conseil national du PCF favorables à la désignation d’un candidat communiste a aussi été rendu public. « Nous voulons être à l’offensive pour empêcher la droite et l’extrême droite de conquérir le pouvoir, rassembler tous ceux qui luttent contre l’austérité », y écrivent ces dirigeants, dont certains responsables de fédération, jugeant que la candidature de l’un des leurs serait « la garantie d’une démarche collective » et permettrait une plus grande « visibilité » de leurs propositions et de leur démarche. « Les militants, les sympathisants, tous ceux pour qui le PCF est un point de repère, longtemps désorientés par une stratégie trop floue ou illisible, retrouveront ainsi le chemin du débat et de l’action », ajoutent-ils, tandis que, selon eux, Jean-Luc Mélenchon « hypothèque par sa posture toute perspective majoritaire ». Parmi ces signataires figurent des économistes du PCF qui ont parallèlement rédigé une note à propos du programme de La France insoumise : celui-ci « ne présente pas seulement des divergences et des contradictions avec nos propositions. Sa conception même est fondamentalement contraire à toute perspective de rassemblement à gauche », jugent-ils.
Au-delà du candidat, les communistes auront aussi cette semaine à se prononcer sur la résolution qui fait état de la démarche générale du PCF pour 2017, adoptée par leur conférence nationale à plus de 90 %. Preuve pour Pierre Laurent que, « quel que soit le résultat, (leur) route restera commune sur le chemin du rassemblement ».