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vendredi 30 décembre 2016

Le procès de l’écrivaine Asli Erdogan, ou la farce d’un apprenti dictateur

Un tribunal d'Istanbul a ordonné ce jeudi la remise en liberté sous contrôle judiciaire de la romancière turque Asli Erdogan et de la linguiste Necmiye Alpay, jugées toutes deux pour appartenance à une "organisation terroriste". En détention préventive depuis plus de quatre mois, les deux intellectuelles doivent sortir de la prison pour femmes de Bakirköy vers 19H30.
Asli Erdogan a l’oppression  inscrite dans la chair. Dans son autoportrait que nous publions aujourd’hui, la romancière turque explique comment les idéaux d’émancipation ont toujours valu à sa famille la répression et l’enfermement. Devenue adulte et brillante physicienne, c’est grâce à l’écriture qu’Asli Erdogan parviendra à toucher du doigt la liberté dans un pays où l’armée reste une institution. Aux mains du sultan Erdogan, la Turquie d’aujourd’hui emprisonne de nouveau tous ceux qui ont l’égalité chevillée au corps. Pour avoir dénoncé la guerre au Kurdistan et l’état de siège dans lequel vit son pays depuis le coup d’État avorté du 15 juillet dernier dans le journal d’opposition Özgür Gündem, Asli Erdogan est de nouveau derrière les barreaux. Elle est aujourd’hui citée à comparaître avec huit autres intellectuels devant la 23e chambre de la cour d’assises du palais de justice de Caglayan. Tous risquent la réclusion à perpétuité. Un procès politique à l’abri des regards, que la romancière annonce « kafkaïen ». Aux portes du tribunal, et partout en Europe, la journée sera le point d’orgue d’une mobilisation du monde intellectuel et de tous ceux qui ont compris que la dictature mise en marche par le président Erdogan fait courir des risques au-delà des frontières turques.  
Le monde de la culture se mobilise en faveur de la libération d’Asli Erdogan. En France, des écrivains qui participent à son comité de soutien appellent à diffuser ses textes. 

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