Liste UN ENGAGEMENT COMMUN

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dimanche 14 mai 2017

A Grande-Synthe, 200 migrants errent dans un bois, leur "vie sur le dos"

"Maintenant, un migrant, c'est comme un escargot, tout ce qu'il a, il doit l'avoir sur le dos", lance une bénévole. A Grande-Synthe, un mois après l'incendie qui a ravagé le camp, plus de 200 migrants ont trouvé refuge dans un bois où ils vivent sans aucun abri."

AFP-REPORTAGE. La situation est dramatique. Jusqu'à présent les réfugiés avaient toujours la possibilité de poser une tente leur permettant de stocker leurs affaires, maintenant, c'est interdit", soupire Sylvie Desjonquères venue vendredi midi avec une quinzaine de compagnons d'Emmaüs au bois du "Puythouck" distribuer un repas aux migrants.
"Je dors sous les arbres et, chaque jour, je dois changer d'endroit, car les policiers m'ordonnent de partir, alors je me balade avec toute ma vie dans mon sac, sur mon dos", témoigne Ashkan, un Iranien de 26 ans qui souhaite rejoindre Manchester.
Il n'est "pas question qu'il y ait un nouveau campement" à Grande-Synthe, c'est pourquoi, "l'État ne permet pas la réinstallation de tentes", explique la préfecture du Nord. D'ailleurs, à l'entrée du bois, un écriteau en arabe le rappelle : "Il est interdit de camper".
Aso, 30 ans, brandit son récépissé de demande d'asile présentée en 2016: "Ca prend du temps et en attendant, je ne sais pas où aller, je n'ai pas d'argent, pas de logement, je n'ai pas de papiers pour travailler, alors je dors dans cette +Jungle+", raconte-t-il, en attendant une assiette de poulet et de riz.
Dans cette vaste zone boisée située à proximité de l'ancien camp de La Linière, plusieurs associations (Emmaüs, Salam, l'Auberge des Migrants...) se relaient quotidiennement pour apporter de l'aide à ces réfugiés, principalement des Kurdes irakiens dont une dizaine d'enfants et deux femmes enceintes selon Gynécologie sans frontières.
"Certains viennent de La Linière, d'autres de Centres d'accueil et d'orientation (CAO) qu'ils ont quittés pour diverses raisons et il y a de nouveaux arrivants", d'après l'Auberge des Migrants.
Et selon Claire Millot de l'association Salam, la "quasi totalité" ont pour objectif de gagner l'Angleterre. "Il y a quelques années, un migrant mettait en moyenne trois semaines à passer, maintenant, c'est plusieurs mois, mais ça passe encore, c'est sûr, sinon ils ne resteraient pas là".
Zana, 32 ans, liste "quatre raisons" de rejoindre "à tout prix" la Grande-Bretagne: "Ma famille y est, on peut travailler, je parle la langue et j'ai des problèmes dans mon pays d'origine", énumère-t-il, sans donner plus de précisions. "C'est pour bientôt, en attendant, je dors à la belle étoile...", ajoute le jeune homme, rechargeant son téléphone sur un générateur électrique installé par des bénévoles.
A quelques mètres de lui, un bébé de six mois dort dans une poussette. Arrivée il y a quelques jours, sa mère, Shame, 30 ans, s'inquiète de l'absence d'accès à l'eau dans le bois pour son enfant. "J'espère qu'on sera vite en Angleterre. La nuit ici, il fait froid. Il dort contre moi, sous une couverture, par terre, mais c'est dur", relate la jeune femme kurde.
A 40 kilomètres de là, dans la zone industrielle des Dunes à Calais, à quelques pas de l'ex-"Jungle", des associations distribuent aussi des repas deux fois par jour.
"Après le démantèlement de la +Jungle+ de Calais, on se doutait que cela allait être compliqué, mais c'est pire que ce qu'on croyait. Où qu'ils soient, les migrants sont systématiquement chassés par la police, car l'Etat ne veut pas créer +d'appel d'air+", affirme François Guennoc de l'Auberge des Migrants.
Selon cette association, 500 migrants vivent actuellement dispersés dans le Calaisis. Pour la préfecture du Pas-de-Calais, ils sont entre "250 et 300".
Dans le centre-ville de Calais, les squats de migrants se multiplient aussi, l'un s'est même créé pratiquement au pied de l'Hôtel de Ville, au coeur d'un massif buissonneux. "Une dizaine de migrants se retrouvent là chaque soir après la distribution des repas", raconte une riveraine.
 
VIDEO. Dans la nuit du 10 au 11 avril 2017, le camp de migrants de Grande-Synthe a été détruit par les flammes. La directrice de l'école primaire qui accueillait des enfants du camp témoignait et appellait les citoyens à battre Marine Le Pen à l'élection présidentielle, elle qui dans son programme, a le projet d'interdire la scolarisation des enfants de réfugiés. L'Humanité l'avait rencontrée au meeting de Jean-Luc Mélenchon à Lille.

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