dimanche 26 juillet 2026

Avec la CGT, le Tour de France sous le signe des congés payés


 Le peloton CGT a gravi le col d'Ornon au matin du 24 juillet.

La CGT Isère tenait ce vendredi 24 juillet un stand au pied de la montée de l’Alpe-d’Huez. L’occasion de multiplier les rencontres pendant deux jours et de pleinement participer à cette immense fête populaire en soufflant les 90 bougies d’un conquis social, les congés payés.

La CGT sur le Tour de France, une évidence. Et une tradition, depuis 1947. L’union départementale de l’Isère y prend sa part. Avec, lors de chaque passage en Isère, un stand monté sur un passage stratégique. Autant dire que, cette année, c’est la montée à l’Alpe‑d’Huez qui avait été choisi. Au kilomètre zéro des vingt-et-un lacets mythiques, pour bien faire les choses.

Plusieurs dizaines de milliers de spectateurs – davantage sûrement – sont ainsi passés devant le stand et nombre d’entre eux se sont arrêtés boire un verre et, pour certains, entamer une discussion. Un défilé ininterrompu deux jours durant, du jeudi au vendredi vers 17 heures, le moment où l’on a pu voir rouler Tadej Pogacar, quelques secondes avant son époustouflante remontée qui l’a vu rattraper plus de deux minutes sur la tête de course et l’emporter à l’arrivée dans la station de l’Oisans.

Le stand de la CGT avait été installé au kilomètre zéro des 13,8 km de la montée à l’Alpe.

Les militants de la CGT – ils étaient une quarantaine pendant les deux jours – avaient choisi de placer leur rendez-vous sous le signe du 90e anniversaire des congés payés, un conquis social de 1936. Des maillots avaient été conçus à l’effigie de cet anniversaire. « En cette période de vacances au cœur de l’été, c’est important pour nous de rappeler que les congés payés ça ne tombe pas du ciel ; il a fallu se battre et défendre les conquis sociaux, en gagner d’autres, c’est aujourd’hui encore une bataille », soulignait Nicolas Benoit , secrétaire général de l’union départementale CGT de l’Isère.

Sur ce thème, celui des revendications syndicales, du nécessaire renforcement de la CGT, des rencontres ont eu lieu sur la montée de l’Alpe, la veille du passage du tour, avec les nombreux spectateurs déjà installés pour ne rien rater de la fête.

Le maillot CGT de cette édition 2026 du Tour de France.

La fête, c’était aussi le jeudi soir, au stand. « Des musiciens irlandais sont venus animer un bal improvisé devant le stand », raconte Nicolas Benoit dans un large sourire. Fête populaire et rencontres internationales avec des Slovènes, bien sûr, mais aussi des Espagnols, des Allemands, ou même des Anglais… Et parmi eux, des syndicalistes venus échanger avec leurs camarades français.

Évènement sportif, aussi pour les militants isérois de la CGT. Un peloton de dix-neuf coureurs, dont une féminine, devait s’élancer dans la montée de l’Alpe, à 8h30 au matin du 24 juillet. Devant l’affluence inédite de spectateurs et l’impossibilité de redescendre dans des délais compatible avec la course, c’est finalement le col d’Ornon qui a été gravi, en accord et sous escorte de la gendarmerie.

Une belle et immense fête populaire et sportive, en un mot.

Nicolas Benoit, secrétaire général de l’UD de l’Isère de la CGT. Les congés payés ont même désormais un verre à leur effigie.

Qui ne faisait cependant pas oublier les réalités de l’époque. « Ce dont nous avons discuté avec le public, ce sont aussi de leurs inquiétudes face aux programmes anti-sociaux de la droite et de l’extrême droite, notait Nicolas Benoit, des atteintes aux libertés syndicales comme par exemple celles du nouveaux maire RN de Carcassonne ; l’extrême droite n’est jamais dans le camp des travailleurs et combat leurs représentants, surtout s’ils sont à la CGT. »

Après la pause du mois d’août, les syndicalistes CGT se retrouveront pour leur assemblée générale de rentrée le 8 septembre à la bourse du travail de Grenoble.

Barbara Butch. Pas la bonne méthode pour s’opposer au génocide, selon le PCF


 Barbara Butch sur la scène du Cabaret frappé, au Jardin de ville, sous les huées et les invectives des militants pro-palestiniens.

La DJ Barbara Butch a dû interrompre son set au Cabaret frappé, samedi 18 juillet, à Grenoble, à la suite d'une action menée par 150 à 200 militants pro-palestiniens, à l'appel de la France insoumise et de plusieurs autres organisations. Les manifestants reprochaient à l'artiste d'avoir joué à Tel-Aviv en plein génocide et soutenu la loi Yadan. Réagissant dans un communiqué, la section de Grenoble du PCF réitère son opposition ferme à cette loi mais refuse toute "atteinte à la liberté d'expression et de création". De son côté, la ville de Grenoble annonce qu'elle va déposer plainte, tout comme l'adjoint à la culture Alexis Monge pour les intimidations et le jet de bouteille l'ayant visé.

Combattre et condamner le génocide et la loi Yadan est totalement légitime, mais avec d’autres méthodes. C’est en substance le message qu’a souhaité délivrer la section de Grenoble du PCF, en réaction à l’interruption forcée du concert de Barbara Butch au Cabaret frappé, samedi 18 juillet au soir, au Jardin de ville. La DJ a en effet dû arrêter son set et quitter la scène du festival au bout de vingt minutes, face aux huées, invectives, sifflets et même jets de projectiles de près de 200 manifestants pro-palestiniens.

Barbara Butch fait un cœur au public, avant de quitter la scène prématurément. DR

L’action était menée à l’appel de la France insoumise et de plusieurs autres organisations, comme Urgence Palestine, l’AFA Grenoble, le FUIQP ou le Collectif Georges Abdallah 38. Depuis plusieurs semaines, celles-ci militaient pour boycotter et déprogrammer Barbara Butch. L’artiste lesbienne, connue par ailleurs pour son engagement contre l’antisémitisme, les lgbtphobies et la grossophobie, était surtout accusée par les manifestants d’avoir signé une tribune en faveur de la très controversée proposition de loi Yadan (finalement retirée). Sans oublier sa participation à un concert organisé dans la résidence de l’ambassadeur de France à Tel-Aviv, en juillet 2025.

Allan Brunon, président du groupe LFI à Grenoble, au milieu des manifestants réunis au Jardin de ville. DR

Dans un communiqué intitulé « Oui aux débats, non aux interdictions », le PCF Grenoble rappelle en préambule son opposition à la loi Yadan qui, « si elle avait été adoptée, aurait été une atteinte grave à la liberté d’exprimer son opposition à la politique génocidaire et colonialiste du gouvernement Netanyahou en assimilant toute critique à de l’antisémitisme ». La section se félicite également que cette proposition de loi ait été retirée — en attendant une nouvelle version préparée par le gouvernement — « grâce à une forte mobilisation citoyenne (700 000 signataires de la pétition) et à celle des partis de gauche, syndicats, associations ».

Alexis Monge défend la « liberté de programmation »

« Nous rejetons fermement la loi Yadan », répètent donc les communistes, rappelant leur engagement aux côtés des Palestiniens et contre le génocide à Gaza. Toutefois, « empêcher la tenue d’un concert d’une artiste en raison de son positionnement politique est une atteinte à la liberté d’expression et d’exercice de son métier d’artiste », nuancent-ils. Et de conclure : « Nous laissons au RN et au gouvernement qui voulait interdire une fête organisée par LFI à Paris ce genre de méthode qui s’en prend à la liberté d’expression et de création. »

Les manifestants pro-palestiniens protestant contre la venue de Barbara Butch au Cabaret frappé. DR

Une position rejoignant celle de l’adjoint à la culture Alexis Monge, qui invoque la liberté de programmation, refusant de s’immiscer dans les choix artistiques de l’association Retour de Scène, en charge de la programmation musicale du Cabaret frappé depuis 2021. « Liberté de création, liberté de programmation : c’est ce qu’on défend à Grenoble pour laisser Barbara Butch s’exprimer. Il n’y aura pas de censure préalable », répondait l’élu communiste à France 3, avant le début du festival.

Alexis Monge a néanmoins annoncé son intention de déposer plainte pour intimidation à son égard et pour la bouteille qui a été lancée alors qu’il prenait la parole sur la scène du Cabaret frappé, après l’arrêt du concert. Dépôt de plainte également de la part de la ville de Grenoble, qui a indiqué à Libération vouloir saisir la justice, notamment pour le sabotage des installations électriques. Ce dossier n’a donc pas fini de faire parler…

samedi 25 juillet 2026

Franchises médicales : le gouvernement choisit de faire payer les malades (Fabien Roussel)


 Le gouvernement vient d’annoncer le doublement, de 100 à 200 euros par an, du plafond cumulé des franchises médicales et participations forfaitaires laissées à la charge des patients. Après avoir déjà doublé en 2024 le montant prélevé sur les consultations, les médicaments et les transports sanitaires, il poursuit méthodiquement la même politique : faire payer toujours davantage celles et ceux qui sont malades.

Le cynisme est total. La ministre de la Santé justifie cette nouvelle ponction par la nécessité de financer l’hôpital et l’accès aux soins. Depuis quand finance-t-on l’hôpital en taxant les malades ? La ministre reconnaît elle-même qu’une personne atteinte d’une maladie chronique, qui supporte aujourd’hui en moyenne 78 euros de franchises et participations, pourrait demain en payer autour de 150 euros.

Un patient atteint d’un cancer, de diabète, d’une affection cardiovasculaire ou de toute autre maladie chronique ne choisit pas le nombre de médicaments dont il a besoin ni la fréquence de ses consultations. Il se soigne. Ces franchises sont un véritable impôt sur la maladie, profondément injuste, qui rompt avec le principe fondateur de notre Sécurité sociale : contribuer selon ses moyens et recevoir selon ses besoins.

Cette décision est d’autant plus inacceptable que le doublement des franchises médicales avait été rejeté lors de l’examen du budget de la Sécurité sociale pour 2026. Les parlementaires communistes avaient contribué à mettre en échec cette mesure. Le gouvernement choisit aujourd’hui de revenir à la charge par voie réglementaire.

Le PCF exige l’abandon de ce décret.

Nous proposons exactement le chemin inverse : supprimer les franchises médicales et les participations forfaitaires et aller vers le remboursement à 100 % par la Sécurité sociale de tous les soins prescrits, sans reste à charge. Cela suppose également de mettre fin aux dépassements d’honoraires, de développer massivement les centres de santé, l’hôpital public et une médecine de proximité accessible partout sur le territoire.

De l’argent, il y en a. Mais le gouvernement refuse obstinément d’aller le chercher là où il est. Le PCF propose de développer le financement de la Sécurité sociale par les cotisations, de remettre en cause les dizaines de milliards d’euros d’exonérations de cotisations patronales et de créer une contribution additionnelle sur les revenus financiers des entreprises. Plutôt que de ponctionner quelques dizaines d’euros supplémentaires sur les malades, faisons contribuer les milliards de revenus financiers qui échappent aujourd’hui aux cotisations sociales.

Quatre-vingts ans après sa création par Ambroise Croizat et les forces issues de la Résistance, la Sécurité sociale ne doit pas devenir une assurance au rabais où chacun paierait en fonction de sa maladie.

La santé est un droit, pas une marchandise.
Pas un euro de plus à la charge des malades : allons vers le 100 % Sécu !

Fabien Roussel, 
Secrétaire national du PCF

Paris, le 23 juillet 2026

Le FMI n’a pas à dicter la politique de la France


 

« Une sélection toujours plus brutale » : les sans-facs demandent à l’UGA de les inscrire


 Les sans-facs, soutenus par l'UNEF et plusieurs autres organisations, se sont rassemblés, mercredi 19 juillet, devant le bâtiment de la présidence de l'UGA où ils ont déposé leurs dossiers de recours.

Plusieurs organisations syndicales, politiques et associatives appelaient à un rassemblement, mercredi 15 juillet, devant la présidence de l'Université Grenoble Alpes, pour soutenir le collectif des sans-facs qui déposait les dossiers de recours d'étudiant·es refusé·es en licence ou en master. Soit une trentaine de sans-facs déjà accompagnés par l'UNEF, qui réclame leur inscription immédiate à l'UGA. Le syndicat étudiant dénonce cette sélection de plus en plus drastique s'inscrivant, selon lui, dans une politique de casse de l'université.

Les chiffres sont éloquents. Cette année, en France, plus de 320 000 personnes sortent de Parcoursup sans affectation, venant grossir le flot des sans-facs. « Pour l’année prochaine, nationalement, 5 700 places ont été supprimées en première année de licence sur Parcoursup », complète Léonce Subtil, président de l’UNEF Grenoble. « Et on compte 13 % de places en moins sur Mon Master, soit environ 23 000 places, alors que le nombre de candidats augmente. » Conséquences, certains cursus sont saturés, avec des refus presque systématiques. Par exemple, en master de psychologie, les probabilités d’être accepté aujourd’hui après avoir validé une licence oscillent entre 1 et 5 %, selon une enquête de l’Association des enseignants-chercheurs de psychologie des universités (AEPU).

Les sans-facs et leurs soutiens tapent sur les vitres du bâtiment pour attirer l’attention des représentants de la présidence… qui ne descendront pas les rencontrer.

Plus globalement, « ces dernières années, c’est en moyenne un·e étudiant·es sur trois qui se retrouve sans admission satisfaisante à l’issue des phases complémentaires de ces plateformes », soulignent différentes organisations (UNEF, UEG, Solidaires étudiant·e·s, CGT FERC Sup, CAAEI, SIAG, Cisem, NPA‑R jeunes, UCL, Jeunes Insoumis) dans un communiqué commun. Syndicats étudiants ou de personnel, partis, mouvements de jeunesse, associations… Tous appelaient à se rassembler ce mercredi 15 juillet devant le bâtiment de la présidence de l’Université Grenoble Alpes (UGA) afin de soutenir le collectif des sans-facs dans son initiative.

Déjà une trentaine de dossiers déposés et encore plus à la rentrée

Dans le cadre de la campagne pilotée par l’UNEF Grenoble, celui-ci organisait un dépôt collectif des dossiers de recours des étudiants recalés avant l’inscription en licence ou en master. Lesquels sont de plus en plus nombreux. « C’est une campagne qu’on mène tous les ans mais la sélection est chaque année de plus en plus brutale et de plus en plus importante », constate Léonce Subtil. Illustration, entre juin et octobre 2025, le collectif avait soutenu une dizaine de postulants, in fine tous inscrits à l’issue d’un long et âpre combat. Un chiffre déjà largement dépassé, cet été, après seulement quelques semaines de mobilisation.

« Étudier est un droit, pas un privilège », rappellent les pancartes et les slogans scandés par les manifestants.

« Il y a actuellement une trentaine de dossiers déposés ou en cours de dépôt », précise ainsi le représentant de l’UNEF. « Une trentaine qu’on demande à l’Université Grenoble Alpes d’inscrire, ajoute-t-il, sachant que la campagne, elle, va continuer ». Le syndicat étudiant propose des permanences quasi quotidiennes sur le campus depuis les résultats de Parcoursup, le 2 juin, et ce, jusqu’à la fermeture de la fac, le 24 juillet au soir, avant de reprendre début septembre. D’ici là, d’autres étudiants devraient rejoindre la campagne des sans-facs, comme à la rentrée 2025. « Beaucoup de gens sont encore sur liste d’attente ou en tout cas ne savent toujours pas s’ils sont acceptés ou non », explique le militant.

Les drapeaux de l’UNEF aux premières loges.

Ce dernier fustige par ailleurs l’absence de réponse de la présidence de l’UGA, que ce soit au mail de l’UNEF la semaine dernière ou aux sollicitations des sans-facs manifestant devant le bâtiment. Pourtant, dans ce type de cas, c’est bien la présidence de l’université qui décide en dernier ressort, ayant « le pouvoir d’inscrire qui elle veut », affirme Léonce Subtil. Avant cela, une commission étudie les dossiers. « Mais on connaît le fonctionnement de la sélection à l’université, c’est un peu du travail à la chaîne », nuance le responsable syndical. « Et dans les filières où il y a très peu de place, comme psycho ou droit, les refus sont quasiment automatiques. »

« Les situations personnelles ne sont pas prises en compte »

En outre, le choix final s’appuie essentiellement sur les notes et « ne prend pas du tout en compte les situations personnelles », déplore-t-il. C’est d’ailleurs ce que regrette Loubna [le prénom a été modifié], arrivée durant l’année 2023–2024 d’Algérie où elle était étudiante en L3 biologie. Venue en France pour rejoindre son père, qui souffre d’un handicap, elle a tenté de s’inscrire en troisième année de licence à l’UGA mais est recalée depuis plus de deux ans via Parcoursup. Qu’elle plaide sa situation personne et familiale particulière ou qu’elle mette en avant son cursus universitaire, rien n’y fait. Motif invoqué : « résultats scolaires insuffisants ».

Les manifestants ont écouté les prises de parole successives des organisations présentes.

Un argument que réfute vivement Loubna : « J’ai un Bac+2 en biologie et en Algérie, nos études étaient en français. En plus, j’ai un bon niveau de français en TCF et j’ai même passé un test de français ici, à l’université », assure-t-elle. Désespérée par les refus d’inscription successifs, l’étudiante a finalement décidé de passer le Bac français en juin dernier… « Puisqu’ils semblent avoir un problème avec mon Bac algérien », justifie-t-elle.

Problème, « les vœux sur Parcoursup sont prévus avant les épreuves ». Ses très bons résultats et son succès n’ont pas été pris en tête. « Je suis sur liste d’attente, beaucoup trop loin », se lamente l’Algérienne. Malgré son Bac obtenu dans deux pays différents, malgré ses deux années de licence validées en biologie. Loubna s’est donc rapprochée de l’UNEF et du collectif des sans-facs, avant de déposer un dossier de recours ce mercredi. « Je suis même prête à m’inscrire en L1 », confie-t-elle. « Je n’ai pas le choix. Eux [NDLR : l’administration de l’UGA], ils veulent juste qu’on aille travailler dans les magasins. »

« La sélection, […] c’est un choix politique qui s’inscrit dans une politique beaucoup plus large du gouvernement, de casse de l’université. »

Pour Léonce Subtil, c’est justement cette fausse alternative que le ministère et donc le gouvernement entendent soumettre à une partie des étudiants. « Après le Bac, si tu ne vas pas à l’université, si t’es refusé sur Parcoursup ou Mon Master, t’as deux options : soit tu vas travailler à McDo ou dans un autre travail précaire, soit tu vas faire le nouveau service militaire qu’ils ont mis en place », décrypte-t-il, pointant la recherche par le patronat d’une « main d’oeuvre peu qualifiée, précaire et qu’on paye ainsi moins bien ». Besoins auxquels les universités accepteraient honteusement de se plier, estime-t-il.

Un rassemblement qui a fait du bruit.

Parmi les manifestants, beaucoup en sont convaincus, la situation actuelle ne doit rien au hasard. « La sélection, ce n’est pas juste le hasard de la vie. C’est un choix politique qui s’inscrit dans une politique beaucoup plus large du gouvernement, de casse de l’université », assène le président de l’UNEF Grenoble. Et de citer l’augmentation des frais d’inscription pour les étudiants extra-communautaires — appliquée en principe à la rentrée 2027 à l’UGA — avec des projets de hausse généralisée par la suite, ou encore la volonté de développer les partenariats public-privé. « Aujourd’hui, l’université n’est plus pensée pour être au service des étudiants, mais pour être rentable et au service des entreprises. »

L’inscription, une nécessité pour beaucoup d’étudiants

Léonce Subtil comme plusieurs étudiants concernés évoquent également la question du « stress » qui gagne les sans-facs, dans l’attente du précieux sésame. « Car l’inscription, ce n’est pas juste l’accès à l’université », rappelle le militant. « Il y a des gens qui ont besoin de venir étudier pour avoir le statut étudiant qui permet d’accéder aux bourses et à certaines aides, d’autres fois pour changer de ville ou pour s’éloigner de situations familiales compliquées. »

Emmanuel Omolongo, président du Collectif d’associations africaines et étudiantes de l’Isère (CAAEI), est intervenu au micro.

Pour beaucoup d’étudiants étrangers, déjà inquiets face à la suppression des allocations logement et à la fin d’exonération des droits d’inscription différenciés en 2027, « être inscrit à l’université est indispensable pour renouveler son titre de séjour », souligne Emmanuel Omolongo, président du Collectif d’associations africaines et étudiantes de l’Isère (CAAEI). « Ce ne sont pas seulement des dossiers, des procédures, que les algorithmes vont traiter », conclut l’étudiant béninois. « Mais ce sont des vies et des accomplissements avec lesquels on en est en train de jouer actuellement. »