Après le scandale des EHPAD, celui des micro-crèches ?
mercredi 5 août 2026
Grecs Bourgoin-Jallieu
Après le scandale des EHPAD, celui des micro-crèches ?
Agriculture : une loi qui ne répond ni à l’urgence du revenu ni à celle de la souveraineté alimentaire
Présentée comme une réponse à la crise agricole, la loi d’urgence adoptée par le Parlement ne règle rien. Elle ne garantit aucun revenu supplémentaire aux agriculteurs et agricultrices et laisse intact le système économique qui oblige trop souvent les exploitants à vendre leur production à un prix inférieur à leurs coûts de production, à s’endetter pour rester compétitifs et à produire toujours davantage pour maintenir leur revenu.
La droite et l’extrême droite prétendent défendre le monde agricole mais refusent de combattre le libre-échange, pourtant au cœur du problème. Les accords commerciaux organisent la concurrence avec des produits ne respectant pas le plus souvent nos normes sociales, sanitaires et environnementales. Le PCF exige la suspension de l’accord UE-Mercosur, des protections commerciales, l’interdiction des importations produites avec des substances interdites en France et la priorité aux productions locales dans la restauration collective.
Sur l’eau, le gouvernement oppose artificiellement agriculture et écologie. Les agriculteurs ont besoin d’un accès sécurisé à l’eau tout en veillant à la protection de la ressource dans le contexte de réchauffement climatique. L’accès à l’eau ne peut être accaparé par les exploitations les plus puissantes. Le PCF défend une gestion publique et démocratique pour déterminer territoire par territoire la gestion, les usages et les priorités sans opposer les agriculteurs, les habitants, les entreprises. L’accès à l’eau doit soutenir en priorité le maintien du plus grand nombre d’exploitations, l’installation de jeunes agriculteurs et la production de denrées agricoles destinées à la satisfaction des besoins sociaux des territoires.
Sur les produits phytosanitaires, le gouvernement place les producteurs devant un faux choix : utiliser des produits dangereux ou perdre leur récolte. La sortie des produits phytosanitaires exige des alternatives, de la recherche publique, un accompagnement technique et une garantie de revenu. Elle ne peut reposer sur les seuls agriculteurs.
Sur l’élevage, la construction de bâtiments d’élevage de grande capacité accélèrera la concentration des productions à l’opposé d’une nécessaire déspécialisation territoriale. Le PCF défend le maintien d’exploitations nombreuses, notamment dans les territoires herbagers et de montagne, des prix rémunérateurs pour le lait, la viande et les œufs, ainsi que le développement de la polyculture-élevage. Cela suppose un investissement public massif dans les abattoirs de proximité, les outils de transformation, les services vétérinaires et les services de remplacement.
La véritable urgence est le revenu. Le PCF propose des prix planchers couvrant les coûts de production, l’encadrement des marges, le rétablissement du coefficient multiplicateur et des outils publics de stockage.
Cette loi protège le complexe agro-industriel, pas les agriculteurs. Une vraie loi d’urgence aurait protégé nos marchés, allégé les dettes, soutenu l’installation et rendu aux producteurs la richesse qu’ils créent. La souveraineté alimentaire, c’est permettre à chaque agriculteur de vivre dignement de son travail et à la France de nourrir durablement sa population.
Le PCF propose donc la tenue d’un Grenelle de l’agriculture, associant directement les agriculteurs à l’élaboration et à la gestion de nouveaux outils publics d’intervention. L’objectif est clair : reprendre le pouvoir sur les prix, les marchés et la politique agricole pour garantir un revenu digne à celles et ceux qui nourrissent le pays.
Télécharger la déclaration complète.
Paris, le 22 juillet 2026
Parti communiste français
mardi 4 août 2026
Face à l’impérialisme, organiser la réaction pour la paix et le droit international
Depuis plusieurs jours, l’engrenage de la guerre se déchaîne à nouveau au Proche et Moyen-Orient. L’impérialisme étatsunien a déclenché une troisième attaque contre l’Iran, en ciblant des zones et des infrastructures civiles tels que des silos de stockage de blé dans la région de Hoveyzeh, ou une usine de production d'eau minérale dans la région de Dehloran. Ce sont des crimes de guerre. L’impérialisme étatsunien, sous la direction trumpiste, qui a essuyé précédemment un échec contre l’Iran, déclenche à nouveau une guerre destructrice pour protéger ses intérêts dans le détroit d’Ormuz.
lundi 3 août 2026
Bernard Arnault
Concentration de la presse : après Le Parisien, L’Opinion, Les Échos, Investir et L’Agefi, le multimilliardaire Bernard Arnault rachète Challenges. Et le Conseil d’Etat valide
Un rapport sur la souffrance psychique au travail enterré au Sénat par la droite et le centre
Depuis le mois de février 2026, une mission d’information travaillait au Sénat sur le thème de la souffrance psychique au travail. Constituée à la demande du groupe RDSE, groupe constitué majoritairement de radicaux au Sénat, cette mission n’a pas pu rendre public son rapport, comme c’est pourtant l’habitude au Parlement. En effet, mercredi 8 juillet 2026, la majorité de la droite et du centre s’est opposée aux conclusions de la rapporteure Annick Girardin. Explications.
« Nous devons progresser sur cette question de santé mentale, qui est un enjeu médical, un enjeu sociétal, et en ce qui me concerne, un enjeu pour le monde du travail ». C’est avec ces mots que le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou, a commencé son audition devant la mission d’information du Sénat sur la souffrance psychique au travail, le 1er juillet dernier. Le signe que l’exécutif prenait au sérieux cette problématique.
Dix jours plus tard, c’est l’incompréhension, voire la colère, qui règne au groupe RDSE – Rassemblement démocratique et social européen – du Sénat. En début d’année 2026, ce petit groupe central au Sénat avait demandé la création de cette mission d’information au titre de son droit de tirage, qui permet à chaque groupe politique du Sénat de déclencher une mission d’information, lors de chaque session parlementaire.
Mercredi 8 juillet 2026, les sénateurs membres de la mission d’information ont bien examiné un rapport, fruit de cinq mois d’auditions et de plusieurs déplacements, mais celui-ci a été rejeté. « C’était surprenant, c’était brutal », raconte un collaborateur parlementaire, en off. « Visiblement, c’est un rapport qui dérange », ajoute cette même source.
« D’abord cela a été un profond regret pour tout le travail que l’on a accompli », explique aujourd’hui la rapporteure RDSE de la mission, Annick Girardin à publicsenat.fr. « Plus les jours passent et plus je suis en colère », ajoute l’ancienne ministre, « on ne peut pas oublier que la santé mentale est une grande cause nationale pour la deuxième année consécutive, en 2025 et 2026 ».
« C’est un travail hyper sérieux, pas idéologique »
Selon le communiqué, publié vendredi 10 juillet 2026, par le groupe RDSE au Sénat, le rapport contenait 39 recommandations, comme « confier à une conférence réunissant scientifiques, professionnels de santé, partenaires sociaux, sociologues et associations de victimes le soin d’élaborer une définition harmonisée de l’épuisement professionnel », mais aussi « ajouter au code du travail à l’article portant sur les principes généraux de prévention, un dixième principe relatif à l’écoute des travailleurs », ou encore « renforcer l’accompagnement des employeurs, et plus particulièrement au sein des PME, pour les actions de prévention et de protection à mettre en œuvre ».
« Ce rapport s’intitule ‘Quand le travail consume : l’urgence de lutter contre l’épuisement professionnel’, », explique aujourd’hui Annick Girardin, « on va droit vers une crise du travail et une crise sociétale. Les Français attendent que l’on ait des réponses sur ce sujet. […] C’est un travail hyper sérieux, ce n’est pas un travail idéologique ».
Bras de fer politique
De son côté la droite assume avoir voté contre ce rapport. « Effectivement, la santé mentale est un sujet aujourd’hui », analyse la sénatrice LR Pascale Gruny, membre de la mission d’information. « Mais dans les auditions, nous avons eu un mélange des genres, entre le burn-out, la dépression, et parfois des confusions avec le harcèlement moral et sexuel, pour lesquels il y a déjà des lois ».
« Ce n’était pas un mauvais rapport », ajoute Pascale Gruny, « c’était un rapport orienté. […] Dans le rapport et les préconisations, il y avait peu de soutien pour les entreprises et les employeurs, qui sont eux-mêmes, quelquefois, en souffrance psychique et en véritable burn-out. ».
De son côté, la présidente socialiste de la mission d’information, Monique Lubin, s’étonne. « J’ai été un peu sidérée, franchement », explique-t-elle à publicsenat.fr, « c’est tout de même exceptionnel ! ». « Le sujet en lui-même et les préconisations ne comportaient pas d’aspérités telles que ça pouvait conduire à un rejet », selon Monique Lubin, qui ajoute : « certains qui étaient là au moment de la remise du rapport, mercredi après-midi, et qui se sont exprimés contre, clairement n’avaient participé à rien et pas lu le rapport ».
« Je pense sincèrement que c’est idéologique », ajoute la sénatrice socialiste, « il y a eu une crainte que le sujet même, le contenu du rapport et les préconisations, portent atteinte au patronat, alors que de notre part, il n’y avait pas de remise en cause. Le rapport est très riche, les auditions ont été nombreuses et riches, et je ne suis pas de ceux qui disent que le travail fait systématiquement souffrir, loin de là, mais en revanche, oui, on a rencontré des situations de souffrance. »
Quel avenir désormais pour le rapport ?
Faute de vote favorable mercredi, le rapport n’a pas pu être rendu public. « Par respect pour tous ceux qui sont venus travailler, je ne peux pas laisser en l’état ce rapport sans qu’il soit publié », explique aujourd’hui Annick Girardin, consciente que des parlementaires européens travaillent également sur cette problématique.
Mais la sénatrice peut-elle publier à titre personnel ce travail ? « Absolument pas », coupe net Pascale Gruny. « Elle n’en a pas le droit ».
« Je comprends [la frustration de la rapporteure, Annick Girardin, ndlr], avec le travail qui a été fait. Il faudra refaire un travail dessus, […] et faire quelque chose de plus consensuel ». Et Pascale Gruny de pointer la configuration présidente (Monique Lubin, PS) et rapporteure (Annick Girardin, RDSE) : « Habituellement dans les missions, on a une présidente et une rapporteure qui ne sont pas du même parti politique. Et là, même si elles ne sont pas dans les mêmes groupes politiques, elles sont proches. Mme Girardin est de gauche, quand vous faites les travaux, vous êtes entre vous ».
dimanche 2 août 2026
Ceuta : protéger les vies, réfuter le chantage et les mensonges
À Ceuta, des dizaines de milliers de femmes, d’hommes et d’enfants ont été précipités dans une situation dramatique entre le Maroc et l’Espagne. Plusieurs dizaines de personnes seraient mortes et des milliers de mineurs figureraient parmi les arrivants. La priorité doit aller au secours des personnes en détresse, à la protection des enfants et au respect de la dignité humaine.
Toute la lumière doit être faite sur ce drame. Si des êtres humains ont été délibérément utilisés pour exercer une pression diplomatique de la part de l'État marocain, cette instrumentalisation est indigne. Aucun différend concernant l’Algérie, le Sahara occidental, Ceuta ne peut justifier d’utiliser des populations comme armes géopolitiques.
Cette crise révèle aussi la faillite de la politique migratoire européenne. Depuis des années, l’Union européenne sous-traite la surveillance de ses frontières à des pays tiers en échange de financements et de marchandages diplomatiques et elle collabore étroitement depuis des années sur les questions migratoires avec le Maroc. L’Europe devient ainsi complice par l’enjeu de chantages cyniques de la fermeture des voies légales, fermeture qui enrichit les passeurs et pousse les exilés vers des parcours toujours plus meurtriers.
En France, l’extrême droite, suivie par une partie de la droite et de la macronie, cherche déjà à faire croire à une « invasion » imminente de notre pays. C’est faux. Les personnes entrées à Ceuta ne disposent pas d’un libre accès à l’Espagne continentale et donc à la France. La régularisation espagnole, réservée aux personnes installées avant le 1er janvier 2026, n’est pas davantage à l’origine de la situation. Le gouvernement espagnol, le seul aujourd'hui en Europe à résister ouvertement à Donald Trump, fait l'objet de pressions grandissantes du président étatsunien.
Mais combattre ces mensonges ne signifie ni de nier la nécessité de maîtriser démocratiquement les frontières dans le respect du droit international, ni d’abandonner les populations de Ceuta et les services publics espagnols à eux-mêmes. Une politique migratoire à la hauteur des enjeux exigent des règles claires, des moyens publics et une coopération européenne fondée sur le droit et les conventions internationales, plutôt que sur les refoulements collectifs, l’enfermement dans des centres de rétention et la délégation des contrôles à des pays tiers.
Le PCF demande une mobilisation européenne immédiate pour secourir les personnes en danger, protéger les mineurs, rechercher les disparus et garantir l’examen individuel des demandes d’asile. Une enquête indépendante doit établir les responsabilités. La France doit proposer une aide matérielle à l’Espagne, plutôt que mettre en scène la fermeture des Pyrénées pour alimenter les peurs.
Il faut simultanément ouvrir des voies légales et sécurisées de migration, combattre les réseaux de passeurs, remettre en cause le pacte européen qui externalise les frontières et développer des coopérations permettant aux peuples de vivre et de travailler dignement dans leur pays. Cela suppose de rompre avec les politiques de domination, de captation, de prédation pour soutenir les services publics, l’emploi et la souveraineté des peuples, notamment le droit du peuple sahraoui à décider de son avenir.
Les exilés ne sont ni une menace, ni une marchandise, ni une arme diplomatique. Face à ceux qui veulent opposer les travailleurs selon leur nationalité, notre réponse est la solidarité internationaliste et le combat commun contre toutes les formes d’exploitation.
Paris, le 31 juillet 2026
Parti communiste français
Canicules. Le moment pour la mise en œuvre de la gratuité des transports
Des transports gratuits et une offre accrue de bus et de trams pour faire face à l'augmentation de la fréquentation.
La succession des canicules conduit l’Union pour la gratuité et le développement des transports publics à demander à nouveau la mise en œuvre de la gratuité des transports publics dans l’aire grenobloise.
L’organisation rappelle que « même si le phénomène est inédit par son intensité, ce n’est pas une surprise, tout est connu : depuis sa création en 1988, le GIEC alerte, rapport après rapport, sur le dérèglement climatique provoqué par les émissions de gaz à effet de serre, et ses conséquences catastrophiques ». L’UGDTP constate qu’alors que les pouvoirs publics envisagent un réchauffement de 4 degrés, « on voit ce que cela donne » à 1,5 degré, seuil aujourd’hui pratiquement atteint. « Il faut arrêter avec les demi-mesures et agir sur les causes. En France les transports sont responsables de 34 % de l’émission des gaz à effet de serre et que pour les réduire, il faut favoriser un usage massif des transports en commun », estime le collectif qui souligne les bons résultats obtenus en terme de fréquentation par les agglomérations – l’Artois, 650 000 habitants, depuis janvier dernier – qui ont déjà opté pour la gratuité.
D’où des revendications au premier rang desquelles l’instauration par Grenoble Alpes métropole de « la gratuité des transports en commun pour toutes et tous le week-end, dans la perspective de la gratuité totale demain ».
Pour l’UGDTP, « c’est urgent est c’est avant tout une question de volonté politique. Continuer comme si de rien n’était, maintien du statu quo ou avec des améliorations à la marge, ne sont pas des options. Il n’y a de place pour l’inaction ou des demi mesures. »
L’Union pour la gratuité et le développement des transports publics conclut : « Vivre bien en préservant la planète, c’est possible, et c’est maintenant ! »
samedi 1 août 2026
PCF - Parti Communiste Français
L’AFPS appelle à « convaincre, mobiliser, rassembler » pour les droits du peuple palestinien
Une campagne en cours de l'Association France Palestine solidarité, ici à la fête du Travailleur alpin le 26 juin dernier.
Après l’interruption du set de Barbara Butch le 18 juillet dernier, les réactions s’enchaînent. Parmi ces dernières, celles d’organisations engagées dans la défense des droits du peuple palestinien et contre le génocide en cours à Gaza et dans les territoires occupées de Cisjordanie.
L’Association France Palestine solidarité n’appelait pas au boycott du set de Barbara Butch. Dans un communiqué, le bureau de l’AFPS Isère-Grenoble indique qu’en matière « de BDS (Boycott-Désinvestissement-Sanctions), et en particulier de boycott culturel, l’AFPS se conforme aux principes de la campagne BDS coordonnée au niveau de l’Europe par le BNC (Boycott National Committee) Europe dont elle est membre, et par le BNC palestinien pour ce qui est de la coordination mondiale ». Pour ce qui relève du boycott culturel, l’AFPS relève que le comité du BDS « ne demande pas de cibler tous les artistes qui ont eu des expressions problématiques. [Le boycott culturel]vise les institutions israéliennes et donc les artistes ou intervenants promus par ces institutions ou financés directement ou indirectement par celles-ci ».
La position internationale du BDS
Cette position du BDS reprise par l’AFPS répond à un objectif : « convaincre et ainsi accroitre la mobilisation » en faveur du respect du droit international et de la lutte contre le génocide « en évitant au maximum les risques de polarisation qui vont à l’encontre de cet objectif ». « Les cibles sont choisies en fonction de l’impact positif que ces actions doivent avoir sur la perception que nos concitoyens ont de la violation des droits des Palestinien-nes par Israël. [Ces actions visent] à accroitre le soutien au peuple palestinien dans l’accomplissement de ses droits et à élargir le mouvement de solidarité afin de parvenir au but de la campagne BDS : imposer le droit à Israël », poursuit le bureau de l’AFPS Isère.
Dans un communiqué signé par différentes organisations parmi lesquelles le syndicat Solidaires, Urgence Palestine Grenoble, ou l’Union juive française pour la paix, « l’appel au boycott de ce concert n’est pas le seul fait de la section locale de LFI et de ses militant.es, mais aussi d’autres organisations de soutien à la Palestine ». Ces organisations estiment que « la DJ était visée pour sa légitimation des crimes de l’État d’Israël, que ce soit par la signature d’une tribune publiée dans le journal d’extrême droite Le Point soutenant la loi Yadan que pour son concert le 12 juin 2025 à la résidence de l’ambassadeur de France à Tel-Aviv, en plein génocide à Gaza. Ce faisant, elle a choisi d’offrir un vernis d’acceptabilité à Israël, se rendant complice de ses crimes ». Et les organisations relèvent que « le fameux « risque de trouble à l’ordre public » invoqué à tour de bras pour faire taire grand nombre d’évènements sur la Palestine – y compris des colloques universitaires – n’a pas été invoqué à cette occasion ».
« Démarche non-violente »
Au risque de porter atteinte à l’ampleur de la mobilisation contre le génocide, la déclaration des organisations accuse :« celles et ceux qui condamnent l’interruption du set de Barbara Butch sont aussi celles et ceux qui se taisent face au génocide à Gaza et refusent toute action pour y mettre fin. Nous, collectifs militants pour les droits du peuple palestinien, agissons depuis des années en manifestant, boycottant, documentant ce qui se passe dans les territoires palestiniens ».
Par ailleurs, les organisations signataires précisent que « si jet(s) de projectile(s) il y a eu en direction de l’artiste, nous le déplorons et rappelons que les appels au boycott s’inscrivent dans une démarche non-violente. Les militants pour la Palestine ne sauraient en aucun cas être rendus responsables ».
Deux poids deux mesures
Pour sa part, l’AFPS a tenu à prendre position sur les faits survenus depuis les événements du 18 juillet. « Nous dénonçons et condamnons la manière éhontée dont une partie du monde médiatique et politique s’est emparée de la question pour relancer la campagne de dénigrement de LFI, de délégitimation du mouvement de solidarité avec la Palestine, d’assimilation de l’antisionisme avec l’antisémitisme, sans parler du deux poids deux mesures sur les perturbations et/ou interdictions et/ou censures de spectacles, ou du double standard quand il s’agit de condamner et de sanctionner des États qui violent de droit international », écrit l’AFPS. L’organisation tient également à condamner « le déferlement de haine dont est l’objet Allan Brunon depuis plusieurs jours. Rien ne justifie, en aucun cas et aucune manière, les appels à la haine et encore moins les appels à la haine raciste ».
« Appeler au boycott, boycotter, c’est convaincre, mobiliser, rassembler et faire progresser le mouvement de solidarité avec le peuple palestinien », conclut le bureau de l’Association France Palestine solidarité.
Aux confins de la Pologne et de l’Ukraine, l’ombre des minorités effacées
Depuis l’invasion russe, des millions d’Ukrainiens ont trouvé refuge en Pologne. Mais les relations entre les deux pays comportent leur part d’ombre. Leurs déchirements pendant la seconde guerre mondiale avaient contraint les autorités soviétiques et polonaises à procéder à un gigantesque échange de populations, réalisant de fait le rêve d’homogénéité ethnique des nationalistes qu’ils avaient combattus.
Soolidaires face à l’agression russe de l’Ukraine, Kiev et Varsovie n’ont pas soldé les contentieux mémoriels qui les opposent par ailleurs. Leur frontière commune traverse d’anciens confins d’empires dont la réalité multiculturelle a été mise à mal par l’émergence d’États-nations aspirant à une certaine uniformité ethnique, ce qui provoqua des déchirements dont le souvenir reste vif. À la fin du XVIIIe siècle, au cours des partages successifs, l’autocratie russe et la monarchie habsbourgeoise, pour l’essentiel, ont accaparé le territoire polono-lituanien (dit république des Deux Nations). Polonais et Ukrainiens continuent de cohabiter en Galicie (autrichienne) comme en Volhynie (région de l’Empire russe). Mais le poids des anciennes élites polonaises se faisait encore sentir, notamment dans les centres urbains, tandis que les Ukrainiens se concentrent en majorité dans les campagnes. Cette diversité socio-territoriale se prêtait mal aux projets nationaux fondés sur l’idéal d’homogénéité ethnique, qu’il s’agisse du rêve des Polonais de refonder leur État perdu ou du désir des Ukrainiens de créer le leur. La construction des États polonais et ukrainien dans leur forme actuelle s’est donc faite, dans les années 1940, au prix de nettoyages ethniques, lesquels s’inscrivent dans un cycle de violences et de déplacements de populations en Europe qui débute avec le conflit mondial de 1914 pour se clore à la fin des années 1940.
Les rivalités ukraino-polonaises s’expriment dès l’effondrement des empires à la fin de la première guerre mondiale. En novembre 1918, les soldats des légions polonaises affrontent les nationalistes ukrainiens lors de la bataille de Lwów (en polonais) / Lviv (en ukrainien). La République de Pologne et la République populaire d’Ukraine occidentale tout juste proclamées se disputent la souveraineté sur la Galicie orientale et les Carpates, qui appartenaient jusqu’alors à l’Empire austro-hongrois. Puis, à Versailles, les puissances alliées (…)

.png)
.png)


