samedi 4 avril 2026

Grève à la MC2 de Grenoble : la CGT défend le CSE, dans un contexte économique tendu


 La grève débutée le 24 mars se poursuit à la MC2 où plusieurs spectacles sont de nouveau annulés ces mercredi 1er et jeudi 2 avril. Le Synptac-CGT proteste contre la dénonciation par la direction de l'accord d'usage du CSE. Ce qui reviendrait, selon le syndicat, à réduire les moyens de l'instance alors que les représentants du personnel ont déclenché un droit d'alerte économique en son sein. Ceux-ci s'inquiètent en effet de la situation financière de la MC2 et d'un potentiel plan d'économies, avec des répercussions sur l'emploi, les conditions de travail et l'activité de l'établissement.

Sur la page d’accueil du site de la MC2, un message informe les spectateurs : « En raison du mouvement social en cours, suivi par une partie du personnel de la MC2, les représentations du spectacle Taire prévues ce mercredi 1er avril et jeudi 2 avril sont annulées. » Annulation également — comme la veille — pour le spectacle Richard III ce mercredi, le concert Wagner/Liszt étant en revanche maintenu. Cela fait ainsi plus d’une semaine que la grève menée notamment par les équipes techniques perturbe fortement la programmation de la maison de la culture. « Lundi, en fin de journée, on a fait une proposition de sortie de grève à la direction, qu’elle a refusée », déplore le Syndicat national des professionnels du théâtre et des activités culturelles (Synptac-CGT).

À l’origine du conflit, débuté mardi 24 mars, une démarche de la direction « visant à dénoncer l’usage issu de l’accord de mise en place du CSE » (comité social et économique), expliquent le syndicat et les salariés mobilisés. Bien qu’arrivé à son terme, « cet accord continue d’être appliqué depuis 2023 et constitue un usage encadrant notamment la participation des membres suppléants, certaines modalités de fonctionnement du CSE ainsi que des dispositions relatives à l’exercice des mandats », ajoutent-ils.

Les grévistes accusent la direction de la MC2 d’entraver le dialogue social en modifiant le fonctionnement du CSE.

Or, avertissent les représentants du personnel, la dénonciation de cet usage conduirait à « réduire les moyens du CSE ». Et ce, « au moment même où l’instance doit exercer pleinement ses prérogatives dans le cadre du droit d’alerte économique ». Ce mouvement de grève intervient en effet dans un contexte économique et social particulièrement dégradé, la MC2 devant soumettre prochainement au conseil d’administration un nouveau vote du budget 2026 demandé par les autorités de tutelle (Métropole, Département, Région, État).

Déficit d’1,25 million et plan d’économie de 850 000 euros

Inquiet devant la situation financière de l’établissement, « marquée par un déficit d’environ 9 %, soit près de 1,25 million d’euros », selon le Synptac-CGT, les représentants du personnel ont donc déclenché une procédure de droit d’alerte économique au sein du CSE. Car en parallèle, « un plan d’économies d’environ 850 000 euros est également envisagé » avec, craignent-ils, des répercussions sur la programmation, l’activité, les conditions de travail, l’emploi et le volume horaire des intermittents dans les mois à venir.

« Ce mouvement vise à défendre les droits des salariés et à préserver les moyens nécessaires à l’exercice des missions du CSE et des représentants du personnel ainsi qu’à l’obtention de l’ouverture rapide d’un dialogue social sérieux », indiquent par ailleurs les grévistes dans un tract diffusé aux spectateurs le 24 mars, au commencement de la grève. Ceux-ci soulignent en outre le « rôle essentiel » du CSE, qui peut à la fois analyser les données financières, interroger la direction, demander des expertises, défendre les intérêts des salariés — qu’ils soient permanents ou intermittents.

De son côté, la direction affirme vouloir « clarifier le fonctionnement de l’instance afin de garantir transparence et équité, et affirme qu’il ne s’agit pas de réduire les droits des salariés mais d’établir un cadre conforme et partagé ». Mais elle « refuse toujours d’inviter le Synptac-CGT, dépositaire du préavis, à la table et d’ouvrir un dialogue social », accusent les représentants du personnels. Lesquels se disent disposés à discuter et négocier, mais pas à n’importe quel prix. En attendant, la grève continue et les annulations aussi…

vendredi 3 avril 2026

September – Le billet de Gérard Streiff


 Il y a 38 ans, le 29 mars 1988, à 9 h 45, Dulcie September, représentante en France de l’ANC, le parti de Nelson Mandela, était exécutée à la porte de son bureau, au 28 de la rue des Petites Écuries, Paris 10e. Cinq balles. Dans la tête. Un contrat comme on dit. À ce jour, ni les auteurs ni les commanditaires du meurtre n’ont rendu compte de leurs actes devant la justice. Lors d’une cérémonie d’hommage ce week-end, Jacqueline Dérens (RENAPAS) a notamment rappelé qu’un pourvoi est toujours soumis à l’examen de la Cour de cassation. Il porte sur le déni de justice et s’accompagne d’une demande de médiation avec l’État. Et en Afrique du Sud, une commission officielle, en février 2026, semble reprendre l’enquête. Pour que le crime ne reste pas impuni.

Gérard Streiff

Article publié dans CommunisteS, numéro 1080 du 1er avril 2026.

Boulangeries ouvertes 7 jours sur 7, travail le 1er mai… Les macronistes prêts à rouler les salariés dans la farine lors de leur niche parlementaire

Le 10 avril, la niche des députés Renaissance pourrait proposer l’adoption d’une loi autorisant le travail de 1,5 million de salariés le 1er mai et d’un texte permettant l’ouverture des boulangeries sept jours sur sept.

 Un an avant le scrutin présidentiel, les députés macronistes donnent le ton. Ce mercredi 1er avril, la commission des Affaires sociales doit se prononcer sur une proposition de loi (PPL) « permettant l’ouverture des boulangeries tous les jours de la semaine ». « Activités de proximité par excellence, elles répondent à une demande de consommation régulière, qui s’exprime tout au long de la semaine, y compris le dimanche », assure dans l’exposé des motifs l’auteur de la PPL, Jean-Marie Fiévet, député des Deux-Sèvres.

Avec ce texte, inscrit dans la niche du groupe Renaissance le 10 avril, le député macroniste entend mettre fin à un « verrou administratif d’un autre temps ». En l’état, la législation n’interdit pas l’ouverture des boulangeries sur l’ensemble de la semaine. Mais, en vertu d’un accord conclu par des acteurs sociaux à l’échelon local, les préfets peuvent, par arrêté, imposer la fermeture de ces établissements un jour dans la semaine. Une mesure mise en œuvre dans 54 départements, créant un régime « à deux vitesses », selon, Jean-Marie Fiévet.

Une telle PPL « bénéficierait aux groupes agroalimentaires », objecte Thomas Vacheron. Le secrétaire confédéral CGT rappelle que « l’extrême droite prospère sur la disparition des commerces de proximité ainsi que des services publics » et note « une nouvelle mesure macroniste en faveur des grands groupes, plutôt que dans l’intérêt des populations ».

Macronistes, LR et RN s’attaquent au 1er mai

Dans leurs niches du 10 avril, les députés macronistes ont également inscrit une proposition de loi LR « visant à permettre aux salariés de certains établissements et services de travailler le 1er mai ». Adopté en juillet au Sénat, ce texte rencontre l’opposition unanime des syndicats et de la gauche. Près de 1,5 million de salariés des commerces de proximité (boulangerie, boucherie, fleuriste), mais aussi du secteur de la culture peuvent être concernés dès 2026.

« Nous alertons sur un détricotage de ce jour chômé et rémunéré, et cela n’a pas manqué. La PPL relative au 1er mai n’est pas adoptée que les soutiens patronaux veulent revenir sur le repos hebdomadaire dans les boulangeries », observe Thomas Vacheron.

jeudi 2 avril 2026

La sédition, c’est Macron


 Des maires noirs élus et… une déferlante raciste. Quant à Emmanuel Macron, loin de défendre les principes républicains, il alimente le vil.

Ce week-end, de nombreux conseils municipaux ont élu leur maire et installé le bureau municipal. Comme lors des soirées électorales, ces moments ont été l’occasion de manifestations politiques. Les populations présentes en masse dans les mairies ont applaudi les nouveaux maires, chanté la Marseillaise, repris parfois des slogans, quelquefois dit leur vérité aux maires battus. Nulle part, il n’y eut de violence physique. Partout, les maires ont joué la carte de la retenue et de l’unité. Hier encore exceptionnelle, l’émergence de maires – le plus souvent des hommes – issus de l’immigration dans plusieurs villes de banlieue, devient ordinaire, notamment en Seine-Saint-Denis. Marie-Hélène Bacqué en retrace ici l’histoire récente et ses contours.

Depuis l’élection de tous ces maires, élus parmi les plus respectés, on assiste à un déferlement raciste suffocant. Après la déformation des propos du nouveau maire de Saint-Denis, révélatrice du racisme crasse de ceux qui l’auraient mal entendu, ce fut un harcèlement ininterrompu contre Bally Bagayoko : accusations d’être aux mains des dealers, soupçons de vouloir évincer des fonctionnaires pour délit d’opinion… et désormais stéréotypes des plus ignominieux déblatérés sur CNews. Seuls des élus de gauche se sont élevés et ont décidé de porter le sujet devant l’Arcom et la justice. L’absence de réactions au sommet de l’État est stupéfiante. En fait, non, il y a eu une réaction d’Emmanuel Macron, mais ce fut à propos des quelques charivaris lors des réunions d’installations : « Il n’y a pas de sédition possible », a-t-il déclaré. Le président est le garant de la République. Or il accuse sans fondement et laisse déchirer les principes républicains. Il cible ceux qui sont visés par cette boue. Loin d’apaiser, Emmanuel Macron alimente l’amertume d’une partie des Français. La sédition, c’est lui.

Cette haine de l’ouvrier, du pauvre, de l’immigré est aussi ancienne que la banlieue. L’historienne Annie Fourcaut, dans Banlieue rouge, citait le romancier xénophobe Jean Damase qui évoquait dans les années 30 un meeting tenu en banlieue avec Maurice Thorez : « Une odeur d’internationalisme vous agaçait la gorge avec le relent de sueur musquée du nègre, l’haleine suffocante des Sarrois, le dégagement huileux des Annamites ».

La France est plus forte quand ses élus la représentent, quand ils sont davantage féminisés, davantage populaires, davantage semblables à la mosaïque des cultures qui fabriquent notre pays. Un petit pas à été franchi ce week-end. Il reste tant à faire. Y compris à gauche.

mercredi 1 avril 2026

Défendre Cuba!


 

Non à la peine de mort contre le peuple palestinien !

La majorité d’extrême droite et suprémaciste de Benjamin Netanyahou a fait approuver hier par la Knesset une loi instaurant la peine de mort, ou la prison à vie, pour les Palestiniens condamnés pour « terrorisme » devant les tribunaux militaires, sans droit de grâce, ni remise de peine.

Il s’agit d’une rupture.

Elle instaure deux cadres juridiques séparés, élément d’une politique d’apartheid à l’encontre du peuple palestinien dans les territoires occupés. C’est une légalisation des exactions et exécutions menées par l’armée et les colons en Cisjordanie occupée. C’est un permis de tuer. Derrière ce vocable de « terroriste » est englobé le peuple palestinien, alors que des responsables des partis d’extrême droite en Israël prétendent « qu’il n’y a pas de civil innocent, qu’il n’y a pas d’enfant innocent à Jenine ». Les colons israéliens auteurs d’actes de terreur n’y sont pas soumis. Ce vocable est mis au service de l'idéologie raciste qui est celle du gouvernement israélien.

Il ne s’agit donc pas uniquement d’une violation du droit international. Il s’agit d’instaurer un ordre politique et législatif dans les territoires occupés particulier contre les Palestiniens préparant l’annexion et accélérant l’épuration ethnique.

Le PCF est solidaire des forces de paix en Israël qui s’expriment avec force contre cette loi, à l’image des députés communistes israéliens et de la coalition Hadash qui viennent de faire appel auprès de la Cour suprême. Cela rouvre un espace pour des mobilisations contre le gouvernement d’extrême droite.

Il est solidaire de l’OLP qui dénonce « une trahison de la justice mondiale ».

La France et d’autres pays ont condamné cette loi. Il faut agir concrètement en faisant suite à l’appel de l’OLP à fournir une protection juridique aux prisonniers politiques palestiniens contre cette loi qui viole les IIIe et IVe conventions de Genève. La bataille pour la libération des prisonniers politiques palestiniens, dont Marwan Barghouti, est une urgence absolue.

La France doit prendre la tête d’une coalition d’Etats pour imposer des sanctions politiques, économiques et commerciales à l’encontre de l’Etat d’Israël tant que ce dernier ne respecte pas le droit international et agir pour la suspension de l’accord d’association UE-Israël.

La France doit également agir pour la mise en place rapide sur le terrain d’un Etat de Palestine dans les frontières de 1967 en application de la reconnaissance diplomatique.

Le PCF prend dès aujourd'hui tous les contacts avec les forces démocratiques françaises pour une riposte rapide.

Paris, le 31 mars 2026

Parti communiste français

 

mardi 31 mars 2026

Série - 1936 au jour le jour #12


 1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

23/29 mars 1936 (12) Romain Rolland

« Élections partielles : Succès partout ! » se félicite Paul Vaillant-Couturier en Une de l’Humanité du 24 mars. Il énumère les résultats communistes dans le Var (Saint-Raphaël), dans l’Oise (Creil), en Seine-et-Oise (Meudon), à Aulnay-sous-Bois. Des résultats qui apportent un démenti au discours de la droite selon lequel les tensions internationales allaient détourner les électeurs du Front populaire, et singulièrement du PCF.

Les groupes factieux français s’agitent et s’arment. Ainsi la police vient de découvrir tout un arsenal (mitrailleuse allemande, parabellum et divers revolvers) chez les Croix-de-Feu de Nice. « Ces armes étaient destinées à la défense de nos amis en cas de besoin », déclare Maurice Pujo, un chef des Camelots du roi.

À Montreuil s’est tenu le congrès national des Comités de défense de l’Humanité, en présence de Marcel Cachin et de Paul Vaillant-Couturier.

Le quotidien communiste publie en feuilleton le roman de Romain Rolland Colas Breugnon, publié en 1919. Un texte va bientôt (1936/1938) être adapté en opéra par Dimitri Kabalevsky. Le 70e anniversaire du prix Nobel de littérature de 1915 avait été fêté par l’ensemble de la gauche fin janvier.

Toute une page du quotidien, intitulée « Sur le front du travail », est consacrée aux entreprises : vie syndicale, luttes, organisation de chômeurs (dans le 11e arrondissement parisien), grèves…

Une rubrique du journal intitulée « Au pays du socialisme » informe sur l’état de la production industrielle lourde de l’URSS, sur sa production alimentaire ; il y est question de l’esprit inventif des ouvriers « dont l’afflux des propositions s’est particulièrement renforcé à la suite du mouvement de Stakhanov ».

Les questions de guerre et de paix sont toujours omniprésentes. L’Italie agresse l’Éthiopie. Hitler qui vient de réarmer la Rhénanie défie la France et l’Angleterre. Une affiche communiste intitulée « Que veut Hitler ? » suscite un bel intérêt. On parle d’une intervention japonaise contre les rouges en Chine.

Les élections au Reichstag ont lieu le 29 mars, quelques jours à peine après la remilitarisation de la Rhénanie. Les nazis obtiennent 44 millions de voix (98 %), on compte 500 000 votes contre (1 %). Le parti nazi emporte 722 députés (et 19 sympathisants), soit 100 % des sièges. « Un plébiscite sous la terreur », titre l’Humanité qui ajoute : « Sous la terreur et dans l’illégalité, les communistes ont mené une ardente campagne contre la politique de guerre de la croix gammée. »

Gérard Streiff

lundi 30 mars 2026

Mobilisé·es pour l’éducation



 Moyens, salaires, conditions de travail… L’intersyndicale CGT Éduc’Action, FSU, Unsa Éducation, CFDT Éducation Formation et Recherche publique et SUD Éducation appellent à une semaine de mobilisation du 30 mars au 3 avril, avec une journée de grève nationale le 31 mars, pour dénoncer les choix budgétaires du gouvernement et porter leurs revendications.


Les conséquences du budget austéritaire ne se sont pas fait attendre

Sans surprise, les suppressions d’emplois prévues par les choix budgétaires du gouvernement produisent les effets annoncés et redoutés.

Dans les collèges et les lycées, la dégradation des conditions de travail des personnels et des conditions d'apprentissage des élèves se poursuit, malgré la mobilisation des personnels :

  • suppressions de classes qui entraînent une augmentation des effectifs par classe ;
  • réduction de l’offre de formation ;
  • chantage aux moyens pour maintenir les groupes de niveau ;
  • asphyxie des vies scolaires par le manque de moyens, ce qui fragilise toujours plus le climat scolaire.

Dans le premier degré, l’élaboration des cartes scolaires va s’accompagner de l’annonce de milliers de fermetures de classes, qui seront source de nouvelles dégradations des conditions de travail et d’apprentissage dans le primaire. les coupes budgétaires vont amplifier les difficultés liées au remplacement ou à l’école inclusive sur lesquels les organisations syndicales alertent depuis longtemps.

Refusant cette politique de dégradation des conditions de travail et des rémunérations des personnels de l’éducation et de mise à mal des ambitions émancipatrices du service public de l’éducation, les organisations FSU, Unsa Éducation, CFDT Éducation Formation et Recherche publique, CGT Éduc’Action et SUD Éducation appellent à poursuivre les mobilisations en cours et à les amplifier, particulièrement sur la semaine du 30 mars au 3 avril. Elles appellent également à une journée de grève nationale le 31 mars.

Une autre politique est possible

Dénonçant le budget 2026, la CGT porte un autre projet, respectueux des personnels et des usager·es :

  • pour une fonction publique au service du bien commun : financement et création de postes statutaires. Rompre avec la politique du chiffre, pour un financement des besoins ;
  • augmentation des rémunérations : revalorisation immédiate d’a minima 10 % de la valeur du point d’indice et indexation automatique sur l’évolution des prix à la consommation ;
  • revalorisation des grilles indiciaires : plus aucun échelon en dessous du Smic, un vrai déroulement de carrière et une reconnaissance des qualifications, en finir avec les politiques de rémunération par les primes et le mérite ;
  • baisse du temps de travail et retraite à 60 ans ;
  • égalité salariale et professionnelle entre les femmes et les hommes et revalorisation des métiers à prédominance féminine ;
  • contre la précarité : un plan de titularisation des contractuel·les recruté·es sur des emplois permanents et une amélioration des droits des non-titulaires ;
  • renforcement du statut général des fonctionnaires pour garantir leur indépendance et le rôle démocratique de la fonction publique ;
  • financement des systèmes obligatoires et complémentaires de protection sociale. Cela passe par l’abrogation de tout jour de carence et la rémunération à 100 % en cas d’arrêts maladie. 

Espace : la France sacrifiée, l’Europe divisée, le privé américain triomphant


 Décidément, il s'en passe des choses dans l'espace ces derniers temps. Et comme souvent, c'est l'industrie et la souveraineté françaises et à fortiori européennes qui en paieront le prix.

La NASA réoriente le programme de retour sur la Lune, "Artémis" de manière radicale sans consulter ses partenaires, dont européens. Exit la station en orbite lunaire qui devait remplacer la station spatiale internationale, qui sera décommissionnée d'ici la fin de la décennie : l'heure est à l'accélération du retour de l'homme sur la Lune, 54 ans après la dernière mission Apollo. Probablement la peur de se faire dépasser par la Chine, dont le programme lunaire avance de manière méthodique et dans les temps. Cette réorientation signifie une moindre place des Européens dans le programme, qui était en charge de concevoir une bonne partie de la future station. C'est aussi un programme qui laissera encore plus de place au privé, et sous domination américaine. La démonstration est faite maintenant que les Européens, en signant ces accords, se sont mis entre les mains des décisions politiques de la Nasa, contrôlée par un proche de Trump et d'Elon Musk, et s'excluant de possibles autres coopérations avec des pays comme l'Inde ou la Chine ou encore de la possibilité d'avoir son propre programme dédié à la recherche plutôt qu'à la compétition.

Mais même au sein de l'Europe, certains alliés semblent peu recommandables. Le chancelier allemand a annoncé son intention de mettre au second plan le programme européen IRIS². Ce programme voté par le parlement européen sous la direction du commissaire européen Thierry Breton doit fournir d'ici 2030 des communications spatiales résilientes et sécurisées aux États membres et donc fournir une solution souveraine à l'Europe, et ne pas dépendre d'Elon Musk et son réseau "Starlink". La France avait fait usage de manière humiliante de ce réseau après le passage du cyclone Chido à Mayotte pour fournir des communications aux services d'urgence. Ce projet à plus de 13 Mad€ avait déjà souffert de retard au lancement à cause des exigences de l'Allemagne pour son financement et les retombés industrielles. Or, l'Allemagne a depuis annoncé son propre programme, à orientation militaire, très semblable à IRIS², qui sera financé lui à hauteur de 35 Mad€. Dans ce programme, les industriels allemands OHB, Airbus et Rheinmetall profiteront largement des financements de la Bundeswehr mais ils s'allieront aussi avec des industriels américains pour développer certaines technologies… Le programme rentrera aussi directement en conflit avec IRIS² notamment sur les bandes de fréquence, enjeu stratégique pour un système de communication, que devront donc se partager ces deux systèmes. C'est une énième trahison à la souveraineté européenne et un risque pour toute l'Europe. Les industriels français risquent de pâtir de ce projet concurrent. La France a joué le jeu en mettant dans la balance son industrie, son financement, ses compétences, l'Allemagne préfère la jouer solo au détriment de tous. Cela nous ramène aux scandaleux accords du sommet de l'Europe spatiale de Séville de novembre 2023 qui ont entériné la concurrence européenne dans les lanceurs spatiaux, machines hautement stratégiques pour l'accès à l'Espace, sous pression notamment de l'Allemagne. Le rêve de coopération avec Ariane public a laissé la place à une compétition intra-européenne à l'heure même où les lanceurs privés américains risquent d'écraser le marché, avec SpaceX d'Elon Musk en tête.

Avec des alliés pareils, les beaux mots de la "coopération spatiale" se sont transformés en piège mortel pour la souveraineté et l'industrie de pointe française. On peut alors déplorer que dans les annonces du président Macron du mois de novembre, le seul plan semble être les coopérations en Europe et la concurrence, sans vision industrielle ni stratégique. Encore une fois, l'industrie, les emplois et la compétence française paieront les pots cassés de l'absence de stratégie et de planification du gouvernement.

Paris, le 27 mars 2026

dimanche 29 mars 2026

Voici ce que procure une politique intelligente de non alignement !!!!

Voici ce que procure une politique intelligente de non alignement !!!! Seulement Macron tombe dans tous les pièges et nous entraîne avec lui dans sa chute. Bravo monsieur le premier ministre espagnol d’avoir la lucidité des honnêtes gens. On en rêvait et vous, vous faites la politique que notre pays mériterait aussi. Quelle désolation pour les français