samedi 20 juin 2026

Bruxelles - Stop ReArm Europe

Le 14 juin, 12 000 personnes ont manifesté à Bruxelles à l’appel de Stop ReArm Europe pour dénoncer la réorientation des priorités européennes vers le réarmement. Alors que des centaines de milliards d’euros sont mobilisés en quelques semaines pour l’industrie militaire, les besoins sociaux, les services publics, le logement, les retraites ou la transition écologique continuent d’être présentés comme trop coûteux.

Cette mobilisation a porté une autre vision de l’Europe, fondée sur la coopération des peuples, la justice sociale, la solidarité et la paix, plutôt que sur la militarisation et l’alignement derrière l’OTAN et les politiques d’austérité.

En Belgique, le projet d’achat de 11 avions de combat F-35 supplémentaires représente plusieurs milliards d’euros, l’équivalent de construction de 450 crèches par exemple, alors qu’au même moment les politiques d’austérité sont exigées sur les pensions et les services publics. En Allemagne, une réforme historique du « frein à l’endettement » ouvre la voie à des dizaines, voire des centaines de milliards d’euros de dépenses militaires supplémentaires. Ces choix illustrent une accélération vers l’armement des budgets européens. Pour les peuples, les conséquences sont multiples. L’augmentation des dépenses militaires va accentuer le sous-financement des services publics, de la protection sociale, du logement ou de la transition écologique. Elle va servir de justification à de nouvelles politiques d’austérité.

Au-delà des enjeux économiques, cette dynamique installe dans le débat public une logique de confrontation permanente où la sécurité est de plus en plus associée à l’accumulation d’armements plutôt qu’à la diplomatie, à la coopération et à la prévention des conflits.

L’histoire montre pourtant que les courses aux armements alimentent les tensions internationales. Lorsqu’un État se réarme massivement, ses voisins sont incités à faire de même, créant une spirale dont la classe travailleuse finit par payer le prix. La sécurité durable repose avant tout sur des emplois de qualité, des services publics solides, une protection sociale forte, la coopération entre les peuples et le respect du droit international, à l’opposé de l’alignement sur les choix de l’OTAN.

Avec le débat sur l’autonomie stratégique européenne, une autre approche est proposée. L’autonomie ne devrait pas être réduite à l’augmentation des capacités militaires. Elle devrait reposer sur l’indépendance énergétique, industrielle, alimentaire, technologique et démocratique des peuples européens. Cette vision vise à réduire les dépendances et à renforcer la souveraineté sans construire une économie de guerre permanente.

Il faut aussi regarder qui profite de cette logique. Dans les périodes de tensions internationales, les industriels de l’armement voient leurs commandes exploser. Certaines multinationales de l’énergie bénéficient également de la situation. Ainsi, les actionnaires de TotalEnergies ont perçu près de 6 milliards d’euros de bénéfices au premier trimestre 2026, dans un contexte marqué par les tensions au Moyen-Orient et les perturbations du commerce mondial.

Le contexte international est effectivement préoccupant. En 2024, on comptait 61 conflits armés impliquant au moins un État, soit le niveau le plus élevé depuis 1946. Si l’on inclut les conflits impliquant des groupes armés non étatiques, certaines estimations évoquent entre 120 et 130 conflits actifs dans le monde. Entre 35 et 40 pays sont directement touchés par des guerres ou des conflits armés. En même temps que l’augmentation constante des dépenses militaires mondiales, les guerres et les crises se multiplient.

L’alternative que Stop ReArm Europe défend repose sur une sécurité fondée sur la diplomatie, le multilatéralisme, la prévention des conflits et le respect du droit international. Elle accorde également une place centrale à la « diplomatie des peuples », impliquant syndicats, associations, collectivités locales, mouvements féministes, organisations de jeunesse et acteurs de l’éducation populaire. La paix ne peut être l’affaire exclusive des gouvernements et des états-majors ; elle doit devenir une construction collective.

Cette conception s’inscrit dans une logique de sécurité humaine. Pour les citoyen·nes, pour que la classe travailleuse puisse être en sécurité signifie pouvoir se loger, se soigner, éduquer ses enfants, vivre dignement de son travail et faire face aux défis climatiques. Les ressources aujourd’hui orientées vers le réarmement seraient plus utiles si elles étaient investies dans la santé, l’éducation, les services publics, la transition écologique, la coopération internationale et la réduction des inégalités.

Le message porté est clair : l’avenir de l’Europe ne réside pas dans une nouvelle course aux armements mais dans la justice sociale, la coopération entre les peuples, la diplomatie et la construction de la paix ! Comme vice-présidente du Parti de la gauche européenne et dirigeante du Parti communiste français, avec Alain Rouy j’étais présente à Bruxelles lors de la manifestation du 14 juin, aux côtés de nos camarades européens du PGE. Nous avons réaffirmé cette exigence d’une sécurité fondée sur le droit international, la solidarité entre les peuples et la résolution pacifique des conflits.

Hélène Bidard

Vice-présidente du PGE

Article publié dans CommunisteS, numéro 1091 du 17 juin 2026.

 

mercredi 17 juin 2026

Non à la fermeture d'une classe de 6ème au collège Simone de Beauvoir !

 Crolles, le 15 juin 2026

 Non à la fermeture d'une classe de 6ème au collège Simone de Beauvoir ! Monsieur le DASEN de l'Isère, Monsieur le Recteur de l'Académie de Grenoble Nous avons appris le 9 juin 2026 dans la soirée par M. Bergère, principal du collège Simone de Beauvoir à Crolles, la diminution de la dotation horaire globale pour la rentrée 2026 par rapport à ce qui était annoncé en février 2026, entrainant la fermeture d'une division à la rentrée dans notre collège. Compte-tenu des effectifs, cette fermeture impactera le niveau 6ème. Outre le travail supplémentaire qu'une telle décision incombe à l'équipe de direction de notre établissement à quelques jours de la fin de l'année scolaire, nous remettons en cause les chiffres qui nous ont été communiqués: moins de 120 élèves en 6ème à la rentrée, sans compter les élèves susceptibles d’emménager à Crolles ou Lumbin dans les mois d’été. 120 élèves sur 4 divisions, cela représente 30 élèves par classe ! C'est inimaginable, surtout en 6ème, surtout lorsqu'on sait que les salles du collège Simone de Beauvoir sont dimensionnées pour accueillir 23 élèves ! De tels effectifs empêchent d'accueillir tout nouvel élève arrivant en 6ème sur le secteur: la mission du service public de l'Éducation nationale est-elle alors respectée? Précarité pour les apprentissages des élèves de 6ème,  lorsqu’on connait l’importance de cette année pour la poursuite de la scolarité, mais précarité aussi pour tous les élèves, avec des groupes prévus sur les autres niveaux qui ne le sont finalement plus, par exemple en allemand où les deux groupes prévus fusionnent en un triple niveau à près de 25 pour dégager des heures aux autres disciplines; précarité pour les professeurs qui ne peuvent exercer leur métier dans de bonnes conditions et ne pourront apporter le suivi individualisé dont les élèves ont besoin, notamment l’impossibilité d’inclure correctement ceux à besoins particuliers; précarité pour les AESH qui n'ont parfois même pas la place de mettre une chaise à côté des élèves qu'ils/qu'elles accompagnent; précarité pour la vie scolaire avec plus de conflits à gérer du fait d'un nombre d'élèves trop important dans les classes et des tensions et incidents toujours plus nombreux. Au contraire, maintenir une division permettrait d'avoir des classes à 24 élèves (ce qui reste au dessus de la moyenne des classes des pays de l'OCDE qui est à 21 élèves par classe au collège1) un meilleur cadre d'apprentissage pour les élèves, des professeurs plus disponibles, un climat scolaire plus apaisé, et une meilleure réussite des élèves. Nous n'acceptons pas que la scolarité de nos enfants et que les conditions de travail de leurs professeurs, personnels d'éducation et accompagnants soient sacrifiées pour satisfaire des contraintes budgétaires d'une politique publique construite pour favoriser le secteur privé. Nous n'acceptons pas une éducation au rabais, nous n'acceptons pas les suppression de postes ou partage de postes des enseignants qui verront leurs heures réduites au collège. Nous n'acceptons pas la dégradation de notre collège. Nous demandons que la dotation horaire globale soit revue et corrigée, que la 5ème division de sixième soit maintenue. Nous vous informons qu'une manifestation se tiendra devant le collège jeudi 18 juin à partir de 7h30 et que les élus locaux et parlementaires, la presse, la FCPE et les syndicats sont informés de notre action. Espérant que nos inquiétudes soient entendues, recevez, monsieur le Recteur, monsieur le DASEN, nos respectueuses salutations. Les représentants de parents FCPE et UPICC et les représentants des professeurs élus au CA du Collège Simone de Beauvoir.

Prêts pour une nouvelle coupe du monde de la honte ?

Les coupes du monde de football se suivent et les raisons de désespérer s’accumulent.

Ce mercredi 11 juin donne le coup d’envoi de la coupe du monde de football. Un mois, 104 matchs répartis entre le Canada, les États-Unis et le Mexique. Pour cette compétition majeure du premier sport planétaire, faut-il tout accepter sans broncher ?

En 2022, la dernière coupe, nous avions eu le Qatar mafieux, ses milliers d’esclaves morts sur les chantiers de stades climatisés et son homophobie en bandoulière ; pour l’édition 2026, nous aurons les États-Unis de Donald Trump avec pour thème principal la xénophobie. Washington avait annoncé la couleur fin 2025 en publiant une liste de pays « blacklistés » dont certains participent à la compétition ! C’est le cas d’Haïti, de l’Iran, du Sénégal et de la Côte d’Ivoire… Une liste que ressemble à s’y méprendre aux « pays de merde » dont parlait déjà le président américain en 2018.

Un homme a payé cash les frais de cette politique ségrégationniste : l’arbitre international somalien Omar Abdulkadir Artan, élu meilleur arbitre masculin africain 2025. Son pays fait partie de la liste de Trump. Aussi s’est-il fait refoulé à la frontière – malgré son visa diplomatique –, placé en détention plusieurs heures et a subi 11 heures d’interrogatoire. Le tout sans aucune raison autre que sa nationalité – « Je ne peux pas entrer dans les détails, mais ce que je peux vous dire, c’est que c’était pour une très bonne raison », a assuré le très servile Andrew Giuliani, chargé de l’organisation de la Coupe du monde auprès de la Maison-Blanche. Omar Abdulkadir Artan devait être le premier Somalien à arbitrer en coupe du monde. Deux Irakiens, le footballeur Aymen Hussein et le photographe officiel de la sélection, ont eux aussi été retenus de longues heures à l’aéroport. Le photographe s’est fait refouler, malgré un visa valide ainsi qu’une accréditation officielle délivrée par la FIFA.

D’autres scènes ont été particulièrement choquantes. L’arrivée des délégations sénégalaises et ouzbèkes avec fouilles au corps poussées sur le tarmac de l’aéroport. L’équipe nationale d’Iran a encaissé le pire. « Nous ne laisserons pas l’Iran abuser du système pour faire entrer clandestinement des terroristes dans notre pays », osait un membre de l’administration américaine. Du coup, les Iraniens doivent être protégés par la garde nationale mexicaine dans la ville de Tijuana (Mexique) où ils résident ; entraînements fermés au public et à la presse ; suppression de tous les billets auxquels le pays a droit, ce qui rend quasi impossible aux supporters iraniens d’assister aux matchs. Les joueurs ont aussi mis du temps pour obtenir les visas… ce qui n’a pas été le cas de tous les membres du staff. Les joueurs n’ont pas le droit de rester plus de 48 heures sur le sol américain. Or les Iraniens jouent leurs trois matchs de poule à Los Angeles et Seattle. Ils devront donc à chaque fois faire l’aller-retour avec leur camp de base situé à la frontière. N’auraient-ils pas pu jouer au Mexique ? L’Iran en a fait la demande, la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a dit « Pas de problème », la FIFA a refusé…

Dans toutes ces affaires, la FIFA a baissé les yeux et baisé les pieds de Donald Trump, indiquant qu’elle n’intervenait pas dans les « procédures d’immigration du pays hôte ». Coupe du monde après coupe du monde, on commence à comprendre que la FIFA ne défend aucune valeur autre que celle de l’argent. Son président Gianni Infantino vient de lancer un « appel à la paix ». On rappelle qu’il a également créé de toute-pièce un « prix de la paix FIFA » dont le premier lauréat est Donald Trump.

Voilà les bases sur lesquelles ces mêmes États-Unis accueilleront les Jeux olympiques l’année prochaine…

 

mardi 16 juin 2026

En Italie, la victoire du maire communiste Manuel Minervini relance les espoirs de la gauche face à Giorgia Meloni


 C’est un fait, Molfetta n’est pas New York. Ni même la capitale de l’Italie. Mais l’affaire a des airs de petit événement pour la gauche italienne. À 36 ans, le communiste Manuel Minervini, ingénieur en mécanique de profession, est devenu, ce 8 juin, le nouveau maire de la commune de 60 000 habitants située dans les environs de Bari (Pouilles).

Soutenu par le Parti démocrate (PD) et le Mouvement Cinq Étoiles entre autres, le dirigeant de Rifondazione comunista l’a emporté au second tour avec 67,5 % contre 32,5 % pour son opposant de droite, Pietro Mastropasqua. Il s’en est pourtant fallu de peu pour que le PD ne soutienne pas ce dernier qui avait pourtant concouru il y a quelques années avec l’appui des Frères d’Italie (extrême droite), le parti de la première ministre Giorgia Meloni. Ce retournement dans le dernier virage est dû à la secrétaire du parti, Elly Schlein, qui a insisté : « l’unité se fait à gauche ».

Des cheminots se sont rassemblés devant la gare de Grenoble,


 Des cheminots se sont rassemblés devant la gare de Grenoble, mercredi 10 juin, dans le cadre de la journée de grève nationale à l'appel de l'intersyndicale (CGT Cheminots secteur Alpes, SUD-Rail, CFDT Cheminots, UNSA Ferroviaire). Après le mouvement contre les visites avant expédition (VAE) en avril-mai, les grévistes protestaient cette fois plus largement contre l'ouverture à la concurrence, les réorganisations, la faiblesse des salaires ou encore le mal-être au travail. Une mobilisation réussie avec près de 50 % des agents SNCF en grève dans la région

dimanche 14 juin 2026



 

À partir des 2 et 3 juin, des centaines de milliers de lycéens et d’étudiants ont découvert les réponses à leurs candidatures sur Parcoursup et Mon Master. Pour beaucoup, cette période est synonyme d’angoisse et d’incertitude. Derrière les listes d’attente, les refus et les classements se cache une réalité : celle d’un enseignement supérieur aujourd’hui incapable d’accueillir l’ensemble des jeunes qui souhaitent poursuivre leurs études et de garantir des conditions d’études dignes.

Chaque année, des milliers d’étudiants ayant pourtant validé le  baccalauréat ou leur licence se retrouvent dans des filières par défaut, voire sans aucune solution. Cette situation résulte directement d’un manque criant de planification qui se traduit par une pénurie de places dans les universités, mais aussi de débouchés vers des emplois qualifiés.

L’accès aux études supérieures ne devrait dépendre ni de l’origine sociale, ni de la maîtrise des codes de la sélection, ni de candidatures envoyées par dépit. Chacun doit pouvoir accéder à une formation qui correspond à son projet de vie et étudier dans des conditions dignes.

La sélection renforce le  tri social face aux conditions de vie étudiantes. Comment  choisir librement ses études et construire son parcours professionnel lorsque le prix des loyers explose et que les dépenses du quotidien augmentent ? Ces conditions maintiennent les étudiants dans l’insécurité de la précarité.

C’est précisément parce que nous refusons cette logique de tri social organisé que l’UEC lance une campagne nationale pour l’autonomie étudiante. 

Nous rejetons une société où l’avenir de la jeunesse est dicté par le manque de moyens et des logiques de concurrence déloyale. Nous revendiquons un plan massif d’investissements dans l’enseignement supérieur pour ouvrir des places supplémentaires, ainsi que la création d’un véritable service public de l’orientation afin d’accompagner les jeunes tout au long de leur parcours. Enfin, nous défendons un projet de société de créations d’emplois qualifiés dans des secteurs stratégiques pour l’avenir scientifique, industriel et écologique du pays.

L’Union des étudiants communistes

Le 8 juin 2026

Article publié dans CommunisteS, numéro 1090 du 10 juin 2026.

vendredi 12 juin 2026

Syndicat CGT du CHAI




 160 personnes mobilisées ce lundi 8 juin au CHAI et dans la manifestation à Saint-Égrève… et ce n’est qu’une étape !

Assez des économies faites sur le dos des équipes !
On veut des moyens pour la santé, des effectifs à la hauteur, et du respect pour la vie personnelle et professionnelle.
La lutte continue !