dimanche 31 mai 2026
« ON NE PEUT PAS NOUS MUSELER »
Le MJCF renouvelle sa direction lors de son ANA 2026
Après plusieurs semaines d’enquête sur leurs pratiques militantes, de débats et de discussions avec des milliers de jeunes, 150 animateurs et animatrices du MJCF se sont réunis ce week-end au siège du PCF, place du Colonel Fabien.
À l’issue de la première journée de travaux, le Conseil national renouvelé a élu Bastien Bonnargent 27ᵉ secrétaire général du MJCF.
Bastien a grandi dans le nord des Hautes-Pyrénées, près de Maubourguet, avant de s’installer à Toulouse pour y poursuivre des études d’histoire afin de préparer le Concours de professeur en lycée professionnel (CAPLP). Il a adhéré aux Jeunes communistes à Tarbes lorsqu’il était lycéen en 2016, avant d’exercer des responsabilités fédérales en Haute-Garonne de 2021 à 2024, puis de rejoindre la coordination nationale du MJCF en 2024, en charge de la vie des départements.
Le MJCF adresse ses remerciements à Assan Lakehoul, secrétaire national depuis quatre ans.
Depuis le début de son mandat, il a dirigé l’équipe de coordination nationale avec une ambition claire : faire du MJCF une organisation proche, utile et révolutionnaire. Cette orientation a été réaffirmée lors du 44e Congrès, qui s’est tenu en avril 2025 à Bobigny.
Au cours de ces dernières années, le MJCF a redoublé d’efforts pour construire une organisation qui s’adresse à toutes les jeunesses. Il a montré sa capacité à faire vivre une démocratie active, ancrée dans les réalités sociales et économiques des jeunes. Il n’a cessé de renforcer son implantation et d’approfondir sa réflexion pour arracher des victoires face au patronat et répondre aux besoins comme aux aspirations de la jeunesse.
Article publié dans CommunisteS, numéro 1088 du 27 mai 2026.
samedi 30 mai 2026
Macron l’écolo : l’imposture touche à sa fin
« Je n’ai pas de leçon d’écologie à recevoir de qui que ce soit dans le champ politique », lançait Emmanuel Macron en 2025. C’est tout à fait vrai : à quoi bon, vu son bilan ?
« Ce quinquennat sera écologique ou ne sera pas. » Cette phrase, prononcée lors de la campagne pour sa réélection en 2022, lui colle à la peau comme le mazout aux plumes des goélands. Car, à l’heure de faire le bilan de ces dix ans de présidence, le constat est net : le quinquennat, le second pas plus que le premier, n’est pas. Pas écologique ni rien du tout.
Au printemps 2026, après avoir enterré son aide à la rénovation MaPrimeRenov’, la Macronie adopte de la loi de simplification de la vie économique met de grands coups de canif dans la politique écologique : suppression des « ZFE » et du « ZAN » – derrière ces barbarismes, on parle de qualité de l’air et de bétonisation des sols. La loi Duplomb restera comme une des grandes lois de ce second quinquennat. Au menu : construction de méga-bassines et de méga-poulaillers – un « fléau », selon l’expression de Greenpeace, tant pour ce qui concerne la pollution de l’eau, des sols et de l’air, que la déforestation ou encore la disparition des petites fermes –, et retour sur le marché de pesticides comme les néonicotinoïdes. Plus récemment, le gouvernement a réautorisé la mise sur le marché locatif des pires passoires thermiques… La liste des méfaits écolos de la Macronie serait trop longue pour être développée ici, alors on vous renvoie à nos confrères de Reporterre et leur « Comment Macron a détruit l’écologie en 60 mesures ».
Il en faudra plus pour ébranler l’égo démesuré du président. Ce mardi 19 mai, au début du Conseil de planification écologique, le quatrième du genre, Emmanuel Macron déplore : « J’ai bien noté ces dernières années que l’écologie est devenue une cible facile, en particulier pour les extrêmes, et qu’elle est en quelque sorte le théâtre d’opérations d’un populisme ». Mieux, il entend « continuer à avancer ».
« Avancer » ? Non parce qu’on dirait plutôt qu’on recule, là. Le second quinquennat aura été un détricotage minutieux de la moindre avancée entreprises auparavant, parfois même par Emmanuel Macron lui-même. Adoptée et promulguée à l’été 2021, la loi climat et résilience instaurait les ZFE pour 2025. Supprimée, donc, un an plus tard. Ce n’est que l’exemple le plus récent et flagrant.
Il faut aussi ajouter le choix assumé du nucléaire, redevenu central dans la stratégie énergétique française, à contrepied des Américains et des Allemands. Emmanuel Macron a relancé la filière avec l’annonce de la construction de nouveaux réacteurs EPR et la prolongation du parc existant. Que, pour tenir les créneaux de la décarbonation et de la souveraineté énergétique, on valorise ce qui fonctionne chez nous est parfaitement compréhensible. Mais à condition de ne pas oublier l’impératif le plus stratégique sur le long terme ; la progression des renouvelables, au détriment des fossiles et nucléaire.
Mais n’oublions pas qu’Emmanuel Macron accompagne dans le même temps le mouvement européen de détricotage des normes et autres gardes fous. Le « pacte vert » est désormais jugé trop contraignant. On dénonce l’écologie « punitive », suivant l’impulsion venue des extrêmes droites. On lâche du lest sur les pesticides, tout en intimant les Français à « consommer européen ». Au diable la cohérence, tant que le business va, tout va.
Il semble bien loin, le Macron 2017-2018 qui abandonnait l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, qui mettait du bio dans les cantines, qui scandait « Make planet great again », etc. Depuis, les écolos sont devenus des « terroristes ». Alors, vous imaginez bien que Macron ne peut en être. Tiens, vous connaissez le nom de la ministre de l’écologie ? Monique Barbut. Un bon point à ceux qui savaient !
vendredi 29 mai 2026
Palestine : la complicité passive de la France
Durcissement de la répression en Cisjordanie et introduction de la peine de mort contre les Palestiniens, humiliations et tortures contre les prisonniers et les militants des droits humains : la politique israélienne franchit de nouveaux seuils. La France réagit a minima.
Il y a des moments où le silence d’un État ne relève plus de la prudence diplomatique mais d’une faute d’une grande gravité. Face au désastre à Gaza, en Cisjordanie et même en Israël, depuis trop longtemps, la France regarde ailleurs tandis que certains gouvernements européens bougent. L’Espagne de Pedro Sánchez hausse le ton. Même l’Italie de Giorgia Meloni est plus ferme que la France face aux violations des droits des militants de la flottille pour Gaza. Après la diffusion d’une vidéo montrant les humiliations de ces militants, c’est la présidente du conseil italien qui s’exprime quand la France se contente d’un timide tweet du ministre des affaires étrangères. Il faut mesurer ce que cela signifie. Il faut entendre ce que cela dit de l’effacement de la France et de la rupture avec son histoire.
Les actes qui placent Israël au ban des nations s’accumulent. L’État hébreu avait voté en mars une loi instaurant la peine de mort pour les Palestiniens. En Cisjordanie, le commandement militaire israélien vient de franchir un seuil supplémentaire : il promulgue un décret qui, selon les ONG locales, « instaure un régime de peine de mort plus étendu, plus arbitraire et plus extrême que la loi elle-même ». La peine capitale devient un outil politique. Elle terrorise pour écraser toute forme de contestation.
La vidéo diffusée par le ministre de la sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, est de même nature. Terroriser et faire taire. Dans cette vidéo, on voit des militants de la flottille pour Gaza agenouillés, mains liées dans le dos. Le pouvoir exhibe sa domination et transforme l’humiliation et la violence en message politique. Alice Jill Edwards, rapporteuse spéciale des Nations unies sur la torture, dénonçait mardi « la torture, les morts potentiellement illégales, la détention au secret et les conditions dégradantes » des Palestiniens dans les geôles israéliennes. Cela confirme les propos de Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l’ONU sur la situation des droits humains dans les territoires palestiniens occupés. Elle parlait de « permis de torturer les Palestiniens » en mars dernier.
Que fait la France ? Elle refuse de nommer clairement mais, surtout, d’agir à la hauteur de ce qui se déroule sous nos yeux. Ce refus porte un nom : la complicité passive.
Les flottilles pour Gaza permettent de remettre la question palestinienne à l’agenda politico-médiatique des sociétés occidentales. Elles rappellent que les bombardements sur Gaza continuent, qu’Israël empêche toujours les journalistes d’accéder à Gaza, que l’aide humanitaire rentre toujours au compte-gouttes, bien deçà des besoins, qu’aucun plan international de reconstruction de Gaza ne s’échafaude, qu’aucune solution politique pour les Palestiniens ne se construit.
Que fait la France ? Elle proteste à mots comptés, convoque son ambassadeur et retourne à sa prudence. Elle refuse de nommer clairement mais, surtout, d’agir à la hauteur de ce qui se déroule sous nos yeux. Ce refus porte un nom : la complicité passive.
En France, certains tentent de faire vivre une autre voix. Des citoyens manifestent, déterminés. Ils font des tweets et des posts sur Instagram. Ils interpellent et montent des cagnottes. Ils brandissent des drapeaux palestiniens, portent des keffiehs, organisent des rassemblements, votent des symboles comme cette reconnaissance du peuple palestinien comme citoyen d’honneur de la Ville de Paris. Ils cherchent des prises, des leviers, des brèches… Et se heurtent à un mur. Rien, pour l’instant, n’a permis d’infléchir la position du gouvernement français. Rien n’a contraint l’exécutif à réagir à la mesure des atrocités commises. Les réseaux sociaux bruissent, mais le pouvoir reste sourd.
Et pourtant, tous ces gestes comptent : ils disent qu’une partie de la société refuse d’oublier et de s’habituer. Cela ne change pas encore le cours des choses. Cela ne protège pas les Palestiniens. Cela ne contraint pas la France à sortir de son inertie. Mais cela trace une ligne. Et, dans les moments où tout vacille, il reste cela : la certitude fragile et têtue d’être « du bon côté de l’Histoire » pour reprendre les mots de Pedro Sánchez…
jeudi 28 mai 2026
Face à la menace d’intervention US contre Cuba : à quand une réaction de la France ?
En échec au Moyen-Orient, en difficulté face à la Chine, l’impérialisme US intensifie ses menaces contre Cuba.
Le 1ᵉʳ mai 2026, dans l’indifférence des gouvernements occidentaux, dont celui de la France, Donald Trump renforçait encore l’asphyxie que subit Cuba depuis le 3 janvier en donnant un ultimatum à toutes les entreprises et banques étrangères opérant dans le pays. Celles-ci se trouvent désormais sommées de quitter le pays sous peine de se voir infliger un gel de leurs opérations financières, une interdiction d’accès au marché étasunien et des sanctions astronomiques.
L’effet de ces mesures est dévastateur : le 7 mai, l’entreprise canadienne Sheritt, une des principales du secteur du nickel (2ᵉ ressource du pays après le tourisme), annonce quitter le territoire cubain et rapatrier l’ensemble de ses salariés. Le 18 mai, les compagnies maritimes française CMA-CGM et allemande Hapag-Lloyd annoncent suspendre les livraisons de conteneurs à Cuba. Les entreprises ferment les unes après les autres, laissant sur le carreau des centaines de salariés et une société entière poussée à l’effondrement…
S’ajoute à cela l’inculpation de Raul Castro pour la réponse de la Défense cubaine à l’incursion illégale de deux avions Cessna dans l’espace aérien de l’île, il y a plus de 30 ans, au cours d’une opération de déstabilisation coordonnée par l’organisation paramilitaire contre-révolutionnaire « Brothers to the Rescue » établie en Floride.
Il paraît évident que de telles allégations ont pour seul objectif de trouver une justification à l’injustifiable, en préparant le terrain à une intervention militaire directe à Cuba. La visite du directeur de la CIA la semaine passée à La Havane ne répond qu’à ce seul objectif.
Le blocus total imposé à Cuba a provoqué à plusieurs reprises des extinctions généralisées d’électricité. Selon l’ONU, ce sont plus de 110 000 opérations chirurgicales, dont 11 000 en pédiatrie, qui ont dû être reportées. Autrement dit, en plus de semer le désespoir, le blocus fait des morts !
De plus, ce sont quelque 400 000 enfants et une société entière qui sont aujourd’hui confrontés au risque de rupture scolaire à défaut d’électricité pour alimenter les écoles et les 240 pensionnats du pays.
L’action des États-Unis peut avoir de très lourdes conséquences sur l’ensemble de la région. D’après l’aveu de l’ancien directeur de la CIA, l’effondrement de Cuba entraînerait une véritable crise pour les États-Unis. Et pour cause ! La stabilité de Cuba est fondamentale pour lutter contre la prolifération du trafic de stupéfiants et des réseaux de traite humaine dans l’ensemble de la région Caraïbe.
Aujourd’hui, les menaces des États-Unis ont des répercussions globales. Elles affectent notre propre souveraineté en privant les entreprises françaises et européennes de l’exercice de leur droit à commercer librement avec les partenaires qu’elles souhaitent. Des leviers juridiques existent pour contourner ces mesures extraterritoriales, à l’échelle européenne comme à l’échelle nationale : règlements européens « anti coercition », loi dite « Sapin 2 » visant à renforcer les dispositifs anticorruption, notamment pour faire cesser les poursuites judiciaires extraterritoriales, loi de blocage de 1968, qu’attend-on pour les mettre en œuvre ?
Qui peut croire que Donald Trump s’arrêtera là ? Qu’attend la France et l’Europe pour réagir face au bain de sang qui se prépare ? Va-t-on encore longtemps laisser les États-Unis piétiner le droit international sans prendre les mesures qui s’imposent ? Les menaces de l’impérialisme US concernent également les possessions françaises dans la Caraïbe et en Guyane.
La mobilisation internationale pour Cuba doit se renforcer. La journée de mobilisation du 1ᵉʳ mai a réuni de très nombreux manifestants, devant l’ambassade des États-Unis à La Havane, mais aussi dans les cortèges en France et partout dans le monde. À La Havane, ce sont plus de 500 000 personnes et de nombreuses délégations étrangères, dont celle de la CGT, qui ont battu le pavé en solidarité avec Cuba.
Le Parti communiste français réitère de nouveau sa totale solidarité avec le peuple, le gouvernement cubain et le Parti communiste cubain contre la politique criminelle et illégale imposée par les États-Unis.
Il interpelle de nouveau le gouvernement français : n’attendons pas qu’il soit trop tard pour réagir ! Les députés du groupe GDR déposeront à l’Assemblée nationale le 11 juin prochain une résolution demandant à la France de condamner le blocus et d’agir, en lien avec les Nations Unies, pour venir en aide à Cuba.
Nous continuerons à nous mobiliser dans les semaines et les mois qui viennent pour envoyer du matériel médical et de première nécessité à Cuba, pour inciter les villes et les autorités françaises à dénoncer le blocus et à agir pour faire vivre la paix et la coopération entre les peuples. Tourner le dos à Cuba, c’est tourner le dos à l’humanité toute entière, nous refusons pour notre part d’être complices des crimes que commettent les États-Unis !
Paris, le 21 mai 2026
Parti communiste français
mercredi 27 mai 2026
Soutien à la flottille pour Gaza et condamnation des violences commises par le gouvernement israélien
Le Parti communiste français dénonce avec la plus grande fermeté les violences et humiliations infligées aux participants de la Global Sumud Flotilla, arraisonnée illégalement.
Sur une vidéo diffusée par le ministre israélien Itamar Ben Gvir, des dizaines de militants apparaissent agenouillés, la tête à terre, les mains attachées. Une des militantes est plaquée au sol sans ménagement. « Bienvenue en Israël, nous sommes chez nous », déclare le ministre. D’autres ont été gravement blessés.
La diffusion de cette vidéo dégradante visant à humilier les détenus s’inscrit dans un continuum de violences portant la marque d’une extrême droite israélienne qui assume la violation flagrante du droit international et des droits humains. Elles ne sont malheureusement qu'un aperçu de l'horreur que vit le peuple palestinien.
De telles violences et humiliations ont en effet lieu quotidiennement contre les Palestiniens en Cisjordanie occupée et contre les prisonniers politiques palestiniens.
Ces actes ne doivent pas rester sans réponse, l’impunité du gouvernement d’extrême droite de Nétanyahou doit cesser !
L’État français ne peut rester silencieux face à ces exactions, d’autant que des ressortissants français figurent parmi les victimes. Le PCF exige la libération immédiate de tous les militants arrêtés et la condamnation ferme par la France de ces pratiques.
Le PCF exige que la France agisse concrètement pour :
– mettre fin au blocus de Gaza, et permettre l’acheminement de l’aide humanitaire d’urgence
– Prendre des sanctions économiques envers l’État d’Israël tant qu’il ne respecte pas le droit international et agir pour que l’UE suspende l’accord d’association avec l’État d’Israël.
– instituer dans les faits l’État de Palestine, sur la base des frontières de 1967, en application de sa reconnaissance, comme étape pour la fin de la colonisation et de l’occupation des territoires palestiniens par l’armée israélienne, et l’application du droit au retour tel qu’il est prévu par l’ONU.
– la libération des prisonniers politiques palestiniens, dont Marwan Barghouti
La solidarité avec le peuple palestinien et le respect du droit international et des droits humains sont des principes non négociables.
Le PCF appelle à la mobilisation et à participer aux rassemblements pour faire progresser ces objectifs.
Paris, le 21 mai 2026
Parti communiste français.
mardi 26 mai 2026
Le 19 mai, une soixantaine de personnes se sont rassemblées devant le CHU de Grenoble
lundi 25 mai 2026
La place des enfants n’est pas au travail
Le 17 avril dernier, un élève de lycée professionnel âgé de 15 ans est décédé, percuté par un engin de chantier alors qu’il effectuait un stage en entreprise à Bagnols-sur-Cèze, dans le Gard. Nous nous saisissons du 28 avril 2026, journée mondiale sur la santé et la sécurité au travail, pour alerter sur la situation des mineur·es qui sont exposé·es aux multiples dangers de l’entreprise et proposer des mesures de protection.
En 2025, le bilan est accablant : 5 mineurs ont trouvé la mort alors qu’ils étaient en immersion en entreprise. Un collégien en classe de troisième, décédé en 2022, est le plus jeune des morts au travail. Le travail tue, et les jeunes en sont les victimes. C’est la preuve que l’entreprise n’est pas un lieu de formation adapté aux plus jeunes, elle peut les mettre en danger, encore plus que pour l’ensemble des travailleuses et travailleurs.
D’après l’INRS, les 15-24 ans connaissent en moyenne 2,5 fois plus d’accidents de travail que l’ensemble des salarié·es. D’après les statistiques de l’assurance maladie, 32 travailleurs et travailleuses de moins de 25 ans cotisant au régime général sont décédé·es sur leur lieu de travail en 2023. Ce chiffre s’élève à 38 si l’on inclut les cotisant·es à la Mutualité Sociale Agricole.
Devant ce constat accablant, des organisations ont multiplié les alertes. La réponse apportée par le ministre du travail n’est pas à la hauteur du problème. Si Jean-Pierre Farandou reconnaît que « chaque mort est inadmissible », il continue d’affirmer que « c'est une bonne chose que les jeunes aillent dans les entreprises » et se contente de mesures de prévention d’une légèreté désinvolte, limitées au port de casques d’une couleur différente pour distinguer les jeunes.
La question des jeunes qui meurent au travail demande une réponse sérieuse. En effet, les décès de mineur·es au travail en 2025 sont la conséquence d’orientations politiques qui ont assoupli les contrôles et les mesures de protection, qui ont promu un rapprochement toujours plus grand entre l’école et l’entreprise. En 2015, le décret Rebsamen a assoupli la procédure permettant d’affecter un·e jeune sur des postes interdits aux mineur·es, remplaçant l’obligation d’une visite de l’inspection du travail par une simple déclaration. En 2018, la loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » a allégé les règles de durée de travail des apprenti·es tout en abrogeant l’inspection de l’apprentissage. Le plan « santé scolaire » lancé en 2025 acte une nouvelle dérogation, ne prévoyant qu'une visite médicale par cycle, contrevenant au Code du travail qui impose le renouvellement annuel des avis médicaux d'habilitation.
Depuis l’introduction des stages à la fin des années 1970, les temps de présence des jeunes en entreprise ont été augmentés sous prétexte d’améliorer l’orientation et l’insertion professionnelle, imposant ainsi le dogme de l’entreprise formatrice. Ces dernières années marquent une accélération : stage d’observation pour les élèves de seconde générale et technologique, aides financières massives pour accompagner le développement à marche forcée de l’apprentissage, mise en place du parcours différencié en Terminale bac pro. La détérioration des conditions de travail, son intensification permanente ainsi que le manque de formation et d’accompagnement des tuteurs et tutrices en entreprises rendent le modèle de l’entreprise apprenante inopérante notamment pour les plus jeunes.
Les retours de terrain et les études d’universitaires le démontrent : l’entreprise n’est pas un lieu émancipateur et sécurisé. Trop souvent, rien n’est mis en place pour assurer leur formation, leur accompagnement ni l’encadrement nécessaire. Les apprenti·es et les stagiaires sont surexposé·es aux produits CMR (cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques). Les activités confiées, comme le nettoyage de zones empoussiérées en menuiserie, les colorations en coiffure ou le dégraissage de pièces en mécanique, sont très souvent à risques.
Ce renforcement de la place de l’entreprise dans la formation est d’autant plus problématique que, pour l’accès aux stages, les jeunes subissent les mêmes discriminations que pour l’accès au travail : milieu social, origine, lieu d’habitation, genre… Les jeunes en situation de handicap subissent souvent une double discrimination. Sur les lieux d’accueil, les jeunes se confrontent aussi aux discriminations, aux violences et aux inégalités dans les tâches qui leurs sont confiées.
En lien de subordination, les jeunes sont aussi tout particulièrement vulnérables aux violences sexuelles et sexistes au travail. Ces mineur·es sont propulsé·es dans l’entreprise – un monde d’adultes et hiérarchique – et souvent n’osent pas parler par crainte de perdre leur stage ou apprentissage et de compromettre l’obtention du diplôme préparé. L’entreprise participe également à la reproduction des stéréotypes de genre par le développement de cultures d’entreprises qui maintiennent une vision ségréguée des métiers.
Si le ministre du travail entend, comme il le prétend, faire une priorité personnelle de la prévention des risques qui menacent les jeunes au travail, il doit prendre des mesures d’urgence, en collaboration étroite avec les ministères de l’Éducation nationale, de l’Agriculture et de la Mer.
Dans l’immédiat, nous exigeons la suppression du stage d’observation pour les élèves de troisième et de seconde générale et technologique, qui creusent les inégalités socio-économiques que subissent les élèves, sont trop peu préparés et s’opposent, en l'état, aux principes d’émancipation qui doivent guider les politiques éducatives.
Par ailleurs, nous demandons le rétablissement de l’autorisation préalable par l’inspection du travail pour l’emploi de mineur·es à des travaux dangereux, supprimée en 2015. Les procédures de l’inspection du travail de retrait des apprenti·es et des stagiaires et d’opposition à l’engagement d’apprenti·es en cas de situation dangereuse constatée doivent être élargies et simplifiées. Il faut enfin garantir le droit de retrait pour les jeunes.
L’État doit réellement exercer un rôle de contrôle de la qualité des formations dispensées par les organismes de formation notamment lorsque celles-ci forment des jeunes mineur·es par des actions de formation en entreprise.
Les ministères de l’Éducation nationale, de l’Agriculture et de la Mer doivent développer la prévention, notamment, avant toute présence en entreprise, avec la délivrance d'une formation systématique aux premiers secours, ainsi que d'enseignements sur le droit du travail, sur les risques professionnels, sur la prévention des violences sexuelles et sexistes au travail.
Plus largement, pour s’attaquer au fléau des accidents du travail, il faut des moyens et des mesures concrètes, à commencer par une politique pénale intransigeante qui sanctionne sévèrement la délinquance patronale et par le doublement des effectifs de l’inspection du travail et des services de prévention (CARSAT, médecine du travail).
Selon la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant, toute personne âgée de moins de 18 ans est définie comme un enfant. Les enfants doivent être à l’école et non soumis·es à la dangerosité de l’entreprise ! C’est pourquoi nous revendiquons la scolarité obligatoire jusqu’à 18 ans.
dimanche 24 mai 2026
La Françafrique version start-up nation
Gestes mémoriels, discours de rupture et offensive commerciale : la tournée africaine d’Emmanuel Macron illustre les contradictions d’une politique française prise entre héritage colonial et recomposition géopolitique. Une ambiguïté qui peine à convaincre des sociétés africaines en quête d’autonomie.
Les tournées internationales d’Emmanuel Macron sont toujours d’une mise en scène soigneusement huilée. Cette fois encore, entre un jogging avec une star du marathon, quelques passes de football et un passage à la cantine, le président français a voulu incarner une France « partenaire », moderne, débarrassée des vieux réflexes.
Certes, entre le moment où il est monté sur scène pour faire le professeur d’école en demandant à la salle de se taire ou cette phrase extraite d’un entretien à Jeune Afrique – « Je pense qu’aujourd’hui les dirigeants africains ont le devoir d’améliorer la gouvernance dans leur pays et de structurer des stratégies » –, il y a encore beaucoup de travail. Mais on avance tout de même sur certains points : enfin, la France semble considérer le continent africain dans sa totalité et pas uniquement ses anciennes colonies. La preuve : le sommet s’est déroulé au Kenya, un pays non-francophone – une première ! Mais au-delà de ça, c’est surtout une réalité plus prosaïque qui s’est imposée : ce voyage est d’abord, comme souvent, une tournée commerciale.
Car que voit-on ? Des annonces d’investissements, des délégations d’entreprises, des contrats en discussion. Les noms sont connus : les entreprises du CAC 40 français appelées à consolider leur présence sur des marchés jugés prometteurs. Le président fait, en somme, le service avant-vente du capitalisme français. Mais une question politique affleure : est-ce vraiment cela, la France ? Peut-elle être identifiée aux intérêts de ses grandes entreprises ? Le président de la République peut-il être son premier VRP ?
Emmanuel Macron prétend réinventer la relation entre le continent africain et l’hexagone mais la France apparaît comme un partenaire ni incontournable, ni particulièrement désiré.
Pourtant, ce tropisme économique marque une rupture avec l’histoire coloniale et néocoloniale française faite d’ingérence politique directe, de formation des polices, d’installation de bases militaires. Elle entérine une transformation profonde du continent africain – et du regard qu’il porte sur la France. Dans de nombreux pays, notamment en Afrique francophone, la France est désormais contestée voire rejetée. Faute d’avoir rompu clairement avec l’ingérence et un certain esprit néo-colonial, elle n’a pas su construire des relations nouvelles, favorables aux différents pays. D’autres puissances investissent et négocient : la France devient un partenaire parmi d’autres. La Chine bien sûr, mais aussi la Turquie, les Émirats arabes unis et l’Inde, aujourd’hui solidement présents.
Emmanuel Macron prétend réinventer la relation entre le continent africain et l’hexagone mais la France apparaît comme un partenaire ni incontournable, ni particulièrement désiré. On peut multiplier les gestes symboliques, changer les noms des sommets, parler d’avenir plutôt que de passé, cela ne suffit pas à reconstruire une confiance abîmée. La politique française envoie des signaux contradictoires : comment parler de partenariat équilibré quand l’aide publique au développement a subi une coupe de 38% entre 2023 et 2025 ? La solidarité recule, les aides deviennent des prêts avec retour sur investissement.
Reste un domaine où des avancées peuvent être saluées : celui de la mémoire. Les restitutions d’œuvres d’art pillées pendant la colonisation progressent enfin. Ce mouvement traduit une prise de conscience tardive mais réelle. Même si restituer sans réparer, reconnaître sans s’excuser, c’est avancer à moitié. Au fond, cette tournée africaine dit tout de la politique d’Emmanuel Macron.
samedi 23 mai 2026
Face la guerre culturelle réactionnaire mobilisons-nous !
Vincent Bolloré veut posséder les outils de production, de diffusion, de distribution de la culture et des médias. A l’aide du pouvoir médiatique qu’il possède, il veut conquérir un pouvoir culturel, un pouvoir sur nos esprits. Il poursuit son offensive contre celles et ceux qui lui résistent et osent le crime de lèse-majesté, comme en témoigne la décision de faire une liste noire de la prise de parole collective d’artistes manifestant leur inquiétude à l’égard de son projet politique. En limogeant le directeur de Grasset, déjà, il avait donné le ton. La culture, la liberté d’expression, de création et d’information sont des biens trop précieux pour qu’on les laisse entre les mains des milliardaires. D’autant plus que cette oligarchie industrielle et financières participe à une véritable guerre culturelle et idéologique menée de longue date par des mouvements politiques d’extrême droite alliée désormais à des forces de droite de moins en moins républicaine. Cette guerre culturelle est destinée à étendre la domination sociale, économique et politique d’un capitalisme de nouvelle génération, mondialisé, financiarisée, autoritaire, obscurantiste et guerrier. Ensemble ilsprétendent combattre notre imaginaire et nous interdire nos combats émancipateurs, nos valeurs de liberté, d’égalité et de parité, de fraternité et de sororité.
La brutalité avec laquelle sont traités les institutions, les actrices et les acteurs du monde de la culture et des médias est à la mesure de la façon dont ils traitent notre peuple nous inquiète et doit nous mobiliser. Face à cette offensive méthodique, qui se fonde sur une puissance financière considérable, il est grand temps pour nous de réagir et La gauche doit être au rendez-vous de cette bataille centrale. Par-delà les intimidations, de nombreuses voix s’élèvent pour refuser l’emprise de Vincent Bolloré et consorts, pour dénoncer la guerre culturelle qu’il est en train de mener pour mettre au pas la société. Des pétitions, des tribunes des actions ont lieu. Nous en sommes partie prenantes. Pour notre part nous avons avec d’autres forces politiques et syndicales relancé les nouveaux Etats Généraux de la Culture et des médias.Rassemblons toutes nos forces et nos initiatives pour lui faire échec.
C’est notre passion pour les libertés, pour l’égalité et la parité, pour le vivre ensemble dans la fraternité et la sororité, pour le respect de l’altérité et de la diversité de notre population qui a toujours fait la richesse de notre pays, que nous devons impérativement défendre : défense des services publics notamment ceux de l’Ecole et de l’Université, de la Culture et de l’Audiovisuel, voter une loi prévue contre la concentration des médias, des réseaux sociaux et numériques, du cinéma et des maisons d’éditions, revitaliser le combat culturel contre toutes les formes de racisme et d’antisémitisme, contre le patriarcat et les violences faites aux femmes, contre les atteintes à la liberté des orientations sexuelles. Cette mobilisation doit plus largement être l’affaire de tous les citoyens-nes car il s’agit de mener d’urgence une grande bataille politique, celle de l’imaginaire.
Paris, le 19 mai 2026
Parti communiste français




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