mercredi 29 avril 2026
La foire de Beaucroissant,
Série - 1936 au jour le jour #16
1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.
20/26 avril 1936 (16) Le PCF double ses voix !
L’actualité de la semaine se concentre naturellement sur l’enjeu du premier tour des élections législatives du dimanche 26 avril.
La campagne est dynamique et le ton du journal l’Humanité est résolument offensif.
Les formes d’intervention militante bougent. Après Maurice Thorez à Radio-Paris, nombre de dirigeants communistes « parlent au poste de Paris-PTT » par exemple.
Le PC publie une Bande dessinée, reproduite dans le quotidien communiste, intitulée « Franchard et Lavisé » et signée « Image d’Épinal ».
Les derniers jours de la campagne, l’Humanité décline en Une les raisons de voter communiste : « Pour l’ordre, votez communiste ! » (24/4) ; « Pour la liberté, votez communiste ! » (25/4) ; « Votez communiste ! Contre la guerre ! Contre le fascisme ! Contre la misère ! » (26/4).
Rappelons que seuls les hommes ont le droit de vote ; d’où un article vindicatif du journal, le 22/4 : « La femme française doit voter ».
Un autre sujet toutefois s’invite également dans l’actualité. C’est l’amorce d’un mouvement social. Une grève est annoncée dans les bassins miniers, des corporations bougent : meetings des ouvriers du bâtiment, des travailleurs du vêtement, demandes des ouvriers agricoles, des chauffeurs de taxi, réunions des travailleurs des services publics. La fête du travail s’annonce puissante. La CGT va organiser 215 meetings dans les principales villes. « Contre la misère ! Participez aux manifestations du Premier mai », titre le quotidien, page 5, le jour même de l’élection.
C’est dans ce cadre que tombent, dimanche soir, les résultats tout à fait spectaculaires du premier tour. Le PCF double ses voix ; il passe de 796 000 voix en 1932 à 1 500 000. Soit de 6,7 % en 1932 à 12,5 (on trouve aussi ces chiffres : de 8,3 % à 15,2).
Neuf députés communistes sont élus au premier tour dont le secrétaire général Maurice Thorez, André Marty, qui est alors secrétaire de l’Internationale communiste, Renaud Jean, issu du monde rural, Arthur Ramette, député du Nord, le cheminot Gaston Monmousseau, l’écrivain et journaliste Paul Vaillant-Couturier. On parle de 60 ballottages favorables.
Le PS enregistre 1 900 000 voix et le parti radical 1 400 000.
Un double titre barre la Une de l’Humanité du lendemain : « Éclatante victoire du Parti communiste » (le journal l’Unité titrera début mai : « Éclatante victoire du Parti socialiste ») ; et « Discipline au second tour pour le triomphe du Front populaire ».
Gérard Streiff
mardi 28 avril 2026
26 avril, journée de la visibilité lesbienne, journée féministe : les droits des femmes et les droits des lesbiennes sont indissociables
À l’occasion de la Journée de la visibilité lesbienne, le Parti communiste français alerte sur une offensive mondiale contre les droits des femmes et des personnes LGBTI+, en particulier contre les lesbiennes, au croisement des dominations patriarcales.
Dans près d’un tiers des pays du monde, l’homosexualité est illégale. Dans certains, les « thérapies de conversion » sont encore autorisées et, dans une dizaine d’États, l’homosexualité est passible de peines de prison, voire de mort.
Aux États-Unis, la présence de Donald Trump au pouvoir depuis deux ans a accéléré une attaque sans précédent contre les droits des femmes et des personnes LGBTI+.
En Europe, la progression de l’extrême droite entraîne une hausse des violences et une remise en cause des droits fondamentaux jusqu’au niveau institutionnel.
En France, la réalité des violences lesbophobes demeure préoccupante. Selon le rapport 2025 de SOS homophobie, plus de 1 500 situations de LGBTphobies ont été recensées.
La lesbophobie est un système qui isole, détruit et tue. Le suicide de Caroline Grandjean après des mois de harcèlement lesbophobe interroge les défaillances des dispositifs de protection.
Dans ce contexte de montée du conservatisme et du masculinisme, la Journée de la visibilité lesbienne rappelle l’enjeu des combats féministes pour l’égalité et l’émancipation.
Les lesbiennes se trouvent à la croisée des dominations patriarcales et subissent une double violence, sexiste et lesbophobe.
Malgré ces réalités, les lesbiennes restent trop souvent invisibilisées dans les combats politiques.
Le Parti communiste français réaffirme que les droits des femmes et les droits des personnes LGBTI+ sont intrinsèquement liés.
Nos propositions :
- 3 milliards d’euros pour lutter contre les violences faites aux femmes ;
l’égalité salariale et professionnelle et - la fin des contrats précaire ; - l’augmentation des hébergements publics et centres d’accueil ;
- la suspension de l’autorisation d’émettre pour les médias diffusant des propos homophobes et/ou sexistes ;
- l’inéligibilité des personnes condamnées pour injures ou incitation à la haine homophobe et/ou sexiste ;
- des politiques publiques de santé intégrant pleinement les enjeux de santé des lesbiennes ;
- la garantie effective du droit d’asile pour les personnes persécutées en raison de leur orientation sexuelle ou de leur genre.
Rendre visibles les lesbiennes, c’est refuser leur effacement. C’est affirmer que leur place est pleine et entière dans la société.
Paris, le 26 avril 2026
samedi 25 avril 2026
Dans L’Avant-Garde Plus, la jeunesse face à Parcoursup
Dans le dernier épisode de L’Avant-Garde Plus, partez à la rencontre de Rosa et Maël, deux jeunes militants communistes qui luttent avec détermination contre la sélection imposée par Parcoursup. Cette vidéo plonge au cœur de l’angoisse que vivent les lycéens face à cette plateforme. Ces derniers dénoncent avec force la sélection sociale, géographique et genrée qu’elle génère.
Face à des équipes éducatives débordées et à un accompagnement largement insuffisant, Rosa et Maël ont décidé de ne pas rester inactifs. Ils témoignent de leur mobilisation concrète pour organiser la riposte. Maël raconte notamment la création d’un cahier de doléances, véritable outil de recueil de la parole lycéenne qui a rassemblé plus d’une centaine de témoignages poignants. Ce travail méticuleux a trouvé un écho inespéré lors de l’audition inédite de Maël devant la Cour des comptes, une occasion unique de porter la voix des élèves et de défendre l’accès à un enseignement supérieur public de qualité pour tous.
Ne manquez pas cette émission essentielle pour saisir les réalités concrètes que traverse les lycéennes et lycéens, et comprendre l’importance cruciale de s’organiser collectivement pour son émancipation.
vendredi 24 avril 2026
Après son congrès, à quoi doit répondre le PGE ?
Le congrès du PGE qui s’est tenu à Bruxelles le week-end dernier a permis au PCF de porter ses exigences de contenu et de tenir des rencontres bilatérales, comme l’article d’Hélène Bidard le développe.
Concernant les enjeux de fond, c’est-à-dire la manière dont le PGE pourrait être un outil pour mettre en commun les luttes, les exigences et les initiatives des partis membres pour la paix et contre l’austérité en Europe, ce congrès laisse beaucoup de questions ouvertes. Les questions posées lors de la préparation du congrès le restent à son issue.
Pour le PCF comme pour d’autres organisations membres, le congrès initie surtout une phase transitoire qui devra aboutir lors de l’assemblée générale de 2027. Le congrès et les interventions des délégués de nombreux partis affirment nettement un profil pour la paix et la sécurité collective en Europe. Il faut donc maintenant le décliner concrètement.
Deux points particulièrement importants doivent être travaillés dans l’année qui vient si l’on veut un PGE utile pour les luttes convergentes des partis membres.
- Construire une action commune en Europe pour la paix et contre la militarisation de l’économie. Le PGE est le seul parti européen à s’emparer de la question de la lutte pour la paix et la sécurité collective ainsi que de la lutte contre la militarisation de l’économie. Mais cela demeure assez peu visible et peu en lien avec les partis membres. Or, le véritable atout du PGE réside dans ses partis membres. Le PCF a porté lors de ce congrès l’exigence que le PGE s’empare de l’exigence de la paix en devenant un espace de mise en commun des élaborations et des actions pour la paix des différents partis membres. Des points d’appui peuvent être utilisés, comme les prises de position du gouvernement espagnol auquel participent le Parti communiste et la Gauche Unie d’Espagne.
- Construire un parti de partis transparent et démocratique. Pour cela il convient de poser la question des modalités de fonctionnement du PGE. Il existe une tendance à la centralisation et à la fédéralisation du parti, faisant écho avec une certaine tentation fédéraliste de la construction européenne. Le PCF, avec d’autres organisations, défend une conception d’un parti de partis pleinement souverains mettant en commun leur expérience, leur positionnement, leur analyse pour faire naître du commun en Europe et pour élaborer des actions et campagnes communes. Ce débat existe depuis longtemps dans le PGE mais il tend à s’approfondir.
Le PGE est à un tournant de son histoire. Porté lors des années 2010 par l’essor des luttes anti-austérité en Europe, il a été confronté depuis à plusieurs échecs et à plusieurs crises provoquées par les reculs de ces luttes. Il s’agissait ici du premier congrès après le départ des organisations populistes et de la gauche verte nordique. Une nouvelle page de l’histoire d’un PGE refondé doit s’écrire dès maintenant. Soit il est en mesure de répondre à ces deux enjeux, soit sa crise va se poursuivre et se renforcer.
L’ampleur des défis et des menaces historiques qui pèsent sur les peuples d’Europe, avec la menace de guerre, le renforcement de la domination de l’OTAN et de l’atlantisme sur une UE dont la construction est fondamentalement capitaliste, la menace de l’extrême droite, rend une organisation de gauche en Europe portant une vision transformatrice sociale, économique, démocratique, pour la paix, plus nécessaire que jamais. Mais cela suppose qu’elle soit à la hauteur.
Vincent Boulet
Responsable du secteur international
Article publié dans CommunisteS, numéro 1083 du 22 avril 2026.
jeudi 23 avril 2026
Campagne nationale du PCF : « Un million d’oliviers pour la paix en Palestine »
45 500 € collectés, 10 271 oliviers déjà plantés !
Le PCF réaffirme sa solidarité historique avec le peuple palestinien dans sa lutte de libération nationale. Face à une stratégie d’anéantissement, nous opposons une solidarité internationale concrète et une bataille politique fondée sur le droit international, c’est-à-dire la solution politique à deux États. L’enracinement à la terre demeure, plus que jamais, le cœur de la résistance, contre la spoliation.
Grâce à la mobilisation de nos fédérations, 45 500 € ont été collectés, permettant la plantation de 10 271 oliviers. Chaque plant est un acte de résistance face à l’occupation militaire et à la colonisation de peuplement israélienne.
Un succès de solidarité internationale utile et concret
Lancée par la fédération du Val-de-Marne et entérinée par le Conseil national du 17 mai 2025, cette initiative marque une étape clé de l’action des communistes aux côtés des Palestiniens.
En coordination avec l’OLP, le ministère de l’Agriculture et les coopératives agricoles, l’Association des agronomes arabes (AAA) a sélectionné, via des pépiniéristes locaux, des plants de qualité (80 à 120 cm). En décembre 2025, ces 10 271 arbres été mis en terre sur hectares, répartis dans zones ées (Ramallah, Naplouse, Hébron, Tulkarem, Bethléem et Jérusalem), à distance des colonies pour garantir leur préservation.
Ce projet soutient directement 366 familles d’agriculteurs. Chaque don de 10 € constitue un acte politique en faveur de la souveraineté alimentaire et de la production d’huile – pilier économique de la Palestine - tout en protégeant les terres contre l’occupant.
78 ans de nettoyage ethnique : la terre, comme enjeu de résistance
Depuis la Nakba de 1948, marquée par l’expulsion forcée de 800 000 Palestiniens, et depuis l’occupation de 1967, les gouvernements israéliens s’attaquent à l’accès à la terre, à l’eau et à la nourriture. Cela a été considérablement renforcé par la politique suprémaciste de Benyamin Netanyahou. En Cisjordanie comme à Gaza, l’arme alimentaire est devenue un outil de guerre.
- Depuis 1967 : Plus d’un million d’oliviers ont été détruits par l’armée et les colons.
- Depuis octobre 2023 : 50 000 arbres supplémentaires ont été arrachés.
- Impact économique : L’olivier génère 40 % des revenus pour 80 000 producteurs. Sa destruction menace la sécurité alimentaire et provoque un véritable écocide (érosion des sols).
Cette stratégie de dépossession vise à empêcher l’émergence d’un État viable et souverain. Lors de la récolte d’octobre 2025, l’ONU a recensé 225 attaques de colons, faisant 171 victimes. Sous la terreur de ces milices protégées par Netanyahou, plus de 20 % de la production n’a pu être récoltée.
Dans le contexte de génocide à Gaza et d’intensification de la répression en Cisjordanie occupée (annexion complète des territoires, 900 checks points, 10 000 prisonniers politiques dont torture, déplacements forcés, assassinats…), la campagne du PCF prend tout son sens politique face aux 750 000 colons surarmés.
Peine de mort pour les Palestiniens, la volonté d’assassiner tout un peuple !
Alors que Netanyahu et Trump propagent le chaos au Moyen-Orient en toute impunité et illégalité, le gouvernement suprémaciste d’extrême droite israélien franchit un nouveau cap pour liquider la question palestinienne.
L’offensive est législative. Le 30 mars, la Knesset a instauré la peine de mort pour les seuls Palestiniens, en marquant un tournant historique. Pour Ofer Cassif et Aida Tuma, députés communistes israéliens : « La Nakba continue. Israël légitime et justifie désormais le génocide, l’apartheid et le nettoyage ethnique. La loi sert le fascisme et le renforce.»
Amplifions notre solidarité internationale !
Alors que la France se rend complice de crimes de guerre par ses ventes d’armes à Israel, les communistes disent NON à la proposition de loi Yadan ! En faisant l’amalgame entre antisionisme et antisémitisme, ce texte dénoncé par l’ONU criminalise toute critique d’Israël en menaçant le mouvement de solidarité, comme le souligne le communiqué du PCF paru le 8 avril dernier : La loi Yadan doit être retirée
Face à l’urgence et à l’invisibilisation des souffrances du peuple palestinien, nous renforçons la campagne des oliviers avec un nouvel objectif de 100 000 €. Dans ses remerciements à Fabien Roussel, Issa Elshateh (vice-président de l’AAA) souligne que face à l’annexion des terres, cette campagne est « vitale pour la survie, la dignité et l’indépendance économique des Palestiniens ».
L’engagement du PCF est total : pas de paix sans justice, ni sans sanctions contre les crimes d’Israël. Nous exigeons le respect du droit international, la pleine souveraineté de la Palestine et le droit à l’autodétermination du peuple palestinien.
Christine Hernandez
coordinatrice de la campagne nationale PCF « Un million d’oliviers »
mercredi 22 avril 2026
lundi 20 avril 2026
L’indigne Sarkozy
Le procès en appel de Nicolas Sarkozy révèle aussi l’indignité de l’homme. Les échos du tribunal font remonter à la surface tant de souvenirs pénibles. On espère tellement tourner la page avec le fric, l’égocentrisme, la vulgarité et le racisme qu’il incarne si bien.
Depuis le 16 mars, et jusqu’au 3 juin, se déroule le procès en appel de Nicolas Sarkozy, condamné en première instance pour association de malfaiteurs. Dans le fracas des nouvelles, celles qui nous parviennent du palais de justice sont rares. Mediapart suit l’affaire, merci. La semaine dernière, l’ancien président a décidé de charger son ancien directeur de cabinet nommé secrétaire général de l’Élysée. Pour se sauver de l’accusation d’association de malfaiteurs, Nicolas Sarkozy jette sous le bus Claude Guéant, cet homme trop malade pour comparaître et, dans un même élan, il met en cause son ami de toujours Brice Hortefeux. Même sans aucune estime pour ces deux-là, on reste estomaqué par tant d’indignité. On devrait se souvenir que Nicolas Sarkozy est d’une lâcheté infinie. Avant même sa condamnation définitive pour le financement illégal de sa campagne de 2012 dans l’affaire Bygmalion, il a laissé les militants de l’UMP éponger 11 millions et les petites mains du trafic se faire condamner.
Nicolas Sarkozy risque de nouveau des peines de prison ferme à l’issue de ce procès en appel. Pour y échapper, il veut faire croire que ses amis et ses obligés ont agi seuls, sans l’informer et qu’il n’a pas bénéficié des millions sortis de Libye au moment de sa campagne présidentielle. Le pari est audacieux. En a-t-il d’autre ? Mais Claude Guéant se rebiffe. Il assure dans un courrier remis au tribunal n’avoir que servi la politique du ministre de l’intérieur devenu ensuite président. Bizarrement, on le croit. Et pourtant on sait bien que ces tableaux vendus pour acheter un appartement à Paris apparaissent comme une justification improbable. Peut-être que Claude Guéant s’est enrichi et qu’il n’est plus le « préfet janséniste » des origines dont Nicolas Sarkozy dit se souvenir. Et peut-être que c’est dans cette corruption des valeurs et des mœurs que nous apparaît le lègue de cet horrible quinquennat.
Qui a oublié sa soirée festive au Fouquet’s pour entamer son mandat ? Qui ne se souvient qu’il partit se reposer sur le yacht de Vincent Bolloré avant de commencer son « job » de président ? Il a voulu réhabiliter la réussite prétendument dénigrée par les Français et l’associer à l’argent, la fortune, les millions. Il a déversé ce poison dans les banlieues et fait appel au Qatar pour l’accompagner. Il faut croire qu’il n’a pas convaincu. Il y a quelques semaines, une de ses plus fidèles alliées, Rachida Dati, s’est fait sèchement battre lors des élections municipales. Malgré les soutiens de puissants parmi les plus puissants, il ne lui fut pas pardonné d’oublier de déclarer des bijoux de quelques centaines de milliers d’euros ; il lui fut surtout reproché de se faire lourdement payer pour influer en sous-main sur les politiques européennes en faveur de grands groupes privés. Cet échec de la maire du 7ème arrondissement sonne comme un début de solde de tout compte avec la culture du fric et du « tout est permis » de l’ère Sarkozy. Son nouveau poulain, Jordan Bardella, qui flirte et s’affiche avec les princesses, va peut-être faire les frais du changement d’époque.
Sarkozy a voulu réhabiliter la réussite prétendument dénigrée par les Français et l’associer à l’argent, la fortune, les millions. Il faut croire qu’il n’a pas convaincu. Il y a quelques semaines, une de ses plus fidèles alliées, Rachida Dati, s’est fait sèchement battre lors des élections municipales. Cet échec sonne comme un début de solde de tout compte avec l’ère Sarkozy. Son nouveau poulain, Jordan Bardella, qui s’affiche avec les princesses, va peut-être faire les frais du changement d’époque.
Le rejet ne s’arrête peut-être pas là. La tolérance à l’égard du laisser-aller d’un président est très érodée. On ne peut repenser sans frémir à ces propos violents et vulgaires : « Vous en avez assez de cette bande de racailles ? On va vous en débarrasser » ; ou encore ce « Casse-toi, pauv’ con ! » lancé à un visiteur anonyme du salon de l’agriculture. Dans le sentiment que la France ne tient plus son rang, il y a la perte de cette tenue qui s’imposait et qui semble effondrée. On ne veut plus savoir si « avec Carla, c’est du sérieux ». Mais on veut tout connaître de la princesse de Clève.
Enfin, il y a une révolte qui vient de loin contre le racisme porté par le discours présidentiel. Nicolas Sarkozy entama son mandat à l’été 2007 par cet infamant discours à Dakar dans lequel – on ose à peine l’écrire – il dit : « L’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire ». Et, à l’été 2010, il prononce à Grenoble un discours sécuritaire et raciste stigmatisant les Rroms, liant explicitement délinquance et immigration. Les fous ne sont plus gardés. Le RN peut s’envoler vers les sommets.
Du quinquennat de Nicolas Sarkozy, on a presque tout oublié, sauf ces salissures. Elles ont trop souvent été réveillées par l’actuel président. C’est avec cela aussi que l’on a envie de rompre. Un peu de dignité.
dimanche 19 avril 2026
1er MAI
Qui peut encore douter des intentions de Monsieur Bolloré ?
La décision de Monsieur Bolloré d’écarter Olivier Nora de la direction des éditions Grasset a pour but de réorienter radicalement la politique éditoriale de cette institution emblématique dans le paysage éditorial français. Monsieur Bolloré ne supporte aucune résistance dans les entreprises qu’il s’approprie, au mépris des savoir-faire, de l’histoire, des collectifs humains qui les font vivre.
Cet acte d’autorité est un nouveau coup de semonce adressé à l’ensemble de son empire : il est prêt à détruire la réputation d’une maison, sa place, sa raison d'être. Ce que Vincent Bolloré a fait dans le monde des médias, il le poursuit avec la même brutalité dans le monde de l’édition. Il met sa puissance financière au service d’une vision politique profondément réactionnaire et de ses amis d’extrême droite. Il reconfigure l’espace de l’information et de la création pour reconfigurer les imaginaires.
En nombre, les auteurs et autrices de la maison Grasset ont manifesté plus que leur inquiétude, leur refus radical devant cette décision qui porte atteinte à leurs œuvres et à leurs projets : ils ne veulent pas être associés à l’entreprise de Monsieur Bolloré, ils ne veulent pas être sa propriété.
Nous leur apportons tout notre soutien. Nous appelons à prendre la mesure de la gravité de cette offensive et à voter des lois contre la concentration des moyens d’information, d’édition, de distribution ou de production culturelle, à prendre des dispositions pour protéger les institutions culturelles et médiatiques qui concourent à la santé démocratique de notre pays.
Nous appelons à déployer des politiques puissantes face à ces entreprises de dévoiement et de destruction. Monsieur Bolloré mène la bataille culturelle. Il veut promouvoir les auteurs qui lui conviennent, les commentateurs qui lui conviennent, pour façonner le peuple qui lui convient.
La République doit être au rendez-vous. Nous appelons à faire grandir le large front populaire pour la culture et la liberté qui a commencé à se constituer avec les Nouveaux Etats généraux de la culture.
Le 17 avril 2026,
Pierre Dharréville, responsable de la commission culture du PCF
Fabien Roussel, secrétaire national du PCF










