Étudiants, enseignants et autres personnels de l'Université Grenoble Alpes (UGA) se sont rassemblés ce mardi 12 mai, à midi, devant la présidence, à l'occasion du mouvement de grève lancé à l'appel de la CGT Ferc-Sup Université Grenoble Alpes - Grenoble INP. Une mobilisation contre l'austérité budgétaire et pour le retrait du décret Baptiste généralisant les hausses de frais d’inscription - multipliés au moins par 15 - des étudiants extra-communautaires.
dimanche 17 mai 2026
Le Travailleur alpin
Étudiants, enseignants et autres personnels de l'Université Grenoble Alpes (UGA) se sont rassemblés ce mardi 12 mai, à midi, devant la présidence, à l'occasion du mouvement de grève lancé à l'appel de la CGT Ferc-Sup Université Grenoble Alpes - Grenoble INP. Une mobilisation contre l'austérité budgétaire et pour le retrait du décret Baptiste généralisant les hausses de frais d’inscription - multipliés au moins par 15 - des étudiants extra-communautaires.
samedi 16 mai 2026
Le PCF adopte sa feuille de route pour la présidentielle
Lors du conseil national qui s’est tenu samedi et dimanche, place du Colonel-Fabien, le PCF a précisé le déroulement de son congrès et ouvert un appel à candidature en vue de la présidentielle. Fabien Roussel a fait part de sa disponibilité. Les adhérents auront le dernier mot avec un vote du 3 au 6 septembre.
Ordre du jour chargé pour la direction communiste ce week-end : débat sur la situation politique, célébration des 90 ans du Front populaire, définition de déroulement du congrès qui aura lieu à Lille du 3 au 5 juillet, processus de choix pour la présidentielle, vote d’un cahier thématique sur la paix et adoption du budget du parti.
Après l’adoption d’une résolution « Pour la paix et une vie digne, refusons de payer la crise capitaliste et préparons l’avenir ! » (90 pour, 2 contre et 6 abstentions), c’est la préparation du congrès et de l’échéance présidentielle qui a le plus animé les débats.
Pour mettre en œuvre les décisions qui seront prises lors du congrès national, qui se tiendra à Lille du 3 au 5 juillet, le conseil national a décidé que les délégués se réuniraient en conférence nationale, à son issue, afin de définir le bulletin de vote qui sera soumis aux adhérents pour qu’ils tranchent le positionnement du PCF pour la présidentielle, lors d’un vote organisé du 3 au 6 septembre.
Un calendrier approuvé par 63 voix pour, 9 contre, 8 abstentions, critiqué par plusieurs membres du conseil national. « C’est speedy-gonzales, c’est un passage en force », considère ainsi Jean-Noël Aqua (Paris). « Le calendrier est trop court pour que la majorité des communistes prenne la décision », pour Émilie Lecroq (Seine-Saint-Denis). « Le congrès ne doit pas ressembler à celui de Marseille qui était un grand meeting », ajoute Denis Öztorun (Val-de-Marne). Frédéric Boccara défend l’idée d’une conférence nationale « à l’automne ».
Sur le fond, Saliha Boussedra (Gard) juge qu’une candidature communiste serait « incompréhensible au lieu de travailler à la constitution d’un bloc de gauche », en soulignant le risque d’une victoire de l’extrême droite.
D’autres, au contraire, relèvent le niveau très bas de la gauche qui se situe autour des 30% dans le pays et la nécessité de candidatures qui mobilisent et contestent à l’extrême droite son hégémonie dans les catégories populaires. Bora Yilmaz (Meurthe-et-Moselle) appelle à « faire reculer l’extrême droite avec une candidature communiste » et alerte sur l’importance du calendrier pour éviter un choix par défaut « comme en 2017 ». Esteban Evrard (Pas-de-Calais) estime que « les communistes veulent partir à la bataille ». Pour Clara Gimenez (Hérault), la présidentielle est un moment-clé pour « faire découvrir notre projet de société », quant à Nicolas Cossange (Hérault), il insiste : « Il n’y a que Fabien Roussel qui puisse être notre candidat et donc notre porte-parole. »
Avant eux, le secrétaire national du PCF s’est exprimé : « J’ai lu les trois textes alternatifs qui viendront certainement enrichir la base commune et nos débats. N’en ayons pas peur, le débat est salutaire, utile », a-t-il affirmé, appelant à projeter le PCF dans les « 15 à 20 prochaines années, pour qu’il soit une force politique forte, révolutionnaire, solide, unie ».
Il s’est déclaré « disponible » pour porter le projet communiste devant les Français lors de l’élection présidentielle. « Je suis prêt, si les communistes en décident, à y mettre toute mon énergie », a-t-il indiqué. Pour lui, « le pire serait de ne pas choisir » et « le projet doit nous guider plus que le casting ».
CALENDRIER
6 et 7 juin : vote des adhérents pour choisir la base commune de discussion du congrès.
13 et 14 juin : congrès de section.
20 et 21 juin : congrès départementaux.
3, 4 et 5 juillet : congrès national à Lille avec réunion en conférence nationale le 5 afin de définir les différentes options soumises aux communistes pour la présidentielle.
3 au 6 septembre : vote des adhérents sur le choix pour la présidentielle.
78 ans après la Nakba : justice pour le peuple palestinien !
Le 15 mai est la date choisie pour commémorer la Nakba (« catastrophe » en arabe). Plus de 800 000 sur 900 000 Palestiniens ont été expulsés de leur maison, 531 villages ont été détruits et des massacres ont eu lieu comme dans le village de Deir Yassin en 1948. Ces réfugiés et leurs descendants sont aujourd’hui plus de 5 millions. Malgré le vote le 11 décembre 1948 de la résolution 194 sur le droit au retour des réfugiés, celui-ci est systématiquement bafoué.
78 ans plus tard, le gouvernement d’extrême-droite israélien, qui s’est livré à un génocide contre la population de Gaza, accélère l’épuration ethnique et renforce les violences, arrestations et assassinats contre les Palestiniens de Jérusalem-Est et de Cisjordanie. Son plan est d’annexer purement et simplement l’ensemble du territoire palestinien jusqu’au Jourdain.
Seule une pression internationale réelle fera plier le gouvernement israélien ! C’est-à-dire des sanctions commerciales, économiques et politiques tant que l’Etat d’Israël ne respectera pas le droit international. Les efforts de l’Espagne, de l’Irlande et de la Slovénie pour la suspension de l’accord d’association UE-Israël doivent être soutenus par la France. La France peut, avant la décision de l’UE, prendre une initiative avec les Etats européens et extra-européens volontaires pour imposer des sanctions immédiates.
Le PCF réaffirme sa solidarité avec l’OLP, seule représentante légitime du peuple palestinien, et avec les communistes palestiniens, qui luttent pour le respect du droit international. Il réaffirme également sa solidarité avec les communistes et le mouvement de paix en Israël, qui luttent pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens. Face à la répression et aux crimes du gouvernement israélien, la solidarité internationale envers eux est plus cruciale que jamais.
Le PCF :
- dénonce toute tentative, d’où qu’elle vienne, de nier la souveraineté de l’État de Palestine, représenté par l’OLP, à Gaza, à Jérusalem-Est et en Cisjordanie, qui reviendrait à perpétuer la violation du droit international. Seule la mise en place d’un Etat de Palestine aux côtés de l’Etat d’Israël, la fin de l’occupation et de la colonisation, et le droit au retour des réfugiés selon le droit international permettra d’asseoir la paix.
- appelle les opinions et toutes les forces éprises de paix à soutenir les efforts de l’Organisation de la Palestine pour que le peuple palestinien puisse renouveler ses institutions et ses représentants par un vote qui ne soit pas entravé par la violence militaire et l’occupation israélienne.
- demande que des sanctions économiques, financières et commerciales soient prises contre le gouvernement israélien, tant que le droit international ne sera pas respecté par lui. L’accord d’association entre l’Union européenne et Israël doit être au plus vite suspendu.
- exige la libération des prisonniers politiques palestiniens, dont celle de Marwan Barghouti.
Le PCF appelle à manifester sur ces bases ce week-end dans toute la France et à Paris le samedi 16 mai à 14h place de la République.
Le Front populaire n’est pas qu’un mythe — par Roger Martelli
90 plus tard, le Front populaire résonne encore dans la mémoire française. Chacun à gauche se réclame du grand exemple, mais la plupart du temps pour valoriser le choix politique du moment. L’historien Roger Martelli rappelle les faits.
Il n’y a certes pas une vérité unique du Front populaire et chacun est libre de dire ce qu’il retient de l’événement. Est-il toutefois possible de retenir des points de repère partageables, à partir de ce que l’on sait aujourd’hui de l’événement lui-même ? Quelques suggestions en ce sens…
Le Front populaire n’est pas un moment particulier, condensé en une date, 12 février 1934, 14 juillet 1935 ou avril-mai 1936. C’est un phénomène à la fois national et international, qui s’étale entre le coup de force d’extrême droite du 6 février 1934 et le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.
Il est associé avant tout à trois partis politiques français : le Parti communiste (Maurice Thorez), le Parti socialiste SFIO (Léon Blum) et le Parti radical (Édouard Daladier). En fait, il a été scellé par le rapprochement d’une centaine d’organisations, syndicales, associatives et intellectuelles tout autant que partisanes. Dans le processus qui conduit à la victoire du Front populaire, la Ligue des droits de l’homme et les regroupements intellectuels (comme le Comité de vigilance des intellectuels antifascistes) comptent au moins autant que les partis.
Alors que les partis de gauche se disputaient violemment, et le faisaient encore au lendemain de l’émeute antirépublicaine du 6 février 1934, c’est la base populaire du PC et du PS qui affirme l’exigence de l’unité, dans plus de 350 localités entre le 7 et le 12 février. Les directions politiques ont alors l’intelligence d’entendre cet appel, au lieu de se crisper sur leurs positions. Les communistes prennent conscience des risques de leur isolement, à Paris comme à Moscou. Ils se distancient de la ligne sectaire qui avait prévalu, notamment en Allemagne avant 1933. Les socialistes, qui essayaient de se situer entre le PC et les radicaux, sentent qu’ils peuvent prendre le pas sur le radicalisme jusqu’alors dominant à gauche. Quant aux radicaux, ils finissent par se convaincre qu’un tournant franchement à gauche est la condition pour ne pas se laisser distancer définitivement.
Pluraliste par fondation, le Front populaire est un mouvement « total », qui touche toutes les sphères de l’existence sociale, de l’économique jusqu’au symbolique. Il cristallise le passage du capitalisme vers une forme régulée mais non autoritaire, plus redistributrice et protectrice, un basculement jugé nécessaire par les élites dirigeantes pour éviter l’option fasciste-nazie ou la subversion bolchevique.
Le Front populaire, c’est donc à la fois un mouvement populaire massivement présent dans la rue, une initiative politique à gauche poussée jusque dans les urnes et l’effet d’un mouvement ouvrier en pleine expansion. Le Front populaire se forge dans la rue, triomphe électoralement dans des élections à participation massive (85% de votants) et impose enfin la reconnaissance du monde ouvrier à l’occasion de la plus grande grève de l’histoire française.
Nous ne sommes plus du tout dans la situation de 1934-1936. Que nous dit pourtant le Front populaire, par-delà les décennies qui nous sépare de son époque ? Il nous rappelle que la gauche perd de sa force propulsive, quand elle ne s’attache pas suffisamment à l’ensemble des maillons qui constituent la grande chaîne de l’émancipation humaine. Elle ne s’est pas alors souciée de savoir s’il fallait se préoccuper avant tout du quantitatif ou du qualitatif, de faire du social ou du « woke », de s’adresser aux tours plutôt qu’aux bourgs. Intuitivement, elle savait que, sans un grand récit de dignité, qui relie l’économique, le social, le démocratique et aujourd’hui l’écologique, il ne peut y avoir de mise en mouvement populaire et massive. En 1936, la gauche politique a su mobiliser ses forces vives, ouvriers et employés, sans laisser de côté la paysannerie et les classes moyennes. Enfin, elle a su porter ce que nous appelons aujourd’hui un désir de changement radical, mais sans oublier que tout changement, grand ou petit, ne s’impose que s’il est accepté par une majorité, à gauche et pas seulement à gauche.
Le Front populaire l’a emporté parce que, dès février 1934, le désir d’unité a pris la forme d’une aspiration de masse. En cela, il a su être un état d’esprit, avant d’être une alliance en bonne et due forme. Il en est sorti deux années propulsives où s’est noué un mariage de trois éléments décisifs : l’attachement aux valeurs fondatrices de la « Sociale », chère à la gauche et au mouvement ouvrier ; la conviction qu’il n’y a pas de mouvement antifasciste sans projet d’émancipation pour le soutenir (« le pain, la paix, la liberté ») ; enfin, la certitude qu’il ne peut y avoir de peuple rassemblé sans rassemblement de toutes les forces, partisanes et autres, qui se réclament de lui.
NB. Qui veut rafraîchir ses connaissances sur le Front populaire peut se reporter à l’excellente synthèse de Jean Vigreux, Découvrir le Front populaire, Éditions sociales, 2026.
vendredi 15 mai 2026
Série - Le carré rouge #17
Le carré rouge Aux femmes communistes (17)
En quelques épisodes nous allons vous accompagner pour découvrir le cimetière du Père-Lachaise. Enfin, y prétendre serait présomptueux, aussi au travers d’un aperçu rapide de son histoire, nous nous dirigerons plus particulièrement vers un espace que l’on nommera le « Carré rouge ».
La Résistance : « Ce n’était pas une histoire d’hommes. Et pourtant dans l’imaginaire collectif, lorsque l’on évoque la Résistance, j’ai le sentiment que les images qui viennent se déclinent au masculin. » (Marie-George Buffet)
« Sans les femmes, la moitié de notre travail aurait été impossible. » (colonel Rol- Tanguy)
Aucune de ces femmes, pour beaucoup anonymes ou oubliées, qui sont mortes en mission, sous la torture, exécutées ou en déportation, n’ont trouvé une sépulture dans ce « Carré ». Seul un hommage est rendu à Maï (Marie) Politzer décédée en déportation à Auschwitz 6 mars 1943 (épisode 9).
C’est à l’occasion de l’année internationale de la femme en 1975 et pour les trente ans de la victoire, qu’une stèle en marbre blanc est érigée avec cette épitaphe : « Aux femmes communistes qui ont donné leur vie pour la victoire de la liberté contre le nazisme, pour le triomphe de la paix. » Sur son socle : « 8 mai 1975, 30e anniversaire de la victoire sur l’hitlérisme, Année internationale de la femme ».
Chacun, chacune a en tête les noms d’Olga Bancic de la MOI (l’Affiche rouge) guillotinée à Stuttgart, le 10 mai 1944 ; celui de Danièle Casanova, fondatrice de UJFF, morte en déportation à Auschwitz, le 9 mai 1943.
Mais l’on évoque moins souvent, par exemple :
Gilberte Lavaire 1922-1944. (Nicole) agent de liaison du colonel Fabien elle sera arrêtée par la milice de Darnand mi-juin 1944 en Bretagne, par deux fois, humiliée et cruellement torturée pendant des heures, elle ne parlera pas. Au détour d’une alerte elle s’évade, rejoint Fabien, intègre son état-major, meurt avec lui le 27 décembre 1944 à Habsheim dans l’explosion de leur PC. Elle sera inhumée chez elle à Port-sur Saône.
Fanny Ladsky 1914-1943. Responsable de la JC à Paris. Elle participe à la première direction parisienne de l’Union des jeunes filles de France (UJFF), adhère au PCF en 1936, entre à la direction nationale de l’UJFF, aura à charge la direction clandestine de la JC d’un secteur de la banlieue. Arrêtée par les brigades de Pucheu, condamnée à un an de prison, libérée en mai 1942, de nouveau arrêtée en décembre 1942. Emprisonnée à Fresnes, livrée à l’occupant, elle est internée à Drancy, déportée au camp de Maïdanek (Pologne), où elle mourut probablement gazée le 30 mars 1943.
Raymonde Royal 1923-1942. Adhère aux JC. Elle n’a pas 17 ans quand elle est responsable de l’impression et de la diffusion de la presse clandestine dans le 10e arrondissement, participe aux manifestations des 14 juillet et 1er août 1941. Arrêtée le 11 mai 1942 : c’est le Fort de Romainville, Drancy, puis déportée à Auschwitz et, comme sa mère quelques semaines plutôt, elle sera gazée et jetée au four crématoire. Elle avait 19 ans.
Suzanne Masson 1901-1943. Métallurgiste, militante du syndicat des métaux en 1926, elle adhère au Parti en 1934 ; en 1937 elle est au Comité régional Paris-Nord du Parti ; en 1938, la CGT des métaux lui donne la direction de l’école de formation des militants. Entrée dans la clandestinité, elle est arrêtée le 5 février 1942 : la Roquette, la Santé, livrée à l’occupant, déportée et emprisonnée en Allemagne. Elle sera guillotinée à Hambourg, le 1er novembre 1943.
Gérard Pellois
Article publié dans CommunisteS, numéro 1086 du 13 mai 2026.
jeudi 14 mai 2026
Ce matin Célestine a envie de vous parler d’Ambroise Croizat,
Ce matin Célestine a envie de vous parler d’Ambroise Croizat, un savoyard qui a notamment contribué à la mise en place d'un nouvel édifice en 1945 : notre Sécurité Sociale et d'autres projets dont les retraites.
L'Avant-Garde Plus décrypte soixante ans de guerre économique contre Cuba
Dans son dernier épisode, L’Avant-Garde Plus propose une plongée saisissante au cœur de la résistance cubaine face à l’impérialisme américain. Aux côtés d’Ernesto Gonzalez de la Torre, responsable aux Affaires politiques de l’ambassade de Cuba en France, et de Babette, responsable internationale de la Jeunesse Communiste (JC), l’émission décrypte les ravages d’un blocus économique et financier qui dure depuis plus de soixante ans.
Loin d’être un concept abstrait, ce blocus constitue aujourd’hui une véritable « punition collective » : une politique délibérément génocidaire visant à asphyxier le peuple cubain. Ernesto rappelle que plus de 240 mesures coercitives ont été prises sous la première administration Trump — une politique de sanctions maintenue par Biden, et récemment aggravée par un décret de janvier 2026 instaurant un blocus pétrolier implacable. Les conséquences humanitaires sont dramatiques : paralysie de la production agricole, transports à l’arrêt, et un système de santé sous très haute tension, avec près de 100 000 Cubains en attente d’une intervention chirurgicale faute de matériel.
Ce qui indigne particulièrement, c’est l’extraterritorialité de ces sanctions. Les États-Unis s’arrogent le droit de punir tout pays ou toute entreprise osant commercer avec l’Île. Les banques françaises, soumises au droit américain, en paient le prix fort — à l’image de la colossale amende de 8,9 milliards de dollars infligée à BNP Paribas. Face à cette ingérence inacceptable, Babette dénonce le silence « criminel » et la « vassalité choisie » d’un gouvernement français qui s’aligne sur les priorités de l’OTAN et refuse d’activer les instruments de protection européens face aux diktats de Washington.
Pourtant, face à cette politique de la faim, la riposte s’organise. Cuba accélère massivement sa transition vers l’énergie photovoltaïque pour briser sa dépendance aux hydrocarbures, tandis que l’aide internationale s’avère vitale : arrivée d’un pétrolier russe, aide humanitaire mexicaine, et surtout une mobilisation de la société civile française d’une ampleur historique. Près de 40 villes se sont récemment levées contre le blocus lors d’un week-end de mobilisation nationale. Les Jeunes Communistes et le PCF ont activement participé à de vastes campagnes ayant permis l’envoi d’un avion-cargo chargé de 25 mètres cubes de matériel d’urgence, en écho à une flottille internationale qui a acheminé 40 tonnes d’équipements médicaux et de denrées alimentaires.
Pour la JC, défendre Cuba n’est pas une lointaine action caritative : c’est un combat direct pour la souveraineté populaire et contre la casse sociale imposée par le capitalisme. L’île des Caraïbes incarne toujours l’espoir d’un modèle de société alternatif, plaçant l’humain, la santé et l’éducation gratuite en son centre.
mercredi 13 mai 2026
« Le droit international est-il mort ? », l’éditorial de Fabien Gay.
Il fut un temps où l’on croyait que le droit pouvait faire barrage à la loi du plus fort. En 1918, les « 14 points » de Wilson consacraient un principe simple : le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Une promesse. Un socle du droit international moderne. Un siècle plus tard, que reste-t-il de cette ambition ?
La France a reconnu l’État palestinien devant l’ONU, un geste diplomatique fort. Mais que vaut une reconnaissance quand, dans le même temps, un peuple est privé de ses terres, de ses droits, de sa souveraineté, rongé par une politique d’apartheid et un génocide en cours.
Pendant des mois en 2025, Israël a bloqué l’acheminement de l’aide humanitaire. Des mois de siège et de privations. Une famine documentée par l’ONU. En avril 2026, 96 % des terres agricoles sont détruites ou devenues incultivables. Pendant ce temps, les colonies s’étendent en Cisjordanie. Chaque implantation grignote un peu plus la possibilité d’un État palestinien viable, continu, souverain. Plus de 38 000 femmes et filles tuées à Gaza entre octobre 2023 et décembre 2025.
La commission d’enquête de l’ONU sur les territoires palestiniens occupés démontre des actes génocidaires commis avec l’intention de détruire un groupe. Des mots d’une gravité extrême et qui, ailleurs, auraient déclenché des sanctions immédiates. Ici, ils se heurtent au mur du silence. Le droit international humanitaire est pourtant clair : les populations doivent être protégées.
Mais que vaut un droit que personne ne fait respecter ? Alors, à quoi sert l’ONU ? À compter les morts ? À publier des rapports ? À alerter, sans jamais contraindre ? Le Conseil de sécurité est paralysé, otage des rapports de force. Le droit international n’est pas mort, il est suspendu. Suspendu à la volonté des puissants, avec cinq nations qui détiennent un droit de veto, les plaçant au-dessus des autres peuples.
Netanyahou ne subit aucune pression des gouvernements et peut survoler le ciel français et européen malgré un mandat d’arrêt international et alors qu’il contrevient à des dizaines de résolutions de l’ONU ; aucune pression du droit international non plus contre Trump, libre de kidnapper un président en exercice au Venezuela. Pour le droit de la mer, même combat. Alors qu’une nouvelle flottille était en route vers Gaza, 211 militants – dont notre camarade Raphaëlle Primet – ont été enlevés par l’armée israélienne dans les eaux internationales et retenus illégalement. Le deux poids, deux mesures est insupportable, notamment pour les pays du Sud global.
La Palestine n’est pas une exception. Iran, Soudan, Mali, Congo… Les conflits se multiplient, se superposent, se hiérarchisent dans une indifférence croissante. Une guerre en chasse une autre. L’émotion est sélective. L’application du droit malheureusement aussi. Et, pourtant, il résiste. En 2025, des ONG ont saisi la justice française. Elles visent des soldats franco-israéliens, accusés de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité, de génocide. Le droit existe donc. Il s’applique dans les tribunaux quand il échoue à s’imposer dans les chancelleries. Et toujours grâce à la mobilisation populaire, qui est la seule à pouvoir faire bouger les lignes, à faire vivre la solidarité internationale.
Reste une question, essentielle : voulons-nous encore d’un monde régi par le droit ou acceptons-nous définitivement la loi du plus fort ? Le droit international et nos instances internationales, même avec leurs imperfections, restent et demeurent le meilleur bouclier pour la défense de l’égalité entre les peuples. Bien sûr, il doit évoluer pour que chaque peuple soit à égalité, par exemple en abolissant le veto. Les nations doivent être libres et souveraines pour construire un monde de coopération.
mardi 12 mai 2026
La Tour-du-Pin. Pétition de la CGT pour le maintien du centre de radiologie
Le groupe Anodea d’imagerie médicale, créé en 2020, a acquis le centre de La Tour-du-Pin il y a trois ans. La fermeture a été annoncée brutalement le 7 mars dernier pour la fin juin, sans aucune concertation avec les salarié·es ni les élu·es locaux. Lesquels, par la voix du nouveau maire (divers droite), espèrent que le groupe reviendra sur sa décision. Et si ce n’est pas le cas, l’édile annonce qu’il se mettra en quête d’autres professionnels pour maintenir l’activité.
Le groupe Anodea, qui a déjà fermé un autre centre en Bretagne, agit dans ce secteur de l’imagerie médicale comme d’autres groupes qui s’affrontent sur un marché de plus en plus concurrentiel. Depuis une dizaine d’années, les regroupements de radiologues se sont multipliés sous forme de réseaux ou de groupes, au détriment de petites structures indépendantes, pour financer des équipements toujours plus pointus et surtout préserver la rentabilité financière dans un contexte de baisse des dépenses de santé. Ces réseaux intégrés d’imagerie médicale attirent effectivement des sociétés de capital-investissement avides de rentabilité sur un marché de 3,8 milliards d’euros pour les radiologues de ville.
Si ce marché est appelé à se développer — avec notamment l’intégration de l’IA dans la pratique des radiologues -, la logique capitaliste de rentabilité impose, selon l’analyste de marché XERFI, « que chaque centre gagne en productivité et en technicité en repensant son mode d’organisation tout en investissant dans des équipements avancés. L’intelligence artificielle joue à ce titre un rôle accru pour améliorer l’efficacité des praticiens et la qualité des soins. La recherche d’économies d’échelle au niveau de la profession tout entière reste également indispensable via par exemple des stratégies de regroupement ». Lesquelles se traduisent, comme à La Tour-du-Pin, par des fermetures et des licenciements…
Promouvoir le secteur public de l’imagerie médicale
C’est de cette logique financière mortifère qu’il faut sortir. Ceci afin de promouvoir un secteur public de l’imagerie médicale appuyé sur les avancées technologiques et scientifiques, comme l’IA, non pour licencier mais pour développer la formation, l’emploi et le service médical aux usagers. Les fonds de l’assurance maladie alimentent aujourd’hui le marché privé de la radiologie à hauteur de 3,8 milliards contre 1,7 milliards à l’hôpital, avec des différences de revenus conséquentes.
En effet, comme le souligne un rapport de l’Inspection générale des finances de juillet 2025, « les radiologues libéraux sont la troisième spécialité libérale la mieux payée. La rémunération des radiologues hospitaliers est très inférieure à celle des radiologues libéraux, ce qui pose de très gros problème d’attractivité à l’hôpital. Le niveau de rentabilité du secteur de la radiologie apparaît lui aussi anormalement élevé. Il est aujourd’hui environ quatre points plus élevé que le reste du secteur de la santé humaine ».
Il y a donc matière à se saisir collectivement de cette réalité pour réinvestir la question du 100% santé Sécu dans le cadre d’un grand projet progressiste et émancipateur pour toutes et tous, contre la financiarisation en cours de toute la protection sociale !
La pétition de l’UL CGT
« L’union locale CGT de La Tour-du-Pin souhaite attirer l’attention sur une situation particulièrement préoccupante concernant l’accès aux soins de la population. La fermeture du centre de radiologie de La Tour-du-Pin, propriété du groupe Anodéa est actée au 30 juin 2026.
Cette décision intervient alors que le site accueille chaque jour près d’une centaine de patients. Cette fermeture s’ajoute à une série de reculs dans l’offre de santé dans le Nord-Isère : désertification médicale, augmentation des délais d’examens, difficultés d’accès aux spécialistes et saturation des services hospitaliers.
Pour la CGT, il est inacceptable que des décisions purement financières viennent fragiliser un droit fondamental : le droit à la santé de proximité. Aujourd’hui La Tour-du-Pin ferme et dans un mois, six mois qu’en sera-t-il de Bourgoin-Jallieu ? Un site saturé ? Il faudra envisager de se déplacer à Grenoble, Lyon ou Chambéry ?
Cette fermeture a de lourdes conséquences pour tout le territoire, pour les patients et l’ensemble des salariés-es. Mobilisons-nous, La santé n’est pas une marchandise ! »










