mercredi 6 mai 2026

Solidarité avec la flotille


 

Sans surprise, Mélenchon

Personne n’ayant réussi à « faire mieux » depuis 2022, c’est Jean-Luc Mélenchon qui s’y recolle. Pour la quatrième fois.

La candidature de Jean-Luc Mélenchon est désormais officielle. À défaut d’être une surprise, c’est une étape importante dans la campagne présidentielle qui commence. L’annonce a été anticipée, non parce que la situation de guerre, la détérioration du climat et la crise sociale se seraient subitement aggravées, mais parce que le timing propre de la campagne le commande : ne pas laisser le terrain à ceux qui sont déjà partis, Ruffin, Retailleau, Philippe et Villepin. L’annonce contraste avec le cafouillage de la gauche dite « non-mélenchoniste » qui tarde à s’accorder sur le périmètre, le projet et une candidature. Jean-Luc Mélenchon l’a redit : « C’est carré », les insoumis avanceront « sur leur programme, avec leur équipe et leur candidat ».


On n’extrapolera pas à l’excès sur les douze petites minutes d’entretien accordées au 20 heures de TF1 hier soir. Tout n’a pu être dit par le candidat. Relevons quelques premiers points dont on verra comment ils seront confirmés et approfondis, parce que, évidemment, rien n’a été laissé au hasard.

Le personnage « Jean-Luc candidat » est de retour et il cherche à désamorcer les sujets les plus clivants ou sur lesquels les insoumis ne se sont pas fait comprendre. Interrogés sur l’usage de termes qui ont fait polémique comme « racisés », « nouvelle France » ou « grand remplacement », le sage Mélenchon a donné une lecture tirée des sciences sociales, sans portée polémique. Le terme « racisé » ne fait qu’affirmer que le racisme est dans le regard de celui qui regarde l’autre à partir de sa couleur de peau ou de sa religion supposée. « Nouvelle France » n’est qu’un constat des transformations sociales profondes de notre pays (urbanisation, place des femmes, formation…). Le « grand remplacement » est une évidence, celle du renouvellement des générations.

Jean-Luc Mélenchon se veut le candidat qui rassemblera la France en entier, promeut le tous ensemble contre le chacun pour soi. Il n’a pas tort de commencer dès maintenant cette nouvelle explication de texte. Le moins que l’on puisse dire est que, jusqu’à présent, les insoumis n’ont guère été compris. C’est un gros problème quand on veut se faire élire par la majorité des Français qui n’apprécient pas être classés dans la « vieille France ». 

Mélenchon ne veut pas que la question du RN soit l’alpha et l’oméga de la campagne. Sûrement parce qu’elle bloque tout débat et empêche la progression de ses idées et de ses propositions. Mais surtout, il ne veut pas que l’ombre portée du second tour détermine trop fortement le premier tour.

Le second point est l’absence totale de référence au rassemblement de la gauche. Ce n’est pas son sujet. Ainsi, il recommande de regarder les visages des membres de son équipe. « Ce sont eux qui constitueront le futur gouvernement. » Il est audacieux de penser que, non seulement Jean-Luc Mélenchon peut être élu, mais que les Français voudront un gouvernement 100% insoumis. Entre cohérence et rassemblement, le réglage n’est peut-être pas encore trouvé. 

Enfin, troisième élément marquant de son intervention, son scepticisme sur l’arrivée au second tour du Rassemblement national. Si nombreux sont les Français à douter que le RN soit élu à la présidence de la République, rares sont ceux qui voient le RN éliminé dès le premier tour. La force du RN ne se dément pas, se structure et s’enracine. Il entend tirer profit de la progression des idées d’extrême droite à l’échelle internationale. Pourquoi Jean-Luc Mélenchon émet-il ce doute ? Qui peut vraiment imaginer que cet homme avisé le pense vraiment ? Le candidat insoumis ne veut pas que la question du RN soit l’alpha et l’oméga de toute la campagne. Sûrement parce qu’elle bloque tout débat et empêche la progression de ses idées et de ses propositions. Mais surtout, Jean-Luc Mélenchon ne veut pas que l’ombre portée du second tour détermine trop fortement le premier tour.

Évidemment, empêcher l’élection du candidat RN pèsera dans le choix des électeurs dès le premier tour, comme on vient de le voir à Marseille. Pour que les insoumis aient un espace élargi, ils doivent être premiers à gauche et assez largement pour battre toute candidature de droite. Bref, Jean-Luc Mélenchon peut réussir l’exploit d’une qualification au second tour, soit parce que le RN est éliminé (pardon d’en douter), soit parce qu’il aura prouvé pendant la campagne qu’il peut rassembler la majorité des Français. Difficile équation : mobiliser les siens, gagner des abstentionnistes et ne pas cliver avec les autres. 

Dans un débat avec Frédéric Lordon, il a commencé à exposer sa vision : il sera le président qui fera les changements que veut la société. Bref, Jean-Luc Mélenchon veut le changement mais ne brutalisera pas le pays. C’est sûrement cette ligne qu’il va tenir, tentant de faire oublier ou de reléguer au second plan les griefs accumulés ces dernières années. Qui vivra verra.

 

L’autre 8 mai 1945 à Sétif, Guelma et Khérrata (Algérie)


 Vendredi 24 avril avait lieu une conférence à l’amphithéâtre de la maison du tourisme. Le thème était : L’autre 8 mai 1945 » à Sétif, Guelma et Khérrata (Algérie). En Algérie et en France, quelles traces reste-t-il de ce massacre du point de vue de l’histoire et des mémoires ? Pour en débattre deux historiens étaient invités par le collectif du 17 octobre 1961 et soutenu par onze associations.

Daho Djerbal. Maître de conférences en histoire contemporaine au Département d’histoire université d’Alger 2. Ses travaux portent sur la relation entre histoire et mémoire. Il est depuis 1993 directeur de la revue NAQD, revue d’études et de critique sociale. Il est l’auteur de Lakhdar Ben Tobbal, t. 1, Mémoires de l’intérieur, éditions Chihab (2021) et de Lakhdar Ben Tobbal, t. 2, La conquête de la souveraineté, éditions Chihab (2022).

Olivier Le Cour Grandmaison. Maître de conférences en science politique à l’université d’Évry Paris-Saclay, il enseigne au Collège international de philosophie. Il est l’un des initiateurs de la campagne pour la reconnaissance des massacres de Sétif/Guelma/Kherrata comme « crime contre l’Humanité ». Il est l’auteur de La fabrique du roman national républicain, éditions Amsterdam (2025) et de Oradour coloniaux français. Contre le roman national, Les Liens qui Libèrent (2025).

La célébration de la victoire des Alliés contre le nazisme le 8 mai 1945 en Algérie est l’occasion pour les Algériennes et les Algériens de faire entendre leurs revendications. A Sétif, des milliers d’Algériens manifestent et brandissent des pancartes « Libérez Messali » (Messali Hadj, leader nationaliste emprisonné), « Nous voulons être vos égaux », « À bas le colonialisme », « Vive l’Algérie libre et indépendante », et un drapeau qui deviendra le drapeau de l’Algérie indépendante.

Olivier Le Cour Grandmaison.

La répression contre les Algériens sera féroce : selon les historiens, 10 000 à 45 000 victimes sont massacrées à Sétif, Guelma et Kherrata par la police, la gendarmerie, les milices coloniales armées par les autorités locales, et l’Armée Française, agissant sur ordre de l’exécutif. Bombardements, exécutions sommaires, déportations : le peuple algérien subit un véritable choc ce 8 Mai 1945.

En Algérie et en France, quelles traces reste-t-il de ce massacre du point de vue de l’Histoire et des mémoires ?

Il évoque le contexte actuel avec la montée des extrêmes droites, qui sont plurielles hélas, et la radicalisation des droites de ce gouvernement qui ont un discours de réhabilitation de la colonisation. C’est de la mythologie impériale qui n’a rien à voir avec notre histoire. Il rappelle la loi du 23 février 2005 qui est une exception française car elle a été votée dans un état colonial. Elle n’a jamais été abrogée. L’article premier de la loi stipule : « La Nation exprime sa reconnaissance aux femmes et aux hommes qui ont participé à l’oeuvre accomplie par la France dans les anciens départements français d’Algérie, au Maroc, en Tunisie et en Indochine ainsi que dans les territoires placés antérieurement sous la souveraineté française. » L’article premier d’une loi est de poser la philosophie de cette loi. On aurait pu penser que c’était une main tendue aux populations mais c’est le prologue à une répression féroce qui durera jusqu’en 1962.

Tous les dirigeants qui se succèdent, de Nicolas Sarkozy à François Fillon c’est une interprétation positive de la colonisation. On est sur des thèses au mieux révisionnistes, voir négationnistes. C’est le cas de François Fillon, qui déclarait que la France n’avait pas à s’excuser ni pour la colonisation ni pour l’esclavage, c’est le cas aussi pour Bruno Retailleau qui a eu cette déclaration formidable : « il y a eu des pages noires mais aussi beaucoup de mains tendues. »

Nedjma Bendiab. présidente d’Algérie au cœur

A la question posée : La colonisation est elle un crime ? Edouard Philippe répond : Non. Ce mensonge passe pour être la vérité.

Les grands historiens de la colonisations que sont Philippe de Villiers, Nicolas Sarkozy, Jordan Bardella, Marion Maréchal le Pen le développent continuellement.

Olivier Le Cour Grandmaison indique qu’Il faut préciser ce qu’est le 8 mai 1945 . « On peut avoir des débats sur l’interprétation des moments historiques mais les faits existent. Hors tous ceux que j’ai cité ne sont pas d’accord sur les faits, soit qu’ils ne les connaissent pas soit qu’ils les nient. »

En 2024 a été érigé une statue de Bigeard à Toul. Il faut rappeler le rôle de Bigeard pendant la guerre d’Algérie.

Il y a d’un coté des chercheurs qui travaillent sur les faits et de l’autre des idéologues qui prennent beaucoup de liberté sur les faits.

Olivier Le Cour Grandmaison revient sur la conférence de Brazzaville. Elle a été organisée durant la Seconde Guerre mondiale, du 30 janvier au 8 février 1944, par le Comité français de la Libération nationale, afin de déterminer le rôle et l’avenir de l’Empire colonial français. Cette conférence doit fixer la politique de la France bientôt libre en matière coloniale. À l’issue de cette conférence, l’abolition du code de l’indigénat est décidée. Mais l’abolition du travail forcé n’est pas immédiat mais se fera « à terme ». il est décidé que la France doit impérativement conserver son empire pour rester une grande puissance. La France garde l’exclusivité de ses colonies.

Hors la charte des nations unies signée à San Francisco le 26 juin 1945 dans l’article 1 indique «...Développer entre les nations des relations amicales fondées sur le respect du principe de l’égalité de droits des peuples (blancs) et de leur droit à disposer d’eux-mêmes, et prendre toutes autres mesures propres à consolider la paix du monde… ». La France s’arroge le droit de disposer elle même des droits des peuples colonisés.

La manifestation des algériens de Sétif dans le quartier blanc de la ville est une revendication pour réclamer leurs droits, pour l’abrogation des discriminations.

Daho Djerbal.

La réaction du gouvernement français va être extrêmement violente pour signifier à tous les peuples colonisés que s’ils demandent l’abrogation des lois coloniales ils vont se heurter aux mêmes types de réponses.

L’état français suspend momentanément la résolution de la charte. Le gouvernement français arme les colons pour rétablir l’ordre colonial. Ces milices coloniales vont commettre des arrestations, des tortures, des exécutions sommaires, vont ouvrir des fosses communes et aussi bruler les corps pour effacer les crimes qui ont été commis. C’est entre 30 000 et 60 000 morts au cour de l’été 1945 à Sétif, Guelma et Khérrata. Il s’agit de crime de guerre car ce sont des civiles et crimes contre l’humanité car c’est le gouvernement qui a donné l’ordre de mater les émeutes. Jusqu’en 1972 au Cameroun la France n’a pas cessé d’être en guerre sur son empire. Au total c’est plus d’un million de morts. En comparaison pendant la 2ème guerre mondiale c’est environ 600 000 morts.

Que faut-il faire ? chercher à rétablir la vérité, demander la reconnaissance des crimes de guerre. L’extrême droite et la droite n’ont jamais accepté la perte de l’Algérie.

Les gauches devraient exiger la reconnaissance des crimes d’états qui ont été commis.

En préambule Daho Djerbal déclare :

« Merci de m’avoir permis de traverser la mer pour vous rencontrer, rencontrer des amis. Je vais vous faire traverser la mer pour voir les évènements vécus de l’autre coté. C’est la même histoire. Il m’a été donné de passer la moitié de mon temps d’historien chercheur, de rencontrer les témoins algériens de cette histoire. Je me suis aperçu qu’on écrivait l’histoire a travers les yeux de l’autre et j’ai donc méthodiquement rechercher les témoignages des miens, des algériens, de ce qu’ils ont vécu. C’est une nouvelle approche qui recoupe ce que vient de dire mon ami et collègue Olivier Le Cour Grandmaison. »

Le vécu des Algériens du 8 mai 1945.

En Algérie de 1939 à 1943 le gouvernement général de l’Algérie qui dépendait de Vichy. Le gouvernement général de l’Algérie a Installer des nouveaux fidèles au régime de Vichy. Cela a entrainé du mécontentement des anciens « élus » algériens, notables qui avaient été trié sur le volet qui donnaient allégeance que précédent gouvernement. Ils passent donc à la contestation c’est le passage de la collaboration à la dissidence. Par rapport au gouvernement français.

Le 8 novembre 1942, les forces anglo-américaines débarquent au Maroc et en Algérie, territoires demeurés sous l’autorité du pouvoir de Vichy et me gouvernement pétainiste est renversé.  

Ferhat Abbas publie le Manifeste du peuple algérien, qui demande un nouveau statut pour la « nation algérienne » avec la signature de 28 élus musulmans le 10 février 1943. Le manifeste affirme que l ‘Algérie, par la participation de ces soldats, se tenait aux côtés des alliés contre le nazisme. Il revendique, une fois la paix revenue, un État algérien, associé et fédéré à la France, dans lequel les Européens et les juifs auraient leur place.

Le nouveau gouvernement général de l’Algérie nommé par le Général De Gaulle refuse de prendre en compte le projet, présenté par Ferhat Abbas et les nationalistes modérés au nom de la souveraineté française en Algérie.

Le 8 mai 1945 des manifestations avaient été organisées pour le jour de l’armistice avec défilé et discours, les gens confondez dans leur esprit, la libération de la France et celle de leur propre pays pour la simple raison que les algériens avaient participé à la guerre,

À Sétif la manifestation est conduite par les nationalistes du parti du peuple algérien (PPA), qui demandent l’autonomie depuis 1943, et exigent la libération de leur leader, Messali Hadj.

La manifestation est violemment réprimée. Après la peur et les méfiances, un climat nouveau c’était créé. Alors que le but de la répression sanglante et multiforme était de mater la contestation c’est l’effet contraire qui avait été obtenu.

Puis Daho Djerbal donne lecture de plusieurs témoignages accablants  et pour certains épouvantables sur les évènements. Les algériens sont sous le choc.

Le préfet de Constantine ne s’oppose pas aux constitutions de milice de civil, il les mobilise. Un conseil de la milice crée un tribunal illégal, désigné sous le nom de comité de salut public, chargé d’envoyer à la mort, les nationalistes. Ce comité se substitue à la justice, ouvre des prisons. Les personnes sont arrêtées sans contrôle judiciaire et les forces de police et de gendarmerie sont transformées en auxiliaire des milices. Le préfet sort par conséquent de la légalité.

La misère, la sous-alimentation, les maladies décime des milliers de personnes. Plus de 50 % de la population vie au-dessous du seuil de pauvreté estimé par les enquêteurs de l’époque. Un revenu moyen inférieur à 2000 Fr. par an et par famille, dans la plupart des cas, ce revenu est si dérisoire qui ne permet même pas d’atteindre la moyenne de 307 Fr par personne et par an, le prix du blé varie de 70 Fr., Le quintal à 150 Fr. prix plafond le prix de l’or de 40 Fr. à 100 Fr. celui de l’huile de 390 à 700 Fr. La majorité des algériens ne pouvait pas avoir accès à ces denrées. La menace de la famine laisse planer aussi une menace d’insurrection généralisée contre la misère.

Puis la présentation des deux intervenants laisse la place à un débat.

mardi 5 mai 2026

Lettre ouverte à la ministre de la Culture pour le maintien des aides au spectacle vivant


 Madame la Ministre,

Nous sommes des professionnels du théâtre et du spectacle vivant. Chaque jour, nous faisons vivre la culture sur l’ensemble des territoires, dans de grandes comme de petites salles, partout avec la même exigence artistique. Chaque jour, nous sommes au contact de toutes les populations, sans distinction d’âge ni de milieu social. À la campagne comme en ville, dans les festivals comme sur l’ensemble des territoires, nous avons la chance d’offrir à nos publics une diversité de création unique.

Mais à quelques semaines du début du festival d’Avignon, nous sommes contraint·es de sonner l’alerte quant aux baisses drastiques qu’a subi le fonds d’aide à l’emploi pérenne, le FONPEPS, si indispensable pour nos secteurs.

Une fois de plus, ce sont les artistes qui vont particulièrement pâtir de la situation. Nous nous alarmons particulièrement, Madame la Ministre, de la fragilisation du dispositif de soutien à l’emploi du plateau artistique pour les salles de petite jauge (APAJ) qui a été réduit de moitié par un décret pris le 30 décembre dernier en catimini, sans aucune concertation.

Depuis 2016, l’APAJ a permis à des milliers de spectacles – théâtre, cirque, musique, danse, etc.- de se créer, en assurant aux artistes et aux technicien·nes des rémunérations conformes à nos conventions collectives, et engendrant ainsi une amélioration majeure des conditions sociales dans notre secteur.

Aujourd’hui, il y a urgence car la remise en cause de ces dispositifs emporte des réalités concrètes et fait peser un risque immédiat, une menace directe pour l’emploi au Festival Off d’Avignon et au-delà. En effet, rien que pour le festival Off d’Avignon, c’est plusieurs centaines de compagnies qui bénéficient de l’APAJ.

La réduction de cette aide de moitié, représente une économie équivalente à moins 0,2 % du budget du Ministère, mais constitue une véritable catastrophe pour nos professions à quelques semaines du festival. Cette décision brutale, prise sans concertation, risque de réduire fortement le nombre de représentations et d’artistes présents sur scène… ce sont des milliers d’emplois qui sont en jeu ! Il y a donc urgence à agir et à nous entendre.

Aujourd’hui, il est plus que jamais essentiel d’affirmer que la culture est une source d’inspiration, d’espoir et parfois de réconfort. Elle crée du lien, elle nous rassemble, et elle permet de faire société. Jour après jour, nos conditions de travail se dégradent, et il devient de plus en plus difficile de proposer la diversité culturelle qui fait pourtant la richesse de notre pays. Il est temps d’écouter la profession dans l’ensemble de ces difficultés.

Ici, nos demandes sont simples, madame la Ministre : l’ouverture rapide d’une concertation sur les critères du FONPEPS et plus largement la modification de ce décret avant le 1er juillet et avant le début du Festival d’Avignon ; ainsi que l’engagement qu’au moins 15 millions d’euros soient consacrés à l’APAJ comme les années précédentes.

Madame la Ministre, vous qui débutez votre mandat, allez-vous permettre à des milliers de spectacles de se produire décemment et des milliers d’artistes de vivre dignement ?

Signer la lettre ouverte ici

Parmi les premiers signataires 

Youssouf Abi-Ayad, Vincent Acampo, Mohamed Adi, Christophe Alévêque, Louis Arene, Véronique Ataly, Marion Aubert, Jean-Philippe Azéma, Gregori Baquet, Charles Berling, Audrey Bertrand, Bernard Blancan, Jean-Paul Bordes, Thierry Bosc, Christophe Botti, Elisabeth Bouchaud, Leslie Bourdin, Anne Bouvier, Magali Braconnot, Didier Brice, Vincent Caire, Ivan Calberac, Florence Camoin, Anne Cantineau, Jil Caplan, Jessie Chaton, Arnaud Chéron, Arnaud Churin, Samuel Churin, Annelise Clément, Elodie Colin, Catherine Corsini, Guy-Pierre Couleau, Olivier Coulon-Jablonka, Laurence Courtois, Françoise Cousin, Anne Coutureau, Claire Dabos, Jean-Philippe Daguerre, Harold David, Alexandre De Dardel, Guillaume De Tonquédec, Zazie Delem, Thomas Dolié, Laurent Domingos, Julia Duchaussoy, Gabriel Dufay, César Duminil, Laurent Eyraud-Chaume, Claire Faugouin, Antoine Formica, Cécile Fraisse-Bareille, Alain Fromager, Céline Fuhrer, Christine Gagnepain, Fabien Gorgeart, Raphaëline Goupilleau, Sabine Grislin, Aurélia Guillet, Baptiste Guiton, Eric Herson-Macarel, Frédéric Hocquard, Bérangère Jannelle, Heloise Jouary, Sam Karmann, Nathalie Kousnetzoff, Emmanuelle Laborit, Ludovic Laloy, Eric Laugérias, Jeanne Lazar, Benjamin Lazar, Lazare, Marie Le Cam, Cyril Le Grix, Clémentine Lebocey, Aymeric Lecerf, Sophie-Anne Lecesne, Pierre-Yves Lenoir, Françoise Lépine, Anne-Laure Liégeois, Bernard Malaka, Laura Mariani, Agnès Marietta, Fabio Marra, Olivier Martinaud, Blandine Masson, Rousseau Mathilde, Elizabeth Mazev, Blandine Métayer, Guillaume Meurice, Chloé Morin, Anna Mouglalis, Clotilde Moynot, Didier Mugica, Olivier Neveux, Rose Xanh NguyễN TiếT-Millot, Johanna Nizard, Emmanuel Noblet, Claire Nollez, Cédric Orain, Jean Luc Palies, Etienne Parc, Dominique Parent, Lucas Partensky, Lea Passard, Marie Payen, Richard Pierre, Julie Pietri, Marianne Pommier, Louise Prieur, Rémi Prin, Bruno Putzulu, Olivier Rabourdin, Jean Yves Ravoux, Marie Remond, Pauline Ribat, Laurent Richard, Martine Ritz, Caroline Rochefort, Ivan Romeuf, Aurélien Rondeau, Stanislas Roquette, Hugo Roux, Alain Sachs, Joachim Salinger, Stéphanie Schwartzbrod, Mikaël Serre, Jean-François Sivadier, Frédéric Sonntag, Anne-Élodie Sorlin, Alexandre Steiger, Nicolas Struve, Olivier Talpaert, Sophie Tellier, Bertrand Thamin, Julie Timmerman, Roland Timsit, Charles Tordjman, Panchika Velez, Sara Veyron, Régis Vlachos, Gérard Watkins, Olivier Werner, Émilie Wiest, Lisa Wurmser…

Au plus près de celles et ceux qui créent

L’Humanité a toujours revendiqué l’idée que la culture n’est pas une marchandise, qu’elle est une condition de la vie politique et de l’émancipation humaine.

Face à des politiques culturelles libérales, qui fragilisent le service public de la culture, le journal rend compte de la résistance des créateurs et de tous les personnels de la culture, mais aussi des solidarités du public.

Les partis pris insolites, audacieux, singuliers sont la marque de fabrique des pages culture du journal. Nos journalistes explorent les coulisses du monde de la culture et la genèse des œuvres qui font et bousculent l’actualité.

Guillaume Lissy élu président de la Métropole de Grenoble.



 Guillaume Lissy élu président de la Métropole de Grenoble.

Retour sur une semaine où l’avenir du territoire s’est joué.
Alors que le conseil du jeudi 23 avril s’était révélé chaotique, et que l’issue était incertaine, une semaine d’intenses négociations aura permis à la gauche d’imposer son candidat à la présidence, assortie d’un accord de gouvernance qui préserve un cap progressiste tout en intégrant l’ensemble des sensibilités du conseil.
Révélations sur :

lundi 4 mai 2026

Flottille pour Gaza : Thiago Avila et Saif Abu Keshek emmenés de force en Israël

Arrêtés en même temps que près de 175 militants qui entendaient rejoindre les côtes de Gaza depuis libérés depuis, les deux hommes, eux, sont toujours entre les mains des forces armées israéliennes qui entendent les « interroger ». Raphaëlle Primet, co-présidente du groupe communiste au Conseil de Paris, qui vient de rentrer en France après avoir été elle aussi kidnappée, lance un appel pour leur libération.

Selon Tel Aviv, les arrestations auraient été « menées pacifiquement ». Pourtant, à leur arrivée en Grèce, après leur libération, une trentaine de participants ont été hospitalisés pour « des premiers soins », selon les autorités grecques, qui n’ont pas donné de détails. Certains participants affirment avoir été frappés à coups de poing et de pied, traînés au sol, les mains liées, et avoir essuyé des tirs de balles réelles et en caoutchouc à bord d’un navire de guerre israélien après leur enlèvement dans les eaux internationales, à plus de 500 milles (926 km) nautiques de Gaza.

La flottille a publié sur X des vidéos montrant plusieurs militants blessés, avec des traces de coups à l’oeil et au nez. « Nous avons essayé de les empêcher de garder Thiago et Saif et c’est à ce moment là qu’ils nous ont battus », explique l’un d’eux. Thiago Avila, l’un des principaux organisateurs de la flottille, avait déjà participé à cette initiative à l’automne 2025. L’armée israélienne était intervenue et Thiago avait été détenu pendant plusieurs jours en Israël, subissant des traitements particulièrement durs à la prison de Ketziot.

Saif Abu Keshek, de nationalités espagnole et suédoise, est d’origine palestinienne. . Justement conscient des dangers encourus, il ne devait pas poursuivre le périple mais débarquer en Grèce. Qui aurait pu penser que Tel Aviv déciderait d’arraisonner les navires de la Flottille si loin des côtes de Gaza, à 500 milles nautiques soit presque 1000 km?

« On nous jetait de la nourriture comme à des animaux »

Comme l’a raconté à l’Humanité Raphaëlle Primet, les conditions de détention sur un bateau-prison ont été particulièrement difficiles. « On nous jetait de la nourriture comme à des animaux », a-t-elle révélé. Beaucoup de questions restent encore en suspens, notamment l’attitude d’Athènes. Les eaux territoriales grecques ont-elles été violées par la marine israélienne ?

L’ancien ministre grec Yanis Varoufakis n’a pas ménagé ses critiques sur X. « Pendant ce temps, le gouvernement grec coopère pleinement aux agissements criminels d’Israël, a-t-il écrit, abandonnant de fait ses obligations en matière de recherche et de sauvetage et complotant avec Israël pour persécuter les courageux équipages de la flottille Sumud. »

L’Espagne a réclamé la « libération immédiate » de Saif Abu Keshek, et assuré que sa diplomatie était« en contact permanent avec ses homologues israélien et grec », promettant d’apporter « toute sa protection » à son ressortissant. Les deux militants « auront droit à une visite des représentants consulaires de leurs pays respectifs », a précisé samedi le ministère israélien des Affaires étrangères sur X. Comme si ce droit inaliénable se transformait en faveur par la grâce de Netanyahou. Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a répliqué en haussant le ton: « Nous faisons face à une arrestation illégale dans les eaux internationales, en dehors de toute juridiction des autorités israéliennes et, par conséquent, Said Abu Keshek doit être remis en liberté immédiatement afin qu’il puisse revenir en Espagne. » Des déclarations dont la fermeté tranche avec la pusillanimité du gouvernement français qui n’a pas condamné l’acte de piraterie israélien alors même qu’une élue de la république a été kidnappée.

Autant de raisons d’agir pour la libération immédiate de ces deux hommes enlevés en toute illégalité dans les eaux internationales. « Thiago et Saif doivent sortir immédiatement de prison » a lancé Raphaëlle Primet, à son arrivée en France, le 2 mai.

 

Près de 7000 personnes (selon la CGT ISERE) ont défilé ce jeudi 1er mai à Grenoble,



Près de 7000 personnes (selon la CGT ISERE) ont défilé ce jeudi 1er mai à Grenoble, entre l'avenue Alsace-Lorraine et l'anneau de vitesse, à l'occasion de la journée internationale de lutte pour les droits des travailleuses et des travailleurs. Une manifestation qui revêtait un sens particulier cette année alors que le gouvernement et le patronat, soutenus par la droite et l'extrême droite, tentent de remettre en question le droit du travail sur le 1er Mai.