samedi 22 août 2026

Le discours du MJCF au colloque international pour le centenaire de Fidel Castro


 Du 10 au 13 août, La Havane a accueilli le premier colloque international « Fidel : héritage et avenir », à l’occasion du centenaire de la naissance de Fidel Castro. Le Mouvement jeunes -communistes de France (MJCF) y participait dans le cadre des brigades internationales organisées par l’Union des jeunes communistes de Cuba (UJC). Nous publions le discours prononcé à cette occasion par Rachel Delamare.

Plus de 1 500 délégués, dont quelque 900 étrangers venus de 63 pays, se sont réunis au Palais des congrès de La Havane pour ce premier colloque international consacré à l’œuvre et à la pensée du dirigeant historique de la Révolution cubaine.

La séance inaugurale a été ouverte par Miguel Díaz-Canel Bermúdez, premier secrétaire du Comité central du Parti communiste de Cuba et président de la République : « Nous sommes ici parce que la pensée de Fidel reste la boussole la plus précise dont nous disposons pour traverser la tempête que traverse actuellement le peuple cubain. »

Quatre jours durant, forums sectoriels et débats se sont succédé : rencontre des chaires Fidel Castro Ruz, forum parlementaire, forum des femmes, forum des artistes et des intellectuels, forum « Fidel et la politique étrangère de la Révolution cubaine ».

Le président cubain a également participé au forum des jeunes « Je crois en vous », convoqué par l’UJC, où il a lancé un appel aux délégations étrangères : « Nous vous appelons à être considérés comme la génération du centenaire du commandant en chef dans le monde entier. »

« Une révolution ne tient pas seulement par ses institutions »

Chers camarades,

Nous tenons d’abord à remercier l’Union des jeunes communistes de Cuba (UJC) pour l’organisation de ces nouvelles brigades internationales. Le MJCF est particulièrement honoré d’en faire partie et de pouvoir assister avec vous tous à ce colloque pour le centenaire de Fidel Castro.

La solidarité avec Cuba fait partie intégrante de l’histoire du MJCF. En 1964, des jeunes communistes français partaient déjà à Cuba dans des séjours de Loisirs et Vacances de la Jeunesse (LVJ) pour soutenir la révolution.

Ces brigades sont, certes, des moments de solidarité, mais également l’occasion d’apprendre de l’expérience cubaine et de la pensée de ses révolutionnaires. Une révolution ne tient pas seulement par ses institutions, mais par la conscience du peuple et sa capacité à former de nouvelles générations pour la poursuivre. C’est pourquoi ce colloque nous permet de faire vivre les idées de Fidel, pour qu’elles nourrissent les combats des nouvelles générations, à Cuba comme partout dans le monde.

Il n’y a pas de souveraineté politique sans souveraineté économique  
Un apport majeur de Fidel est sa conception des rapports entre nations. Il opposait aux rapports de domination la souveraineté des peuples, la coopération et les échanges entre tous les pays sans distinction. Dans une période où la crise de l’impérialisme états-unien pousse à la guerre et à la remise en cause du droit international, cela doit être une boussole !

Il n’y a pas de souveraineté si un peuple ne dispose pas des moyens matériels de décider librement de son avenir. C’est une des grandes leçons de la Révolution cubaine : l’indépendance politique ne peut être réelle sans indépendance économique. Maîtriser ce que nous produisons, nos ressources et leur utilisation est indispensable pour pouvoir choisir librement notre avenir. Pour nous, le socialisme est précisément le moyen de donner aux peuples la maîtrise de leur destin. C’est de cette manière que Fidel a pensé la transition vers le socialisme dès 1961.

Et c’est particulièrement actuel pour nous face à l’alignement de la France sur les États-Unis. Des décennies de libéralisme et de désindustrialisation ont privé notre pays de ses capacités de production et donc des moyens de décider souverainement de son développement.

Des centaines de milliards pour le réarmement, rien pour l’école

Cette perte de souveraineté économique va de pair avec l’intégration toujours plus forte de la France au bloc atlantique. L’Union européenne comme l’OTAN enferment les peuples européens dans des choix économiques et stratégiques de plus en plus alignés sur les intérêts des États-Unis.

Nous en voyons aujourd’hui une conséquence très concrète : alors que l’on nous répète depuis des années qu’il faudrait réduire les dépenses publiques, les moyens manquent pour l’école, l’hôpital, l’université ou la formation, mais des centaines de milliards sont mobilisés pour le réarmement de l’Europe. Face à la crise de l’impérialisme, l’Union européenne entraîne les peuples dans une fuite en avant vers la militarisation et la guerre. Nous refusons que les richesses produites par nos peuples servent à préparer la guerre plutôt qu’à assurer leur émancipation et leur indépendance.

Reconquérir notre souveraineté, c’est retrouver les moyens de décider de ce que nous produisons et de l’utilisation de nos richesses. C’est pouvoir reconstruire notre industrie, développer nos services publics et coopérer librement avec les autres peuples plutôt que de subir les intérêts du capital et d’une puissance étrangère.

Depuis un an, le MJCF mène la bataille contre l’impérialisme états-unien avec son slogan « US Go Home ». Nous travaillons à la fois à la solidarité internationale concrète et à la construction du rapport de force pour que notre pays agisse pour le respect du droit international et la fin du blocus.

La jeunesse comme force révolutionnaire

Un autre enseignement de l’action et de la pensée de Fidel réside dans l’importance donnée à la jeunesse dans la construction du socialisme.
La souveraineté d’un peuple ne repose pas seulement sur ses capacités économiques. Elle dépend aussi de sa capacité à former une jeunesse consciente, organisée et capable de prendre des responsabilités.

La Révolution cubaine montre que la jeunesse peut être une force révolutionnaire à condition de lui donner les connaissances, l’organisation et surtout les responsabilités pour agir sur son époque. C’est une conception radicalement opposée à celle du capitalisme.

Celui-ci fait de la jeunesse une force d’ajustement : une main-d’œuvre que l’on peut davantage précariser, exploiter et adapter aux besoins du capital. Et lorsque l’impérialisme pousse à la militarisation et à la guerre, c’est encore la jeunesse que l’on prépare à en payer
le prix.

Fidel faisait le pari inverse : donner à la jeunesse les moyens de s’émanciper tout en lui donnant une responsabilité dans l’émancipation de toute la société.

La campagne d’alphabétisation de 1961 en est un exemple marquant : confier à des dizaines de milliers de jeunes une responsabilité concrète dans la construction de la Révolution. La jeunesse cubaine ne bénéficie pas seulement de la Révolution : elle est la cheville ouvrière des transformations sociales qu’elle engage. Ce pari est aujourd’hui le nôtre.

Nous ne voulons pas seulement défendre les jeunes face à la précarité et aux politiques qui les frappent. Nous voulons leur permettre de comprendre le monde, de s’organiser et de le transformer. Notre ambition n’est pas de former une jeunesse capable de s’adapter au capitalisme, mais une génération capable de le dépasser.

Construire des coopérations universitaires entre la France et Cuba

Dans cette perspective, les actions concrètes que Fidel a impulsées pour l’enseignement public et les universités cubaines nous inspirent en France, où le privé prend de plus en plus de place, où l’université se ferme aux plus précaires par le tri social, et où les jeunes s’endettent pour suivre leurs études.

Ce modèle éducatif irrigue plusieurs domaines de la recherche et de la production : que ce soit la médecine, les nouvelles technologies ou encore l’agriculture. Et Cuba fait bénéficier le monde de son modèle, par la solidarité comme par l’envoi de médecins à travers la planète. Nous avons d’ailleurs bénéficié de cette solidarité en France quand des médecins cubains sont venus en Guyane lors de l’épidémie de Covid-19.

C’est pourquoi il est indispensable de s’inspirer du modèle cubain de planification : planifier à long terme les besoins de la société pour orienter l’éducation en fonction de ceux-ci, plutôt que selon des objectifs de rentabilité.

Parce que nous savons combien l’éducation et les coopérations universitaires sont importantes, nous voulons faire de la construction de collaborations universitaires entre des universités françaises et cubaines un objectif concret de notre campagne.
La construction d’échanges scientifiques et techniques permet le partage de connaissance et le développement de l’industrie de nos deux pays. C’est pour cela que nous vous proposons de les mettre en avant en construisant des échanges étudiants et scientifiques.

C’est aussi cela que nous retenons de Fidel : un peuple est libre lorsqu’il maîtrise son avenir, et une révolution avance lorsqu’elle donne à sa jeunesse les moyens de le construire.

En France, nous voulons faire vivre cette leçon : reconquérir notre souveraineté et donner à la jeunesse les clés de son émancipation pour ouvrir le chemin du socialisme.

Vive l’UJC ! 
Vive Fidel Castro ! 
Vive la solidarité internationale !

vendredi 21 août 2026

Amar Bella aux journées d'été des Écologistes à Grenoble


Aux journées d'été des Écologistes à Grenoble où je représente nationalement le PCF. Des discussions intéressantes,nécessaires pour le rassemblement et faire le point sur nos idées respectives, nos visions monde. Je note que le plan climat du PCF est connu, apprécié même pour son sérieux même si évidemment il y a de grosses divergences sur la nature du mix électrique. Au-delà de nos différences à gauche, on a besoin de partis politiques dans ce pays, d'orgas qui ont un processus démocratique avec des congrès, des débats, des votes, à l heure où on dénigre les organisations collectives, ce n est pas anodin de le rappeler. Merci aux représentants des Écologistes pour leur accueil.

 

Les Universités d’été du PCF reviennent !

Les Universités d’été du PCF reviennent !
Les 21, 22 et 23 août, rendez-vous à Toulouse pour trois jours de débats, de rencontres et de formation autour des grands enjeux qui nous font face !
📚 Paix, travail, services publics, logement, écologie, école, santé, féminisme, lutte contre l’extrême droite, international… mais aussi histoire, culture, cinéma, échanges et rencontres seront au programme de ces trois jours.
Un temps de réflexion, de fraternité et de convivialité pour se retrouver, préparer la rentrée politique et construire ensemble les combats à venir.
⏳️ Le programme complet sera bientôt mis en ligne !
Pour vous inscrire et retrouver toutes les informations concernant l’événement, passez par le lien en commentaire.

 

jeudi 20 août 2026

La COP17 contre la désertification s’ouvre aujourd’hui en Mongolie.


 La COP17 contre la désertification s’ouvre aujourd’hui en Mongolie.

Sécheresses, sols dégradés, accès à l’eau menacé : les conséquences du dérèglement climatique frappent d’abord les populations, les agriculteurs et les plus fragiles.
L’accaparement des terres et la surexploitation des ressources au nom du profit aggravent encore la crise. Nos forêts doivent être préservées pour la biodiversité et pour qu'elles puissent assurer leur rôle de puits de carbone.
Face à la désertification, défendons la souveraineté alimentaire, la coopération entre les peuples et la maîtrise collective de nos ressources.
Protégeons les terres, pas les profits.
🌱 Découvrez nos ambitions pour le climat avec notre Plan Climat - Empreinte 2050, lien en commentaire.

mercredi 19 août 2026

Sécheresse et changement climatique : adapter notre agriculture et la gestion de l'eau


 L’intensification des sécheresses comme des épisodes de précipitations extrêmes impose d’agir à la fois sur les causes du dérèglement climatique et sur ses conséquences. Atténuation et adaptation sont indissociables. Avec son plan climat Empreinte 2050, le PCF propose de réduire massivement les émissions de gaz à effet de serre et notre empreinte carbone, tout en adaptant notre agriculture, nos infrastructures et nos territoires.

Alors que près de 70 % des départements connaissent des restrictions d’eau, les tensions sur l’abreuvement des cheptels et les faibles rendements annoncés menacent notre souveraineté alimentaire. Face à cette situation, le PCF appelle à une planification démocratique de la gestion de l’eau et à une transformation agroécologique de l’agriculture.

Les sols doivent constituer nos premiers réservoirs d’eau. Il faut soutenir les pratiques renforçant leur capacité de rétention, développer les couverts végétaux, préserver les prairies permanentes et les zones humides, replanter massivement des haies et lutter contre l’artificialisation. Le PCF défend également la déspécialisation régionale de l’agriculture, le retour d’un élevage durable dans les régions céréalières et un effort accru de recherche publique pour sélectionner des variétés adaptées au changement climatique.

Le stockage de l’eau ne doit pas davantage être un sujet tabou. Plutôt que la multiplication anarchique d’ouvrages privés, nous défendons des infrastructures publiques et multi-usages permettant de stocker les excédents, de prévenir les inondations, de soutenir les cours d’eau en période de sécheresse et, lorsque cela est possible, de produire de l’hydroélectricité.

L'eau est un bien commun. Sa répartition doit privilégier les besoins sociaux et notre souveraineté alimentaire, et non la maximisation des rendements de quelques-uns. À l’accaparement de la ressource, le PCF oppose une gestion publique, partagée et démocratiquement planifiée, associant agriculteurs, citoyens, collectivités et pouvoirs publics.

Lire la déclaration complète

Paris, le 15 août 2026

Parti communiste français

mardi 18 août 2026

Chômage à 8,3% : l'argent public doit servir l'emploi, pas les licenciements


 Le taux de chômage atteint 8,3% au deuxième trimestre 2026, en hausse de 0,7 point sur un an. Cela représente 261 000 chômeuses et chômeurs supplémentaires en douze mois. Le chômage des jeunes atteint 21,6 % et 671 000 personnes recherchent un emploi depuis plus d’un an.

Derrière ces chiffres, il y a des centaines de milliers de vies fragilisées, des familles plongées dans l’incertitude et des territoires affaiblis.

Après dix années de pouvoir macroniste, la promesse du soi-disant "plein-emploi", déjà bien faible, s’effondre. Ce résultat n’est pas seulement celui d’une conjoncture difficile. Il sanctionne une politique qui considère les salaires et les cotisations sociales comme des coûts à réduire, impose l’austérité aux services publics et laisse les marchés financiers décider de ce que la France doit produire. 

Quel échec du President de la République et de la coalition présidentielle !

Les gouvernements successifs des deux quinquennats d'Emmanuel Macron ont multiplié les aides aux grandes entreprises sans imposer de résultats sur l’emploi. La commission d’enquête sénatoriale, dont le rapporteur était le sénateur communiste Fabien Gay, a rappelons-le évalué à au moins 211 milliards d’euros les aides publiques aux entreprises en 2023. 

Il est insupportable que l’argent des Françaises et des Français puisse continuer à financer des groupes qui suppriment des emplois, ferment des sites ou délocalisent leurs activités, sans contrôle démocratique ni obligation de remboursement.

Le PCF demande trois décisions immédiates :

– L'arrêt de la distribution des 211 milliards d'euros d’aides publiques annuelles aux entreprises visant à nourrir les profits. Les aides publiques doivent être versées sous le contrôle des salariés et sur critères stricts en matière d’emploi, de salaire et d’égalité professionnelle femmes-hommes, d’accessibilité universelle, de formation, de relocalisation, de transition écologique. Elles doivent être restituées en cas de non-respect des engagements : signez la pétition ;

– la mise en place d'un moratoire sur les licenciements et l’engagement d’un plan de création immédiat de 200 000 emplois, avec 80 000 embauches et prérecrutements dans les services publics et 120 000 emplois dans l’industrie et les services productifs, soutenus par des crédits à taux nul ou très faible conditionnés à la création d’emplois et de valeur ajoutée écologique ;

– une augmentation générale des salaires, leur indexation sur les prix, l’abrogation des réformes de l’assurance-chômage et la construction d’une sécurité d’emploi et de formation garantissant à chacune et chacun un emploi ou une formation choisie, avec continuité du revenu et des droits.

Les TPE et PME qui développent l'emploi et les salaires peuvent être soutenues si on cesse de dilapider l’argent public dans des dispositifs opaques qui favorisent d’abord les stratégies financières des grands groupes.

Combattre le chômage exige de prendre le pouvoir sur l’utilisation de l’argent public, le crédit bancaire et les choix des entreprises. Le PCF est la seule force à le proposer aujourd'hui et dénonce avec force les postures de l'extrême droite dont les votes au Parlement montrent sa soumission tout aussi grande que celle du pouvoir en place aux intérêts financiers. 

La France a besoin d'un travail pour toutes et tous et d’un travail qui paie. L’argent existe : mettons-le au service de l’emploi, de la production, des services publics et de la transition écologique.

dimanche 16 août 2026

Si tu n’es pas antiraciste, tu es quoi ?

Le suicide de Joris, 21 ans, après des années de harcèlement et d’insultes racistes dénoncées par sa famille, nous bouleverse profondément. Nous adressons à ses proches notre soutien et notre solidarité dans cette épreuve terrible.

La justice devra établir les faits et déterminer les responsabilités. Mais au-delà de ce drame, une réalité nous interpelle : les réactions de certains sur les réseaux sociaux et dans les espaces de commentaires.

Sous les articles de presse et sur les réseaux sociaux, des commentaires se réjouissent, ironisent ou minimisent la mort d'un jeune homme. D'autres relativisent les insultes racistes ou les justifient. Cette absence d'empathie, cette banalisation de la haine et cette déshumanisation ne sont pas de simples dérapages. Elles témoignent d'un climat inquiétant où le racisme se dit plus librement, plus ouvertement, avec le sentiment qu'il est désormais acceptable.

Cette libération de la parole raciste n'est pas le fruit du hasard. Depuis plusieurs années, des responsables politiques, des éditorialistes et certains médias contribuent à banaliser des discours de stigmatisation, à désigner des boucs émissaires et à faire du rejet de l'autre un élément ordinaire du débat public. Lorsque les paroles racistes ne sont plus clairement condamnées, elles finissent par être perçues comme une opinion parmi d'autres.

Le racisme n’est pas une opinion. C’est une idéologie qui nie l’égalité entre les êtres humains. Il détruit des vies, nourrit les discriminations et menace les fondements mêmes de notre République.
L’Histoire nous rappelle que les grandes tragédies ne commencent pas toujours par des actes de violence extrême. Elles commencent souvent par un processus plus insidieux : la désignation d’un « autre », la répétition des préjugés, l’habitude de l’indifférence, puis l’acceptation progressive de l’inacceptable.

Nous refusons cette banalisation. Nous refusons que la souffrance d’une victime puisse devenir un sujet de plaisanterie. Nous refusons que la haine puisse se répandre sans réaction.

Face au racisme, il ne peut y avoir de neutralité. Les responsables politiques, les médias, les plateformes numériques et chaque citoyen ont une responsabilité : celle de ne jamais laisser la haine devenir ordinaire.
La dignité humaine n’est pas négociable. Elle impose de combattre, partout et toujours, le racisme, l’antisémitisme, la haine envers les musulmans, la xénophobie et toutes les formes de rejet de l’autre.

Si tu n’es pas antiraciste, tu es quoi ?

 

samedi 15 août 2026

Fascisme en France, le grand malentendu

L’élection présidentielle de 2027 aura pour enjeu non pas l’alternance, mais une possible rupture. Laquelle ? Afin de conjurer celle que provoquerait la victoire du Rassemblement national, une partie de la gauche mobilise contre le risque du fascisme. Et néglige une autre hypothèse…
 A

u grand jeu des pronostics sur l’avenir politique de la France, en voici un qui écrase la concurrence dans les débats à gauche depuis deux décennies : « Le fascisme ! » — comprendre : nous y allons tout droit. Avec son culte de la police, son obsession sécuritaire et son ciblage des jeunes issus de l’immigration, ces « racailles » à passer « au Kärcher », M. Nicolas Sarkozy avait suscité à la fin des années 2000 moult critiques sur ce thème. Au tournant des années 2015-2016, les attentats islamistes, la psychose à propos des « jeunes radicalisés » et la vague des réfugiés du Proche-Orient ont profondément enraciné dans une partie de la population l’idée d’un « ennemi de l’intérieur » prêt à frapper la République avec la complicité d’une certaine gauche. Un coin supplémentaire a été enfoncé quand le président François Hollande a voulu déchoir les binationaux nés français condamnés pour un « crime constituant une atteinte grave à la vie de la nation ». Avec la répression des mouvements sociaux, la banalisation médiatique de thèmes naguère cantonnés au conservatisme le plus extrême, la progression quasi continue du Rassemblement national (RN) au cours des deux mandats de M. Emmanuel Macron et la bienveillance du patronat vis-à-vis de ce parti, l’hypothèse devient certitude : le fascisme gagne la France.

La référence au régime mussolinien et à l’entre-deux-guerres présente l’indiscutable avantage de frapper les esprits. Elle suppose l’idée d’une bascule autoritaire une fois l’extrême droite parvenue au pouvoir grâce à la capitulation des partis traditionnels, qui ont concédé à l’adversaire le cadre du débat. Il s’agit donc de mobiliser tant qu’il est encore temps en s’appuyant sur l’exemple de luttes antifascistes illustres quoique pas toujours victorieuses. Mais le spectre du fascisme n’occulte-t-il pas un danger moins spectaculaire et beaucoup plus concret ? Celui d’un glissement insensible vers un régime de ségrégation (…)

vendredi 14 août 2026

Si tu n’es pas antiraciste, tu es quoi ?

Le suicide de Joris, 21 ans, après des années de harcèlement et d’insultes racistes dénoncées par sa famille, nous bouleverse profondément. Nous adressons à ses proches notre soutien et notre solidarité dans cette épreuve terrible.

La justice devra établir les faits et déterminer les responsabilités. Mais au-delà de ce drame, une réalité nous interpelle : les réactions de certains sur les réseaux sociaux et dans les espaces de commentaires.

Sous les articles de presse et sur les réseaux sociaux, des commentaires se réjouissent, ironisent ou minimisent la mort d'un jeune homme. D'autres relativisent les insultes racistes ou les justifient. Cette absence d'empathie, cette banalisation de la haine et cette déshumanisation ne sont pas de simples dérapages. Elles témoignent d'un climat inquiétant où le racisme se dit plus librement, plus ouvertement, avec le sentiment qu'il est désormais acceptable.

Cette libération de la parole raciste n'est pas le fruit du hasard. Depuis plusieurs années, des responsables politiques, des éditorialistes et certains médias contribuent à banaliser des discours de stigmatisation, à désigner des boucs émissaires et à faire du rejet de l'autre un élément ordinaire du débat public. Lorsque les paroles racistes ne sont plus clairement condamnées, elles finissent par être perçues comme une opinion parmi d'autres.

Le racisme n’est pas une opinion. C’est une idéologie qui nie l’égalité entre les êtres humains. Il détruit des vies, nourrit les discriminations et menace les fondements mêmes de notre République.
L’Histoire nous rappelle que les grandes tragédies ne commencent pas toujours par des actes de violence extrême. Elles commencent souvent par un processus plus insidieux : la désignation d’un « autre », la répétition des préjugés, l’habitude de l’indifférence, puis l’acceptation progressive de l’inacceptable.

Nous refusons cette banalisation. Nous refusons que la souffrance d’une victime puisse devenir un sujet de plaisanterie. Nous refusons que la haine puisse se répandre sans réaction.

Face au racisme, il ne peut y avoir de neutralité. Les responsables politiques, les médias, les plateformes numériques et chaque citoyen ont une responsabilité : celle de ne jamais laisser la haine devenir ordinaire.
La dignité humaine n’est pas négociable. Elle impose de combattre, partout et toujours, le racisme, l’antisémitisme, l’islamophobie, la xénophobie et toutes les formes de rejet de l’autre.

Si tu n’es pas antiraciste, tu es quoi ?

Paris, le 30 juillet 2026

Parti communiste français.