dimanche 3 mai 2026

Congrès du Sinn Féin : en lutte pour une Irlande unie et progressiste


 La conférence annuelle du Sinn Féin s’est tenue à Belfast les 24 et 25 avril. Il était important pour le PCF d’y être représenté pour deux raisons principales.

D’une part, du fait de l’importance de nos relations de solidarité qui plongent dans l’histoire de la lutte du peuple irlandais pour une République unifiée sur l’ensemble du territoire, elle-même puisant dans l’héritage de la Révolution française, comme Gerry Adams le rappelle avec force dans son autobiographie Before the Dawn (Avant l’aube). Des grèves de la faim des prisonniers politiques irlandais aux négociations pour que le peuple irlandais ne paie pas les conséquences du Brexit, en passant par la conclusion des Accords de paix de 1998, le PCF fut toujours aux côtés du Sinn Féin.

D’autre part, parce que la question de l’unité irlandaise est une question d’avenir. Comme l’ont rappelé plusieurs délégués au congrès, il y a un « Momentum » pour effacer le drame de la partition de l’Irlande, décidée unilatéralement par Londres qui a entraîné la naissance de deux entités conservatrices au Nord comme au Sud. Comme l’a déclaré Marylou McDonald, la présidente du Sinn Féin, l’Irlande est à la croisée des chemins : soit elle poursuit la voie des politiques d’austérité, des politiques communautaristes et du maintien de la partition ; soit elle s’engage dans celle du progrès commun pour l’ensemble des habitants de l’Irlande, ce qui suppose la réalisation de l’unité irlandaise.

L’unité irlandaise n’est pas un problème théorique, c’est une question politique immédiate. Les gouvernements britanniques successifs ont refusé l’organisation d’un référendum d’autodétermination, pourtant prévu dans les Accords de 1998. Le Sinn Féin avance la date de 2030 comme perspective pour le tenir. Et, pour y parvenir, il appelle à renforcer la pression, à la fois sur Westminster mais aussi sur les partis conservateurs au pouvoir à Dublin. Il défend l’organisation d’assemblées citoyennes regroupant largement les différents secteurs de la société irlandaise pour organiser et élargir cette nécessaire pression. Le Sinn Féin met en lumière les intérêts communs du peuple irlandais, des six comtés du Nord comme des vingt-six comtés du Sud, tant sur les questions de logement, de la santé, de l’agriculture, du développement partagé, qui sont mises à mal par les politiques d’austérité.

La lutte contre l’austérité à Dublin comme à Belfast est donc le vecteur transitoire pour l’unité irlandaise. La défense de la neutralité irlandaise est également un élément central. Ces éléments sont indissociables les uns des autres. L’unité irlandaise n’est pas seulement la fin de la partition mais la naissance d’une République sociale pour tous et toutes.

Le Sinn Féin possède des atouts majeurs. Il est désormais le premier parti à l’échelle de l’Irlande. Au Nord, la première ministre Michelle O’Neill, vice-présidente du parti, lutte pied à pied contre les blocages menés par les organisations unionistes et par les gouvernements britanniques successifs. Au Sud, le Sinn Féin est la principale force d’opposition face au gouvernement regroupant les deux organisations libérales ou conservatrices qui se partagent le pouvoir depuis un siècle. Celles-ci ont mis de côté leur vielle rivalité pour empêcher le Sinn Féin d’accéder au pouvoir.

Il appartient à la France ne pas rester les bras croisés. Ces dernières années le gouvernement français s’est rapproché de Londres sur les questions militaires, y compris nucléaires, ce qui est un moyen de s’aligner sur les États-Unis. Il faut rompre avec cette politique. L’organisation d’un référendum d’ici 2030 sur l’unité irlandaise est une question de droit international. Ce n’est pas une question intérieure britannique. La France serait à la hauteur de son histoire révolutionnaire en soutenant concrètement cette perspective. La rencontre bilatérale PCF-Sinn Féin qui a eu lieu lors du congrès a permis de tracer des perspectives d’actions concrètes pour la prochaine période.

Vincent Boulet
responsable du secteur international

Article publié dans CommunisteS, numéro 1084 du 29 avril 2026.

samedi 2 mai 2026

Attaque de la flottille pour Gaza : rassemblement jeudi 30 avril 18h30 Place de la République

Cette nuit, au moins 11 bateaux de la flottille humanitaire Global Sumud Flotilla, qui faisaient route vers Gaza, ont été arraisonnés par la force et interceptés par l’armée israélienne dans les eaux internationales, au large de la Crète.

Il s’agit, une nouvelle fois, d’une violation flagrante du droit maritime international. Cet arraisonnement constitue un véritable acte de piraterie et de kidnapping perpétré par le gouvernement d'extrême droite de Benjamin Netanyahou, qui démontre une fois de plus son mépris absolu pour le droit international.

Au moins quatre ressortissants français font partie des personnes enlevées. Parmi elles, notre camarade Raphaëlle Primet, conseillère de Paris et co-présidente du groupe communiste au Conseil de Paris, qui se trouvait à bord du bateau Le Mystère.

Le PCF appelle à la pleine et totale solidarité avec Raphaëlle. Son objectif pacifiste et humaniste est le nôtre : mettre fin au blocus illégal et inhumain de Gaza afin de permettre l’entrée vitale de l’aide humanitaire.

La voix de la France ne peut rester muette face à ce coup de force.

Fabien Roussel a interpellé ce matin le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot en lui demandant de condamner avec la plus grande fermeté cette attaque contre la solidarité internationale et la paix.

La diplomatie française doit agir sans délai pour obtenir le retour de ses ressortissants !

Le Parti communiste français exige :

  • La libération immédiate de Raphaëlle Primet et de l'ensemble des participants à la flottille.
  • La fin immédiate du blocus de Gaza.
  • La mise en place concrète d'un État de Palestine, aux côtés de l’État d’Israël, sur la base des frontières de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale, ainsi que la fin de l’occupation et de la colonisation.

Pour porter ces exigences, le PCF appelle à se mobiliser largement :

Paris, le 30 avril 2026

Parti communiste français

 

vendredi 1 mai 2026

L'intersyndicale iséroise (CGT ISERE, CFDT, Fsu, Solidaires)

L'intersyndicale Isère organisait une conférence de presse ce mardi 28 avril, à la bourse du travail de Grenoble, pour présenter la mobilisation du vendredi 1er mai, journée internationale de lutte des travailleurs et des travailleuses, qui donnera lieu à plusieurs manifestations et rassemblements dans le département (à Grenoble, Bourgoin-Jallieu, Vienne et Roussillon). Dans un contexte de remise en cause du 1er Mai par le gouvernement, la droite et le patronat, les syndicats réaffirment l'importance de cette date, pour défendre les conquis sociaux et revendiquer de nouveaux droits.

« Le 1er Mai n’est pas un jour comme les autres, il est à nous ! » La journée internationale de lutte pour les droits des travailleurs et des travailleuses, à l’origine de nouveaux droits, « gagnés dans le sang aux États-Unis, par les ouvriers et ouvrières de Chicago, et en France avec Fourmies » [NDLR : respectivement en 1886 et 1891]. Léa Martinez-Comelli, secrétaire à la vie syndicale de la CGT 38, tient à ce rappel historique pour remettre les points sur les i. Comme ses camarades de l’intersyndicale Isère, elle a peu goûté l’offensive conjointe du gouvernement, de la droite, de l’extrême droite et du patronat, contre le 1er Mai.

Réunis à la bourse du travail de Grenoble, ce mardi 28 avril, les représentants de la CGT, de la FSU, de la CFDT et de Solidaires tiennent à afficher une « unité importante face aux attaques qui viennent d’un peu partout », souligne Catherine Le Coz (CFDT). Le 1er-Mai a en effet une saveur particulière cette année alors que la mobilisation des syndicats a permis de faire reculer une première fois Gabriel Attal et ses alliés patronaux. Lesquels tentent malgré tout de passer en force, concernant les salariés des boulangeries et des fleuristes.

« Le gouvernement s’assoit sur l’État de droit »

David Sujobert, co-secrétaire départemental de la FSU en Isère, fustige ainsi « le procédé du gouvernement, qui s’assoit sur l’État de droit et sur le vote démocratique d’une loi » en attaquant ce symbole de lutte politique et syndicale. « C’est très inquiétant », estime-t-il, car cela fournit « un boulevard pour un pouvoir autoritaire les années suivantes ». Et le syndicaliste d’égrener plusieurs exemples récents similaires : « Le dernier budget a été imposé par le 49.3, la réforme des retraites idem… »

Léa Martinez-Comelli raille quant à elle la communication de Gabriel Attal, qui a commencé à « diffuser son narratif sur la liberté de travailler le 1er mai ». L’ancien Premier ministre adopte même « une posture séparatiste en appelant à ne pas respecter la loi », s’indigne-t-elle. Derrière ces discours, c’est toute une idéologie qui est à l’œuvre. « Ils veulent en faire une fête du travail mais on n’est pas à Vichy, s’insurge la syndicaliste. Le 1er Mai, c’est la fête des travailleurs. »

« Ils veulent en faire une fête du travail mais on n’est pas à VichyLe 1er Mai, c’est la fête des travailleurs et des travailleuses. »

Les syndicats tirent en outre la sonnette d’alarme, la droite traditionnelle n’est pas la seule à la manœuvre. « Le Rassemblement national, caché, attend de prendre le pouvoir », prévient Catherine Le Coz. Tous rappellent d’ailleurs les politiques des municipalités RN, à l’image du maire de Liévin (Pas-de-Calais), qui a décidé de supprimer la cérémonie du 1er mai en hommage aux 42 mineurs morts le 27 décembre 1974. « Les masques tombent », constate David Sujobert.

« C’est la confirmation de ce que dénonce l’intersyndicale, abonde Léa Martinez-Comelli. Le RN est une imposture sociale. Il suffit de voir ce qu’ils votent à l’Assemblée nationale. » La responsable CGT évoque par ailleurs la rencontre entre Jordan Bardella et le Medef, illustrant la collaboration croissante entre le RN et le patronat. Patronat qui remet au goût du jour une vieille antienne des années 1930, adoptée à l’époque par une partie de la bourgeoisie, rappelle Léa Martinez-Comelli : « Plutôt Hitler que le Front populaire ».

L’intersyndicale pointe également « l’absence de contrôles » réalisés sur le travail illégal le 1er mai, la hiérarchie mettant des bâtons dans les roues des inspecteurs du travail, qui ont manifesté à ce sujet, lundi 27 avril, devant la Direction départementale de l’emploi du travail et des solidarités de l’Isère (DDETS 38), à Grenoble. D’où des « discriminations » vécues par certains salariés, contraints de travailler par leur employeur. Pour couronner le tout, « il manque plus de 700 inspecteurs du travail », selon la CGT, qui déplore « la fin des CHSCT, vrai problème pour freiner le patronat ».

« Revendiquer de nouveaux droits »

Dans ce contexte, il est vital de se mobiliser ce vendredi 1er mai « pour exiger le maintien du 1er Mai et des conquis sociaux, mais aussi pour revendiquer de nouveaux droits », assène Léa Martinez-Comelli. À Grenoble, Bourgoin-Jallieu, Roussillon et Vienne, les manifestants défileront ou se rassembleront pour réclamer « des mesures d’urgence contre la vie chère », pour « refuser la banalisation du racisme, de l’antisémitisme, du sexisme et des LGBTphobies ».

Sans oublier, ajoute Cyril Nicosia (Solidaires), pour « dénoncer la mise au pas des organisations contestataires s’opposant à l’autoritarisme guerrier ». Le syndicaliste cite ainsi les « envolées guerrières » d’Emmanuel Macron et la politique de la France qui « envoie des armes pour la campagne génocidaire en Palestine ». Ceci, alors que le 1er Mai représente, selon les syndicats, la solidarité entre travailleurs de tous les pays. « L’égalité, la liberté et la fraternité », résume la CGT.

Depuis 2014, les équilibres au sein de Grenoble-Alpes-Métropole ont pris un tournant très politique,



Depuis 2014, les équilibres au sein de Grenoble-Alpes-Métropole ont pris un tournant très politique, de façon mouvante, une exception (pour encore combien de temps ?) dans le paysage des intercommunalités.
🚧 Après un mandat 2020-2026 particulièrement complexe, qui aura vu des dynamiques délétères prendre une tournure hors de contrôle, l'impensable était devenu possible : la droite pouvait faire main-basse sur l'institution, au mépris du verdict des urnes.
🔀 Dans un contexte particulièrement difficile et une assemblée fragmentée, dégager un chemin partant du réel était tout sauf simple.
Bravo aux camarades qui ont su y parvenir.
✊ Et surtout, bon courage pour la suite : plus que jamais, la politique va devoir "sortir des couloirs feutrés des hémicycles" et les luttes populaires seront déterminantes !

 

mercredi 29 avril 2026

La foire de Beaucroissant,


L’agriculture et l’alimentation, ce ne sont pas de simples variables d’ajustement pour exporter des voitures allemandes.
À la foire de Beaucroissant, il y a un endroit où l’on débat de l’agriculture, de son avenir, de sa place dans les choix de société. C’est au stand du Travailleur alpin et cela devient, au fil des ans, un rendez-vous pour ceux qui ne se résignent pas à l’état des choses existant.

 

Série - 1936 au jour le jour #16


 1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

20/26 avril 1936 (16) Le PCF double ses voix !

L’actualité de la semaine se concentre naturellement sur l’enjeu du premier tour des élections législatives du dimanche 26 avril.

La campagne est dynamique et le ton du journal l’Humanité est résolument offensif.

Les formes d’intervention militante bougent. Après Maurice Thorez à Radio-Paris, nombre de dirigeants communistes « parlent au poste de Paris-PTT » par exemple.

Le PC publie une Bande dessinée, reproduite dans le quotidien communiste, intitulée « Franchard et Lavisé » et signée « Image d’Épinal ».

Les derniers jours de la campagne, l’Humanité décline en Une les raisons de voter communiste : « Pour l’ordre, votez communiste ! » (24/4) ; « Pour la liberté, votez communiste ! » (25/4) ; « Votez communiste ! Contre la guerre ! Contre le fascisme ! Contre la misère ! » (26/4).

Rappelons que seuls les hommes ont le droit de vote ; d’où un article vindicatif du journal, le 22/4 : « La femme française doit voter ».

Un autre sujet toutefois s’invite également dans l’actualité. C’est l’amorce d’un mouvement social. Une grève est annoncée dans les bassins miniers, des corporations bougent : meetings des ouvriers du bâtiment, des travailleurs du vêtement, demandes des ouvriers agricoles, des chauffeurs de taxi, réunions des travailleurs des services publics. La fête du travail s’annonce puissante. La CGT va organiser 215 meetings dans les principales villes. « Contre la misère ! Participez aux manifestations du Premier mai », titre le quotidien, page 5, le jour même de l’élection.

C’est dans ce cadre que tombent, dimanche soir, les résultats tout à fait spectaculaires du premier tour. Le PCF double ses voix ; il passe de 796 000 voix en 1932 à 1 500 000. Soit de 6,7 % en 1932 à 12,5 (on trouve aussi ces chiffres : de 8,3 % à 15,2).

Neuf députés communistes sont élus au premier tour dont le secrétaire général Maurice Thorez, André Marty, qui est alors secrétaire de l’Internationale communiste, Renaud Jean, issu du monde rural, Arthur Ramette, député du Nord, le cheminot Gaston Monmousseau, l’écrivain et journaliste Paul Vaillant-Couturier. On parle de 60 ballottages favorables.

Le PS enregistre 1 900 000 voix et le parti radical 1 400 000.

Un double titre barre la Une de l’Humanité du lendemain : « Éclatante victoire du Parti communiste » (le journal l’Unité titrera début mai : « Éclatante victoire du Parti socialiste ») ; et « Discipline au second tour pour le triomphe du Front populaire ».

Gérard Streiff

mardi 28 avril 2026

26 avril, journée de la visibilité lesbienne, journée féministe : les droits des femmes et les droits des lesbiennes sont indissociables

À l’occasion de la Journée de la visibilité lesbienne, le Parti communiste français alerte sur une offensive mondiale contre les droits des femmes et des personnes LGBTI+, en particulier contre les lesbiennes, au croisement des dominations patriarcales.

Dans près d’un tiers des pays du monde, l’homosexualité est illégale. Dans certains, les « thérapies de conversion » sont encore autorisées et, dans une dizaine d’États, l’homosexualité est passible de peines de prison, voire de mort.

Aux États-Unis, la présence de Donald Trump au pouvoir depuis deux ans a accéléré une attaque sans précédent contre les droits des femmes et des personnes LGBTI+.

En Europe, la progression de l’extrême droite entraîne une hausse des violences et une remise en cause des droits fondamentaux jusqu’au niveau institutionnel.

En France, la réalité des violences lesbophobes demeure préoccupante. Selon le rapport 2025 de SOS homophobie, plus de 1 500 situations de LGBTphobies ont été recensées.

La lesbophobie est un système qui isole, détruit et tue. Le suicide de Caroline Grandjean après des mois de harcèlement lesbophobe interroge les défaillances des dispositifs de protection.

Dans ce contexte de montée du conservatisme et du masculinisme, la Journée de la visibilité lesbienne rappelle l’enjeu des combats féministes pour l’égalité et l’émancipation.

Les lesbiennes se trouvent à la croisée des dominations patriarcales et subissent une double violence, sexiste et lesbophobe.

Malgré ces réalités, les lesbiennes restent trop souvent invisibilisées dans les combats politiques.

Le Parti communiste français réaffirme que les droits des femmes et les droits des personnes LGBTI+ sont intrinsèquement liés.

Nos propositions :

  • 3 milliards d’euros pour lutter contre les violences faites aux femmes ;
    l’égalité salariale et professionnelle et - la fin des contrats précaire ;
  • l’augmentation des hébergements publics et centres d’accueil ;
  • la suspension de l’autorisation d’émettre pour les médias diffusant des propos homophobes et/ou sexistes ;
  • l’inéligibilité des personnes condamnées pour injures ou incitation à la haine homophobe et/ou sexiste ;
  • des politiques publiques de santé intégrant pleinement les enjeux de santé des lesbiennes ;
  • la garantie effective du droit d’asile pour les personnes persécutées en raison de leur orientation sexuelle ou de leur genre.

Rendre visibles les lesbiennes, c’est refuser leur effacement. C’est affirmer que leur place est pleine et entière dans la société.

Paris, le 26 avril 2026

 

samedi 25 avril 2026

Dans L’Avant-Garde Plus, la jeunesse face à Parcoursup


 Dans le dernier épisode de L’Avant-Garde Plus, partez à la rencontre de Rosa et Maël, deux jeunes militants communistes qui luttent avec détermination contre la sélection imposée par Parcoursup. Cette vidéo plonge au cœur de l’angoisse que vivent les lycéens face à cette plateforme. Ces derniers dénoncent avec force la sélection sociale, géographique et genrée qu’elle génère.

Face à des équipes éducatives débordées et à un accompagnement largement insuffisant, Rosa et Maël ont décidé de ne pas rester inactifs. Ils témoignent de leur mobilisation concrète pour organiser la riposte. Maël raconte notamment la création d’un cahier de doléances, véritable outil de recueil de la parole lycéenne qui a rassemblé plus d’une centaine de témoignages poignants. Ce travail méticuleux a trouvé un écho inespéré lors de l’audition inédite de Maël devant la Cour des comptes, une occasion unique de porter la voix des élèves et de défendre l’accès à un enseignement supérieur public de qualité pour tous.

Ne manquez pas cette émission essentielle pour saisir les réalités concrètes que traverse les lycéennes et lycéens, et comprendre l’importance cruciale de s’organiser collectivement pour son émancipation.

vendredi 24 avril 2026

Après son congrès, à quoi doit répondre le PGE ?


 Le congrès du PGE qui s’est tenu à Bruxelles le week-end dernier a permis au PCF de porter ses exigences de contenu et de tenir des rencontres bilatérales, comme l’article d’Hélène Bidard le développe.

Concernant les enjeux de fond, c’est-à-dire la manière dont le PGE pourrait être un outil pour mettre en commun les luttes, les exigences et les initiatives des partis membres pour la paix et contre l’austérité en Europe, ce congrès laisse beaucoup de questions ouvertes. Les questions posées lors de la préparation du congrès le restent à son issue.

Pour le PCF comme pour d’autres organisations membres, le congrès initie surtout une phase transitoire qui devra aboutir lors de l’assemblée générale de 2027. Le congrès et les interventions des délégués de nombreux partis affirment nettement un profil pour la paix et la sécurité collective en Europe. Il faut donc maintenant le décliner concrètement. 

Deux points particulièrement importants doivent être travaillés dans l’année qui vient si l’on veut un PGE utile pour les luttes convergentes des partis membres.

  • Construire une action commune en Europe pour la paix et contre la militarisation de l’économie. Le PGE est le seul parti européen à s’emparer de la question de la lutte pour la paix et la sécurité collective ainsi que de la lutte contre la militarisation de l’économie. Mais cela demeure assez peu visible et peu en lien avec les partis membres. Or, le véritable atout du PGE réside dans ses partis membres. Le PCF a porté lors de ce congrès l’exigence que le PGE s’empare de l’exigence de la paix en devenant un espace de mise en commun des élaborations et des actions pour la paix des différents partis membres. Des points d’appui peuvent être utilisés, comme les prises de position du gouvernement espagnol auquel participent le Parti communiste et la Gauche Unie d’Espagne.
  • Construire un parti de partis transparent et démocratique. Pour cela il convient de poser la question des modalités de fonctionnement du PGE. Il existe une tendance à la centralisation et à la fédéralisation du parti, faisant écho avec une certaine tentation fédéraliste de la construction européenne. Le PCF, avec d’autres organisations, défend une conception d’un parti de partis pleinement souverains mettant en commun leur expérience, leur positionnement, leur analyse pour faire naître du commun en Europe et pour élaborer des actions et campagnes communes. Ce débat existe depuis longtemps dans le PGE mais il tend à s’approfondir.

Le PGE est à un tournant de son histoire. Porté lors des années 2010 par l’essor des luttes anti-austérité en Europe, il a été confronté depuis à plusieurs échecs et à plusieurs crises provoquées par les reculs de ces luttes. Il s’agissait ici du premier congrès après le départ des organisations populistes et de la gauche verte nordique. Une nouvelle page de l’histoire d’un PGE refondé doit s’écrire dès maintenant. Soit il est en mesure de répondre à ces deux enjeux, soit sa crise va se poursuivre et se renforcer.

L’ampleur des défis et des menaces historiques qui pèsent sur les peuples d’Europe, avec la menace de guerre, le renforcement de la domination de l’OTAN et de l’atlantisme sur une UE dont la construction est fondamentalement capitaliste, la menace de l’extrême droite, rend une organisation de gauche en Europe portant une vision transformatrice sociale, économique, démocratique, pour la paix, plus nécessaire que jamais. Mais cela suppose qu’elle soit à la hauteur.

Vincent Boulet
Responsable du secteur international

Article publié dans CommunisteS, numéro 1083 du 22 avril 2026.

jeudi 23 avril 2026

Campagne nationale du PCF : « Un million d’oliviers pour la paix en Palestine »

 


45 500 € collectés, 10 271 oliviers déjà plantés !

Le PCF réaffirme sa solidarité historique avec le peuple palestinien dans sa lutte de libération nationale. Face à une stratégie d’anéantissement, nous opposons une solidarité internationale concrète et une bataille politique fondée sur le droit international, c’est-à-dire la solution politique à deux États. L’enracinement à la terre demeure, plus que jamais, le cœur de la résistance, contre la spoliation.

Grâce à la mobilisation de nos fédérations, 45 500 € ont été collectés, permettant la plantation de 10 271 oliviers. Chaque plant est un acte de résistance face à l’occupation militaire et à la colonisation de peuplement israélienne.

Un succès de solidarité internationale utile et concret

Lancée par la fédération du Val-de-Marne et entérinée par le Conseil national du 17 mai 2025, cette initiative marque une étape clé de l’action des communistes aux côtés des Palestiniens.

En coordination avec l’OLP, le ministère de l’Agriculture et les coopératives agricoles, l’Association des agronomes arabes (AAA) a sélectionné, via des pépiniéristes locaux, des plants de qualité (80 à 120 cm). En décembre 2025, ces 10 271 arbres été mis en terre sur hectares, répartis dans zones ées (Ramallah, Naplouse, Hébron, Tulkarem, Bethléem et Jérusalem), à distance des colonies pour garantir leur préservation.

Ce projet soutient directement 366 familles d’agriculteurs. Chaque don de 10 € constitue un acte politique en faveur de la souveraineté alimentaire et de la production d’huile – pilier économique de la Palestine - tout en protégeant les terres contre l’occupant.

78 ans de nettoyage ethnique : la terre, comme enjeu de résistance

Depuis la Nakba de 1948, marquée par l’expulsion forcée de 800 000 Palestiniens, et depuis l’occupation de 1967, les gouvernements israéliens s’attaquent à l’accès à la terre, à l’eau et à la nourriture. Cela a été considérablement renforcé par la politique suprémaciste de Benyamin Netanyahou. En Cisjordanie comme à Gaza, l’arme alimentaire est devenue un outil de guerre.

  • Depuis 1967 : Plus d’un million d’oliviers ont été détruits par l’armée et les colons.
  • Depuis octobre 2023 : 50 000 arbres supplémentaires ont été arrachés.
  • Impact économique : L’olivier génère 40 % des revenus pour 80 000 producteurs. Sa destruction menace la sécurité alimentaire et provoque un véritable écocide (érosion des sols).

Cette stratégie de dépossession vise à empêcher l’émergence d’un État viable et souverain. Lors de la récolte d’octobre 2025, l’ONU a recensé 225 attaques de colons, faisant 171 victimes. Sous la terreur de ces milices protégées par Netanyahou, plus de 20 % de la production n’a pu être récoltée.

Dans le contexte de génocide à Gaza et d’intensification de la répression en Cisjordanie occupée (annexion complète des territoires, 900 checks points, 10 000 prisonniers politiques dont torture, déplacements forcés, assassinats…), la campagne du PCF prend tout son sens politique face aux 750 000 colons surarmés.

Peine de mort pour les Palestiniens, la volonté d’assassiner tout un peuple !

Alors que Netanyahu et Trump propagent le chaos au Moyen-Orient en toute impunité et illégalité, le gouvernement suprémaciste d’extrême droite israélien franchit un nouveau cap pour liquider la question palestinienne.

L’offensive est législative. Le 30 mars, la Knesset a instauré la peine de mort pour les seuls Palestiniens, en marquant un tournant historique. Pour Ofer Cassif et Aida Tuma, députés communistes israéliens : « La Nakba continue. Israël légitime et justifie désormais le génocide, l’apartheid et le nettoyage ethnique. La loi sert le fascisme et le renforce.»

Amplifions notre solidarité internationale !

Alors que la France se rend complice de crimes de guerre par ses ventes d’armes à Israel, les communistes disent NON à la proposition de loi Yadan ! En faisant l’amalgame entre antisionisme et antisémitisme, ce texte dénoncé par l’ONU criminalise toute critique d’Israël en menaçant le mouvement de solidarité, comme le souligne le communiqué du PCF paru le 8 avril dernier : La loi Yadan doit être retirée

Face à l’urgence et à l’invisibilisation des souffrances du peuple palestinien, nous renforçons la campagne des oliviers avec un nouvel objectif de 100 000 €. Dans ses remerciements à Fabien Roussel, Issa Elshateh (vice-président de l’AAA) souligne que face à l’annexion des terres, cette campagne est « vitale pour la survie, la dignité et l’indépendance économique des Palestiniens ».

L’engagement du PCF est total : pas de paix sans justice, ni sans sanctions contre les crimes d’Israël. Nous exigeons le respect du droit international, la pleine souveraineté de la Palestine et le droit à l’autodétermination du peuple palestinien.

Christine Hernandez
coordinatrice de la campagne nationale PCF « Un million d’oliviers »