Les communistes et leurs élus sur le territoire du Grésivaudan analysent la politique et l'actualité locale départementale, nationale, européenne et mondiale
Le gouvernement vient d’annoncer le doublement, de 100 à 200 euros par an, du plafond cumulé des franchises médicales et participations forfaitaires laissées à la charge des patients. Après avoir déjà doublé en 2024 le montant prélevé sur les consultations, les médicaments et les transports sanitaires, il poursuit méthodiquement la même politique : faire payer toujours davantage celles et ceux qui sont malades.
Le cynisme est total. La ministre de la Santé justifie cette nouvelle ponction par la nécessité de financer l’hôpital et l’accès aux soins. Depuis quand finance-t-on l’hôpital en taxant les malades ? La ministre reconnaît elle-même qu’une personne atteinte d’une maladie chronique, qui supporte aujourd’hui en moyenne 78 euros de franchises et participations, pourrait demain en payer autour de 150 euros.
Un patient atteint d’un cancer, de diabète, d’une affection cardiovasculaire ou de toute autre maladie chronique ne choisit pas le nombre de médicaments dont il a besoin ni la fréquence de ses consultations. Il se soigne. Ces franchises sont un véritable impôt sur la maladie, profondément injuste, qui rompt avec le principe fondateur de notre Sécurité sociale : contribuer selon ses moyens et recevoir selon ses besoins.
Cette décision est d’autant plus inacceptable que le doublement des franchises médicales avait été rejeté lors de l’examen du budget de la Sécurité sociale pour 2026. Les parlementaires communistes avaient contribué à mettre en échec cette mesure. Le gouvernement choisit aujourd’hui de revenir à la charge par voie réglementaire.
Le PCF exige l’abandon de ce décret.
Nous proposons exactement le chemin inverse : supprimer les franchises médicales et les participations forfaitaires et aller vers le remboursement à 100 % par la Sécurité sociale de tous les soins prescrits, sans reste à charge. Cela suppose également de mettre fin aux dépassements d’honoraires, de développer massivement les centres de santé, l’hôpital public et une médecine de proximité accessible partout sur le territoire.
De l’argent, il y en a. Mais le gouvernement refuse obstinément d’aller le chercher là où il est. Le PCF propose de développer le financement de la Sécurité sociale par les cotisations, de remettre en cause les dizaines de milliards d’euros d’exonérations de cotisations patronales et de créer une contribution additionnelle sur les revenus financiers des entreprises. Plutôt que de ponctionner quelques dizaines d’euros supplémentaires sur les malades, faisons contribuer les milliards de revenus financiers qui échappent aujourd’hui aux cotisations sociales.
Quatre-vingts ans après sa création par Ambroise Croizat et les forces issues de la Résistance, la Sécurité sociale ne doit pas devenir une assurance au rabais où chacun paierait en fonction de sa maladie.
La santé est un droit, pas une marchandise. Pas un euro de plus à la charge des malades : allons vers le 100 % Sécu !
Les sans-facs, soutenus par l'UNEF et plusieurs autres organisations, se sont rassemblés, mercredi 19 juillet, devant le bâtiment de la présidence de l'UGA où ils ont déposé leurs dossiers de recours.
Plusieurs organisations syndicales, politiques et associatives appelaient à un rassemblement, mercredi 15 juillet, devant la présidence de l'Université Grenoble Alpes, pour soutenir le collectif des sans-facs qui déposait les dossiers de recours d'étudiant·es refusé·es en licence ou en master. Soit une trentaine de sans-facs déjà accompagnés par l'UNEF, qui réclame leur inscription immédiate à l'UGA. Le syndicat étudiant dénonce cette sélection de plus en plus drastique s'inscrivant, selon lui, dans une politique de casse de l'université.
Les chiffres sont éloquents. Cette année, en France, plus de 320 000 personnes sortent de Parcoursup sans affectation, venant grossir le flot des sans-facs. « Pour l’année prochaine, nationalement, 5 700 places ont été supprimées en première année de licence sur Parcoursup », complète Léonce Subtil, président de l’UNEF Grenoble. « Et on compte 13 % de places en moins sur Mon Master, soit environ 23 000 places, alors que le nombre de candidats augmente. » Conséquences, certains cursus sont saturés, avec des refus presque systématiques. Par exemple, en master de psychologie, les probabilités d’être accepté aujourd’hui après avoir validé une licence oscillent entre 1 et 5 %, selon une enquête de l’Association des enseignants-chercheurs de psychologie des universités (AEPU).
Les sans-facs et leurs soutiens tapent sur les vitres du bâtiment pour attirer l’attention des représentants de la présidence… qui ne descendront pas les rencontrer.
Plus globalement, « ces dernières années, c’est en moyenne un·e étudiant·es sur trois qui se retrouve sans admission satisfaisante à l’issue des phases complémentaires de ces plateformes », soulignent différentes organisations (UNEF, UEG, Solidaires étudiant·e·s, CGT FERC Sup, CAAEI, SIAG, Cisem, NPA‑R jeunes, UCL, Jeunes Insoumis) dans un communiqué commun. Syndicats étudiants ou de personnel, partis, mouvements de jeunesse, associations… Tous appelaient à se rassembler ce mercredi 15 juillet devant le bâtiment de la présidence de l’Université Grenoble Alpes (UGA) afin de soutenir le collectif des sans-facs dans son initiative.
Déjà une trentaine de dossiers déposés et encore plus à la rentrée
Dans le cadre de la campagne pilotée par l’UNEF Grenoble, celui-ci organisait un dépôt collectif des dossiers de recours des étudiants recalés avant l’inscription en licence ou en master. Lesquels sont de plus en plus nombreux. « C’est une campagne qu’on mène tous les ans mais la sélection est chaque année de plus en plus brutale et de plus en plus importante », constate Léonce Subtil. Illustration, entre juin et octobre 2025, le collectif avait soutenu une dizaine de postulants, in fine tous inscrits à l’issue d’un long et âpre combat. Un chiffre déjà largement dépassé, cet été, après seulement quelques semaines de mobilisation.
« Étudier est un droit, pas un privilège », rappellent les pancartes et les slogans scandés par les manifestants.
« Il y a actuellement une trentaine de dossiers déposés ou en cours de dépôt », précise ainsi le représentant de l’UNEF. « Une trentaine qu’on demande à l’Université Grenoble Alpes d’inscrire, ajoute-t-il, sachant que la campagne, elle, va continuer ». Le syndicat étudiant propose des permanences quasi quotidiennes sur le campus depuis les résultats de Parcoursup, le 2 juin, et ce, jusqu’à la fermeture de la fac, le 24 juillet au soir, avant de reprendre début septembre. D’ici là, d’autres étudiants devraient rejoindre la campagne des sans-facs, comme à la rentrée 2025. « Beaucoup de gens sont encore sur liste d’attente ou en tout cas ne savent toujours pas s’ils sont acceptés ou non », explique le militant.
Les drapeaux de l’UNEF aux premières loges.
Ce dernier fustige par ailleurs l’absence de réponse de la présidence de l’UGA, que ce soit au mail de l’UNEF la semaine dernière ou aux sollicitations des sans-facs manifestant devant le bâtiment. Pourtant, dans ce type de cas, c’est bien la présidence de l’université qui décide en dernier ressort, ayant « le pouvoir d’inscrire qui elle veut », affirme Léonce Subtil. Avant cela, une commission étudie les dossiers. « Mais on connaît le fonctionnement de la sélection à l’université, c’est un peu du travail à la chaîne », nuance le responsable syndical. « Et dans les filières où il y a très peu de place, comme psycho ou droit, les refus sont quasiment automatiques. »
« Les situations personnelles ne sont pas prises en compte »
En outre, le choix final s’appuie essentiellement sur les notes et « ne prend pas du tout en compte les situations personnelles », déplore-t-il. C’est d’ailleurs ce que regrette Loubna [le prénom a été modifié], arrivée durant l’année 2023–2024 d’Algérie où elle était étudiante en L3 biologie. Venue en France pour rejoindre son père, qui souffre d’un handicap, elle a tenté de s’inscrire en troisième année de licence à l’UGA mais est recalée depuis plus de deux ans via Parcoursup. Qu’elle plaide sa situation personne et familiale particulière ou qu’elle mette en avant son cursus universitaire, rien n’y fait. Motif invoqué : « résultats scolaires insuffisants ».
Les manifestants ont écouté les prises de parole successives des organisations présentes.
Un argument que réfute vivement Loubna : « J’ai un Bac+2 en biologie et en Algérie, nos études étaient en français. En plus, j’ai un bon niveau de français en TCF et j’ai même passé un test de français ici, à l’université », assure-t-elle. Désespérée par les refus d’inscription successifs, l’étudiante a finalement décidé de passer le Bac français en juin dernier… « Puisqu’ils semblent avoir un problème avec mon Bac algérien », justifie-t-elle.
Problème, « les vœux sur Parcoursup sont prévus avant les épreuves ». Ses très bons résultats et son succès n’ont pas été pris en tête. « Je suis sur liste d’attente, beaucoup trop loin », se lamente l’Algérienne. Malgré son Bac obtenu dans deux pays différents, malgré ses deux années de licence validées en biologie. Loubna s’est donc rapprochée de l’UNEF et du collectif des sans-facs, avant de déposer un dossier de recours ce mercredi. « Je suis même prête à m’inscrire en L1 », confie-t-elle. « Je n’ai pas le choix. Eux [NDLR : l’administration de l’UGA], ils veulent juste qu’on aille travailler dans les magasins. »
« La sélection, […] c’est un choix politique qui s’inscrit dans une politique beaucoup plus large du gouvernement, de casse de l’université. »
Pour Léonce Subtil, c’est justement cette fausse alternative que le ministère et donc le gouvernement entendent soumettre à une partie des étudiants. « Après le Bac, si tu ne vas pas à l’université, si t’es refusé sur Parcoursup ou Mon Master, t’as deux options : soit tu vas travailler à McDo ou dans un autre travail précaire, soit tu vas faire le nouveau service militaire qu’ils ont mis en place », décrypte-t-il, pointant la recherche par le patronat d’une « main d’oeuvre peu qualifiée, précaire et qu’on paye ainsi moins bien ». Besoins auxquels les universités accepteraient honteusement de se plier, estime-t-il.
Un rassemblement qui a fait du bruit.
Parmi les manifestants, beaucoup en sont convaincus, la situation actuelle ne doit rien au hasard. « La sélection, ce n’est pas juste le hasard de la vie. C’est un choix politique qui s’inscrit dans une politique beaucoup plus large du gouvernement, de casse de l’université », assène le président de l’UNEF Grenoble. Et de citer l’augmentation des frais d’inscription pour les étudiants extra-communautaires — appliquée en principe à la rentrée 2027 à l’UGA — avec des projets de hausse généralisée par la suite, ou encore la volonté de développer les partenariats public-privé. « Aujourd’hui, l’université n’est plus pensée pour être au service des étudiants, mais pour être rentable et au service des entreprises. »
L’inscription, une nécessité pour beaucoup d’étudiants
Léonce Subtil comme plusieurs étudiants concernés évoquent également la question du « stress » qui gagne les sans-facs, dans l’attente du précieux sésame. « Car l’inscription, ce n’est pas juste l’accès à l’université », rappelle le militant. « Il y a des gens qui ont besoin de venir étudier pour avoir le statut étudiant qui permet d’accéder aux bourses et à certaines aides, d’autres fois pour changer de ville ou pour s’éloigner de situations familiales compliquées. »
Emmanuel Omolongo, président du Collectif d’associations africaines et étudiantes de l’Isère (CAAEI), est intervenu au micro.
Pour beaucoup d’étudiants étrangers, déjà inquiets face à la suppression des allocations logement et à la fin d’exonération des droits d’inscription différenciés en 2027, « être inscrit à l’université est indispensable pour renouveler son titre de séjour », souligne Emmanuel Omolongo, président du Collectif d’associations africaines et étudiantes de l’Isère (CAAEI). « Ce ne sont pas seulement des dossiers, des procédures, que les algorithmes vont traiter », conclut l’étudiant béninois. « Mais ce sont des vies et des accomplissements avec lesquels on en est en train de jouer actuellement. »
Nous, organisation de la Fête du Travailleur Alpin, soutenons nos ami•e•s de Retour de Scène, la Ville de Grenoble et Alexis Monge, son adjoint à la Culture dans l'organisation et la programmation de l'édition 2026 du Cabaret Frappé.
Notre Fête du TA milite activement pour les droits du peuple palestinien, avec cette année encore la présentation de l'exposition "Grant You Refuge", la présence des auteurs de l'ouvrage "100 dessins pour la Palestine" ou encore le témoignage de Youssef Habash, président de la branche européenne du syndicat des journalistes palestiniens.
Nous sommes évidemment horrifié•e•s par le génocide en cours en Palestine occupée ou au Liban, perpétré par le gouvernement d’extrême-droite israélien avec la complicité de leurs alliés dans le monde.
Oui, l’artiste Barbara Butch a signé une tribune en faveur de la loi Yadan, loi scélérate que nous avons combattu au côté de 700.000 autres personnes jusqu'à son retrait.
Oui cette loi a tenté de museler le combat palestinien qui nous est cher, sous couvert de lutte contre l'antisémitisme.
Barbara Butch est revenue depuis sur cette signature, et n’a, à notre connaissance, jamais pris parti pour la politique de l'extrême-droite israélienne.
La signature d'une telle tribune, dans ce contexte, par une personnalité publique, n'en reste pas moins problématique, et il est toujours légitime d'interroger et de débattre sereinement des choix des artistes.
Mais nous considérons que la liberté de programmation, la liberté d'expression et la liberté artistique doivent être des valeurs à défendre dans notre pays.
De plus, nous dénonçons les agressions publiques et les jets de projectiles qui ont eu lieu ce soir-là. Ces méthodes violentes ne sont pas les nôtres.
La censure, les reculs de la liberté d'expression, les reculs de la liberté artistique et de programmation ne mènent jamais vers plus d'émancipation.
Ces reculs mènent toujours vers plus d’obscurantisme et plus d’intolérance.
Comme nous l'avions fait en 2025 à l'égard de nos ami•e•s du Festival Bien l'Bourgeon, victimes de mesures de rétorsions visant à censurer leur choix de programmer le rappeur Médine nous sommes aujourd'hui solidaires de nos ami•e•s de Retour de Scène.
Samedi 18 juillet, la DJ Barbara Butch devait se produire à Grenoble dans le cadre du festival Cabaret frappé. Son concert a été empêché brutalement.
Il lui est reproché d’avoir signé une tribune soutenant l’insoutenable loi Yadan. Sa prestation ne consistait pas à défendre cette opinion mais à produire un set musical. Nous combattons la loi Yadan, qui entend elle-même porter une atteinte gravissime à la liberté d’expression. On a le droit de ne pas vouloir venir partager une soirée avec une artiste qui a pris position politique en sa faveur et de faire entendre sa révolte face à cette opinion. Mais est-on fondé à interdire, de fait, ses prestations ?
Barbara Butch doit pouvoir se produire là où elle est invitée et programmée.
La gauche défend la liberté de création et d’expression, toute la liberté de création et d’expression dans le respect de la loi, en même temps qu’elle mène la bataille des idées qui est la sienne en tous domaines. Y porter atteinte, c’est donner des arguments à l’extrême droite et ajouter de la confusion dans le débat public.
Présentée comme une réponse à la crise agricole, la loi d’urgence adoptée par le Parlement ne règle rien. Elle ne garantit aucun revenu supplémentaire aux agriculteurs et agricultrices et laisse intact le système économique qui oblige trop souvent les exploitants à vendre leur production à un prix inférieur à leurs coûts de production, à s’endetter pour rester compétitifs et à produire toujours davantage pour maintenir leur revenu.
La droite et l’extrême droite prétendent défendre le monde agricole mais refusent de combattre le libre-échange, pourtant au cœur du problème. Les accords commerciaux organisent la concurrence avec des produits ne respectant pas le plus souvent nos normes sociales, sanitaires et environnementales. Le PCF exige la suspension de l’accord UE-Mercosur, des protections commerciales, l’interdiction des importations produites avec des substances interdites en France et la priorité aux productions locales dans la restauration collective.
Sur l’eau, le gouvernement oppose artificiellement agriculture et écologie. Les agriculteurs ont besoin d’un accès sécurisé à l’eau tout en veillant à la protection de la ressource dans le contexte de réchauffement climatique. L’accès à l’eau ne peut être accaparé par les exploitations les plus puissantes. Le PCF défend une gestion publique et démocratique pour déterminer territoire par territoire la gestion, les usages et les priorités sans opposer les agriculteurs, les habitants, les entreprises. L’accès à l’eau doit soutenir en priorité le maintien du plus grand nombre d’exploitations, l’installation de jeunes agriculteurs et la production de denrées agricoles destinées à la satisfaction des besoins sociaux des territoires.
Sur les produits phytosanitaires, le gouvernement place les producteurs devant un faux choix : utiliser des produits dangereux ou perdre leur récolte. La sortie des produits phytosanitaires exige des alternatives, de la recherche publique, un accompagnement technique et une garantie de revenu. Elle ne peut reposer sur les seuls agriculteurs.
Sur l’élevage, la construction de bâtiments d’élevage de grande capacité accélèrera la concentration des productions à l’opposé d’une nécessaire déspécialisation territoriale. Le PCF défend le maintien d’exploitations nombreuses, notamment dans les territoires herbagers et de montagne, des prix rémunérateurs pour le lait, la viande et les œufs, ainsi que le développement de la polyculture-élevage. Cela suppose un investissement public massif dans les abattoirs de proximité, les outils de transformation, les services vétérinaires et les services de remplacement.
La véritable urgence est le revenu. Le PCF propose des prix planchers couvrant les coûts de production, l’encadrement des marges, le rétablissement du coefficient multiplicateur et des outils publics de stockage.
Cette loi protège le complexe agro-industriel, pas les agriculteurs. Une vraie loi d’urgence aurait protégé nos marchés, allégé les dettes, soutenu l’installation et rendu aux producteurs la richesse qu’ils créent. La souveraineté alimentaire, c’est permettre à chaque agriculteur de vivre dignement de son travail et à la France de nourrir durablement sa population.
Le PCF propose donc la tenue d’un Grenelle de l’agriculture, associant directement les agriculteurs à l’élaboration et à la gestion de nouveaux outils publics d’intervention. L’objectif est clair : reprendre le pouvoir sur les prix, les marchés et la politique agricole pour garantir un revenu digne à celles et ceux qui nourrissent le pays.
Tribune de Jérémie Giono, secrétaire départemental du PCF Isère, quarante-huit heures après l'interruption du concert de Barbara Butch au Cabaret frappé, samedi 18 juillet, à la suite d'une action menée par les insoumis locaux et des militants pro-palestiniens.
Notre forêt brûle. D’après le Système européen d'information sur les feux de forêt (Effis), 40 000 hectares sont déjà partis en fumée depuis le début de l’année.L’heure n’est pas à la consternation, mais bien à l’action. Les effets du dérèglement climatique sont là, d’où l’urgence d’œuvrer dès à présent à la réduction des émissions ainsi qu’à l’adaptation des populations.
Pour le Parti communiste français, la nécessaire atténuation du dérèglement climatique passe notamment par la mise en œuvre des mesures proposées dans son Plan Empreinte 2050 visant la neutralité carbone d’ici vingt-cinq ans. Toutefois, ces projections ne se fondent pas uniquement sur la seule réduction des émissions de gaz à effet de serre. Elles visent également à maintenir les puits de carbone que sont les prairies permanentes et les forêts. Or, d’après les rapports Secten du Centre interprofessionnel technique d'études de la pollution atmosphérique (Citepa), la capacité de stockage de carbone du puits forestier a été quasiment divisée par 2,5 en dix ans du fait des maladies, sécheresses et incendies. Outre l’impératif climatique de protéger nos forêts, ces feux sont également un traumatisme pour les riverains et professionnels du tourisme voyant leur habitation ou leur camping dévasté, mais aussi pour l’ensemble des professionnels de la filière forêt bois, impuissants face à la destruction d’une ressource si précieuse.
C’est en ce sens que le Parti communiste français défend une stratégie globale de lutte contre les feux de forêt en mettant l’accent sur le développement des moyens d’intervention, mais aussi et surtout la mise en place d’un véritable arsenal préventif.
Développer les moyens d’intervention
Lorsque le feu est là, l’Etat et les collectivités doivent disposer de moyens performants et rapidement déployables.
Pourtant, en 20 ans, près de 1 800 centres de secours ont été supprimés. Or, lorsqu’un feu se déclenche, les premières minutes sont décisives. Les communistes défendent donc l’ouverture de nouvelles casernes, notamment dans les communes rurales qui ont été particulièrement impactées par la fermeture des plus petits centres de secours. De même, les moyens humains et matériels des services départementaux d'incendie et de secours (SDIS) doivent être renforcés. En effet, la CGT des agents des SDIS alerte depuis 2021 sur la perte de plus de 1 000 camions-citernes feu de forêt (CCF). Outre l’acquisition de nouveaux véhicules, le PCF défend d’importants investissements publics dans la télédétection à l’image de caméras IA et du recours aux images satellitaires. Cette technologie utilisée par certains SDIS permet de détecter précocement les départs de feu, et prévoir plus efficacement leur déplacement et leur propagation.
En parallèle, alors que les milliards pleuvent pour l’achat d’équipements militaires, la France manque cruellement de bombardiers d’eau. Là encore, celle-ci n’est pas à la hauteur des besoins, avec seulement 23 avions bombardiers d’eau et de transport pour tout le territoire national, dont 12 Canadair. Toutefois, l’âge moyen de cette flotte est de 30 ans, avec d’importants besoins de maintenance. Or, faute de production de pièces de rechange pour les bombardiers les plus anciens, l’entretien de ces appareils repose depuis des années sur le réemploi de composants provenant des anciens avions de la flotte, déjà pour l’essentiel hors d’usage. A l’instar de l’alerte formulée il y a un mois de cela par Jérémy Bacchi, sénateur communiste des Bouches-du-Rhône, la France doit se doter des capacités industrielles de production de bombardiers d’eau et des pièces de rechange nécessaire sur le sol national. A cela s’ajoute le développement de nouvelles coopérations avec nos voisins européens, notamment pour la gestion du risque incendie dans les massifs frontaliers de l’Est et des Pyrénées.
L’enjeu d’une véritable politique de prévention
Néanmoins, la lutte contre les feux de forêt commence bien avant la première étincelle et la prévention constitue la mère des batailles.
Tout d’abord, les communistes défendent des moyens supplémentaires pour l’entretien des forêts (débroussaillage, élagage, gestion des pares-feux, etc.). Cela va de pair avecdes investissements pour faciliter l’intervention des services de lutte. Il s’agit par exemple de créer des zones d’appui à la lutte, des équipements en points d’eau et en pistes de défense des forêts contre l’incendie (DFCI). Néanmoins, le désengagement de l’Etat ne permet pas un entretien régulier de ces ouvrages.
De même, des restrictions d’usage s’avèrent nécessaire quand le risque incendie est élevé. C’est par exemple le cas d’arrêtés municipaux pris cet été par des communes savoyardes pour interdire l’accès aux forêts du bassin chambérien. Mais ces mesures se fondent sur des recommandations émises par l’Office national des forêts (ONF) et le service « Météo des forêts » produit par Météo France. Ces informations précieuses demandent de consacrer de vrais moyens à la météorologie publique en combattant l’austérité imposée aux agences et opérateurs d’Etat que la droite et l’extrême droite rêvent de détricoter.
Il s’agit également de lutter contre la déprise pastorale et viticole qui favorise la progression des feux. En effet, l’abandon des parcours, des prairies permanentes les plus difficilement motomécanisables et les arrachages de vigne au précieux rôle de coupure de combustible font partie des conséquences de la crise structurelle de l’agriculture française. Il est donc urgent de soutenir une agriculture rémunératrice et créatrice d’emploi pour contrer la déprise agricole. C’est en ce sens que la transformation agroécologique défendue par les communistes cherche à s’attaquer aux racines du problème, notamment l’érosion du nombre de travailleurs et travailleuses agricoles, en combinant différents leviers d’action tels que l’intervention publique sur les prix et les volumes, l’assurance et la gestion des risques ainsi que le soutien à des pratiques plus respectueuses de l’environnement. Ceci nécessite le renforcement des moyens alloués à l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN) pour cartographier les parcelles en friche afin de mobiliser des outils de gestion foncière, notamment par voie préfectorale, face à des parcellaires trop morcelés ou des biens sans maître qui ne demande qu’à être réinvestis. Se pose aussi la question du soutien aux pratiques sylvopastorales, où le pâturage des sous-bois peut être d’un précieux secours face aux incendies, qu’il s’agisse de la gestion de la strate herbacée et des broussailles, d’un accompagnement des interventions sylvicoles ou de la présence de chemins d’accès pouvant être empruntés par les pompiers.
Enfin, une forêt en bonne santé est une forêt qui brûle moins et se remet mieux du passage du feu, d’où la nécessité de favoriser des pratiques sylvicoles durables. Face à l’émiettement des politiques publiques forestières, le Parti communiste français propose de construire un grand service public forestier s’adressant tant à la forêt publique qu’à la forêt privée. Il s’agirait de rassembler les services de l’Etat, les agences (comme l’ONF ou le Centre national de la propriété forestière), les organismes de recherche (comme INRAE) afin d’adapter notre politique forestière au changement climatique. Pour relever ce défi, il est nécessaire d’embaucher 2 000 agents, de sécuriser leur action par un statut de fonctionnaire, et de consacrer des moyens supplémentaires à l’investissement forestier. Ce grand service public intègrera des missions de DFCI de manière plus forte, en conservant les liens nécessaires avec les SDIS et la Sécurité Civile, sans oublier l’équipement et la formation des comités communaux feux de forêt (CCFF) et leurs nombreux bénévoles. La loi transpartisane sur la forêt française déposée à l’Assemblée Nationale sera l’occasion de mettre au cœur des débats ce sujet essentiel.
On l’aura compris, les feux de forêt nécessitent de se doter d’une combinaison systémique de mesures d’intervention et de prévention. Elles motivent le besoin criant de services publics essentiels tels que les SDIS, mais aussi Météo France, l’ONF, l’IGN ou encore le BRGM et la nécessité de tendre vers de nouvelles pratiques sylvicoles et agricoles pour relever l’immense défi de l’adaptation au dérèglement climatique. Cet arsenal de mesures concrètes invite à se projeter dans le temps long, avec l’ensemble des acteurs concernés par la gestion forestière et la lutte contre les incendies.