vendredi 27 mars 2026

"C'est une honte" : Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, dénonce le rejet du projet de reprise des ex-Vencorex


 La secrétaire générale de la CGT est en Isère, ce 26 mars, au lendemain de la décision du tribunal de commerce de rejeter le projet de reprise de l'ancien site de Vencorex, au Pont-de-Claix. Une "honte" selon elle, et le "symbole de la casse organisée de notre industrie". Elle est notre invitée.

Sophie Binet est en Isère ce jeudi, pour les "Assises nationales du Made In France" organisées toute la journée au Pont-de-Claix. Le lieu n'a pas été choisi au hasard, on est juste à côté du site de Vencorex qui a fermé il y a un an. Le projet de reprise, nommé Exalia et porté par les ex-salariés, a été rejeté par la justice la veille. "C'est une honte, c'est le symbole de la casse organisée de notre industrie, Vencorex c'est 450 emplois directs, plus de 5000 emplois indirects, depuis sa fermeture les plans de licenciement s'enchaînent sur la plateforme chimique notamment, les salariés ont réussi à déplacer des montagnes et à réunir autour de leurs projets des élus, des entrepreneurs, la BPI qui pour une fois avait sorti le carnet de chèques, et le tribunal de commerce privilégie des liquidateurs plutôt qu'un projet industriel solide" s'insurge Sophie Binet, invitée d'ICI Isère ce jeudi.

"Ça n'est plus possible de confier les clés de notre industrie à des copains et des coquins qui décident entre eux"

D'après Sophie Binet, "il a fallu se battre d'abord pour récupérer" l'ordonnance du tribunal de commerce de Lyon, qui motive son jugement. "Ce que nous demandons aujourd'hui, c'est la mise en place d'une commission d'enquête pour faire toute la lumière sur ce scandale national et sur le fonctionnement des tribunaux de commerce. L'opacité, l'entre-soi patronale, c'est plus possible, ça n'est plus possible de confier les clés de notre industrie à des copains et des coquins qui décident entre eux, avec des critères totalement aléatoires, de l'avenir de nos usines".

Ce jeudi, le ministre sera présent dans l'après-midi, "nous allons l'interpeller, l'histoire n'est pas finie" prévient la secrétaire générale de la CGT. "Le procureur peut faire appel de la décision du tribunal de commerce, il faut le faire. Et la deuxième chose, c'est que le ministre doit mettre en place une nationalisation temporaire, il suffit de quelques jours, un projet de reprise existe, il s'appelle Exalia, avec une nationalisation temporaire, ça permettrait au projet de reprise de pouvoir voir le jour" martèle-t-elle.

Carburant : bloquer les prix et augmenter les salaires


 Les prix des carburants repartent à la hausse. À la pompe comme sur les factures d’énergie, l’addition va être de plus en plus salée, mais nos salaires, eux, n’augmentent pas !

Pour beaucoup de salarié·es, la voiture est indispensable pour aller travailler, faire les courses, accompagner les enfants

Quand le prix du carburant augmente, ce n’est pas un détail : c’est une part de plus en plus importante du salaire qui disparaît et qui va dans la poche des grands groupes. Dans le même temps, loyers, alimentation, dépenses du quotidien… tout augmente sauf nos salaires !

Les profits explosent, les salaires restent bloqués

Les grandes compagnies pétrolières ont réalisé des profits records ces dernières années. Le prix payé à la pompe n’a plus grand-chose à voir avec le coût réel de production – bien inférieur. Une partie importante de ce que nous payons sert à alimenter la spéculation, donc des profits supplémentaires. 

Des milliards d’euros ont été versés aux actionnaires pendant que les salarié·es doivent compter chaque euro pour finir le mois.

Une urgence : augmenter les salaires

Les aides ponctuelles ne suffisent pas car le vrai problème, c’est le niveau des salaires qui sont trop faibles dans le public comme dans le privé.

Quand les prix augmentent, les salaires doivent suivre, sinon le niveau de vie recule. La CGT revendique l’augmentation du Smic et de tous les salaires ainsi que l’indexation de l’ensemble des salaires sur l’inflation : dans les 1970 le choc pétrolier avait été moins violent parce qu’il y avait justement l’échelle mobile des salaires à l’époque. 

Indexer les salaires sur les prix c’est garantir le maintien du niveau de vie et éviter le tassement des salaires, qui se font trop souvent rattraper par le Smic.

C’est aussi permettre que les NAO retrouvent leur fonction d’augmenter réellement les salaires et le niveau de vie. Dans les entreprises et les services, la CGT revendique à chaque fois des augmentations générales de salaire, c’est-à-dire des augmentations pérennes pour toutes et tous.

Augmenter les salaires, c’est la condition pour que chacun·e puisse faire face aux dépenses indispensables, y compris celles liées à l’énergie. Le travail doit permettre de vivre dignement et de subvenir à ses besoins.

Encadrer les prix de l'énergie

Laisser les prix de l’énergie dépendre uniquement des marchés est trop dangereux. L’énergie est un bien essentiel et elle ne peut pas être traitée comme une marchandise comme les autres, car ce sont les salarié·es qui supportent le coût des hausses.

L’État doit intervenir pour empêcher la spéculation et protéger la population. Il est tout à fait possible par la loi d’encadrer les prix des carburants, de taxer les profits exceptionnels des grands groupes et d’utiliser cet argent pour financer des mesures utiles.

Une autre répartition des richesses

La hausse des prix de l’énergie montre une chose : il y a de l’argent, mais il n’est pas au bon endroit.

Pendant que certains groupes accumulent des profits gigantesques, des millions de travailleur·ses ont du mal à vivre de leur salaire.

La question n’est pas seulement économique, c’est une question de choix politique et de justice sociale.
L’argent doit aller aux salaires, aux services publics, aux transports collectifs, à la transition énergétique… pas aux dividendes.

La CGT revendique :

  • des augmentations générales de salaires ;
  • l’encadrement des prix de l’énergie ;
  • une fiscalité plus juste ;
  • la fin des superprofits ;
  • des investissements publics pour réduire les dépenses contraintes.

Ce n’est pas aux travailleurs·ses de payer la spéculation.

jeudi 26 mars 2026

les EXTRÊMES n’ont PAS TRIOMPHÉ


 Voilà un document émanant du Ministère de l’Intérieur qui remet les pendules à l’heure : les EXTRÊMES n’ont PAS TRIOMPHÉ dimanche

le projet Exalia, porté par les ex-Vencorex, rejeté par la justice

Isère : le projet Exalia, porté par les ex-Vencorex, rejeté par la justice

 

Parti communiste de l'Isère



 

mercredi 25 mars 2026

50 ans de la Journée de la Terre : manifestation pour le peuple palestinien le 28 mars

La célébration annuelle de la Journée de la terre, destinée à dénoncer la spoliation par les autorités israéliennes des terres palestiniennes, commémore aussi le massacre de six Palestiniens protestant contre des réquisitions le 30 mars 1976 par les garde-frontières israéliens. Dans l’élan de la grève du 30 mars 1976, qui eut lieu tant dans les territoires occupés qu’en Israël et dans les camps de réfugiés palestiniens, fut créée la coalition Hadash, sous l’impulsion de nos camarades communistes israéliens.

50 ans plus tard, les droits nationaux du peuple palestinien et le droit international sont toujours systématiquement bafoués par le gouvernement israélien. La situation à Gaza, qui a souffert du génocide, reste totalement dramatique, dans le silence médiatique le plus complet. Les exactions, arrestations, assassinats commis par les colons israéliens se poursuivent quotidiennement en Cisjordanie. Benjamin Netanyahou lance une nouvelle offensive contre le Liban, pire que celle de 2023-2024. Avec les Etats-Unis, ils mettent à feu et à sang la région entière.

Il n’y aura pas de paix juste et durable sans application des droits nationaux du peuple palestinien, ni du droit international.

Il n’y aura pas de paix juste et durable sans réunification des territoires palestiniens de Cisjordanie, Gaza et Jerusalem-Est sous l’égide de l’OLP, seule représente internationale du peuple palestinien.

Le PCF réaffirme sa solidarité avec l’OLP et les communistes palestiniens, avec le mouvement de la paix et les communistes israéliens, avec les communistes libanais.

Il porte l’exigence d’un cessez-le-feu et d’un retrait de l’armée israélienne de la totalité du territoire libanais.

Le PCF exige que la France agisse concrètement pour :

- instituer dans les faits l’Etat de Palestine, sur la base des frontières de 1967, en application de sa reconnaissance, comme étape pour la fin de la colonisation et de l’occupation des territoires palestiniens par l’armée israélienne, et l’application du droit au retour tel qu’il est prévu par l’ONU.

- mettre fin au blocus de Gaza, et permettre l’acheminement de l’aide humanitaire d’urgence

- mettre fin à la guerre qui écrase et ravage le Liban et le peuple libanais, et faire respecter, en application des résolutions de l’ONU, la souveraineté et l’intégrité territoriale du Liban

- Faire libérer les prisonniers politiques palestiniens dont Marwan Barghouti

- Faire cesser la livraison d’armes et de matériel militaire à l’Etat d’Israël

- Prendre des sanctions économiques envers l’Etat d’Israël tant qu’il ne respecte pas le droit international et agisse pour que l’UE suspende l’accord d’association avec l’Etat d’Israël

- Respecte et fasse respecter les décisions de la justice internationale tant à l’égard du gouvernement israélien que du Hamas.

Le PCF appelle à manifester sur ces bases à Paris, place de la Bastille, samedi 28 mars à 14 h.

Paris, le 24 mars 2026

 

mardi 24 mars 2026

Résultat des municipales : amplifions la mobilisation sociale et politique pour répondre aux attentes du peuple


 Ces élections sont avant tout marquées par une abstention massive qui persiste à plus de 40 %. Cette abstention doit être entendue comme une alerte très sérieuse pour notre démocratie.

Par leurs votes lors de ce second tour, les électrices et électeurs ont exprimé à la fois de la colère et une volonté de changement. Une des figures de la coalition présidentielle, François Bayrou, est battue à Pau.

A gauche, notre parti remporte de nombreuses villes lors de ce second tour.

La victoire à Nîmes représente un succès majeur qui montre la capacité de rassemblement de nos candidats et candidates. Nous réalisons d’autres conquêtes, notamment à Héricourt (70), Béthoncourt (25) et Gond-Pontrouve (16) après celles du premier tour à Vizille (38), Dechy (59), Nangis et Varennes-sur-Seine (77).

Nos listes démontrent une nouvelle fois l’atout que représentent les communistes pour la gauche, fidèles à notre histoire de résistance et de conquêtes sociales et démocratiques. Des centaines de maires communistes et apparentés sont réélu.es lors de ce second tour, dont 14 maires de villes de plus de 10 000 habitant.es (Martigues, Échirolles, Châlette-sur-Loing, Cabestany, Malakoff, Nanterre, Bobigny, Noisy-le-Sec, Sevran, Stains, Gentilly, Ivry-sur-Seine, Villejuif, Vitry-sur-Seine) ainsi que des centaines d’élu·es communistes dans les majorités de gauche qui l’emportent ce soir.

Nous saluons les milliers d’élu·es communistes à l’issue de ces élections ainsi que les maires communistes battus dont l’engagement a été total pour leur ville et les habitantes et habitants.

La droite conforte son ancrage local, c’est une mauvaise nouvelle pour des millions de nos concitoyennes et concitoyens, menacés par de nouveaux reculs des services publics locaux et des politiques sociales de proximité, pour le droit au logement, pour les associations et pour la solidarité locale.

Alors que l’extrême droite réalise une nouvelle percée dans le Pas-de-Calais et le Sud de la France, le PCF appelle à mesurer l’impasse que constitue sa politique et à résister à son projet raciste et xénophobe. L’heure est à démasquer son imposture sociale et son programme de combat contre les travailleurs et travailleuses du pays. Nous nous félicitons de l’échec de ses tentatives de conquête dans plusieurs grandes villes, notamment à Marseille, Nimes et à Toulon.

Les unions ou rapprochements entre la droite et l’extrême droite, au premier comme au second tour, représentent une grave menace pour notre pays. Elles témoignent qu’une partie de la droite se trouve aujourd’hui sous l’influence de l’extrême droite.

La gauche obtient des résultats contrastés. Si elle résiste dans les plus grandes villes, à commencer par Paris, Marseille et Lyon, elle recule dans les villes moyennes et dans les départements ruraux. Les conditions du débat à gauche dans l’entre-deux tours n’ont pas aidé aux dynamiques politiques nécessaires. La gauche doit entendre le message exprimé dans les urnes.

Le PCF appelle à poursuivre l’échange avec nos concitoyennes et concitoyens, à l’intervention populaire, à l’action des travailleuses et des travailleurs, pour résister aux forces réactionnaires et d’extrême droite afin de transformer la colère et l’espoir de changement en victoires sociales et politiques. Dans les municipalités qu’elle dirige, la gauche devra être à l’offensive pour mener des politiques ambitieuses contribuant à répondre aux urgences sociales, écologiques et démocratique. L’heure est à unir notre classe sociale et à amplifier la mobilisation sociale et politique pour reconstruire des majorités partout où elles font défaut et répondre aux attentes du peuple.

Paris, le 22 mars 2026

Crolles 2026


 

lundi 23 mars 2026

La guerre est l’ennemie des travailleurs du monde entier


 Ce sont toujours les peuples qui paient le prix de la guerre, et la situation internationale actuelle ne fait pas exception : en France, les travailleurs entrevoient déjà les conséquences du conflit au Moyen-Orient sur leur vie quotidienne.

Le litre de SP95-E10, l’essence la plus consommée en France, a augmenté de 13 centimes en une semaine ; soit 5,2 euros pour le plein sur une Clio 4. Le gazole a lui augmenté de 30 centimes ; soit 12 euros en plus sur la même voiture.

Cette flambée des prix est une conséquence directe de l’escalade militaire au Moyen-Orient.

Les États-Unis et Israël ont bombardé l’Iran ; la guerre et les offensives militaires se poursuivent dans la région. Le blocage du détroit d’Ormuz, qui permet la traversée des navires pétroliers, a entraîné une flambée des cours du pétrole. Ce lundi, le prix du baril de pétrole s’est envolé de 30 % atteignant 120 dollars.

Les États-Unis, excédentaires en gaz naturel et en pétrole, n’achètent qu’une petite portion aux pays du golfe Persique. En revanche, les pays d’Europe et particulièrement d’Asie sont les premiers visés. 80 % du pétrole iranien est exporté vers la Chine. À l’image de l’agression du Venezuela, l’administration Trump mène une guerre par procuration contre la Chine.

Tenter, avec plus ou moins de réussite, de couper des chaînes d’approvisionnement chinoise et faire pression sur ses partenaires, ce sont des tactiques de l’administration Trump, comme celles de ses prédécesseurs. Bousculé par l’avènement d’un ordre international toujours plus multipolaire, les États-Unis exacerbent leur violence impérialiste.

Depuis Chypre, Emmanuel Macron préparait une mission « purement défensive » pour la réouverture du détroit d’Ormuz.

Emmanuel Macron ne peut pas, d’un côté, prétendre défendre les intérêts des Français et, de l’autre, engager la France dans un soutien politique et militaire à l’agression israélo-américaine qui a précisément provoqué cette crise. La première mesure pour défendre les travailleuses et les travailleurs français serait de cesser d’être vassaux de Washington.

Nous refusons que la France s’engage dans une logique de guerre qui dessert les intérêts des peuples du monde entier !

Finie la servitude ! Pour le MJCF, il faut une France affranchie de la tutelle impérialiste, pour reconquérir une souveraineté et une pleine autonomie sur notre industrie et notre armée de défense.

Le MJCF réaffirme la nécessité de décisions du Parlement et non du seul Président de la République sur les relations internationales du pays. Le MJCF réaffirme son opposition à tout enlisement de la France dans une guerre.

Enfin, le MJCF demande un blocage des prix de l’essence : nous refusons de payer le prix de l’escalade militaire !

11 mars 2026

Article publié dans CommunisteS, numéro 1078 du 18 mars 2026.

dimanche 22 mars 2026

La France doit immédiatement agir pour le Liban !


Depuis deux semaines, le gouvernement d’extrême droite israélien bombarde et occupe une nouvelle fois le territoire libanais. Il y commet des crimes de guerre en série. On recense déjà des centaines de morts, des centaines de milliers de déplacés sur une population totale de cinq millions d’habitants, l’évacuation d’un dixième du pays. Human Rights Watch accuse même les forces d’occupation israéliennes d’avoir utilisé illégalement des obus contenant du phosphore blanc lors d’attaques dans des zones résidentielles du sud du Liban. Et voilà, à présent, que l’armée israélienne vient d’annoncer des opérations terrestres de très grande envergure au Sud-Liban.

Ce déchaînement de violences contre des populations civiles est inadmissible et représente une énième violation du droit international. Les provocations du Hezbollah ne le justifient en rien. Et la complaisance de la communauté internationale devant cet engrenage guerrier et criminel n’est plus supportable, alors que Monsieur Netanyahou se trouve déjà sous mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale.

Les déclarations de bonnes intentions et les condamnations verbales ne suffisent plus.

Le Parti communiste français appelle à un engagement concret et urgent de la France :

  • Pour un cessez-le-feu immédiat et le retrait des forces israéliennes du Liban.
  • Pour faire appliquer la résolution 1701 de l’ONU permettant à la FINUL de se déployer entre le fleuve Litani et la frontière, en coordination avec les autorités libanaises. Les capacités de la FINUL doivent être renforcées et la France doit y prendre sa part. Seule la force internationale de l’ONU et l’armée libanaise ont le droit d’être déployées dans cette zone.
  • Pour le respect de la pleine souveraineté et de l’intégrité territoriale du Liban.
  • Pour permettre le retour des réfugiés

Le PCF réaffirme son soutien et sa solidarité pour les forces progressistes et communistes au Liban qui luttent contre la corruption et le système confessionnel, et combattent pour faire respecter la pleine indépendance du pays.

Vincent Boulet
Responsable des relations internationales

Article publié dans CommunisteS, numéro 1078 du 18 mars 2026.