jeudi 29 octobre 2026

Equateur : démocratie en danger - Liberté pour Luisa González !


 Le Parti communiste français dénonce avec force l'arrestation de Luisa González, survenue le 22 octobre. Deux fois candidate à l'élection présidentielle, portant les couleurs du parti de gauche progressiste Révolution citoyenne, contre l'actuel président Daniel Noboa, Mme González est accusée d'irrégularités dans le financement de sa campagne de 2023. 

Cette arrestation constitue une nouvelle attaque, d'une très grande gravité, contre les libertés démocratiques en Équateur. Depuis plusieurs mois en effet, une véritable offensive est menée par Daniel Noboa contre toute opposition de gauche à son gouvernement.

Parmi les mesures prises ces derniers mois, on note particulièrement : 
      ⁃     La proscription de Révolution citoyenne pour neuf mois et l'avancement de la date des élections locales au 29 novembre prochain, pour empêcher la participation du principal parti d'opposition,  la tête de de nombreuses collectivités locales ;
      ⁃     La proscription d'autres partis portant les candidatures issues de RC, dont le mouvement AMIGO et un harcèlement contre Pachakutik, Unidad Popular ou le Parti socialiste ;
      ⁃     L'annulation de près de la moitié des 6000 candidatures locales par les autorités électorales ;

Le PCF dénonce l'instrumentalisation du système judiciaire par le gouvernement équatorien, qui l'utilise en tant qu'arme de persécution politique. Ce faisant, Daniel Noboa conduit l'Equateur vers un régime autoritaire, visant à garantir les intérêts de l'oligarchie locale et la soumission à Donald Trump. 

Nous dénonçons par ailleurs les menaces proférées à l'encontre des acteurs du mouvement universitaire, notamment contre le professeur Santiago Rosano et le dirigeant étudiant Mauricio Ochoa (FEUE Cuenca). 

Nous appelons les autorités françaises et européennes à condamner la dérive autoritaire en cours en Équateur et à prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir la libération de Luisa González et la participation libre et équitable des forces d'opposition aux prochaines élections. 

Parti communiste français 
Paris, le 24 octobre 2026

mercredi 28 octobre 2026

24 octobre : une nouvelle réussite contre un pouvoir méprisant et liberticide !


 Près de 800 000 personnes ont manifesté ce samedi. Lycéens, salariés, retraités : la mobilisation a de nouveau rassemblé celles et ceux qui refusent de payer toujours plus cher pour vivre et veulent un avenir pour la jeunesse du pays.

Le Parti communiste français, pleinement mobilisé partout en France avec ses organisations locales, salue la réussite de cette journée ainsi que le travail des organisations syndicales et de jeunesse qui l’ont rendue possible.

Jeudi, Fabien Roussel, Stéphane Peu et Cécile Cukierman étaient venus à Matignon exiger des réponses sur les salaires et les prix de l’énergie. Le pouvoir a une nouvelle fois refusé de répondre aux immenses attentes que la mobilisation exprime. Depuis, Emmanuel Macron a jugé « recommandé » de ne pas manifester. Des cortèges déclarés ont été interdits et des parcours modifiés au dernier moment. Les opérations de maintien de l'ordre ont à nouveau conduit à des blessés. Nous dénonçons cette dérive liberticide. L’État doit garantir la liberté de manifester !

À Orléans, la mobilisation contre le Rassemblement national a rappelé que l’extrême droite n’apporte aucune réponse aux travailleurs, qu'elle peut conduire au pire comme en témoigne l’attaque terroriste raciste de Trappes et de La Verrière. Nous renouvelons notre solidarité aux victimes et à leurs proches. Le pays a besoin d’égalité et de solidarité, pas de la violence nourrie par l'extrême droite, la droite extrême et de nombreux médias diffusant leurs idées de haine.

Avec Fabien Roussel, les communistes appellent à une mobilisation durable contre l'extrême droite et à une rupture avec la politique du pouvoir qui protège et sert les intérêts capitalistes. Des choix ambitieux doivent être faits, à commencer par produire en France, s'attaquer au coût du capital et mieux rémunérer le travail, faire vivre les services publics pour répondre aux besoins du pays et au défi climatique plutôt qu'alimenter les dividendes et la guerre.

Dès demain, les communistes poursuivront le débat devant les entreprises, dans les lycées et dans les quartiers. Faisons grandir partout la mobilisation par la grève. Avec les organisations syndicales, si le gouvernement  n’apporte pas de réponse aux attentes légitimes qui s’expriment avec force, nous appelons à faire du 5 novembre une journée importante de la mobilisation dans les entreprises, avec les lycéens et les étudiants. L'union du monde du travail et de la jeunesse sera déterminante.

Paris, le 24 octobre 2026

Parti communiste français

mardi 27 octobre 2026

Victoire de Lula et du peuple brésilien !



 

La victoire de Lula à 51,8 % des voix est le fruit d’une mobilisation sans précédent du peuple brésilien. Elle a déjoué une véritable tentative de coup d’État de l’extrême-droite bolsonariste et de la fraction de la bourgeoisie brésilienne qui la soutient, aidées par l’impérialisme étatsunien et ses relais.

L’avalanche de tentatives de manipulations par des fausses nouvelles et par l’intelligence artificielle, ainsi que les menées séditieuses des bolsonaristes qui ont dressé des barrages sur les routes et empêché les transports de circuler dans les régions populaires favorables à la gauche, n’y auront rien fait. Lula est élu avec une participation historique. C’est la victoire de la gauche et c’est une victoire du peuple travailleur. La mobilisation populaire a été essentielle pour rendre la victoire possible.

Elle démontre qu’il est possible de faire reculer l’extrême-droite et de la battre autour d’orientations politiques alliant conquêtes sociales, développement souverain pour les intérêts du monde du travail, paix et multilatéralisme. Cette victoire a un impact majeur tant pour la région que pour le monde. Face à Trump et à ses acolytes, la voix de la souveraineté populaire et de paix est renforcée.

Mais, la bataille pas terminée.  L’extrême droite menace de sédition en refusant de reconnaître sa défaite. Elle est majoritaire au Parlement et peut enclencher une procédure de destitution comme cela fut le cas contre Dilma Rousseff en 2016.

Le PCF félicite le peuple brésilien, Lula, le Parti des Travailleurs et le Parti communiste du Brésil. Il reste à leurs côtés dans les combats qui s’annoncent.

Parti communiste français, 26 octobre 2026

vendredi 23 octobre 2026

Déclaration d'Emmanuel Macron : aucune réponse aux attentes du pays pour continuer à servir les profits


 Emmanuel Macron reconnaît la légitimité des revendications mais il refuse d’en nommer les causes ! Des centaines de milliers de personnes ont manifesté parce que leur travail ne leur permet plus de vivre dignement et que leurs enfants n'ont pas de perspective d'avenir. Le président invoque le prix du pétrole et le conflit dans le Golfe. Il ne dit rien des profits des multinationales de l'énergie comme TotalEnergies, des salaires bloqués, des services publics affaiblis ni du budget d’austérité préparé pour 2027. 


Qui crée les richesses, paie et qui profite ? 

C’est la question de classe qu’il écarte : le conflit entre le capital et le travail.

Interdire des rassemblements et renvoyer les Françaises et les Français, les citoyennes et citoyens mobilisés, à la prochaine présidentielle ne répond à rien. 

Manifester et faire grève font partie de la démocratie. Le gouvernement doit garantir le droit constitutionnel de manifester. Les violences, destructions de lieux publics et de commerces ne sauraient priver des centaines de milliers de personnes de leurs droits.

Le Premier ministre veut réunir les organisations syndicales et politiques ? Qu’il présente dès maintenant des décisions. Le PCF a clairement condamné les violences et n'acceptera pas l'inaction politique.


L'heure est à augmenter les salaires et les pensions, bloquer le prix du carburant à 1,60 € le litre, donner des moyens immédiats à l’école et à tous les services publics et renoncer à l’austérité. Reprenons la maîtrise de l’énergie avec TotalEnergies et Engie publics aux côtés d’EDF. Faisons contribuer les grandes fortunes et les revenus financiers, donnons de nouveaux pouvoirs aux salariés. Mobilisons des moyens pour les politiques publiques locales conduites par les collectivités. Nos collectivités qui sont au cœur de la réponse aux besoins des populations ne doivent plus être étranglées financièrement !

Une toute autre politique est nécessaire pour répondre aux besoins sociaux et écologiques. C'est le sens de notre proposition d'un fonds d'avance de 100 milliards d'euros. Et c'est possible ! Commençons par arrêter de distribuer 211 milliards d'euros aux grandes entreprises sans critère.

Fabien Roussel a proposé une conférence sociale associant les organisations de jeunesse. Elle doit déboucher sur des engagements chiffrés et datés, sans attendre 2027. Le PCF contribuera à construire la journée de grèves et de manifestations du 5 novembre.

Paris, le 18 octobre 2026
Parti communiste français.

jeudi 22 octobre 2026

Faisons vivre cette France qui respecte son peuple et protège ses enfants

La France est encore au bord du précipice, plongée dans l’effroi, la stupeur face aux violences de ces derniers jours, mais aussi face à un mur de colère qui s’agrège depuis des semaines du fait de la vie chère et de l’absence de réponse du gouvernement.

Le PCF appelle ses militants, ses élus à participer aux élans de solidarité pour nettoyer les rues, réparer les dégâts provoqués hier par des casseurs. Il apporte son soutien aux maires qui se retrouvent face à des équipements publics dévastés comme aux commerçants qui se sont fait piller.

Tous ces actes de vandalisme contribuent à détourner les immenses attentes des 800 000 manifestants qui, eux, ont défilé pacifiquement. Mais qui, aussi, se sont fait parfois charger, nasser dans le cadre d’une politique de maintien de l’ordre tout aussi violente et inconséquente.

Fabien Roussel appelle à rester attentif au mouvement populaire qui s’exprime depuis plusieurs semaines, venant de toutes professions, de toutes les générations. Ne pas répondre à ces attentes ne produira que colère et désespérance.

C’est pourquoi, en ces heures graves, Fabien Roussel appelle le gouvernement à convoquer rapidement une conférence sociale avec les organisations syndicales et patronales, en y associant les organisations de jeunesse afin de trouver les réponses aux revendications qui s’expriment depuis maintenant plusieurs semaines: Lycéens, étudiants, pompiers, pêcheurs, routiers, agriculteurs, policiers, salariés du public comme du privé, retraités… la crise touche toutes les professions, toutes les générations. Il faut y répondre. Le parlement devra être associé à ces discussions et pouvoir inscrire dans le projet de budget 2027 les recettes et les dépenses correspondantes.

Concernant les violences et les innombrables blessés tant du côté des manifestants, dont de nombreux mineurs, que du côté des forces de l’ordre, une enquête parlementaire devra se pencher sur les causes de ces violences comme sur la politique de maintien de l’ordre déployée depuis le début des manifestations.

Pour rappel, lors de l’hommage aux 27 fusillés de Châteaubriant, Fabien Roussel s’est exprimé cet après-midi en revenant sur l’actualité nationale.

À l’occasion de cet hommage aux résistants du PCF et de la CGT, Fabien Roussel a rappelé lors de son discours que :

« La fidélité aux fusillés de Châteaubriant ne se mesure pas à la solennité de nos cérémonies.

Elle se mesure à notre capacité à faire vivre ce pour quoi ils se sont battus : la Liberté, la Paix, la justice sociale.

Dans ces heures sombres où l’on voudrait nous convaincre que les idéaux sont naïfs, que la guerre est éternelle et que la fraternité appartient aux rêves d’un autre siècle, nous devons tenir bon.

Faisons vivre cette France qui choisit la fraternité humaine plutôt que la haine, le racisme et l’antisémitisme.

Faisons vivre cette France qui respecte son peuple et protège ses enfants.

Il y a urgence. Car depuis plusieurs semaines et notamment hier soir, notre pays bouillonne et vient s’embraser dans un tourbillon de violences inqualifiables. Aux bâtiments publics et privés en flammes s’ajoutent des petits commerçants qui ont tout perdu, pillés et saccagés. A ce vandalisme, il faut aussi compter des dizaines de blessés, chez les forces de l’ordre comme chez les manifestants. C’est le peuple tout entier qui saigne. C’est la France qui s’abîme, se déchire.

Nous sommes au bord du précipice.

D’où vient cette rage, cette violence ? Il est urgent de trouver des réponses. Bien sûr les pilleurs et les voyous devront répondre de leurs actes.

Mais prenons garde de les associer à un mouvement populaire qui s’exprime depuis plusieurs semaines, venant de toutes professions, de toutes les générations.

Il est urgent de trouver aussi des réponses aux mobilisations exceptionnelles des centaines de milliers de jeunes, de lycéens, lycéennes, d’étudiants, de travailleurs, de retraités qui, eux, ont manifesté pacifiquement.

C’est à elles, à eux qu’il faut répondre sérieusement.

Il est urgent de faire vivre cette France qui sait s’écouter, se respecter et se mettre autour de la table pour trouver les réponses aux maux de notre pays, aux revendications légitimes de notre jeunesse.

La République est grande quand elle sait s’unir pour refuser la haine, la violence, le chaos tout en écrivant, en même temps, dans le respect des opinions de chacun, des réponses ambitieuses, audacieuses à l’image du programme des Jours Heureux écrit par le Conseil national de la Résistance.

Avec la même volonté, la même ambition que réclame la gravité de la crise que nous vivons, soyons capables de le faire aujourd’hui, pour reconstruire une France libre, heureuse, indépendante et en Paix, garantissant à chacun et à chacune le pouvoir de vivre dignement. 

Paris, le 18 octobre 2026

Fabien Roussel

 

mardi 20 octobre 2026

Grenoble. Le GHM repris par la Fondation Boissel : « on se débarrasse enfin d’Avec »


 

Image principale
Le Groupe hospitalier mutualiste va changer de nom pour devenir la Cité hospitalière des Alpes, après l'entrée en fonction de la Fondation Boissel, prévue le 1er novembre. © Luc Renaud
Le tribunal judiciaire de Grenoble a rendu sa décision, ce jeudi 15 octobre, sur le Groupe hospitalier mutualiste (GHM) de Grenoble, retenant l'offre de reprise de la Fondation Georges-Boissel, basée à Bourgoin-Jallieu. Une page se tourne pour la Mut' qui quitte enfin le groupe Avec et son ex-PDG Bernard Bensaid, et qui deviendra la Cité hospitalière des Alpes. La ville et la métropole comme le syndicat FO et les collectifs d'usagers saluent le choix d'un acteur local à but non lucratif mais restent vigilants au sujet des activités exclues du plan de cession. Plan impliquant notamment la fermeture des centres dentaires de Grenoble et Meylan et 90 licenciements parmi les 1350 salariés.

« Une étape importante pour l’avenir de la Mut’  », selon la ville et la métropole de Grenoble ; « une page se tourne », pour Thierry Carron, délégué syndical FO du GHM et secrétaire du CSE… Très attendue, la décision rendue ce jeudi 15 octobre par le tribunal judiciaire de Grenoble, sur l’avenir du Groupe hospitalier mutualiste (GHM) de Grenoble, a été accueillie avec une satisfaction et un soulagement quasi unanimes. Les juges ont choisi le plan de cession de la Fondation Georges-Boissel, basée à Bourgoin-Jallieu, préféré au plan de continuation déposé par Paul de Rosen, président de l’Union mutualiste pour la gestion du Groupe hospitalier mutualiste (UMG-GHM), considéré comme « l’homme de paille » de l’ex-PDG d’Avec, Bernard Bensaid.

Thierry Carron, délégué syndical FO du GHM et secrétaire du Comité social d’entreprise (CSE). © Luc Renaud

« On se débarrasse enfin du groupe Avec et de Bernard Bensaid », savoure ainsi Thierry Carron, qui n’a cessé de combattre l’ancien repreneur, aux côtés du collectif des usagers, au cours de ces dernières années. Dès son arrivée aux manettes, en 2020, le groupe Avec (anciennement Doctegestio) a en effet mis en place un système de prédation vorace, ponctionnant notamment quelque 8 millions d’euros dans la trésorerie du GHM. Lequel n’a pu récupérer in fine qu’environ 1,6 million d’euros.

Un repreneur qui « ne vient pas pour nous prendre de l’argent »

Heureusement, le vent a fini par tourner pour le groupe Avec, qui a depuis accumulé les déboires judiciaires. Le tribunal de commerce de Bobigny a ainsi prononcé sa liquidation judiciaire en octobre 2025, décision dont la société a fait appel en juillet dernier. Quant à Bernard Bensaid, celui-ci a été renvoyé en correctionnelle pour « détournement de fonds publics et privés » et « prise illégale d’intérêts ». L’homme d’affaires comparaîtra le 2 février 2027 devant le tribunal judiciaire de Grenoble, l’audience, prévue initialement le 8 septembre 2026, ayant été renvoyée à la demande de ses avocats.

Le procureur de la République Étienne Manteaux annonçant, le 2 octobre 2025, le renvoi en correctionnelle de Bernard Bensaid, qui sera jugé le 2 février 2027. © Manuel Pavard

Dans ces conditions, les salariés comme la majorité des acteurs locaux (collectivités, associations d’usagers, etc.) avaient clairement exprimé leur préférence pour le projet de la Fondation Boissel. « Le plan de continuation de Paul de Rosen ne reposait sur rien : pas d’argent sur la table, aucune garantie bancaire et pour la gouvernance, deux mutuelles placées en liquidation judiciaire », fustige le représentant FO.

En revanche, apprécie Thierry Carron, le nouveau repreneur est « un acteur local à but non lucratif, qui ne vient pas pour nous prendre de l’argent ». Et qui permettra à la Mut’ de poursuivre son activité, sous le statut d’Établissement de santé privé d’intérêt collectif (Espic).

« La santé n’est pas une marchandise »

Laurence Ruffin et Guillaume Lissy partagent le soulagement du syndicaliste face au départ définitif du groupe Avec. Dans un communiqué commun, la maire de Grenoble et le président de Grenoble-Alpes Métropole « saluent » la décision du tribunal. « Elle écarte la poursuite d’une trajectoire qui a profondément fragilisé l’établissement et ouvre la perspective d’un retour à un modèle inscrit dans l’économie sociale et solidaire », se félicitent-ils.

Pour les deux élus, « cette décision doit être l’occasion de réaffirmer une conviction fondamentale : la santé n’est pas une marchandise. Elle ne peut être considérée comme une activité ordinaire, soumise aux seules exigences de rendement financier. » De même, ajoutent Laurence Ruffin et Guillaume Lissy, « les établissements de santé ne sont pas des actifs que l’on achète, que l’on revend ou que l’on démantèle au gré des intérêts économiques. Ils sont des biens communs, indispensables à la cohésion sociale et à l’égalité entre les habitantes et les habitants. »

« Il aura fallu un combat de six années »

De leur côté, l’union de quartier Berriat Saint-Bruno Europole et les Amis des cliniques mutualistes de Grenoble soulignent, dans un communiqué publié ce vendredi 16 octobre, que cette première victoire n’est pas tombée du ciel. Car pour extirper le GHM des griffes du vautour Bensaid, « il aura fallu un combat de six années », mené par les syndicats, l’union de quartier et les Amis des cliniques mutualistes de Grenoble, avec le soutien de la métropole puis de la ville.

Les usagers et les représentants des salariés ont mené un long combat contre le groupe Avec : assis, Hervé Derriennic (union de quartier Berriat), Thierry Carron (FO GHM), Joëlle Estivals (Amis des cliniques mutualistes) ; debout, Bruno de Lescure (union de quartier Berriat). © Manuel Pavard

Les deux associations ne versent toutefois pas dans l’euphorie. « C’est à la fois une décision positive – la Fondation Boissel est un acteur non-lucratif et de proximité – et négative puisqu’elle entraîne le licenciement d’une centaine de salariés qui n’y sont pour rien dans la prédation financière mise en place par Avec et la dégradation qui s’en est suivie », estiment-elles.

Les deux centres dentaires vont fermer leurs portes

Selon Thierry Carron, il y aura sans doute « un peu moins de personnes licenciées que prévu », de l’ordre de « 90 ou 91 licenciements sur les 1350 salariés ». Mais « nous ne pouvons pas nous réjouir totalement », reconnaît-il. Les deux centres dentaires de Grenoble (rue du Général-Ferrié) et Meylan vont ainsi fermer leurs portes tandis que le centre de consultation gynécologique de Meylan devrait être rapatrié sur Grenoble, d’après le délégué FO.

Les collectifs d’usagers et les salariés ont prévenu l’Agence régionale de santé (ARS) en juin, concernant la fermeture des centres dentaires. Celle-ci travaille sur le sujet, tout comme la municipalité et la métropole. « Nous restons également vigilants sur les activités non reprises et qui constituent un sujet important notamment sur l’offre de soin dentaire », indiquent Laurence Ruffin et Guillaume Lissy. À ce stade, ce sont néanmoins plusieurs milliers de patients qui se retrouvent sur le carreau.

La passerelle du Groupe hospitalier mutualiste (GHM) de Grenoble. © Manuel Pavard

Thierry Carron l’avoue, l’offre de reprise de la Fondation Boissel n’était pas parfaite mais selon lui, « c’est le mieux qu’on pouvait obtenir ». Il y avait en effet « un seul repreneur », rappelle-t-il. « On ne pouvait pas être jusqu’au-boutiste et risquer de le faire partir. En juillet, les deux centres dentaires et celui de gynécologie ont perdu 800 000 euros [NDLR : en cumulé]. Pour un repreneur qui raisonne en termes économiques, ce n’était malheureusement pas très tentant. »

Encore des procédures judiciaires en cours

Que va-t-il se passer maintenant ? « Le 1er novembre, Boissel va rentrer en fonction », précise le représentant syndical. Une autre phase s’ouvrira alors pour le Groupe hospitalier mutualiste qui prendra le nom de « Cité hospitalière des Alpes ». Le groupe Avec, lui, peut faire appel et le fera certainement. Mais « l’appel n’est pas suspensif », explique Thierry Caron.

Plusieurs rassemblements ont été organisés devant le GHM, ces dernières années, pour protester contre la gouvernance et les malversations du groupe Avec, comme ici en janvier 2023. © Luc Renaud

Plusieurs procédures judiciaires restent cependant en cours. Celle concernant Bernard Bensaid donc, le 2 février prochain, mais pas seulement. « L’action au fond que nous avons déposée en avril 2022 et qui a été paralysée par la multiplication des appels de Bernard Bensaid doit être jugée », confient en effet l’union de quartier Berriat et les Amis des cliniques mutualistes. « En jeu : les 9 millions d’euros du fonds de dotation et les 50 millions d’euros de la vente des murs versés à Adrea/Aesio (et quelques autres mutuelles). » Le combat n’est donc pas fini, assurent les associations, qui promettent de « continuer à défendre les intérêts » de la Cité hospitalière des Alpes.

lundi 19 octobre 2026

Dans la rue, toutes générations confondues.


 Les mobilisations populaires du 17 octobre illustrent l’ampleur de la colère sociale qui a pris racine dans tout le pays face à l’augmentation continue du coût de la vie, la stagnation des salaires, le démantèlement de l’ensemble des services publics et un gouvernement qui, aveugle et sourd aux difficultés des Français, défend un budget austéritaire pour 2027 pire que tous ceux présentés depuis le début de l’ère Macron.

Ces manifestations portent une tonalité nouvelle. Transgénérationnelles, elles rassemblent travailleurs du public comme du privé, étudiants, lycéens et retraités dans une même volonté de mettre un coup d’arrêt aux politiques macronistes qui ont fait tant de mal à notre pays.
Les revendications des manifestants portent l’aspiration commune à vivre mieux, à construire un avenir collectif et à stopper le grand sabotage organisé des capacités intellectuelles, productives et agricoles de notre pays.
Les violences qui ont eu lieu aujourd’hui et qui ont abouti au saccage d’équipements publics, à l'incendie de la mairie de Limoges et à des pillages dans plusieurs villes de France sont inqualifiables. Nous les dénonçons. Aucune colère ne peut justifier une telle violence. Surtout, elles sont une aubaine  pour le pouvoir macroniste qui les utilise pour décrédibiliser le mouvement et invisibiliser les revendications des 800 000 manifestants qui, très majoritairement, ont défilé pacifiquement à travers toute la France. Les auteurs de ces violences doivent être poursuivis et condamnés. Ils sont dans ces journées de mobilisation, les meilleurs alliés de la réaction.
La répression historique et inacceptable qui s’est abattue sur les lycéens et la gestion du maintien de l’ordre telle qu’on a pu la vivre aujourd’hui encore, témoignent de la volonté du président de la République et du gouvernement de Sébastien Lecornu  d’empêcher à tout prix l’expression légitime de la colère sociale et d’éviter toute convergence des nombreuses luttes en cours dans le pays. 

Pour faire entendre notre voix, pour exiger des mesures immédiates en faveur des salaires, du pouvoir d’achat, des services publics; pour faire baisser rapidement les prix de l’essence, de l’électricité et du gaz; pour obtenir une hausse des salaires et des pensions ; pour mettre fin à l’austérité sans fin qui nous est promise, le PCF appelle, aux côtés des forces syndicales, à construire le 5 novembre, une journée de grèves et de manifestation qui mette le pays à l’arrêt et oblige le gouvernement à répondre à la colère sociale.

Parti Communiste Français,

le 17 octobre 2026.