mercredi 23 septembre 2026

Budget 2027 : Lecornu annonce une saignée sociale au service du capital

Dans son entretien au Figaro, Sébastien Lecornu dévoile un projet de budget d’une violence sociale considérable : 54 milliards d’euros d’économies imposées au pays.

2 milliards seraient prélevés sur les fonctionnaires par le gel du point d’indice, 2 milliards sur les 
arrêts maladie, 2,5 milliards sur les politiques du travail et de la formation. Encore une fois les retraités sont honteusement ciblés, menacés par le gel des pensions ou la réduction de l’abattement fiscal pour 6 milliards d’euros ! Les APL pourraient être bloquées alors que les 
loyers et les charges ont augmenté de 20% en cinq ans. Les collectivités pourraient aussi être contraintes de réduire leurs services publics. Le gouvernement prévoit même de restreindre les droits sociaux des étrangers pour détourner la colère vers les plus fragiles.

Dans le même temps, la contribution exceptionnelle des grandes entreprises serait réduite de 
2,5 milliards d’euros, le Pacte Dutreil et les principales niches fiscales seraient sanctuarisés. C’est inacceptable alors que les plus grandes entreprises françaises ont versé 61 milliards 
d’euros de dividendes à leurs actionnaires au deuxième trimestre 2026, un triste record en Europe ! Et le budget militaire augmenterait de 6,4 milliards.

Tout est dit : ce budget est un budget de classe. 

L’hôpital, l’école, les salaires publics, les retraites et les collectivités sont traités comme des 
coûts, tandis que les profits et les grandes fortunes restent protégés. Le déficit est le résultat des cadeaux fiscaux accordés au capital et des intérêts versés aux marchés financiers qui se gavent sur le dos des Français·es. Le péril c’est la finance, pas la dette !

Ce budget vise également à marteler de façon mensongère que seule une politique capitaliste est possible et à enfermer le débat de l’élection présidentielle dans ce cadre. Avec notre candidat Fabien Roussel, nous portons une alternative à cette politique pour enfin vivre mieux en France et vivre en paix !

Le PCF refuse cette saignée sociale. La France ne manque pas de richesses : elles sont accaparées par une minorité et détournées de l’emploi, des salaires et de l’investissement utile socialement et écologiquement.

Pour ouvrir le débat sur le budget 2027, nous proposons immédiatement trois mesures pour agir contre la vie chère, augmenter les salaires et les pensions et développer le pays, des mesures attendues par nos concitoyennes et concitoyens :

  • Agir contre la vie chère : baisser la fiscalité sur les prix du carburant et les bloquer à 1,60 euros le litre ; baisser de 30% les prix de l'électricité et du gaz
  • Augmenter les salaires et les pensions : porter le smic à 2200 euros bruts, indexer les salaires et les pensions sur l’inflation, augmenter les bas-salaires et revaloriser immédiatement de 10% le point d’indice.
  • Développer le pays : engager un plan de 60 milliards d’euros pour l’emploi, la formation et le climat visant le développement des services publics, la relocalisation industrielle, la mise à niveau du système électrique, la mobilité propre et la rénovation thermique.

Ces mesures sont finançables en faisant contribuer les grandes fortunes, les dividendes et les revenus financiers, en arrêtant la distribution des 211 milliards d’euros d’aides publiques aux entreprises sans critère, en mobilisant le pôle public bancaire existant avec des prêts à taux zéro pour les projets utiles.

Le PCF combattra ce budget au Parlement comme dans le pays et présentera une véritable alternative. L’argent doit aller au travail, à l’emploi, au climat, à l’industrie, aux services publics et à la paix, pas aux marchés financiers et à l’économie de guerre.

A l'opposé de l'engrenage vers la guerre, la France doit vite prendre des initiatives diplomatiques car la crise énergétique ne se résoudra pas en autarcie. Une économie de la Paix doit s’imposer rapidement avant qu’une pénurie de diesel mette en panne sèche l’économie mondiale. Les attaques contre les raffineries dans le monde, les chantages portant sur les ressources énergétiques doivent cesser. S'en prendre à l'énergie est criminel au regard des conséquences pour les peuples ! L'énergie n'est pas une marchandise, c'est un bien commun.

Nous appelons dès à présent les travailleuses et travailleurs à répondre massivement à l’appel de l’intersyndicale de la fonction publique le 29 septembre et à se mobiliser dans toutes les luttes pour le progrès social et écologique, en participant aux grèves, aux rassemblements, aux marches citoyennes telle la marche du 26 septembre pour le climat.

Paris, le 18 septembre 2026

Parti communiste français

 

mardi 22 septembre 2026

Éric Hours : « Tout remettre à plat pour offrir une vraie alternative en 2028 » à la Région


 Éric Hours est conseiller régional d'Auvergne-Rhône-Alpes, élu au sein du groupe Communistes, insoumis et citoyens (CIC), depuis 2021.

Cinq ans après son élection au conseil régional d'Auvergne-Rhône-Alpes, Éric Hours, élu au sein du groupe Communistes, insoumis et citoyens (CIC), dresse un premier bilan de son mandat. Avec d'un côté, de réelles avancées obtenues par son groupe, malgré une marge de manœuvre très limitée ; de l'autre, le "glissement" politique très net de la majorité régionale vers la droite et l'extrême droite. Dans ce contexte, la gauche aura de gros défis à relever, selon le conseiller régional communiste, qui se projette sur les élections régionales 2028, sans éluder l'épineuse question des alliances.

Le Travailleur alpin — Cinq ans après ton arrivée à la Région, quel bilan tires-tu de l’action du groupe CIC ?

Éric Hours — On est un groupe minoritaire, donc on ne peut évidemment pas changer la ligne politique de la majorité régionale. Mais en tant qu’élus communistes, on a une crédibilité historique qui est reconnue. Sur Vencorex, par exemple, on n’a pas gagné mais on a quand même bataillé avec la Région pour qu’elle vote le vœu. Et puis, on a réussi à faire avancer certains dossiers dans d’autres domaines. Je pense notamment au commerce de proximité en milieu rural. Au départ, la Région aidait surtout à l’investissement. On a obtenu qu’elle puisse aussi intervenir sur le fonctionnement, parce qu’un petit commerce dans un village de 300 ou 400 habitants peut avoir besoin de quelques milliers d’euros pour survivre. Sans ce soutien, les habitants doivent parfois faire quinze kilomètres pour acheter du pain.

Sur la santé (l’une de mes trois commissions, avec l’économie et les relations internationales), on a également gagné la création d’un groupement d’intérêt public consacré au recrutement et à l’installation de professionnels. La Région a ainsi recruté vingt-et-un professionnels, dont neuf médecins, trois infirmières, des gynécologues, des sages-femmes… Ce qui est une bonne chose. Quant aux maisons et centres de santé, maintenant, on réclame un bilan : combien sont réellement occupés, dans quels territoires, avec quels professionnels ? La Région prétend qu’elle participe au maillage du territoire mais on doit pouvoir le mesurer. Ça fait quatre ans que je demande un état des lieux… Toujours rien !

Sur le volet économique, que reproches-tu principalement à la politique régionale ?

On n’est pas opposé aux aides aux entreprises. La Région est chef de file en matière économique, donc c’est une de ses responsabilités. Le problème, c’est l’évaluation. La Région parle, par exemple, de milliers d’emplois créés grâce à ses dispositifs et d’un effet de levier sur l’investissement privé. Ok mais on aimerait savoir précisément combien d’emplois ont été créés, combien ont été maintenus, ce que deviennent les salariés lorsque l’entreprise ferme ou délocalise…

On peut citer aussi le « pack relocalisation », doté d’un milliard d’euros sur le mandat — pour rappel, le budget de la Région est de 4,8 milliards par an — et qui est assez emblématique. Globalement, il y a beaucoup de dispositifs, parfois pour quelques dizaines de milliers d’euros. On ne conteste pas forcément les aides individuellement, mais on veut connaître leur finalité. L’argent public doit servir à quelque chose et il faut pouvoir en rendre compte aux habitants.

Éric Hours aux côtés de Laurence Ruffin, lors d’un débat sur l’industrie pendant la campagne municipale, à la fédération PCF.

Tu as l’impression que l’exécutif régional a évolué politiquement, depuis le début du mandat ?

Oui, il y a eu un glissement idéologique de la majorité régionale, qui s’est beaucoup déplacée vers la droite, avec une place de plus en plus importante donnée aux questions de sécurité et à des thèmes qui étaient auparavant portés par l’extrême droite. On a vraiment l’impression que certains élus de droite cherchent à courir derrière elle. Mais à force de reprendre les idées de l’extrême droite, on peut se demander pourquoi les électeurs choisiraient la copie plutôt que l’original.

Globalement, c’est un peu toute l’assemblée régionale qui glisse de plus en plus à droite. Il y a des choses qu’on n’aurait pas vues ou entendues avant : une élue Reconquête qui cite Brasillach en assemblée plénière, le portrait de Quentin Deranque affiché sur la façade de l’hôtel de région… Les passerelles avec l’extrême droite sont de plus en plus visibles, le cordon sanitaire est en train de disparaître. Et à côté de ça, on a un Rassemblement national de plus en plus décomplexé.

Quel rôle joue Laurent Wauquiez dans tout cela ?

Aujourd’hui, Laurent Wauquiez est officiellement conseiller spécial de Fabrice Pannekoucke, un poste qui a été créé spécialement pour lui et qui n’existe qu’ici. Mais le vrai président, c’est lui. En fait, pour Wauquiez, l’expérience Auvergne-Rhône-Alpes est d’abord un laboratoire au service de ses ambitions politiques nationales.

Concrètement, comment se manifeste cette droitisation ?

Prenons le cas de la culture, qui l’illustre très bien. Le budget peut rester stable en valeur nominale, mais avec l’inflation, cela signifie déjà une baisse en termes réels. Et surtout, les choix effectués dans les subventions ne sont pas neutres. Il y a une véritable orientation politique de la part de la majorité, qui mène vraiment une bataille idéologique. On le voit avec l’exemple très parlant de la scandaleuse subvention pour « Murmures de la cité », à Moulins [NDLR : spectacle révisionniste promouvant les valeurs du catholicisme intégriste et de l’extrême droite identitaire mais pourtant subventionné par la Région, ce qui provoqué une vive polémique et une forte mobilisation des collectifs laïques et antifascistes, des syndicats, des partis et élus de gauche].

Le groupe CIC a également critiqué la politique régionale en matière d’adaptation au changement climatique…

Il faut distinguer l’urgence et la politique de long terme. Quand il fait très chaud dans une école ou un établissement de santé, installer de la climatisation, comme l’a fait la Région, peut être nécessaire. Mais face au au changement climatique, installer des climatiseurs, c’est un pansement sur une jambe de bois. Ça ne règle rien sur le fond et ça ne fait pas une politique. Dans les lycées, par exemple, il faut adapter les bâtiments, travailler sur l’isolation, l’urbanisme, les matériaux, les espaces végétalisés.

La même chose vaut pour les forêts. Il faut réfléchir dès maintenant aux essences qui seront capables de supporter le climat de demain, à la gestion de l’eau et à la prévention des incendies. On ne peut pas attendre que les problèmes arrivent pour réagir.

Mais ce côté démagogique, c’est assez typique de la droite. Je rappelle que tous les élus LR de la région ont voté pour la loi Duplomb… Même le député Yannick Neuder qui est pourtant cardiologue, alors que l’Ordre des médecins et tous les syndicats de médecins généralistes ont dit que cette loi était nocive pour les gens.

Aux côtés d’Annie David, de Cécile Dhainaut, et du sénateur PCF Fabien Gay, à Crolles, en soutien aux salariés de Teisseire.

Sur ces questions écologiques, vos positions peuvent pourtant diverger de celles d’autres composantes de la gauche, notamment sur l’industrie. Pourquoi ?

Parce qu’on pense qu’il faut réindustrialiser la région et le pays. Mais il ne s’agit évidemment pas de revenir à l’industrie du XIXe siècle. Il faut produire autrement, réduire les pollutions et anticiper les transformations climatiques. On a parfois des désaccords avec les écologistes sur la manière d’aborder certains projets industriels ou énergétiques. Pour nous, il faut être capables de regarder l’ensemble de la question : quels emplois, quelle production, quelles conséquences environnementales, quels transports, quelle consommation d’énergie ? On ne peut pas simplement opposer industrie et écologie.

Dans une région comme la nôtre, il faut aussi se demander comment on transporte les matières premières et les marchandises. Si on installe une nouvelle activité industrielle mais que tout doit ensuite être transporté par camion, on n’a pas réglé le problème. Il faut donc penser les infrastructures en même temps que les projets.

Même constat sur l’énergie ?

Oui, les besoins vont augmenter avec les véhicules électriques, les pompes à chaleur, la climatisation… Il faut donc réfléchir à un mix énergétique. Mais il n’y a pas une seule solution qui permettra de répondre à tous les besoins. Après, ça ne signifie pas qu’il ne faut rien faire sur les renouvelables, simplement qu’il faut avoir une vision globale, notamment sur l’hydroélectricité et la gestion de l’eau. Et surtout, il faut articuler la question énergétique avec celle de l’industrie et de l’aménagement du territoire.

Ces divergences pèseront-elles dans la perspective des élections régionales de 2028 ?

Forcément. Mais c’est justement pour ça qu’il faut commencer le travail suffisamment tôt. Je pense qu’il faut tout remettre à plat. Je ne suis pas favorable à ce qu’on dise aujourd’hui : « On repart comme en 2021 ». Il faut regarder le rapport de forces, les projets et surtout ce qu’on veut construire pour la région.

En 2021, on a fait une alliance qui n’a pas permis à la gauche d’obtenir le résultat espéré. Les discussions avaient été longues et au final, beaucoup de choses se sont décidées tardivement. Pour la prochaine élection, on devra d’abord définir quelques grands axes qui pourraient constituer le socle d’une nouvelle majorité : les transports, l’aménagement du territoire, les services publics, la formation, l’industrie… Et ensuite seulement, regarder quelles forces peuvent se retrouver autour de ce projet. L’objectif, c’est de construire une véritable alternative, pas simplement d’additionner des logos.

Est-ce que ça veut dire que tu ne souhaites pas reconduire obligatoirement l’alliance entre le PCF et LFI ?

Je ne dis pas qu’il ne faut pas travailler avec les Insoumis. Mais plutôt qu’il ne faut pas considérer que l’alliance de 2021 est automatiquement reconduite. Donc regardons ce qu’elle nous a apporté et ce qu’elle n’a pas permis de faire.

En tant que communistes, il faut aussi qu’on soit capables de travailler avec les socialistes, les écologistes et les autres forces de gauche, en fonction des projets. Les discussions doivent partir des besoins de la région et des habitants. Car on a des désaccords mais aussi des choses en commun. Je pense notamment aux transports. Une région comme Auvergne-Rhône-Alpes doit avoir une véritable politique publique des transports, accessible à tous. C’est un enjeu de pouvoir d’achat, mais aussi d’aménagement du territoire et de transition écologique.

Intervention d’Éric Hours, entouré des élu·es et militant·es communistes (Sylvette Rochas, Jérémie Giono, Amandine Demore, Jad Halwani) à la fête du Travailleur alpin 2026, à Saint-Égrève.

Tu entends justement renforcer le travail des élus communistes dans les douze départements de la région…

Oui. Nous sommes en train de développer des liens entre les élus et les fédérations communistes des différents départements. On veut aller dans les territoires, faire le bilan de ce qui a été fait depuis le début du mandat et regarder ce qui manque. L’idée est de construire un véritable fil rouge de la politique communiste à l’échelle régionale.

Auvergne-Rhône-Alpes compte près de neuf millions d’habitants. C’est une région immense, avec des réalités très différentes. Il faut donc être capable de construire un projet commun sans opposer l’Auvergne aux territoires rhônalpins, ni les zones rurales aux métropoles. Les régions peuvent aussi être des contre-pouvoirs. Quelle que soit la majorité qui sortira des prochaines élections nationales, il faudra des collectivités capables de porter d’autres politiques. On doit donc commencer à travailler dès maintenant.

Et toi-même, envisages-tu de repartir en 2028 ?

Les camarades souhaitent que je reparte. Et pour ma part, je mettrai ma candidature à disposition du parti pour faire un nouveau mandat qui sera le dernier. Je le fais parce que je pense avoir aujourd’hui une connaissance de la Région et des dossiers que je n’avais pas au début du mandat. Je connais mieux les territoires, les mécanismes régionaux, les interlocuteurs… Mais l’essentiel, ce n’est pas ma candidature personnelle, c’est le travail collectif que nous devons construire pour proposer une autre politique régionale.

lundi 21 septembre 2026

Côte d’Ivoire : libération immédiate de Justin Koné Katinan et de tous les détenus politiques

Le Parti communiste français condamne avec la plus grande fermeté l’arrestation et le placement sous mandat de dépôt de Justin Koné Katinan, quatrième vice-président du Parti des peuples africains — Côte d’Ivoire (PPA-CI) et ancien ministre.

Cette arrestation fait suite à une conférence de presse du 3 septembre 2026, où Justin Koné Katinan dénonçait la responsabilité du pouvoir dans l’orpaillage clandestin. Saisi d’une plainte du RHDP, le parti au pouvoir, pour « diffamation, injure et diffusion de fausses nouvelles », le dossier a été requalifié en antiterrorisme : déféré devant la section antiterroriste du tribunal d’Abidjan, il est désormais inculpé d’actes terroristes, d’attentat, de complot contre l’autorité de l’État, de participation à un mouvement insurrectionnel et d’atteinte à l’ordre public.

Ce glissement brutal d’une plainte pour diffamation vers une procédure antiterroriste fait peser de lourds soupçons sur les motivations réelles de cette arrestation. La défense conteste la régularité de la procédure et l’absence de faits précis et individualisés justifiant des accusations aussi graves. Utiliser la législation antiterroriste contre un dirigeant de l’opposition, à la suite de prises de position publiques, constitue une menace directe contre la liberté d’expression, le pluralisme politique et les droits démocratiques.

Cette affaire s’inscrit dans un climat préoccupant de restriction de l’espace démocratique et de criminalisation de l’opposition. La justice ne saurait devenir l’instrument d’un règlement de comptes politique ni le prolongement des intérêts du parti au pouvoir : en démocratie, la critique de l’action gouvernementale, même vigoureuse, ne peut être assimilée au terrorisme ou à l’insurrection.

Le PCF exprime sa solidarité avec Justin Koné Katinan, sa famille, ses avocats, le PPA-CI et les forces démocratiques ivoiriennes. Il exige sa libération immédiate ainsi que celle de tous les détenus politiques, l’abandon des poursuites politiques et le respect des droits de la défense, de la présomption d’innocence et de l’indépendance de la justice.

Le PCF appelle le gouvernement français et l’Union européenne à sortir du silence et à agir en faveur de la libération des détenus politiques et du rétablissement des libertés démocratiques en Côte d’Ivoire.

Le peuple ivoirien n’a pas besoin d’un nouvel engrenage de répression et de revanche. Il a droit à une vie politique pacifiée, à une justice indépendante et à une démocratie dans laquelle aucune voix n’est réduite au silence par la prison.

Paris, le 17 septembre 2026

 

dimanche 20 septembre 2026

Plus de services publics, plus de salaires

Le 29 septembre, les agent·es de la Fonction publique seront en grève et en manifestation à l’appel de tous les syndicats, pour leurs salaires, leurs conditions de travail et les moyens des services publics : pompiers, soignant·es, enseignant·es et celles et ceux qui assurent des missions de services public

Mais cette journée ne concerne pas que les fonctionnaires

Plus de services publics pour mieux vivre, se soigner, se déplacer, faire garder ses enfants, aller à l’école gratuite, accompagner nos aîné·es, faire respecter nos droits au travail, faire face au dérèglement climatique

Nous avons toutes et tous besoin des services publics, comme l’été nous l’a durement rappelé

Et nos besoins augmentent : vieillissement de la population, accès aux soins, transition écologique, nouvelles technologies… Pour y répondre, il faut plus de services publics, plus de personnels et plus de moyens. Les services publics c’est aussi garantir une égalité d’accès aux droits sur tous les territoires.

Faire mieux avec toujours moins ?

L’équation ne tient pas. Quand un service ferme, s’éloigne ou se dégrade, il faut attendre davantage, parcourir plus de kilomètres, souvent renoncer, parfois même être mis en danger… Quand un service devient privé ça coûte plus cher, car le privé lucratif cherche à faire des profits, pas le service public. Réduire les services publics en faisant croire que cela fait faire des économies, c’est faux !

Renforcer les services publics, c’est dynamiser l’économie

L’argent public joue un rôle majeur dans l’économie. Une entreprise ne fonctionne pas toute seule. Pour produire et se développer, elle a besoin d’infrastructures, d’énergie, de salarié·es formé·es, de recherche…

Services et investissements publics participent directement à notre capacité à produire et à développer l’emploi.
Réindustrialiser, réussir l’urgente transition environnementale, répondre aux besoins : cela nécessite des investissements importants.

L’argent existe : quelles priorités ?

Alors que de nouvelles économies sont exigées sur les dépenses publiques, pourquoi les aides aux entreprises échapperaient elles au débat sur l’utilisation de l’argent public ? L’austérité est toujours pour les mêmes, en instrumentalisant des divisions entre celles et ceux qui ont peu et d’autres qui ont encore moins. Dans le même temps les cadeaux aux plus fortunés et les aides publiques aux entreprises privées continuent.

En 2023, les aides publiques aux entreprises représentaient 211 milliards d’euros, soit plus de 6 700 € par seconde, sans contrôle ni conditionnalité.

Les richesses se concentrent toujours davantage : entre 2010 et 2025, la fortune cumulée des 500 plus grandes fortunes professionnelles a connu une hausse de près de 370 % !

La question est donc bien celle de nos priorités : à quoi doit servir l’argent public et qui doit contribuer au financement des besoins collectifs ?

Pour la CGT, il faut une autre répartition des richesses produites : augmenter les salaires, développer l’emploi, renforcer notre protection sociale et financer les services publics dont nous avons besoin.

Public, privé : toutes et tous concerné·es, toutes et tous mobilisé·es 

Près d’un million d’agent·es publics ont vu leur traitement indiciaire baisser (de 15 % en 10 ans) et rattrapé, voire dépassé par le Smic. Dans le privé aussi, augmenter les salaires, préserver et développer l’emploi et améliorer les conditions de travail sont des urgences.

Opposer les salarié·es du public et du privé ne fera pas augmenter les salaires du privé.

Affaiblir les services publics ne protégera aucun emploi.

Le 29 septembre, les agent·es publics seront en grève. Mais les salarié·es du privé sont aussi concernés par les prix qui explosent !

 

samedi 19 septembre 2026

À plus de 500 km de la Fête de l’Huma, les communistes occupent le terrain à la Foire de Beaucroissant (38)


 805 bougies cette année, la Foire de Beaucroissant est l’une des plus vieilles de France. Elle se décline en deux éditions par an, la « petite », en avril, et la « grande », historiquement marquée par son marché aux bestiaux, en septembre. Chaque édition voit le passage d’entre 500 000 et 800 000 visiteurs, venu découvrir les plus de 900 exposants.

Et depuis plusieurs décennies, les communistes de l’Isère y assurent une présence forte, ouvrant l’un des plus importants restaurants de la Foire. L’espace « La Terre / Le Travailleur Alpin » propose des formules moules-frites, choucroute royale, poulet-frites et steak-frites, en plat ou en menu complet, le tout composé exclusivement de produits frais cuisinés sur place par les militant·e·s. Et le succès est au rendez-vous à chaque édition, avec plus de 500 repas servis par jour en moyenne.

Si l’initiative est financière – étant l’une des ressources majeures du média communiste local Le Travailleur Alpin –, elle permet surtout une présence politique concrète sur un évènement populaire majeur.

Outre les affiches, tracts et pétitions du Parti, la foire d’avril est l’occasion d’un débat autour des sujets ruraux, avec ces dernières années la présence remarquée d’André Chassaigne, de Julien Brugerolles ou encore de Jonathan Dubrulle, responsable national de la commission Agriculture/Pêche. Le débat du samedi permet de faire la jointure avec la réouverture, depuis trois ans maintenant, du stand en soirée, sur fond de rajeunissement des effectifs du Parti.

Si la concomitance permanente de la Fête de l’Huma ne permet pas de décliner une formule aussi ambitieuse sur la foire de septembre, celle de cette année aura tout de même vu le lancement officiel de la campagne de Fabien Roussel en Isère. Un lancement qui aura permis de contrebalancer médiatiquement la venue de Jordan Bardella, qui s’est surtout fait remarquer par son fan-club façon StarAcademy bousculant passants et commerçants…

Point de rendez-vous des progressistes, le stand communiste aura aussi été le lieu de ralliement des militantes de la Confédération paysanne, qui distribuaient un tract dénonçant les votes du RN contre les agriculteurs, une autre imposture de l’extrême droite.

La Foire de Beaucroissant est ainsi à l’image de cette France périurbaine, où l’extrême droite progresse sur le dos de la crise, et où les populations pavillonnaires, déjà isolées, sont malheureusement laissées au biberonnage de CNews sans autre alternative. En Isère comme ailleurs, les communistes mènent le combat sur le terrain pour montrer qu’une autre issue est possible, que le « chacun pour soi » n’est pas la solution et qu’il faut penser et agir collectif pour s’en sortir.µ

Jérémie Giono, membre du CN

 

Lien vers la vidéo du JT de France 3 Alpes, à insérer en hyperlien :

https://france3-regions.franceinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/programmes/france-3_auvergne-rhone-alpes_france-3-alpes?id=8776548

vendredi 18 septembre 2026

la section du PCF du Grésivaudan organise un vide-greniers.


 Bonsoir à toutes et tous. Comme chaque année la section du PCF du Grésivaudan organise un vide-greniers. Cette année se sera le dimanche 27 septembre toujours au Cheylas. L'entrée est gratuite, venez chiner en famille et échanger avec les militant-e-s du PCF.

jeudi 17 septembre 2026

Union local CGT du Grésivaudan

Bonjour à toutes et à tous, comme chaque année, l'Union Locale CGT du Grésivaudan organise son concours de pétanque "Challenge du souvenir". Cette année se sera le samedi 19 septembre 2026 toujours au parc Jean Cerantola à Froges. venez nombreuses et nombreux partager un moment convivial.
 

mercredi 16 septembre 2026

La solidarité et le lien social, une ambition politique pour tisser la ville


 De gauche à droite, Vincent Bouget, Laurence Ruffin, Bally Bagayoko et Lucie Castets, en débat à l'Agora de la fête de l'Huma.

« La ville comme bouclier social ? Les nouveaux maires au défi du municipalisme. » C’était le thème d’un débat à la fête de l’Humanité avec Laurence Ruffin, maire de Grenoble, Vincent Bouget, maire communiste de Nîmes, Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis, et Lucie Castets, maire du 12e arrondissement de Paris.


« D’abord se taire. » Se taire pour écouter. Une pratique revendiquée par Vincent Bouget, maire communiste de Nîmes, à l’image de la campagne électorale qui a permis à la gauche nîmoise de l’emporter face au Rassemblement national et à la droite dans une élection qui n’avait rien d’acquise – cas unique en France dans une ville de 150 000 habitants.

Vincent Bouget participait au débat aux côtés de Laurence Ruffin, maire de Grenoble, de Lucie Castets, maire du XIIe arrondissement de Paris et de Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis. Quatre maires, élus dans des configurations différentes : une liste LFI PCF et citoyens face au maire sortant socialiste à Saint-Denis, une liste d’union de la gauche avec un « accord technique » de second de second tour à Grenoble où les élus LFI se sont constitués en groupe d’opposition, une liste d’union de la gauche sans LFI à Paris et une liste d’union à Nîmes à laquelle LFI avait refusé de participer.

À la fête de l’Humanité, Laurence Ruffin, maire de Grenoble, et Philippe Rio, président de la coopérative des élus communistes et citoyens ont été accueillis au stand de l’Isère du PCF, accompagnés de Vincent Bouget, maire de Nîmes.

Des formules différentes qui n’en débouchent pas moins aujourd’hui sur des ambitions similaires, à gauche. Laurence Ruffin note ainsi que « la ville est le bon endroit pour résister et protéger ». Des mesures concrètes ont déjà été prises. À Saint-Denis, Bally Bagayoko évoque la mutuelle communale, la gratuité des fournitures scolaires, ou le vélo offert aux élèves de troisième.« D’abord les gens, avant les gestions économiques », dit-il. Laurence Ruffin insiste sur les politiques du logement, encadrement des loyers, permis de louer, logement d’urgence pour faire face aux situations dramatiques… mais aussi découverte de la montagne pour de jeunes Grenoblois qui en sont privés. Tout comme Lucie Castets cite la « découverte du bois de Vincennes », à proximité immédiate du XIIe arrondissement de Paris. À Nîmes, après vingt-cinq ans de mandat de la droite et face à une extrême droite en course pour emporter la ville, c’est la remise sur pied des services publics – 90 agents du périscolaire viennent d’être déprécarisés pour améliorer tout à la fois leur situation et la qualité du service – et le désenclavement des quartiers populaires – géographique et à tous les niveaux de l’action municipale – qui comptent parmi les priorités.

Le stand de la fédération de l’Isère du PCF a fait le plein trois jours durant. Près d’une centaine de militants mobilisés, pour certains dès la semaine de montage, dans une ambiance des plus chaleureuse.

Au delà des décisions concrètes – il y a du pain sur la planche dans un contexte d’asphyxie budgétaire organisé par les gouvernements successifs – les quatre maires partagent un objectif, pousser les feux du débat avec tous les habitants. « Les élus sont des militants à part entière et nous sommes en campagne permanente », explique Bally Bagayoko qui cite la présence des conseillers municipaux devant toutes les écoles de ville lors de la rentrée scolaire pour rencontrer les parents dans un moment « d’éducation populaire » et ainsi « créer du commun ». « Nous refusons de mettre des étiquettes sur les gens, de penser à leur place ce qu’ils pourraient nous dire, insiste Vincent Bouget, nous voulons tout à la fois entendre, écouter, donner de l’espoir et créer du lien ». Une initiative parmi d’autres, celle de « places communes », la création de « tiers lieux locaux » : « Nous allons voir des habitants, des associations pour leur proposer de se retrouver dans un espace du quartier, discuter de ce qu’ils pourraient faire ensemble, avec le soutien de la ville à des projets qui sont souvent innovants. » Une illustration de ce que Laurence Ruffin appelle de ses vœux : « La ville peut être un laboratoire où l’on invente et on teste des idées nouvelles, comme cela a été le cas à Grenoble avec le mouvement mutualiste ou le planning familial ». Et elle insiste sur des formes inventives de rencontres, par delà la réunion de concertation. « Pendant la campagne électorale à Grenoble, nous avons participé à un match de foot ; cette rencontre a permis une candidature citoyenne sur notre liste », dit-elle. Le chemin pour « retrouver la confiance » des citoyens, espère Lucie Castets.

Des pratiques politiques, des expérimentations, une envie de renforcer ou de renouer le lien avec l’ensemble des habitants de la ville… faire de la politique, en somme. L’ambition de quatre nouveaux maires élus il y a six mois.

Le débat filmé en intégralité

A découvrir sur le site de l’Humanitéhttps://www.humanite.fr/politique/bally-bagayoko/les-nouveaux-maires-au-defi-du-municipalisme-b-bagayoko-l-ruffin-v-bouget-et-l-castets

Laurence Ruffin, maire de Grenoble, et Bernard Ughetto-Monfrin, premier adjoint communiste à la maire de Vizille.
Le stand de la fédération communiste de l’Isère et du Travailleur alpin à la fête de l’Huma 2026.