jeudi 7 mai 2026
Quelle est la situation politique pour les Kurdes en Syrie, Iran, Turquie ?
Syrie : quelle place pour le Rojava, après l’accord passé entre les FDS et le régime de Ahmed al-Charaa, le nouveau président ? Le Rojava peut-il être utile pour penser la coexistence à égalités de droits de différents peuples dans un même État ?
Iran : alors que l’agression militaire menée par Israël et les Etats-Unis permet au régime d’accroître la répression contre la contestation, quel avenir pour la lutte des Kurdes pour leurs droits politiques et sociaux et ceux des autres minorités ?
Turquie : suite à la déclaration de Abdullah Öcalan, le 12 mai 2025, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) a annoncé sa dissolution pour créer les conditions d’une paix durable et d’une solution démocratique à la question kurde. Où en est-on u an après ?
Agit Polat fait le point sur la situation au Moyen-Orient
La Turquie craint que le prochain conflit d’ampleur au Moyen Orient ne la concerne directement.
Il existe un risque de conflit au sujet d’un gigantesque gisement de gaz au large de Chypre qui pourrait égaler celui de la Mer du Nord. Rappelons que Chypre est occupée depuis 1974 et qu’aucun pays n’a reconnu la république turque de Chypre du Nord. L’Égypte, Israël, la Grèce, Chypre et l’UE ont noué des accords pour l’exploitation et la distribution de ce gaz. Le 25 avril 2026, E. Macron a assuré que la France sera aux côtés de la Grèce « quoi qu’il arrive » en cas de menace.
Le coût politique et économique pour la Turquie de laisser faire ces forages est très grand car cela revient d’une part à renoncer à des revenus très importants, et d’autre part à accepter une remise en cause du caractère turc du nord de l’île. D’un autre côté, si la Turquie empêche des bateaux à procéder à des forages, une coalition peut se créer contre la Turquie.
La Turquie est membre de l’OTAN, mais la protection de l’OTAN s’est révélée faible lors des derniers conflits au Moyen Orient. La Turquie analyse le rôle des États-Unis comme une volonté de contrôler les ressources mondiales pour pouvoir faire pression sur la Chine, et n’est pas convaincue qu’ils interviendront pour régler un conflit en Mer Méditerranée. Enfin, la pérennité de la présence des États-Unis au sein de l’OTAN n’est pas acquise.

La Turquie ne souhaite pas se retrouver dans un scénario de conflit international avec la question kurde non réglée. D’où les discussions actuelles entre le Pouvoir turc et les Kurdes. La possibilité que les Kurdes s’inscrivent dans un conflit extérieur pour s’affronter à l’État turc est un scénario redouté. Du côté turc, car cela affaiblirait considérablement l’État turc, du côté des Kurdes car le coût humain serait considérable. D’où la recherche partagée d’un processus de paix réglant la question kurde au sein de la Turquie.
Du côté des Kurdes, plusieurs pas importants concrets ont été faits : renoncement à la lutte armée, dissolution du PKK. Les Kurdes pensent disposer actuellement d’une base politique et social, de députés et de maires, suffisamment solide pour avoir confiance dans la possibilité de gagner des droits, et du coup de renoncer à la lutte armée qui n’était qu’une étape nécessaire.
Du côté Pouvoir turc, rien de concret n’a été fait à ce jour. Il apparait que le MHP, parti d’extrême-droite nationaliste, pousse à une conclusion rapide des discussions, alors que l’AKP, parti islamo-conservateur et parti de R.T. Erdogan, ne fait pas grand chose pour avancer.
Le MHP , troisième parti de Turquie, est présent dans l’appareil politique et administratif, comme la police, santé, les travaux publics, l’agriculture, l’industrie et les transports. Le MHP n’a pas hésité à des moments donnés à réprimer, en tant que tel ou via les Loups gris, les opposants et les Kurdes. Mais ils considèrent qu’il y a un grand danger que la prochaine cible après l’Iran soit la Turquie. Les déclarations au sommet de l’État israélien vont dans ce sens. Il y a donc une question existentielle qui est posée. Le MHP a le souci nationaliste de la préservation de l’État turc.
L’AKP de son côté veut gagner les prochaines élections et se servir des négociations avec les Kurdes comme levier pour obliger les Kurdes à voter AKP. Après l’accession au pouvoir de l’AKP en 2002, l’AKP connait une victoire écrasante en 2011 avec près de 50% des votes, mais à partir de 2011, Le régime de R.T. Erdogan va démanteler des pans entiers de l’État de droit et progressivement changer la nature de l’Etat. le mouvement du parc Taksim Gezi à Istanbul est une réponse à cette évolution, et l’arrivée sur la scène politique du parti HDP (gauche pro-kurde et minorités nationales) va ébranler la main mise de l’AKP qui perd sa majorité en juin 2015. La conclusion de cette séquence va être en 2016 l’emprisonnement de 12 députés du HDP dont Selahattin Demirtas, alors que Selahattin Demirtas a obtenu 10% à l’élection présidentielle de 2014 et 14% aux élections législatives de 2015. Preuve qu’il y a un problème de fond, l’AKP est une nouvelle fois fragilisé électoralement avec sa défaite lors des municipales en 2024 et la montée en puissance du CHP, parti social démocrate nationaliste, qui devient le premier parti (38%) devant l’AKP (36%). En réponse, R.T. Erdogan fait emprisonner Ekrem Imamoğlu, le maire de Istanbul. Il est facile de comprendre que les arrestations ne font pas disparaître le problème. D’où l’idée d’élargir l’assise électorale en gagnant les votes kurdes, et l’importance que les discussions ne se concluent pas avant l’élection présidentielle de 2028. Par ailleurs, R.T. Erdogan a besoin des voix kurdes pour changer la constitution et pouvoir se présenter une 4ème fois. Du coup, il ne veut pas aller trop vite.
D’où les agenda différents du MHP, qui discerne un danger à court terme pour l’État turc, et de R.T. Erdogan qui veut prendre son temps pour garantir le maintien de sa domination sur l’État turc. Il sera intéressant de voir l’évolution des rapports entre le MHP et R.T. Erdogan, car de plus en plus d’États au Moyen Orient adoptent une structure à la fois centralisée avec une personnalité incarnant le pouvoir et des secteurs majeurs de l’économie et de l’État contrôlés par une ou des organisations politiques, hors de tout contrôle démocratique. Dans ce schéma, le gouvernement et les assemblées parlementaires ne servent plus à rien. Dans certaines configurations, la figure centrale peut disparaître : exemple avec le président Abdelaziz Bouteflika en Algérie, où tout le monde savait qu’il ne dirigeait rien, ou encore Mojtaba Khamenei en Iran, qui n’a pas eu d’apparition publique depuis l’attentat qui a tué son père Ali Khamenei, et tout le monde sait que ce sont les Gardiens de la Révolution qui dirigent en réalité.
mercredi 6 mai 2026
Sans surprise, Mélenchon
Personne n’ayant réussi à « faire mieux » depuis 2022, c’est Jean-Luc Mélenchon qui s’y recolle. Pour la quatrième fois.
La candidature de Jean-Luc Mélenchon est désormais officielle. À défaut d’être une surprise, c’est une étape importante dans la campagne présidentielle qui commence. L’annonce a été anticipée, non parce que la situation de guerre, la détérioration du climat et la crise sociale se seraient subitement aggravées, mais parce que le timing propre de la campagne le commande : ne pas laisser le terrain à ceux qui sont déjà partis, Ruffin, Retailleau, Philippe et Villepin. L’annonce contraste avec le cafouillage de la gauche dite « non-mélenchoniste » qui tarde à s’accorder sur le périmètre, le projet et une candidature. Jean-Luc Mélenchon l’a redit : « C’est carré », les insoumis avanceront « sur leur programme, avec leur équipe et leur candidat ».
On n’extrapolera pas à l’excès sur les douze petites minutes d’entretien accordées au 20 heures de TF1 hier soir. Tout n’a pu être dit par le candidat. Relevons quelques premiers points dont on verra comment ils seront confirmés et approfondis, parce que, évidemment, rien n’a été laissé au hasard.
Le personnage « Jean-Luc candidat » est de retour et il cherche à désamorcer les sujets les plus clivants ou sur lesquels les insoumis ne se sont pas fait comprendre. Interrogés sur l’usage de termes qui ont fait polémique comme « racisés », « nouvelle France » ou « grand remplacement », le sage Mélenchon a donné une lecture tirée des sciences sociales, sans portée polémique. Le terme « racisé » ne fait qu’affirmer que le racisme est dans le regard de celui qui regarde l’autre à partir de sa couleur de peau ou de sa religion supposée. « Nouvelle France » n’est qu’un constat des transformations sociales profondes de notre pays (urbanisation, place des femmes, formation…). Le « grand remplacement » est une évidence, celle du renouvellement des générations.
Jean-Luc Mélenchon se veut le candidat qui rassemblera la France en entier, promeut le tous ensemble contre le chacun pour soi. Il n’a pas tort de commencer dès maintenant cette nouvelle explication de texte. Le moins que l’on puisse dire est que, jusqu’à présent, les insoumis n’ont guère été compris. C’est un gros problème quand on veut se faire élire par la majorité des Français qui n’apprécient pas être classés dans la « vieille France ».
Mélenchon ne veut pas que la question du RN soit l’alpha et l’oméga de la campagne. Sûrement parce qu’elle bloque tout débat et empêche la progression de ses idées et de ses propositions. Mais surtout, il ne veut pas que l’ombre portée du second tour détermine trop fortement le premier tour.
Le second point est l’absence totale de référence au rassemblement de la gauche. Ce n’est pas son sujet. Ainsi, il recommande de regarder les visages des membres de son équipe. « Ce sont eux qui constitueront le futur gouvernement. » Il est audacieux de penser que, non seulement Jean-Luc Mélenchon peut être élu, mais que les Français voudront un gouvernement 100% insoumis. Entre cohérence et rassemblement, le réglage n’est peut-être pas encore trouvé.
Enfin, troisième élément marquant de son intervention, son scepticisme sur l’arrivée au second tour du Rassemblement national. Si nombreux sont les Français à douter que le RN soit élu à la présidence de la République, rares sont ceux qui voient le RN éliminé dès le premier tour. La force du RN ne se dément pas, se structure et s’enracine. Il entend tirer profit de la progression des idées d’extrême droite à l’échelle internationale. Pourquoi Jean-Luc Mélenchon émet-il ce doute ? Qui peut vraiment imaginer que cet homme avisé le pense vraiment ? Le candidat insoumis ne veut pas que la question du RN soit l’alpha et l’oméga de toute la campagne. Sûrement parce qu’elle bloque tout débat et empêche la progression de ses idées et de ses propositions. Mais surtout, Jean-Luc Mélenchon ne veut pas que l’ombre portée du second tour détermine trop fortement le premier tour.
Évidemment, empêcher l’élection du candidat RN pèsera dans le choix des électeurs dès le premier tour, comme on vient de le voir à Marseille. Pour que les insoumis aient un espace élargi, ils doivent être premiers à gauche et assez largement pour battre toute candidature de droite. Bref, Jean-Luc Mélenchon peut réussir l’exploit d’une qualification au second tour, soit parce que le RN est éliminé (pardon d’en douter), soit parce qu’il aura prouvé pendant la campagne qu’il peut rassembler la majorité des Français. Difficile équation : mobiliser les siens, gagner des abstentionnistes et ne pas cliver avec les autres.
Dans un débat avec Frédéric Lordon, il a commencé à exposer sa vision : il sera le président qui fera les changements que veut la société. Bref, Jean-Luc Mélenchon veut le changement mais ne brutalisera pas le pays. C’est sûrement cette ligne qu’il va tenir, tentant de faire oublier ou de reléguer au second plan les griefs accumulés ces dernières années. Qui vivra verra.
L’autre 8 mai 1945 à Sétif, Guelma et Khérrata (Algérie)
Vendredi 24 avril avait lieu une conférence à l’amphithéâtre de la maison du tourisme. Le thème était : L’autre 8 mai 1945 » à Sétif, Guelma et Khérrata (Algérie). En Algérie et en France, quelles traces reste-t-il de ce massacre du point de vue de l’histoire et des mémoires ? Pour en débattre deux historiens étaient invités par le collectif du 17 octobre 1961 et soutenu par onze associations.
Daho Djerbal. Maître de conférences en histoire contemporaine au Département d’histoire université d’Alger 2. Ses travaux portent sur la relation entre histoire et mémoire. Il est depuis 1993 directeur de la revue NAQD, revue d’études et de critique sociale. Il est l’auteur de Lakhdar Ben Tobbal, t. 1, Mémoires de l’intérieur, éditions Chihab (2021) et de Lakhdar Ben Tobbal, t. 2, La conquête de la souveraineté, éditions Chihab (2022).
Olivier Le Cour Grandmaison. Maître de conférences en science politique à l’université d’Évry Paris-Saclay, il enseigne au Collège international de philosophie. Il est l’un des initiateurs de la campagne pour la reconnaissance des massacres de Sétif/Guelma/Kherrata comme « crime contre l’Humanité ». Il est l’auteur de La fabrique du roman national républicain, éditions Amsterdam (2025) et de Oradour coloniaux français. Contre le roman national, Les Liens qui Libèrent (2025).
La célébration de la victoire des Alliés contre le nazisme le 8 mai 1945 en Algérie est l’occasion pour les Algériennes et les Algériens de faire entendre leurs revendications. A Sétif, des milliers d’Algériens manifestent et brandissent des pancartes « Libérez Messali » (Messali Hadj, leader nationaliste emprisonné), « Nous voulons être vos égaux », « À bas le colonialisme », « Vive l’Algérie libre et indépendante », et un drapeau qui deviendra le drapeau de l’Algérie indépendante.

La répression contre les Algériens sera féroce : selon les historiens, 10 000 à 45 000 victimes sont massacrées à Sétif, Guelma et Kherrata par la police, la gendarmerie, les milices coloniales armées par les autorités locales, et l’Armée Française, agissant sur ordre de l’exécutif. Bombardements, exécutions sommaires, déportations : le peuple algérien subit un véritable choc ce 8 Mai 1945.
En Algérie et en France, quelles traces reste-t-il de ce massacre du point de vue de l’Histoire et des mémoires ?
Il évoque le contexte actuel avec la montée des extrêmes droites, qui sont plurielles hélas, et la radicalisation des droites de ce gouvernement qui ont un discours de réhabilitation de la colonisation. C’est de la mythologie impériale qui n’a rien à voir avec notre histoire. Il rappelle la loi du 23 février 2005 qui est une exception française car elle a été votée dans un état colonial. Elle n’a jamais été abrogée. L’article premier de la loi stipule : « La Nation exprime sa reconnaissance aux femmes et aux hommes qui ont participé à l’oeuvre accomplie par la France dans les anciens départements français d’Algérie, au Maroc, en Tunisie et en Indochine ainsi que dans les territoires placés antérieurement sous la souveraineté française. » L’article premier d’une loi est de poser la philosophie de cette loi. On aurait pu penser que c’était une main tendue aux populations mais c’est le prologue à une répression féroce qui durera jusqu’en 1962.
Tous les dirigeants qui se succèdent, de Nicolas Sarkozy à François Fillon c’est une interprétation positive de la colonisation. On est sur des thèses au mieux révisionnistes, voir négationnistes. C’est le cas de François Fillon, qui déclarait que la France n’avait pas à s’excuser ni pour la colonisation ni pour l’esclavage, c’est le cas aussi pour Bruno Retailleau qui a eu cette déclaration formidable : « il y a eu des pages noires mais aussi beaucoup de mains tendues. »

A la question posée : La colonisation est elle un crime ? Edouard Philippe répond : Non. Ce mensonge passe pour être la vérité.
Les grands historiens de la colonisations que sont Philippe de Villiers, Nicolas Sarkozy, Jordan Bardella, Marion Maréchal le Pen le développent continuellement.
Olivier Le Cour Grandmaison indique qu’Il faut préciser ce qu’est le 8 mai 1945 . « On peut avoir des débats sur l’interprétation des moments historiques mais les faits existent. Hors tous ceux que j’ai cité ne sont pas d’accord sur les faits, soit qu’ils ne les connaissent pas soit qu’ils les nient. »
En 2024 a été érigé une statue de Bigeard à Toul. Il faut rappeler le rôle de Bigeard pendant la guerre d’Algérie.
Il y a d’un coté des chercheurs qui travaillent sur les faits et de l’autre des idéologues qui prennent beaucoup de liberté sur les faits.
Olivier Le Cour Grandmaison revient sur la conférence de Brazzaville. Elle a été organisée durant la Seconde Guerre mondiale, du 30 janvier au 8 février 1944, par le Comité français de la Libération nationale, afin de déterminer le rôle et l’avenir de l’Empire colonial français. Cette conférence doit fixer la politique de la France bientôt libre en matière coloniale. À l’issue de cette conférence, l’abolition du code de l’indigénat est décidée. Mais l’abolition du travail forcé n’est pas immédiat mais se fera « à terme ». il est décidé que la France doit impérativement conserver son empire pour rester une grande puissance. La France garde l’exclusivité de ses colonies.
Hors la charte des nations unies signée à San Francisco le 26 juin 1945 dans l’article 1 indique «...Développer entre les nations des relations amicales fondées sur le respect du principe de l’égalité de droits des peuples (blancs) et de leur droit à disposer d’eux-mêmes, et prendre toutes autres mesures propres à consolider la paix du monde… ». La France s’arroge le droit de disposer elle même des droits des peuples colonisés.
La manifestation des algériens de Sétif dans le quartier blanc de la ville est une revendication pour réclamer leurs droits, pour l’abrogation des discriminations.

La réaction du gouvernement français va être extrêmement violente pour signifier à tous les peuples colonisés que s’ils demandent l’abrogation des lois coloniales ils vont se heurter aux mêmes types de réponses.
L’état français suspend momentanément la résolution de la charte. Le gouvernement français arme les colons pour rétablir l’ordre colonial. Ces milices coloniales vont commettre des arrestations, des tortures, des exécutions sommaires, vont ouvrir des fosses communes et aussi bruler les corps pour effacer les crimes qui ont été commis. C’est entre 30 000 et 60 000 morts au cour de l’été 1945 à Sétif, Guelma et Khérrata. Il s’agit de crime de guerre car ce sont des civiles et crimes contre l’humanité car c’est le gouvernement qui a donné l’ordre de mater les émeutes. Jusqu’en 1972 au Cameroun la France n’a pas cessé d’être en guerre sur son empire. Au total c’est plus d’un million de morts. En comparaison pendant la 2ème guerre mondiale c’est environ 600 000 morts.
Que faut-il faire ? chercher à rétablir la vérité, demander la reconnaissance des crimes de guerre. L’extrême droite et la droite n’ont jamais accepté la perte de l’Algérie.
Les gauches devraient exiger la reconnaissance des crimes d’états qui ont été commis.
En préambule Daho Djerbal déclare :
« Merci de m’avoir permis de traverser la mer pour vous rencontrer, rencontrer des amis. Je vais vous faire traverser la mer pour voir les évènements vécus de l’autre coté. C’est la même histoire. Il m’a été donné de passer la moitié de mon temps d’historien chercheur, de rencontrer les témoins algériens de cette histoire. Je me suis aperçu qu’on écrivait l’histoire a travers les yeux de l’autre et j’ai donc méthodiquement rechercher les témoignages des miens, des algériens, de ce qu’ils ont vécu. C’est une nouvelle approche qui recoupe ce que vient de dire mon ami et collègue Olivier Le Cour Grandmaison. »
Le vécu des Algériens du 8 mai 1945.
En Algérie de 1939 à 1943 le gouvernement général de l’Algérie qui dépendait de Vichy. Le gouvernement général de l’Algérie a Installer des nouveaux fidèles au régime de Vichy. Cela a entrainé du mécontentement des anciens « élus » algériens, notables qui avaient été trié sur le volet qui donnaient allégeance que précédent gouvernement. Ils passent donc à la contestation c’est le passage de la collaboration à la dissidence. Par rapport au gouvernement français.
Le 8 novembre 1942, les forces anglo-américaines débarquent au Maroc et en Algérie, territoires demeurés sous l’autorité du pouvoir de Vichy et me gouvernement pétainiste est renversé.
Ferhat Abbas publie le Manifeste du peuple algérien, qui demande un nouveau statut pour la « nation algérienne » avec la signature de 28 élus musulmans le 10 février 1943. Le manifeste affirme que l ‘Algérie, par la participation de ces soldats, se tenait aux côtés des alliés contre le nazisme. Il revendique, une fois la paix revenue, un État algérien, associé et fédéré à la France, dans lequel les Européens et les juifs auraient leur place.
Le nouveau gouvernement général de l’Algérie nommé par le Général De Gaulle refuse de prendre en compte le projet, présenté par Ferhat Abbas et les nationalistes modérés au nom de la souveraineté française en Algérie.
Le 8 mai 1945 des manifestations avaient été organisées pour le jour de l’armistice avec défilé et discours, les gens confondez dans leur esprit, la libération de la France et celle de leur propre pays pour la simple raison que les algériens avaient participé à la guerre,
À Sétif la manifestation est conduite par les nationalistes du parti du peuple algérien (PPA), qui demandent l’autonomie depuis 1943, et exigent la libération de leur leader, Messali Hadj.
La manifestation est violemment réprimée. Après la peur et les méfiances, un climat nouveau c’était créé. Alors que le but de la répression sanglante et multiforme était de mater la contestation c’est l’effet contraire qui avait été obtenu.
Puis Daho Djerbal donne lecture de plusieurs témoignages accablants et pour certains épouvantables sur les évènements. Les algériens sont sous le choc.
Le préfet de Constantine ne s’oppose pas aux constitutions de milice de civil, il les mobilise. Un conseil de la milice crée un tribunal illégal, désigné sous le nom de comité de salut public, chargé d’envoyer à la mort, les nationalistes. Ce comité se substitue à la justice, ouvre des prisons. Les personnes sont arrêtées sans contrôle judiciaire et les forces de police et de gendarmerie sont transformées en auxiliaire des milices. Le préfet sort par conséquent de la légalité.
La misère, la sous-alimentation, les maladies décime des milliers de personnes. Plus de 50 % de la population vie au-dessous du seuil de pauvreté estimé par les enquêteurs de l’époque. Un revenu moyen inférieur à 2000 Fr. par an et par famille, dans la plupart des cas, ce revenu est si dérisoire qui ne permet même pas d’atteindre la moyenne de 307 Fr par personne et par an, le prix du blé varie de 70 Fr., Le quintal à 150 Fr. prix plafond le prix de l’or de 40 Fr. à 100 Fr. celui de l’huile de 390 à 700 Fr. La majorité des algériens ne pouvait pas avoir accès à ces denrées. La menace de la famine laisse planer aussi une menace d’insurrection généralisée contre la misère.
Puis la présentation des deux intervenants laisse la place à un débat.
mardi 5 mai 2026
Lettre ouverte à la ministre de la Culture pour le maintien des aides au spectacle vivant
Madame la Ministre,
Nous sommes des professionnels du théâtre et du spectacle vivant. Chaque jour, nous faisons vivre la culture sur l’ensemble des territoires, dans de grandes comme de petites salles, partout avec la même exigence artistique. Chaque jour, nous sommes au contact de toutes les populations, sans distinction d’âge ni de milieu social. À la campagne comme en ville, dans les festivals comme sur l’ensemble des territoires, nous avons la chance d’offrir à nos publics une diversité de création unique.
Mais à quelques semaines du début du festival d’Avignon, nous sommes contraint·es de sonner l’alerte quant aux baisses drastiques qu’a subi le fonds d’aide à l’emploi pérenne, le FONPEPS, si indispensable pour nos secteurs.
Une fois de plus, ce sont les artistes qui vont particulièrement pâtir de la situation. Nous nous alarmons particulièrement, Madame la Ministre, de la fragilisation du dispositif de soutien à l’emploi du plateau artistique pour les salles de petite jauge (APAJ) qui a été réduit de moitié par un décret pris le 30 décembre dernier en catimini, sans aucune concertation.
Depuis 2016, l’APAJ a permis à des milliers de spectacles – théâtre, cirque, musique, danse, etc.- de se créer, en assurant aux artistes et aux technicien·nes des rémunérations conformes à nos conventions collectives, et engendrant ainsi une amélioration majeure des conditions sociales dans notre secteur.
Aujourd’hui, il y a urgence car la remise en cause de ces dispositifs emporte des réalités concrètes et fait peser un risque immédiat, une menace directe pour l’emploi au Festival Off d’Avignon et au-delà. En effet, rien que pour le festival Off d’Avignon, c’est plusieurs centaines de compagnies qui bénéficient de l’APAJ.
La réduction de cette aide de moitié, représente une économie équivalente à moins 0,2 % du budget du Ministère, mais constitue une véritable catastrophe pour nos professions à quelques semaines du festival. Cette décision brutale, prise sans concertation, risque de réduire fortement le nombre de représentations et d’artistes présents sur scène… ce sont des milliers d’emplois qui sont en jeu ! Il y a donc urgence à agir et à nous entendre.
Aujourd’hui, il est plus que jamais essentiel d’affirmer que la culture est une source d’inspiration, d’espoir et parfois de réconfort. Elle crée du lien, elle nous rassemble, et elle permet de faire société. Jour après jour, nos conditions de travail se dégradent, et il devient de plus en plus difficile de proposer la diversité culturelle qui fait pourtant la richesse de notre pays. Il est temps d’écouter la profession dans l’ensemble de ces difficultés.
Ici, nos demandes sont simples, madame la Ministre : l’ouverture rapide d’une concertation sur les critères du FONPEPS et plus largement la modification de ce décret avant le 1er juillet et avant le début du Festival d’Avignon ; ainsi que l’engagement qu’au moins 15 millions d’euros soient consacrés à l’APAJ comme les années précédentes.
Madame la Ministre, vous qui débutez votre mandat, allez-vous permettre à des milliers de spectacles de se produire décemment et des milliers d’artistes de vivre dignement ?
Signer la lettre ouverte ici
Parmi les premiers signataires
Youssouf Abi-Ayad, Vincent Acampo, Mohamed Adi, Christophe Alévêque, Louis Arene, Véronique Ataly, Marion Aubert, Jean-Philippe Azéma, Gregori Baquet, Charles Berling, Audrey Bertrand, Bernard Blancan, Jean-Paul Bordes, Thierry Bosc, Christophe Botti, Elisabeth Bouchaud, Leslie Bourdin, Anne Bouvier, Magali Braconnot, Didier Brice, Vincent Caire, Ivan Calberac, Florence Camoin, Anne Cantineau, Jil Caplan, Jessie Chaton, Arnaud Chéron, Arnaud Churin, Samuel Churin, Annelise Clément, Elodie Colin, Catherine Corsini, Guy-Pierre Couleau, Olivier Coulon-Jablonka, Laurence Courtois, Françoise Cousin, Anne Coutureau, Claire Dabos, Jean-Philippe Daguerre, Harold David, Alexandre De Dardel, Guillaume De Tonquédec, Zazie Delem, Thomas Dolié, Laurent Domingos, Julia Duchaussoy, Gabriel Dufay, César Duminil, Laurent Eyraud-Chaume, Claire Faugouin, Antoine Formica, Cécile Fraisse-Bareille, Alain Fromager, Céline Fuhrer, Christine Gagnepain, Fabien Gorgeart, Raphaëline Goupilleau, Sabine Grislin, Aurélia Guillet, Baptiste Guiton, Eric Herson-Macarel, Frédéric Hocquard, Bérangère Jannelle, Heloise Jouary, Sam Karmann, Nathalie Kousnetzoff, Emmanuelle Laborit, Ludovic Laloy, Eric Laugérias, Jeanne Lazar, Benjamin Lazar, Lazare, Marie Le Cam, Cyril Le Grix, Clémentine Lebocey, Aymeric Lecerf, Sophie-Anne Lecesne, Pierre-Yves Lenoir, Françoise Lépine, Anne-Laure Liégeois, Bernard Malaka, Laura Mariani, Agnès Marietta, Fabio Marra, Olivier Martinaud, Blandine Masson, Rousseau Mathilde, Elizabeth Mazev, Blandine Métayer, Guillaume Meurice, Chloé Morin, Anna Mouglalis, Clotilde Moynot, Didier Mugica, Olivier Neveux, Rose Xanh NguyễN TiếT-Millot, Johanna Nizard, Emmanuel Noblet, Claire Nollez, Cédric Orain, Jean Luc Palies, Etienne Parc, Dominique Parent, Lucas Partensky, Lea Passard, Marie Payen, Richard Pierre, Julie Pietri, Marianne Pommier, Louise Prieur, Rémi Prin, Bruno Putzulu, Olivier Rabourdin, Jean Yves Ravoux, Marie Remond, Pauline Ribat, Laurent Richard, Martine Ritz, Caroline Rochefort, Ivan Romeuf, Aurélien Rondeau, Stanislas Roquette, Hugo Roux, Alain Sachs, Joachim Salinger, Stéphanie Schwartzbrod, Mikaël Serre, Jean-François Sivadier, Frédéric Sonntag, Anne-Élodie Sorlin, Alexandre Steiger, Nicolas Struve, Olivier Talpaert, Sophie Tellier, Bertrand Thamin, Julie Timmerman, Roland Timsit, Charles Tordjman, Panchika Velez, Sara Veyron, Régis Vlachos, Gérard Watkins, Olivier Werner, Émilie Wiest, Lisa Wurmser…
Au plus près de celles et ceux qui créent
L’Humanité a toujours revendiqué l’idée que la culture n’est pas une marchandise, qu’elle est une condition de la vie politique et de l’émancipation humaine.
Face à des politiques culturelles libérales, qui fragilisent le service public de la culture, le journal rend compte de la résistance des créateurs et de tous les personnels de la culture, mais aussi des solidarités du public.
Les partis pris insolites, audacieux, singuliers sont la marque de fabrique des pages culture du journal. Nos journalistes explorent les coulisses du monde de la culture et la genèse des œuvres qui font et bousculent l’actualité.
Guillaume Lissy élu président de la Métropole de Grenoble.
Guillaume Lissy élu président de la Métropole de Grenoble.





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