jeudi 17 septembre 2026
Union local CGT du Grésivaudan
mercredi 16 septembre 2026
La solidarité et le lien social, une ambition politique pour tisser la ville
De gauche à droite, Vincent Bouget, Laurence Ruffin, Bally Bagayoko et Lucie Castets, en débat à l'Agora de la fête de l'Huma.
« D’abord se taire. » Se taire pour écouter. Une pratique revendiquée par Vincent Bouget, maire communiste de Nîmes, à l’image de la campagne électorale qui a permis à la gauche nîmoise de l’emporter face au Rassemblement national et à la droite dans une élection qui n’avait rien d’acquise – cas unique en France dans une ville de 150 000 habitants.
Vincent Bouget participait au débat aux côtés de Laurence Ruffin, maire de Grenoble, de Lucie Castets, maire du XIIe arrondissement de Paris et de Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis. Quatre maires, élus dans des configurations différentes : une liste LFI PCF et citoyens face au maire sortant socialiste à Saint-Denis, une liste d’union de la gauche avec un « accord technique » de second de second tour à Grenoble où les élus LFI se sont constitués en groupe d’opposition, une liste d’union de la gauche sans LFI à Paris et une liste d’union à Nîmes à laquelle LFI avait refusé de participer.

Des formules différentes qui n’en débouchent pas moins aujourd’hui sur des ambitions similaires, à gauche. Laurence Ruffin note ainsi que « la ville est le bon endroit pour résister et protéger ». Des mesures concrètes ont déjà été prises. À Saint-Denis, Bally Bagayoko évoque la mutuelle communale, la gratuité des fournitures scolaires, ou le vélo offert aux élèves de troisième.« D’abord les gens, avant les gestions économiques », dit-il. Laurence Ruffin insiste sur les politiques du logement, encadrement des loyers, permis de louer, logement d’urgence pour faire face aux situations dramatiques… mais aussi découverte de la montagne pour de jeunes Grenoblois qui en sont privés. Tout comme Lucie Castets cite la « découverte du bois de Vincennes », à proximité immédiate du XIIe arrondissement de Paris. À Nîmes, après vingt-cinq ans de mandat de la droite et face à une extrême droite en course pour emporter la ville, c’est la remise sur pied des services publics – 90 agents du périscolaire viennent d’être déprécarisés pour améliorer tout à la fois leur situation et la qualité du service – et le désenclavement des quartiers populaires – géographique et à tous les niveaux de l’action municipale – qui comptent parmi les priorités.

Au delà des décisions concrètes – il y a du pain sur la planche dans un contexte d’asphyxie budgétaire organisé par les gouvernements successifs – les quatre maires partagent un objectif, pousser les feux du débat avec tous les habitants. « Les élus sont des militants à part entière et nous sommes en campagne permanente », explique Bally Bagayoko qui cite la présence des conseillers municipaux devant toutes les écoles de ville lors de la rentrée scolaire pour rencontrer les parents dans un moment « d’éducation populaire » et ainsi « créer du commun ». « Nous refusons de mettre des étiquettes sur les gens, de penser à leur place ce qu’ils pourraient nous dire, insiste Vincent Bouget, nous voulons tout à la fois entendre, écouter, donner de l’espoir et créer du lien ». Une initiative parmi d’autres, celle de « places communes », la création de « tiers lieux locaux » : « Nous allons voir des habitants, des associations pour leur proposer de se retrouver dans un espace du quartier, discuter de ce qu’ils pourraient faire ensemble, avec le soutien de la ville à des projets qui sont souvent innovants. » Une illustration de ce que Laurence Ruffin appelle de ses vœux : « La ville peut être un laboratoire où l’on invente et on teste des idées nouvelles, comme cela a été le cas à Grenoble avec le mouvement mutualiste ou le planning familial ». Et elle insiste sur des formes inventives de rencontres, par delà la réunion de concertation. « Pendant la campagne électorale à Grenoble, nous avons participé à un match de foot ; cette rencontre a permis une candidature citoyenne sur notre liste », dit-elle. Le chemin pour « retrouver la confiance » des citoyens, espère Lucie Castets.
Des pratiques politiques, des expérimentations, une envie de renforcer ou de renouer le lien avec l’ensemble des habitants de la ville… faire de la politique, en somme. L’ambition de quatre nouveaux maires élus il y a six mois.
Le débat filmé en intégralité
A découvrir sur le site de l’Humanité, https://www.humanite.fr/politique/bally-bagayoko/les-nouveaux-maires-au-defi-du-municipalisme-b-bagayoko-l-ruffin-v-bouget-et-l-castets


mardi 15 septembre 2026
Protection sociale complémentaire : les personnels ne sont pas une variable budgétaire !
Alors que les négociations sur la protection sociale complémentaire (PSC) dans la fonction publique hospitalière ont repris, le Parti communiste français soutient les revendications de l’intersyndicale, s’oppose au projet du gouvernement et alerte nos concitoyennes et concitoyens : celles et ceux qui font tenir nos hôpitaux, nos EHPAD et nos établissements sociaux et médico-sociaux ne peuvent être traités comme une variable budgétaire !
Le Parti communiste français demande :
- une couverture de haut niveau, adaptée aux besoins réels des personnels et négociée loyalement avec leurs organisations représentatives ;
- l’intégration immédiate de garanties ambitieuses en matière de prévoyance ;
- l’inscription dans le PLFSS 2027 d’un financement national intégralement compensé aux établissements, sans prélever un euro sur les soins, les emplois ou les salaires.
Le PCF soutient pleinement la mobilisation et les revendications des organisations syndicales de la fonction publique hospitalière.
Il réaffirme enfin que la protection sociale complémentaire ne doit jamais devenir le substitut d’une Sécurité sociale renforcée. Garantir immédiatement de nouveaux droits aux personnels hospitaliers doit aller de pair avec la reconquête d’une Sécurité sociale solidaire, universelle et démocratiquement gérée.
Le gouvernement doit revoir sa copie. Les hospitalières et les hospitaliers doivent être entendus !
Paris, le 9 septembre 2026
Parti communiste français.
lundi 14 septembre 2026
Le milliard de Genevard ou comment gérer l’agriculture à la petite semaine
A la suite d’un été marqué par une sécheresse historique et des canicules à répétition, des milliers d’exploitations agricoles font face à une véritable catastrophe économique. D’après le Mouvement de défense des exploitants familiaux (Modef), 35 000 unités de production seraient gravement fragilisées. Face au risque de faillite, l’Etat joue la carte du plan d’urgence, en débloquant un milliard d’euros pour l’agriculture. Bien que le montant soit salutaire, il demeure largement insuffisant et terriblement inégalitaire, dans la mesure où il profitera d’abord aux agriculteurs et agricultrices ayant souscrit un contrat d’assurance. La Confédération paysanne partage les craintes du Modef en rappelant que 82% des exploitations agricoles ne sont pas assurées, d’où le risque de soutiens prioritairement fléchés en direction d’une minorité de producteurs.
Le Parti communiste français porte une vive critique sur la succession d’annonces gouvernementales en grande pompe à chaque fois que l’agriculture subit une crise. L’Etat, à défaut d’agir, réagit et se contente de jouer les pompiers plutôt que de s’attaquer aux vraies raisons de la crise systémique traversée par l’agriculture française. Cette crise, à la fois économique, sociale, climatique et environnementale est éminemment structurelle. Elle résulte de décennies d’absorption de l’agriculture dans et par le mode de production capitaliste. Du fait d’une baisse tendancielle des prix agricoles et du versement de subventions publiques majoritairement proportionnelles à la superficie et la taille du cheptel, les agriculteurs ont été contraints d’accroître les volumes produits pour maintenir leur revenu. En découle une course aux rendements et à l’agrandissement marquée par le recours croissant aux intrants et au machinisme, rendant les agriculteurs de plus en plus dépendants aux firmes de l’agrofourniture et aux marchés financiers. Une telle trajectoire s’est accompagnée d’une réduction de l’emploi agricole, d’une érosion de la valeur ajoutée créée sur les exploitations et d’importants préjudices environnementaux, notamment climatiques, dans la mesure où l’agriculture demeure le second secteur émetteur de gaz à effet de serre.
L’agriculture n’est bien entendu pas la seule contributrice au dérèglement climatique. Le développement de la logique capitaliste a favorisé des activités visant la maximisation du taux de profit, plutôt que la satisfaction des besoins sociaux et la reproduction durable des ressources naturelles. Il est urgent de changer de paradigme. Verser un milliard par-ci, des millions par-là sans remettre en cause ce modèle agricole revient à gérer l’agriculture française à la petite semaine, sans tenir compte de l’état réel des trésoreries et de la grande vulnérabilité des exploitations agricoles face au dérèglement climatique.
A l’inverse des choix gouvernementaux, le PCF défend une transformation agroécologique d’ampleur. Cette dernière donne le primat à une logique assurantielle, durable et préservatrice, en défendant des pratiques agricoles contribuant à l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre, tout en faisant preuve d’une plus grande robustesse face aux immenses enjeux d’adaptation nécessaires au regard du changement climatique. Cela passe notamment par un soutien très fort à la polyculture-élevage, à la déspécialisation régionale des productions, au maintien et à la restauration des prairies permanentes et des zones humides ou encore au déploiement massif de l’agroforesterie tel que défendus dans le Plan Empreinte 2050 du PCF.
Mais la transformation des pratiques agricoles ne se décrète pas. Elle nécessite la mise en place de filets de sécurité publics, à l’image d’une intervention publique sur les prix et les volumes et l’instauration d’un régime public d’assurance, de prévention et de gestion des risques climatiques, sanitaires et environnementaux tel que défendu par le député communiste du Puy-de-Dôme Julien Brugerolles. A cela s’ajoute, d’une part, la nécessité d’un meilleur partage de la valeur ajoutée agroalimentaire, passant notamment par le rétablissement du coefficient multiplicateur et la mise en place de conférences permanentes territoriales en lieu et place de négociations commerciales qui servent d’abord les intérêts de l’aval des filières. A cela s’ajoute, d’autre part, la nécessité d’installer de nouveaux agriculteurs et agricultrices dans des structures qui soient en phase avec des pratiques agroécologiques dans toutes les productions. Enfin, la mise en concurrence internationale entre agricultures doit cesser, d’où l’opposition franche, déterminée et constante du PCF et ses alliés du Parti de la gauche européenne à l’intégration de l’agriculture aux traités de libre-échange. D’ailleurs, l’interdiction récente d’importations brésiliennes de bœuf et de volaille par la Commission Européenne montre bien le scandale sanitaire et environnemental que représente l’entrée en vigueur de l’accord UE-Mercosur.
Les communistes appellent l’ensemble des agriculteurs à venir échanger avec eux à la Fête de l’Humanité, mais aussi sur les foires et salons afin de parcourir ensemble le nécessaire chemin d’une transformation agroécologique tournant résolument le dos au capitalisme.
Parti communiste français
Paris, le 9 septembre 2026
dimanche 13 septembre 2026
Le sommet de l’OCS à Bichkek
Quelle signification pour les recompositions internationales ?
Le sommet annuel de l’Organisation de Coopération de Shanghaï se tenait les 31 août et 1er septembre à Bichkek, capitale du Kirghizistan. Il a moins attiré l’attention que le sommet de Tianjin l’année dernière et c’est un tort. Ce sommet se place dans une série de grands évènements internationaux qui vont émailler le mois de septembre : sommet des BRICS en Inde les 12 et 13 septembre, visite de Xi à Washington le 24 septembre, suites possibles du ballet russo-américano-ukrainien…
Ce sommet de Bichkek est donc une étape importante. Il n’y a sans doute pas eu de grande décision spectaculaire. Mais il y a plusieurs raisons de s’y intéresser car il cristallise les évolutions internationales et le basculement du monde où des puissances non occidentales gèrent en toute souveraineté leurs propres affaires et où s’impose le multilatéralisme des relations internationales.
- Le sommet annuel de l’OCS s’affirme d’année en année comme un rendez-vous important des puissances internationales ou régionales « non occidentales » du monde eurasiatique. La participation du secrétaire général de l’ONU, Guterres, le démontre. L’OCS regroupe aujourd’hui 10 États du continent eurasiatique. Elle représente aujourd’hui 42 % de la population du globe, et environ 25 % du PIB mondial (avec une représentation très majoritaire de la Chine). Il n’y a pas eu de nouveaux membres intégrés cette année mais un nouvel État partenaire, le Laos. C’est un regroupement permettant une conjonction d’intérêts sur des projets précis, ainsi qu’un échange de vues des principaux États « non occidentaux » de la région sans participation des États occidentaux. C’est donc un des partenariats stratégiques qui cristallisent et qui accélèrent le basculement du monde et les nouveaux rapports de forces internationaux. Le sommet trouve ainsi sa place dans une évolution de fond.
- La déclaration finale réaffirme la place de la charte des Nations unies. Elle appelle à poursuivre la construction d’un « ordre du monde multipolaire » (sans que l’OCS d’ailleurs ne prétende constituer un « pôle ») et à mettre en œuvre la réforme de la « gouvernance économique mondiale », notamment du FMI. Elle exclut « les approches de bloc ». La « lutte contre le terrorisme » y occupe une place importante, ce qui est aux racines de l’organisation. La Banque de développement de l’OCS, créée l’année dernière, est appelée à se développer. Reste à savoir ensuite si l’ensemble des États membres de l’OCS poursuivent des politiques en conformité avec une déclaration dont les principes sont louables.
- Le sommet se situe au Kirghizistan du fait de la présidence tournante de l’OCS. Cela permet de souligner le rôle et l’importance des États d’Asie centrale dans les processus de recompositions internationales. Ce serait une erreur de ne les considérer uniquement sous le prisme de batailles d’influence extérieures comme au temps du « grand jeu » impérialiste du 19e siècle. L’importance nouvelle, dans les leviers de l’impérialisme contemporain, des réseaux de commerce et de ressources, ainsi que la demande en minerais critiques et en uranium, donne à la région un rôle stratégique nouveau. Les États qui la composent n’entendent pas tomber sous l’influence d’une puissance unique. Ils mènent donc une politique multilatérale. Leur développement capitaliste est rapide. Le Kirghizistan a vu son PIB multiplier par trois entre 2021 et 2025. Les recettes financières de l’État ont triplé. La voie ferrée Chine-Kirghizistan-Ouzbékistan contourne à la fois la Russie et l’Iran dans la route entre la Chine et la mer Caspienne puis l’Europe. L’influence des projets de la « Nouvelle route de la soie » est donc considérable. Mais les relations avec la Chine et la Russie n’empêchent pas ces États de renforcer leurs relations avec l’UE ou les USA. Par ailleurs, depuis 2018, des rencontres régulières entre les dirigeants des cinq États d’Asie centrale permettent de résoudre les querelles frontalières. Il s’agit d’un modèle souple de coopérations qui ne passe par aucune institution régionale supranationale. Mais tout cela relève d’un équilibrisme fragile hautement dépendant des tensions internationales que ces États ne maitrisent pas. Ce sont donc toutes les contradictions des recompositions internationales en cours qui se reflètent dans la position des États d’Asie centrale.
- Le sommet de l’OCS est un forum diplomatique, occasion de rencontres bilatérales. La Russie souhaitait démontrer à nouveau qu’elle n’est pas isolée au plan international, ce qui est vrai. Mais le président russe n’est pas reparti du sommet avec beaucoup d’éléments nouveaux, même si, contrairement à ce que dit une partie de la presse, il n’est pas « affaibli ». De la rencontre, courte, avec Erdogan, rien n’a fuité à part le communiqué officiel disant qu’elle n’a « portée strictement sur les sujets bilatéraux », ce qui exclut a priori que le sujet des corridors miniers et céréaliers en mer Noire ait été évoqué. Lors de la rencontre Poutine-Modi, le premier ministre indien a tancé son homologue pour l’inciter à ouvrir des négociations de paix. Il s’agit sans doute là aussi d’une manifestation du multilatéralisme de New Delhi : maintenir des relations avec tout le monde, y compris avec les USA. Est-ce que cela ira plus loin qu’une manifestation de mauvaise humeur ? Les prochains mois le diront mais rien ne semble indiquer, à ce stade, un changement dans les relations économiques entre la Russie et l’Inde. Xi Jinping a, quant à lui, insisté sur le développement des « nouvelles routes de la soie », qui ne regroupent plus seulement un ensemble de hubs commerciaux mais un ensemble de programmes d’innovation pour l’intelligence artificielle ainsi que des programmes techniques et éducatifs.
Nul doute que toutes ces questions seront approfondies lors du sommet des BRICS qui se tiendra à New Delhi la semaine prochaine.
Vincent Boulet
membre du CEN en charge de la paix,
de la défense et des relations internationales
Article publié dans CommunisteS, numéro 1099 du 9 septembre 2026
samedi 12 septembre 2026
Le temps que la jeunesse perd à attendre
En cette rentrée 2026, ils sont 126 652 candidats à s’être retrouvés sans aucune proposition à l’issue de la phase principale de Parcoursup, le 11 juillet. Un chiffre qui donne le vertige. La phase complémentaire, qui se poursuit jusqu’au 10 septembre, n’avait permis à guère plus de 83 000 candidats de décrocher une place l’an dernier. De nombreux jeunes quittent leur cursus après la rentrée.
À quelques jours de la rentrée, les jeunes arrivent la boule au ventre, avec le devoir de choisir leur vie dans l’urgence.
Cette angoisse n’est pas anecdotique. 86 % des jeunes se déclarent inquiets lorsqu’ils pensent à leurs choix d’orientation. Comment pourrait-il en être autrement ? Les jeunes sont de plus en plus exposés à la précarité. Au deuxième trimestre 2026, le chômage atteint 21,6 % chez les 15-24 ans, contre 8,3 % pour l’ensemble de la population active.
Autrement dit, on demande aux jeunes de bien choisir leur orientation sans perspectives d’emploi pour les accueillir.
Une course à l’orientation sans ligne d’arrivée
Face à cela, le gouvernement ressort toujours la même carte.
En 2026, l’exécutif a reconduit les aides aux employeurs qui recrutent des apprentis, principal levier d’attractivité de la filière. Sauf qu’un jeune n’a pas son avenir assuré simplement parce qu’on lui a trouvé une place en apprentissage. Encore faut-il que la formation lui corresponde et qu’un statut juste le protège, lui permettant de se former efficacement et en sécurité.
Une génération qui commence en retard
Derrière les 126 652 candidats de Parcoursup, il y a des jeunes qui attendent, qui doutent, qui actualisent leur dossier en boucle. Des jeunes désorientés.
Derrière les 21,6 % de chômage, une génération commence sa vie professionnelle en retard.
Tout ce temps qu’elle passe à attendre, notre génération ne le consacre pas à l’urgence écologique, à la sécurité de son parcours de vie, à son émancipation. Les gouvernements, qu’ils soient libéraux, sociaux-démocrates ou réactionnaires, ont prouvé leur incompétence et ne savent pas planifier.
Parce qu’à force d’accompagner les jeunes dans l’urgence, on finit par construire une société en retard. Ce n’est pas une fatalité ; c’est un choix de société.
Nadja C-A
Article publié dans CommunisteS, numéro 1099 du 9 septembre 2026
vendredi 11 septembre 2026
"La Terre - Le Travailleur Alpin"
Mise en place du restaurant "La Terre - Le Travailleur Alpin" sur la Foire de Beaucroissant, pâté de campagne et vin mystère : "rien n'est trop bon pour la classe ouvrière" !
jeudi 3 septembre 2026
Sérophobie : quarante ans de préjugés, ça suffit !
Nous exprimons tout notre soutien à Christophe Paco et Nicolas Aragona qui ont entamé une grève de la faim devant le tribunal de Reims pour dénoncer la sérophobie dont ils sont victimes.
La séropositivité est une question de santé. Ce sont l’ignorance, les préjugés et la peur de l’autre qui en font un problème de société. La discrimination liée à l’état de santé n’est pas une opinion : c’est une atteinte aux droits qui relève de la justice.
Depuis le début de l’épidémie de VIH dans les années 1980, les personnes vivant avec le virus sont confrontées aux préjugés, au rejet, aux discriminations et parfois à la violence. Plus de quarante ans après, ces représentations continuent de peser lourdement sur des milliers de vies.
En France, environ 180 000 personnes vivent aujourd’hui avec le VIH. En 2025, plus de 5 000 personnes ont découvert leur séropositivité. Derrière ces chiffres, il y a des femmes et des hommes qui travaillent, aiment, fondent une famille et vivent tout simplement.
La sérophobie, ce sont des personnes qui hésitent à parler de leur séropositivité par peur d’être rejetées. Ce sont des personnes qui peuvent craindre de ne plus être désirées ou aimées si elles révèlent leur statut sérologique. Ce sont des discriminations dans les parcours professionnels, l’accès au logement ou aux soins. Ce sont des regards, des paroles, des attitudes et des violences qui rappellent aux personnes vivant avec le VIH qu’elles sont encore trop souvent considérées à travers leur séropositivité plutôt qu’à travers ce qu’elles sont.
Ces discriminations sont d’autant plus inacceptables que les progrès médicaux ont profondément changé la vie. Une personne vivant avec le VIH et bénéficiant d’un traitement efficace peut aujourd’hui vivre normalement. Lorsqu’elle a une charge virale indétectable, elle ne transmet pas le VIH par voie sexuelle.
Au-delà des progrès médicaux, nous rappelons que chaque année les transmissions d’IST augmentent. Face à cette réalité inquiétante, l’État doit prendre ses responsabilités et renforcer massivement les politiques publiques de prévention, de dépistage et d’accès aux soins.
Nous demandons en outre que la sérophobie soit explicitement reconnue comme une discrimination par la loi du 27 mai 2008, afin de mieux protéger les personnes vivant avec le VIH et de leur garantir l’effectivité de leurs droits.
Nous voulons également renforcer les politiques de sensibilisation et d’éducation sur le VIH, notamment sur le principe « Indétectable = Intransmissible » (I=I), lutter contre les discriminations dans l’accès aux soins, à l’emploi et au logement et donner aux personnes victimes de sérophobie les moyens de faire valoir leurs droits.
Paris, le 26 août 2026
Parti communiste français.
mercredi 2 septembre 2026
Lettre de Fabien Roussel à celles et ceux qui font vivre l’école
Madame, Monsieur,
À l’heure où la rentrée scolaire approche, je me permets de vous adresser ces quelques mots.
Vous faites l’un des plus beaux métiers du monde mais il n’est pas reconnu comme il le devrait.
À quelques mois de l’élection présidentielle, beaucoup de promesses vous sont adressées, tout particulièrement par ceux qui vous ont méprisés ces dernières années. Vous saurez les reconnaître.
Votre rôle dans la société est immense, la question de l'attractivité des métiers de l'éducation est un enjeu majeur. Bien sûr il y a la question des salaires, mais aussi celle des conditions d'enseignement, du statut, notamment pour les AESH, de la formation initiale. Sur toutes ces questions, il faut des changements profonds, à la hauteur de vos missions et de l'enjeu de la démocratisation des savoirs dans toute la société.
Vous seuls savez les moyens importants que la Nation doit avoir l’audace de mobiliser pour faire vivre une belle et grande école publique, garantissant la réussite scolaire à tous nos enfants, qu’ils grandissent dans l’hexagone ou dans les territoires dits d’Outre-mer, en ville ou à la campagne, qu’ils soient en situation de handicap ou pas.
Votre engagement au service de l’école de la République n’est hélas pas reconnu à sa juste valeur : d’ailleurs, tous les ans, vous vous mobilisez pour vos salaires, pour vos conditions de travail et nous sommes à vos côtés.
La baisse démographique, à ce titre, ne doit pas être utilisée pour faire des économies. Au contraire.
Nous avons besoin de plus d’enseignants pour faire reculer les inégalités, pour développer la pensée critique, pour démocratiser l’accès aux savoirs, à la culture, aux sports et affronter les changements de ce siècle.
Les prochaines échéances électorales seront donc importantes pour faire entendre votre voix et faire de l’accès aux connaissances et aux savoirs la priorité du quinquennat à venir.
C’est dans cet esprit que nous nous engageons dans cette bataille : pour redonner de la force et du sens à nos services publics, au sein d’une nouvelle République sociale, laïque, féministe, écologiste.
Face à la menace de l’extrême-droite dont l’école publique n’a rien de bon à attendre, face à l’abstention qui augmente à chaque scrutin, nous vous invitons à vous engager, à nous soutenir.
Nous vous invitons à faire en sorte que la gauche redevienne majoritaire en France et capable de gagner l’élection présidentielle en rassemblant largement nos concitoyennes et nos concitoyens.
Vous pouvez compter sur moi pour faire vivre cet espoir et lui donner de la force.
Je vous souhaite à toutes et à tous, une très belle rentrée.
Chaleureusement,
Fabien ROUSSEL
mardi 1 septembre 2026
Comment travaille la JC ? Le livret de l'ANA 2026
L’Assemblée nationale des animateurs et animatrices du MJCF (ANA) est l’aboutissement d’un long processus d’enquête et de travail mené dans toutes les structures militantes du Mouvement : dans les lycées professionnels et généraux, dans les cités universitaires et les salles de fac, dans les CFA et sur les lieux d’emploi.
Être jeune communiste, ce n’est pas un déguisement. C’est se lever tôt pour distribuer des tracts et se coucher tard après une réunion. C’est prendre contact avec des jeunes, rappeler une nouvelle adhérente ou un nouvel adhérent, lui proposer un café pour parler de notre campagne. C’est faire tout cela avec une ambition : construire, au quotidien, une organisation capable de changer la vie des jeunes et de transformer la société.
Aujourd’hui, nous comptons plus d’une centaine de groupes militants. Cela signifie que, dans plus d’une centaine de lieux en France, nous organisons l’activité : dans des départements où nous sommes forts comme dans d’autres où nous reconstruisons presque de zéro. Ce maillage est une force, mais une force qui se travaille. Notre campagne ne s’anime pas toute seule : elle demande de la rigueur et une capacité collective à voir ce qui fonctionne comme ce que nous devons ajuster. C’est aussi pour cela que nous pouvons être fiers de la manière dont nous construisons nos temps nationaux.
Ce livret restitue les travaux de notre ANA. Il ne clôt pas le processus : il doit permettre de le prolonger. Les discussions, les décisions et les pistes de travail qui y sont rassemblées ont vocation à devenir des points d’appui pour nos fédérations, nos groupes et nos cercles. Elles doivent nous aider à mieux organiser, mieux former, mieux implanter, mieux animer nos campagnes - et à mieux faire vivre le MJCF partout où les jeunes ont besoin d’un outil pour se défendre, se rassembler et se battre.
Faire vivre notre ANA, c’est faire progresser tout le Mouvement. C’est renforcer notre cohérence nationale et donner à chaque adhérente et adhérent un espace d’intervention sur nos pratiques militantes. Au MJCF, il n’y a pas de faux-semblants : la démocratie ne se résume pas aux grandes diatribes performatives et aux affrontements de tendances. Chaque structure militante, chaque fédération, chaque groupe et chaque cercle participe d’une démocratie qui s’exerce à l’échelle nationale. Pas à pas, nous construisons notre démocratie par le travail et le consensus.
Bastien Bonargent
Le lien du livret :
https://cloud.jeunes-communistes.fr/index.php/s/aqAq2MF6XXSCNGL
Article publié dans CommunisteS, numéro 1097 du 26 août 2026









