samedi 17 octobre 2026
Le Mouvement mutualiste ne doit pas être sacrifié
Derrière une prétendue opération de « simplification » et « d’économie », le gouvernement agit en toute autorité pour mettre fin à la délégation de gestion de l’assurance maladie confiée à la MGEN pour les personnels de l’Education nationale. Son objectif est clair : toujours plus affaiblir la solidarité et faire le lit des assurances privées.
Derrière cette décision imposée sans débat ni concertation se joue un affaiblissement historique de la protection sociale pour les 3,5 millions de personnes concernées - actifs, retraités et enfants - et un éloignement du projet fondateur de la Sécurité sociale, arraché de hautes luttes.
Le danger est là ! Cette fragilisation intervient alors que la protection sociale est déjà soumise à une concurrence brutale des assurances privées et de nouveaux acteurs commerciaux. Le développement d’acteurs comme Alan, qui a remporté plusieurs appels d’offres dans la complémentaire et qui vient de nouer un partenariat avec Allianz, doit nous alerter. Car une fois les mutuelles affaiblies sur l’assurance maladie obligatoire, qui empêchera demain de leur retirer progressivement la gestion de la complémentaire ? Qui empêchera les grands groupes privés et les start-up de la protection sociale de prendre leur place ? C’est le scénario que nous refusons : affaiblir le mutualisme aujourd’hui pour mieux livrer demain la protection sociale au marché.
Le gouvernement parle d’environ 100 millions d’euros d’économies par an. Mais il affirme dans le même temps que les 1 000 salarié.es de la MGEN concernés ne perdraient pas leur emploi. Les deux discours sont totalement contradictoires et l’argument mensonger car si l’Assurance maladie reprend l’activité à moyens constants, il n’y aura pas d’économie ! L’objectif est donc bien de supprimer encore des postes et de livrer la MGEN aux appétits féroces de assurances privés.
Et les premières victimes seraient bien les assuré.es. Les cotisations pourront davantage dépendre de l’âge et du risque quand les prestations pourront être tirées vers le bas. Les relations humaines avec les assurés disparaîtront derrière des plateformes numériques. La protection sociale deviendrait un produit que l’on achète selon ses moyens et ses risques. C’est une trahison toujours plus manifeste du principe fondateur de la Sécurité sociale : cotiser selon ses moyens, recevoir selon ses besoins
Le PCF défend une autre voie : celle d’une Sécurité sociale du XXIe siècle avec l’objectif d’aller vers le 100 % Sécurité sociale, c’est-à-dire une protection de haut niveau fondée sur la solidarité.
Notre projet est de renforcer la Sécurité sociale tout en permettant au mouvement mutualiste donc à la MGEN de retrouver une véritable mission : conquérir de nouveaux droits, développer la prévention, agir pour une véritable santé au travail dans l’Education nationale, et développer des établissements de santé et l’accès aux soins.
Nous voulons plus de solidarité, pas plus de marché. Plus de Sécurité sociale, pas moins. Plus de droits, pas une protection sociale à deux vitesses. Le gouvernement doit retirer son projet. Les 1 000 salariés de la MGEN ne doivent être ni licenciés, ni déplacés au gré d’une réorganisation décidée d’en haut. Les 3,5 millions de personnes protégées ne doivent pas subir une dégradation de leurs services. Et le mouvement mutualiste ne doit pas être sacrifié sur l’autel des économies budgétaires.
Paris, le 15 octobre 2026,
Parti Communiste Français
vendredi 16 octobre 2026
Elections palestiniennes : solidarité avec l'OLP et ses exigences
La politique française est hypocrite. Avec le Royaume-Uni, le Canada et l’Australie, elle s’offusque du report des élections alors qu’elle n’a à aucun moment fait pression sur le gouvernement de Tel Aviv pour qu’elles aient lieu dans des conditions correctes.
Le PCF réaffirme sa solidarité avec l’OLP, seule représentante légitime du peuple palestinien, qui exige l’organisation d’élections sur l’ensemble des territoires de 1967, Cisjordanie, Jérusalem-Est et Gaza. Toutes les citoyennes palestiniennes et tous les citoyens palestiniens de la Cisjordanie, de Gaza et de Jérusalem-Est ont le droit imprescriptible de s’exprimer dans un même cadre national unifié politiquement et juridiquement, sans ingérence de l’occupation dans le processus électoral. Rappelons que les élections palestiniennes de 1996 et de 2006 avaient été organisées sur l’ensemble des territoires de 1967, Jérusalem-Est compris, en dépit des mesures arbitraires d’obstruction israéliennes. Il n’y a aucune raison que l’OLP accepte une amputation des territoires de 1967, qui officialiserait la politique criminelle d’annexion et d’épuration ethnique du gouvernement d’extrême droite israélien.
La France doit agir politiquement et diplomatiquement. La politique d’annexion de Benjamin Netanyahou piétine l’orientation que la France a prise avec la reconnaissance diplomatique de l’État de Palestine et la déclaration de New York de juillet 2025. Le gouvernement israélien cherche à empêcher par tous les moyens un État de Palestine de voir le jour dans les frontières du 4 juin 1967, c’est-à-dire qu’il agit contre le droit international.
Quand la France va-t-elle enfin réagir et cesser de laisser faire ? Le gouvernement français doit agir en accord avec ses déclarations, contre les manœuvres de Netanyahou, des colons et de l’armée israéliennes. Il doit exiger que les élections se déroulent librement sur l’ensemble des territoires de 1967.
La France, après les mesures de sanctions contre les produits issus des colonies, doit agir en Europe pour la suspension de l’accord d’association UE-Israël tant que l’État d’Israël ne respecte pas le droit international.
Parti communiste français, 14 octobre 2026
mercredi 14 octobre 2026
Le PCF solidaire du peuple et de la gauche espagnole face à l'offensive réactionnaire
Vendredi dernier, un double décret du gouvernement progressiste espagnol visant à protéger les familles et les jeunes face aux loyers exorbitants, aux expulsions locatives et au manque de protection juridique des locataires, a été rejeté par une très courte majorité de député.e.s.
Ne disposant plus d'un soutien parlementaire suffisant, Pedro Sánchez et son Conseil des ministres ont donc décidé de la tenue d'élections législatives anticipées le 29 novembre prochain.
Lors du vote des décrets, la droite néofranquiste et ultralibérale du Parti populaire et son allié d'extrême droite Vox, ont bien entendu préféré défendre les intérêts des fonds d'investissement, des rentiers, des banques et des agences immobilières, contre les légitimes revendications des familles laborieuses, des personnes en situation de vulnérabilité, des classes populaires et de la jeunesse.
Les conservateurs souverainistes basques et les indépendantistes libéraux catalans, jusque-là soutiens tactiques du gouvernement, ont cette fois voté dans le même sens que la droite nationale, retrouvant ainsi leurs réflexes de classe.
De ce fait, ils mettent aussi fin à la fragile majorité parlementaire dont disposait le gouvernement d'alliance entre le PSOE et les forces de gauche transformatrice.
Les élections se feront dans un contexte de très forte mobilisation populaire suite à l'expulsion médiatisée de Mari Carmen, une femme seule et handicapée âgée de 87 ans, chassée de son appartement par une société d'investissement immobilier.
Depuis son lit d'hôpital, où elle avait été transférée immédiatement après son expulsion en raison d'une dégradation subite de son état de santé, elle avait appelé la jeunesse à résister et à lutter pour ses droits.
Hier, Mari Carmen est décédée.
Pour une très large partie du peuple espagnol, elle s'est convertie en symbole de l'injustice sociale, mais également de la résistance aux spéculateurs.
Bien que le gouvernement ait décidé de faire adopter dans les prochains jours une partie des mesures envisagées dans les décrets en recourant à une formule parlementaire propre à l'Espagne, une journée de grève générale a été décidée pour le 11 novembre prochain par les syndicats majoritaires, en accord avec les organisations de locataires.
Dans un pays où le parc HLM public est pratiquement inexistant, et malgré une augmentation du SMIC de plus de 60 % en quatre ans, le niveau moyen des salaires ne permet en effet plus de faire face aux dépenses de logement privé en proie à une spéculation effrénée.
Ces dernières années, le Parti communiste d'Espagne et son espace pluriel, Izquierda Unida, par leur participation aux gouvernements progressistes successifs, par leur organisation et la mobilisation de leurs militants dans tout le pays, ont contribué à de nombreuses conquêtes et mesures sociales arrachées ces huit dernières années en Espagne : droits des femmes et LGBTQ+, congés parentaux, droit du travail, minimas sociaux, dépendance, augmentation du SMIC de plus de 60 %,… La question du logement montre que le chantier est loin d'être achevé, nécessitant la reconduite d'un gouvernement progressiste et une forte mobilisation dans la rue et au sein du monde du travail.
Le Parti communiste français exprime sa solidarité active et fraternelle avec la classe laborieuse et la jeunesse espagnoles.
Il soutient fraternellement le PCE, Izquierda Unida et le Frente Amplio dans leur combat pour la justice sociale, la démocratie et la paix !
mardi 13 octobre 2026
jeudi 8 octobre 2026
Stop à l'armement du génocide palestinien !
Paix et Justice en Palestine et au Proche-Orient : Le PCF apporte son soutien entier aux actions contre l'exportation d'armes vers Israël et appelle à la journée de mobilisation nationale du 10 octobre.
Les violations permanentes et impunies du droit international contre le peuple palestinien, la poursuite du génocide à Gaza, la colonisation et l'occupation militaire des territoires palestiniens, nécessite une réponse ferme et résolue de la France et de l'Union européenne. Un an après la reconnaissance de l'État de Palestine par la France et les dernières déclarations sur les sanctions contre les produits des colonies, cette action doit franchir un cap supplémentaire.
Le Parti communiste français sera présent aux mobilisations unitaires lancées par 56 organisations et initiera des actions et rassemblements sur tout le territoire, notamment à l'occasion de la grande journée de mobilisation du 10 octobre. La France exporte chaque année environ 20 millions d'euros de matériel et de composantes militaires à Israël, en infraction des traités internationaux.
Nous exigeons un embargo immédiat et total sur les ventes et transferts d'armes et composantes technologiques à usage militaire à destination de l'État d'Israël.
Continuer d'exporter du matériel militaire vers le gouvernement israélien équivaut à une complicité directe avec les crimes et les exactions commises contre les populations palestiniennes. La France doit faire respecter le droit international et mettre immédiatement fin à toute forme de coopération, de soutien matériel ou logistique apporté à l’armée israélienne ou à ses auxiliaires.
Le PCF exige fermement :
- Un embargo strict et immédiat sur toutes les exportations, ventes et transits d'armes, de munitions et de composants militaires vers Israël.
- La protection internationale du peuple palestinien face aux agressions et aux exactions de l'armée et des colons israéliens.
- La fin de l'occupation militaire et de la colonisation, ainsi que le respect strict du droit international.
- L'affirmation et la garantie du droit inaliénable du peuple palestinien à l'autodétermination.
- La suspension de l'accord d'association Union européenne-Israël tant que le droit international et les droits humains fondamentaux sont bafoués.
- Un cessez-le-feu permanent et immédiat, la levée du blocus de Gaza et la libération de tous les otages et prisonniers politiques.
Le PCF continuera à travailler main dans la main avec l’OLP dans le cadre de notre alliance internationale pour les droits du peuple palestinien. Nous appelons également les militants communistes, les salariés-es, la jeunesse et l'ensemble des citoyennes et citoyens à soutenir, participer et se joindre massivement aux rassemblements, manifestations et initiatives prévus tout au long de ce mois d'action, et en particulier le 10 octobre.
Seule la mobilisation populaire pourra engager l'État français à agir concrètement pour imposer la protection du peuple palestinien et le respect du droit international, et pour faire taire les armes. Elle seule pourra ouvrir la voie à une paix juste et durable, fondée sur le droit à l'autodétermination des peuples et permettre la création d'un État de Palestine, aux côtés de l'État d'Israël, dans les frontières de 1967.
mercredi 7 octobre 2026
AUX CÔTÉS DES LYCÉENNES ET DES LYCÉENS
Présidentielles au Brésil - Soutien aux forces de gauche et progressistes !
Le résultat du premier tour des élections présidentielles au Brésil est une terrible nouvelle pour l’avenir du pays. Le candidat arrivé en tête, Flávio Bolsonaro, représente non seulement un agenda de profonde et brutale régression sociale (avec la destruction de pans entiers du service public), démocratique (avec l'amnistie pour les putschistes de 2022, dont son père Jair Bolsonaro) et environnementale.
L’extrême droite a également renforcé son poids au Sénat, ouvrant la voie à des attaques contre le pouvoir judiciaire et en faveur de l’impunité de ses dirigeants.
Comme lors des élections récentes au Honduras, en Colombie, en Argentine ou au Pérou, l’extrême droite a bénéficié d’un soutien direct de l’Administration états-unienne et des réseaux MAGA, combinant menaces de mesures de rétorsion par le gouvernement Trump, ainsi que de *diffusion de fausses informations*. Peu avant le scrutin, l’Agence brésilienne du renseignement (ABIN) avait alerté sur le niveau « critique » des ingérences étatsunienne dans le processus électoral.
S’il arrive au pouvoir, Flávio Bolsonaro remerciera son parrain en abdiquant la souveraineté nationale et en bradant les ressources du Brésil.
Le second tour des élections présidentielles, le 25 octobre, sera donc déterminant pour l’avenir du Brésil. Le PCF renouvelle tout son soutien au président Lula et aux forces de gauche et progressistes dans cette nouvelle bataille qui s’ouvre. Le PCF continuera de travailler main dans la main avec nos partenaires du PT et du PCdoB dans les prochaines semaines pour faire grandir les mobilisations populaires dans nos deux pays, seules à même de rendre la gauche de nouveau majoritaire au sein de la population.
Le 5 octobre 2026,
Parti communiste français
mardi 6 octobre 2026
Antisémitisme : tolérance zéro !
Lundi 28 septembre 2026, un média révélait des écrits du président du Rassemblement national, Jordan Bardella, véhiculant les pires stéréotypes sur les Juifs, le pouvoir et l’argent, révélant chez le jeune militant un antisémitisme obsessionnel.
Si de tels propos – extrêmement graves - étaient avérés, M. Bardella devrait démissionner immédiatement de son mandat européen.
L’antisémitisme est condamné par la loi.
Pour ma part, j’ai déposé en 2022 un projet de résolution à l’Assemblée nationale permettant de durcir la loi existante en prononçant une peine d’inéligibilité contre les personnes condamnées pour racisme, antisémitisme ou incitation à la haine.
Je demande au garde des Sceaux de se saisir de cette affaire et de faire respecter la loi.
Il est temps que des actes forts soient pris contre toute parole, tout acte antisémite et raciste dont l’actualité se fait trop souvent l’écho. Trop de laxisme conduit aujourd’hui à laisser la haine se développer dans les esprits et dans de nombreuses professions.
Depuis l’accession de Marine Le Pen à la tête de son parti, les dirigeants du Front national, devenu Rassemblement national, ont tout fait pour dissimuler l’antisémitisme génétique de leur mouvement et de ses cadres. Les pères fondateurs de son parti, dont Jean-Marie Le Pen lui-même, se sont à plusieurs reprises illustrés par des provocations antisémites ou révisionnistes, dont plusieurs ont fait l’objet de condamnations pénales.
La loi Gayssot de 1994 permet de condamner tout propos raciste, antisémite, xénophobe, discriminatoire.
Elle doit être appliquée. Pour notre part, nous la durcirons pour que les peines soient plus sévères, allant jusqu’à la prison ou l’inéligibilité pour les élus, en fonction de la gravité des faits.
L’antisémitisme, qui a conduit dans notre pays à l’affaire Dreyfus et à la collaboration du régime pétainiste avec les nazis, connaît partout un insupportable regain. Les communistes le combattent avec fermeté et détermination, d’où qu’il vienne. Le combat contre toutes les formes de racisme et de discrimination est constitutif de notre histoire ; il est au cœur de notre action.
Le PCF exprime toute sa solidarité avec nos concitoyens de confession juive et avec tous les républicains heurtés par les propos inacceptables de M. Bardella.
lundi 5 octobre 2026
Stop à l'armement du génocide palestinien !
Paix et Justice en Palestine et au Proche-Orient : Le PCF apporte son soutien entier aux actions contre l'exportation d'armes vers Israël et appelle à la journée de mobilisation nationale du 10 octobre.
Les violations permanentes et impunies du droit international contre le peuple palestinien, la poursuite du génocide à Gaza, la colonisation et l'occupation militaire des territoires palestiniens, nécessite une réponse ferme et résolue de la France et de l'Union européenne. Un an après la reconnaissance de l'État de Palestine par la France et les dernières déclarations sur les sanctions contre les produits des colonies, cette action doit franchir un cap supplémentaire.
Le Parti communiste français sera présent aux mobilisations unitaires lancées par 56 organisations et initiera des actions et rassemblements sur tout le territoire, notamment à l'occasion de la grande journée de mobilisation du 10 octobre. La France exporte chaque année environ 20 millions d'euros de matériel et de composantes militaires à Israël, en infraction des traités internationaux.
Nous exigeons un embargo immédiat et total sur les ventes et transferts d'armes et composantes technologiques à usage militaire à destination de l'État d'Israël.
Continuer d'exporter du matériel militaire vers le gouvernement israélien équivaut à une complicité directe avec les crimes et les exactions commises contre les populations palestiniennes. La France doit faire respecter le droit international et mettre immédiatement fin à toute forme de coopération, de soutien matériel ou logistique apporté à l’armée israélienne ou à ses auxiliaires.
Le PCF exige fermement :
- Un embargo strict et immédiat sur toutes les exportations, ventes et transits d'armes, de munitions et de composants militaires vers Israël.
- La protection internationale du peuple palestinien face aux agressions et aux exactions de l'armée et des colons israéliens.
- La fin de l'occupation militaire et de la colonisation, ainsi que le respect strict du droit international.
- L'affirmation et la garantie du droit inaliénable du peuple palestinien à l'autodétermination.
- La suspension de l'accord d'association Union européenne-Israël tant que le droit international et les droits humains fondamentaux sont bafoués.
- Un cessez-le-feu permanent et immédiat, la levée du blocus de Gaza et la libération de tous les otages et prisonniers politiques.
Le PCF continuera à travailler main dans la main avec l’OLP dans le cadre de notre alliance internationale pour les droits du peuple palestinien. Nous appelons également les militants communistes, les salariés-es, la jeunesse et l'ensemble des citoyennes et citoyens à soutenir, participer et se joindre massivement aux rassemblements, manifestations et initiatives prévus tout au long de ce mois d'action, et en particulier le 10 octobre.
Seule la mobilisation populaire pourra engager l'État français à agir concrètement pour imposer la protection du peuple palestinien et le respect du droit international, et pour faire taire les armes. Elle seule pourra ouvrir la voie à une paix juste et durable, fondée sur le droit à l'autodétermination des peuples et permettre la création d'un État de Palestine, aux côtés de l'État d'Israël, dans les frontières de 1967.
Paris, le 22 septembre 2026
Parti Communiste Français
dimanche 4 octobre 2026
Au Brésil, des élections cruciales pour l'avenir du pays et du continent américain
Les 4 et 25 octobre 2026, les Brésiliens seront appelés à voter six fois pour élire, au cours du même scrutin, le président de la République fédérative du Brésil, le gouverneur de leur État, deux sénateurs, un député fédéral et un député d’État.
Le Brésil dispose d’un système électoral très fiable, moderne et unifié, sous contrôle citoyen. Le vote obligatoire est effectué lors de scrutins réalisés avec une urne électronique, autonome, non connectée, susceptible d’être installée dans les contrées les plus reculées. Chaque parti est représenté par un numéro à deux chiffres, décliné ensuite avec plus de numéros pour les candidats locaux, une couleur, un logo. Le citoyen peut modifier son vote avant de le valider. L’urne est installée et placée sous l’autorité d’un président de bureau de vote et d’assesseurs qui s’assurent du bon déroulement du vote, proclament localement le résultat et le transmettent au niveau collecteur. De l’enregistrement à la validation des candidatures, puis à la supervision du scrutin, toutes les opérations sont contrôlées par le Tribunal supérieur électoral (TSE).
Un système bien plus satisfaisant que celui des États-Unis d’Amérique (EUA), par exemple, où chaque comté a ses propres procédures, des machines différentes, un dépouillement plus souvent effectué par des administratifs hors du bureau de vote qu’effectué sur place sous contrôle citoyen, ce qui n’empêche pas Trump de s’attaquer au système brésilien.
Un contexte difficile
Les prétentions nord-américaines à soumettre et mater toute opposition à leur domination dans leur « arrière-cour » ont été réaffirmées bruyamment et explicitement par Trump, comme l’a démontré le spectaculaire enlèvement du président du Venezuela, Nicolas Maduro.
Le soutien nord-américain aux menées d’extrême droite dans les pays voisins a connu de récents succès dans les pays de la région, malgré d’importantes capacités de résistance, avec des personnages improbables que Javier Milei en Argentine ou Abelardo de la Espriella en Colombie, mais aussi intégrés aux oligarchies locales, comme José Antonio Kast, un fils de criminel nazi allemand au Chili ou Keiko Fujimori, fille de dictateur d’extrême droite au Pérou.
Les ingérences des États-Unis au Brésil ne datent pas d’hier, les vieilles méthodes de la CIA qui ont fait recette sont toujours utilisées : fausses rumeurs, calomnies, dénigrement des institutions, provocations au désordre… De vieilles méthodes qui s’appuient aujourd’hui sur les nouvelles technologies de l’information et de la communication sociale.
L’ABIN, le service de renseignement brésilien, a alerté sur le niveau « critique » d’ingérences étrangères provenant des États-Unis, elles ont aussi été décrites par un historien dans un article du quotidien britannique The Guardian. Aujourd’hui c’est notamment la Cour suprême brésilienne (susceptible de valider un coup d’État) qui est mise sous pression et vilipendée par l’extrême-droite.
Le rôle important du Brésil au sein des BRICS, comme la richesse du sous-sol en terres rares et en hydrocarbures, disent, à eux seuls, assez l’importance géostratégique et économique du Brésil pour les EUA. Faire basculer la plus grande économie latino-américaine, qui réalise la plus grande part de ses échanges commerciaux internationaux avec la Chine (171 milliards de dollars par an, contre 83 milliards avec les EUA) altérerait grandement le panorama politique de la région, laissant les gouvernements progressistes du Mexique et de l’Uruguay bien seuls face à l’impérialisme brutal de Trump.
Une campagne au coude-à-coude
Comme pour gouverner, la candidature de Lula repose sur trois niveaux d’appui :
- La fédération des partis de gauche (sorte de supergroupe parlementaire) « Brésil de l’espérance », composée du Parti des travailleurs (PT), du Parti communiste du Brésil (PCdoB), et du Parti vert (PV).
- Une coalition électorale regroupant, au-delà de la fédération, des partis sociaux-démocrates ou de centre gauche comme le PSB, parti du vice-président Geraldo Alckmin , le PDT affilié à l’Internationale socialiste, ou encore le PTB...
- Une « base de gouvernement » élargie à des partis du centre (Centrão, ou « gros centre »), c’est-à-dire de centre droit comme les partis PMDB ou União Brasil, permettant aussi des accords locaux pour l’élection de gouverneurs, sénateurs ou députés.
À gauche, Lula se présente donc comme une candidature de rassemblement, d’autant plus populaire quand il affirme des positions fermes pour la défense de la souveraineté face à l’arrogance de Trump, mais n’arrivant pas à capitaliser sur des avancées fiscales significatives, telles que la suppression de l’impôt sur le revenu pour les salariés gagnant jusqu’à trois fois le salaire minimum. Dans un contexte de fort consumérisme, les jeunes qui n’ont pas connu les gouvernements néolibéraux peuvent penser que les acquis sociaux comme le service public de santé universelle, le SUS, ou le développement des universités fédérales comme étant garantis, alors même qu’ils seront les premières cibles de gouvernement néolibéraux ou d’extrême droite.
La droite (PSD, PP, DEM...) avait profité du déclin de la figure de Bolsonaro après sa condamnation et engrangé d’assez bons résultats lors des dernières municipales, mais n’a pu s’accorder sur un candidat susceptible d’emporter la présidentielle. Il pourrait toutefois conserver un poids prépondérant au Congrès (Assemblée fédérale et Sénat).
L’extrême droite s’est rassemblée non sans mal derrière un des fils Bolsonaro, alors que l’épouse Bolsonaro ou le gouverneur de Sao Paulo, Tarcisio de Freitas, avaient pu caresser l’idée d’une candidature. L’appui de Trump sans doute a été décisif et demeure le grand argument d’un camp qui défile avec les drapeaux des EUA, d’Israël, voire d’Argentine.
L’extrême droite peut compter sur de puissants relais médiatiques, les réseaux sociaux en premier lieu utilisés à leur service dans la bataille idéologique et les fausses nouvelles allant jusqu’à inverser les charges. Ainsi, de l’énorme scandale boursier, né à l’époque de Bolsonaro, autour d’un banquier proche de l’extrême droite et notamment de la famille Bolsonaro, ayant arrosé aussi des proches de la Cour suprême, et causé un préjudice de milliards de reais. C’est cependant à… Lula que l’on reproche un manque de vigilance et auquel on attribue la corruptio, alors même qu’il est complètement étranger aux montages du personnage.
Les media TV, ceux des Églises évangéliques Record et autres, ou la très conservatrice TV Globo dans l’opposition à Lula depuis toujours, ne manquent pas de reprendre nombre des accusations. Les Églises évangéliques et les forces de répression restent d’importants relais d’opinion pour l’extrême droite.
À l’heure où, malgré tous les scandales qui lui sont attaché, Flavio Bolsonaro est donné à égalité avec Lula, les militants de gauche ont donc fort à faire sur le terrain pour alerter et expliquer tous les périls, mobiliser sur les objectifs sociaux et d’indépendance nationale, préparant avec leurs proches et dans les quartiers populaires un travail de terrain, distribuant des « colinhas », sortes d’antisèches avec la série des numéros des candidats les mieux à même de défendre leurs intérêts.µ
Henri Blotnik, membre du collectif Amérique latine du secteur international
Article publié dans CommunisteS, numéro 1102 du 30 septembre 2026
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