mardi 20 février 2018

Services à domicile et en EHPA, nouvelle journée d'action le 15 mars

Communiqué de l'intersyndicale des services à domicile et en établissements (EHPA, EHPAD, USLD, hôpitaux gériatriques) pour personnes âgées.
"Le 30 janvier, partout en France, des dizaines de milliers de professionnels de services à domicile et établissements pour personnes âgées ont répondu à l’appel à la grève nationale de l’intersyndicale, soutenue par l’AD-PA et les organisations des retraités et familles.
En dépit d’un mouvement d’opinion aussi large et sans précédent, le Président de la République ne s’est toujours pas exprimé sur la situation de l’aide aux personnes âgées.
Or il est temps que l’Etat entende la nécessité de :
- Mettre en place un financement pérenne et solidaire de l’aide à l’autonomie.
- Pérenniser le financement de l’aide à domicile, abroger les dispositions législatives baissant les dotations des établissements et maintenir de tous les effectifs
- Augmenter le temps passé auprès des personnes âgées à domicile et appliquer le ratio d’un personnel pour une personne accompagnée en établissement (prévu par le Plan Solidarité Grand Age de 2006)
- Revaloriser les salaires, améliorer les carrières et les conditions de travail des personnels à domicile et en établissement dans le cadre du statut et des Conventions Collectives Nationales.
Au-delà des mesures d’urgences nécessaires, un débat politique large débouchant sur la création d’une prestation autonomie doit être initié afin que notre société réponde enfin dignement au respect dû à la question du vieillissement de la population et aux professionnels qui les accompagnent. Il s’agit ainsi d’engager une large réflexion sur le regard que porte notre société sur le vieillissement, les personnes âgées et les salariés à leur service.
En conséquent, CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO, SUD, UFAS et UNSA, soutenues par l’AD-PA et rejointes depuis par la FSU et FA-FP, organiseront une nouvelle journée de grève et d’actions le 15 mars prochain.
L’intersyndicale et l’AD-PA, soutenues par les organisations de retraités et familles, ainsi que, désormais, par celles d’aidants et médecins, appellent l’ensemble des personnes âgées, familles et professionnels à se joindre à cette journée de mobilisation."

lundi 19 février 2018

Logement : ce que fait Macron – et ce qu’il faut faire

Le projet de loi « Logement » du gouvernement propose un ensemble de réformes dont l’un des objectifs annoncés est de « simplifier » les procédures d’attribution de logements sociaux et l’accès au logement en général. Dans la réalité, austérité oblige, l’objectif réel du gouvernement est de réaliser des économies sur le dos des locataires – au profit du secteur privé.
Après avoir baissé les APL de 5 euros par mois pour l’ensemble des locataires, le gouvernement s’attaque spécifiquement aux locataires des HLM, en baissant leurs APL de 50 à 60 euros. En théorie, ces coupes sont censées être compensées par des baisses de loyer.

Destruction du logement public

Etrangement (ou pas !), les propriétaires du secteur privé ne se montrent pas très coopératifs. Concernant le secteur HLM, il s’agirait de demander d’abord aux bailleurs sociaux de baisser leurs loyers, entraînant une baisse des APL équivalente. Mais cette baisse conséquente des APL et des loyers risque surtout de mettre en difficulté les organismes HLM les plus fragiles, au bénéfice des plus gros. Cela pèsera négativement sur leurs capacités de rénovation et de réinvestissement dans de nouvelles constructions, alors que les subventions directes de l’Etat pour le logement social ont déjà été divisées par six entre 1999 et 2015. En réponse, le projet de loi propose de faciliter la vente du foncier du parc social pour financer de nouvelles constructions ! Donc, ce sont les capitalistes du secteur privé qui en sortiront gagnants.
Le reste des propositions comprises dans le projet de loi Logement n’est qu’un ensemble de « mesurettes ». Par exemple, face aux difficultés de logement des jeunes, le gouvernement nous ressort la vieille rengaine de « l’habitat intergénérationnel », qui existe déjà et qu’il souhaite développer. Il s’agit de faciliter, par des mesures fiscales, l’hébergement de jeunes chez des personnes âgées. Merci pour l’autonomie des jeunes ! Au passage, tout se tient : en coupant dans les retraites, les gouvernements successifs ont créé les conditions d’un tel « marché », puisqu’un nombre croissant de personnes âgées ont du mal à boucler les fins de mois.

Rien pour les SDF et les mal-logés

Ces réformes n’amélioreront en rien la situation des millions de personnes mal logées et des 150 000 SDF que compte le pays. Selon l’Observatoire des inégalités, 4 millions de personnes souffrent de mal-logement et 12 millions de personnes sont touchées à divers degrés par la crise du logement. Le logement est, en outre, un des postes de dépenses les plus importants : 10 % des ménages (les plus pauvres) y consacrent jusqu’à 50 % de leurs revenus.
Cette situation est une preuve, parmi bien d’autres, de l’incapacité du système capitaliste à répondre aux besoins sociaux les plus élémentaires. L’accès à un logement décent devrait pourtant être un droit fondamental. L’une des principales causes de cette situation, c’est que la pénurie de logements est profitable aux capitalistes, car elle fait grimper le prix du mètre carré des logements. Les spéculateurs ont donc tout intérêt à maintenir des logements vacants.

Nationalisations

Seul un vaste programme de construction de logements sociaux, de chambres universitaires, d’habitats spécifiques pour personnes âgées ou en situation de handicap permettrait à chacun de se loger correctement. De même, la rénovation du parc de logements existants devrait être une priorité, pour mettre un terme au mal-logement, aux situations de précarité énergétique – et pour que tous les logements soient enfin en adéquation avec les normes environnementales.
Mais ce vaste plan de construction ne doit pas être un moyen pour une poignée de grands groupes capitalistes de réaliser d’importants profits. Les grands groupes de l’industrie du bâtiment et les sous-traitants les plus importants du secteur doivent être nationalisés et placés sous le contrôle démocratique de la collectivité. Les grands groupes du secteur immobilier – qui spéculent sur les logements vides – devraient aussi être nationalisés. Ces nationalisations ne doivent pas être des rachats, mais des expropriations, sans indemnisation pour les gros actionnaires.
Enfin, face aux prix excessifs des loyers, il est nécessaire d’imposer leur gel immédiat. Des commissions composées de représentants de syndicats et d’associations de défense des locataires pourraient être mises en place afin de valider le montant des loyers. Le droit des propriétaires de demander des justificatifs de revenus, le paiement de plusieurs mois de loyer à l’avance ou le versement de cautions excessives, qui pénalisent les familles et les particuliers à faibles revenus, devrait être supprimé. De même, il faut supprimer les restrictions d’accès aux logements sociaux, qui écartent trop souvent les familles les plus pauvres.
Ces mesures constituent le seul programme sérieux pour garantir à chacun l’accès à un logement correspondant à ses besoins.

Jumel (PC) plaide pour "une addition des convergences" avec la France insoumise

Sébastien Jumel, député communiste de Seine-Maritime, est l'invité politique du Soir 3 ce dimanche 11 février.
"En matière économique et sociale, sur le pouvoir d'achat, on entend la colère des territoires, des retraités et des communes abandonnées et humiliées", diagnostique le député normand Sébastien Jumel.
"Ce gouvernement a fait le choix d'aller vite quand il faut câliner la finance et de ne pas se presser lorsqu'il s'agit de donner des signes à la France qui souffre", poursuit-il dans le Soir 3 ce dimanche.
"L'hôpital est malade"
"Les retraités prennent conscience que la hausse de la CSG est punitive. La ruralité se sent abandonnée avec des classes et des services publics qui ferment. L'hôpital est malade. Il y a de la souffrance chez le personnel hospitalier", détaille le communiste.
Avec la France insoumise, "le PC mène des combats communs. Il faut une addition de convergences. Il faut mettre l'accent sur ce qui nous ressemble", plaide Sébastien Jumel qui souhaite, qu'avant les élections européennes, le parti réfléchisse à "ses erreurs stratégiques et modifie considérablement les pratiques et la direction nationale pour avoir davantage de cohérence, d'offensivité et une meilleure lisibilité".

dimanche 18 février 2018

Denise Meunier : « Je suis insoumise depuis 1941 et je le suis toujours… »

Surtout, ne pas se fier à son grand âge - elle a eu 100 ans, le 6 janvier - et à sa silhouette frêle… Denise Meunier, récemment fêtée lors d’une cérémonie organisée par la municipalité (notre édition du 28 janvier), est une force de la nature. Mieux, une femme de convictions. Co-présidente de l’Association nationale des anciens combattants et amis de la Résistance (Anacr), chevalier de la Légion d’honneur, cette ancienne institutrice, installée sur la commune depuis une trentaine d’années, nous raconte son parcours de résistante et de militante lors de la Seconde Guerre mondiale. Une période « agitée, exaltante et douloureuse car j’ai aussi perdu des amis ».
Vous êtes née en janvier 1918 à Paris, une époque où les bombardements étaient craints sur la capitale…
Mes parents travaillaient à Paris : mon père était sommelier et ma mère, une Belge Wallonne, était caissière. À ma naissance, et jusqu’à l’armistice, j’ai été placée en nourrice, à Montargis. Ma mère craignait les bombardements par la grosse bertha […] Nous étions une famille de commerçants, pas plus engagés que cela politiquement. En revanche, ma mère tenait à mon éducation religieuse. J’ai été baptisée mais j’ai cessé d’aller à la messe quand j’ai été en âge de réfléchir par moi-même. Ensuite, nous sommes partis à Rouen en 1926.
1935, c’est une autre date importante pour vous.
C’est l’année où j’entre à l’École normale d’Institutrices de Rouen (première au concours d’entrée, ndlr), j’avais 17 ans. Intégrer cette école, c’était aussi intéressant financièrement : les élèves, internes pendant trois ans, étaient logés, nourris. J’ai aimé cette époque car j’avais des professeurs sympathiques, communisants aussi (rires), qui m’ont beaucoup élargi l’esprit avec leurs idées autour de la solidarité, la liberté, la justice.
Puis vous sympathisez avec des communistes…
Avec cinq amies normaliennes, nous avions sympathisé avec des communistes, et faisions partie d’un groupe, informel, où nous discutions du monde… À l’école normale, il était interdit de faire de la politique et encore moins du syndicalisme. Nous discutions le soir, après le repas, mais nos réunions ont été découvertes… Nous étions passibles de renvoi ! Tout ce que l’on lisait, y compris les journaux, était contrôlé […] On avait une directrice très autoritaire […] Un jour, elle a voulu annuler un voyage de fin d’année pour lequel nous demandions une participation aux élèves. Quand je l’ai su, j’ai pris la décision de rembourser aux élèves la part qu’ils avaient versée. Quand la directrice a appris cela, elle m’a convoquée. Alors que je commençais à lui dire “Je pensais que”, elle m’a répondu “Mademoiselle, vous n’avez pas à penser. Ici, c’est moi qui pense…” Cela a été, je pense, un des éléments fondateurs dans ma vie.
« Je suis déçue de la société actuelle » « Je suis plutôt déçue de la société actuelle. Je pensais qu’on allait aller vers une société de solidarité, de liberté, de justice mais c’est tout le contraire. Et avec les lois travail, maintenant… Le mode de vie actuel fait que les gens se renferment de plus en plus sur eux-mêmes. Nous sommes dans une société très individualiste où l’on ne se préoccupe pas beaucoup de son voisin. Mais s’il n’y a pas de solidarité, ça ne peut pas avancer ! Regardez la situation des migrants. Ce sont des gens qui fuient la guerre ou la misère, souvent les deux. Il est normal de les accueillir dignement. J’étais de celles et ceux qui sont allés voir les migrants sur le campus en décembre dernier. Il faut intervenir, c’est important ».
À 25 ans, le FTP (Francs-tireurs partisans) vous demande d’être agent de liaison…
Oui et je n’ai pas hésité. À ce moment-là, je passe d’une Résistance civile à une Résistance armée où je deviens, en quelque sorte, complice d’actes militaires. Je transportais des documents et aussi des armes […] Un jour, en gare de Rouen, un contrôle monstre est organisé et tous les bagages sont fouillés, même ceux des femmes, ce qui ne se faisait pas habituellement. Or, je transportais deux revolvers dans une mallette. J’ai alors raconté que j’étais allée apporter des provisions dans ma famille et que, comme j’étais bien chargée, un voyageur m’avait proposé de porter mes provisions et que moi, je l’avais débarrassé de sa mallette… J’ai été amenée au commissariat où j’ai été interrogée. C’était en décembre 1943. J’ai été déférée devant un juge, internée ensuite à la prison Bonne nouvelle de Rouen pendant quatre mois. Ce n’était pas drôle, bien sûr, et le risque, surtout, c’était la déportation… En mars 44, je suis libérée sans jugement (un bombardement aérien anglais détruit le centre nazi et tous les interrogatoires). Je retrouve un poste d’enseignante à Quincampoix (Seine-Maritime) en mars, je me tiens tranquille quelques semaines. Après le Débarquement, je reprends le service résistant, dans la clandestinité complète cette fois, et je préviens mon inspecteur d’académie qu’il n’allait pas me voir beaucoup (rires)… J’édite alors les tracts et les journaux clandestins jusqu’à la libération de Rouen en août 1944.
« Je suis déçue de la société actuelle » « Je suis plutôt déçue de la société actuelle. Je pensais qu’on allait aller vers une société de solidarité, de liberté, de justice mais c’est tout le contraire. Et avec les lois travail, maintenant… Le mode de vie actuel fait que les gens se renferment de plus en plus sur eux-mêmes. Nous sommes dans une société très individualiste où l’on ne se préoccupe pas beaucoup de son voisin. Mais s’il n’y a pas de solidarité, ça ne peut pas avancer ! Regardez la situation des migrants. Ce sont des gens qui fuient la guerre ou la misère, souvent les deux. Il est normal de les accueillir dignement. J’étais de celles et ceux qui sont allés voir les migrants sur le campus en décembre dernier. Il faut intervenir, c’est important ».
En juin 1940, l’armée allemande entre en France par les Ardennes.
J’habitais avec mes parents à Rouen. J’avais de la famille dans les environs qui nous avait dit que si ça allait mal à Rouen, il fallait venir se réfugier chez elle. Alors, avec mes parents et des voisins, on s’est mis en route, le long de la Seine, pour aller au Val-de-la-Haye. Pour y aller, il fallait traverser une forêt. Alors que nous progressions dans les bois, un avion à bombardement a mis le feu à la forêt. Nous avons pu nous enfuir mais nous nous sommes retrouvés embarqués avec le flot des réfugiés qui prenaient la direction du sud, vers Alençon […] Puis nous avons été rattrapés et il ne nous restait plus qu’à retourner chez nous en espérant que nos maisons soient encore debout […] Nous sommes rentrés et nous avons subi l’Occupation. C’était l’horreur. Le quotidien n’était que contraintes avec des règlements pour tout, pour circuler surtout… J’étais institutrice à Dieppe, le drapeau à la croix gammée était sur tous les établissements publics, les pancartes étaient en langue étrangère, les policiers et les soldats étaient dans les rues. Dans les foyers, on manquait de tout. Dans les écoles, je pouvais voir les effets du rationnement sur le visage des élèves. Le chauffage était éteint la nuit et lorsque l’on entrait en classe le lendemain matin, l’encre était encore gelée […] Il y avait beaucoup de marché noir car les Allemands raflaient pour leur compte l’alimentation de production française et, pour les civils français, il ne restait plus grand-chose.
« Je suis déçue de la société actuelle » « Je suis plutôt déçue de la société actuelle. Je pensais qu’on allait aller vers une société de solidarité, de liberté, de justice mais c’est tout le contraire. Et avec les lois travail, maintenant… Le mode de vie actuel fait que les gens se renferment de plus en plus sur eux-mêmes. Nous sommes dans une société très individualiste où l’on ne se préoccupe pas beaucoup de son voisin. Mais s’il n’y a pas de solidarité, ça ne peut pas avancer ! Regardez la situation des migrants. Ce sont des gens qui fuient la guerre ou la misère, souvent les deux. Il est normal de les accueillir dignement. J’étais de celles et ceux qui sont allés voir les migrants sur le campus en décembre dernier. Il faut intervenir, c’est important ».
En octobre 1940, vous rencontrez Valentin Feldman, un personnage qui va compter dans votre parcours militant.
Il était professeur au lycée de Dieppe. On se retrouvait, une fois par semaine, dans le train, pour faire Dieppe-Rouen, et lui allait jusqu’à Paris. On avait sympathisé et nous partagions les mêmes opinions vis-à-vis de l’Occupation et de l’occupant. J’en ai donc conclu qu’il avait des accointances avec le PCF et avec la Résistance (rires). Il avait créé le Front national de lutte pour l’indépendance et la liberté de la France qui s’est appelé ensuite Front national de la Résistance. À cette époque, j’intègre ce mouvement mais aussi le PCF car, pour moi, les deux ne faisaient qu’un.
En septembre 41, vous accueillez chez vous une institutrice qui vient avec son imprimerie clandestine…
Elle m’a été envoyée par Valentin Feldman car je lui avais dit, malgré les risques et les contraintes, que je voulais aider. Elle imprimait des tracts pour “L’Avenir Normand”, un périodique du Parti communiste clandestin. En 1942, des perquisitions ont lieu chez mes parents par la police française de Vichy. J’ai raconté alors que mon amie était en froid avec sa famille au Havre et que c’est la raison pour laquelle je l’hébergeais. J’ai été interrogée et ça s’est terminé pas trop mal… Il faut dire que j’avais l’air d’une gamine ! Quelques semaines plus tard, j’apprends que Valentin Feldman a été fusillé au Mont-Valérien. L’information est venue des réseaux car, au fil du temps, la Résistance a gagné du terrain.
« Je suis déçue de la société actuelle » « Je suis plutôt déçue de la société actuelle. Je pensais qu’on allait aller vers une société de solidarité, de liberté, de justice mais c’est tout le contraire. Et avec les lois travail, maintenant… Le mode de vie actuel fait que les gens se renferment de plus en plus sur eux-mêmes. Nous sommes dans une société très individualiste où l’on ne se préoccupe pas beaucoup de son voisin. Mais s’il n’y a pas de solidarité, ça ne peut pas avancer ! Regardez la situation des migrants. Ce sont des gens qui fuient la guerre ou la misère, souvent les deux. Il est normal de les accueillir dignement. J’étais de celles et ceux qui sont allés voir les migrants sur le campus en décembre dernier. Il faut intervenir, c’est important ».

Rapport Spinetta ; un plan « Thatcher» qui acte la fin du service public ferroviaire (Pierre Laurent)

J’alarme sur le danger que représente, le « Rapport sur l’avenir du transport ferroviaire » de Jean-Cyril Spinetta, qui propose d’en finir avec le service public ferroviaire. Ce rapport s’inscrit dans une idéologie libérale digne de Margaret Thatcher.  Fermeture de lignes, transfert de personnel aux entreprises privées, ouverture à la concurrence …  Tout y passe. C’est une véritable atomisation de notre modèle de transport ferroviaire public que prône ce rapport.
Alors que les besoins de transports collectifs ne cessent d’augmenter, ce rapport préconise la fermeture de près de 9000 kilomètres de lignes.
Pour justifier ces abandons, le rapport précise qu’il est urgent de réorienter l’argent vers les lignes situées en zones urbaines et péri urbaines, et les grands nœuds ferroviaires, infrastructures que Spinetta juge « plus utiles à la collectivité ». Cette volonté de consacrer les investissements sur les zones métropolitaines, comme de transférer une partie de réseau aux régions, engendrera de graves inégalités territoriales concernant l’accès au transport ferroviaire.
Ce rapport annonce du même coup la fin du statut des cheminots sous motif « d’être en mesure de répondre à la concurrence » et préconise de « poser le principe d’un transfert obligatoire dans la loi » dans le cadre d’un transfert d’activité vers une entreprise privée.
Enfin, ce rapport signe la mort définitive et programmée depuis plusieurs années, du fret ferroviaire.
Ce rapport, «Thatcherien», est une attaque sans précèdent contre le rail public français.  Il ne répond en rien aux enjeux de mobilité et écologique qui vont se poser de façon urgente dans les années à venir. L’évolution nécessaire du transport ferroviaire doit s’inscrire dans une volonté de renforcement et de développement d’un service public ferroviaire accessible à tous et garantissant la sécurité et des conditions de travail décentes aux cheminotes et cheminots.
Je suis extrêmement inquiet du contenu de ce rapport. Je mets en garde le premier ministre, Edouard Philippe contre tout suivisme aveugle de ce rapport. Le débat public doit être ouvert sur d’autres bases avec la possibilité de propositions alternatives portées par les cheminots, les organisations syndicales, les comités de lignes, véritables experts du ferroviaire public.
Pierre Laurent secrétaire national du PCF

samedi 17 février 2018

Pôle emploi n’a jamais compté autant de gens inscrits au chômage : 6.714.000 personnes

Le taux de chômage fait apparaître un recul mais une journée de redoux soudain ne masque pas le froid profond.
En effet, le taux de chômage au sens du BIT a diminué de 300.000 personnes au 4ème trimestre 2017. Mais, d’une part, il était grand temps que le chômage réagisse avec une activité économique qui connaît à présent 7 trimestres de croissance, qu’on nous vend comme « la reprise qui serait enfin là ». D’autre part, cette réaction du chômage tardive et faible conjoncturellement ne doit pas masquer la situation très détériorée, minée, de l’emploi ni la gravité de ce que vivent des millions de gens.
En effet, dans le même temps, Pôle emploi n’a jamais compté autant de gens inscrits au chômage sur le même trimestre : 6.714.000 personnes (en moyenne au 4è trimestre 2017).

Le chômage au sens du BIT mesure en effet le nombre de personnes ayant travaillé ne serait-ce qu’1 heure durant la semaine précédente l’enquête. On comprend dans ces conditions qu’une part de ceux qui sont comptés non chômeurs se considèrent privés d’emploi, même avec quelques heures de travail.
Et d’ailleurs, le halo du chômage, qui compte les personnes plus ou moins découragées de recherche d’emploi, mais qui souhaiteraient tout de même travailler, n’a historiquement jamais été aussi élevé (2.500.000 personnes). Le gouvernement serait bien inspiré de commenter les différents chiffres du chômage dans leur diversité, comme le recommande justement le CNIS (conseil national de l’information statistique).

Et pourtant on nous dit « la reprise  est là » ! Donc les politiques d’E. Macron et F. Hollande seraient validées ? Au contraire, ces chiffres du chômage montrent justement que cette politique ne va pas !
C’est en réalité la fin d’un cycle de croissance venu des Etats-Unis en 2010, après la crise financière de 2008, que notre pays prend en fin de course. Dix ans après la crise, le pays compte 600.000 pauvres de plus, il compte 500.000 chômeurs de plus qu’avant 2008. Et ce cycle de croissance pourrait même avorter plus tôt que prévu, avec des marchés financiers qui montrent les dents face à une chute possible de leur sacro-saint rendement et des Etats-Unis ayant engagé un bras de fer mortifère pour attirer plus d’argent et d’activité que jamais ; eux qui sont devenus, d’après Tax Justice network, le premier pays d’évasion fiscale.

Il est grand temps de prendre le taureau par les cornes, au lieu de se satisfaire d’un indicateur ponctuel. D’autres indicateurs montrent la voie. Une proportion de plus en plus élevée d’entreprises (32%) signale l’indisponibilité d’une main d’œuvre compétente. Le grand chantier auquel il faudrait s’atteler, c’est la promotion des qualifications de toutes et tous, dans la sécurité, pour répondre aux deux immenses béances françaises : une production défaillante, avec un déficit commercial industriel et de services devenu abyssal et des services publics en surchauffe absolue, alors qu’ils sont une des clés de la réponse aux enjeux économiques, écologiques et sociaux d’aujourd’hui.

Mais pour cela, il faut s’attaquer au coût du capital et à la domination de la finance, car il faut mettre plus de moyens, et engager une politique mettant l’emploi de qualité, avec de bons salaires, et la formation, avec un bon revenu, au cœur de la politique économique et de l’investissement. Cela implique d’agir sur les banques et les grandes entreprises pour qu’elles utilisent, leur argent ( crédit, « marges »,  …) tout autrement, et que l’Etat utilise les 200 milliards d’aides aux entreprises pour contraindre le grand patronat à changer cette pratique qui nous mène dans le mur. Au niveau de l’Europe l’inaction du gouvernement face aux 30 milliards supplémentaires que la BCE apporte chaque mois aux marchés financiers et aux banques doit cesser. Développer vraiment l’emploi ou concilier avec la finance et le grand capital, c’est le dilemme qui est posé à tous, pour l’intérêt du pays !

vendredi 16 février 2018

Plan Hôpital : le pire est à craindre

Devant la colère qui monte dans les Hôpitaux et les EHPAD, le ras-le-bol grandissant que nos parlementaires recueillent dans leur « Tour de France » démarré ce 12 février, Édouard Philippe a dû annoncer le lancement prochain d'une nouvelle réforme "globale, cohérente, méthodique" de l'ensemble du système de santé.
On verra ce que l’on verra. Mais, cette fois-ci, ce sera, paraît-il, la bonne, « le temps des rafistolages est révolu. Il faut mettre de l’ordre » pour l’équipe Macron.
Quand on connaît le goût de ce gouvernement pour l’austérité, la pensée de Mme Buzyn sur les 30% de soins hospitaliers qui ne seraient pas pertinents, les 4 milliards d’euros en moins en 2018 sur le budget de la santé, dont au moins 1,6 pour l’Hôpital … le pire est à craindre quand on nous parle d’un vaste plan de « transformation de l'offre de soins et qu’il ne s’agit pas de dépenser plus mais mieux ». Un plan qui risque d’être aussi funeste que celui de la réforme de l'action publique, « CAP 2022 » annoncée en septembre dernier.

L’enveloppe annoncée de « 100 millions d'euros par an en plus de l'ONDAM, l'objectif national des dépenses de l’assurance maladie » va grossir les entreprises du numérique. C’est une insulte aux personnels de santé maltraités par un manque criant de personnels et de moyens. La réforme du financement à l’activité (T2A) est un leurre, l’arbre cachant la forêt : une offre de soins publique peau de chagrin ! Plus grave encore, le tout ambulatoire est réaffirmé alors que chacun voit bien s’étendre, en zone rurale comme urbaine, la désertification médicale. La seule remise en cause du Numérus clausus ne saurait suffire à répondre aux maux créés, car il faut plus de dix ans pour former un généraliste et quinze pour un spécialiste. Et que dire de l’état de nos universités sélectives et sans moyens suffisants pour accueillir plus d’étudiants médicaux ou paramédicaux.

Lors de leur États généraux du progrès social, le 3 février dernier, les communistes ont invité largement à faire état des 1700 luttes, selon la CGT, qui poussent le Premier ministre à sortir du bois. Ils ont décidé de tout faire pour aider à cette convergence des luttes, mais aussi à donner les bonnes réponses à la crise que rencontrent personnels et malades. Il y a urgence à changer de logiciel, à reprendre l’argent qui depuis des décennies passe de la Sécu dans les poches du Patronat, à la financiarisation de la santé et de la protection sociale.
Il est possible et urgent de restaurer des budgets de fonctionnement des hôpitaux publics, d’effacer la dette inique, de mettre en place un vaste plan d’embauche d’emplois stables et formés, d’engager de véritables négociations avec les formations syndicales sur l’organisation et les conditions de travail.

À la St Valentin, le bac ne vaut plus rien

« Alléger le baccalauréat » : le gouvernement Blanquer enfourche un vieux cheval de bataille de la droite. Sous prétexte de modernité, il s’agit de franchir une nouvelle  étape dans la construction d’une école du tri social. Pour répondre aux défis de l’avenir, nous n’avons pas besoin d’ « alléger » l’éducation de nos enfants, mais de la rendre plus ambitieuse pour toutes et tous ! 
Contrôle continu, parcours individuels… On ne cherchera  plus à avoir le bac, mais à monnayer un bac : à chaque lycée sa cote, à chaque bac sa valeur. 
Les nouvelles épreuves envisagées privilégient plus que jamais les codes d’expression des couches aisées. Comment le service public d’éducation nationale pourra-t-il assurer la réussite de tous quand partout on manque de temps, de moyens et d’enseignants ? On fait en ce moment le compte des postes, des classes, des options supprimées. Des pans entiers de formation sont abandonnés au privé par le biais de l'apprentissage.
Particulariser chaque bac, c'est autoriser chaque établissement à faire avec les moyens du bord, et sa formation, et sa sélection. Pour les élèves, c'est, à chaque étape de la scolarité, un tri injuste et anxiogène.
Et qu’on ne nous parle pas de « mérite » ! Il suffit de se pencher sur les résultats des réformes précédentes - qui ont déjà introduit une dose de contrôle continu au baccalauréat et individualisé les parcours - pour constater que la sélection est sociale.
Dis moi quel est ton bac, je te dirais quelle société tu veux. 
De la réforme du bac aux attaques contre le code du travail, Macron et son gouvernement construisent une société de concurrence généralisée. Privés de diplômes et de qualifications communes, soumis à la menace du chômage, les salariés de demain seront isolés face au patronat. Chacun pour soi et tous contre tous.
Nous avons besoin d’une école plus ambitieuse : une scolarité obligatoire prolongée jusqu’au baccalauréat, structurée par des disciplines cohérentes, valorisant et développant aussi bien la culture scientifique que les cultures littéraires, artistiques, sportives, techniques ou professionnelles, et préparant tous les élèves aux études supérieures.
Nous avons besoin d’une école de l’égalité : un grand service public national construisant une culture commune à tous les citoyens de demain, et garantissant qu’une formation commune débouche sur une qualification égale.
Nous avons besoin d’une école qui libère, non pas les initiatives privées des marchands de réussite, mais les aspirations de la jeunesse: une école au service de l'épanouissement personnel de toutes et tous, d'une participation éclairée à la vie collective, d'une maîtrise du travail permettant de mettre celui-ci au service de l'intérêt commun.
Enfin, nous avons besoin d’un budget à la hauteur de ces ambitions : il est bien plus utile de recruter et de former des enseignants et des personnels de l’éducation que de supprimer l’ISF.
C'est ce projet que le PCF porte dans les luttes qui s’organisent partout pour faire reculer le gouvernement et battre en brèche ses réformes réactionnaires.

jeudi 15 février 2018

L’hôpital public en danter : Hubert Wulfranc interpelle Agnès Buzyn

Lors de la séance des questions au gouvernement le 13 mars dernier,

- suspendre les plans de réorganisation des hôpitaux, qui portent atteinte aux ressources humaines
- suspendre les regroupements hospitaliers, qui compromettent l’accès aux soins de proximité
Il propose également de flécher des recettes fiscales supplémentaires – le Gouvernement a fait état de telles recettes – en direction des hôpitaux publics.
Le député demande à Agnès Buzyn, si elle est prête à examiner ces mesures d’urgence ?
"Un dialogue n’est constructif et efficace que si le sol ne continue pas de se dérober sous les pieds des interlocuteurs, à savoir vous-même mais aussi et surtout le personnel soignant et les usagers" conclut H. Wulfranc.

Emmanuel Macron doit reconnaître le crime d’État

Les députés Sébastien Jumel et Cédric Villani tiennent, aujourd’hui, une conférence de presse pour exiger la reconnaissance officielle de l’assassinat de Maurice Audin par l’armée française.
Maurice Audin aurait pu avoir 86 ans aujourd’hui, si, dans la nuit du 11 au 12 juin 1957, l’assistant à la Faculté des sciences d’Alger, membre du Parti communiste algérien, n’avait pas été arrêté par une unité de parachutistes pour disparaître à jamais. C’est la date qu’ont choisie les députés Sébastien Jumel (PCF) et Cédric Villani (LREM), mais aussi la famille et l’Association Maurice-Audin, pour exiger que la vérité soit faite, et enfin assumée par l’État, sur l’assassinat, par l’armée française, du jeune mathématicien. Dans nos colonnes, le 22 janvier, Cédric Villani avait déjà porté cette exigence, affirmant que le président de la République lui avait fait part « de son intime conviction que, effectivement, Maurice Audin a été assassiné par l’armée française ». Emmanuel Macron aura-t-il le courage de reconnaître enfin, officiellement, la responsabilité des autorités françaises de l’époque ? Car le militant communiste ne s’est pas évaporé dans la nature après une évasion en juin 1957, comme l’a trop longtemps soutenu la « version officielle », mais a bien été exécuté avec « la couverture pleine et entière du pouvoir politique », comme le confessa du bout des lèvres avant sa mort le funeste général Aussaresses.
En 2012, Josette Audin avait obtenu de François Hollande l’autorisation de consulter toutes les archives relatives à la disparition de son mari. Une décision suivie d’effet puisqu’elle avait pu consulter les archives militaires, mais aussi des documents des Archives nationales. « Cette quête dans les archives est restée vaine, ce qui n’est pas surprenant pour des historiens, explique Sylvie Thénault. De fait, les archives publiques ont enregistré la version mensongère de l’évasion. » Pourtant, en 2014, François Hollande, dans une déclaration officielle, avait remis l’affaire entre les mains des historiens, sans reconnaître toute la vérité : celle de la responsabilité de l’État français. « Je suis comme mon père, matérialiste et athée. Ce qui m’importe, ce n’est pas tant de pouvoir me recueillir dans un cimetière, mais que justice soit faite », confie Pierre Audin, qui venait de naître quand son père a été arrêté. De non-lieux en lois d’amnistie, tout s’est conjugué pour enfouir la vérité sur les crimes perpétrés par l’armée française pendant la guerre d’Algérie. Soixante ans après les faits, il serait temps que la France regarde son passé colonial en face. M. V.