vendredi 17 février 2012

Le Sénat rejette l’interdiction des licenciements boursiers

Le Sénat a rejeté, jeudi 16 février 2012, la proposition de loi déposée par le groupe communiste tendant à interdire les licenciements boursiers. Cette proposition de loi modifiait le code du travail, en prévoyant qu’« est réputé sans cause réelle et sérieuse le licenciement pour motif économique prononcé par une entreprise qui a distribué des dividendes au titre du dernier exercice comptable ». Par Jeanne Fidaz.
Elle reprenait une mesure-phare du programme du Front de gauche, l’Humain d’abord ! qui prévoit « d’interdire les licenciements boursiers et la redistribution de dividendes pour les entreprises qui licencient ». Elle visait à stopper l’hémorragie des emplois industriels – dont 500 000 ont disparu ces cinq dernières années – et à remettre la finance au service de l’économie. Sans rétablir l’autorisation administrative de licenciement, elle mobilisait l’inspection du travail, dont le procès-verbal aurait pu être utilisé devant le juge pour aider les salariés à faire valoir leurs droits.
Six voix ont manqué à l’adoption de cette proposition de loi ; 12 sénateurs du groupe du Rassemblement démocratique et social européen se sont abstenus (principalement des radicaux de gauche, dont Jean-Michel Baylet). Cette proposition de loi aurait pourtant pu être un point d’appui fort en cas de victoire de la gauche au printemps prochain : l’Assemblée nationale n’aurait eu qu’à la voter en termes identiques pour qu’elle devienne applicable.
Nous nous réjouissons que le groupe socialiste et que le groupe écologiste aient voté en faveur de cette modification législative, alors même que l’interdiction des licenciements boursiers ne figure ni dans les 60 propositions du candidat socialiste à l’élection présidentielle, ni dans l’accord PS-EELV. Nous notons cependant que s’il « n’y avait pas de communistes en France », cette proposition identitaire de la gauche ne serait pas défendue dans le débat public.

Document : le cri de colère contre un "système éducatif en crise"

Tribune. Trente professeurs du jury d'agrégation de mathématiques ont démissionné mercredi pour protester contre "la destruction" du système de formation et de recrutement des enseignants. Une action rare qui montre l'exaspération générale au sein de l'Education nationale face à la politique de casse menée par le gouvernement. Nous publions ici leur tribune dans laquelle ils pointent:
  • la casse de la formation et du recrutement des enseignants liés à la "masterisation"
  • la suppression de près de 80.000 postes depuis cinq ans
  • les suppressions de classes
  • la privatisation rampante des financements des universités
  • les restrictions de visa pour les étudiants étrangers

"Démission d'un quart du jury de l'agrégation externe de mathématiques: les effets de la masterisation"
"Le système éducatif français est en crise, la situation est grave. La crise apparaît d’abord dans l’asphyxie des moyens. Les fermetures de classes se succèdent à un rythme accéléré dans les écoles primaires, les collèges et les lycées. Les universités n’arrivent pas à accueillir décemment les étudiants; elles sont précipitées dans une course effrénée aux financements. Il y a une baisse alarmante des effectifs dans les études scientifiques ainsi que dans les filières professionnelles.
Les mesures indignes prises récemment à l’encontre des étudiants étrangers aggravent encore la situation. Élèves, étudiants, parents, chefs d’entreprises, enseignants, tous perdent peu à peu confiance dans notre système de formation. Un signe alarmant est la désaffection croissante des étudiants pour le métier de professeur. Amorcé au début des années 2000, le phénomène a connu en 2011 une accélération brutale, effet immédiat de l’entrée en vigueur de la réforme de la formation et du recrutement (connue sous le nom de « masterisation »). Par exemple, au CAPES externe de mathématiques, où il y avait 846 postes ouverts en 2010 et 950 en 2011, le nombre de candidats présents aux épreuves écrites est passé de 2695 en 2010 à 1285 en 2011 (-53%), le nombre d’admissibles de 1919 à 1047 (-46%), le nombre d’admis de 846 à 574. Ainsi, l’effondrement du nombre de candidats a été tel que le jury n’a pu pourvoir en 2011 que 60% des postes offerts.
De tels chiffres se passent de commentaire
Lire la suite 

jeudi 16 février 2012

La guerre de classe est déclarée : venez faire Front, camarades !

L’entrée de Sarkozy en campagne donne à celle-ci un tour d’affrontement politico-social radical. Il est avec Parisot pour réaliser les rêves du Medef, avec Merkel pour imposer l’austérité généralisée en Europe, avec Guéant pour camoufler le tout derrière une prétendue civilisation en danger, quitte à s’accommoder sur les « valeurs » avec le FN. Par Yann Cochin, membre du conseil national de campagne du Front de gauche.

L’enjeu de 2012 est désormais limpide, il faut le battre, lui et la droite, sous peine de connaître, pour le coup, un vrai recul de civilisation, un retour à la loi de la jungle capitaliste réduisant à néant tous les acquis sociaux. La Grèce est là pour montrer jusqu’où ils sont capables d’aller…
Alors, puisque la guerre de classe est déclarée, l’autre enjeu, en 2012, c’est de faire monter en puissance une gauche de résistance. Pas une gauche de résignation qui n’oserait pas s’affronter aux marchés financiers et paierait leur dette sans broncher. La Grèce, encore, montre jusqu’à quelle catastrophe peut mener ce type de politique quand la gauche y consent.
Mais une gauche de résistance ne peut avancer sans la puissance d’un mouvement social actif. Avant comme après les élections. Et dans cette élection, les syndicats se manifestent dans le débat, appellent à l’action en France contre le gouvernement, en Europe en mars contre les nouveaux traités, et les usines occupées contre les licenciements s’invitent aussi dans le débat.
Le Front de gauche réussit à faire entendre la voix d’une gauche de combat, ce sont des foules entières, jeunes, combatives, qui convergent vers les meetings de son candidat Jean-Luc Mélenchon. Que celles et ceux qui regardent cela du bord, au NPA, à EELV ou au PS, encore dubitatifs, mais avec une envie manifeste, franchissent le pas. Venez ! Ce Front est forcément imparfait, inachevé, exaspérant quand des logiques partidaires freinent la dynamique, mais il est en mouvement, et ce mouvement a besoin de vous pour s’améliorer encore.
Nous avons tout un « programme » bien chargé d’actions à partager, dans la rue comme dans les élections, dans les mois qui viennent. Manifester, voter, faire grève, occuper des places, débattre, voter à nouveau, voire, pourquoi pas, occuper les usines comme en 1936, quand la droite fut battue et que la gauche molle tergiversait… On doit faire Front ensemble, créer cette force de gauche prête à gouverner pour le peuple et pas pour les marchés, et qui ne s’accommodera pas pour autant d’une gauche qui gouvernerait pour appliquer l’austérité.
C’est maintenant que ça commence, et qu’il faut en être.

L'austérité ou la vie, il faut choisir


L'austérité ou la vie, il faut choisir (Ep... par CN-PCF

"Sarkozy a réalisé un numéro de pur cynisme" (réactions à gauche)

Les réactions à gauche ne sont pas tendres concernant la candidature de Nicolas Sarkozy officialisée au 20 heures de TF1. Découvrez ici les positions de Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent pour le Front de gauche, François Hollande (PS), Eva Joly (EELV) et Nathalie Arthaud (LO).
Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche à la présidentielle: "La campagne contre lui peut commencer de manière claire et ouverte devant les citoyens. On a assisté à un numéro de pur cynisme de la part de quelqu'un qui vient nous parler de ses ambitions sociales après avoir fait reculer le pays comme aucun autre président ne l'avait fait depuis le début de la Ve République. Cet homme-là, c'est celui qui nous a pris la retraite à 60 ans, il ne faut pas l'oublier. Il prétend redonner la parole au peuple, mais il lui refuse sur le traité européen."
"Nous avons entendu les ritournelles dont nous avons été régalés pendant cinq ans, néo-libérales, avec tout ce verbiage", a martelé Jean-Luc Mélenchon, qui a vu "quelque chose d'offensant" dans les déclarations de Nicolas Sarkozy sur "l'assistanat". Il a également pointé "l'extrême-droitisation de la droite".

Pierre Laurent, PCF: "Nicolas Sarkozy vient de déclarer sa candidature à l'élection présidentielle prétendant incarner la parole rendue au peuple. En vérité son quinquennat aura été celui de la parole confisquée, du parlement bâillonné et du peuple méprisé. Pendant tout son mandat, il aura piétiné l'opinion majoritaire des français-e-s.Cette annonce est une bonne nouvelle: il va pouvoir être battu!"
Pour le pouvoir d'achat détérioré, pour la retraite à 60 ans sacrifiée, pour les services publics rendus exsangues, pour les immigrés et leur familles poursuivis, pour les chômeurs stigmatisés, pour l'instauration de la TVA à 21,6 %, et tant de chose encore, il est temps de présenter l'addition au monarque du palais de l'Elysée. Pour sa faiblesse coupable à l'égard du pouvoir de l'argent, pour son incompétence devant la crise des marchés financiers, pour son alignement aveugle sur les positions de la chancelière allemande précipitant toute l'Europe chaque jours vers des périls plus grand, Nicolas Sarkozy va répondre de sa politique devant les Français.
Le front de gauche et son candidat Jean-Luc Mélenchon sont déterminés à lui faire mordre la poussière. Le 6 mai prochain annulons la réservation au Fouquet's de Nicolas Sarkozy."
Lire la suite

mercredi 15 février 2012

Rassemblement de soutien au peuple grec


Les génuflexions de François Hollande devant la City font du mal à la gauche

A la lecture du Guardian, on apprend beaucoup de choses de la part de François Hollande. Selon le candidat socialiste à la présidentielle, « aujourd'hui, il n'y a plus de communiste en France ». Les 132 000 adhérents du PCF et ses 10 000 élus seront contents de l'apprendre. Ses propos sur les marchés financiers méritent aussi le détour : « La gauche a été au pouvoir pendant 15 ans, au cours desquels nous avons libéralisé l’économie et ouvert les marchés à la finance et aux privatisations. Il n’y a rien à craindre ». Cela a le mérite d'être clair, les électeurs de gauche apprécieront. François Hollande dénonce comme son principale adversaire le monde de la finance mais ses génuflexions devant la City font du mal à la gauche.
Olivier Dartigolles porte parole du PCF et co-directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon
 
Y a-t-il encore des communistes en France ?

Aujourd'hui, il n'y a plus de communistes en France." C'est une petite phrase lâchée par François Hollande, à la fin d'un article du Guardian, publié lundi. Dans cet article, intitulé "François Hollande cherche à rassurer la Grande-Bretagne et la City de Londres", le candidat socialiste fait de l'œil au Royaume-uni.
Préparant une visite en Grande-Bretagne, le député de Corrèze a rencontré les correspondants de différents journaux et magazines britanniques, se présentant comme quelqu'un qui n'est pas "agressif", raconte la journaliste du Guardian, Angelique Chrisafis, qui le décrit comme un candidat de "centre-gauche, un social-démocrate modéré dont les mains sont liées par la crise de la dette française".

"Nous avons libéralisé l'économie"
Décrivant Tony Blair comme quelqu'un de "tellement intelligent qu'il n'avait pas besoin d'être arrogant", M. Hollande refuse par ailleurs la comparaison avec François Mitterrand, selon les propos rapportés par la journaliste du Guardian. "Les années 1980 étaient différentes d'aujourd'hui. Les gens disaient qu'il y auraient des chars soviétiques sur la place de la Concorde. Cette époque est terminée. Cela appartient désormais à l'histoire. C'est normal qu'il y ait eu des craintes à l'époque. La droite était au pouvoir depuis vingt-trois ans, c'était la Guerre froide et Mitterrand avait nommé des ministres communistes au gouvernement. Aujourd'hui, il n'y a plus de communistes en France... La gauche a été au gouvernement pendant quinze ans, nous avons libéralisé l'économie et ouvert les marchés à la finance et aux privatisations. Il n'y a donc pas de craintes à avoir", explique-t-il dans cet article.

« Faut pas prendre les gens pour des cons »

L’annonce de la candidature de Nicolas Sarkozy approche. En ces temps de campagne présidentielle, rappelons-nous ce qu’il avait promis en 2007.


"Faut pas prendre les gens pour des cons" par PlaceauPeuple

mardi 14 février 2012

Grèce: signez la pétition à l'initiative de l'Humanité



Solidarité avec la résistance grecque

Le Peuple grec est en situation de légitime défense. On tente de lui imposer des politiques d'austérité insupportables. Les plans successifs échafaudés à Bruxelles ou par le conseil européen et présentés à intervalles de plus en plus réguliers comme le seul moyen de le « sauver » du surendettement et de « sauver » l'euro, sont à chaque fois en échec. En se soumettant toujours davantage au diktat des marchés financiers on ne traite pas le malade. On le tue. Poursuivre dans cette voie est aussi insensé que dangereux. L'austérité, fait mal aux peuples européens, elle frappe aussi l'Europe de plein fouet. 

Il faut un véritable plan de solidarité avec la Grèce. C'est aussi la seule voie du salut pour l'euro et les partenaires européens d'Athènes. La Banque Centrale Européenne (BCE) doit aider à relancer la croissance et l'emploi en Grèce et partout ailleurs, en finançant - au taux auquel elle prête aux banques à 1% voire moins -, les Etats et leurs services publics, en leur permettant ainsi de sortir de leurs dépendances des marchés financiers et de leurs taux d'intérêt usuraires. 

Partout aujourd'hui la croissance décline. Une nouvelle récession menace la zone euro. La démocratie est piétinée. Des gouvernements non élus, comme celui d'Athènes, sont désignés, des aréopages bureaucratiques dictent leur loi aux assemblées élues. Des décisions autoritaires sont prises pour forcer les résistances populaires contre l'écrasement des salaires et des protections sociales. 

La construction européenne ne survivra pas à cette fuite en avant. Les peuples en lutte contre l'austérité ont raison. Ils ont besoin de toute notre solidarité. 

Nous appuyons l'idée avancée par des économistes, des acteurs du mouvement social et des forces de gauche pour que, par le rachat de titres de dette publique à l'émission, la BCE finance directement les Etats et leurs services publics. Ce serait là le seul moyen de casser les ressorts de la spéculation contre les dettes publiques. 

Les différents partenaires de la zone euro doivent pouvoir user du pouvoir de la BCE de créer de l'argent pour financer les immenses besoins de notre temps (sociaux, écologiques, énergétiques, sanitaires etc) et répondre enfin présent à la nécessaire solidarité européenne. 

Elles ne sont pas inflationnistes puisqu'elles impulsent une productivité supérieure et écologique et des créations de richesses nouvelles dans toute la zone euro. 

Le Fonds Européen de Stabilité Financière mis en place par l'UE doit être transformé en un fonds européen de développement social et écologique et dévoué à cette optique. Et la recapitalisation des banques ou leur nationalisation doit être conditionnée à une autre politique du crédit au service de ces objectifs. 

L'Europe est à un tournant. Elle ne peut sortir de la crise que si elle s'émancipe de la dictature des marchés financiers et se rend capable d'une promotion sociale, démocratique et écologique partagée.


La commission des affaires sociales propose une mesure forte d'interdiction des licenciements boursiers

Réunie le 8 février 2012 sous la présidence d’Annie David (CRC - Isère), la commission des affaires sociales a adopté la proposition de loi tendant à l’interdiction des licenciements boursiers, déposée par le groupe communiste, républicain et citoyen (CRC) en septembre dernier.
La commission a approuvé les conclusions de son rapporteur, Dominique Watrin (CRC - Pas-de-Calais), qui a recommandé l’adoption du texte, tout en proposant d’y apporter des améliorations techniques.
La proposition de loi vise à mettre un terme à ce scandale que constituent les licenciements économiques effectués par des entreprises bénéficiaires pour des raisons purement financières, en dehors de toute nécessité économique ou industrielle, dans le seul but de distribuer des dividendes encore plus élevés.
Pour y parvenir, une mesure efficace et lisible est proposée : seraient réputés sans cause réelle et sérieuse les licenciements économiques effectués par les entreprises qui auraient distribué des dividendes au titre du dernier exercice comptable. A la demande d’un salarié, l’inspection du travail pourrait vérifier si l’entreprise ne contrevient pas à cette règle, ce qui aiderait les salariés à faire valoir ensuite leurs droits devant le juge. L’entreprise qui procéderait à un licenciement en violation de cette interdiction serait condamnée à rembourser toutes les aides publiques qu’elle aurait reçues, y compris les exonérations de cotisations sociales et les allégements d’impôt.
L’objectif de cette mesure est de garantir que ce soient les détenteurs du capital qui fassent les premiers des efforts, en cas de besoin, et non les salariés dont l’emploi est trop souvent sacrifié au nom de la recherche d’un meilleur rendement à court terme.
Cette proposition de loi se veut la première étape d’un processus plus vaste de reconquête des droits sociaux et de changement du rapport de force, pour remettre la finance au service de l’économie, condition indispensable de la réindustrialisation de notre pays.