jeudi 21 juin 2018

APL : Macron frappe une nouvelle fois les plus modestes au portefeuille (Ian Brossat - PCF)

Après avoir baissé les APL de 5 euros en 2017, Emmanuel Macron vient de décider le gel des aides au logement. Une mesure qui va priver chaque famille modeste de 4,68€ par mois. Décidément, ce gouvernement fait preuve d’un acharnement sans précédent contre les plus pauvres.
Macron fait porter l’effort sur les 6,5 millions de familles qui touchent les aides au logement, dont plus de la moitié ont des ressources inférieures au seuil de pauvreté et 80% ont des ressources inférieures à un SMIC. Pour elles, ces quelques euros mensuels de perdus s’ajoutent aux baisses précédentes et à la baisse annoncée de l’ensemble des prestations sociales d’au moins 7 milliards d’euros.
Pourtant, à la suite de la première baisse des APL, le Premier Ministre Edouard Philippe affirmait que « ce n'est pas intelligent, c'est une mesure de rabot [...] Ce n'est jamais intelligent de faire du rabot ». Puis, le secrétaire d’État Julien Denormandie évoquait à son tour « une mauvaise décision » et Richard Ferrand, le président du groupe des députés macronistes, parlait même d’une « connerie ». Dans son discours officiel du 23 janvier 2018 à la Cour des Comptes, Emmanuel Macron affirmait sans ambiguïté possible : « Je refuse ce que j’appelle les réformes paramétriques ». La preuve est faite, une nouvelle fois, du décalage complet entre les discours de l’exécutif et ses actes.
Cette décision intervient enfin alors qu’on apprend que la suppression annoncée de « l’exit tax », qui frappait les millionnaires pratiquant la délocalisation fiscale de leurs avoirs, coûtera à l’État un manque à gagner colossal de 6 milliards d’euros. Assécher le pouvoir d’achat des plus modestes pour gonfler celui de ceux qui se soustraient à leur devoir fiscal : telle est la philosophie révoltante du macronisme.

Ian Brossat, Responsable de la commission Logement au PCF, et chef de file des communistes pour les Européennes,

mercredi 20 juin 2018

Opération collage

Ce matin, les cocos du Grésivaudan à fond pour le TA

Loi Pacte : du cousu main pour les patrons

Le plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises (Pacte), présenté lundi en Conseil des ministres, est un fourre-tout de mesures qui répond aux attentes libérales des dirigeants et actionnaires d’entreprises.
Les ordonnances Macron ont flexibilisé le marché du travail. À défaut de vraies sécurités pour les travailleurs, la loi avenir professionnel confie la formation professionnelle et l’apprentissage aux entreprises. Présenté hier en Conseil des ministres, le projet de loi Pacte met la troisième couche au projet d’Emmanuel Macron visant à céder les pouvoirs aux chefs d’entreprise, en croisant les doigts pour que ces derniers lui rendent la pareille en diminuant le chômage. Ce texte, porté par le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, entend faciliter la vie des entrepreneurs via 70 mesures. « On a balayé large pour lever les verrous de l’économie, tous les leviers sont activés pour définir un nouveau modèle économique », a-t-il déclaré. Au nom de « l’efficacité », certains articles du texte de loi vont passer par ordonnances, alors que ce dernier sera examiné en septembre en commission à l’Assemblée nationale.

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mardi 19 juin 2018

le « Zero reste à charge » n’est pas le « 100% Sécu » , mais le bluff de M. Macron !

Le PCF a pris connaissance de la signature par des deux des trois syndicats dentaires libéraux, de la nouvelle convention nationale dentaire. Cette nouvelle orientation nous inquiète car le faux concept de « Zéro reste à charge » nous éloigne un peu plus, du vrai « 100% Sécu ».
Cette convention, par l’obligation faite aux praticiens conventionnés de respecter certains nouveaux tarifs sécu mais aussi des plafonds complémentaires, persiste et signe le transfert de responsabilité de la santé bucco-dentaire de la Sécu vers le secteur assurantiel privé et les patients.
En fait, ce n’est qu’un compromis qui, comme la CMU, propose un panier de soins insatisfaisant pour les plus démunis et un autre, hors-nomenclature, pour celles et ceux qui auront des sur-complémentaires. C’est encore une protection sociale inégalitaire qui est acté, avec trois niveaux dont les deux derniers laissent un reste à charge pour plus de 50% des actes.
Elle ne dit rien des actes de parodontologie ou des implants, et cantonne la prévention au dépistage, même si on peut être satisfait que la tranche d’âge des 3 ans, soit enfin concernée. Nous ne cesserons pas de dire que c’est d’un véritable plan national de prévention bucco-dentaire dont nous avons besoin, à l’image de ceux mis en place dans des Départements comme celui du 93 et du 94.
NON, Monsieur MACRON n’a pas respecté sa soi-disante promesse d’accés aux soins bucco-dentaires pour toutes et tous, mais celle de détricoter la Sécu au seul bénéfice des assurances, qui ne manqueront pas dans les mois à venir de prononcer de forte hausse des cotisations.
OUI, LE 100% Sécu reste la seule et vraie solution à l’accès aux soins, tous les soins bucco-dentaires et aussi l’optique et l’audioprothèse, de toute la population.

lundi 18 juin 2018

Marée verte sur l’Argentine pour le droit à l’avortement

Après une vingtaine d’heures de débat, les député-es argentin-es ont adopté hier un projet de loi légalisant l’avortement durant les quatorze premières semaines de grossesse. La majorité a été courte : 129 « pour » et 125 « contre ». Le texte doit encore être adopté par le Sénat en septembre pour obtenir une légalisation de l’interruption volontaire de grossesse, qui n’est aujourd’hui possible qu’en cas de danger pour la femme enceinte ou de viol.
Les progressistes ont dû faire face à une campagne agressive contre l’avortement de la part de la droite, des conservateurs et des évêques. Les associations féministes ont quant à elle réussi à mobiliser le peuple argentin, organisant des rassemblements qui ont réuni des milliers de personnes portant des foulards verts proclamant « Éducation sexuelle pour décider, contraceptifs pour ne pas avorter, avortement légal pour ne pas mourir ».
L’Argentine pourrait devenir le 4e pays d’Amérique Latine légalisant l’IVG, après Cuba (1965), Guyana et l’Uruguay (2012), alors que plus de 2 millions d’avortements illégaux ont lieu chaque année sur le continent, mettant en danger les vies de ces femmes et leur faisant encourir des peines de prison allant jusqu’à 30 ans au Salvador.

Le PCF salue cette avancée historique. Après l’Irlande le mois dernier et l’Argentine aujourd’hui, ces conquêtes majeures doivent servir d’appui pour les droits reproductifs et sexuels des femmes partout dans le monde. En France, à l’heure de la révision constitutionnelle, nous continuons à exiger la constitutionnalisation de ce droit.

Laurence Cohen et Hélène Bidard, responsables nationales au féminisme et aux droits des femmes au PCF,

dimanche 17 juin 2018

Alstom – General Electric – Siemens : "Une décision scandaleuse"

General Electric s'était engagé, lors du rachat de la branche énergie d'Alstom en 2015, à créer 1000 emplois en France. Le groupe vient d'annoncer qu'il ne tiendrait finalement pas cet engagement.
C'était pourtant l'argument qui avait été utilisé pour se défaire d'un secteur industriel stratégique au profit d'une entreprise américaine.
Cette décision est scandaleuse et doit être sévèrement sanctionnée par le gouvernement.
Après les trois milliards d'euros perçus par les actionnaires d'Alstom, dont 28 % pour Bouygues, lors de la vente à GE, ce sont 2 nouveaux milliards qui leur sont promis pour la vente à Siemens.
Il faut mettre fin à la vente d'Alstom à Siemens.
Les parlementaires communistes, présents sur le terrain depuis des mois, sont mobilisés pour défendre l'emploi et l'industrie française.
Fabien Gay, sénateur communiste et membre de la commission des affaires économiques du Sénat se rendra à Belfort le vendredi 22 juin. Il y rencontrera les salarié.es de l'industrie ainsi que les cheminot.es en lutte. Il animera une conférence publique sur le rapport parlementaire « Alstom-Siemens : pour un géant du ferroviaire véritablement franco-allemand », à 18h salle 10 de la maison du peuple.
Le PCF exige le maintien et le développement de l'emploi industriel dont le territoire de Belfort et plus largement la France ont besoin.

samedi 16 juin 2018

Réforme ferroviaire. Le train de la grève ne marque pas l’arrêt au terminus parlementaire

Les ordonnances concernent la réalisation de l’ouv erture à la concurrence et la question épineuse de la gestion des gares. Régis Duvignau/Reuters
Alors que le Sénat a entériné jeudi le pacte ferroviaire, l’intersyndicale appelle les cheminots à poursuivre la grève. Ils entendent peser face au patronat de la branche sur la rédaction de la convention collective et face à la direction SNCF sur l’accord d’entreprise.
Le gouvernement et ses relais parlementaires le répètent à l’envi : la loi est votée, la réforme va s’appliquer, la grève doit s’arrêter. Mais face aux incantations de l’exécutif, les syndicats conservent la constance des arguments de fond. Ainsi mercredi, au sortir d’une réunion intersyndicale, les quatre organisations représentatives à la SNCF à l’origine, dans l’unité et depuis le 22 mars dernier, du plus long conflit de l’histoire récente de l’entreprise publique, ont une nouvelle fois appelé l’ensemble des cheminots « à maintenir la pression sur les prochaines séquences de grève », avec, en point d’orgue, « une grosse journée d’action » le 28 juin (dernier jour de grève du calendrier prédéfini au printemps).
Mais rien, pour l’heure, ne permet de dire que la grève ne perdurera pas au-delà de cette date. La CGT, syndicat majoritaire, a d’ailleurs déjà évoqué une poursuite de la mobilisation. SUD rail également. « Nous ne nous faisons pas d’illusions sur une mobilisation continue durant l’été, mais nous appellerons à des actions précises et à des grèves à certaines dates clés », note érik Meyer, secrétaire fédéral de SUD rail. Face à un gouvernement qui « joue le jeu irresponsable du pourrissement », dénonce Laurent Brun, secrétaire général de la CGT cheminots, les syndicats ne comptent donc pas baisser la garde. Et ce malgré l’adoption définitive de la réforme par le Parlement jeudi, avec l’approbation du Sénat, par 245 voix pour et 83 contre, du texte de compromis de la commission mixte paritaire issue des deux assemblées. Un acte qui parachève le marathon parlementaire du projet gouvernemental, après le vote similaire des députés, la veille.

« 80 % du projet de loi restent à écrire »

La combativité des syndicats est renforcée par les résultats de la Vot’action, soigneusement éludée dans les discours de la direction et du gouvernement, mais à l’occasion de laquelle 95 % des cheminots se sont déclarés opposés au pacte ferroviaire porté par le gouvernement et la direction de la SNCF. « Comment, dès lors, imposer à des cheminots qui la contestent la mise en œuvre de cette réforme ? » interrogeait Laurent Brun il y a quelques jours. D’autant qu’avec la méthode des ordonnances choisie par le gouvernement et qui a très largement participé à crisper le dialogue, « 80 % du projet de loi reste à écrire », précise Jocelyn Portalier, secrétaire fédéral de la CGT cheminots. Loin d’être cantonnées aux simples « aspects techniques de la réforme », comme voudrait le faire croire Élisabeth Borne, ministre des Transports, ces ordonnances concernent la réalisation de l’ouverture à la concurrence (notamment tout le volet sur le transfert du matériel roulant), la négociation collective, les contrats de performance, le tarif des péages ferroviaires et l’organisation interne de la SNCF, avec en particulier la question épineuse de la gestion des gares. Des ordonnances auxquelles s’ajoutent « neuf décrets d’application » accolés à la loi et devant préciser, entre autres, le « statut des sociétés par action, le mode de calcul des salariés transférés (en cas de reprise d’une ligne par une entreprise privée – NDLR) » ou encore « les conditions de maintien des droits à la retraite en cas de transfert » et la politique de tarification sociale, rappelle la CGT.

Une nouvelle phase de la bataille des cheminots

Des sujets de fond que les syndicats comptent bien poser sur la table de la réunion tripartite de vendredi. Arrachée à Édouard Philippe par la mobilisation, cette rencontre qui réunit, sous l’égide du ministère, les syndicats et le patronat de la branche ferroviaire, marque la nouvelle phase de la bataille des cheminots. Entamées en 2014 après que la loi du 4 août a créé une branche ferroviaire qui n’existait pas jusque-là, les négociations de la convention collective doivent se poursuivre sur au moins dix-huit mois. L’enjeu est de taille. Car l’abandon du recrutement de cheminots au statut à compter du 1er janvier 2020 – désormais inscrit dans la loi – concentre le socle des droits sociaux de tous les cheminots (du privé comme de l’entreprise publique) dans le cadre de la branche. Et pour les syndicats, pas question de laisser le gouvernement tenir en la matière un rôle de simple observateur. « L’État doit prendre ses responsabilités », martèle la CGT. « Il faut qu’on sorte (de cette réunion tripartite) avec une note d’intention du ministère des Transports (…) sur une volonté de créer une convention collective attractive et de haut niveau », a pour sa part déclaré Roger Dillenseger, secrétaire général de l’Unsa ferroviaire. Quant à la CFDT cheminots, son secrétaire général Didier Aubert l’a rappelé cette semaine, « la fin des recrutements au statut doit être transformée en garanties sociales de haut niveau pour toute la branche ». L’engagement d’« une extension des droits à l’ensemble des salariés de la branche », poursuit le syndicaliste, demeurant une condition sine qua non « pour entrevoir le début de l’issue du conflit ».
Continuer de combattre la réforme en agissant sur les décrets d’application et le contenu des ordonnances, ouvrir de véritables négociations au niveau de la branche et peser en interne sur l’élaboration de l’accord d’entreprise : pour les cheminots, la bataille se mène plus que jamais sur tous les fronts. « Ce gouvernement est l’un des plus durs que nous avons connu ces dernières années », constate la CGT. Et parce que « les slogans ne suffisent pas, poursuit le syndicat, nous devons maintenir la pression sans faillir ».
La maintenance sabordée au nom de la concurrence
Une fois la SNCF ouverte à la concurrence, que deviennent les trains et les ateliers de maintenance ? Loin d’être anecdotique, cette question a fait l’objet d’un « deal entre sénateurs de droite et gouvernement » et « a été tranchée par le dogme libéral », s’insurge la CGT. Ainsi, la réforme prévoit la transformation de la maintenance – aujourd’hui intégrée à la filière matériel, sous maîtrise nationale – en « un marché indépendant ». Une aubaine pour les constructeurs comme Alstom ou Bombardier, qui réclament de longue date des contrats de maintenance, bien plus rentables que la construction. Mais au-delà des questions de sécurité que cela soulève, « ce sont 12 900 cheminots qui risquent d’être “sortis” de l’entreprise », dénonce la CGT, qui plaide pour le retour à « une maintenance intégrée ».

vendredi 15 juin 2018

Emmanuel Macron veut encore plus de précarité pour les pauvres

À l’occasion d’un discours devant les mutuelles françaises, le chef de l’État est revenu plus largement sur les contours de la société dont il rêve pour le pays. Pourfendant les « statuts », il propose, au nom de la « mobilité », une protection moindre, dans un marché de dupes.
La publication par les communicants du président d’une vidéo où Emmanuel Macron affirme qu’on « met un pognon de dingue dans les minima sociaux et les gens ne s’en sortent pas », en prélude à son discours devant la mutualité française, n’est pas un accident. Depuis plusieurs semaines déjà, la petite musique d’une vaste refonte des aides sociales est jouée au gouvernement. Gabriel Attal, porte-parole du parti LREM, a beau dire qu’il n’y aurait « pas de diminution des aides individuelles qui sont perçues aujourd’hui par les Français », dans une interview au JDD, la ministre de la Santé affirmait le contraire. Le gouvernement, assure Agnès Buzyn, ne fera pas d’économies « sur le dos des pauvres », mais sans s’interdire de « réinterroger » un dispositif d’aides sociales « s’il ne produit pas les résultats attendus ». « Il faut prévenir la pauvreté et responsabiliser les gens pour qu’ils sortent de la pauvreté. Et sur la santé, c’est pareil », affirme le président. En termes plus directs, « lui qui d’un côté n’a pas hésité à augmenter le point de CSG, y compris pour les retraités, à réduire le montant de l’aide personnalisée au logement, à affaiblir tous les bailleurs sociaux et à supprimer les emplois aidés… n’a en revanche pas lésiné à redistribuer vers les plus riches en supprimant l’ISF ou créant la flat tax », a commenté l’ex-ministre socialiste Martine Aubry.
Devant le congrès de la Mutualité française, Emmanuel Macron a redit son credo, de vouloir « mieux responsabiliser tous les acteurs », à commencer donc par les pauvres eux-mêmes, qui sont un peu responsables de leur sort, selon la pensée classique à droite. À plusieurs reprises, le chef de l’État hier a redit vouloir en finir avec « une société de statuts ». Son discours, qui réhabilite le fantasme de pesanteurs françaises, opère en fait un curieux retournement : ce qui était protecteur, le statut, serait désormais un frein. En réalité, Emmanuel Macron passe ainsi d’une logique de protection collective qu’apporte le statut, qui doit ici être vu au sens large d’un ensemble de droits ouverts, à une logique de l’individu. Où au passage chacun perd la protection antérieure qu’apportait le statut. La « disruption » chez Macron, comme le soulignait récemment Bernard Stiegler, est d’abord une manière de tétaniser, une stratégie « pour prendre de vitesse ses compétiteurs et ses régulateurs ». Macron est le premier à reconnaître qu’il n’y aura pas de « grand tournant social », mais ne dit pas que, pour « rendre les droits effectifs », il faudra en rogner, alors que les minima sociaux que perçoivent un peu plus de 10 % de la population sont déjà sous le seuil de pauvreté.

Les cheminots sont les premiers à en faire les frais

Pour l’heure, dans la mise à bas de cette « société de statuts » qui prépare l’extension du travail précaire, les cheminots en font les premiers les frais. D’autres pourraient venir : rencontrant des journalistes récemment, un proche du président reprenait la formule de « société de statuts » pour résumer la première année du quinquennat, expliquant que son enterrement avait déjà commencé quand « travail et mérite se retrouvent dans toute une série de réformes ».
Dans Challenges en 2016, Emmanuel Macron se faisait clair, « la solution est que l’État protège non les statuts ni les rentes de manière diffuse, mais les individus de manière transparente : c’est vers cela qu’il faut aller ». Que comprendre, sinon que l’État ne devrait assurer qu’une protection minimale, en échange de garantir une hypothétique mobilité sociale ? En 2016, Macron affirmait déjà « notre société n’est pas la plus inégalitaire, mais elle est l’une des plus immobiles ». « Ce sont, ajoute-t-il, des morceaux de la société qui se sont organisés pour défendre leurs intérêts (…). Des professions ont créé des barrières à l’accès des plus jeunes. »
C’était avant d’être élu, avant même d’annoncer la réforme de la SNCF, dont l’un des volets est d’en finir avec le statut des cheminots, pour les futurs embauchés. Or, jamais n’est expliqué en quoi le statut des actuels cheminots est un frein à la mobilité sociale. La réponse est simple : il n’y a pas de rapport. Ce n’est pas le statut des cheminots qui empêche les jeunes des quartiers populaires ou ceux qui ont basculé dans la précarité de s’inventer un avenir.
Le « plan pauvreté », promis pour le mois prochain, à peine esquissé hier par le chef de l’État, qui en est resté aux grands principes, participe de la même logique. Objectif, selon l’Élysée, « davantage d’investissement social que de lutte monétaire contre la pauvreté, fondée sur la redistribution d’allocations ».
Le paradoxe est que, « protégés par leur statut, leur activité ou leur diplôme, les classes aisées ferment les yeux sur l’armée des flexibles qui font tourner l’économie en décalé et exercent les tâches les plus ingrates, à la maison comme dans l’entreprise », écrit Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités (lire également l’entretien ci-contre). Le futur président avouait encore en 2016 être « contre l’égalitarisme, qui est une promesse intenable ». S’il n’y a plus de redistribution, alors il est aisé « de passer à une société de la mobilité et de la reconnaissance, où chacun occupe une place différente ». La mobilité devient un paravent pour ouvrir la voie à la déréglementation.

jeudi 14 juin 2018

Des retraités de plus en plus indignés d’être à ce point maltraités

A l’appel de 9 organisations dont l’Union confédérale des retraités CGT, des dizaines de milliers de retraités vont défiler dans tout le pays demain contre l’amputation de leur pouvoir d’achat depuis le début de cette année via la hausse de la CSG. Cette baisse des pensions est d’autant plus injuste que ces dernières sont bloquées depuis des années tandis que la hausse de la CSG sert, entre autre, à alimenter l’UNEDIC alors que les retraités, de par leur statut de pensionnés, ne peuvent avoir droit au chômage.
Pour bien comprendre le sens de la journée d’action de ce jeudi 14 juin chez les retraités et prendre la mesure du mécontentement qui les anime, on peut se reporter au 12 avril de cette même année 2018. Ce jour-là, au journal de 13H de Jean-Pierre Pernaut, décentralisé dans l’école primaire d’un village normand, Emmanuel Macron avait « remercié » les retraités de l’effort  qu’il leur avait imposé au nom, disait-il, de la « solidarité nationale » en faveur des jeunes générations.
Depuis la tenue de ces propos incongrus par le président de la République, une étude de l’INSEE publiée le 5 juin sur l’évolution du patrimoine et du pourvoir d’achat des Français entre 1996 et 2015 nous apprend que « huit ménages de parents d’un jeune de 18 à 24 ans sur dix, l’aident financièrement à hauteur de 3.670€ par an. Au total, 8% du revenu disponible des ménages de parents est consacré à l’ide du jeune adulte », poursuit l’INSEE. Certains de ces parents sont aussi des retraités et l’INSEE n’a pas poussé la curiosité jusqu’à chercher à savoir dans quelles proportions les retraités aident aussi leurs petits enfants financièrement comme en assurant bénévolement la garde à la sortie des écoles ainsi durant les jours où les gosses ne sont pas scolarités.         

Quand la pension de 1.500€ baisse de 27,45€ par mois

Depuis l’entrée en vigueur de cette hausse de la CSG,  chacun peut se rendre compte que la ponction de + 1,7%  appliquée à la pension brute, se traduit par une baisse de 1,83% sur la pension nette. Quiconque percevait 1.500€ net avant la hausse pouvait penser que sa pension allait diminuer de 25,50€ par mois et de 306€ sur l’année. Au final, la baisse est  de 27,45€ par mois et de 329,40 euros sur l’année. C’est la baguette de pain que Macron enlève chaque jour de la bouche du modeste retraité.
Des veufs et surtout des veuves qui  touchaient moins de 1.200€ par mois, mais percevaient en plus une pension de réversion de leur défunt conjoint, se retrouvent taxés sur la totalité de leurs revenus par ce prélèvement. Le nouveau président des riches pille les retraités afin de concéder une petite augmentation du salaire net aux actifs, sans que cela ne coûte un centime aux employeurs. Mais, en supprimant la cotisation maladie et la cotisation chômage qui étaient à la charge du salarié, on augmente si faiblement le salaire net que même les bénéficiaires sont mécontents du résultat. Car ils subissent aussi la hausse de la CSG. Parallèlement, la hausse du prix du pétrole brut comme celle des taxe sur les carburants en France depuis le début de l’année ont déjà annulé le mini hausse du pouvoir d’achat des actifs que Macron a fait payer par les retraités en choisissant de ne rien demander aux patrons de LVMH, de Carrefour, de Renault, de Peugeot-Citroën, de Dassault, du Crédit Agricole ou de BNP Paribas.

Quand les retraités paient à la place des patrons du CAC 40

Faut-il croire que ces patrons ne pouvaient pas payer ? Le Figaro du 5 mars de cette année indiquait que, pour l’année 2017, « sur les 39 entreprises du CAC 40  qui ont dévoilé leurs comptes, 31 affichent des résultats en hausse. La palme du plus fort bénéfice revient à Sanofi avec 8,4 milliards d’euros ». LVMH a annoncé 5,12 milliards d’euros de bénéfices pour l‘année 2017. Bernard Arnault, première fortune française, bénéficie de la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) pendant que la ponction sur nos pensions sert à payer la cotisation de chômage et de maladie de ses employés. Carlos Ghosn, PDG de Renault ne paiera plus cet ISF sur ses 7 millions d’euros de salaire perçus en 2017.
Partout où ils osent encore aller au contact de la population dans leur circonscription, les députés de La République En Marche constatent que cette hausse de la CSG a profondément mécontenté les gens qui ont voté pour eux.  Voilà pourquoi les retraités ont de bonnes raisons de manifester le 14 juin. D’autant qu’Emmanuel Macron joue un double jeu pour le moins pervers. Evoquant la prochaine réforme unificatrice des retraites sur laquelle il demande au Parlement de légiférer, il prétend qu’il y aura demain un droit à pension identique pour chacun comme pour tous et cela résultera de chaque euro cotisé. Mais le niveau des pensions des retraités ont bien été calculés  individuellement en fonction des années et des niveaux de cotisations de chacun et chacune. Or Macron a utilisé la CSG pour réduire de manière autoritaire et probablement illégale les pensions de retraites en janvier 2018.

L’étrange complicité du Conseil Constitutionnel

Ajoutons que le Conseil Constitutionnel, présidé par l’ancien Premier ministre et ancien président de l’Assemblée nationale Laurent Fabius, n’a rien trouvé à redire contre cette ponction. Le Conseil Constitutionnel se rend ainsi complice de la spoliation dont sont victimes des millions de retraités alors que le Conseil d’Etat a mis en doute la légalité de cette façon de procéder. Au delà du président de la République et de son gouvernement, le moment n’est-il pas venu de demander des explications au président de Conseil constitutionnel sur cette douteuse complicité ?

mercredi 13 juin 2018

Aquarius : La question de l’accueil des réfugiés doit être inscrite à l’ordre du jour du prochain Conseil européen

Le refus du gouvernement d’extrême droite italien de recueillir le bateau « L’Aquarius », ayant secouru 629 réfugiés dont 123 mineurs et 7 femmes enceintes, a mis une nouvelle fois sur le devant de la scène l’incurie de l’Union Européenne et de la France. Par son inaction, l’Union Européenne met en danger des vies humaines ballotées pour des raisons politiciennes. Elle tourne le dos à son histoire et à son identité.
En demeurant passifs, Bruxelles laisse les populistes et les xénophobes régner sur la politique migratoire européenne. De façon incompréhensible, Emmanuel Macron aura mis 48h à réagir, finissant par dénoncer le « cynisme et l’irresponsabilité » du gouvernement italien. Mais plutôt que des belles paroles, nous avons besoin que la France prenne l’initiative. Elle doit exiger l’inscription en urgence de la question de l’accueil des réfugiés et de la réforme du règlement de Dublin au prochain Conseil européen des 28 et 29 juin.
Il est indispensable que les gouvernements se mettent autour d’une table pour apporter une réponse commune à la situation dont l’Aquarius est un énième symptôme. Il est nécessaire de réformer en urgence le règlement de Dublin qui impute au premier pays d’entrée au sein de l’UE la charge d’examiner les demandes d’asile. Du fait de cette disposition, les populations de l’Europe du Sud assument seules l’accueil des réfugiés dans des conditions humaines dramatiques quand un certain nombre de pays-membres d’Europe centrale ou du Nord refusent de prendre leur part à la solidarité internationale. A l’occasion du prochain Conseil européen, la France peut et doit porter des solutions pragmatiques :
- contraindre les États membres, y compris leurs flottes militaires, à remplir leurs obligations internationales en matière de sauvetage en mer et de droit d’asile ;
- partager la responsabilité des demandeurs d’asile entre tous les pays de l’UE ;
- réorienter les missions de Frontex vers le sauvetage et l’ouverture de voies légales sans conditions ;
- instaurer des voies légales et sûres d’accueil des réfugiés à travers un couloir humanitaire dans la Méditerranée, en lien avec le Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU.
Ian Brossat, chef de file des communistes pour l’élection européenne de 2019