Appel

vendredi 28 juillet 2017

Stocks-options. La ministre du Travail touche le pactole sur le dos des emplois

80 c’est, en années de smic net, l’équivalent de la plus-value touchée par Muriel Pénicaud sur la revente de ses stock-options.
Révélation. Muriel Pénicaud a réalisé en 2013 une plus-value de 1,13 million d’euros sur ses stock-options en tant que dirigeante de Danone, profitant de la flambée en Bourse qui a suivi l’annonce de 900 suppressions d’emplois du groupe en Europe.
Plus d’un million d’euros de plus-values boursières par un simple jeu d’écritures : c’est la somme gagnée en une journée par Muriel Pénicaud comme directrice générale des ressources humaines (DGRH) chez Danone, le 30 avril 2013. Et cela alors que le groupe s’apprêtait à supprimer 900 emplois de cadres, dont 230 en France. L’information fait tache sur le CV de la ministre du Travail, au moment où celle-ci défend mordicus au Sénat l’idée que faciliter les licenciements sera in fine bénéfique à l’emploi et donc aux salariés.
Selon les comptes officiels de Danone pour l’année 2013 que l’Humanité a consultés, Muriel Pénicaud a en effet perçu un gros paquet de stock-options pour ses états de service au comité exécutif du groupe alimentaire. Enregistrée par l’Autorité des marchés financiers à la date du 30 avril 2013, la transaction porte sur un lot de 55 120 actions acquises à une valeur de 34,85 euros l’unité, bien en dessous du cours de l’action ce jour-là, et revendues aussitôt pour l’essentiel (52 220 actions) à 58,41 euros l’unité, au cours du marché. Soit 1 920 932 euros à l’achat, et 3 049 966,54 euros à la revente. Bilan de l’opération : une plus-value immédiate de 1 129 034,54 euros, non comptées les 2 900 stock-options restant alors en sa possession.
La cagnotte boursière de 1,13 million d’euros de Muriel Pénicaud n’est pas tombée du ciel. Pour réaliser un tel bénéfice de près de 60 % sur sa mise de départ, la ministre a profité de la remontée de l’action qui a suivi l’annonce d’un plan de restructuration du groupe, faisant grimper le cours dans les semaines qui ont précédé la transaction. Dans le cadre d’« économies de fonctionnement » de 200 millions d’euros décidées en 2012, la direction de Danone a, en effet, annoncé, le 19 février 2013, la « suppression d’environ 900 postes managériaux et administratifs répartis dans 26 pays européens ».

Le titre Danone s’envole à 55-60 euros en avril-mai

Un choix immédiatement salué par les marchés financiers par un bond du titre, comme l’a relevé toute la presse à l’époque. « La Bourse achète ce discours : l’action prenait presque 5 % mardi matin (19 février 2013 – NDLR) en début de séance », soulignait ainsi le Figaro. « À court terme, des destructions d’emplois peuvent remonter le cours de l’action et vont donc bénéficier au capital, contre la production et la valeur ajoutée », confirme l’économiste spécialiste des entreprises qui siège au Conseil économique, social et environnemental (Cese), Frédéric Boccara, membre des Économistes atterrés et de la direction du PCF.
À partir de cette date, le cours de l’action marque en effet une césure nette : d’une cotation située au-dessous de 52 euros l’action avant l’annonce du plan de destruction d’emplois, le titre Danone s’envole à 55-60 euros en avril-mai, accélérant plus vite que la moyenne du CAC 40, pour ne plus redescendre avant octobre 2013. Tout bon pour Muriel Pénicaud, qui fait valoir ses stock-options pile à l’expiration du délai de garde de quatre ans exigé par Danone pour en bénéficier.
Quand il procède à cette restructuration, le groupe est pourtant loin d’être au bord de la faillite. Danone vient au contraire de battre le record de son chiffre d’affaires, passant pour la première fois en 2012 le cap des 20 milliards d’euros dans le monde, en hausse de 8 % en un an. Et les perspectives pour 2013 sont bonnes, avec une nouvelle progression escomptée d’au moins 5 %. Mais, pour le PDG du leader mondial des produits laitiers et numéro deux des eaux en bouteilles, Franck Riboud, la marge avant impôts de Danone, déjà très élevée à 14,18 %, soit près de 3 milliards d’euros, est encore insuffisante. L’Europe montre des signes de fléchissement, avec une baisse des ventes de 3 % et une marge de « seulement » 15,66 %, supérieure aux autres continents, mais en recul par rapport à 2011 (17,37 %). Cela, le PDG de Danone, qui vient de proposer un dividende en hausse de 4,3 % à ses actionnaires, ne le supporte pas : « C’est une équation qui n’est pas pérenne, et une situation que nous allons surmonter », grâce à « une adaptation de nos organisations » visant à « redonner de la compétitivité et de l’efficacité en Europe », déclare-t-il. L’idée d’un plan de suppression d’emplois est lancée, à la grande joie de la Bourse… et du porte-monnaie de la future ministre du Travail.
D’autant que celle-ci n’a pas seulement fait une affaire à la revente. Le prix d’achat de ses actions s’est aussi avéré ultrarentable : à 34,85 euros l’unité, elle en a fait l’acquisition au cours proche du plancher de ces dix dernières années. Le mécanisme des stock-options est ainsi fait que le prix d’acquisition est fixé lors de l’attribution des actions plusieurs années avant que son bénéficiaire ne les achète réellement : on parle d’« option d’achat ». Quand vient le moment pour le haut dirigeant de « lever l’option », c’est-à-dire de débourser l’argent pour les acquérir, il le fait au prix fixé à l’avance. Pour Muriel Pénicaud, cela s’est très bien agencé : ses stock-options, et le prix qui leur était attaché, lui ont en effet été attribuées le 23 avril 2009, juste après l’effondrement des valeurs boursières du CAC 40 à la suite du krach de 2008-2009. Entre le 8 janvier 2008 et le 19 mars 2009, l’action Danone a perdu ainsi près de la moitié de sa valeur, passant de 63,71 euros à 33,67 euros. À quelques mois près, la ministre, qui siégeait au comité exécutif du groupe en tant que DGRH depuis mars 2008, aurait peut-être dû mettre ses stock-options à la poubelle !
C’est en effet l’autre avantage de ce mode de rémunération prisé des PDG, à l’instar de ceux de Danone ou de Renault : comme il s’agit d’une « option d’achat », le dirigeant ne court aucun risque, puisqu’il peut tout simplement renoncer à acheter s’il constate que l’action a perdu de sa valeur. Ici, rien de tel : si la terrible crise économique a fait des perdants, elle a aussi fait des gagnants et Muriel Pénicaud en fait partie. La chance lui a souri d’ailleurs jusqu’au bout, puisqu’elle est l’une des dernières dirigeantes de Danone à avoir bénéficié de stock-options avant que l’entreprise ne renonce à ce type de rémunération en 2010, au profit d’attributions d’actions liées à la performance.
Contacté à plusieurs reprises par l’Humanité, le cabinet de la ministre du Travail n’a pas souhaité donner suite à nos demandes de réactions de sa part. Quant à Danone, l’entreprise s’est contentée de confirmer nos informations sur les stock-options dont a bénéficié son ex-DGRH, sans dévoiler d’autres éléments de rémunération.

« Muriel Pénicaud n’a rien à voir avec le monde du travail »

Reste que cela écorne sérieusement le portrait de la ministre, dépeinte dans la presse comme une DRH attentive à la démocratie sociale et au facteur humain. « C’est quelqu’un qui se prétend salarié mais qui se situe objectivement du côté des intérêts du capital, et qui s’est trouvé à ce titre directement intéressé aux destructions d’emplois, estime l’économiste Frédéric Boccara. Elle a peut-être une fibre sociale quand elle va à confesse, mais elle n’a rien à voir avec le monde du travail, celui des salariés, mais aussi celui des artisans et même des petits patrons. » Lors de sa nomination, la fédération CGT de l’agroalimentaire avait d’ailleurs dénoncé les « bons et loyaux services » de l’ex-DGRH qui a « estampillé » le plan social de 2013 déguisé en « départs volontaires », selon le syndicat, une « véritable Bérézina pour les salariés ».
Muriel Pénicaud, qui a cumulé les rémunérations de Danone avec celles perçues au conseil d’administration d’Orange (58 000 euros de jetons de présence perçus en 2013 pour l’exercice 2012) et a occupé les fonctions de directrice générale adjointe de Dassault-systèmes et d’administratrice de la SNCF, ne s’est d’ailleurs pas appliquée à elle-même la recommandation d’un rapport qu’elle a cosigné en 2010, et qui préconisait de prendre en compte la « performance sociale » dans la rémunération variable des dirigeants d’entreprise, plutôt que la seule « performance économique ». En l’occurrence, concernant les stock-options, l’indexation sur le seul cours de la Bourse.

Un amendement propose d’interdire toute suppression d’emploi boursière

Mais le plus embarrassant est sans doute la réponse faite le 12 juillet en présence de la ministre par le rapporteur de la loi travail bis, le député macroniste Laurent Pietraszewski, à un amendement de Sébastien Jumel (PCF). Ce dernier proposait d’interdire « toute suppression d’emploi (…) lorsque l’entreprise a distribué des dividendes ou des stock-options ou des actions gratuites ». Soit exactement ce qui s’est passé chez Danone en 2013. « Nous sommes tous au clair là-dessus, lui a répondu le rapporteur en motivant le refus de l’amendement. Nul ne souhaite en effet qu’une entreprise qui réalise un bénéfice ou distribue des dividendes à ses actionnaires puisse en même temps licencier en toute impunité des salariés pour des raisons d’opportunité financière. » Et la ministre d’ajouter dans l’Hémicycle : « Même avis »…
Des fermetures d’usines très profitables aux actionnaires
Après le plan de restructuration de 2013, le groupe a annoncé en juin 2014 la fermeture pour la mi-2015 de ses usines de Casale Cremasco en Italie, de Hagenow en Allemagne et de Budapest en Hongrie, entraînant la suppression de 325 postes. La faute à une « baisse significative des ventes » en Europe qui a entraîné des « situations de surcapacité locale » de production, a expliqué la direction. En revanche, dans le même temps, la profitabilité de la branche Europe de Danone s’est spectaculairement redressée, passée de 14,42 % de taux de marge avant impôt en 2013 à 17,26 % en 2015, tirant vers le haut toute l a rentabilité du groupe au niveau mondial. Les dividendes servis aux actionnaires ont suivi le même chemin, passant de 1,45 euro par action pour l’exercice 2013 à 1,60 euro en 2015 (+ 10,3 %).

jeudi 27 juillet 2017

Hommage au Père Hamel: Le PCF s'associe à l'appel des député-e-s communistes à faire vivre les valeurs républicaines

Cérémonie d’hommage au Père Hamel, les député-e-s communistes appellent à faire vivre les valeurs républicaines

Il y a un an, la ville de Saint-Etienne du Rouvray, sa population, ses représentants étaient plongés dans l’effroi par cet assassinat d’un homme de paix et la tentative, à travers ce geste barbare, de porter atteinte au vivre ensemble.
Avec ses mots, ses mots simples, ses mots justes, ses mots humains, dans la limite de ce que peuvent les mots, Hubert Wulfranc, le maire de Saint-Etienne du Rouvray, notre collègue parlementaire aujourd’hui, avait su affirmer, rappeler, convaincre que la réponse à un tel drame est à puiser dans les valeurs universelles qu’incarne la République, notre pays. Liberté, égalité, fraternité sont au fronton de nos édifices, ils doivent être dans nos cœurs pour résister. C’était le message de Saint-Etienne du Rouvray à travers la voix de son maire.
Aujourd’hui nous adressons à Hubert Wulfranc, à Joachim Moyse, le nouveau maire de la Ville à tous les Stéphanaises et Stéphanais et à la famille du père Hamel nos plus fraternelles et chaleureuses pensées.

mercredi 26 juillet 2017

Côte d'Ivoire : La condamnation de l'ancien ministre Assoa Adou jette le discrédit sur la justice et le pouvoir ivoiriens

Assoa Adou, homme de paix et figure de la gauche ivoirienne, vient d'être condamné à quatre ans de prison à l'issue d'un procès politique.
Arrêté il y a deux ans et demi, en dehors de toute procédure légale, il a été détenu à Abidjan puis transféré au Camp pénal de Bouaké où il a été notamment victime de mauvais traitements. Du fait de conditions de détention épouvantables, l'état de santé de Assoa Adou, 72 ans, s'est considérablement dégradé.
C'est dans ce contexte et après des tergiversations sans fin qu’a eu lieu son procès pour « complot contre l'autorité de l’Etat ». Au cours des audiences, tous les témoins cités par l'accusation se sont dédits, et tous les chefs d'accusation se sont effondrés les uns après les autres.
La Cour d'Assise l'a finalement condamné sans preuves ni faits établis à 4 ans de prison pour « troubles à l'ordre public ».
Le jugement que vient de rendre n’a pas de fondement juridique en Côte d’Ivoire mais relève d’une décision politique.
Ces méthodes rappellent la sombre période des procès politiques en Côte d’Ivoire.
Le cas d'Assoa Adou est emblématique de centaines de détenus politiques qui croupissent sans jugement en prison.
A la veille de l'ouverture à Abidjan des 8e Jeux de la Francophonie ce vendredi 21 juillet, cette condamnation inique est un mauvais signal, un de plus, envoyé par les dirigeants ivoiriens.
Le Parti communiste français demande au gouvernement français et au président Macron de prendre publiquement position pour la libération des prisonniers politiques en Côte d’Ivoire dont le climat politique, sou sua férule d’Alassane Ouatera, se dégrade à vue d’oeil.

mardi 25 juillet 2017

Contre les ordonnances Macron-Pénicaud : le collectif du Grésivaudan en action

Dans le petit mation pluvieux, 8 militants du collectif du Grésivaudan, regroupant plusieurs partis, associations et syndicats du Grésivaudan, ont installé 2 banderoles sur l'autoroute Grenoble-Chambéry.

Durant une petite heure, les automobilistes ont pu apprécier et soutenir à coup de klaxons les  mots d'ordre : "Halte à la casse du code du travail" et "Retrait des ordonnances Macron".


lundi 24 juillet 2017

INTERVIEW - Ian Brossat, l'adjoint communiste en charge du logement à la mairie de Paris, fustige la baisse de cinq euros par mois des aides personnalisées au logement (APL) révélée samedi par France 2.

Lorsqu'il a appris la nouvelle, son sang n'a fait qu'un tour. Chargé des questions du logement à la mairie de Paris, le communiste Ian Brossat s'est insurgé face à la baisse mensuelle de l'aide personnalisée au logement (APL), dont les modalités ont été révélées samedi par France 2. Une information confirmée par le ministère de la Cohésion des territoires. L'ensemble des bénéficiaires, principalement des étudiants et des familles aux revenus modestes, toucheront en effet 5 euros d'APL en moins chaque mois à partir du 1er octobre prochain. Cette nouvelle restriction budgétaire, qui a été votée sous le mandat de François Hollande, devait, à l'origine, ne concerner que les foyers disposant d'un patrimoine supérieur à 30.000 euros. Les allocations de logement familial (ALF) et les allocations de logement sociale (ALS), actuellement versées à 3,9 millions de personnes, seront elles aussi concernées par cette baisse de 5 euros. L'élu PCF explique les raisons de sa colère au JDD.
Que reprochez-vous à la baisse de l'APL voulue par le gouvernement?
C'est une mesure qui est particulièrement injuste. L'APL est touchée par 2,8 millions de foyers, les premières victimes de cette mesure seront donc les étudiants et les familles modestes qui sont les principales bénéficiaires. C'est donc, de mon point de vue, une mesure scandaleuse dans un contexte où ces familles ont souvent déjà des difficultés de pouvoir d'achat.
On parle pourtant d'une baisse de seulement cinq euros par mois… 
Cinq euros par mois représentent peu vu d'un bureau ministériel confortable. Seulement, cela représente quelque chose d'important pour beaucoup de familles et d'étudiants qui, eux, sont à cinq euros près et qui ont besoin de ces cinq euros là pour boucler leur fin de mois. Par ailleurs, quand on diminue l'APL, on diminue la solvabilité des ménages et on augmente les risques d'impayés et donc d'expulsion. De mon point de vue, c'est une mesure qui est dangereuse et qui fragilise les conditions de logement de beaucoup de Français.

"Il y a de l'argent à prendre ailleurs"

Quels seront les impacts concrets sur les 800.000 étudiants qui touchent aujourd'hui l'APL selon vous?
Ce seront clairement des difficultés de pouvoir d'achat supplémentaires pour ces étudiants qui verront leurs aides diminuer dès le mois d'octobre. Je suis un élu de terrain, je tiens une permanence et je vois beaucoup de familles ou d'étudiants qui touchent ces aides. Ils seront donc encore un peu plus fragilisés. Ensuite, l'argument du gouvernement qui consiste à dire que l'APL a un rôle inflationniste sur les loyers ne tient pas. Rien ne garantit que les propriétaires diminueront de cinq euros comme on peut l'entendre. C'est un conte à dormir debout auquel je ne crois pas une seule seconde. 
Le gouvernement justifie surtout cette baisse en expliquant que cela permettra de réduire le poids des dépenses publiques...
Il y a de l'argent à prendre ailleurs. La baisse de l'ISF par exemple [prévue pour l'an prochain, NDLR] retire trois milliards d'euros aux comptes publics! Le gouvernement fait donc le choix de se priver de ces trois milliards alors que, dans le même temps, il rogne l'APL touchée par des familles qui ont des revenus beaucoup plus modestes. C'est clairement un choix politique du gouvernement de faire les poches aux plus pauvres.
Rien ne nous dit que l'année prochaine ce ne sera pas quinze euros, et qu'à terme ce ne sera pas l'APL qui disparaîtra totalement.
Aurait-il mieux fallu rester à la baisse de l'APL pour les foyers disposant d'un patrimoine supérieur à 30.000 euros, comme le souhaitait François Hollande?
C'était déjà une manière de rogner sur l'APL mais maintenant, ce qui est clair, c'est que c'est un pas supplémentaire qui est franchi. Rien ne nous dit que l'année prochaine, ce ne sera pas quinze euros, et qu'à terme ce ne sera pas l'APL qui disparaîtra totalement. C'est donc un message qui est, de mon point de vue, inquiétant.

"Le logement, c'est le grand sacrifié du début de mandat de Macron"

Plus largement, comment percevez-vous l'absence de ministère dédié au logement au sein du gouvernement?
Je pense que c'est fort dommage. Le gouvernement ne parle pour l'instant de logement que comme une source d'économie. Or, le logement devrait surtout être un droit fondamental auquel chacun devrait avoir accès dans une société civilisée. Pour l'instant, il n'y a pourtant aucun signe du gouvernement qui vise à améliorer les conditions de logement des Français. C'est le grand sacrifié de ce début de mandat. 
Que devrait donc faire le gouvernement en matière de logement?
Déjà, il faudrait maintenir l'APL actuel. Ensuite, et surtout, le gouvernement devrait augmenter ce qu'on appelle l'aide à la pierre, c’est-à-dire les crédits qui permettent de produire du logement social et du logement accessible. Or, pour l'instant, le gouvernement baisse ce qu'on appelle l'aide à la personne, c’est-à-dire les aides personnalisées comme l'APL. Rien n'indique en plus que cela sera compensé par une augmentation de l'aide à la pierre. Donc au final, c'est zéro sur les deux tableaux.

samedi 22 juillet 2017

Les tarifs réglementés de vente du gaz et de l'électricité doivent perdurer !

Les tarifs réglementés de vente du gaz et de l’électricité doivent perdurer !

Les tarifs réglementés, tels qu'appliqués actuellement en France par Engie pour plus de 5,4 millions de foyers, sont contraires au droit européen, a affirmé ce mercredi le Conseil d'État, ouvrant ainsi la voie à leur suppression. Il décide d'annuler un décret datant de 2013 encadrant les modalités de fixation des tarifs réglementés du gaz. C’est la fin des tarifs réglementés de vente du gaz mis en place depuis plus de 70 ans !
C’est une grande victoire pour les fournisseurs alternatifs qui contestent l'existence même des tarifs réglementés, en faisant valoir qu'ils faussent la concurrence. Rien ne les arrête !

En effet, les tarifs réglementés de vente constituent le seul rempart restant pour protéger le consommateur des prix fluctuant du marché. C’est par ce levier que l’État peut protéger le pouvoir d’achat des français. Ces tarifs restent un rempart protecteur pour les consommateurs face à la jungle de la concurrence et à une forte augmentation des prix. Ils restent encore aujourd’hui un instrument de politique sociale.
Le PCF s'alarme de cette décision et de ses conséquences.

Récemment, l’Observatoire National de la Précarité Énergétique révélait qu’une augmentation de 10 % du prix de l’énergie ferait basculer 423 235 ménages supplémentaires en situation de précarité énergétique.
Enfin, les tarifs de l’électricité pourraient bien subir le même sort. En effet, le 4ème paquet énergétique actuellement en discussion au Parlement européen préconise leur disparition.

C’est bien d’un gouvernement français offensif dont nous avons besoin sur cette question afin que la bataille sur la défense des tarifs réglementés de vente puisse être menée en exigeant leur maintien. Or, nous assistons à une offensive pour démolir tous les services publics et activer toutes les déréglementations.

Le PCF avec ses parlementaires mènera ce combat pour préserver un service public de l’électricité et du gaz instaurant la reconnaissance d’un véritable droit à l’énergie pour tous.

vendredi 21 juillet 2017

Démission du général de Villiers : Le Parlement dans le viseur d'Emmanuel Macron

Démission du général de Villiers : Le Parlement dans le viseur d'Emmanuel Macron
En poussant à la démission le général Pierre de Villiers, le Président de la République s'en prend en réalité au Parlement et à ses prérogatives. Ce qui est en cause n’est ni le fond ni la forme des propos tenus par l'ancien chef d’état-major des armées lors de son audition à huis clos devant la Commission de la Défense nationale de l’Assemblée mais le pouvoir des parlementaires de contrôler l’action de l'armée et le budget de la nation. Si la parole des militaires n'est plus totalement libre devant les représentants de la nation auxquels ils ont des comptes à rendre, cela signifie que notre pays, la République, est aux portes d'un changement de régime qui tourne le dos aux principes démocratiques qui sont les siens.
Le Parti communiste français considère que l'Assemblée nationale et le Sénat doivent jouer un rôle central dans la définition, la mise en œuvre et le contrôle de la politique de défense nationale et de sécurité collective de notre pays.
Ce domaine, comme celui de politique internationale et européenne, ne sont pas des domaines réservés dont le chef de l’État peut exclure les citoyens et leurs élus. La décision de nommer au gouvernement un ministre « des Armées » et non plus de la Défense nationale était déjà éloquent du virage pris par Emmanuel Macron.
Les conditions d’expression et d’intervention des militaires dans le débat public doivent – sauf nécessité du service, devoir de réserve et dans le respect des valeurs de la démocratie et de la Républiquetendre à rejoindre celles des autres agents de l’État qui sont des citoyens à part entière. Les restrictions doivent être limitées à ces principes et ne laisser en aucun cas place, de la part de la hiérarchie militaire ou du pouvoir exécutif, à des interprétations étendues ou partisanes.
La nomination, hier, du général François Lecointre en remplacement du général Pierre de Villiers par Emmanuel Macron soulève plusieurs inquiétudes légitimes sur les orientations que le président et son chef d'état-major impulseront en matière de défense nationale, de participation de la France à l'OTAN, au projet de « défense européenne » et d'opérations extérieures, ainsi que les missions exactes qui seront assignées à nos forces armées.
Le PCF entend faire preuve de la plus grande vigilance pour que le Parlement comme les citoyens exercent leur maîtrise des décisions à venir.

jeudi 20 juillet 2017

Les collectivités locales au régime sec

Communiqué de Youssef BEN AMAR,conseiller municipal délégué d’Allonnes (72) et membre du bureau national de l’Association nationale des élus communistes et républicains (ANECR) sur les annonces d’Emmanuel Macron :
Réduction du nombre d’élus locaux, 13 milliards d’économies au cours des cinq prochaines années, suppression totale à terme de la taxe d’habitation…
Ce sont les principales mesures annoncées hier par le président Macron devant les représentants des communes, départements et régions.
La douche est glaciale pour nous, élus locaux, qui avons déjà vu nos dotations amputées de 9,5 milliards d’euros les trois dernières années du quinquennat Hollande. La méthode change mais la finalité reste la même.
Le chef de l’État préfère responsabiliser les élus locaux en leur demandant de réduire d’eux-mêmes les dépenses de leur collectivité. D’où l’idée d’un "pacte".
Ceux qui ne joueraient pas le jeu, a-t-il toutefois prévenu, verraient leurs dotations baisser l’année suivante.
Emmanuel Macron enlace les petits élus locaux, au risque de les étrangler.
Le régime annoncé hier au Sénat ressemble plus à une soupe à la grimace qu’à un menu étoilé offert sur les hauteurs de la Tour Eiffel.
Communication apaisée pour mauvaise réforme.
La conférence des territoires vient de livrer une belle démonstration de la capacité de l’exécutif à souffler le chaud et le froid pour, au final, figer le pays dans l’austérité et le chacun-pour-soi.
Le chef de l’Etat jure faire de la lutte contre la fracture territoriale une "priorité", mais le résultat de son plan sera de franchir une nouvelle étape de déconstruction de l’égalité républicaine.
Il va, en effet, accroître les inégalités entre territoires et donc de faire apparaître une France encore plus fracturée.
Nouvelle purge pour les collectivités et les services publics.
La conséquence de ces choix de politique d’austérité assumés est d’éloigner toujours plus les citoyen(e)s des décisions locales in fine de la démocratie.
Être moderne, être "progressiste" comme le chef de l’état aimait le dire pendant sa campagne, c’est de donner plus de moyens aux maires, aux élus locaux qui sont en prise directe avec les habitant(e)s.
BEN AMAR Youssef,
Conseiller municipal délégué ville d’Allonnes.
Membre du bureau national de l’Association nationale des élus communistes et républicains.

mercredi 19 juillet 2017

Assa Traoré : « Mon combat pour que cessent les violences policières »

Assa Traoré, soeur d'Adama Traoré, décédé à la gendamerie de Persan (Val-d’Oise) le 19 juillet 2016, devant le Palais de Justice de Paris. : Photo : Hugo Aymar
Le combat pour obtenir « vérité et justice » depuis le décès de ce jeune homme de 24 ans, le 19 juillet 2016, dans la gendarmerie de Persan (Val-d’Oise), unit l’ensemble des militants contre la répression policière. Devenue le symbole de cette lutte, Assa Traoré, la sœur de la victime, revient sur ce qui a changé en douze mois.
Depuis un an, Assa Traoré réunit, fédère, médiatise. « Comme femme, mère de famille et noire, Assa est un concentré de symboles, remarque son ami Almamy Kanouté, militant associatif qui a rejoint sa garde rapprochée dès les premiers jours. Lorsqu’elle croise des jeunes, il y a le côté starisation et les selfies avec elle, mais tous lui disent aussi merci. Elle est devenue la porte-parole de l’un des fléaux des quartiers populaires, et ça fait du bien. Son succès est aussi représentatif du manque de représentants de ces quartiers. »

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