mercredi 23 mai 2018

« Marée populaire ». Le compte à rebours jusqu’au 26 mai est officiellement lancé

Plus de 50 organisations syndicales, politiques et associatives appellent désormais à défiler pour « l’égalité, la justice sociale et la solidarité ». Un rassemblement inédit présenté jeudi lors d’une conférence de presse au siège de la CGT.
C’est parti. L’appel à la « marée populaire » pour le 26 mai a officiellement été lancé hier au siège de la CGT, à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Et pour l’occasion, nombre des responsables de la cinquantaine d’organisations syndicales, politiques et associatives qui y appellent (une dizaine de plus s’y sont jointes en 24 heures) ont fait le déplacement. À gauche, Benoît Hamon (Génération.s), Olivier Besancenot (NPA), Jean-Luc Mélenchon (la France insoumise), Pierre Laurent (PCF) et Sandra Regol (EELV) étaient notamment présents. Si le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, était absent, il n’y a pas lieu à « interprétation, nous sommes à 100 % sur cette initiative », a souligné Catherine Perret, qui représentait la confédération. Le numéro 1 du syndicat était attendu de longue date dans les Landes ce jour-là, a-t-elle précisé. Conformément à une décision commune des signataires, ce sont les représentants de la Fondation Copernic et d’Attac, à l’origine de la démarche, qui ont présenté les tenants et les aboutissants de ce que tous espèrent être « un grand rendez-vous citoyen ».

« Retrouver force, espoir et énergie tous ensemble »

Les deux « porte-parole » d’un jour insistent particulièrement sur la « cause commune » qui les a tous incités à s’asseoir autour d’une même table : l’« urgence » de répliquer à un Macron repeint en « Néron ivre de brûler une civilisation sociale que les luttes d’hier ont conquise », mais aussi un petit quelque chose de plus. À savoir, « retrouver force, espoir et énergie tous ensemble » face au rouleau compresseur de la « start-up nation ». « Macron écrit l’histoire à l’envers parce que lui et ses amis cloîtrés dans leur entre-soi ne connaissent aucun ouvrier, aucun employé, aucun précaire, aucun étudiant pauvre, aucun locataire en galère. Cette marée populaire va leur montrer le monde en vrai. Ça risque de leur faire un choc », assure Willy Pelletier, de la Fondation Copernic, qui plaide pour un rendez-vous de résistance et d’alternatives. Mais aussi pour des défilés joyeux, festifs et familiaux. Avec un triple objectif : soutenir les luttes en cours, « en premier lieu des cheminots mais aussi dans la fonction publique, dans la santé, le commerce et bien d’autres… » ; faire reculer Macron en contribuant à « amplifier le rapport de forces » ; et faire entendre les alternatives « que portent les organisations des uns et des autres ».
Concrètement, le 26 mai, ce sont de multiples vagues qui alimenteront la « grande marée » attendue. Des manifestations auront lieu dans de nombreuses villes. La meilleure façon d’avoir « le maximum de monde dans la rue », selon les organisateurs. À Marseille, Toulouse, Lille, Aubenas, Poitier ou encore Nantes, des rendez-vous ont déjà été fixés. « À peine notre appel sorti des imprimantes, des collectifs locaux se constituent. C’est à la fois une dynamique nationale mais aussi ancrée dans le territoire », assure Annick Coupé. À Paris, une manifestation régionale partira à 14 h 30 de la gare de l’Est (« on vous laisse deviner pourquoi nous avons choisi une gare comme point de départ », sourit la militante d’Attac) pour rejoindre Bastille en passant par République. En tête de cortège, un char porteur du mot d’ordre du 26 mai « égalité, justice sociale, solidarité » devrait prendre place, suivi par les « secteurs en lutte », puis par un « espace citoyen » et enfin les organisations syndicales, politiques, associatives.
Reste la bataille d’interprétation quand plusieurs titres de presse estiment depuis mardi que « la CGT rejoint les insoumis » : « personne n’est derrière personne », s’époumonent les différentes parties. « Il n’y a ralliement de personne à Jean-Luc Mélenchon », a souligné Pierre Laurent mercredi, tout en rappelant, hier, que l’initiative est le fruit, « malgré des soubresauts, d’un travail unitaire patient et réaliste toujours plus payant sur le long terme ». « La marée du 26 mai est un appel collectif de la CGT, de Solidaires, d’associations et d’organisations politiques. (Le) réduire à la France insoumise est malintentionné », a également prévenu Jean-Luc Mélenchon. La CGT a elle aussi mis les points sur les i ce jeudi : « Il n’y a absolument pas un vis-à-vis entre deux organisations. Nous sommes plus de cinquante, rappelle Catherine Perret. Et dans notre diversité, nous considérons que l’urgence sociale et l’importance des luttes partout dans le pays nécessitent qu’on se réunisse pour élargir le mouvement social et faire en sorte que des citoyens qui n’y sont pas encore engagés puissent nous rejoindre ce jour-là, partout en France. »

mardi 22 mai 2018

Cinquante ans après, que reste-t-il de Mai 68 ?

Trois auteurs interrogent un passé insistant et les manières d’écrire l’insurrection. En association avec le festival Mondes possibles (CDN Nanterre-Amandiers) qui célèbre librement 1968. Avec Jean-Christophe Bailly Écrivain, essayiste et poète;  Philippe Artières, historien et chargé de recherche CNRS/Ehess et Arno Bertina, écrivain.
On disserte beaucoup, on ergote aussi, sur les traces et l’héritage laissés par Mai 68, les réussites et les échecs de ce mois fatidique. Cette date fait-elle durablement événement pour vous ?
Jean-Christophe Bailly : Ce que Mai 68 a produit, et pour des millions de gens, c’est la présentation effective de la possibilité d’un saut, non seulement hors de la routine et des cadres établis, mais en direction d’une autre forme de vie. Cette autre vie, avec tout ce qu’elle impliquait, n’est certes pas venue, mais le seul fait qu’elle ait pu être imaginée ou esquissée, collectivement et pendant des jours, a ouvert l’espace d’une référence et d’une fidélité. Beaucoup, sans doute, l’ont oublié, mais pourtant Mai 68 s’est mis à fonctionner au-delà de lui-même comme une preuve, et ceux qui l’ont vécue et sentie se sont mis à vivre autrement : même en rentrant dans les cadres de la vie simplement menée, ils ont eu à rapporter leurs gestes et leurs choix à la force d’un rêve qu’ils ont eu ou qui les a traversés (à moins de décider de le trahir, ce qui est arrivé aussi). Cette vie autrement conduite n’est pas la vie rêvée, mais se déroule tout entière sous son autorité. Le souvenir de la césure – ici, donc, celle de Mai 68 – ne se résout pas à n’être qu’un souvenir : il se conçoit et fonctionne comme un travail. Faire comme si on n’avait rien vu venir n’est pas possible, et parce qu’on a vu venir, on désire encore que ça vienne.
Philippe Artières : Les mois de mai et juin 1968 sont le théâtre de la plus importante grève générale que la France ait connue au XXe siècle. Une mobilisation qui était nationale et tout à la fois celle des chauffeurs de taxi, des ouvriers automobiles, des enseignants, des employés de bureau et des grands magasins ou encore des postiers et des éboueurs, qui plus est – ce qu’on a tendance à passer sous silence –, une grève victorieuse : augmentation générale des salaires, notamment de 30 % du salaire minimum. Côté étudiants, dès l’automne, la loi Faure qui réforme l’université est adoptée. Depuis, aucune grève n’a abouti à ce point. Cet arrêt du pays était certes joyeux, mais surtout studieux. La grève, quand les machines s’arrêtent, devient un moment où la prise de parole est possible. Dans les archives, on trouve une production très massive de rapports rédigés par les grévistes, qui s’interrogent sur leur fonction sociale : une sorte d’introspection générale émanant de toutes les catégories de la population.
Arno Bertina : La réduction de Mai 68 à un phénomène culturel ayant fait évoluer les mœurs des Français cache un accaparement du mouvement par ceux de ses acteurs qui n’ont jamais quitté, depuis, les sphères du pouvoir (en devenant des pivots des médias, de la vie politique ou culturelle). L’image de Mai 68 a ainsi été confisquée par les petits-bourgeois (les étudiants) aux dépens du monde ouvrier, qui est l’autre grand acteur de Mai 68. Or, cette confiscation devient une chose folle quand on mesure que, cinquante ans plus tard, la régression (sur le plan des mœurs) est colossale. Au pouvoir depuis cinquante ans, les acteurs de Mai 68 n’ont pas fait vivre leurs audaces ; en soutenant Macron, ils valident même des choses invraisemblables sur ce plan-là (appel à l’Église catholique, à la Manif pour tous, absence de dénonciation des identitaires se transformant en milice ségrégationniste, etc.), tout en cautionnant les coups de butoir contre l’autre pan des acquis de Mai  68 arrachés par les ouvriers : les accords de Grenelle. Les petits-bourgeois ont donc soldé leur victoire – libres à eux, si on veut ; ils en étaient les inventeurs, si on veut. Ce qui ne passe pas : ils sont aussi les fossoyeurs des succès remportés par les autres acteurs de Mai 68 (le monde salarié et ouvrier). Il n’est plus possible de parler de Mai 68 (cette grande date) sans parler de 2018 et du couronnement des renégats et des vendus (Wolinski a dit, dans les années 1980, que sa génération avait fait Mai 68 pour ne pas devenir ce qu’ils sont devenus).
L’utopie fait son retour. Ce phénomène s’observe à travers de nouvelles pratiques politiques, certains discours, l’esquisse d’autres mondes présents ou possibles dans l’essai, l’art, le roman… Comment analysez-vous cette percée nouvelle des utopies, qualifiées désormais de concrètes ou réalistes ?
Jean-Christophe Bailly Le nom de cette venue, c’est l’utopie : l’utopie comme travail, comme creusement, comme forme de la fidélité au rêve qui, un jour, nous souleva. Walter Benjamin a parlé d’une « quotidienneté de l’utopie », et je crois qu’à travers sa formulation on peut apercevoir le bon tempo de la pensée : ni celui du lendemain qui chante, ni celui du passé qui fredonne, mais celui du présent vécu comme un seuil – il faut donner sur quelque chose. C’est quand on ne donne plus sur rien que tout se ferme. Ce « donner sur » est l’endurance de l’utopie.
Philippe Artières : L’historien que je suis regarde le passé, dépouille les traces laissées par ceux qui nous ont précédés, il n’a aucune compétence pour lire le présent. Mai 68 n’est pas un mouvement rêvant d’utopie ; encore une fois, il faut en finir avec l’idée que, en France et dans le reste du monde – je pense à ce qui s’est passé à Rio, Varsovie, Dakar ou encore à Mexico –, cela relevait de l’utopie. C’étaient des combats pour plus de droits, pour de meilleures conditions de vie. Luc Boltanski le dit très bien : en 1968, on se battait pour le meilleur des mondes ; aujourd’hui, on se bat pour que notre monde soit le moins pire possible. Je ne crois absolument pas que Notre-Dame-des-Landes soit une utopie : cela m’évoque la mobilisation très forte au début des années 1970, au Japon, à Narita, lieu imposé par la force pour la construction du nouvel aéroport de Tokyo et qui a déclenché une résistance parfois très violente des fermiers et des étudiants. Personne aujourd’hui ne réclame non plus « l’impossible » s’agissant de l’accueil des migrants. Dire que ce n’est pas possible, c’est nier l’histoire : pensons par exemple que, après l’indépendance algérienne, 650 000 rapatriés arrivent en France pour la seule année de 1962…
Arno Bertina : Il faut refuser le mot « utopie ». Toutes les propositions qui viennent de la gauche, depuis deux siècles, ont été élaborées au contact de la réalité la plus rugueuse. Toutes ces pensées sont tout sauf hors-sol. Le pragmatisme est à gauche, il a toujours été à gauche. La pensée financière, elle, est hors-sol, puisqu’elle méconnaît consciemment les ravages humains et écologiques produits par les mouvements financiers. Depuis la fin du système totalitaire soviétique, la pensée de gauche est moins idéologique, mais elle continue de vouloir lier des éléments qu’on pourrait croire disparates : les questions culturelles, sociales et écologiques. Par exemple : si on expérimente à tel endroit le revenu universel (comme dans un canton de la Gironde), quelles en seront les conséquences sur tous les champs de la vie quotidienne, et sur l’environnement, et sur les déplacements, et sur les loisirs ou la culture. Ce type de pensée est excessivement enthousiasmant : il revient à lier chaque détail au reste du monde, à être attentif aux fragilités comme aux puissances.
Une profusion actuelle d’écrits concerne aussi bien le récit de Mai 68 que celui de soulèvements, désobéissances et révoltes plus récents. Quelles possibilités et difficultés rencontrent l’écrivain comme l’historien pour (d)écrire un élan insurrectionnel, saisir la polyphonie et le souffle d’un moment comme Mai 68, par exemple ?
Jean-Christophe Bailly : Le livre bref et interrompu que j’ai consacré à Mai 68 est hanté par la question de la forme à donner au récit des événements. Il y a obligatoirement un hiatus entre l’espace de déploiement de l’événement, qui comporte des simultanéités, des raccourcis, des dérives, des changements de rythme et la propension de tout récit à se resserrer autour d’un seul fil. Cette linéarité de la « forme-tuyau » est un piège, et même si on est en général heureux, en tant que lecteurs, de le voir se refermer sur nous, je crois qu’il est bon d’essayer de s’en émanciper. Je ne pense certes pas à des formes hymniques ou à de vastes polyphonies, mais à des capacités de caractérisation qu’on trouve dans la vertu du poème, dès lors que l’idée est celle d’un langage intégralement engagé dans la volonté de faire sens, de laisser venir à lui le sens toujours débordant de l’événement.
Philippe Artières : Il me semble que 68 nous a obligés à écrire différemment l’histoire. Je pense à ce que nous avons tenté avec Michelle Zancarini-Fournel aux éditions la Découverte, 68 une histoire collective. Il nous a fallu inventer une forme : les années 68 ne peuvent faire l’objet d’un dictionnaire… il y a une telle énergie que le réduire à une suite d’entrées serait absurde ; ensuite, la polyphonie est une nécessité : faire entendre la voix de plus de 70 historiens, avec des approches très différentes, car il n’y a pas un 68 mais une pluralité. Enfin, une telle séquence historique exige de multiplier les objets qui font histoire : les acteurs, les lieux, les objets, les événements, les productions artistiques… En somme, inventer une forme d’écriture de l’histoire inédite. Cela n’est pas facile, c’est pour cela que j’ai pris soin de dire que nous avons tenté. On considère aujourd’hui avec Michelle que nous n’avions pas fait assez de place à « l’ailleurs », qui est aujourd’hui très proche. On avait sous-estimé le postcolonial : la place des immigrés, mais aussi et surtout ce qui se passe à Dakar, Alger ou Tunis notamment.
Arno Bertina : Il est sans doute possible d’avancer l’idée que les formes littéraires les plus pratiquées peinent à rendre compte de cet élan insurrectionnel car elles visent au contraire l’individu et la pacification des émotions. Héritées du XIXe siècle, ces formes littéraires connues manquent le collectif, elles manquent la polyphonie ou certaines formes spectaculaires du dialogisme. Sans doute est-ce pour cette raison que, entre la poésie et le roman, s’est développé, au fil des années, une littérature qu’on dit expérimentale, qui n’est pas du côté du récit mais qui ne s’inscrit pas non plus dans l’histoire de la versification. L’écrivain qui veut rendre compte de ces élans insurrectionnels doit donc avant tout s’employer à faire sonner la phrase autrement, à en bousculer le cours syntaxique trop évident, pour que des voix autres (qui murmurent, qui ne vont pas au bout, qui crient, qui balbutient, qui se contredisent) puissent se faire entendre.
Jean-Christophe Bailly Écrivain, essayiste et poète

lundi 21 mai 2018

Un safari pêche festif et solidaire

Samedi, la section du Parti communiste du Grésivaudan a bénéficié d’un temps exceptionnel pour organiser sa journée pêche à l’étang de Montfort, dans la plaine de Crolles. Chacun s’est installé sur les berges de cet étang au cadre enchanteur. Les pêcheurs de tous âges ont essayé de prendre les dix truites autorisées.
Après les agapes, place au débat l’après-midi. Les luttes sociales font l’actualité et le PCF prépare activement son prochain congrès à Paris. Chaque militant présent a tenu à apporter son témoignage en vue de ce congrès, et plusieurs thèmes ont été abordés.

Le safari pêche de la section du Grésivaudan

Comme chaque année à pareille époque, samedi, la section du Parti communiste  Grésivaudan organisait un safari pêche, histoire de réunir ses adhérents et tous leurs sympathisants le temps d’une journée.
Le soleil était de la partie et sur les rives du second étang de Montfort, des pêcheurs de tous âges avaient pris place dès les premières heures.
Ce fut aussi le moment pour toute cette équipe d’accueillir les sympathisants autour du verre de l’amitié et du repas pour échanger avec les uns et les autres des conflits actuelle  et des actions à mener tel que la marée populaire du 26 mai et notre préparation du congrés de l'automne.

dimanche 20 mai 2018

Stop au racisme ! Egalité pour toutes !

Après les propos d’Emmanuel Macron sur l'incivilité du voile des musulmanes puis ceux sur les sorties scolaires de Jean-Michel Blanquer sur les mamans voilées, voici que Gérard Collomb se joint à la secrétaire d’État Marlène Schiappa dans la polémique "textile" en tenant des propos indignes de sa fonction. Le voile n'est pas interdit dans l'espace public, ce sont aux femmes qui le portent de décider du sens qu’elles donnent à leur foulard.
Ces attaques répétées qui jettent en pâture, sur la place publique, ces femmes sont une honte pour notre République et ses valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité. Comment défendre l'égalité femmes-hommes quand vous participez au lynchage public d’une jeune femme syndicaliste ?

Le PCF dénonce ce racisme décomplexé de responsables politiques qui s’écartent de leurs fonctions pour formuler des opinions personnelles qui contribuent à la stigmatisation : est-il besoin de rappeler, qu’en 2017, 85 % des victimes d’agressions islamophobes étaient des femmes ?
La liberté ne se divise pas, elle ne peut donc être seulement celle dont nous partageons les idées et les choix. La liberté vestimentaire est une liberté individuelle, la seule limite à cette liberté étant de ne pas imposer aux autres ses propres choix.
Nous attendons d’un représentant politique qu'il rappelle les principes du droit au lieu de diviser le pays et d’alimenter des polémiques inutiles.

samedi 19 mai 2018

Déclaration commune PCF Rail / PTB Rail

Les gouvernements des différents pays européens s'accordent aujourd'hui pour imposer des mesures d'austérité, de privatisation des services publics, ou de prétendues « réformes » qui sont autant de destructions d'acquis sociaux. L’Union Européenne montre ainsi son vrai visage : une institution au service des multinationales et des capitalistes européens. C'est dans ce cadre que se déroule la « bataille du rail » aujourd'hui en France. 
Macron veut faire un exemple
Partout, les chemins de fer qui ne le sont pas encore doivent être privatisés ou du moins se préparer à la concurrence avec le privé. Après le transport de marchandises et le transport international de passagers totalement ouverts à la concurrence au début des années 2000, après l'Angleterre, les Pays-Bas, l'Allemagne ou la Suède qui ont totalement ou partiellement privatisé le transport ferroviaire de passagers, c'est au tour du rail français. Il subit en ce moment une attaque frontale visant à ouvrir le transport de passagers à la concurrence, et à privatiser la SNCF. Mais derrière la SNCF, c'est tout le transport ferroviaire en Europe qui est menacé. Après la SNCF viendra le tour de la SNCB.
Macron veut également faire de la SNCF un exemple : bastion syndical, les cheminots ont montré tout au long de l'histoire qu'ils étaient une force de contestation et de mobilisation importante dans la lutte de classes. Casser la SNCF, c'est casser tout ce que Macron déteste : un service public, et un noyau de contestation sociale. 
Une politique vouée à l'échec
Partout où le rail a été libéralisé ou privatisé, ce fut la catastrophe : gares fermées, lignes abandonnées, tarifs en hausse, sécurité en baisse, conditions de travail détricotées. Si la Commission européenne et les gouvernements prétendent vouloir développer le rail, le bilan après 20 ans de libéralisation dans le secteur est catastrophique : c'est l'avenir du rail qui est menacé. La privatisation du rail, c'est 99 % de perdants (les usagers, l'environnement, la collectivité), et 1 % de gagnants : les (futurs) actionnaires des compagnies ferroviaires.
Une autre voie est possible… et elle passe par la résistance sociale
Au contraire de la réforme actuelle, nous pensons que le développement du rail est une priorité absolue :
- pour garantir le droit au transport de tous les usagers et citoyens ;
- pour lutter contre le réchauffement climatique, le transport de passagers et de marchandises par train est un atout indispensable ;
- pour l'aménagement du territoire.
Pour garantir ce développement, tout le processus de libéralisation/privatisation doit être arrêté et le rail doit redevenir à 100 % dans les mains de la collectivité. Le rail doit être financé publiquement à la hauteur de ces ambitions. 
C'est pourquoi le mouvement des cheminots français est important pour tout le continent. Une victoire des cheminots français aurait une portée européenne et marquerait un coup d'arrêt aux politiques de libéralisation et de privatisation des services publics sur tout le continent. Nous appelons tous les cheminots de tous les pays à soutenir la lutte en France. La lutte en France est celle de tous les cheminots européens.

Pour le Collectif National des Cheminots PCF

vendredi 18 mai 2018

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Fermeture annoncée de la poste Grand Place : le maire d'Échirolles réagit :
« Après la fermeture de la poste de Beaumarchais à Echirolles, celle de Championnet à Grenoble et celle programmée à Grand Place au prétexte de raisons de sécurité, c’est la disparition des services de proximité dans les grands quartiers populaires qui est annoncée, une mesure brutale imposée en catimini sans aucune concertation. C’est également un très mauvais coup porté aux habitant-es des secteurs concernés. Les salarié-es de la Poste ont raison de condamner ce choix qui est celui de la rentabilité financière plutôt que celui du service public. Avec des élus de l’agglomération, l’année dernière, j’avais été l’un des premiers signataires de l’appel du collectif « J’aime ma Poste à Grenoble ». Une nouvelle, je condamne de tels choix, leurs impacts j'et appelle le Groupe La Poste à revenir sur sa décision »
Échirolles, le 17 mai 2018

jeudi 17 mai 2018

Pour l’égalité, la justice sociale et la solidarité, appel à une marée populaire le samedi 26 mai

Un constat s’impose, Emmanuel Macron, son gouvernement et le Medef sont décidés à imposer coûte que coûte une restructuration en profondeur de la société française : politique d’austérité, destruction des droits des salarié.es, introduction de la sélection à l’entrée de l’université, casse des services publics, aggravation du sort des sans emplois, réorganisation aggravant les inégalités en matière d’accès à la justice, réforme fiscale favorable aux plus riches, loi répressive contre les migrant.es, priorité donnée au secret des affaires contre le droit à l’information, introduction de l’état d’urgence dans le droit commun, répression des mouvements sociaux et des jeunes des quartiers populaires, utilisation de l'égalité femmes-hommes comme simple outil de communication, sans moyens financiers, alors que les femmes sont les premières concernées par les régressions sociales… sans oublier une politique militariste au niveau international. La multiplication des mesures prises avec brutalité sur tous les fronts a un objectif, celui de créer un effet de sidération et espérer ainsi empêcher toute riposte. Le patronat profite de la situation pour multiplier les restructurations et rester sourd aux revendications du monde du travail. En s’en prenant aux personnels à statut, en particulier aux cheminot.es, Emmanuel Macron espère, s’il l’emporte, casser tout esprit de résistance.
Ce coup de force peut échouer, car les mobilisations se multiplient dans le pays, chacune avec sa spécificité : journée nationale d’action, grèves, occupation d’universités, manifestations… Il appartient évidemment aux organisations syndicales de décider, avec les personnels concernés, de leurs formes d’action. Chacune d’entre elles a, a priori, des ressorts différents, mais au-delà de tel ou tel aspect, ce dont il est question concerne la nature même de la société dans laquelle nous voulons vivre. Voulons-nous vivre dans une société où les droits sociaux seraient réduits à néant, où les services publics et la sécurité sociale auraient disparu, où l’inégalité de traitement des territoires serait la règle, où l’accès à l’université serait de plus en plus réduit, où les lanceuses et lanceurs d’alerte et journalistes seraient bâillonnés, où les défis écologiques seraient soumis aux intérêts de la finance, où le logement, les HLM et les locataires seraient marchandises, où la lutte contre les discriminations se réduit à des discours ? Ou, au contraire, voulons-nous une société plus juste, plus solidaire, plus démocratique, plus égalitaire avec un meilleur partage des richesses ? Tel est l’enjeu.
Le gouvernement espère que ces mobilisations sectorielles restent isolées et qu’il pourra les défaire les unes après les autres en tenant bon, en les laissant s’épuiser ou en les réprimant. Affichant sa détermination, il espère ainsi nous décourager. Il se trompe, comme le montre la multiplication des collectifs citoyens en lien avec les salarié.es, les retraité.es et les étudiant.es ainsi que le succès de la solidarité aux grévistes, notamment à ceux de la SNCF. Il s’agit maintenant d’aller plus loin et, toutes et tous ensemble, d’affirmer dans la rue que des alternatives existent, que nous ne nous résignons pas au sort que nous promet ce gouvernement. Il fait la sourde oreille, il faut le forcer à nous entendre et à retirer ses projets.
Dans le respect de nos champs d’interventions respectifs, nous voulons aller au-delà de toutes les mobilisations positives qui existent déjà et rassembler toutes les forces sociales, syndicales, associatives, politiques pour construire et réussir ensemble un grand rendez-vous citoyen. Partout en France organisons le samedi 26 mai une marée populaire pour l’égalité, la justice sociale et la solidarité.

mercredi 16 mai 2018

Gaza : La France doit agir pour protéger le peuple palestinien (Pierre Laurent)

A la veille du 15 mai, jour de la commémoration de la Nakba et alors que plus de 35 000 palestinien-ne-s manifestent en différents points de Gaza dans le cadre des Marches pour le droit au retour et contre l’implantation de l’ambassade américaine à Jérusalem, l’armée israélienne est en train de commettre un nouveau massacre.
A cette heure et pour ce seul 14 mai, il faut compter plus de 40 morts et 1300 blessés qui s’ajoutent aux 53 palestiniens assassinés et aux 2 000 blessés par des tirs à balles réelles depuis le 30 mars, début des Marches.
Dés le premier jour, le PCF, inquiet de l’escalade, avait demandé - sans résultat- au président Macron d’intervenir et de passer de la parole aux actes.
C’est l’ensemble de la communauté internationale qui, en laissant agir le gouvernement israélien en toute impunité par son silence et son inaction, est complice de ce terrible massacre.
En prenant la décision provocatrice et contraire au droit international de déplacer son ambassade à Jérusalem, les États-Unis portent une responsabilité particulière.
De nombreux observateurs étrangers et des experts ont pu constater combien l’usage de la force contre les manifestants palestiniens pacifiques était disproportionné. Les snipers de l’armée israélienne tirent avec l’ordre de tuer.
Au vu de ces nouveaux évènements pourtant prévisibles, le PCF réitère sa demande au gouvernement de sortir de son coupable silence et d’agir pour protéger le peuple palestinien.
Il appelle l’ensemble des communistes à se mobiliser et à participer aux manifestations* qui s'organisent dans toute la France.

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF,

mardi 15 mai 2018

Pour l’égalité, la justice sociale et la solidarité, appel à une marée populaire le samedi 26 mai

Un constat s’impose, Emmanuel Macron, son gouvernement et le Medef sont décidés à imposer coûte que coûte une restructuration en profondeur de la société française : politique d’austérité, destruction des droits des salarié.es, introduction de la sélection à l’entrée de l’université, casse des services publics, aggravation du sort des sans emplois, réorganisation aggravant les inégalités en matière d’accès à la justice, réforme fiscale favorable aux plus riches, loi répressive contre les migrant.es, priorité donnée au secret des affaires contre le droit à l’information, introduction de l’état d’urgence dans le droit commun, répression des mouvements sociaux et des jeunes des quartiers populaires, utilisation de l'égalité femmes-hommes comme simple outil de communication, sans moyens financiers, alors que les femmes sont les premières concernées par les régressions sociales… sans oublier une politique militariste au niveau international. La multiplication des mesures prises avec brutalité sur tous les fronts a un objectif, celui de créer un effet de sidération et espérer ainsi empêcher toute riposte. Le patronat profite de la situation pour multiplier les restructurations et rester sourd aux revendications du monde du travail. En s’en prenant aux personnels à statut, en particulier aux cheminot.es, Emmanuel Macron espère, s’il l’emporte, casser tout esprit de résistance.
Ce coup de force peut échouer, car les mobilisations se multiplient dans le pays, chacune avec sa spécificité : journée nationale d’action, grèves, occupation d’universités, manifestations… Il appartient évidemment aux organisations syndicales de décider, avec les personnels concernés, de leurs formes d’action. Chacune d’entre elles a, a priori, des ressorts différents, mais au-delà de tel ou tel aspect, ce dont il est question concerne la nature même de la société dans laquelle nous voulons vivre. Voulons-nous vivre dans une société où les droits sociaux seraient réduits à néant, où les services publics et la sécurité sociale auraient disparu, où l’inégalité de traitement des territoires serait la règle, où l’accès à l’université serait de plus en plus réduit, où les lanceuses et lanceurs d’alerte et journalistes seraient bâillonnés, où les défis écologiques seraient soumis aux intérêts de la finance, où le logement, les HLM et les locataires seraient marchandises, où la lutte contre les discriminations se réduit à des discours ? Ou, au contraire, voulons-nous une société plus juste, plus solidaire, plus démocratique, plus égalitaire avec un meilleur partage des richesses ? Tel est l’enjeu.
Le gouvernement espère que ces mobilisations sectorielles restent isolées et qu’il pourra les défaire les unes après les autres en tenant bon, en les laissant s’épuiser ou en les réprimant. Affichant sa détermination, il espère ainsi nous décourager. Il se trompe, comme le montre la multiplication des collectifs citoyens en lien avec les salarié.es, les retraité.es et les étudiant.es ainsi que le succès de la solidarité aux grévistes, notamment à ceux de la SNCF. Il s’agit maintenant d’aller plus loin et, toutes et tous ensemble, d’affirmer dans la rue que des alternatives existent, que nous ne nous résignons pas au sort que nous promet ce gouvernement. Il fait la sourde oreille, il faut le forcer à nous entendre et à retirer ses projets.
Dans le respect de nos champs d’interventions respectifs, nous voulons aller au-delà de toutes les mobilisations positives qui existent déjà et rassembler toutes les forces sociales, syndicales, associatives, politiques pour construire et réussir ensemble un grand rendez-vous citoyen. Partout en France organisons le samedi 26 mai une marée populaire pour l’égalité, la justice sociale et la solidarité.