Les feux de forêt ne sont plus des événements exceptionnels ni limités à quelques territoires. Avec le dérèglement climatique, les incendies sont plus précoces, plus fréquents et plus intenses. Face à cette nouvelle réalité, la prévention, les moyens de lutte et la protection des populations doivent devenir une priorité des politiques publiques.
Des territoires vulnérables face au dérèglement climatique
Canicules, sécheresses et épisodes météorologiques extrêmes favorisent désormais des incendies plus précoces, plus intenses et plus difficiles à maîtriser.
Les feux de forêt ne peuvent plus être considérés comme des crises ponctuelles : ils constituent un risque durable auquel il faut répondre par des politiques publiques ambitieuses.
Comme le souligne le GIEC, le réchauffement climatique favorise la multiplication et l'intensification des incendies. En retour, ces derniers rejettent d'importantes quantités de CO₂ dans l'atmosphère, alimentant à leur tour le dérèglement climatique.
Un cercle vicieux qui rend indispensable d'agir à la fois sur la prévention, les moyens de lutte et les politiques climatiques.
Des services publics fragilisés
Face à cette évolution, les moyens des acteurs chargés de prévenir et de combattre les incendies ont pourtant été fortement réduits au cours des dernières décennies.
L'Office national des forêts (ONF) est passé de 15 000 à 8 000 agent·es en moins de quarante ans.
Météo-France a perdu près d'un tiers de ses effectifs en quinze ans, alors même que son expertise est essentielle pour anticiper les risques.
Quant aux Services départementaux d'incendie et de secours (SDIS), ils alertent sur le manque de personnels spécialisés, le vieillissement des équipements et l'allongement des délais d'intervention.
Dans ce contexte, la CGT estime qu'il est urgent de redonner aux services publics les moyens d'assurer leurs missions de prévention, d'anticipation et de protection des populations.
Les propositions de la CGT
Pour répondre durablement à l'augmentation du risque incendie, la CGT formule plusieurs propositions articulées autour de quatre priorités.
Mieux prévenir les feux de forêt
La prévention doit devenir une priorité. Cela passe notamment par le renforcement des effectifs des services de l'État, des collectivités, de l'ONF et de Météo-France, mais aussi par une évolution des politiques d'aménagement afin de mieux prendre en compte le risque incendie.
Donner davantage de moyens aux secours
La CGT demande le renforcement des effectifs des SDIS, la modernisation des véhicules et des équipements, le renouvellement de la flotte aérienne, ainsi qu'une meilleure reconnaissance de l'engagement des sapeurs-pompiers professionnels et volontaires.
Construire une véritable politique de la forêt
La filière bois-forêt doit disposer des moyens nécessaires pour assurer la prévention des incendies, l'entretien des massifs forestiers, la valorisation du bois et la protection durable des espaces naturels.
Renforcer la maîtrise publique
Enfin, la CGT propose la création d'un pôle public de la forêt et des espaces naturels afin de coordonner les politiques publiques, renforcer la prévention et garantir une gestion cohérente des forêts face au dérèglement climatique.

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