jeudi 2 juillet 2026
Après une première journée de grève réussie le 8 juin,
Après une première journée de grève réussie le 8 juin, les agents du Centre hospitalier Alpes Isère (CHAI) de Saint-Égrève se sont de nouveau mobilisés vendredi 26 juin, se rassemblant devant l'hôtel du département, à l'appel du Syndicat CGT du CHAI. En cause, le manque de moyens et de personnel ainsi que le projet de réorganisation du temps de travail porté par la direction, qui se ferait au détriment de leur vie privée
mardi 30 juin 2026
Corse : journée des dupes à l’Assemblée — par Roger Martelli
L’Assemblée nationale a adopté le projet de loi constitutionnelle pour une Corse autonome au sein de la République. Il s’agissait, nous dit-on, de trancher sur une seule question : autonomie ou pas autonome ? Cette manière de présenter le problème est un leurre.
Pour ce qui est de la Corse, l’exigence d’une autonomie élargie, permettant de rompre franchement avec deux siècles de centralisation bonapartiste, est en chemin depuis longtemps. Et il est vrai que les électeurs corses ont manifesté cette attente de façon nette, en mettant à deux reprises des élus nationalistes à la tête de la collectivité de Corse. Mais la demande d’un nouvel élan pour la décentralisation, qui est au cœur du pari de l’autonomie, existe ailleurs, sous des formes diverses.
C’est dire que le parti pris décentralisateur devrait valoir pour l’ensemble du maillage territorial et pas seulement pour la Corse. Dès lors, l’urgence se déplace. Quel que soit le lieu, il ne suffit plus de proclamer l’autonomie, mais d’en préciser les modalités et les acteurs et, plus encore, de dire s’il faut ou non combiner l’autonomie régionale et la solidarité nationale et comment on peut procéder pour y parvenir.
Installer l’autonomie en principe constitutif de la République pourrait être un chantier de portée constitutionnelle, d’autant plus urgent que l’architecture globale de nos institutions est obsolète et qu’elle contredit de façon absolue la mise en place d’une décentralisation effective, en Corse comme ailleurs. Jusqu’à ce jour, on a accumulé dans la Constitution des statuts particuliers, sans effets positifs significatifs pour les populations concernées.
Si l’on veut vraiment donner à l’autonomie corse toute son ampleur, il faut de toute urgence redéfinir le cadre global qui lui donnera force. C’est bien une refondation constitutionnelle qui s’impose, mais qui ne relève pas d’un simple tête-à-tête entre la Collectivité de Corse et l’État. Si l’objectif était de prolonger en l’améliorant le dispositif existant pour la Corse, le recours à la loi précisant les modalités de l’autonomie pouvait suffire. Or, dans ce qui est décidé aujourd’hui, il n’y a ni la logique globale assurant l’effectivité de l’autonomie, ni les bases d’une loi organique pour la Corse dont l’avenir est laissé dans le plus grand flou.
Pourquoi donc cet étonnant tour de passe-passe ? Parce qu’il fallait donner aux nationalistes des satisfactions symboliques après la flambés de colère qui a suivi l’assassinat d’Yvan Colonna. On a donc choisi le recours magique à la Constitution. Mais, ce faisant, on dissocie l’indissociable, à savoir l’autonomie et la solidarité. On disserte du particulier, sans l’adosser à une vision solide du commun.
De plus, pour satisfaire les courants nationalistes, on introduit dans le texte constitutionnel ce qui ne devrait surtout pas y être : la « communauté » et le « lien à la terre ». On légitime ainsi des formes d’appartenance qui risquent de supplanter le principe historique de l’égalité des individus devant la loi. Derrière les mots retenus, se profilent ceux que l’on ne devrait pas entendre. Ce pourrait très bien être celui de la préférence, au profit seul de celui qui appartient à la « communauté ». Pourquoi alors s’arrêter en chemin ? Derrière la petite musique de la préférence corse, c’est la symphonie de la préférence nationale qui commence à se faire entendre. Les mots d’apparence anodine (communauté, lien à la terre) pourraient ainsi n’être que les chevaux de Troie de l’extrême droite et de son obsession de l’identité.
Le RN l’a parfaitement compris, en affirmant tranquillement que la préférence corse serait la conséquence logique du nouveau paragraphe constitutionnel. C’est là que commencent les jeux de dupes. La macronie nationale, le noyau nationaliste corse qui s’y rattache et la majorité des socialistes comptent sur la satisfaction symbolique pour obtenir la paix civile dans l’île. La France insoumise, en votant le texte, espère prendre jusqu’à l’Assemblée de Corse la place qui a été enlevée à la gauche en 2017. Les autres forces se divisent, ne pouvant récuser l’autonomie, mais pressentant les risques des termes introduits. Quant au Rassemblement national, il joue sur les deux tableaux : il a obtenu l’insertion constitutionnelle de notions qui légitiment ses choix d’exclusion et il affiche sa posture d’opposant numéro un, à Paris comme en Corse.
Son objectif est clair : rafler la mise, en raccordant les flux des votes régionaux (aujourd’hui en faveur des nationalistes) et ceux des votes nationaux (la Corse est une des régions de France où le vote RN est le plus fort). D’ores et déjà, il a réussi à prendre langue avec une partie active du mouvement nationaliste (Mossa Palatina). Il ne lui reste plus qu’à attendre patiemment son heure. En Corse comme sur le continent, l’air du temps roule pour lui. Partie de dupes, disions-nous. Craignons que le RN soit le seul à en bénéficier…
Pour aller plus loin, deux autres articles, toujours signés Roger Martelli sur le même thème :
– Autonomie de la Corse : l’île, la République et le peuple
– Corse : les limites d’une autonomie sans projet global
lundi 29 juin 2026
La Fête du Travailleur Alpin
Deuxième journée de la Fête du Travailleur Alpin… quelle magie !
Fête du TA. Le témoignage d’un membre de la flottille pour Gaza sur les tortures en Israël
Antoine Jacquet a participé à la flottille pour Gaza qui est partie de Barcelone le 13 avril dernier.
« Lorsque nous nous sommes tous retrouvés à l’aéroport d’Istanbul, j’ai vu le regard de certains d’entre nous ; il avait changé, ils seront traumatisés pour longtemps. » Le monde entier a eu un aperçu de ce que l’État d’Israël avait été capable de commettre en découvrant la vidéo publiée par le ministre de la Sécurité nationale, suprémaciste d’extrême droite, Itamar Ben Gvir.
Cette expérience, si l’on peut dire, Antoine Jacquet l’a vécue. Voileux dans l’âme, skipper confirmé, il avait candidaté à l’été dernier pour faire partie de la flottille de Gaza. Il a embarqué le 13 avril 2026, après plusieurs semaines de préparation et de formation. Avec une simple motivation, faire quelque chose contre l’oppression, les dominations, le génocide des Palestiniens bien sûr. Dimension humanitaire qui fait partie de son ADN : dans les favelas de Rio de Janeiro, il enseignait la musique avant de rejoindre Barcelone.
Première attaque en Crète
Composée de soixante-dix bateaux à voile et à moteur, l’escadre de la Global Sumud Flotilla a fait route sur Marseille et puis la Sicile où d’autres navires sont venus la grossir. C’est déjà en Crète qu’une première attaque a eu lieu. Des bateaux ont été sabotés et trente-cinq personnes ont dû être hospitalisées en Grèce… où les dossiers médicaux ont été perdus. « Le gouvernement grec a prêté main forte aux Israéliens, par exemple pour débarquer les militants capturés », constate Antoine Jacquet. Saif Abukesek, citoyen hispano-suédois d’origine palestinienne, et Tiago Avila, Brésilien, ont été emmenés en Israël et détenus pendant plusieurs jours. « Ces deux enlèvements, ce n’était pas au hasard, ils savaient tout sur nous, qui avait quel rôle, quelle responsabilité. »
La flottille, amoindrie, s’est alors dirigée vers la Turquie. Elle a ensuite mis sur le cap sur Gaza et a été attaquée, le 18 mai, au large de Chypre par la marine israélienne. « Comme chaque fois, ça s’est passé dans les eaux internationales et c’est ce qu’on appelle un acte de piraterie, en droit international », s’indigne Antoine Jacquet.
Enlevés dans les eaux internationales et emprisonnés en Israël
Pour kidnapper l’ensemble des 430 passagers des bateaux de la flottille, les militaires israéliens ont mis 36 heures – les bateaux de la flottille s’étaient espacés en prévision de l’attaque. Les assauts sont perpétrés par des marins sur des vedettes rapides ; leur premier geste étant de tirer sur les caméras embarquées. Les militants sont ensuite parqués dans des bateaux prison, débarqués dans le port d’Ashdod, près de Tel Aviv, puis conduits dans la prison de Ktziot dans le désert du Néguev avant qu’ils ne soient expulsés dans des avions turcs qui les ont déposés à Istambul le 21 mai. Deux Français sont restés plus longtemps hospitalisés en Turquie, leur état ne leur permettant pas de voyager.

« J’ai pris des coups, témoigne Antoine Jacquet, dans le bateau, puis lors d’interrogatoires arrivé en Israël, à la prison… » Les membres de la flottille ont été privés d’eau potable, nourris au pain sec, connu l’humiliation des fouilles à nu… Antoine Jacquet estime cependant s’en être « bien sorti ». D’une part parce que « ce que nous avons subi, ce n’est rien à côté de ce que vivent les Palestiniens », et puis aussi parce qu’il était « dans le bon bateau prison ». Ce que lui ont raconté les kidnappés de l’autre bateau relève de l’horreur : « ils étaient battus en permanence, il y a eu des agressions sexuelles ». Des récits qui disent les heures passées à genoux, front contre le sol, mains menottées dans le dos, les privations de sommeil, la musique assourdissante, l’utilisation de tasers, de balles en caoutchouc, de grenades assourdissantes et de chiens ; trainés à terre par les cheveux.
A Paris, le Parquet national anti-terroriste ouvre un enquête pour tortures et crimes de guerre
Ce que retient Antoine Jacquet, c’est aussi la fébrilité avec laquelle les soldats israéliens tentaient de justifier par les massacres du 7 octobre le génocide du peuple palestinien. « Ils nous ont projeté des vidéos de l’attaque du Hamas, certains d’entre nous ont vu des films de décapitation ; il y avait comme une sorte de volonté pathétique de justifier l’injustifiable. » Avec un racisme décomplexé, en français dans le texte : « ils me disaient, ‘vous êtes français, vous parlez arabe alors, il n’y a plus de vrais Français chez vous’ ».
Avec le recul – sur le moment, il fallait tenir – Antoine Jacquet tente une analyse. « Ça vaut ce que ça vaut ; il m’a semblé que les plus jeunes n’étaient pas fiers de ce qu’ils faisaient ; sur le port, une soldate était chargée de moi et elle me tapait dessus chaque fois que je bougeais, mais j’avais l’impression qu’elle le faisait pour obéir aux ordres ; j’en ai vu d’autres, plus âgés, qui en rajoutaient dans les brutalités, par plaisir, avec de la haine dans les yeux. »
Lorsque nous nous sommes rencontrés, Antoine Jacquet était en retard. Il sortait du cabinet d’un médecin où il avait fait constater les traces corporelles des brutalités qu’il avait subies, trois semaines avant, en vue des procédures en cours. Le 5 juin, compte tenu des témoignages des militants, une enquête a été ouverte à Paris pour tortures et crimes de guerre par le Parquet national antiterroriste. Une enquête préliminaire a été confiée à l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité (OCLCH) des chefs de « tortures, au sens de la convention de New-York du 10 décembre 1984, et de crimes de guerre » a annoncé le PNAT.
dimanche 28 juin 2026
Quelles violences ?
La « violence scolaire » est un de ces éléments de langage particulièrement envahissant qui, martelés par les droites, les extrêmes droites et les médias à leur service, sèment l’inquiétude, exacerbent un sentiment d’insécurité déjà très prégnant et créent un contexte globalement anxiogène. Et cela en multipliant les manipulations idéologiques les plus grossières, voire les plus malsaines qui consistent à affirmer une augmentation alarmante des « violences scolaires ».
Certes il ne s’agit pas de nier la réalité et la gravité de certains faits, mais bien de dénoncer leur instrumentalisation, et pour cela s’appuyer sur des résultats d’enquêtes et des travaux de recherche, en particulier le rapport Éric Debarbieux/Benjamin Moignard sur le sujet (À l’école de la défiance. Enquête nationale de climat et d’expérience scolaire dans le second degré,2022), travaux qui convergent : la violence à l’école n’augmente pas, voire diminue mais s’exprime de manière plus brutale.
L’enjeu de ce numéro de Carnets rouges est de défendre une analyse systémique de la violence à l’école pour en interroger les origines politiques, refuser les instrumentalisations idéologiques et sécuritaires et la seule focalisation sur des événements dramatiques mais singuliers. La question de la violence est suffisamment grave pour que la plus grande rigueur soit convoquée afin d’en comprendre les mécanismes, déjouer toute tentative de promotion de l’autoritarisme, de mise au pas, du contrôle et de la sanction, de ne pas se perdre entre surenchère et minimisation. Et partager des pistes de travail pour la réduire.
Il s’agit de défendre la perspective selon laquelle la résolution de ces questions de violence ne saurait faire l’économie d’une réflexion sur les finalités éducatives de l’école et sur leur mise en œuvre. En effet, dans cette société néolibérale qui a pour tout viatique méritocratie, concurrence, haine donc peur de l’autre, les promesses d’égalité et d’émancipation sont sans cesse bafouées, les individus niés dans leurs identités multiples. La référence permanente à une « santé mentale » déficiente des élèves qui les rend individuellement responsables de leurs échecs ; la violence institutionnelle que subissent les enseignants et qui les épuise dans leur isolement face à l’accroissement des difficultés à exercer le métier sans réelle formation, sont autant d’indicateurs d’un projet politique délétère, qui conduit à l’empêchement à faire du commun.
Carnets rouges a toujours affirmé qu’il n’y a pas de fatalité. Ce numéro en témoigne en rendant compte de luttes contre les violences, lorsque le collectif rompt l’isolement, lorsque la parole circule pour dénoncer mais aussi construire, que des actes sont posés, des combats menés contre toute forme de domination.
Carnets rouges n° 37, mai 2026
Christine Passerieux
Rédactrice en chef
Article publié dans CommunisteS, numéro 1092 du 24 juin 2026
samedi 27 juin 2026
M. le Maire
M. le Maire,
Canicule : travailler sans se mettre en danger
La météo n'est pas responsable des conditions de travail. Les employeurs, si.
Face aux fortes chaleurs, quels sont vos droits ? Que doit mettre en place votre employeur pour protéger votre santé ? Ensemble, exigeons des conditions de travail adaptées et de véritables mesures de prévention.
30 °C, 35 °C, et maintenant 40 °C, le travail continue comme si de rien n’était.
Le réchauffement climatique est une réalité du quotidien et pas une suite d’épisodes exceptionnels : chantiers en plein soleil, ateliers surchauffés, entrepôts mal ventilés, cuisines, commerces, bureaux sous les toits…
La chaleur n’est pas un simple inconfort : c’est un risque professionnel.
Déshydratation, malaises, accidents du travail, coups de chaleur… Chaque été, des salarié·es sont gravement touché·es – certain·es y perdent même la vie. Aucune production, aucun chantier, aucun délai ne justifie de mettre en danger la santé des travailleurs et des travailleuses. Boire de l’eau ou porter une casquette ne suffit pas.
C’est l’organisation du travail qui doit être adaptée, la protection de la santé est une obligation pour l’employeur.
Affaire Lyhanna : quand la mobilisation paie
L’annonce de l’examen à la rentrée de la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles est une avancée qu’il faut saluer.
Néanmoins, elle n’est pas le fruit d’une prise de conscience soudaine du gouvernement.
Elle est le résultat de la mobilisation des victimes,des associations, collectifs, professionnel.les,et des rassemblements qui semaine après semaine,ont refusé que ce scandale d’Etat soit étouffé.
Retenons une leçon d’espoir essentielle : lorsque le peuple est déterminé, lorsqu’il s’organise et se mobilise dans la durée, le gouvernement peut céder.
Mais pas de naïveté,si cette loi est enfin à l’ordre du jour, c’est parce qu’un scandale d’Etat qui a le visage de Lyhanna a éclaté.
Et le gouvernement continue de chercher des fautes individuelles pour se défausser de toute responsabilité politique.
La loi intégrale est nécessaire.
Les moyens le sont tout autant.
Sans magistrats, sans enquêteurs, sans travailleurs sociaux, sans santé scolaire,sans professionnel.les formés et en nombre suffisant, aucune loi ne protègera réellement les enfants.
La mobilisation a obtenu une première victoire.
Elle doit désormais se poursuivre.
Cette séquence en est la démonstration : lorsque le peuple s’organise, lutte et ne lâche rien, même les gouvernements les plus sourds finissent par nous entendre.
Paris, le 24 juin 2026
Parti Communiste Français
vendredi 26 juin 2026
Chili : la réalité de l’extrême droite au pouvoir
José Antonio Kast a été élu président de la République du Chili avec 58,16 % des voix le 14 décembre et a pris ses fonctions le 11 mars 2026. En quelques semaines, la popularité de Kast s’est effondrée dans les sondages et il a déjà dû procéder à deux remaniements ministériels.
Kast, en bon représentant de l’extrême droite, a fait toute sa campagne sur les thèmes de la sécurité et de l’immigration.
Qu’en est-il de la réalité ?
Question sécurité, sa ministre de la Sécurité (intitulé officiel) a finalement reconnu qu’elle n’avait pas de plan de lutte contre l’insécurité et que pour le moment elle appliquait le plan de 5 ans élaboré par le gouvernement Boric. Elle a été limogée au bout de deux mois.
Kast a annoncé qu’il voulait que tous les élus soient testés pour vérifier qu’ils n’utilisent pas de stupéfiants. Lui le premier a montré l’exemple et a réalisé le test... négatif évidemment !
Une cinquantaine de quartiers ont été ciblés et sont occupés par la police. Mais il ne s’agira pas d’une présence permanente, il ne s’agit pas de la création d’une police de proximité. Ça permet aux ministres de se faire photographier devant de belles images d’action policière, mais tout le monde sait que lorsque la police repartira, les narco reprendront le terrain illico. Perquisitions, contrôles d’identité, fourgons blindés : le bilan en termes de saisies de stupéfiants et d’armes est mince.
Kast a annoncé vouloir créer un registre des « vandales » et des insécurités. Dans cette base de données seraient enregistrées toutes les personnes ayant commis des incivilités. Faire un graffiti, bloquer la circulation, fumer un pétard dans un lieu public, casser du matériel urbain, organiser une loterie associative… Les faits donnant lieu à enregistrement sont très divers et de niveaux différents. Certains sont déjà punis par la loi, ce sera la double peine. Les sanctions seront : suspension du permis de conduire, interdiction d’assister à des concerts ou des matchs de foot, suspension des aides sociales, en particulier le bénéfice de la gratuité des études universitaires. Ce sont les plus pauvres qui sont visés. Mais aussi le mouvement social : n’importe quelle manifestation spontanée étudiante tombera sous le coup de cette loi. Des étudiants pourront être chassés de l’Université.
Kast a réalisé à Santiago un sommet de chefs d’États d’Amérique latine, tous d’extrême droite (Argentine, Équateur, Pérou, Bolivie, Chili) consacré à la lutte contre le crime organisé. Les présidents se sont promis assistance et collaboration mutuelle, ils ont même évoqué une éventuelle participation militaire. Et puis ils sont rentrés chez eux. Dans la semaine qui a suivi, les parlementaires liés à Kast ont refusé la levée du secret bancaire dans les enquêtes sur le narco trafic. C’est la grande question : comment mener une bataille efficace contre le crime organisé s’il n’est pas possible de lever le secret sur les circuits financiers des mafias ?
Concernant l’immigration, les ministres de Kast ont reconnu que pour des raisons « techniques » on ne pouvait pas expulser plus d’immigrants illégaux que ne le faisait le gouvernement Boric. Il y a environ 340 000 étrangers en situation irrégulière au Chili que Kast avait promis d’expulser. Le gouvernement Boric avait lancé un plan pour la régularisation de 180 000 d’entre eux. Ce plan a été stoppé. Sans que pour autant que ces 180 000 personnes soient expulsées. Ce sont des personnes qui travaillent au Chili et qui n’ont pas de casier judiciaire, ou qui ont un conjoint chilien, ou des enfants nés au Chili…
Juste après sa prise de fonction, Kast a lancé, tout au nord du Chili, à la frontière avec la Bolivie et le Pérou, la construction d’un gigantesque mur qui est censé empêché l’arrivée illégale de tout migrant. L’armée sera chargée de surveiller ce mur. Depuis l’aveu que l’expulsion de 340 000 personnes sera impossible, Kast et son gouvernement ne parlent plus trop de ce mur. Mais sa construction se poursuit, il va couter très cher, mais l’argent public dépensé à cette occasion ne sera pas perdu pour tout le monde.
Le bilan des réalisations des promesses de campagne est finalement proche de zéro. Par contre, les Chiliens ont découvert tout un arsenal de mesures qui n’étaient pas dans le catalogue de campagne.
La première mesure qui a choqué a été la suppression dès le mois de mars du système de régularisation du prix des carburants. En plein blocage du détroit d’Ormuz, les prix du carburant ont explosé à la pompe. Les répercussions sont immédiates pour tous : sur le prix des transports en bus ou en car (il y a très peu de train), sur les prix des marchandises qui ne circulent quasiment uniquement que par transport routier. Mais le ministre des Finances, Jorge Quiros, était heureux : il avait réalisé pour l’État une belle économie dans un programme qui avait un but social évident.
Une autre mesure a été d’exiger des bénéficiaires du CAE (Crédit avec l’aval de l’État) qui avaient des retards dans les paiements de rembourser sur le champ. La trésorerie publique n’a pas eu de difficulté morale ou technique pour lever le secret bancaire et saisir l’ensemble des fonds des retardataires. Ce CAE avait été mis en place par un gouvernement de centre-gauche pour éviter de rendre les universités gratuites ou financer des bourses. Les banques ont été les grandes bénéficiaires de ce CAE puisqu’elles étaient toujours payé : soit par celui qui avait souscrit un prêt pour financer ses études, soit par l’État qui était garant et ne trainait pas à dédommager les banques en cas d’insolvabilité du jeune emprunteur.
Surtout, Quiros qui est considéré comme le ministre ayant le plus d’influence, a présenté en avril sa « mega reforma ». Elle contient plus d’une quarantaine de mesures très différentes mais dont l’axe central est le transfert massif des richesses vers les hyper riches. Des économistes ont calculé que 20 % des avantages financiers ou fiscaux de cette méga réforme allaient revenir à 99 % de la population, 30 % aux 0,99 % les plus riches et 50 % aux 0,01 % d’hyper riches.
Le taux d’imposition des entreprises va baisser de 27 à 23 %. La taxe foncière va être supprimée pour les plus de 65 ans. Cette suppression de la taxe foncière va mettre en difficulté les communes, principales bénéficiaires de cet impôt. Les hyper riches qui avaient évadé leurs capitaux du Chili pour ne pas payer d’impôts vont bénéficier d’un avantage fiscal s’ils les rapatrient : double bénéfice, à la sortie puis à la rentrée des capitaux. La TVA est suspendue pour tout achat de logement neuf. Retrait du projet des discussions sociales par branche : les négociations entre les syndicats de salariés et le patronat resteront au niveau des entreprises. Flexibilisation des réglementations sur les conditions de travail. Suppression de législations contraignantes pour la construction immobilière. Etc.,etc.
Quasi toutes les mesures vont dans le sens d’une aggravation du déficit en réduisant les recettes de l’État, alors que l’objectif du gouvernement est de revenir à l’équilibre budgétaire. Même le ministre des Finances n’annonce pas un rétablissement à l’équilibre avant 2031.
Parallèlement, le ministre des Finances a exigé que tous les ministères réduisent immédiatement leurs dépenses de 3 %, ce qui touche là encore directement les communes. Il a décidé que 142 programmes, sociaux ou culturels, allaient être purement et simplement supprimés, et 260 autres allaient voir leurs budgets réduits de 15 %. La liste de ces programmes a été tenue secrète. Mais on a pu savoir que le programme d’aide alimentaire dans les cantines pour les écoliers les plus pauvres allait disparaitre.
La droite mène en même temps une campagne permanente contre la compagnie nationale CODELCO, première entreprise mondiale de production de cuivre. CODELCO, c’est le portefeuille du Chili, son poumon financier. CODELCO représente le tiers des exportations du Chili. La droite voudrait la privatiser ce que même Pinochet n’avait pas osé faire.
Le transfert des richesses au profit de la classe capitaliste va être colossal, dans un pays qui détient déjà des records d’inégalité sociale. L’État va être fragilisé et les communes affaiblies financièrement. Le bilan des premiers mois de l’extrême droite au pouvoir au Chili est finalement assez simple. Elle n’a rien fait concernant ce sur quoi elle a été élue, l’insécurité et l’immigration. Par contre, elle met en œuvre tout un programme économique et social ultralibéral dont elle n’avait dit mot pendant toute la campagne électorale, programme dont sont victimes 99 % des Chiliens.
Pierre Capanera
collectif Amérique latine et Caraïbes
jeudi 25 juin 2026
Canicule : face à l’urgence climatique, l’inaction du pouvoir est criminelle
49 départements en vigilance rouge, plus de 40° C par endroits, des écoles fermées, classes à 35° C, des salarié·es exposé·es, des hôpitaux sous tension, des logements invivables : la France étouffe ! Et le gouvernement bricole. Il y a quelques semaines, un jeune de 19 ans mourait d’hyperthermie après avoir travaillé toute une journée sur un toit.
Depuis des décennies, depuis les alertes répétées des scientifiques, depuis les rapports du GIEC, tout est connu. Comme le rappelle Valérie Masson-Delmotte : gouverner, c’est prévoir. Or Emmanuel Macron n’a rien prévu à la hauteur. Il a poursuivi les choix capitalistes qui aggravent la crise : austérité contre les collectivités, abandon des services publics, recul de la rénovation thermique, soutien aux grands pollueurs, cadeaux au capital et aux plus riches.
La canicule est aussi une violence de classe. On ne suffoque pas de la même manière dans un bureau climatisé, une résidence secondaire ou un appartement passoire thermique, sur un chantier, dans une cuisine, un entrepôt, une classe à 35 °C ou un EHPAD sous-doté. Les riches ne meurent pas sous la chaleur. Ce sont les enfants, les personnes âgées, les travailleurs, les précaires, les quartiers populaires qui paient le prix de l’inaction.
Le PCF appelle à des mesures immédiates : arrêt automatique du travail à partir de seuils de température nationaux, climatisation des écoles, hôpitaux et EHPAD, ouverture de lieux de fraîcheur à commencer par les bâtiments publics climatisés, gratuité de l’eau lors des pics et des transports publics en amont des pics, soutien massif aux communes. Une fois encore, comme lors de la crise du COVID, l’impréparation du pouvoir place les maires et les agents publics en première ligne sans les moyens financiers et humains nécessaires.
Mais l’urgence impose surtout de changer de cap. Il faut un grand plan national de rénovation des logements et des bâtiments publics (voir notre déclaration : Il faut un plan Marshall pour l’isolation des bâtiments !), de végétalisation des villes, de désimperméabilisation, de développement des transports publics, de sortie des énergies fossiles et de relocalisation industrielle, le déploiement massif de réseaux de froid urbains. C’est le sens du plan climat du PCF, Empreinte 2050 : planifier, financer, produire autrement, dans la justice sociale.
Assez de discours. Il faut arracher l’écologie des mains du capital et mettre la puissance publique au service de la vie.
Paris, le 22 juin 2026
mercredi 24 juin 2026
Il faut un plan Marshall pour l’isolation des bâtiments !
Une semaine après une première canicule au mois de mai, et juste avant la canicule historique que nous vivons en ce mois de juin, le gouvernement n’a rien trouvé de mieux que supprimer 462 millions de crédits pour l’isolation des bâtiments (300 millions enlevés à MaPrimeRenov, 162 millions au Fonds Vert). Cette décision est totalement irresponsable alors que la canicule actuelle met en lumière le retard dramatique qu’a pris la France dans l’isolation des ces bâtiments. Isolation qui est indispensable pour mieux se protéger des canicules.
Le budget de l’ANAH avec 4 milliards est totalement insuffisant pour répondre à la demande de rénovation des logements privés : le financement est assuré en 2026 pour 120 000 rénovations d’ampleur alors que la demande va excéder 300 000 rénovations.
Le Fonds Vert consacré pour l’essentiel à la rénovation des bâtiments publics est réduit à la portion congrue. 673 millions en 2026, un budget divisé par 4 par rapport aux 2,5 milliards de 2024.
Et pour la rénovation des logements sociaux, c’est encore pire. 0 euro de budget de l’Etat en 2026 alors qu’il y a eu jusqu’à 400 millions certaines années.
De tels choix sont dangereux et irresponsables. Il faut investir beaucoup beaucoup plus. Il faut un Plan Marshall pour la rénovation des bâtiments en France, avec 20 milliards par an, dont 12 milliards pour l’habitat privé (pour rénover 700 000 logements par an), 5 milliards pour les bâtiments publics et 3 milliards pour les logements sociaux.
Le PCF propose que l’Agence Nationale pour l’Amélioration de l’Habitat, soit l’organisme le plus compétent en la matière rassemble l’ensemble de ces financements, et que les moyens lui soient accordés pour qu’elle puisse investir 20 milliards par an, via deux grandes mesures :
- Un changement de statut de l’ANAH, de l’EPA en EPIC, pour lui permettre de lever de l’emprunt, à l’image de la Société des Grands Projets. Cela permettrait de doubler à court terme le niveau d’investissement sur la base de ses ressources actuelles. Il faut investir massivement pour l’isolation des bâtiments d’ici 2050. Cela a du sens d’emprunter au long terme pour financer ce grand chantier de cette première moitié de 21e siècle.
- L’affectation de nouvelles recettes dédiées à l’ANAH à hauteur de 5 milliards d’euros. 3 milliards d’euros en créant des DMTO additionnels pour les résidences secondaires (comme en Allemagne, en Italie ou au Royaume-Uni) et 2 milliards par an via une taxe additionnelle sur l’immobilier de bureaux, en particulier dans les zones très attractives comme Paris.
Il y a urgence à accélérer massivement les investissements pour l’isolation des bâtiments. Pour le climat, pour économiser l’énergie et pour sauver les milliers de vies menacées par les canicules.
Paris, le 22 juin 2026
Parti communiste français
mardi 23 juin 2026
Grenoble. Les inspecteurs du travail en lutte contre la répression syndicale
Une centaine de personnes se sont rassemblées ce jeudi 18 juin devant les locaux de la Direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités.
Un rassemblement s’était déjà tenu le 27 mai dernier devant le commissariat de police de Grenoble tandis que Pierre et Benoit, deux inspecteurs du travail militants syndicaux de Sud Travail Affaires sociales et représentants du personnel à la F3SCT, étaient auditionnés par la police. Leur tort : ils se seraient rendus coupables de harcèlement vis-à-vis d’une supérieure hiérarchique, responsable d’unité de contrôle (RUC). Il s’agit d’une procédure bâillon et de représailles pour les syndicalistes puisque cette même responsable, avait elle-même fait l’objet d’un signalement pour harcèlement moral en décembre 2024. Ce signalement a depuis été enterré par la hiérarchie.
Procédure bâillon
Cette situation n’est pas un cas isolé et s’inscrit au contraire dans le contexte de conditions de travail très dégradées pour les inspecteurs du travail, pourtant eux-mêmes garants des conditions de travail des salariés du privé. L’intersyndicale CGT, SUD, CNT et FSU appelait donc au rassemblement ce 18 juin à Grenoble et Paris pour soutenir Benoit et Pierre, victimes de répression syndicale, mais aussi pour dénoncer la situation générale dégradée au ministère du Travail, de l’emploi et des solidarités, une F3SCT (formation spécialisée en matière de santé, de sécurité et de conditions de travail) ministérielle se tenant ce jour.

Car un rapport a été remis au ministère le 18 décembre dernier par le cabinet indépendant APTEIS, qui confirme qu’il est devenu difficile de travailler dans ce ministère et que « l’organisation du travail des agents […] est génératrice de risques psychosociaux ». Cela n’est certainement pas gratuit mais plutôt cohérent avec la volonté politique plus ou moins avouée depuis plusieurs années d’empêcher l’inspection du travail d’assurer sa mission, à savoir faire respecter le droit du travail. Baisse de 10% des effectifs depuis 10 ans (1800 inspecteurs pour 21 millions de salariés), restriction des prérogatives et mise sous tutelle des DDETS par les préfectures, les actes ne manquent pas pour neutraliser l’inspection du travail.
Un Premier ministre en soutien à la violation de la loi
Et violer le Code du travail ne semble plus relever de l’infraction selon le gouvernement. Le 1er mai en a été une édifiante illustration cette année. Alors que les inspecteurs du travail de l’Isère s’étaient déjà réunis le 27 avril devant la DDETS pour dénoncer l’obstruction de leur hiérarchie à leur action pour faire respecter la législation sur le 1er mai, le Premier ministre Lecornu s’était permis d’assurer de son soutien par téléphone un boulanger du nord-Isère. Celui-ci venait de contrevenir au Code du travail et d’être contrôlé par un inspecteur suite à l’ouverture illégale de son commerce.
Plus d’une centaine de personnes étaient présentes ce jeudi, avec des participants venus de nombreux départements en soutien de Benoit et Pierre et pour refuser le sort qui est fait aux inspecteurs, à l’institution et ses missions. Les interventions se sont succédées, notamment pour rappeler que le cas de la DDETS de l’Isère s’inscrit dans un contexte d’intimidation et de répression de l’action syndicale de plus en plus systématiques. Ainsi, Nicolas Benoit, secrétaire de l’UD CGT, établit le lien avec le cas du groupe SEB, implanté à Vienne, qui, en plus de sanctionner une représentante syndicale qui a mis en évidence l’exposition et la pollution aux PFAS, attaque la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet et le sénateur communiste Fabien Gay pour avoir dénoncé cette répression syndicale.

Mais concernant l’inspection du travail, l’enjeu prend une importance toute particulière. Lorsque les inspecteurs du travail ne peuvent plus accomplir leur mission, ce sont les droits de l’ensemble des salariés qui sont menacés. C’était le thème de l’intervention de David Majewski, de la CGT STMicroeletronics à Crolles, qui rappelait combien l’appui de l’inspection du travail avait été indispensable à leurs combats menés face à une direction obtuse.
La détermination des agents du ministère du travail est forte, et malgré les obstacles dressés par le gouvernement et leur hiérarchie, il est certain que cette lutte va se poursuivre.










.png)

