mercredi 5 août 2026

Grecs Bourgoin-Jallieu


 Après le scandale des EHPAD, celui des micro-crèches ?

En Isère, le Département a pris la décision de fermer six micro-crèches dans le Nord-Isère. Toutes appartiennent au même réseau privé, à but lucratif, Callihop, né à Bourgoin-Jallieu. Des dysfonctionnements graves, mettant en danger la santé, le bien-être et la sécurité des enfants, ont été relevés.
Nos premiers mots vont aux familles, plongées dans l’angoisse, et aux enfants, qui n’auraient jamais dû subir de telles pratiques.
Ce triste événement interroge notamment la gestion de la politique de la petite enfance par les intercommunalités, en lien avec les communes. En effet, l’affaiblissement du service public a favorisé la multiplication des crèches privées, et notamment des micro-crèches. Depuis l’ouverture du secteur de la petite enfance aux entreprises en 2003, ces structures se sont fortement développées, grâce notamment aux subventions publiques et à l’assouplissement des règles d’accueil. Aujourd’hui, une micro-crèche peut accueillir jusqu’à 14 enfants grâce à des dérogations. Elles sont par ailleurs soumises à moins de normes, notamment en matière d’encadrement et de surveillance.
En appoint des structures gérées par le Pôle public de la petite enfance, les micro-crèches privés répondent à un besoin, pour la plupart fort bien.
Mais nos intercommunalités devraient veiller à l’équilibre public/privé.
Toutes les familles de la Capi devraient pouvoir avoir accès à une solution de garde, en proximité, quelles que soient ses capacités financières.
La PMI (Protection Maternelle et Infantile) est responsable de la conformité de ces micro-crèches. Ses contrôles visent à garantir la sécurité, la santé et le bien-être des jeunes enfants. Ils s'appuient sur une mission de police administrative pour vérifier la conformité des locaux, des qualifications du personnel et des pratiques professionnelles. La PMI peut constater des écarts et demander des mesures correctives, tout en ayant le pouvoir de proposer des suites administratives si nécessaires.
Dans le cas qui nous occupe aujourd’hui, il est regrettable qu’un élu de la république remette en question le travail et l’honnêteté intellectuelle des agents de la PMI du Département de l’Isère.
Par ailleurs, les professionnelles de la petite enfance nous alertent depuis des années sur les conditions de travail dégradées : effectifs insuffisants, précarisation des équipes, pressions permanentes, turn-over important …
Et, à l’instar du scandale des EHPAD, plusieurs enquêtes journalistiques ont révélé les traitements indignes que certaines crèches réservent aux enfants : limitation du nombre de couches à trois par jour, restrictions sur les repas, les animations, le matériel d’éveil...etc
La logique du profit écrase l’exigence de soin, d’attention et de dignité.
La responsabilité de l’État est immense. Mais les élus locaux ne peuvent pas se réfugier derrière l’impuissance. Être aux responsabilités donne l'obligation d'agir et d'être exemplaire.
Ils doivent refuser la marchandisation de la petite enfance, répondre aux besoins et aux attentes des familles, mettre les moyens nécessaires, et remettre l'humain au cœur.

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