samedi 1 août 2026
PCF - Parti Communiste Français
L’AFPS appelle à « convaincre, mobiliser, rassembler » pour les droits du peuple palestinien
Une campagne en cours de l'Association France Palestine solidarité, ici à la fête du Travailleur alpin le 26 juin dernier.
Après l’interruption du set de Barbara Butch le 18 juillet dernier, les réactions s’enchaînent. Parmi ces dernières, celles d’organisations engagées dans la défense des droits du peuple palestinien et contre le génocide en cours à Gaza et dans les territoires occupées de Cisjordanie.
L’Association France Palestine solidarité n’appelait pas au boycott du set de Barbara Butch. Dans un communiqué, le bureau de l’AFPS Isère-Grenoble indique qu’en matière « de BDS (Boycott-Désinvestissement-Sanctions), et en particulier de boycott culturel, l’AFPS se conforme aux principes de la campagne BDS coordonnée au niveau de l’Europe par le BNC (Boycott National Committee) Europe dont elle est membre, et par le BNC palestinien pour ce qui est de la coordination mondiale ». Pour ce qui relève du boycott culturel, l’AFPS relève que le comité du BDS « ne demande pas de cibler tous les artistes qui ont eu des expressions problématiques. [Le boycott culturel]vise les institutions israéliennes et donc les artistes ou intervenants promus par ces institutions ou financés directement ou indirectement par celles-ci ».
La position internationale du BDS
Cette position du BDS reprise par l’AFPS répond à un objectif : « convaincre et ainsi accroitre la mobilisation » en faveur du respect du droit international et de la lutte contre le génocide « en évitant au maximum les risques de polarisation qui vont à l’encontre de cet objectif ». « Les cibles sont choisies en fonction de l’impact positif que ces actions doivent avoir sur la perception que nos concitoyens ont de la violation des droits des Palestinien-nes par Israël. [Ces actions visent] à accroitre le soutien au peuple palestinien dans l’accomplissement de ses droits et à élargir le mouvement de solidarité afin de parvenir au but de la campagne BDS : imposer le droit à Israël », poursuit le bureau de l’AFPS Isère.
Dans un communiqué signé par différentes organisations parmi lesquelles le syndicat Solidaires, Urgence Palestine Grenoble, ou l’Union juive française pour la paix, « l’appel au boycott de ce concert n’est pas le seul fait de la section locale de LFI et de ses militant.es, mais aussi d’autres organisations de soutien à la Palestine ». Ces organisations estiment que « la DJ était visée pour sa légitimation des crimes de l’État d’Israël, que ce soit par la signature d’une tribune publiée dans le journal d’extrême droite Le Point soutenant la loi Yadan que pour son concert le 12 juin 2025 à la résidence de l’ambassadeur de France à Tel-Aviv, en plein génocide à Gaza. Ce faisant, elle a choisi d’offrir un vernis d’acceptabilité à Israël, se rendant complice de ses crimes ». Et les organisations relèvent que « le fameux « risque de trouble à l’ordre public » invoqué à tour de bras pour faire taire grand nombre d’évènements sur la Palestine – y compris des colloques universitaires – n’a pas été invoqué à cette occasion ».
« Démarche non-violente »
Au risque de porter atteinte à l’ampleur de la mobilisation contre le génocide, la déclaration des organisations accuse :« celles et ceux qui condamnent l’interruption du set de Barbara Butch sont aussi celles et ceux qui se taisent face au génocide à Gaza et refusent toute action pour y mettre fin. Nous, collectifs militants pour les droits du peuple palestinien, agissons depuis des années en manifestant, boycottant, documentant ce qui se passe dans les territoires palestiniens ».
Par ailleurs, les organisations signataires précisent que « si jet(s) de projectile(s) il y a eu en direction de l’artiste, nous le déplorons et rappelons que les appels au boycott s’inscrivent dans une démarche non-violente. Les militants pour la Palestine ne sauraient en aucun cas être rendus responsables ».
Deux poids deux mesures
Pour sa part, l’AFPS a tenu à prendre position sur les faits survenus depuis les événements du 18 juillet. « Nous dénonçons et condamnons la manière éhontée dont une partie du monde médiatique et politique s’est emparée de la question pour relancer la campagne de dénigrement de LFI, de délégitimation du mouvement de solidarité avec la Palestine, d’assimilation de l’antisionisme avec l’antisémitisme, sans parler du deux poids deux mesures sur les perturbations et/ou interdictions et/ou censures de spectacles, ou du double standard quand il s’agit de condamner et de sanctionner des États qui violent de droit international », écrit l’AFPS. L’organisation tient également à condamner « le déferlement de haine dont est l’objet Allan Brunon depuis plusieurs jours. Rien ne justifie, en aucun cas et aucune manière, les appels à la haine et encore moins les appels à la haine raciste ».
« Appeler au boycott, boycotter, c’est convaincre, mobiliser, rassembler et faire progresser le mouvement de solidarité avec le peuple palestinien », conclut le bureau de l’Association France Palestine solidarité.
Aux confins de la Pologne et de l’Ukraine, l’ombre des minorités effacées
Depuis l’invasion russe, des millions d’Ukrainiens ont trouvé refuge en Pologne. Mais les relations entre les deux pays comportent leur part d’ombre. Leurs déchirements pendant la seconde guerre mondiale avaient contraint les autorités soviétiques et polonaises à procéder à un gigantesque échange de populations, réalisant de fait le rêve d’homogénéité ethnique des nationalistes qu’ils avaient combattus.
Soolidaires face à l’agression russe de l’Ukraine, Kiev et Varsovie n’ont pas soldé les contentieux mémoriels qui les opposent par ailleurs. Leur frontière commune traverse d’anciens confins d’empires dont la réalité multiculturelle a été mise à mal par l’émergence d’États-nations aspirant à une certaine uniformité ethnique, ce qui provoqua des déchirements dont le souvenir reste vif. À la fin du XVIIIe siècle, au cours des partages successifs, l’autocratie russe et la monarchie habsbourgeoise, pour l’essentiel, ont accaparé le territoire polono-lituanien (dit république des Deux Nations). Polonais et Ukrainiens continuent de cohabiter en Galicie (autrichienne) comme en Volhynie (région de l’Empire russe). Mais le poids des anciennes élites polonaises se faisait encore sentir, notamment dans les centres urbains, tandis que les Ukrainiens se concentrent en majorité dans les campagnes. Cette diversité socio-territoriale se prêtait mal aux projets nationaux fondés sur l’idéal d’homogénéité ethnique, qu’il s’agisse du rêve des Polonais de refonder leur État perdu ou du désir des Ukrainiens de créer le leur. La construction des États polonais et ukrainien dans leur forme actuelle s’est donc faite, dans les années 1940, au prix de nettoyages ethniques, lesquels s’inscrivent dans un cycle de violences et de déplacements de populations en Europe qui débute avec le conflit mondial de 1914 pour se clore à la fin des années 1940.
Les rivalités ukraino-polonaises s’expriment dès l’effondrement des empires à la fin de la première guerre mondiale. En novembre 1918, les soldats des légions polonaises affrontent les nationalistes ukrainiens lors de la bataille de Lwów (en polonais) / Lviv (en ukrainien). La République de Pologne et la République populaire d’Ukraine occidentale tout juste proclamées se disputent la souveraineté sur la Galicie orientale et les Carpates, qui appartenaient jusqu’alors à l’Empire austro-hongrois. Puis, à Versailles, les puissances alliées (…)
