jeudi 3 septembre 2026

Sérophobie : quarante ans de préjugés, ça suffit !

Nous exprimons tout notre soutien à Christophe Paco et Nicolas Aragona qui ont entamé une grève de la faim devant le tribunal de Reims pour dénoncer la sérophobie dont ils sont victimes.

La séropositivité est une question de santé. Ce sont l’ignorance, les préjugés et la peur de l’autre qui en font un problème de société. La discrimination liée à l’état de santé n’est pas une opinion : c’est une atteinte aux droits qui relève de la justice.

Depuis le début de l’épidémie de VIH dans les années 1980, les personnes vivant avec le virus sont confrontées aux préjugés, au rejet, aux discriminations et parfois à la violence. Plus de quarante ans après, ces représentations continuent de peser lourdement sur des milliers de vies.

En France, environ 180 000 personnes vivent aujourd’hui avec le VIH. En 2025, plus de 5 000 personnes ont découvert leur séropositivité. Derrière ces chiffres, il y a des femmes et des hommes qui travaillent, aiment, fondent une famille et vivent tout simplement.

La sérophobie, ce sont des personnes qui hésitent à parler de leur séropositivité par peur d’être rejetées. Ce sont des personnes qui peuvent craindre de ne plus être désirées ou aimées si elles révèlent leur statut sérologique. Ce sont des discriminations dans les parcours professionnels, l’accès au logement ou aux soins. Ce sont des regards, des paroles, des attitudes et des violences qui rappellent aux personnes vivant avec le VIH qu’elles sont encore trop souvent considérées à travers leur séropositivité plutôt qu’à travers ce qu’elles sont.

Ces discriminations sont d’autant plus inacceptables que les progrès médicaux ont profondément changé la vie. Une personne vivant avec le VIH et bénéficiant d’un traitement efficace peut aujourd’hui vivre normalement. Lorsqu’elle a une charge virale indétectable, elle ne transmet pas le VIH par voie sexuelle.

Au-delà des progrès médicaux, nous rappelons que chaque année les transmissions d’IST augmentent. Face à cette réalité inquiétante, l’État doit prendre ses responsabilités et renforcer massivement les politiques publiques de prévention, de dépistage et d’accès aux soins.

Nous demandons en outre que la sérophobie soit explicitement reconnue comme une discrimination par la loi du 27 mai 2008, afin de mieux protéger les personnes vivant avec le VIH et de leur garantir l’effectivité de leurs droits.

Nous voulons également renforcer les politiques de sensibilisation et d’éducation sur le VIH, notamment sur le principe « Indétectable = Intransmissible » (I=I), lutter contre les discriminations dans l’accès aux soins, à l’emploi et au logement et donner aux personnes victimes de sérophobie les moyens de faire valoir leurs droits.

Paris, le 26 août 2026

Parti communiste français.

 

mercredi 2 septembre 2026

Lettre de Fabien Roussel à celles et ceux qui font vivre l’école


 Madame, Monsieur,


À l’heure où la rentrée scolaire approche, je me permets de vous adresser ces quelques mots. 
Vous faites l’un des plus beaux métiers du monde mais il n’est pas reconnu comme il le devrait. 

À quelques mois de l’élection présidentielle, beaucoup de promesses vous sont adressées, tout particulièrement par ceux qui vous ont méprisés ces dernières années. Vous saurez les reconnaître. 

Votre rôle dans la société est immense, la question de l'attractivité des métiers de l'éducation est un enjeu majeur. Bien sûr il y a la question des salaires, mais aussi celle des conditions d'enseignement, du statut, notamment pour les AESH, de la formation initiale. Sur toutes ces questions, il faut des changements profonds, à la hauteur de vos missions et de l'enjeu de la démocratisation des savoirs dans toute la société. 

Vous seuls savez les moyens importants que la Nation doit avoir l’audace de mobiliser pour faire vivre une belle et grande école publique, garantissant la réussite scolaire à tous nos enfants, qu’ils grandissent dans l’hexagone ou dans les territoires dits d’Outre-mer, en ville ou à la campagne, qu’ils soient en situation de handicap ou pas.

Votre engagement au service de l’école de la République n’est hélas pas reconnu à sa juste valeur : d’ailleurs, tous les ans, vous vous mobilisez pour vos salaires, pour vos conditions de travail et nous sommes à vos côtés.

La baisse démographique, à ce titre, ne doit pas être utilisée pour faire des économies. Au contraire.

Nous avons besoin de plus d’enseignants pour faire reculer les inégalités, pour développer la pensée critique, pour démocratiser l’accès aux savoirs, à la culture, aux sports et affronter les changements de ce siècle.

Les prochaines échéances électorales seront donc importantes pour faire entendre votre voix et faire de l’accès aux connaissances et aux savoirs la priorité du quinquennat à venir.

C’est dans cet esprit que nous nous engageons dans cette bataille : pour redonner de la force et du sens à nos services publics, au sein d’une nouvelle République sociale, laïque, féministe, écologiste.

Face à la menace de l’extrême-droite dont l’école publique n’a rien de bon à attendre, face à l’abstention qui augmente à chaque scrutin, nous vous invitons à vous engager, à nous soutenir.
Nous vous invitons à faire en sorte que la gauche redevienne majoritaire en France et capable de gagner l’élection présidentielle en rassemblant largement nos concitoyennes et nos concitoyens.

Vous pouvez compter sur moi pour faire vivre cet espoir et lui donner de la force.
Je vous souhaite à toutes et à tous, une très belle rentrée.

Chaleureusement,

Fabien ROUSSEL

mardi 1 septembre 2026

Comment travaille la JC ? Le livret de l'ANA 2026

L’Assemblée nationale des animateurs et animatrices du MJCF (ANA) est l’aboutissement d’un long processus d’enquête et de travail mené dans toutes les structures militantes du Mouvement : dans les lycées professionnels et généraux, dans les cités universitaires et les salles de fac, dans les CFA et sur les lieux d’emploi.

Être jeune communiste, ce n’est pas un déguisement. C’est se lever tôt pour distribuer des tracts et se coucher tard après une réunion. C’est prendre contact avec des jeunes, rappeler une nouvelle adhérente ou un nouvel adhérent, lui proposer un café pour parler de notre campagne. C’est faire tout cela avec une ambition : construire, au quotidien, une organisation capable de changer la vie des jeunes et de transformer la société.

Aujourd’hui, nous comptons plus d’une centaine de groupes militants. Cela signifie que, dans plus d’une centaine de lieux en France, nous organisons l’activité : dans des départements où nous sommes forts comme dans d’autres où nous reconstruisons presque de zéro. Ce maillage est une force, mais une force qui se travaille. Notre campagne ne s’anime pas toute seule : elle demande de la rigueur et une capacité collective à voir ce qui fonctionne comme ce que nous devons ajuster. C’est aussi pour cela que nous pouvons être fiers de la manière dont nous construisons nos temps nationaux.

Ce livret restitue les travaux de notre ANA. Il ne clôt pas le processus : il doit permettre de le prolonger. Les discussions, les décisions et les pistes de travail qui y sont rassemblées ont vocation à devenir des points d’appui pour nos fédérations, nos groupes et nos cercles. Elles doivent nous aider à mieux organiser, mieux former, mieux implanter, mieux animer nos campagnes - et à mieux faire vivre le MJCF partout où les jeunes ont besoin d’un outil pour se défendre, se rassembler et se battre.

Faire vivre notre ANA, c’est faire progresser tout le Mouvement. C’est renforcer notre cohérence nationale et donner à chaque adhérente et adhérent un espace d’intervention sur nos pratiques militantes. Au MJCF, il n’y a pas de faux-semblants : la démocratie ne se résume pas aux grandes diatribes performatives et aux affrontements de tendances. Chaque structure militante, chaque fédération, chaque groupe et chaque cercle participe d’une démocratie qui s’exerce à l’échelle nationale. Pas à pas, nous construisons notre démocratie par le travail et le consensus.

Bastien Bonargent

Le lien du livret : 
https://cloud.jeunes-communistes.fr/index.php/s/aqAq2MF6XXSCNGL

Article publié dans CommunisteS, numéro 1097 du 26 août 2026