Y a-t-il, ou non, une
crise au centre socio-culturel de Brignoud (Sicsoc) ? Cette question,
nous l’avions déjà posée lors d’un précédent article, le 5 mai.
Elle
a été à nouveau évoquée ce vendredi soir, lors d’une réunion publique,
organisée conjointement par les syndicats Sud Solidaire et CGT. Et si le
doute pouvait encore planer, cette réunion a fini par le lever,
définitivement. Oui il y a une crise au Sicsoc ! Elle est grave et sans
précédent.
Retour sur une réunion sans filtre, des plus
singulières, et où la parole n’aura jamais été aussi libre et libérée.
Plus d’une cinquantaine de personnes y assistaient, si bien que la salle
Florence-Arthaud à Brignoud semblait presque trop petite pour
l’occasion.
Étaient présents quelques élus du Sicsoc, le Syndicat
intercommunal en charge de la gestion et de l’animation du centre
socioculturel, des salariés du centre, des bénévoles et aussi des
usagers.
Si la directrice n’était pas là physiquement, elle l’a
été pourtant au cours de ces deux heures sous haute tension tant elle a
cristallisé toutes les critiques, remarques et commentaires. Cette
réunion a pris les allures d’un réquisitoire à charge. Si dans la salle,
un clan pro-direction était là pour la défendre, un autre plus
important constitué de personnes en grande souffrance ou détresse
psychologique - des salariés et bénévoles de la structure pour la
plupart – a donné son point de vue, sa vérité souvent avec violence -
dans le discours uniquement - et une très vive émotion. Et entre ces
deux camps, un groupe d’individus – des salariés, bénévoles, ou usagers –
totalement perdu, ne sachant à quel saint se vouer, et quelle vérité
croire, a lui aussi exprimé son profond désarroi à l’image du nouveau
directeur d’un des centres de loisirs arrivé il y a deux mois. Au bord
des larmes il s’est dit « perdu dans cette situation qui lui échappe
totalement ! ».
Un syndicat dénonce “un fonctionnement clanique”
Une
situation que le syndicat Sud solidaire avait dénoncée dans un
communiqué à la presse début mai et dont nous nous étions fait l’écho.
Il évoquait « une organisation interne clanique où cohabitent le
clientélisme et la stigmatisation, […] un management maltraitant […]
avec des modifications de travail arbitraires, des critiques
continuelles […] » Pire « des salariés disant craindre la direction et
avoir peur de ses réactions » d’où un signalement de Solidaire auprès de
la CAF et du préfet qui a été saisi dans le cadre d’une procédure
d’alerte pour danger grave et imminent. Ce fonctionnement clanique tant
décrié s’est révélé être une réalité. Vendredi soir, chaque clan a
véritablement considéré l’autre comme son ennemi.
un diagnostic réalisé par le centre de gestion mais contesté par sud
solidaire Sud solidaire a aussi longuement contesté le diagnostic sur
l’identification des risques psychosociaux au travail, réalisé en mars
par le Centre de gestion 38 (établissement public au service des
employeurs territoriaux). Le syndicat a pointé un problème de
subjectivité. Pour lui, les clivages sont trop profonds, et une
médiation n’est plus suffisante pour régler la crise. Il a explicitement
demandé à ce que soit diligenté un audit externe, car selon lui, il n’y
a plus de doutes possibles : « On n’est pas loin d’un drame ! »
Salia
Arrada, l’adjointe aux affaires scolaires à Villard-Bonnot et
conseillère syndicale au Sicsoc était présente vendredi soir. Elle a sa
lecture : « On a eu droit à une décharge émotionnelle pour installer le
doute ! ». Elle ne minimise pas la souffrance des salariés. Elle l’a
entendue, mais s’interroge sur son origine exacte. Pour elle, la
directrice n’est pas l’unique responsable et donc coupable. Un point de
vue que partage fermement le président du Sicsoc, le maire de Froges,
Claude Malia. La gestion de la crise lui a été vivement reprochée
vendredi soir. Des critiques qui ne le visaient pas uniquement, tous les
élus de Froges et Villard-Bonnot, les communes porteuses de la
structure, ont été tout autant jugés responsables « Pourquoi n’avez-vous
pas réagi plutôt ? », se sont-ils vus reprocher.
Sur ce point le
président s’est montré très clair. Les attaques à l’égard de la
directrice sont « inadmissibles ! C’est inhumain ce qu’on lui fait
subir ! ». Et pour mieux contrecarrer les attaques, le voilà qu’il sort
pétition et lettre de soutien signées par une vingtaine de salariés
solidaires de la directrice. « Je peux admettre que l’on critique des
élus sur leur maladresse mais je n’admets pas que l’on juge le travail
de professionnels » en évoquant le diagnostic du Centre de gestion 38.
Une chose est certaine, il n’y aura pas d’audit externe comme l’espèrent
les syndicats et les élus des CHSCT. Et non, la directrice ne sera pas
démise de ses fonctions. Car cette réunion publique n’avait d’autres
objets que d’exiger sa tête.
Bref, les conseils municipaux de
Froges et Villard-Bonnot ont abondé de 150 000 € le budget global de
fonctionnement pour permettre le remplacement des personnes en arrêt
maladie et engager au 1
er juillet, une
Directrice des ressources humaines (DRH). C’était l’une des
recommandations établies par le Centre de gestion 38. Elle a été suivie.
Reste un point noir, et de taille pour le président, l’agrément de la
CAF. Il pourrait bien sauter si la crise persiste surtout que la
directrice est, elle aussi, en arrêt maladie. Traduction si l’agrément
saute, c’est le centre qui saute avec…
un
diagnostic réalisé par le centre de gestion mais contesté par sud
solidaire Sud solidaire a aussi longuement contesté le diagnostic sur
l’identification des risques psychosociaux au travail, réalisé en mars
par le Centre de gestion 38 (établissement public au service des
employeurs territoriaux). Le syndicat a pointé un problème de
subjectivité. Pour lui, les clivages sont trop profonds, et une
médiation n’est plus suffisante pour régler la crise. Il a explicitement
demandé à ce que soit diligenté un audit externe, car selon lui, il n’y
a plus de doutes possibles : « On n’est pas loin d’un drame ! »
D’anciens
salariés du centre “Pugnet” de Chambéry sont aussi venus témoigner :
« Voilà ce que nous avons vécu avec la même direction que vous. Ne
faites pas la même erreur que nous… Vous pouvez éviter d’en arriver là
grâce au dialogue, mais il faudra que de toute part, il y ait une
volonté de sortir de cette crise par le haut ! », a conseillé un
ex-salarié social, licencié, toujours en procédure. En Savoie, le
management de la direction aurait créé, selon certains salariés, les
mêmes divisions qu’à Brignoud. Comme à Chambéry, le Sicsoc “vit” au
rythme des arrêts maladie à répétition.
un
diagnostic réalisé par le centre de gestion mais contesté par sud
solidaire Sud solidaire a aussi longuement contesté le diagnostic sur
l’identification des risques psychosociaux au travail, réalisé en mars
par le Centre de gestion 38 (établissement public au service des
employeurs territoriaux). Le syndicat a pointé un problème de
subjectivité. Pour lui, les clivages sont trop profonds, et une
médiation n’est plus suffisante pour régler la crise. Il a explicitement
demandé à ce que soit diligenté un audit externe, car selon lui, il n’y
a plus de doutes possibles : « On n’est pas loin d’un drame ! »