jeudi 2 avril 2026

La sédition, c’est Macron


 Des maires noirs élus et… une déferlante raciste. Quant à Emmanuel Macron, loin de défendre les principes républicains, il alimente le vil.

Ce week-end, de nombreux conseils municipaux ont élu leur maire et installé le bureau municipal. Comme lors des soirées électorales, ces moments ont été l’occasion de manifestations politiques. Les populations présentes en masse dans les mairies ont applaudi les nouveaux maires, chanté la Marseillaise, repris parfois des slogans, quelquefois dit leur vérité aux maires battus. Nulle part, il n’y eut de violence physique. Partout, les maires ont joué la carte de la retenue et de l’unité. Hier encore exceptionnelle, l’émergence de maires – le plus souvent des hommes – issus de l’immigration dans plusieurs villes de banlieue, devient ordinaire, notamment en Seine-Saint-Denis. Marie-Hélène Bacqué en retrace ici l’histoire récente et ses contours.

Depuis l’élection de tous ces maires, élus parmi les plus respectés, on assiste à un déferlement raciste suffocant. Après la déformation des propos du nouveau maire de Saint-Denis, révélatrice du racisme crasse de ceux qui l’auraient mal entendu, ce fut un harcèlement ininterrompu contre Bally Bagayoko : accusations d’être aux mains des dealers, soupçons de vouloir évincer des fonctionnaires pour délit d’opinion… et désormais stéréotypes des plus ignominieux déblatérés sur CNews. Seuls des élus de gauche se sont élevés et ont décidé de porter le sujet devant l’Arcom et la justice. L’absence de réactions au sommet de l’État est stupéfiante. En fait, non, il y a eu une réaction d’Emmanuel Macron, mais ce fut à propos des quelques charivaris lors des réunions d’installations : « Il n’y a pas de sédition possible », a-t-il déclaré. Le président est le garant de la République. Or il accuse sans fondement et laisse déchirer les principes républicains. Il cible ceux qui sont visés par cette boue. Loin d’apaiser, Emmanuel Macron alimente l’amertume d’une partie des Français. La sédition, c’est lui.

Cette haine de l’ouvrier, du pauvre, de l’immigré est aussi ancienne que la banlieue. L’historienne Annie Fourcaut, dans Banlieue rouge, citait le romancier xénophobe Jean Damase qui évoquait dans les années 30 un meeting tenu en banlieue avec Maurice Thorez : « Une odeur d’internationalisme vous agaçait la gorge avec le relent de sueur musquée du nègre, l’haleine suffocante des Sarrois, le dégagement huileux des Annamites ».

La France est plus forte quand ses élus la représentent, quand ils sont davantage féminisés, davantage populaires, davantage semblables à la mosaïque des cultures qui fabriquent notre pays. Un petit pas à été franchi ce week-end. Il reste tant à faire. Y compris à gauche.

mercredi 1 avril 2026

Défendre Cuba!


 

Non à la peine de mort contre le peuple palestinien !

La majorité d’extrême droite et suprémaciste de Benjamin Netanyahou a fait approuver hier par la Knesset une loi instaurant la peine de mort, ou la prison à vie, pour les Palestiniens condamnés pour « terrorisme » devant les tribunaux militaires, sans droit de grâce, ni remise de peine.

Il s’agit d’une rupture.

Elle instaure deux cadres juridiques séparés, élément d’une politique d’apartheid à l’encontre du peuple palestinien dans les territoires occupés. C’est une légalisation des exactions et exécutions menées par l’armée et les colons en Cisjordanie occupée. C’est un permis de tuer. Derrière ce vocable de « terroriste » est englobé le peuple palestinien, alors que des responsables des partis d’extrême droite en Israël prétendent « qu’il n’y a pas de civil innocent, qu’il n’y a pas d’enfant innocent à Jenine ». Les colons israéliens auteurs d’actes de terreur n’y sont pas soumis. Ce vocable est mis au service de l'idéologie raciste qui est celle du gouvernement israélien.

Il ne s’agit donc pas uniquement d’une violation du droit international. Il s’agit d’instaurer un ordre politique et législatif dans les territoires occupés particulier contre les Palestiniens préparant l’annexion et accélérant l’épuration ethnique.

Le PCF est solidaire des forces de paix en Israël qui s’expriment avec force contre cette loi, à l’image des députés communistes israéliens et de la coalition Hadash qui viennent de faire appel auprès de la Cour suprême. Cela rouvre un espace pour des mobilisations contre le gouvernement d’extrême droite.

Il est solidaire de l’OLP qui dénonce « une trahison de la justice mondiale ».

La France et d’autres pays ont condamné cette loi. Il faut agir concrètement en faisant suite à l’appel de l’OLP à fournir une protection juridique aux prisonniers politiques palestiniens contre cette loi qui viole les IIIe et IVe conventions de Genève. La bataille pour la libération des prisonniers politiques palestiniens, dont Marwan Barghouti, est une urgence absolue.

La France doit prendre la tête d’une coalition d’Etats pour imposer des sanctions politiques, économiques et commerciales à l’encontre de l’Etat d’Israël tant que ce dernier ne respecte pas le droit international et agir pour la suspension de l’accord d’association UE-Israël.

La France doit également agir pour la mise en place rapide sur le terrain d’un Etat de Palestine dans les frontières de 1967 en application de la reconnaissance diplomatique.

Le PCF prend dès aujourd'hui tous les contacts avec les forces démocratiques françaises pour une riposte rapide.

Paris, le 31 mars 2026

Parti communiste français

 

mardi 31 mars 2026

Série - 1936 au jour le jour #12


 1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

23/29 mars 1936 (12) Romain Rolland

« Élections partielles : Succès partout ! » se félicite Paul Vaillant-Couturier en Une de l’Humanité du 24 mars. Il énumère les résultats communistes dans le Var (Saint-Raphaël), dans l’Oise (Creil), en Seine-et-Oise (Meudon), à Aulnay-sous-Bois. Des résultats qui apportent un démenti au discours de la droite selon lequel les tensions internationales allaient détourner les électeurs du Front populaire, et singulièrement du PCF.

Les groupes factieux français s’agitent et s’arment. Ainsi la police vient de découvrir tout un arsenal (mitrailleuse allemande, parabellum et divers revolvers) chez les Croix-de-Feu de Nice. « Ces armes étaient destinées à la défense de nos amis en cas de besoin », déclare Maurice Pujo, un chef des Camelots du roi.

À Montreuil s’est tenu le congrès national des Comités de défense de l’Humanité, en présence de Marcel Cachin et de Paul Vaillant-Couturier.

Le quotidien communiste publie en feuilleton le roman de Romain Rolland Colas Breugnon, publié en 1919. Un texte va bientôt (1936/1938) être adapté en opéra par Dimitri Kabalevsky. Le 70e anniversaire du prix Nobel de littérature de 1915 avait été fêté par l’ensemble de la gauche fin janvier.

Toute une page du quotidien, intitulée « Sur le front du travail », est consacrée aux entreprises : vie syndicale, luttes, organisation de chômeurs (dans le 11e arrondissement parisien), grèves…

Une rubrique du journal intitulée « Au pays du socialisme » informe sur l’état de la production industrielle lourde de l’URSS, sur sa production alimentaire ; il y est question de l’esprit inventif des ouvriers « dont l’afflux des propositions s’est particulièrement renforcé à la suite du mouvement de Stakhanov ».

Les questions de guerre et de paix sont toujours omniprésentes. L’Italie agresse l’Éthiopie. Hitler qui vient de réarmer la Rhénanie défie la France et l’Angleterre. Une affiche communiste intitulée « Que veut Hitler ? » suscite un bel intérêt. On parle d’une intervention japonaise contre les rouges en Chine.

Les élections au Reichstag ont lieu le 29 mars, quelques jours à peine après la remilitarisation de la Rhénanie. Les nazis obtiennent 44 millions de voix (98 %), on compte 500 000 votes contre (1 %). Le parti nazi emporte 722 députés (et 19 sympathisants), soit 100 % des sièges. « Un plébiscite sous la terreur », titre l’Humanité qui ajoute : « Sous la terreur et dans l’illégalité, les communistes ont mené une ardente campagne contre la politique de guerre de la croix gammée. »

Gérard Streiff

lundi 30 mars 2026

Mobilisé·es pour l’éducation



 Moyens, salaires, conditions de travail… L’intersyndicale CGT Éduc’Action, FSU, Unsa Éducation, CFDT Éducation Formation et Recherche publique et SUD Éducation appellent à une semaine de mobilisation du 30 mars au 3 avril, avec une journée de grève nationale le 31 mars, pour dénoncer les choix budgétaires du gouvernement et porter leurs revendications.


Les conséquences du budget austéritaire ne se sont pas fait attendre

Sans surprise, les suppressions d’emplois prévues par les choix budgétaires du gouvernement produisent les effets annoncés et redoutés.

Dans les collèges et les lycées, la dégradation des conditions de travail des personnels et des conditions d'apprentissage des élèves se poursuit, malgré la mobilisation des personnels :

  • suppressions de classes qui entraînent une augmentation des effectifs par classe ;
  • réduction de l’offre de formation ;
  • chantage aux moyens pour maintenir les groupes de niveau ;
  • asphyxie des vies scolaires par le manque de moyens, ce qui fragilise toujours plus le climat scolaire.

Dans le premier degré, l’élaboration des cartes scolaires va s’accompagner de l’annonce de milliers de fermetures de classes, qui seront source de nouvelles dégradations des conditions de travail et d’apprentissage dans le primaire. les coupes budgétaires vont amplifier les difficultés liées au remplacement ou à l’école inclusive sur lesquels les organisations syndicales alertent depuis longtemps.

Refusant cette politique de dégradation des conditions de travail et des rémunérations des personnels de l’éducation et de mise à mal des ambitions émancipatrices du service public de l’éducation, les organisations FSU, Unsa Éducation, CFDT Éducation Formation et Recherche publique, CGT Éduc’Action et SUD Éducation appellent à poursuivre les mobilisations en cours et à les amplifier, particulièrement sur la semaine du 30 mars au 3 avril. Elles appellent également à une journée de grève nationale le 31 mars.

Une autre politique est possible

Dénonçant le budget 2026, la CGT porte un autre projet, respectueux des personnels et des usager·es :

  • pour une fonction publique au service du bien commun : financement et création de postes statutaires. Rompre avec la politique du chiffre, pour un financement des besoins ;
  • augmentation des rémunérations : revalorisation immédiate d’a minima 10 % de la valeur du point d’indice et indexation automatique sur l’évolution des prix à la consommation ;
  • revalorisation des grilles indiciaires : plus aucun échelon en dessous du Smic, un vrai déroulement de carrière et une reconnaissance des qualifications, en finir avec les politiques de rémunération par les primes et le mérite ;
  • baisse du temps de travail et retraite à 60 ans ;
  • égalité salariale et professionnelle entre les femmes et les hommes et revalorisation des métiers à prédominance féminine ;
  • contre la précarité : un plan de titularisation des contractuel·les recruté·es sur des emplois permanents et une amélioration des droits des non-titulaires ;
  • renforcement du statut général des fonctionnaires pour garantir leur indépendance et le rôle démocratique de la fonction publique ;
  • financement des systèmes obligatoires et complémentaires de protection sociale. Cela passe par l’abrogation de tout jour de carence et la rémunération à 100 % en cas d’arrêts maladie. 

Espace : la France sacrifiée, l’Europe divisée, le privé américain triomphant


 Décidément, il s'en passe des choses dans l'espace ces derniers temps. Et comme souvent, c'est l'industrie et la souveraineté françaises et à fortiori européennes qui en paieront le prix.

La NASA réoriente le programme de retour sur la Lune, "Artémis" de manière radicale sans consulter ses partenaires, dont européens. Exit la station en orbite lunaire qui devait remplacer la station spatiale internationale, qui sera décommissionnée d'ici la fin de la décennie : l'heure est à l'accélération du retour de l'homme sur la Lune, 54 ans après la dernière mission Apollo. Probablement la peur de se faire dépasser par la Chine, dont le programme lunaire avance de manière méthodique et dans les temps. Cette réorientation signifie une moindre place des Européens dans le programme, qui était en charge de concevoir une bonne partie de la future station. C'est aussi un programme qui laissera encore plus de place au privé, et sous domination américaine. La démonstration est faite maintenant que les Européens, en signant ces accords, se sont mis entre les mains des décisions politiques de la Nasa, contrôlée par un proche de Trump et d'Elon Musk, et s'excluant de possibles autres coopérations avec des pays comme l'Inde ou la Chine ou encore de la possibilité d'avoir son propre programme dédié à la recherche plutôt qu'à la compétition.

Mais même au sein de l'Europe, certains alliés semblent peu recommandables. Le chancelier allemand a annoncé son intention de mettre au second plan le programme européen IRIS². Ce programme voté par le parlement européen sous la direction du commissaire européen Thierry Breton doit fournir d'ici 2030 des communications spatiales résilientes et sécurisées aux États membres et donc fournir une solution souveraine à l'Europe, et ne pas dépendre d'Elon Musk et son réseau "Starlink". La France avait fait usage de manière humiliante de ce réseau après le passage du cyclone Chido à Mayotte pour fournir des communications aux services d'urgence. Ce projet à plus de 13 Mad€ avait déjà souffert de retard au lancement à cause des exigences de l'Allemagne pour son financement et les retombés industrielles. Or, l'Allemagne a depuis annoncé son propre programme, à orientation militaire, très semblable à IRIS², qui sera financé lui à hauteur de 35 Mad€. Dans ce programme, les industriels allemands OHB, Airbus et Rheinmetall profiteront largement des financements de la Bundeswehr mais ils s'allieront aussi avec des industriels américains pour développer certaines technologies… Le programme rentrera aussi directement en conflit avec IRIS² notamment sur les bandes de fréquence, enjeu stratégique pour un système de communication, que devront donc se partager ces deux systèmes. C'est une énième trahison à la souveraineté européenne et un risque pour toute l'Europe. Les industriels français risquent de pâtir de ce projet concurrent. La France a joué le jeu en mettant dans la balance son industrie, son financement, ses compétences, l'Allemagne préfère la jouer solo au détriment de tous. Cela nous ramène aux scandaleux accords du sommet de l'Europe spatiale de Séville de novembre 2023 qui ont entériné la concurrence européenne dans les lanceurs spatiaux, machines hautement stratégiques pour l'accès à l'Espace, sous pression notamment de l'Allemagne. Le rêve de coopération avec Ariane public a laissé la place à une compétition intra-européenne à l'heure même où les lanceurs privés américains risquent d'écraser le marché, avec SpaceX d'Elon Musk en tête.

Avec des alliés pareils, les beaux mots de la "coopération spatiale" se sont transformés en piège mortel pour la souveraineté et l'industrie de pointe française. On peut alors déplorer que dans les annonces du président Macron du mois de novembre, le seul plan semble être les coopérations en Europe et la concurrence, sans vision industrielle ni stratégique. Encore une fois, l'industrie, les emplois et la compétence française paieront les pots cassés de l'absence de stratégie et de planification du gouvernement.

Paris, le 27 mars 2026

dimanche 29 mars 2026

Voici ce que procure une politique intelligente de non alignement !!!!

Voici ce que procure une politique intelligente de non alignement !!!! Seulement Macron tombe dans tous les pièges et nous entraîne avec lui dans sa chute. Bravo monsieur le premier ministre espagnol d’avoir la lucidité des honnêtes gens. On en rêvait et vous, vous faites la politique que notre pays mériterait aussi. Quelle désolation pour les français
 

Tous à l’action pour la défense de Cuba !

La révolution cubaine fait face à une menace mortelle. Trump et l’impérialisme étatsunien, sous la pression du secteur ultra-conservateur de Miami représenté par le secrétaire d’État Marco Rubio, ont affiché comme objectif politique d’en finir avec ce défi que le peuple cubain lui lance depuis la victoire de la révolution de 1959. Soixante-quatre ans après l’instauration du blocus illégal contre Cuba par les États-Unis, ceux-ci ont échoué à faire plier la volonté du peuple cubain de vivre en pleine souveraineté et de choisir son propre destin. Mais les risques d’une intervention militaire étatsunienne, quelle que soit la forme qu’elle pourrait revêtir, n’est plus une hypothèse : c’est une probabilité. Surtout dans le contexte des difficultés de la Maison-Blanche au Proche-Orient et dans le contexte de la préparation des élections de mi-mandat.

Lors de la mission que le PCF a menée à Cuba dans le cadre du convoi international de solidarité, nous avons mené plusieurs entretiens avec la direction du Parti communiste cubain, de l’ICAP (Institut cubain d’amitié entre les peuples), de la CTC (Centrale des travailleurs cubains), avec la commission des Relations internationales de l’Assemblée nationale du pouvoir populaire, avec l’association cubaine de l’ONU et avec l’ambassadrice de l’Unesco à Cuba. Nous avons également eu une rencontre avec l’ambassadeur de France à Cuba.

Tous ont souligné trois éléments très importants :

  • Premièrement, l’extrême gravité de la situation. Ce n’est plus seulement le blocus économique, commercial et financier tel qu’il est imposé par les USA depuis des décennies. C’est une autre étape. C’est un blocus total, qui frappe au cœur l’alimentation énergétique de l’île et même les circuits de la nourriture. Les coupures électriques totales se multiplient (deux en une semaine la semaine dernière, qui ont chacune duré deux jours). L’essence n’existe quasiment plus. Depuis l’instauration du blocus sur les hydrocarbures, l’île ne reçoit plus une seule goutte de pétrole. Le pétrole cubain domestique et la production photovoltaïque, sur laquelle les autorités portent un effort particulier, ne couvrent que 40 % des besoins quotidiens. Cela a un impact concret. Les malades meurent dans les hôpitaux faute de soins qui ne peuvent pas être délivrés à temps. La lassitude et la fatigue se répand dans la population. La représentation étatsunienne souffle sur les braises pour encourager des opérations de déstabilisation et fait pression sur un certain nombre d’ambassades occidentales pour lui emboîter le pas.
  • Deuxièmement, la volonté de résistance, de ne pas plier, de ne pas se rendre, a été fortement affirmée. L’idée du « peuple en armes », au cœur de la théorie et de la doctrine révolutionnaire cubaine, demeure bien vivante. Y compris par l’organisation d’entrainements militaires sur les lieux de travail. Les réformes engagées depuis la réforme constitutionnelle de 2019 lancent un processus de décentralisation afin de donner aux régions davantage de pouvoirs d’initiatives politiques et économiques, notamment pour faciliter la construction de coopérations décentralisées. La volonté de ne pas se laisser dicter ses choix par les États-Unis demeure très forte. Restent présents à Cuba dans les héritages de Jose Marti, père du mouvement national cubain, d’Antonio Guiteras, qui dans les années 1930 dirigea un premier mouvement révolutionnaire mêlant exigence d’indépendance nationale et perspective socialiste, inspiré par Jaurès et le Sinn Féin. Ce sont les précurseurs du mouvement révolutionnaire dirigé par Fidel Castro.
  • Troisièmement, alors que la révolution cubaine et le peuple cubain sont en danger, l’action de la France est attendue. La direction du Parti communiste cubain dit que la position de la France est, avec celle de l’Espagne, une des plus propres envers Cuba de toutes les diplomaties de l’UE. Mais cela suscite des attentes fortes, pour une action indépendante de la France pour Cuba et l’application du droit international. La France, pays de la Révolution et de la Résistance, pays qui a su dire « non » aux États-Unis à plusieurs reprises de son histoire, doit agir en faisant honneur à cette tradition révolutionnaire que les Cubains connaissent si bien et dont ils se sont inspirés. Nous avons porté cette exigence à l’ambassade de France, où nous avons également discuté des pistes de renforcement de la coopération économique et culturelle, notamment dans le cadre des coopérations décentralisées.

Les leçons politiques de la mission à Cuba sont simples et exigeantes : élargir et renforcer la solidarité politique avec Cuba, avec les communistes cubains, pour sauver le peuple cubain d’une possible régression de 70 ans. Les prochaines initiatives, à commencer par la mobilisation des 10 et 11 avril, et par la poursuite et l’élargissement des coopérations, sont déterminantes.

Viva Cuba !

Vincent Boulet
responsable du secteur international du PCF

 

samedi 28 mars 2026

Safari pêche du PCF


 Bonjour, comme chaque année la section PCF du Grésivaudan organise son traditionnel safari pêche. cette année il se déroulera à l'Etang du Maupas à Le Cheylas. Venez nombreuses et nombreux profiter de ce bel endroit et partager un moment convivial.

Vernissage le 3 avril à 17h30


 

vendredi 27 mars 2026

"C'est une honte" : Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, dénonce le rejet du projet de reprise des ex-Vencorex


 La secrétaire générale de la CGT est en Isère, ce 26 mars, au lendemain de la décision du tribunal de commerce de rejeter le projet de reprise de l'ancien site de Vencorex, au Pont-de-Claix. Une "honte" selon elle, et le "symbole de la casse organisée de notre industrie". Elle est notre invitée.

Sophie Binet est en Isère ce jeudi, pour les "Assises nationales du Made In France" organisées toute la journée au Pont-de-Claix. Le lieu n'a pas été choisi au hasard, on est juste à côté du site de Vencorex qui a fermé il y a un an. Le projet de reprise, nommé Exalia et porté par les ex-salariés, a été rejeté par la justice la veille. "C'est une honte, c'est le symbole de la casse organisée de notre industrie, Vencorex c'est 450 emplois directs, plus de 5000 emplois indirects, depuis sa fermeture les plans de licenciement s'enchaînent sur la plateforme chimique notamment, les salariés ont réussi à déplacer des montagnes et à réunir autour de leurs projets des élus, des entrepreneurs, la BPI qui pour une fois avait sorti le carnet de chèques, et le tribunal de commerce privilégie des liquidateurs plutôt qu'un projet industriel solide" s'insurge Sophie Binet, invitée d'ICI Isère ce jeudi.

"Ça n'est plus possible de confier les clés de notre industrie à des copains et des coquins qui décident entre eux"

D'après Sophie Binet, "il a fallu se battre d'abord pour récupérer" l'ordonnance du tribunal de commerce de Lyon, qui motive son jugement. "Ce que nous demandons aujourd'hui, c'est la mise en place d'une commission d'enquête pour faire toute la lumière sur ce scandale national et sur le fonctionnement des tribunaux de commerce. L'opacité, l'entre-soi patronale, c'est plus possible, ça n'est plus possible de confier les clés de notre industrie à des copains et des coquins qui décident entre eux, avec des critères totalement aléatoires, de l'avenir de nos usines".

Ce jeudi, le ministre sera présent dans l'après-midi, "nous allons l'interpeller, l'histoire n'est pas finie" prévient la secrétaire générale de la CGT. "Le procureur peut faire appel de la décision du tribunal de commerce, il faut le faire. Et la deuxième chose, c'est que le ministre doit mettre en place une nationalisation temporaire, il suffit de quelques jours, un projet de reprise existe, il s'appelle Exalia, avec une nationalisation temporaire, ça permettrait au projet de reprise de pouvoir voir le jour" martèle-t-elle.

Carburant : bloquer les prix et augmenter les salaires


 Les prix des carburants repartent à la hausse. À la pompe comme sur les factures d’énergie, l’addition va être de plus en plus salée, mais nos salaires, eux, n’augmentent pas !

Pour beaucoup de salarié·es, la voiture est indispensable pour aller travailler, faire les courses, accompagner les enfants

Quand le prix du carburant augmente, ce n’est pas un détail : c’est une part de plus en plus importante du salaire qui disparaît et qui va dans la poche des grands groupes. Dans le même temps, loyers, alimentation, dépenses du quotidien… tout augmente sauf nos salaires !

Les profits explosent, les salaires restent bloqués

Les grandes compagnies pétrolières ont réalisé des profits records ces dernières années. Le prix payé à la pompe n’a plus grand-chose à voir avec le coût réel de production – bien inférieur. Une partie importante de ce que nous payons sert à alimenter la spéculation, donc des profits supplémentaires. 

Des milliards d’euros ont été versés aux actionnaires pendant que les salarié·es doivent compter chaque euro pour finir le mois.

Une urgence : augmenter les salaires

Les aides ponctuelles ne suffisent pas car le vrai problème, c’est le niveau des salaires qui sont trop faibles dans le public comme dans le privé.

Quand les prix augmentent, les salaires doivent suivre, sinon le niveau de vie recule. La CGT revendique l’augmentation du Smic et de tous les salaires ainsi que l’indexation de l’ensemble des salaires sur l’inflation : dans les 1970 le choc pétrolier avait été moins violent parce qu’il y avait justement l’échelle mobile des salaires à l’époque. 

Indexer les salaires sur les prix c’est garantir le maintien du niveau de vie et éviter le tassement des salaires, qui se font trop souvent rattraper par le Smic.

C’est aussi permettre que les NAO retrouvent leur fonction d’augmenter réellement les salaires et le niveau de vie. Dans les entreprises et les services, la CGT revendique à chaque fois des augmentations générales de salaire, c’est-à-dire des augmentations pérennes pour toutes et tous.

Augmenter les salaires, c’est la condition pour que chacun·e puisse faire face aux dépenses indispensables, y compris celles liées à l’énergie. Le travail doit permettre de vivre dignement et de subvenir à ses besoins.

Encadrer les prix de l'énergie

Laisser les prix de l’énergie dépendre uniquement des marchés est trop dangereux. L’énergie est un bien essentiel et elle ne peut pas être traitée comme une marchandise comme les autres, car ce sont les salarié·es qui supportent le coût des hausses.

L’État doit intervenir pour empêcher la spéculation et protéger la population. Il est tout à fait possible par la loi d’encadrer les prix des carburants, de taxer les profits exceptionnels des grands groupes et d’utiliser cet argent pour financer des mesures utiles.

Une autre répartition des richesses

La hausse des prix de l’énergie montre une chose : il y a de l’argent, mais il n’est pas au bon endroit.

Pendant que certains groupes accumulent des profits gigantesques, des millions de travailleur·ses ont du mal à vivre de leur salaire.

La question n’est pas seulement économique, c’est une question de choix politique et de justice sociale.
L’argent doit aller aux salaires, aux services publics, aux transports collectifs, à la transition énergétique… pas aux dividendes.

La CGT revendique :

  • des augmentations générales de salaires ;
  • l’encadrement des prix de l’énergie ;
  • une fiscalité plus juste ;
  • la fin des superprofits ;
  • des investissements publics pour réduire les dépenses contraintes.

Ce n’est pas aux travailleurs·ses de payer la spéculation.

jeudi 26 mars 2026

les EXTRÊMES n’ont PAS TRIOMPHÉ


 Voilà un document émanant du Ministère de l’Intérieur qui remet les pendules à l’heure : les EXTRÊMES n’ont PAS TRIOMPHÉ dimanche

le projet Exalia, porté par les ex-Vencorex, rejeté par la justice

Isère : le projet Exalia, porté par les ex-Vencorex, rejeté par la justice

 

Parti communiste de l'Isère



 

mercredi 25 mars 2026

50 ans de la Journée de la Terre : manifestation pour le peuple palestinien le 28 mars

La célébration annuelle de la Journée de la terre, destinée à dénoncer la spoliation par les autorités israéliennes des terres palestiniennes, commémore aussi le massacre de six Palestiniens protestant contre des réquisitions le 30 mars 1976 par les garde-frontières israéliens. Dans l’élan de la grève du 30 mars 1976, qui eut lieu tant dans les territoires occupés qu’en Israël et dans les camps de réfugiés palestiniens, fut créée la coalition Hadash, sous l’impulsion de nos camarades communistes israéliens.

50 ans plus tard, les droits nationaux du peuple palestinien et le droit international sont toujours systématiquement bafoués par le gouvernement israélien. La situation à Gaza, qui a souffert du génocide, reste totalement dramatique, dans le silence médiatique le plus complet. Les exactions, arrestations, assassinats commis par les colons israéliens se poursuivent quotidiennement en Cisjordanie. Benjamin Netanyahou lance une nouvelle offensive contre le Liban, pire que celle de 2023-2024. Avec les Etats-Unis, ils mettent à feu et à sang la région entière.

Il n’y aura pas de paix juste et durable sans application des droits nationaux du peuple palestinien, ni du droit international.

Il n’y aura pas de paix juste et durable sans réunification des territoires palestiniens de Cisjordanie, Gaza et Jerusalem-Est sous l’égide de l’OLP, seule représente internationale du peuple palestinien.

Le PCF réaffirme sa solidarité avec l’OLP et les communistes palestiniens, avec le mouvement de la paix et les communistes israéliens, avec les communistes libanais.

Il porte l’exigence d’un cessez-le-feu et d’un retrait de l’armée israélienne de la totalité du territoire libanais.

Le PCF exige que la France agisse concrètement pour :

- instituer dans les faits l’Etat de Palestine, sur la base des frontières de 1967, en application de sa reconnaissance, comme étape pour la fin de la colonisation et de l’occupation des territoires palestiniens par l’armée israélienne, et l’application du droit au retour tel qu’il est prévu par l’ONU.

- mettre fin au blocus de Gaza, et permettre l’acheminement de l’aide humanitaire d’urgence

- mettre fin à la guerre qui écrase et ravage le Liban et le peuple libanais, et faire respecter, en application des résolutions de l’ONU, la souveraineté et l’intégrité territoriale du Liban

- Faire libérer les prisonniers politiques palestiniens dont Marwan Barghouti

- Faire cesser la livraison d’armes et de matériel militaire à l’Etat d’Israël

- Prendre des sanctions économiques envers l’Etat d’Israël tant qu’il ne respecte pas le droit international et agisse pour que l’UE suspende l’accord d’association avec l’Etat d’Israël

- Respecte et fasse respecter les décisions de la justice internationale tant à l’égard du gouvernement israélien que du Hamas.

Le PCF appelle à manifester sur ces bases à Paris, place de la Bastille, samedi 28 mars à 14 h.

Paris, le 24 mars 2026

 

mardi 24 mars 2026

Résultat des municipales : amplifions la mobilisation sociale et politique pour répondre aux attentes du peuple


 Ces élections sont avant tout marquées par une abstention massive qui persiste à plus de 40 %. Cette abstention doit être entendue comme une alerte très sérieuse pour notre démocratie.

Par leurs votes lors de ce second tour, les électrices et électeurs ont exprimé à la fois de la colère et une volonté de changement. Une des figures de la coalition présidentielle, François Bayrou, est battue à Pau.

A gauche, notre parti remporte de nombreuses villes lors de ce second tour.

La victoire à Nîmes représente un succès majeur qui montre la capacité de rassemblement de nos candidats et candidates. Nous réalisons d’autres conquêtes, notamment à Héricourt (70), Béthoncourt (25) et Gond-Pontrouve (16) après celles du premier tour à Vizille (38), Dechy (59), Nangis et Varennes-sur-Seine (77).

Nos listes démontrent une nouvelle fois l’atout que représentent les communistes pour la gauche, fidèles à notre histoire de résistance et de conquêtes sociales et démocratiques. Des centaines de maires communistes et apparentés sont réélu.es lors de ce second tour, dont 14 maires de villes de plus de 10 000 habitant.es (Martigues, Échirolles, Châlette-sur-Loing, Cabestany, Malakoff, Nanterre, Bobigny, Noisy-le-Sec, Sevran, Stains, Gentilly, Ivry-sur-Seine, Villejuif, Vitry-sur-Seine) ainsi que des centaines d’élu·es communistes dans les majorités de gauche qui l’emportent ce soir.

Nous saluons les milliers d’élu·es communistes à l’issue de ces élections ainsi que les maires communistes battus dont l’engagement a été total pour leur ville et les habitantes et habitants.

La droite conforte son ancrage local, c’est une mauvaise nouvelle pour des millions de nos concitoyennes et concitoyens, menacés par de nouveaux reculs des services publics locaux et des politiques sociales de proximité, pour le droit au logement, pour les associations et pour la solidarité locale.

Alors que l’extrême droite réalise une nouvelle percée dans le Pas-de-Calais et le Sud de la France, le PCF appelle à mesurer l’impasse que constitue sa politique et à résister à son projet raciste et xénophobe. L’heure est à démasquer son imposture sociale et son programme de combat contre les travailleurs et travailleuses du pays. Nous nous félicitons de l’échec de ses tentatives de conquête dans plusieurs grandes villes, notamment à Marseille, Nimes et à Toulon.

Les unions ou rapprochements entre la droite et l’extrême droite, au premier comme au second tour, représentent une grave menace pour notre pays. Elles témoignent qu’une partie de la droite se trouve aujourd’hui sous l’influence de l’extrême droite.

La gauche obtient des résultats contrastés. Si elle résiste dans les plus grandes villes, à commencer par Paris, Marseille et Lyon, elle recule dans les villes moyennes et dans les départements ruraux. Les conditions du débat à gauche dans l’entre-deux tours n’ont pas aidé aux dynamiques politiques nécessaires. La gauche doit entendre le message exprimé dans les urnes.

Le PCF appelle à poursuivre l’échange avec nos concitoyennes et concitoyens, à l’intervention populaire, à l’action des travailleuses et des travailleurs, pour résister aux forces réactionnaires et d’extrême droite afin de transformer la colère et l’espoir de changement en victoires sociales et politiques. Dans les municipalités qu’elle dirige, la gauche devra être à l’offensive pour mener des politiques ambitieuses contribuant à répondre aux urgences sociales, écologiques et démocratique. L’heure est à unir notre classe sociale et à amplifier la mobilisation sociale et politique pour reconstruire des majorités partout où elles font défaut et répondre aux attentes du peuple.

Paris, le 22 mars 2026

Crolles 2026


 

lundi 23 mars 2026

La guerre est l’ennemie des travailleurs du monde entier


 Ce sont toujours les peuples qui paient le prix de la guerre, et la situation internationale actuelle ne fait pas exception : en France, les travailleurs entrevoient déjà les conséquences du conflit au Moyen-Orient sur leur vie quotidienne.

Le litre de SP95-E10, l’essence la plus consommée en France, a augmenté de 13 centimes en une semaine ; soit 5,2 euros pour le plein sur une Clio 4. Le gazole a lui augmenté de 30 centimes ; soit 12 euros en plus sur la même voiture.

Cette flambée des prix est une conséquence directe de l’escalade militaire au Moyen-Orient.

Les États-Unis et Israël ont bombardé l’Iran ; la guerre et les offensives militaires se poursuivent dans la région. Le blocage du détroit d’Ormuz, qui permet la traversée des navires pétroliers, a entraîné une flambée des cours du pétrole. Ce lundi, le prix du baril de pétrole s’est envolé de 30 % atteignant 120 dollars.

Les États-Unis, excédentaires en gaz naturel et en pétrole, n’achètent qu’une petite portion aux pays du golfe Persique. En revanche, les pays d’Europe et particulièrement d’Asie sont les premiers visés. 80 % du pétrole iranien est exporté vers la Chine. À l’image de l’agression du Venezuela, l’administration Trump mène une guerre par procuration contre la Chine.

Tenter, avec plus ou moins de réussite, de couper des chaînes d’approvisionnement chinoise et faire pression sur ses partenaires, ce sont des tactiques de l’administration Trump, comme celles de ses prédécesseurs. Bousculé par l’avènement d’un ordre international toujours plus multipolaire, les États-Unis exacerbent leur violence impérialiste.

Depuis Chypre, Emmanuel Macron préparait une mission « purement défensive » pour la réouverture du détroit d’Ormuz.

Emmanuel Macron ne peut pas, d’un côté, prétendre défendre les intérêts des Français et, de l’autre, engager la France dans un soutien politique et militaire à l’agression israélo-américaine qui a précisément provoqué cette crise. La première mesure pour défendre les travailleuses et les travailleurs français serait de cesser d’être vassaux de Washington.

Nous refusons que la France s’engage dans une logique de guerre qui dessert les intérêts des peuples du monde entier !

Finie la servitude ! Pour le MJCF, il faut une France affranchie de la tutelle impérialiste, pour reconquérir une souveraineté et une pleine autonomie sur notre industrie et notre armée de défense.

Le MJCF réaffirme la nécessité de décisions du Parlement et non du seul Président de la République sur les relations internationales du pays. Le MJCF réaffirme son opposition à tout enlisement de la France dans une guerre.

Enfin, le MJCF demande un blocage des prix de l’essence : nous refusons de payer le prix de l’escalade militaire !

11 mars 2026

Article publié dans CommunisteS, numéro 1078 du 18 mars 2026.

dimanche 22 mars 2026

La France doit immédiatement agir pour le Liban !


Depuis deux semaines, le gouvernement d’extrême droite israélien bombarde et occupe une nouvelle fois le territoire libanais. Il y commet des crimes de guerre en série. On recense déjà des centaines de morts, des centaines de milliers de déplacés sur une population totale de cinq millions d’habitants, l’évacuation d’un dixième du pays. Human Rights Watch accuse même les forces d’occupation israéliennes d’avoir utilisé illégalement des obus contenant du phosphore blanc lors d’attaques dans des zones résidentielles du sud du Liban. Et voilà, à présent, que l’armée israélienne vient d’annoncer des opérations terrestres de très grande envergure au Sud-Liban.

Ce déchaînement de violences contre des populations civiles est inadmissible et représente une énième violation du droit international. Les provocations du Hezbollah ne le justifient en rien. Et la complaisance de la communauté internationale devant cet engrenage guerrier et criminel n’est plus supportable, alors que Monsieur Netanyahou se trouve déjà sous mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale.

Les déclarations de bonnes intentions et les condamnations verbales ne suffisent plus.

Le Parti communiste français appelle à un engagement concret et urgent de la France :

  • Pour un cessez-le-feu immédiat et le retrait des forces israéliennes du Liban.
  • Pour faire appliquer la résolution 1701 de l’ONU permettant à la FINUL de se déployer entre le fleuve Litani et la frontière, en coordination avec les autorités libanaises. Les capacités de la FINUL doivent être renforcées et la France doit y prendre sa part. Seule la force internationale de l’ONU et l’armée libanaise ont le droit d’être déployées dans cette zone.
  • Pour le respect de la pleine souveraineté et de l’intégrité territoriale du Liban.
  • Pour permettre le retour des réfugiés

Le PCF réaffirme son soutien et sa solidarité pour les forces progressistes et communistes au Liban qui luttent contre la corruption et le système confessionnel, et combattent pour faire respecter la pleine indépendance du pays.

Vincent Boulet
Responsable des relations internationales

Article publié dans CommunisteS, numéro 1078 du 18 mars 2026. 

samedi 21 mars 2026

Municipales 2026, mobilisation pour le second tour


 

Premier tour : l’abstention s’aggrave, la droite gagne, le PCF est présent, le RN progresse en dessous de ses objectifs, Reconquête rate en dehors de Paris, LFI perce dans quelques Métropoles et ne réussit pas au-delà, et le PS et les Écologistes sont en difficulté, notamment dans les Métropoles.

Ces lignes directrices de lecture des municipales sont celles du premier tour, et le second tour au vu des incertitudes énormes sur les grandes villes, des écarts faibles et de l’absence de vagues d’aucune force, donnera peut-être une autre lecture. Il n’y a qu’une partie des enseignements de ces élections. Restons prudents et humbles, concentrés sur l’élection de nos candidats et de tous ceux que nous soutenons d’ici dimanche pour confirmer notre résistance et infirmer la progression de la droite et de l’extrême droite. L’analyse réelle, fine, se fera plus tard après le second tour qui réservera aussi des éléments d’appréciations, et les résultats auront définitivement parlés ce dimanche soir. Nous prendrons le temps ensuite, y compris sur chaque territoire, de faire une véritable analyse ; mais vu le battage médiatique il est important de mesurer que les droites sont très présentes à ces municipales.

La droite progresse 

Aux législatives de 2024 nous avions un rapport de force très favorable à la droite et à l’extrême droite ; on reste lors de ces municipales dans un rapport de force comparable mais plus favorable aux droites, LR en tête et Renaissance, même si le RN et l’UDR gagnent des villes.
Le vote de dimanche confirme un rapport de force politique défavorable à la gauche en dehors de quelques très grandes Métropoles. Les résultats sont favorable à la droite qui progresse fortement, y compris dans quelques Métropoles (Bordeaux, Besançon, Nantes, Brest…) mais surtout dans tous les départements sur les villes moyennes, y compris autour de Toulouse, de Lyon, de Clermont. La droite gagne ou va gagner des villes entre 10 000 habitants et 100 000. Sur les grandes Métropoles il faut attendre le second tour, mais comme je le souhaite, si la droite échoue dans nos grandes villes ce sont des résultats qui masqueront potentiellement une réalité sur l’implantation de la droite dans le pays.

Plus de 90 % des communes ont élu leur maires au premier tour et nous assistons en dehors des Métropoles a une poussée de la droite LR ou des partis macronistes qui pourraient y compris se voir à nouveau le 22 mars, même si nous allons tout faire pour l’empêcher. Dans les communes de moins de 1 000 habitants, si la constitution de liste a permis une avancée considérable avec plus de maires et d’élues femmes, nous avons un phénomène important de liste divers centre qui se sont imposées, et la fin du panachage a posé des difficultés aux personnalités de gauche qui sur leur nom gagnaient l’élection.

Le PCF n’a pas disparu mais la sphère médiatique ne le voit pas

Je souhaite avant toute chose saluer les militants et militantes communistes, les milliers de candidats et candidates qui ont conduit nos listes ou qui étaient présents dans des listes de rassemblement. Ceux qui ont été élus ou battus ou qui sont en campagne pour le second tour.

Dans un contexte de multiplication des listes de gauche ou de droite, bien au-delà des grands partis implantés dans les territoires, le PCF restera la 3e force politique des communes derrière LR et le PS. Le silence des médias sur cette réalité s’est confirmé le 15 mars.

La réalité c’est l’élection de près de 200 maires communistes, soit beaucoup beaucoup plus que le RN qui en annonce 25 ou même des Écolos, et très très au-dessus des maires LFI.
Avec des difficultés dans les villes de moins de 1 000 habitants où dans une centaine de petites communes, des camarades n’ont pas souhaité se représenter. Avec des relèves difficiles ou des défaites, nous restons un parti implanté sur tout le territoire, aussi bien au niveau départemental qu’à l’échelle des grandes villes et petits villages. C’est plus de 6 millions d’habitants de notre pays qui ont pu voter pour un candidat communistes. Près de 600 000 voix, malgré le fait de n’avoir que 4 têtes de listes dans les plus grandes villes : Le Havre, Nîmes, Montreuil et Vitré. C’est un bon résultat, avec une moyenne de notre score autour de 20 % sur des centaines de villes pas facile comme Versailles. Sur les villes de plus de 3 500 habitants nous résistons, comme dans les communes autour de 10 000 habitants, avec la perte de 5 villes et 5 conquêtes, même si tout est à relativiser avec beaucoup de communes au second tour. Nous perdons La Courneuve, le changement de maire comme les divisions à gauche nous font perdre la ville ; à Vierzon le RN pourrait remporter le second tour avec le maintien de la liste Modem, et il y a à Nîmes une mobilisation importante pour que le PCF, face au RN, gagne la plus grande ville LR de 2020.

Je veux souligner deux évènements invisibilisés par les médias : celui de l’élection dès le premier tour de Fabien Roussel qui fait reculer le RN, et de Patrice Bessac, seul maire sortant de gauche réélu au premier tour des villes de plus de 100 000 habitants et qui résiste aux fracturations à gauche décidée par LFI.

Le RN réalise des percées mais doit confirmer son implantation

L’extrême droite aura progressé à ces élections mais en dessous de ses objectifs affichés. Elle est au-dessus de 10 % dans beaucoup de villes de plus de 10 000 habitants ; elle regagne ses villes dont Perpignan et arrive en tête à Nice, Toulon et plusieurs villes moyennes. L’enjeu sur Marseille, que nous avions souligné en appelant à l’union dès le premier tour, est de faire battre le RN, car cette victoire serait un gain politique majeur, plus que Toulon déjà gagné par le RN ou Nice au travers de Ciotti, Leurs victoires possibles ou leur présence au second tour soulignent une progression dans de nombreux départements. Ils vont échouer à gagner à Martigues, ils ont échoué à Avion, mais ils progressent et gagnent des villes moyennes, même si ce n’est pas les résultats qu'ils escomptaient. Nous devrons analyser ces résultats et regarder là où nous les empêchons de gagner, notamment face à des maires communistes et pas seulement Fabien Roussel, mais beaucoup d’autres. Dans le Nord où nous maintenons la grande majorité de nos communes, nous espérons aucune commune RN après ce second tour.

L’union des droites avance mais reste minoritaire. En Moselle des rassemblements républicains vont affronter le RN au second tour, la candidate de droite à Marseille se maintient. Malgré les appels du pied de Retailleau et de Bardella, les collusions restent minoritaires mais existent et ouvrent de plus en plus la porte à cette union des droites.

PS et Écologistes en difficulté dans les grandes villes

C’est au niveau des Métropoles et du second tour que la réalité de ces élections municipales sera analysée par le PS et les Écologistes. Pour les écolos, car c’est la vague verte de 2020 qui se joue dans les villes de Lyon, Bordeaux, Besançon, Strasbourg, Grenoble, Tours, s’ils peuvent les conserver beaucoup sont menacées et les résultats de dimanche dans ces villes vont déterminer le bilan de ces élections pour les Écologistes. Ailleurs, comme le PS et nous avec beaucoup moins de villes, ils sont en difficulté comme à Annecy face à la montée de la droite.
Le PS est en partie dans la même situation avec l’attente des résultats sur Paris, Marseille, Nantes, Clermont et d’autres grandes villes où il est en difficulté face à la droite, comme dans de nombreuses villes, ce qui explique sa fusion avec LFI dans quelques Métropoles. Au-delà de ces Métropoles dans les villes moyennes ou plus petites, il fait face comme nous à la montée de la droite.

LFI : des percées importantes pas uniformes

Les scores importants de LFI à Saint-Denis, Roubaix, Toulouse, Lille ou Rennes marquent ces élections avec une implantation de LFI dans des grandes villes qui constitue un marqueur du premier tour. Et la fusion faite par le PS et LFI à Toulouse en faveur de LFI a ouvert en dehors des déclarations d’Olivier Faure et de Jean-Luc Mélenchon des fusions dans 5 autres villes. Ce débat fut celui de quelques Métropoles, mais la moyenne des scores autour de 11 % dans d’autres grandes villes ou en dessous de 10 ou 5 % dans les villes moyennes ou plus petites ne permettra pas, à la différence du RN, que cette implantation de LFI déborde les grandes Métropoles. Là aussi les résultats de dimanche seront des marqueurs des analyses à venir. LFI aura refusé les unions de premier tour et de fait créé des situations de difficulté pour de nombreuses mairies de gauche sortantes, et ensuite se sera présentée pour sauver ces majorités. Ce choix sera jugé au vu des résultats, car les fragilités du premier tour peuvent ne pas être rattrapées au second ; et l’objectif de prendre des mairies à la gauche est réussi à Saint-Denis au PS, et à La Courneuve au PCF ; mais 2 échouent ailleurs. Le maintien des candidats LFI malgré le fait qu’ils soient arrivés deuxième à Vitry et à Vénissieux montre que ce choix de s’implanter dans les communes de gauche est toujours le leur, comme dans leur détermination à faire perdre la gauche à Paris.

Une abstention qui s’accentue

57 % de participation, parfois 40 % de moyenne dans les départements avec de petites communes. 2026 confirme la crise politique et une prise de distance de nos concitoyens. Au-delà des rapports de force politique et des résultats définitifs, c’est la vraie question posée au Parti communiste quand on voit qui sont les abstentionnistes.

La non-médiatisation, les guerres, le non-débat sur le projet, la méfiance, voire le rejet de la politique, la colère, le sentiment que cela ne sert à rien doivent nous alerter ; mais plus encore peut être au travers des débats qui ont marqué sur la violence et/ou l'antisémitisme, les positionnements à gauche, on a un électorat moins mobilisé que la droite. Et nous avons peut-être le même phénomène sur le non-engagement comme tête de liste de personnalités de gauche qui a nous comme au Parti socialiste va conduire à la perte de mairies.

Les jeunes largement en retrait des urnes

Selon le sondage Ipsos-BVA, chez les 18-24 ans plus d’un électeur sur deux s’est abstenu (56 %). La participation chute encore chez les 25-34 ans, où 60 % des inscrits ne sont pas allés voter, ce qui constitue le niveau d’abstention le plus élevé. À l’inverse, la participation augmente nettement avec l’âge. Elle atteint 64 % chez les 60-69 ans, et culmine chez les 70 ans et plus, dont 74 % se sont rendus aux urnes.

Des écarts marqués selon la situation sociale et politique la droite plus mobilisée

Les ouvriers les plus abstentionnistes : 55 % d’entre eux ne se sont pas déplacés. Les employés sont également très partagés, avec autant de votants que d’abstentionnistes. Les chômeurs ont aussi un taux d’abstention élevé, atteignant 55 %.

Des différences selon les préférences politiques

L’étude met aussi en évidence des écarts selon les orientations politiques. Parmi les électeurs ayant voté pour Jean-Luc Mélenchon lors du premier tour de la présidentielle de 2022, 44 % se sont abstenus lors de ce premier tour des municipales. À l’inverse, les électeurs de Valérie Pécresse en 2022 apparaissent parmi les plus mobilisés, avec 71 % de votants. Au sein de l’ensemble de la gauche (PS, LFI, écologistes), l’abstention atteint 43 %, contre 30 % parmi les sympathisants du bloc central (Renaissance, MoDem, Horizons).

Méthodologie : Ces données proviennent d’une étude sociologique sur l’abstention au premier tour des municipales du 15 mars 2026, réalisée par Ipsos-BVA

La clef du second tour et au-delà de dimanche dans les mois ou années qui viennent, pour le PCF comme pour toute la gauche, est à mon sens dans le travail en direction de ces abstentionnistes, notamment pour les salariés ouvriers, employés, qui attendent un positionnement politique qui corresponde à leurs attentes.

28 maires élu·es au 1er tour

Mairie communiste ou apparentée

Population

Maire ou tête de liste de file PCF

Montreuil

110 758

Patrice Bessac

Fontenay-sous-Bois

52 646

Jean-Philippe Gautrais

Gennevilliers

50 874

Patrice Leclerc

Bagneux

43 647

Hélène Cillières

Tremblay-en-France

38 210

Virginie De Carvahlo

Saint-Martin-d'Hères

38 022

David Queiros

Saint-Étienne-du-Rouvray

28 653

Joachim Moyse

Dieppe

28 599

Nicolas Langlois

Grigny

26 500

Philippe Rio

Mitry-Mory

20 393

Charlotte Blandiot-Faride

Chevilly-Larue

19 826

Stéphanie Daumin

Bonneuil-sur-Marne

18 270

Denis Öztorun

Limay

17 885

Djamel Nedjar

Avion

17 435

Jean Létoquart

Saran

17 316

Mathieu Gallois

Saint-Amand-les-Eaux

15 974

Fabien Roussel

Port-de-Bouc

15 802

Laurent Belsola

Montataire

14 257

Jean Pierre Bosino

Tergnier

13 045

Aurélien Gall

Tarnos

12 957

Marc Mabillet

Oissel

12 317

Stéphane Barré

Raismes

12 199

Aymeric Robin

Septèmes-les-Vallons

11 995

André Molino

Méricourt

11 619

Fabrice Planque

Ploufragan

11 507

Bruno Beuzit

Boulazac Isle Manoire

10 759

Fanny Castaignede

Allonnes

10 739

Gilles Leproust

Fosses

10 570

Jacqueline Haesinger


5 défaites au premier tour 

Mairie communiste ou apparentée

Population

Maire ou tête de liste de file PCF

Rive-de-Gier

15 242

Vincent Bony

Fleury-Mérogis

13 721

Olivier Corzani

Pierrelaye

10 130

Claude Cauet

Villerupt

10 102

Pierrick Spizak


21 ballotages

Mairie communiste ou apparentée

Population

Nanterre

98 119

Vitry-sur-Seine

95 282

Vénissieux

66 701

Ivry-sur-Seine

64 526

Villejuif

58 142

Bobigny

55 270

Sevran

51 640

Martigues

48 818

La Courneuve

47 086

Noisy-le-Sec

45 915

Stains

40 600

Échirolles

36 708

Malakoff

30 183

Champs-sur-Marne

26 661

Vierzon

25 254

Gentilly

19 963

Châlette-sur-Loing

12 677

Somain

11 766

Cabestany

10 465

Lillers

10 193

Douchy-les-Mines

10 109