mardi 10 février 2026

En pleine campagne des municipales, Jean-Luc Mélenchon fait une « offre fédérative » aux communistes pour la présidentielle et les législatives

Le dirigeant insoumis a proposé samedi 7 février au PCF un accord englobant présidentielle et législatives sur la base d’un programme, au moment où son mouvement présente des listes contre les maires sortants communistes.

Le fondateur de La France insoumise (LFI) tente de sortir de son isolement à gauche. Lors du rassemblement de soutien à Yassin Zeghli, candidat à la mairie d’Argenteuil (Val-d’Oise), Jean-Luc Mélenchon a adressé une « offre fédérative » aux communistes, proposant une union aux élections présidentielle et législatives pour 2027, « parce que les deux iront ensemble ». Dans cette ville, les communistes locaux ont décidé, sans l’accord de leur fédération départementale, de participer à une liste avec les insoumis.

S’adressant directement à Stéphane Peu, chef de file des députés PCF, présent dans la salle, Jean-Luc Mélenchon a proposé un « conseil du programme », pour mettre en commun les propositions. Il met également sur la table la création d’un « conseil politique de campagne », afin de décider comment la mener.

Et entend préparer les législatives « pour avoir sur le terrain des députés loyaux »« Si on gagne, on gouverne ensemble, si on perd, on s’oppose ensemble », prévient celui qui ne semble plus être prêt à un accord avec toutes les forces de gauche aux législatives, comme en 2022 et en 2024. Il menace les socialistes qui n’ont pas voté les motions de censure contre le gouvernement Lecornu et prévient l’ensemble des forces de gauche : « Nous ne sommes pas du tout disposés à recommencer les amnisties générales du passé. »

« Chaque chose en son temps »

Le dirigeant assure que, « ce qu’il faut, c’est faire un accord avec des gens loyaux qui respectent leur parole ». À l’Assemblée nationale, insoumis et communistes, « dans 98 % des cas, nous avons voté ensemble », fait valoir Jean-Luc MélenchonSur les motions de censure, « nous avons tenu parole, nous les insoumis, les députés communistes (…) ont tenu parole » de s’opposer aux politiques macronistes, souligne-t-il.

Le 29 novembre 2024, lors d’une conférence au siège du Parti ouvrier indépendant, alors qu’il se préparait à une destitution d’Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon avait déjà fait une « offre fédérative » à la gauche et aux écologistes, avec une candidature commune « sur la base d’un programme ». À l’époque, prenant acte des critiques contre lui, il plaçait hors de cette proposition « la droite du PS » et les communistes. 

Cette fois-ci, les Verts sont écartés, ayant choisi de participer à une primaire pour 2027« Nous ne menaçons personne, mais nous disons que nous serons présents à l’élection présidentielle avec une candidature qui n’aura été l’objet d’aucune dispute », a prévenu samedi Jean-Luc Mélenchon.

Les communistes débattront de leur rôle et de leurs choix pour la présidentielle en congrès, en juillet, une fois les municipales passées. « Chaque chose en son temps. Notre préoccupation est de répondre aux attentes de nos concitoyens lors des municipales et d’être présents dans les luttes avec les salariés », réagit Pierre Lacaze.

« Jean-Luc Mélenchon fédérateur ? Personne n’y croit », ajoute le responsable aux élections du PCF, qui relève un problème de « timing » : il « présente des listes contre de nombreux maires communistes ou de gauche. C’est un grand écart impossible ».

 

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