La problématique du Cadmium n’est pas nouvelle… Déjà en 2011, puis 2019, l’ANSES alertait les pouvoirs publics sur les niveaux de contamination au cadmium et sur les effets sur les populations exposées. En 2021, Santé publique France publiait un état des lieux de l'exposition de la population française aux métaux lourds. En juin 2025, les unions régionales des médecins libéraux publiaient une lettre ouverte rappelant les dangers du cadmium, et surtout l’ampleur de la contamination.
Aujourd’hui, les conclusions du dernier rapport de l'ANSES de février 2026 sont sans ambiguïté et réaffirment les conclusions de 2011 et 2019 concernant ce métal lourd reconnu cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction. 48% de la population adulte présente des niveaux d’imprégnation supérieurs aux normes autorisées en dépassant le seuil de concentration critique de cadmium avec des effets catastrophiques sur la santé.
Or, à ce jour et malgré ces alertes, l’État français n’a rien fait malgré des promesses d'actions qui n'ont jamais vu le jour. Par conséquent, le gouvernement français doit immédiatement prendre des mesures concrètes pour réduire l’exposition de la population française au cadmium et mettre en place les préconisations de l'ANSES :
- Abaissement de la limite réglementaire de teneur en cadmium dans les engrais minéraux phosphatés ;
- Recours à des sources d’approvisionnement en roches phosphatées ou produits dérivés présentant de moindres concentrations en cadmium ;
- Mise en œuvre de procédés de décadmiation lors de la fabrication des engrais minéraux phosphatés permettant une réduction du cadmium à la source (avant sa dispersion dans l’environnement).
Le contrôle et la surveillance du cadmium doivent être assurés tout au long des chaînes de production, depuis les sources de contamination en amont, notamment l'usage d'engrais minéraux phosphatés et de fertilisants d'origine organique, jusqu'à la denrée consommée.
À ce titre les communistes défendent une transformation d'ampleur de notre modèle agricole. Il s'agit notamment de fonder la reproduction de la fertilité de la terre sur de la biomasse d'origine animale ou végétale, afin de sortir progressivement (mais nécessairement) de notre dépendance aux engrais azotés et minéraux. Une refonte de la Politique agricole commune demeure indispensable pour soutenir l'agroécologie, via des aides couplées dédiées et des compléments de prix versés sous condition aux producteurs. De telles pratiques se traduiraient notamment par la réintroduction d'activités d'élevage dans les régions céréalières au moyen d'une ambitieuse déspécialisation régionale des productions.
De telles mesures permettraient dans le même temps de lutter efficacement contre la dépendance des agriculteurs à l'égard des fournisseurs d'engrais. Il s'agit également d'un levier indispensable de sécurité alimentaire, afin d'éviter que des tensions géopolitiques et l'épuisement à venir des ressources en phosphates mettent en danger notre capacité à subvenir aux besoins alimentaires de la Nation.
Le Parti communiste français exige que le gouvernement prenne réellement conscience que la surexposition au cadmium est un enjeu majeur de santé publique qui se pense du champ à l'assiette ! Il est urgent d'agir.
Paris, le 8 avril 2026
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