mercredi 16 septembre 2026

La solidarité et le lien social, une ambition politique pour tisser la ville


 De gauche à droite, Vincent Bouget, Laurence Ruffin, Bally Bagayoko et Lucie Castets, en débat à l'Agora de la fête de l'Huma.

« La ville comme bouclier social ? Les nouveaux maires au défi du municipalisme. » C’était le thème d’un débat à la fête de l’Humanité avec Laurence Ruffin, maire de Grenoble, Vincent Bouget, maire communiste de Nîmes, Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis, et Lucie Castets, maire du 12e arrondissement de Paris.


« D’abord se taire. » Se taire pour écouter. Une pratique revendiquée par Vincent Bouget, maire communiste de Nîmes, à l’image de la campagne électorale qui a permis à la gauche nîmoise de l’emporter face au Rassemblement national et à la droite dans une élection qui n’avait rien d’acquise – cas unique en France dans une ville de 150 000 habitants.

Vincent Bouget participait au débat aux côtés de Laurence Ruffin, maire de Grenoble, de Lucie Castets, maire du XIIe arrondissement de Paris et de Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis. Quatre maires, élus dans des configurations différentes : une liste LFI PCF et citoyens face au maire sortant socialiste à Saint-Denis, une liste d’union de la gauche avec un « accord technique » de second de second tour à Grenoble où les élus LFI se sont constitués en groupe d’opposition, une liste d’union de la gauche sans LFI à Paris et une liste d’union à Nîmes à laquelle LFI avait refusé de participer.

À la fête de l’Humanité, Laurence Ruffin, maire de Grenoble, et Philippe Rio, président de la coopérative des élus communistes et citoyens ont été accueillis au stand de l’Isère du PCF, accompagnés de Vincent Bouget, maire de Nîmes.

Des formules différentes qui n’en débouchent pas moins aujourd’hui sur des ambitions similaires, à gauche. Laurence Ruffin note ainsi que « la ville est le bon endroit pour résister et protéger ». Des mesures concrètes ont déjà été prises. À Saint-Denis, Bally Bagayoko évoque la mutuelle communale, la gratuité des fournitures scolaires, ou le vélo offert aux élèves de troisième.« D’abord les gens, avant les gestions économiques », dit-il. Laurence Ruffin insiste sur les politiques du logement, encadrement des loyers, permis de louer, logement d’urgence pour faire face aux situations dramatiques… mais aussi découverte de la montagne pour de jeunes Grenoblois qui en sont privés. Tout comme Lucie Castets cite la « découverte du bois de Vincennes », à proximité immédiate du XIIe arrondissement de Paris. À Nîmes, après vingt-cinq ans de mandat de la droite et face à une extrême droite en course pour emporter la ville, c’est la remise sur pied des services publics – 90 agents du périscolaire viennent d’être déprécarisés pour améliorer tout à la fois leur situation et la qualité du service – et le désenclavement des quartiers populaires – géographique et à tous les niveaux de l’action municipale – qui comptent parmi les priorités.

Le stand de la fédération de l’Isère du PCF a fait le plein trois jours durant. Près d’une centaine de militants mobilisés, pour certains dès la semaine de montage, dans une ambiance des plus chaleureuse.

Au delà des décisions concrètes – il y a du pain sur la planche dans un contexte d’asphyxie budgétaire organisé par les gouvernements successifs – les quatre maires partagent un objectif, pousser les feux du débat avec tous les habitants. « Les élus sont des militants à part entière et nous sommes en campagne permanente », explique Bally Bagayoko qui cite la présence des conseillers municipaux devant toutes les écoles de ville lors de la rentrée scolaire pour rencontrer les parents dans un moment « d’éducation populaire » et ainsi « créer du commun ». « Nous refusons de mettre des étiquettes sur les gens, de penser à leur place ce qu’ils pourraient nous dire, insiste Vincent Bouget, nous voulons tout à la fois entendre, écouter, donner de l’espoir et créer du lien ». Une initiative parmi d’autres, celle de « places communes », la création de « tiers lieux locaux » : « Nous allons voir des habitants, des associations pour leur proposer de se retrouver dans un espace du quartier, discuter de ce qu’ils pourraient faire ensemble, avec le soutien de la ville à des projets qui sont souvent innovants. » Une illustration de ce que Laurence Ruffin appelle de ses vœux : « La ville peut être un laboratoire où l’on invente et on teste des idées nouvelles, comme cela a été le cas à Grenoble avec le mouvement mutualiste ou le planning familial ». Et elle insiste sur des formes inventives de rencontres, par delà la réunion de concertation. « Pendant la campagne électorale à Grenoble, nous avons participé à un match de foot ; cette rencontre a permis une candidature citoyenne sur notre liste », dit-elle. Le chemin pour « retrouver la confiance » des citoyens, espère Lucie Castets.

Des pratiques politiques, des expérimentations, une envie de renforcer ou de renouer le lien avec l’ensemble des habitants de la ville… faire de la politique, en somme. L’ambition de quatre nouveaux maires élus il y a six mois.

Le débat filmé en intégralité

A découvrir sur le site de l’Humanitéhttps://www.humanite.fr/politique/bally-bagayoko/les-nouveaux-maires-au-defi-du-municipalisme-b-bagayoko-l-ruffin-v-bouget-et-l-castets

Laurence Ruffin, maire de Grenoble, et Bernard Ughetto-Monfrin, premier adjoint communiste à la maire de Vizille.
Le stand de la fédération communiste de l’Isère et du Travailleur alpin à la fête de l’Huma 2026.

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