Vendredi dernier, un double décret du gouvernement progressiste espagnol visant à protéger les familles et les jeunes face aux loyers exorbitants, aux expulsions locatives et au manque de protection juridique des locataires, a été rejeté par une très courte majorité de député.e.s.
Ne disposant plus d'un soutien parlementaire suffisant, Pedro Sánchez et son Conseil des ministres ont donc décidé de la tenue d'élections législatives anticipées le 29 novembre prochain.
Lors du vote des décrets, la droite néofranquiste et ultralibérale du Parti populaire et son allié d'extrême droite Vox, ont bien entendu préféré défendre les intérêts des fonds d'investissement, des rentiers, des banques et des agences immobilières, contre les légitimes revendications des familles laborieuses, des personnes en situation de vulnérabilité, des classes populaires et de la jeunesse.
Les conservateurs souverainistes basques et les indépendantistes libéraux catalans, jusque-là soutiens tactiques du gouvernement, ont cette fois voté dans le même sens que la droite nationale, retrouvant ainsi leurs réflexes de classe.
De ce fait, ils mettent aussi fin à la fragile majorité parlementaire dont disposait le gouvernement d'alliance entre le PSOE et les forces de gauche transformatrice.
Les élections se feront dans un contexte de très forte mobilisation populaire suite à l'expulsion médiatisée de Mari Carmen, une femme seule et handicapée âgée de 87 ans, chassée de son appartement par une société d'investissement immobilier.
Depuis son lit d'hôpital, où elle avait été transférée immédiatement après son expulsion en raison d'une dégradation subite de son état de santé, elle avait appelé la jeunesse à résister et à lutter pour ses droits.
Hier, Mari Carmen est décédée.
Pour une très large partie du peuple espagnol, elle s'est convertie en symbole de l'injustice sociale, mais également de la résistance aux spéculateurs.
Bien que le gouvernement ait décidé de faire adopter dans les prochains jours une partie des mesures envisagées dans les décrets en recourant à une formule parlementaire propre à l'Espagne, une journée de grève générale a été décidée pour le 11 novembre prochain par les syndicats majoritaires, en accord avec les organisations de locataires.
Dans un pays où le parc HLM public est pratiquement inexistant, et malgré une augmentation du SMIC de plus de 60 % en quatre ans, le niveau moyen des salaires ne permet en effet plus de faire face aux dépenses de logement privé en proie à une spéculation effrénée.
Ces dernières années, le Parti communiste d'Espagne et son espace pluriel, Izquierda Unida, par leur participation aux gouvernements progressistes successifs, par leur organisation et la mobilisation de leurs militants dans tout le pays, ont contribué à de nombreuses conquêtes et mesures sociales arrachées ces huit dernières années en Espagne : droits des femmes et LGBTQ+, congés parentaux, droit du travail, minimas sociaux, dépendance, augmentation du SMIC de plus de 60 %,… La question du logement montre que le chantier est loin d'être achevé, nécessitant la reconduite d'un gouvernement progressiste et une forte mobilisation dans la rue et au sein du monde du travail.
Le Parti communiste français exprime sa solidarité active et fraternelle avec la classe laborieuse et la jeunesse espagnoles.
Il soutient fraternellement le PCE, Izquierda Unida et le Frente Amplio dans leur combat pour la justice sociale, la démocratie et la paix !
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