lundi 5 octobre 2015

Durant toute cette année, les salarié-es, les chômeurs-euses, les étudiant-es, les lycéen-nes et les retraité-es se sont mobilisé-es pour leurs droits.
A plusieurs reprises, dans les secteurs professionnels, les écoles, les établissements et au plan interprofessionnel ils ont exprimé leurs attentes, leur exaspération grandissante face à une situation économique et sociale qui ne cesse de se dégrader et pour exiger une autre répartition des richesses qu’ils produisent.
Ces derniers mois, des mobilisations, souvent unitaires, ont été menées par les salarié-es, les jeunes et les retraité-es, exigeant leur juste dû, autour de luttes sur les salaires, les pensions, le financement du service public d’éducation assurant la réussite de tous et une protection sociale qui garantit un droit à l’autonomie pour tous les jeunes.
Des actions se sont développées pour exiger de travailler mieux et moins, d’améliorer les conditions de travail et de réduire la durée du temps de travail, contre les licenciements, pour exiger aussi la pérennisation et la conquête de nouveaux droits (retraites, protection sociale pour tous –jeunes, salarié-es, retraité-es-, garanties collectives), le développement des services publics notamment de l’éducation pour élever le niveau de qualifications des travailleurs de demain en ne laissant personne sur le côté et la relance industrielle.
Cédant aux pressions des puissances financières, au MEDEF, aux injonctions de Bruxelles, le gouvernement déroule une politique qui remet en cause notre modèle social assis sur l’égalité, la justice et la solidarité.
Accompagnées par une bataille idéologique inédite, des politiques pour l’emploi se traduisent trop souvent par des mesures de régression sociale qui vont impacter tous les salarié-es, les chômeurs-euses, en particulier les jeunes, bizutés socialement à leur arrivée sur le marché du travail.
Dans un contexte où les inégalités se creusent, où la précarité se développe, où la confiance en la possibilité de changer le cours des choses s’amenuise, où les forces réactionnaires progressent, les organisations syndicales CGT, FSU et Solidaires, UNEF et UNL réaffirment leur volonté de contribuer au renforcement des mobilisations et à leurs convergences, dans un cadre unitaire le plus large possible et de manière intergénérationnelle afin de faire entendre que des alternatives aux politiques libérales sont possibles.
Dans cette rentrée, elles invitent les salarié-es, les chômeurs-euses, les jeunes, les étudiant-es et les retraité-es à amplifier la mobilisation autour d’une plate-forme revendicative commune pour :
• Augmenter les salaires, les retraites, les pensions, les minimas sociaux, le point d’indice des fonctionnaires, et les bourses ;
• Promouvoir l’égalité salariale femmes/hommes ;
• Améliorer les conditions de travail et réduire le temps de travail pour créer des emplois, combattre et réduire le chômage ;
• Pérenniser et améliorer les garanties collectives ;
• Pérenniser et améliorer la protection sociale, les retraites complémentaires, pour garantir les droits, à la santé et à la retraite ;
• Développer les investissements pour relancer l’activité économique en tenant compte des impératifs écologiques ;
• Protéger socialement les jeunes pour garantir un droit à l’autonomie ;
• Conforter et promouvoir les services publics ;
• Investir dans le système éducatif pour faire face à l’augmentation du nombre de lycéens et d’étudiants en leur assurant des conditions d’études satisfaisantes.
Les organisations syndicales CGT, FSU, Solidaires, UNEF et UNL appellent les salarié-es, les chômeurs-euses, les jeunes, les étudiant-es et les retraité-es à en débattre pour construire une grande journée de mobilisation interprofessionnelle et intergénérationnelle, le 8 octobre prochain.
Jeudi 8 octobre : journée de grève interpro unitaire pour les salaires, la protection sociale, les services publics, …, avec manifestation à Grenoble 10h place de la gare SNCF.

La Suède teste la journée de 6 heures. Et ça fonctionne !

A Göteborg, la municipalité tente une expérience originale : faire travailler une partie de son personnel "seulement" six heures par jour pour augmenter sa productivité. Un exemple dont il faut s'inspirer ?

Réduire le temps de travail pour augmenter la productivité... et le bonheur des salariés. Et si c'était cela la clé de la réussite d'une entreprise ? Depuis le mois de février, la mairie de Göteborg teste la semaine de 30 heures dans plusieurs établissements publics de la ville. Pour le même salaire, les employés travaillent désormais six heures par jour à la place de huit.
Le service public n'est pas le seul concerné et de nombreuses sociétés suédoises ont déjà adopté ce nouveau rythme de travail plus souple. A la clé, moins de stress pour les salariés, des embauches et une plus grande attractivité pour l'entreprise.

La municipalité de Göteborg veut donner l'exemple
A l’initiative de Mats Pilhem, maire adjoint de la ville et membre du Parti de Gauche, la municipalité de Goteborg deuxième ville du pays, demande à ses salariés de jouer les cobayes depuis le mois de février. Les employés municipaux du secteur des soins aux personnes âgées ont été divisés en 2 groupes : le groupe A travaille 6h par jour, le groupe B, 8h par jour. A salaire égal. But de l'expérience : comparer la productivité et le bien-être des employés et, peut-être, étendre le nouveau rythme de travail à l'ensemble des services.

"A la fin de l'expérience, nous comparerons les deux et on verra ce qui diffère. Nous espérons que le personnel réduira son nombre de congés maladie et qu'il se sentira mieux mentalement et physiquement grâce à des journées plus courtes", expliquait Mats Pilhem, à l'annonce du projet en avril 2014."

A la maison de soins de Svartedalens, le personnel concerné par la diminution du nombre d'heures de travail salue l'initiative, comme le rapporte le "Guardian" : "J'étais tout le temps épuisée, dès que je rentrais du travail, je m'écroulais de fatigue sur le canapé. Désormais, je suis plus alerte : j'ai à la fois plus d'énergie pour mon travail, mais aussi pour ma vie de famille", raconte Lise-Lotte Pettersson, une des 82 infirmières de l'établissement.

Le passage aux 30 heures hebdomadaires a également eu un impact positif sur l'emploi : depuis le mois de février 14 postes ont été créés pour compenser la réduction du temps de travail et la direction de l'établissement dit avoir observé "une amélioration des services" et du "bien-être" des salariés.
Lire la suite

mardi 29 septembre 2015

Macron et les fonctionnaires. Le monde du travail encore attaqué !

1. Pas un mois sans que le ministre des finances, le banquier Macron ne fasse la démonstration qu'il ne comprend rien au monde réel : « Il faut des jeunes français qui aient envie de devenir milliardaires », «  Le travail du dimanche, c'est plus de liberté », « Si j'étais chômeur, je n'attendrais pas tout de l'autre »… et maintenant « Le statut des fonctionnaires n'est plus adapté au monde tel qu'il va ».

2. Ces déclarations ne se font pas au hasard. Le gouvernement Valls, aux abois et coupé du peuple, braconne sur les terres de droite. Il utilise ces déclarations démagogiques et mensongères pour justifier sa politique, qui s'attaque aux droits des salariés du privé (le code du travail), comme ceux du public !

3. Les fonctionnaires font un bouc-émissaire de plus pour les populistes de tous poils, ceux qui pointent au gouvernement comme ceux de droite ou d'extrême droite. Pourtant, les salaires des agents publics sont gelés depuis 5 ans. Et on demande toujours plus aux hospitaliers, aux fonctionnaires de police, aux enseignants,… car ils sont le service public, celui qui protège et travaille au bien commun.

4. Prétendre, au nom de l'égalité, niveler par le bas les droits des salariés en s'attaquant au statut des fonctionnaires va-t-il solutionner un seul problème ? Quel bénéfice le pays, l'économie et les foyers français tireraient d'un tel recul ? Aucun, au contraire, c'est un pas de plus vers la précarité. Le gouvernement ferait mieux de s'attaquer aux vrais tabous, la fraude et l'évasion fiscale, le pouvoir de la finance...

Emmanuel Macron : mais pourquoi est-il aussi ringard ?
Décidément, pour l'ex-banquier d'affaires chez Rotschild, devenu Ministre de l'économie et des finances par la divine volonté présidentielle, enfiler des clichés de droite est devenu une activité à temps plein. Et gare aux « illettrés » qui se rebelleraient devant ses poncifs.

Récemment, il s'en était pris une fois de plus aux 35 77heures, devant un parterre de patrons béats d'admiration : « La gauche a cru que la France pourrait aller mieux en travaillant moins ». C'est beau comme du Sarkozy !

Macron ce n'est pas que des petites phrases, c'est une loi rétrograde !
Lire la suite

"Maisons de Services Publics, de quoi avons-nous besoin ?"

Poste, énergie, transports, santé, services sociaux, etc … les MSP, une solution d'avenir pour nos communes ?


Telles sont les questions autour desquelles le collectif départemental de défense du service public postal en Isère vous invite à débattre



le samedi 3 octobre, de 9h à 13h
à Renage, salle polyvalente Jean Aluigi 
(à côté de la mairie)
où nous serons accueillis par la municipalité de Renage.

Après une évocation du contexte et du projet original de la municipalité de Renage, les participants seront invités à travailler en 4 ateliers thématiques :

- quels services ?
lister les services, en se posant la question de la réponse aux besoins des usagers, des élus, …

- quels personnels ?
quel(s) statut(s), quel(s) employeur(s), nombre d'emplois, quelle polyvalence et quelle formation pour quelle qualification ?

- quelle gestion ?
quelle instance de gestion, quel rôle des usagers, quels financements et quels moyens ?

- quels principes ?
quelles valeurs, quelle éthique (celles du service public ?), quel maillage territorial, quels liens avec les collectivités territoriales ?…

Chaque atelier abordera également les questions suivantes, considérées comme transverses :
1) quels horaires d'ouverture au public, qui en décide ?
2) quelle prise en compte des besoins des populations ? Quels moyens pour les mesurer ?
3) quel degré d'automatisation dans la mesure où sera affirmé le rôle de ces structures vis à vis du lien social ?
4) comment éviter que des opérateurs privés tirent profit de financements provenant des collectivités territoriales ?

L'objectif de cette initiative
Les réflexions des 4 ateliers seront transmises à l'ensemble des participants.
Par le débat entre élus locaux, usagers, syndicalistes, citoyens, nous chercherons ensemble à définir les conditions d'acceptation de la mise en place de telles structures afin qu'elles participent à la dynamisation économique et sociale des territoires, en répondant aux besoins des populations et en respectant les conditions de travail des personnels.

La matinée se terminera autour d'un apéritif convivial.

Nous vous attendons nombreux le 3 octobre à Renage !

jeudi 24 septembre 2015

Régionales : Le PCF appelle tous les communistes à amplifier la campagne

DECLARATION DU Comité exécutif du PCF

Réuni le 21 septembre, le Comité exécutif national du PCF appelle tous les communistes du pays à amplifier leur engagement dans la campagne des élections régionales des 6 et 13 décembre prochains. Comme l'a souligné Pierre Laurent lors de la fête de l'Humanité, ces élections auront une grande importance pour l'avenir des régions aux pouvoirs renforcés, et pour l'avenir politique du pays, au moment où le gouvernement Valls-Macron intensifie son offensive contre les droits du travail.

Les objectifs fixés par le Conseil national de juin sont plus actuels que jamais. Nous voulons écarter le risque grandissant d'une victoire généralisée de la droite et de l'extrême-droite, dont les conséquences seraient désastreuses pour le pays et les politiques publiques en région. Nous voulons, d'un même mouvement, contribuer à l'élection de majorités régionales porteuses de choix de gauche pour des politiques publiques sociales, solidaires, écologiques, résistant aux logiques d'austérité et les faisant concrètement reculer. Il y a beaucoup à perdre si nous ne menons pas la bataille. Il y a beaucoup à gagner si nous la menons : des élus utiles aux populations, des mesures concrètes qui amélioreront la vie au quotidien, des forces supplémentaires pour reconstruire une alternative politique dans le pays.

Ces objectifs sont à nos yeux indissociables. Ils seront rendus possibles à la condition que des listes du Front de gauche, associées au maximum de citoyens et de forces partout où c'est possible, réalisent des percées significatives au premier tour, et marquent de leur empreinte les fusions auxquelles les listes de gauche devront procéder entre les deux tours pour l'emporter.

Les possibilités de réaliser de telles percées sont réelles, mais il ne doit y avoir de temps perdu. C'est donc une campagne active et rassembleuse des communistes et du Front de gauche qui est maintenant urgente.

La victoire face à la droite et à l'extrême-droite, la mobilisation et le rassemblement du peuple de gauche ne passent pas par le référendum artificiel imaginé par Jean-Christophe Cambadélis pour éviter le débat sur le contenu des politiques régionales et nationale. Elles passent par l'unité populaire la plus large possible pour que l'argent, dans les régions, serve à répondre aux besoins populaires et que reculent les politiques d'austérité qui les entravent. Nous voulons aussi réorienter l'argent des régions pour permettre les politiques de gauche en direction des quartiers populaires et des villes et villages en difficultés. Le bon résultat de nos listes est le meilleur chemin vers l'unité qui battra la droite et l'extrême-droite.

Le CEN invite les communistes, leurs directions départementales et régionales à intensifier leurs efforts dans les jours qui viennent pour que toutes les listes dans lesquelles nous nous engageons soient au plus tard en ordre de bataille et présentées publiquement dans la semaine du 5 octobre.
D'ici là, les orientations, les choix d'alliance, l'architecture des listes doivent être partout arrêtés, en organisant les consultations nécessaires des communistes.

Dans toutes les régions, à l'exception de deux où le PG a choisi un accord séparé derrière EELV et où les communistes continuent à bâtir une liste du Front de gauche la plus large possible, les forces du Front de gauche travaillent à finaliser des listes communes. Dans plusieurs régions, des accords entre le Front de gauche et EELV sont en discussion, et dans deux régions, PACA et Midi Pyrénées Languedoc Roussillon, en voie d'être finalisés. Dans d'autres régions, le MRC est partie prenante.
Lire la suite

Syriza : une victoire de la soumission ou de la résistance ?

Par Clémentine Autain
Le pari d’Alexis Tsipras est gagné. En initiant de nouvelles élections législatives, le leader grec appelait les électrices et électeurs à réaffirmer leur soutien au gouvernement. Alors que Syriza avait été élu pour tenir deux objectifs qui se sont révélés inconciliables – ne pas accepter un nouveau mémorandum ET ne pas sortir de la zone euro –, le peuple grec a validé l’option choisie par Tsipras. Il l’a fait sans l’enthousiasme des précédentes élections et avec une abstention croissante, 56,57 % de participation contre 63,87 % en janvier 2015, soit sept points de moins. Mais il l’a fait, évitant le grand bond en arrière qu’auraient constitué une victoire de la droite et une forte percée d’Aube dorée (lire aussi "Soirée de victoire douce-amère pour Syriza à Athènes").

Union populaire, dissidence de Syriza, pour qui la signature d’un troisième mémorandum était évitable à condition d’assumer la sortie de la zone euro, n’a pas convaincu. L’implication à ses côtés de personnalités telles que Yannis Varoufakis, Zoe Kostantopoulou ou Manolis Glezos n’y a rien fait. Pour UP, la barre des 3% qui permet d’être représenté au Parlement n’a même pas été franchie. Fort de ses 35% des voix, Syriza peut néanmoins écarter l’hypothèse d’une alliance avec le Pasok.

Pas de sortie de l’euro sans soutien populaire
Ce vote des Grecs est-il un vote de résistance ou de soumission ? Il n’est pas simple de répondre à cette question, d’autant que le sens d’un vote n’est jamais univoque. Mais la résistance opposée par Alexis Tsipras à la Troïka constitue sans aucun doute l’une des raisons de sa victoire. Négociant avec un pistolet sur la tempe, héritant d’une situation économique, sociale et financière exsangue dans un pays qui ne pèse que 2% du PIB européen, Alexis Tsipras a tenté. Il a affirmé un autre point de vue sur les solutions à même de redresser le pays et d’endiguer les inégalités. Il a impliqué son peuple par un référendum pour mener le rapport de force.
Lire la suite

mardi 22 septembre 2015

En campagne, pour une région solidaire, écologique et citoyenne

Ce dimanche, sur le marché de Crolles, des militants du Parti communiste et du Front de Gauche ont été à la rencontre des habitants pour informer et débattre de la situation politique et des élections régionales des 6 et 13 décembre prochain.


Alors que les politiques d’austérité minent la société française en produisant toujours plus de chômage et d’inégalités, il est urgent de mettre la région au service de l’égalité et de la solidarité, tout en relevant le défi environnemental et démocratique.
Fidèles à la démarche et aux objectifs du Front de gauche, ils ont décidé de construire une liste pour l’Humain d’abord, avec les actrices et acteurs des luttes sociales, associatifs, syndicalistes, défenseurs des services publics, avec les citoyennes et les citoyens de gauche en les invitant à construire ensemble le rassemblement le plus large.
Ce rassemblement populaire, centré sur la réponse aux attentes des populations peut créer les conditions de la dynamique populaire seule à même de mettre en échec la volonté de la droite et de son leader Laurent Wauquiez de faire main basse sur la région pour en faire le laboratoire des politiques les plus anti sociales dont il se veut le champion.

Un bilan de mandat du groupe Front de gauche, actuellement élu au Conseil régional Rhône, a été distribué et apprécié par nombre de personnes. Enfin, le premier document de la campagne « Construisons une Auvergne Rhône-Alpes solidaire, écologique et citoyenne »   dont la chef de file est Cécile CUKIERMAN a été proposé aux personnes rencontrées.

Fête de l'Humanité 2015 - Meeting de Pierre Laurent

vendredi 11 septembre 2015

Pierre Laurent : « Le mur de l’austérité n’est pas infranchissable »

A quelques jours de la Fête de l’Humanité, le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, estime de « la responsabilité de la gauche anti-austérité de lever les obstacles » à son rassemblement, sous peine d’assister au retour de la droite et à de nouveaux progrès de l’extrême droite.

La rentrée est marquée par le drame que vivent les migrants. François Hollande s’est à nouveau prononcé, hier, pour un « mécanisme de répartition obligatoire et permanent » pour l’accueil de réfugiés avec 
des contrôles aux frontières. Est-ce la bonne voie ?

Pierre Laurent: La tâche de l’Europe et de la France est tout simplement de répondre à notre devoir d’accueil au niveau du drame actuel et de mettre en application le droit d’asile et l’aide aux réfugiés qui correspondent aux conventions internationales de l’ONU. Il n’y a pas d’autre question à se poser. Depuis des mois, nous avons alerté et demandé que change la politique de la France et de l’Union européenne. J’ai moi-même témoigné en rentrant des camps de réfugiés autour de Kobané il y a un an dans l’indifférence politique et médiatique. Jusqu’à cet été, les seules réponses ont été des murs et des barbelés. Je salue le réveil des consciences et les mobilisations citoyennes qui font sauter les verrous de cet égoïsme. Mais j’attends de la France qu’elle dégage les moyens d’État nécessaires à cet accueil au-delà des paroles.

Le président a annoncé l’accueil de 24 000 réfugiés par la France, est-ce suffisant ?

Pierre Laurent: C’est une avancée. C’est ce que demande, sur deux ans, la Commission européenne à la France. Mais c’est loin des capacités et des traditions d’un pays comme le nôtre. Nous pouvons doubler la capacité des centres d’accueil de réfugiés, et les mettre aux normes du Haut-Commissariat pour les réfugiés. Nous devons créer des dispositifs d’insertion et de scolarisation des enfants en y consacrant les moyens d’État. La France doit soutenir le réseau des villes solidaires qui s’organise à l’échelle de l’Europe et dans lequel les communes que nous dirigeons vont s’investir. Enfin, la France doit changer sa politique dans tout le grand Moyen-Orient pour faire prévaloir des logiques politiques de paix, et non se lancer dans de nouvelles escalades guerrières dont les réfugiés sont les victimes. Quels sont les buts des nouvelles frappes annoncées hier en Syrie par François Hollande ? Le flou demeure total.
Lire la suite

« Moi Président » : trois ans de dérégulation du droit du travail et d’augmentation du chômage

Par Thomas Clerget
Le gouvernement s’apprête à « simplifier » le Code du travail. Dans la lignée des lois Macron et Rebsamen avant l’été, de l’Accord national interprofessionnel et du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi auparavant, il s’agit de « libérer » toujours davantage les entreprises. Les protections des salariés sont considérées comme un « coût » pour l’économie, qu’il conviendrait de réduire, et comme un « frein à l’embauche », qu’il faudrait assouplir. Objectif : inverser la courbe du chômage. Mais plus l’exécutif socialiste dérégule, plus le chômage augmente, avec un million de chômeurs supplémentaires depuis l’entrée de François Hollande à l’Élysée. Bilan en trois actes de cette casse sociale.

En 1981, François Mitterrand voulait « changer la vie ». Deux ans plus tard, le gouvernement socialiste dirigé par Pierre Mauroy engageait le « tournant de la rigueur ». Élu sur un programme de rupture avec le libéralisme à tout crin des années Sarkozy, et pour « réorienter l’Europe », François Hollande n’aura pas mis aussi longtemps à plier sous les injonctions du « réalisme » et à renoncer à ses promesses de changement. Exit la grande réforme fiscale, le contrôle de la finance, la renégociation des traités européens. Place, dès novembre 2012, à l’oxymore du « socialisme de l’offre » annonçant – dans un premier temps – les 20 milliards d’euros de réductions d’impôts accordées aux entreprises par le biais du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE).

Acte 1 : « Il faudra qu’il y ait moins de chômeurs » en 2014
L’expression est emblématique du virage politique engagé par la nouvelle majorité. Tournant le dos à la culture keynésienne qui imprégnait les partis sociaux-démocrates depuis la Seconde guerre mondiale, le socialisme de l’offre incarne le ralliement – quasi – assumé du PS à une politique économique néo-libérale. Il s’agit de créer un environnement favorable aux directions d’entreprise – donc défavorable aux salariés – et surtout au monde des affaires – donc potentiellement néfaste à l’intérêt général. Directions d’entreprises et investisseurs sont, pour le gouvernement, les moteurs supposés du « retour de la croissance », une priorité sans cesse martelée. Là où les keynésiens voulaient stimuler la demande par une hausse des salaires et de l’investissement public, les adeptes de la politique de l’offre parlent « réduction des charges », « compétitivité » et plus grande « flexibilité du marché du travail ».

Scène 1 : moins d’impôts et licenciements facilités
Lire la suite