mercredi 10 janvier 2024

Remaniement : Gabriel Attal nommé premier ministre, un « clone d’Emmanuel Macron » à Matignon

Le ministre sortant de l’Éducation nationale devient le plus jeune chef de gouvernement de la cinquième République. La gauche le qualifie de « clone » d’Emmanuel Macron, de « dauphin » du président, et dénonce un simple « changement de casting ».

Emmanuel Macron a nommé Gabriel Attal premier ministre ce mardi 9 janvier. Le nouveau chef du gouvernement était ministre de l’Éducation nationale dans l’exécutif dirigé par Élisabeth Borne, qui a présenté sa démission le 8 janvier. « Je sais pouvoir compter sur votre énergie et votre engagement pour mettre en œuvre le projet de réarmement et de régénération que j’ai annoncé », a justifié sur X (ex-Twitter) le président de la République, dans une formulation énigmatique qu’il avait déjà utilisée dans ses vœux aux Français pour 2024.

Âgé de 34 ans, Gabriel Attal devient donc le plus jeune premier ministre de la cinquième République. Il est aussi le plus populaire d’après les sondages, ce qui aura pesé dans le choix d’Emmanuel Macron. Il prend la suite d’Élisabeth Borne après les vingt premiers mois difficiles du quinquennat, durant lesquels l’exécutif aura fait usage du 49-3 à 23 reprises pour imposer les textes budgétaires de l’État et de la Sécurité sociale et une réforme des retraites rejetée par 80 % des Français, avant de faire voter une loi immigration inspirée du programme du RN.

« Emmanuel Macron se succède à lui-même »

Pour autant, il n’y a pas de changement à attendre avec l’arrivée de Gabriel Attal à Matignon. Les réactions politiques ne laissent d’ailleurs guère de doutes. « Emmanuel Macron se succède à lui-même », a ainsi ironisé le premier secrétaire du PS, Olivier Faure. Le sénateur et porte-parole du PCF, Ian Brossat, a lui qualifié le nouveau premier ministre de « clone » d’Emmanuel Macron. « Rien à attendre de cette nomination » prévient-il également.

Dans la même veine, l’écologiste Cyrielle Chatelain a fustigé « un changement de casting mais pas de politique », et évoque la « chronique d’un désastre annoncé »« Nous avions le méprisant de la République, nous avons désormais son dauphin suffisant », a par ailleurs taclé la présidente du groupe insoumis à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot.

Depuis l’annonce de la démission d’Élisabeth Borne, les parlementaires de la FI n’ont de cesse de réclamer un vote de confiance dans l’hémicycle, auquel Gabriel Attal devrait selon eux se soumettre (Élisabeth Borne avait refusé l’exercice). Ils menacent également du dépôt d’une motion de censure si ce n’était pas le cas.

Fabien Roussel demande un rendez-vous au premier ministre

La droite poursuit sa pression sur le pouvoir, comme elle l’a fait avec la loi immigration afin d’imposer ses vues, alors que Gabriel Attal ne disposera pas de majorité plus confortable qu’Élisabeth Borne. « La communication permanente doit laisser place à une politique de clarté et de fermeté », écrit ainsi Éric Ciotti dans un communiqué.

« Nous souhaitons donc que ce nouveau gouvernement marque la fin du « en même temps » et nous serons extrêmement vigilants à ce que l’action concrète se substitue à l’obsession de la communication qui a tenu lieu de méthode jusqu’alors », assure encore le président de LR.

Le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, a lui demandé un « rendez-vous » au nouveau premier ministre pour s’attaquer aux principales préoccupations des Français. « Je demande rendez-vous à Gabriel Attal au plus vite pour agir contre la vie chère, pour la hausse des salaires et des retraites. Les urgences sociales sont là. Il faut agir sans tarder ! » écrit le dirigeant communiste, qui appelle également le nouveau premier ministre à s’engager à ne pas utiliser le 49.3.

 

Netanyahu, prix Nobel de la paix ? Pour un enfant palestinien libéré, il en tue 50 à Gaza


5350 enfants palestiniens sont décédés sous les bombes israéliennes, depuis le 7 octobre selon l’Unicef, et 8663 ont été blessés. Quant aux chiffres des mineurs incarcérés en Israël, ils sont faramineux.

Il suffit de faire un simple produit en croix. Lors des différents échanges de prisonniers entre Israël et le Hamas, l’État hébreu a libéré 240 Palestiniens, dont 107 enfants. Depuis le 7 octobre, « dans la bande de Gaza, 22 185 personnes, dont 5350 enfants […] sont décédées »rapporte l’Unicef, dans un bilan daté du 3 janvier 2024. Soit un enfant palestinien libéré pour 50 tués. Par ailleurs, au niveau des blessés, sur « près de 57 035 personnes », 8663 sont des enfants.

C’est comme si le choix que laissait le gouvernement d’extrême droite israélien aux enfants palestiniens était le suivant : vivre dans ses prisons ou mourir sous ses bombes.

« La bande de Gaza est aujourd’hui l’endroit le plus dangereux au monde pour un enfant », commente l’organisme onusien. Et l’ONG Save the Children de préciser qu’il y a « plus d’enfants tués à Gaza depuis le 7 octobre que d’enfants tués, par an, sur toutes les zones de conflits depuis 2019 ».

Dans les prisons israéliennes…Les chiffres sont aussi divers que terrifiants.L’ONU estimait, en juillet dernier, que le nombre de Palestiniens détenus par Israël s’élevait à 5000 personnes, dont 160 enfants.

Et selon les chiffres de Defense for Children Palestine, « Israël détient, interroge, condamne et emprisonne entre 500 et 700 enfants palestiniens âgés de 12 à 17 ans chaque année », dont 145 rien que pour ce mois d’octobre

Depuis 1967, ce ne sont pas moins de 800 000 Palestiniens qui ont été détenus par Israël, dont 50 000 enfants.De plus, les motifs des incarcérations semblent souvent bien légers – jets de pierre, par exemple, qui peut valoir jusqu’à 20 ans de réclusion – et les conditions de détention des enfants sont plus que déplorables. Sachant que pour l’armée israélienne, l’âge minimum de responsabilité criminelle des Palestiniens est de… 12 ans.Il faudra bien plus qu’une trêve de quatre jours entre Israël et le Hamas pour que l’auto-proclamée « seule démocratie du Proche-Orient » vaille mieux qu’un bourreau d’enfants.

mardi 9 janvier 2024

Marchons pour la Liberté, l’égalité, la fraternité


 Dans notre diversité d’idées, d’engagements, de professions, nous exprimons notre grande inquiétude après le vote de la loi dite « asile-immigration ». C’est un tournant dangereux dans l’histoire de notre République.

D’abord parce que cette loi ne répond pas aux causes de l’exil forcé d’hommes, de femmes, d’enfants fuyant les guerres ou le réchauffement climatique, ni aux défis de l’accueil dans la dignité, ni au défi de la définition d’une politique digne et humaine d’intégration.

Ensuite, parce qu’elle a été rédigée sous la dictée des marchands de haine qui rêvent d’imposer à la France leur projet de « préférence nationale ». Elle torpille les piliers porteurs de notre pacte républicain, hérité du Conseil national de la Résistance. Elle s’attaque ainsi au droit du sol autant qu’aux droits fondamentaux proclamés par la Constitution : au travail, à l’éducation, au logement, à la santé… Ce faisant, tous et toutes, Français autant qu’étrangers, nous nous trouvons menacés.

Victor Hugo écrivait : « Étouffez toutes les haines, éloignez tous les ressentiments, soyez unis, vous serez invincibles. »

Soucieux de rassemblement et de solidarité plutôt que de division sans fin de notre société, nous demandons au Président de la République de ne pas promulguer cette loi. Le dimanche 21 janvier nous appelons à manifester dans notre diversité notre attachement à la devise de la République : « Liberté, égalité, fraternité. »

lundi 8 janvier 2024

L’énergie doit sortir du marché européen


 L’énergie est un bien indispensable pour les citoyens comme pour les entreprises. L’exemple récent des boulangers le montre bien : le coût de l’énergie multiplié par 4 ou 5 a mis en danger leur équilibre économique et, par ricochet, la production même du pain.

Ces arrangements ne constituent pas une solution durable au problème énergétique. 

Il faut soutenir ces entreprises dès maintenant, et ne pas les laisser se débrouiller seules pour éviter la catastrophe.

Certes, le gouvernement a mis en place des aides pour les TPE (le bouclier tarifaire, l’assurance de ne pas payer plus de 280 €/ MWh en moyenne d'électricité en 2023, l’amortisseur d’électricité, le guichet d’aide…), mais ces aides sont éphémères et ne sont pas conditionnalisées. Elles ne sauraient constituer une solution à long terme.

D’autant qu’une différence fondamentale existe entre les TPE, PME et les grands groupes, qui tirent profit de cette situation en arrachant toujours plus d’aides publiques : 160 milliards d’euros déboursés chaque année par l’État.

Les TPE et PME, qui en auraient réellement besoin, n’en sont pas les principales bénéficiaires : ce sont majoritairement les grands groupes, qui alimentent ainsi directement les versements à leurs actionnaires.

Une crise structurelle plus que conjoncturelle

Toutes ces aides ne peuvent constituer une solution à long terme. Or, la question de l’augmentation du coût de l’énergie ne date pas du début de la guerre en Ukraine.

Celle-ci n’a fait qu’accroitre la crise énergétique et l’explosion des prix de l’énergie, conséquence de la dérégulation du secteur de l’énergie. Cette crise, structurelle, ne se terminera pas avec la fin de la guerre. 

En cause, le marché européen de l’énergie 

Le dogme européen - la concurrence fait baisser les prix - ne fonctionne pas. Au contraire. 

L’énergie est un bien commun, essentiel, qui doit sortir du marché concurrentiel européen et redevenir un service public pour les citoyens comme pour les entreprises.

Il faut se battre pour le retour à un tarif réglementé de l’électricité et du gaz, et exiger la conditionnalité des aides publiques aux entreprise en fonction de leur taille mais aussi de critères sociaux et environnementaux.

ImagetteSans énergie, toute l’économie s’arrêteTous les artisans, les TPE et les PME sont confrontés à cette même équation : la répercussion de l’augmentation phénoménale des coûts de l’énergie risque de faire fermer nombre d’entre eux.



 

Ce samedi 6 janvier, rue Félix Poulat à Grenoble.

Stop au génocide du peuple palestinien : c’est sur ce mot d’ordre que 1400 personnes ont défilé dans les rues de Grenoble ce samedi 6 janvier. Une conférence/débat aura lieu le 30 janvier à la salle des fêtes d’Echirolles avec Salah Hamouri et Alain Gresh.

Anne Tuaillon présidente nationale de l’AFPS prend la parole : « ça fait trois mois qu’un déluge de feu sème la mort sur Gaza et sa population. Trois mois d’enfer et de cauchemar, trois mois d’exactions et d’exécutions sommières, trois mois de traitements inhumains des prisonniers, trois mois de déplacements forcés sous la menace et la terreur – près de deux millions de personnes ont été déplacées – trois mois de destruction : hôpitaux, écoles, usines, palais de justice, lieux de cultes, trésors de l’archéologie, histoire, trois mois de déclarations révoltantes, de déshumanisation des Palestiniens ; trois mois que nous attendons que les États condamnent ces actes criminels et la France ne condamne toujours pas. »

Anne Tuaillon.

L’ONU appelle à mettre fin à la spirale de violence, Gaza est devenu un lieu de mort indescriptible, une apocalypse. L’armée israélienne massacre délibérément les civils. 90 % des victimes sont des civils et les deux tiers sont des femmes et des enfants, journalistes, médecins, enseignants. De 23 000 à 30 000 personnes sont morts dont 12 000 enfants. On ne cesse pas de faire le décompte macabre des morts, retrouvés sous les décombres.

Aux morts des bombardements, il faut ajouter 100 000 personnes morts de dysenterie et de problèmes respiratoires, de faim et de soif, morts faute de soins, on ampute des enfants sans anesthésie.

Près de 4000 Français sont enrôlés dans l’armée israélienne. Les États doivent sanctionner Israël pour crime de guerre. La Cisjordanie est bloquée, les colons commettent des violences contre les palestiniens 320 ont été assassinés depuis trois mois. 8 800 palestiniens ont été arrêtés et 3291 sont en détention administrative. Les prisonniers sont torturés.

Eric-Piolle

Jeudi et vendredi prochain l’Afrique du Sud présentera devant la cours de justice internationale ses arguments concernant sa requête pour « génocide ». L’Afrique du Sud a accusé l’État d’Israël de violer la Convention sur la prévention et la répression du crime de génocide, dans une plainte déposée le 29 décembre devant la Cour internationale de justice (CIJ). Pour justifier sa démarche, Pretoria invoque « les droits et les obligations de l’Afrique du Sud » de prévenir le génocide et « de protéger les Palestiniens de Gaza de la destruction ». La France doit soutenir cette demande.

Israël a commis, commet et risque de commettre davantage encore d’actes de génocide contre le peuple palestinien à Gaza. Les États doivent prendre des mesures provisoires pour protéger les droits des Palestiniens et punir les responsables de leurs crimes.

Eric-Piolle

Anne Tuaillon déclare « les actions à mener,  c’est BDS Boycott, désinvestissement et sanctions. Nous exigeons un cessez-le-feu total et permanent pour la Bande de Gaza, l’arrêt définitif des bombardements, des offensives terrestres et des déplacements forcés de populations ; l’entrée immédiate et sans restriction de l’aide humanitaire d’urgence et la levée durable du blocus de la bande de Gaza ; la libération de tous les prisonniers politiques palestiniens détenus dans les prisons israéliennes dans des conditions inhumaines – 150 prisonniers ont été libérés pendant la trêve, mais depuis le 7 octobre, l’armée israélienne a procédé à plus de 3 000 arrestations en Cisjordanie occupée y compris à Jérusalem-Est ; la libération des otages civils israéliens ; la protection de la population palestinienne de Cisjordanie y compris à Jérusalem-Est ; que la France et l’Union européenne s’engagent activement et sans ambiguïté pour le cessez-le-feu, y compris par des sanctions contre l’État d’Israël et en arrêtant immédiatement toute coopération militaire et sécuritaire. »

Une paix juste et durable ne sera possible que dans le cadre de la reconnaissance des droits du peuple palestinien, et notamment de son droit à l’autodétermination. Elle implique la fin de la colonisation et de l’occupation israélienne, ainsi que le respect de l’ensemble des résolutions de l’ONU, y compris la résolution 194 qui prévoit le droit au retour des réfugiés.

dimanche 7 janvier 2024

Section PCF du Grésivaudan



Section PCF

Du Grésivaudan     

 



Chère, cher camarade,

Le bureau de section te souhaite une belle année 2024 de luttes et de victoires, dans ce monde qui a tant besoin de communisme !

Tu es invité·e à participer à notre Assemblée Générale de rentrée qui se tiendra le

Samedi 13 janvier, à partir de 13h30 à Crolles,

salle Cascade (derrière la mairie).

 

Tu trouveras ci-dessous le déroulement de cet après-midi de travail militant.

Pour préparer l’activité de notre section, nous comptons sur la présence du plus grand nombre de nos camarades. Nous te demandons également de remplir le fichier en recto de cette invitation, afin de connaitre au mieux nos forces militantes.

L’enjeu de notre AG est de renforcer notre section, d’en assurer une plus grande visibilité dans notre vallée et préparer une belle campagne des élections européennes. Nous discuterons aussi des différentes actions que nous souhaitons réaliser, comme notre présence à la foire de Beaucroissant ou à la fête du Travailleur Alpin, la tenue de notre safari pêche et la reconduction du vide grenier. Et bien sûr, assurer notre présence sur les marchés, la distribution de notre journal et être dans l’action militante et citoyenne de notre territoire.

 

Pour conclure notre après-midi, un apéritif convivial sera offert, suivi pour celles et ceux qui le souhaitent, d’un buffet fraternel. Pour assurer au mieux la quantité à prévoir et éviter ainsi le gaspillage alimentaire, nous te demandons de bien vouloir nous indiquer si tu comptes participer à notre Assemblée Générale et rester au buffet qui suivra.

 

Déroulement de notre AG :

        13h30 - Accueil des camarades autour d’un café.

        14h00 - Début des travaux : bilan d’activité, bilan financier. Débat et vote.

        14h30 - Perspectives pour 2024, débat et décisions.

        15h00 - Quelle campagne pour les élections Européennes, débat et décisions.

                                                           16h30 Pause

        16h45 - Accueil des invité-e-s.

        17h00 - Quelle campagne dans le Grésivaudan pour dénoncer les idées d’extrême droite.

                                                           18h30 Apéro convivial

                                                           19h30 Buffet

 

En comptant vivement sur ta présence pour assurer un travail de qualité lors de notre AG, nous t’adressons nos salutations militantes en attendant de te retrouver le 13 janvier 2024.

 

NB : Réponse à faire parvenir avant le 5 janvier 2024 soit

à Jacky Coche, secrétaire de section au 06 99 46 87 97ou famillecoche@wanadoo.fr

à Danièle Boyat, trésorière de section au 06 38 83 91 42 ou gerard.boyat@wanadoo.fr


Remaniement : Macron ou l'art de nous faire mariner


Les supputations vont bon train sur un éventuel changement de gouvernement – et de premier ministre – dans les heures ou les jours à venir. Comme à chaque rumeur de remaniement, la stratégie d’Emmanuel Macron est de faire monter la sauce.

Combler l’espace médiatique. Depuis la victoire à la Pyrrhus qu’a constitué le vote de la loi immigration, fin décembre, inspirée par le RN et dictée par LR, l’ombre d’un remaniement ministériel plane à nouveau sur la Macronie. Passés Noël et les vœux présidentiels, l’Elysée fait savamment monter, dans les médias, les rumeurs sur les postes concernés et sur la date de ce possiblement chamboulement gouvernemental.

Dès le 31 décembre, une information fuite : le Conseil des ministres prévu le 3 janvier est annulé. C’est parti, les éditorialistes peuvent se mettre en ébullition – surtout dans une telle période de creux dans l’actualité politique, l’os est trop tentant à ronger. « Le remaniement approche, ça paraît logique », claironne Alain Duhamel sur BFM TV le 2 janvier, en introduction de la première édition de l’année de son émission quotidienne Face à Duhamel. Les suivantes seront aussi consacrées à cette pseudo-actualité : « Borne peut-elle vraiment rester à Matignon ? », « Un remaniement inévitable ? »… Dans le même temps, le JDD de Vincent Bolloré parle mardi d’une échéance « « avant le week-end », selon un conseiller ministériel ».

Lecornu, Denormandie ou Ferrand pour remplacer Borne, selon BFM TV

À quelques mois des Jeux olympiques, et après 23 49.3 en un an et demi, la réforme des retraites puis la loi immigration passées aux forceps, un départ d’Elisabeth Borne de Matignon semble se préciser. Jeudi soir, BFM TV met en avant trois noms pour la remplacer : Sébastien Lecornu, actuel ministre des armées, Richard Ferrand, macroniste historique et ex-président de l’Assemblée, et Julien Denormandie, ancien ministre de l’Agriculture et proche du chef de l’Etat. Trois options déjà sorties en juin dernier, avant que la première ministre ne soit finalement confirmée… D’autres journaux évoquent Christophe Béchu (actuellement à la Transition écologique) ou Bruno Le Maire (Economie), ainsi qu’un transfert de Gérald Darmanin de l’Intérieur aux Affaires étrangères (selon le Parisien).

En outre, des ministres qui se seraient opposés à la loi immigration – Clément Beaune (Transport), Rima Abdul-Malak (Culture), Patrice Vergriete (Logement), Sylvie Retailleau (Enseignement supérieur) – seraient débarqués selon la chaîne d’info. Le Parisien prédit quant à lui un changement de poste à Gérald Darmanin, vers les Affaires étrangères, pendant que le préfet de police de Paris Laurent Nuñez le remplacerait à l’Intérieur…

La promesse d’un grand virage

L’Elysée prend son temps. La mise en scène n’est pas anodine. Comme en 2020 ou en juillet dernier – alors qu’un « grand virage gouvernemental » est promis pendant une semaine par des sources élyséennes avant de faire pschitt -, Emmanuel Macron a pris l’habitude de faire monter les rumeurs. Avec plusieurs objectifs. D’une part, braquer sur son camp les projecteurs médiatiques le plus longtemps possible. D’une autre, créer « l’événement » et l’illusion, une fois l’annonce venue, d’un « changement de cap », d’un « renouveau » dans la politique mise en place par le président de la République. Lui qui vend régulièrement des promesses d’ « initiative politique d’ampleur » ou encore de « nouvelles méthodes de gouvernement ».

 Faire fuiter des rumeurs dans la presse peut être aussi un moyen de lancer des ballons d’essais. Après sa réélection en avril 2022, Emmanuel Macron aurait proposé, selon l’intéressée, à l’ancienne LR Catherine Vautrin le poste de première ministre. L’information sort dans la presse, et suscite rapidement des interrogations. Son passé de fervente opposante au mariage pour tous, notamment, est critiqué à gauche mais aussi dans le camp présidentiel. L’hypothèse Vautrin est rapidement grillée, Elisabeth Borne lui est finalement préférée.

Vente du Stade de France : « Un monument pareil est chargé de souvenirs qui ne se bradent pas », estime Fabien Gay

Ce mercredi 3 janvier, l’État clôture les deux appels d’offres concernant une de ses propriétés, le Stade de France ; l’un d’eux prévoit la vente du bâtiment. Possibilité à laquelle s’oppose fermement Fabien Gay (PCF), qui a déposé une proposition de résolution demandant à ce qui l’enceinte ne soit pas cédé à une entreprise privée.

Le match ne se tient pas sur la pelouse des terrains, mais dans les bureaux d’entreprises privées cette fois. La coupe à remporter n’est autre que le Stade de France. Trois candidats, le consortium Vinci-Bouygues, le groupe SDF et GL Events, sont en compétition pour décrocher l’un des deux appels d’offres lancés par l’Etat en mars 2023. L’un consiste à renouveler la concession du stade, cédée depuis 1995 aux entreprises Vinci et Bouygues ; l’autre, à le vendre. « C’est comme si on vendait la Tour Eiffel ou l’Opéra Garnier », s’exclame Fabien Gay, sénateur PCF, ayant déposé une proposition de résolution avec l’ensemble du groupe PCF. Ils demandent à l’Etat, propriétaire de l’enceinte sportive de Seine-Saint-Denis (93), de ne pas la céder au privé. À craindre ? Des billets aux prix encore plus exorbitants qu’ils ne le sont déjà et des événements sportifs inaccessibles pour les classes populaires.

Quelle est la valeur symbolique de cette infrastructure ?

Fabien Gay

Sénateur PCF

Au même titre que d’autres grands monuments, c’est un stade qui a été construit par des milliers d’ingénieurs, de techniciens et d’ouvriers français. Il a été bâti dans le cadre de la Coupe de monde de football en 1998, mais il a aussi accueilli beaucoup d’autres grandes compétitions et des concerts mythiques. Ce sont des moments de communion nationale chargés de souvenirs qui ne se bradent pas.

Le nom du stade, le Stade de France, signifie qu’il appartient à la nation et à l’ensemble des Françaises et des Français. Sa vente relève d’une politique libérale qui privatise en masse, que ce soit les aéroports, les autoroutes ou les ports. Se tient en fait un affrontement politique où nous pensons que certaines structures appartiennent au patrimoine commun. Les monuments, les enceintes sportives ou les structures énergétiques ne peuvent pas être cédés au privé parce qu’ils participent au bien commun.

Quelles pourraient être les conséquences de ce changement de propriétaire, passant du public au privé ?

Nous avons déjà un problème dans le contrat de concession tel qu’il est : le prix des places est déjà élevé.

Aujourd’hui, il faudrait un cahier des charges pour lequel les parlementaires et les élus locaux aient aussi leur mot à dire. Cela pour qu’on aille vers une tarification sociale et que les classes populaires de la Seine-Saint-Denis ne soient pas exclues de l’accès aux événements. C’est possible dans le cas d’une concession mais pas si le stade est vendu à un opérateur privé. Lui ne prendra en compte que la rentabilité financière de l’enceinte. Les prix vont exploser, ils seront encore moins maîtrisables qu’aujourd’hui.

L’Etat prendra sa décision très probablement après les Jeux Olympiques 2024. Il n’a d’ailleurs pas intérêt à animer une polémique à quelques semaines de leurs ouvertures. Mais cela pose des questions sur le long terme : par exemple, l’opérateur privé pourrait ne plus souhaiter accueillir de compétitions sportives mais uniquement de grands concerts.

Les partisans de la vente du Stade de France estiment que l’infrastructure n’est pas rentable et représente un « gouffre financier » pour l’Etat. Qu’en est-il ?

La construction de cette enceinte s’est décidée très rapidement, pour l’occasion de la Coupe du monde de football, en 1998. Il devait y avoir un club résident, ce qui ne s’est jamais produit. Cela devait servir à rentabiliser l’infrastructure avec une vingtaine de matchs par an. De l’argent a été perdu, c’est vrai.

« Le modèle économique est tout à fait viable pour une reprise de concession. »

Mais depuis 2013, le stade est à l’équilibre financier. Il dégage même un peu de profit, très légèrement. Il a su diversifier ses activités avec des concerts et de grands spectacles. Le modèle économique est tout à fait viable pour une reprise de concession.

Puis, le privé ne rachète et n’est intéressé que parce qu’il pense que le stade est rentable. C’est pour cela qu’il y a des offres d’achat. Ces groupes n’ont pas d’intérêt à acheter un équipement avec lequel ils se pensent déficitaire pendant 20 ans.

Dans la proposition de résolution, vous évoquez l’élaboration « de propositions pour aller vers un modèle d’exploitation plus vertueux ». Lesquelles ?

Le groupe communiste et moi-même souhaitons davantage de transparence et de concertation dans les prises de décision. La question sociale serait davantage prise en compte : en permettant à ce que l’équipement sportif serve aussi à des clubs de Seine-Saint-Denis, en faisant en sorte que les places restent accessibles au plus grand nombre, …

Le modèle économique est déjà satisfaisant mais nous pourrions envisager une diversification des types d’événements proposés. Le stade a des potentialités sans doute encore inexplorées.

 

samedi 6 janvier 2024

Grenoble. Les supporteurs du GF 38 solidaires du Secours populaire


La tribune Ouest du stade des Alpes, celle qui accueille les supporteurs du GF38.

Le club des ultras du Grenoble foot 38 ouvre une cagnotte en ligne au profit du Secours populaire victime de la mise à sac de son entrepôt d’Echirolles.

Plusieurs centaines de milliers d’euros de préjudice. C’est le chiffre estimé par la fédération de l’Isère du Secours populaire français après le cambirolage et la mise à sac de son entrepôt d’Echirolles, le 23 décembre dernier. Et cela en pleine campagne de dsitribution des Pères Noël verts.

Non seulement le fruit des collectes de ces derniers mois a été volé, mais des véhicules dont le Secours venait de faire l’acquisition ont été désossés.

La solidarité s’est rapidement exprimée, par la ville d’Echirolles notamment. Parmi les initiatives en cours, celle du club des supporteurs du GF 38, le Red Kaos, en collaboration avec le club lui-même, par le biais de GF Engagement (label RSE du GF38). Une cagnotte en ligne est ouverte pour permettre la récolte des dons qui seront remis au Secours populaire.

Une initiative que l’on pourra retrouver sur la page Faceboock des Red Kaos ainsi que sur celle du GF38.

A noter enfin que les supporters et des bénévoles du Secours populaire organiseront une collecte à l’entrée de la tribune ouest lors du prochain match à domicile : Grenoble recevra Dunkerque coup d’envoi d’un prochain match à domicile devrait être donné par des membrs du Secours populaire Isère.


La déclaration du GF38 et des Red Kaos 1994

LE GF38 ET SES SUPPORTERS SOLIDAIRES AVEC LE SECOURS POPULAIRE
La semaine dernière, c’est avec effroi que nous apprenions le cambriolage de l’entrepôt départemental du Secours populaire à Echirolles. Les préjudices s’élèvent à plusieurs cen­taines de milliers d’euros. Cet acte terrible a suscité une vive émotion et il est désolant de voir une antenne de solidarité pillée et saccagée, qui plus est la veille de Noël. En Décembre 2022, nous avions organisé une collecte de jouets devant la tribune Ouest, un soir de match, avec les bénévoles du secours populaire d’Echirolles. Cet évènement nous touche, donc, d’autant plus et nous souhaitons apporter un soutien sans faille aux bénévoles et aux personnes en situation précaire, victimes collatérales de ce cambriolage.
Rapidement, la solidarité a succédé à l’indignation. Plusieurs appels, cagnottes et collectes de soutien ont vu le jour et nous tenons à en faire de même. Le GF38 a déjà soutenu pub­liquement le secours populaire par le biais d’un communiqué.
Nos valeurs d’entraide nous poussent également à prendre part à la vague de solidar­ité. C’est pourquoi, nous lançons aujourd’hui, en collaboration avec le GF Engagement (label RSE du GF38), une cagnotte en ligne accèssible via le QR Code ci-dessous ou que vous pou­vez retrouver au lien suivant:
https://lydia-app.com/pots?id=45788-soutien-au-secours-populaire-d-echirolles
Cette cagnotte a pour but d’aider, modestement, le secours populaire et s’inscrit dans la lignée d’actions de solidarité menées, à notre échelle, autour des matchs de Grenoble depuis de nombreuses années. La grande famille GF peut permettre, à hauteur des moyens de cha­cun, de relancer en partie le secours populaire et de faire en sorte que leurs actions quotidi­ennes continuent de subvenir aux besoins des plus démunis. Nous essaierons, toujours en re­lation avec GF Engagement (qui communiquera également sur d’autres actions), d’organiser la venue du secours populaire afin de leur remettre la somme récoltée, symboliquement, dans notre stade des Alpes.

Immigration : la Cour des comptes fait la leçon au gouvernement

Dans un rapport commandé et rédigé avant l’adoption de la loi asile et immigration, les sages de la rue Cambon soulignent le décalage entre l’inflation législative sur le sujet migratoire et le manque de réalisme et de volonté de l’État dans la mise en application de ses propres règles.




 Au total, avec un coût de 1,8 milliard par an et 16 000 fonctionnaires mobilisés à temps plein, la lutte contre l’immigration clandestine est loin d’être le parent pauvre de la République.

En matière de lutte contre l’immigration irrégulière, la Cour des comptes a appelé l’État à moins d’effets de manches et plus d’efficacité. En présentant le 4 janvier son rapport sur le sujet, réalisé avant l’adoption de la dernière loi asile et immigration, son premier président, Pierre Moscovici, a rappelé qu’en moins de dix ans, ce domaine a fait l’objet de 133 modifications de la législation. « Le ministère de l’Intérieur, souligne la Cour, a tendance, au gré de l’actualité, à réaffirmer ses priorités par circulaires, sans constituer pour autant de stratégie globale. » Mais cette « inflation législative » peine à se traduire dans les faits, à cause du manque de moyens dans les administrations. Comme le rappellent les sages, « la mise en œuvre des réformes législatives et réglementaires est conditionnée à la « capacité à faire » »

Manque de moyens humains, logiciel obsolète

Un chiffre résume le décalage entre la fermeté de la règle et les moyens de sa mise en application : alors que le nombre d’obligations de quitter le territoire (OQTF) délivré a augmenté de 60 % ces cinq dernières années, les effectifs des préfectures chargées de l’application de la législation sur le droit des étrangers n’ont eux crû que de 9 %. Résultat, « la plupart des préfectures sont surchargées, commettent des erreurs juridiques face à un cadre particulièrement complexe, et rencontrent des difficultés à respecter les délais légaux », souligne la Cour. La pression est d’autant plus forte sur ces fonctionnaires que toute la procédure concernant les étrangers en situation irrégulière est concentrée au niveau de ces préfectures. La Cour recommande donc – « et ce n’est pas son habitude », a rappelé Pierre Moscovici – un « renforcement en moyens humains ». En d’autres termes, l’embauche de fonctionnaires.

Au-delà du facteur humain, le rapport critique aussi l’éparpillement des informations. Pas moins de douze systèmes sont utilisés pour contrôler les étrangers et les enregistrer, mais faute de mise en commun des données, « les préfectures ne disposent d’aucune vision complète du parcours de chacun, de son entrée à sa sortie du territoire ». Quant au logiciel du ministère de l’Intérieur censé gérer les étrangers en France, il est jugé « obsolète ».

Des OQTF difficilement exécutables

L’éloignement des personnes en situation irrégulière est un autre point sur lequel la Cour pointe le décalage entre les discours et la réalité. Malgré les rodomontades du ministre de l’Intérieur, le taux d’exécution des OQTF n’est que de 12 %. Ce faible niveau, qui « n’est pas propre à la France », s’explique en partie par le caractère structurel des obstacles rencontrés : difficulté à identifier 20 à 30 % des étrangers, refus de certains pays de délivrer des laissez-passer consulaires pour leurs ressortissants présumés, ou encore difficultés d’embarquement sur des vols commerciaux. Pour toutes ces raisons, Pierre Moscovici juge « fantasmatique » la promesse présidentielle de 100 % d’OQTF exécutées. La Cour estime néanmoins que des mesures pourraient accroître le niveau actuel, comme la centralisation des procédures de demande de laissez-passer consulaire, le renforcement du personnel dans les CRA ou un meilleur développement des aides au retour volontaire.

Au total, avec un coût de 1,8 milliard par an et 16 000 fonctionnaires mobilisés à temps plein, la lutte contre l’immigration clandestine est loin d’être le parent pauvre de la République. Mais le rôle central pris par le ministère de l’Intérieur a entraîné un « désengagement » des autres ministères, estime la Cour, qui appelle à la mise en place « d’une stratégie interministérielle coordonnée ». La Cour des comptes, en revanche, s’est bien gardée de mesurer le coût humain et économique de cette grande fabrique de « sans-droits » qu’est devenue la politique migratoire. Si 12 % des quelque 450 000 OQTF prononcées chaque année sont appliqués, qu’offre-t-on aux 88 % restant d’autre qu’une vie d’exploitation et de misère, dans l’illégalité ?