samedi 7 juin 2025

Sécurité sociale : les malades chroniques dans le viseur du gouvernement


Dans sa quête effrénée d’économies, le gouvernement a de nouveau proposé des coupes claires sur la prise en charge des malades de longue durée. 13,8 millions de personnes sont concernées.

Les coups de rabot sur la Sécurité sociale se précisent. Alors que la macronie annoncera début juillet ses premières pistes d’économies budgétaires pour 2026, les malades chroniques ont déjà du souci à se faire. Lundi, le ministre de la Santé, Yannick Neuder, a ciblé sur la chaîne LCP, les personnes en affection de longue durée (ALD) : « Est-ce que c’est un gros mot de dire que par moments il faudra réévaluer l’affection longue durée, quand par exemple un patient est considéré en rémission complète ? » Le ministre de la Santé s’est même aventuré sur des exemples plus précis : « Est-ce que quand vous êtes diabétique de type 1 ou 2, que vous avez une voiture, est-ce que vous pouvez l’utiliser quand vous allez à votre rendez-vous médical ? »

Retraites à 64 ans : l’Assemblée nationale rejette (symboliquement) la réforme Borne

Les députés se sont prononcés contre la réforme des retraites Macron-Borne. À l’occasion d’une résolution non contraignante portée par les communistes, la gauche obtient une « première victoire » en mettant ainsi en minorité les tenants de la retraite à 64 ans.

Une gifle, une claque, un désaveu… La langue française offre de nombreuses possibilités pour qualifier le vote de l’Assemblée nationale, lors de la niche du groupe GDR où siègent les communistes, ce jeudi 5 juin. C’est très clairement une avanie que vient de subir le camp présidentiel. Après deux ans de déni démocratique, les députés ont enfin pu se prononcer sur la réforme des retraites de 2023, déjà largement rejetée par les Français. Dans un hémicycle déserté pas les macronistes certains d’être battus, la représentation nationale s’est prononcée pour l’abrogation du report de l’âge légal de départ à 64 ans.

La résolution non contraignante, portée par le député PCF et président du groupe GDR Stéphane Peu, a trouvé l’assentiment de 198 voix contre 35. L’Assemblée nationale reconnaît ainsi « l’impérieuse nécessité » de surseoir à la réforme, adoptée par 49.3 et qu’elle n’a donc jamais voté.

 

vendredi 6 juin 2025

La onzième édition du Street Art Fest Grenoble Alpes résiste à la crise


Le vernissage de l’édition 2025 du Street Art Fest se tenait vendredi 30 mai à l’ancien musée de peinture, place de Verdun, à Grenoble. Le festival qui a fait la gloire de l’agglomération grenobloise est en crise. Spacejunk, l'association organisatrice, a ainsi annoncé une année de vaches maigres due à la réduction des moyens budgétaires. D’où cette curieuse appellation, très à la mode : l’année de la "résilience".

Créée en 2003 à Grenoble, l’association Spacejunk y a ouvert une galerie d’art, avant d’inaugurer deux autres galeries, dans les années suivantes, à Lyon et Bayonne. C’est aussi dans la capitale des Alpes qu’elle a lancé sa plus belle œuvre, le Street Art Fest. Un festival devenu une vitrine et un événement de référence au niveau européen, permettant la réalisation de 455 fresques dans l’agglomération grenobloise en l’espace de onze ans.

Jérôme Catz, directeur du Street Art Fest.

Malheureusement, l’âge d’or des débuts s’est heurté de plein fouet aux difficultés économiques post-Covid, avec un contexte marqué par une baisse significative des financements alloués à la culture. Lors du vernissage, vendredi 30 mai, Jérôme Catz, directeur du festival, n’a ainsi pas mâché ses mots, regrettant vivement l’absence de l’adjointe à la culture de Grenoble (représentée par Luis Beltran Lopez, conseiller municipal).

« Vous avez supprimé la subvention historique de la ville pour le centre d’art Spacejunk. Cette subvention de 15 000 euros était attribuée pour toute l’activité du centre d’art à l’année, avec bien sûr les actions culturelles dans les écoles mais également le projet Venus, les cinq expositions de deux mois qui se succèdent durant l’année et, depuis 2015, le Street Art Fest », a‑t-il lancé dans son discours.

Jérôme Catz a poursuivi, interpellant toujours l’élue absente : « Vous avez justifié cette coupe de près de 50 % du budget global attribué à Spacejunk à une journaliste de France Bleu Isère. Je vous cite : ‘On est d’accord, ce festival est un moment fort de la vie culturelle à Grenoble. C’est pourquoi nous avons maintenu notre subvention de 25 000 euros. Mais cela faisait un bout de temps que l’on s’interrogeait sur le bien-fondé de la subvention publique de 15 000 euros que la Ville accorde à Spacejunk pour ses autres activités, notamment des activités commerciales’. »

Il a par ailleurs pointé les principales conséquences de cette suppression de subvention à Spacejunk, à savoir le licenciement de six salariés et un festival sensiblement réduit. Rappelons que la Métropole a supprimé sa subvention de 50 000 euros (ligne culture plus ligne « attractivité de la Métropole ») et que plusieurs villes se sont retirées (Pont-de-Claix, Fontaine…).

Les subventions publiques sont à comparer avec le budget global du festival : 500 000 euros. Cette année, on observe donc une réduction sensible de la voilure du festival :

  • Exposition à l’ancien musée place de Verdun.
  • Quinze créations de fresques (voir le détail sur le site du Street Art Fest).
  • Quelques  visites à Saint-Martin‑d’Hères.
  • Un lieu éphémère au pôle Neyrpic.
  • Une surprise importante en septembre (tenue secrète)  avec une création conçue avec les universités de Grenoble et Strasbourg.

Le directeur du festival a remercié la ville de Grenoble (25 000 euros de subvention, mise à disposition de l’espace d’exposition), les villes de  Saint-Martin‑d’Hères, Seyssinet-Pariset, Meylan, Saint-Égrève, Vizille, Claix, ou encore le CROUS. Il a également salué les donateurs (40 000 euros) par appel sur réseaux sociaux (HelloAsso). Sans oublier les 70 bénévoles — chaudement applaudis — du festival «  qui ont répondu présent et qui donnent de leur temps, parfois même qui posent des vacances pour être ici ».

« Le festival de street art est totalement gratuit. Le street art est en prise avec l’actualité, prend ses racines dans les revendications, développe l’irrespect », a enfin souligné Jérôme Catz. Avant de conclure : « Nous allons essayer de redonner toute sa splendeur au Street Art Fest dès l’an prochain… D’où la casquette ‘Street Art Fest again’. »

Œuvre de l’artiste Eric Ze King (EZK).

 

Retraites à 64 ans : l’Assemblée nationale rejette (symboliquement) la réforme Borne

Les députés se sont prononcés contre la réforme des retraites Macron-Borne. À l’occasion d’une résolution non contraignante portée par les communistes, la gauche obtient une « première victoire » en mettant ainsi en minorité les tenants de la retraite à 64 ans.

Une gifle, une claque, un désaveu… La langue française offre de nombreuses possibilités pour qualifier le vote de l’Assemblée nationale, lors de la niche du groupe GDR où siègent les communistes, ce jeudi 5 juin. C’est très clairement une avanie que vient de subir le camp présidentiel. Après deux ans de déni démocratique, les députés ont enfin pu se prononcer sur la réforme des retraites de 2023, déjà largement rejetée par les Français. Dans un hémicycle déserté pas les macronistes certains d’être battus, la représentation nationale s’est prononcée pour l’abrogation du report de l’âge légal de départ à 64 ans.

La résolution non contraignante, portée par le député PCF et président du groupe GDR Stéphane Peu, a trouvé l’assentiment de 198 voix contre 35. L’Assemblée nationale reconnaît ainsi « l’impérieuse nécessité » de surseoir à la réforme, adoptée par 49.3 et qu’elle n’a donc jamais voté.

Et maintenant, un référendum ?

« Son élaboration et sa mise en œuvre n’ont respecté aucune des règles les plus élémentaires de la démocratie sociale et du parlementarisme », a tancé le chef de file communiste. Il a pourfendu une « réforme brutale et injuste », un « impôt sur la vie ». Soutenus par l’ensemble des groupes de gauche, les communistes ont donc réussi leur pari : sanctionner le gouvernement, comme le président de la République.

Si les élus du Rassemblement national ont apporté leurs voix à la résolution, leurs suffrages n’ont pas été nécessaires pour que le texte soit adopté. C’est une victoire symbolique obtenue par le Nouveau Front populaire en pleine journée de mobilisation « pour les retraites, les emplois et les salaires » menée par la CGT. C’est aussi un camouflet pour François Bayrou, actuel premier ministre, et son simulacre de « conclave » entre le patronat et les syndicats, dont certains ont quitté la table des discussions.

Après le vote de cette résolution, le Parti communiste français s’est aussi félicité d’une « première victoire ». Il en appelle maintenant un référendum sur les retraites pour « que le peuple décide ».

 

jeudi 5 juin 2025

Introduction de Fabien Roussel à la Conférence nationale PCF - OLP

Monsieur le président du Conseil palestinien des droits de l’homme, 
Monsieur l’Ambassadeur de Cuba en France,
Monsieur l’Ambassadeur de Mauritanie en France,
Mesdames, Messieurs les ministres conseillers, représentants des ambassades,
Monsieur le Président du Forum Palestine, 
Monsieur le Président du département des affaires des expatriés,
Monsieur le Gouverneur de Jericho et de la vallée du Jourdain

Monsieur le Secrétaire général du Parti du peuple palestinien,
Monsieur le Premier secrétaire de l’Ambassade de Palestine en France,
Mesdames et Messieurs de la délégation palestinienne en vos grades et qualité,
Monsieur le Président du groupe d’amitié France-Palestine à l’Assemblée nationale,
Mesdames, Messieurs les parlementaires,
Mesdames, Messieurs les élu·es,
Mesdames, Messieurs les présidents d’association,
Mesdames, Messieurs les représentants des forces syndicales, associatives et politiques,

Mesdames, Messieurs,
Cher·ères camarades,


C’est avec émotion et gravité que j’ouvre cette conférence internationale pour les droits du peuple palestinien et la reconnaissance de l’Etat de Palestine, que le PCF organise avec l’OLP à laquelle nous lie une longue et fraternelle amitié.

Nos regards se tournent immédiatement vers Gaza, vers le peuple palestinien victime des massacres de masse, du nettoyage ethnique, de crimes conte l’humanité ; le peuple palestinien, victime d’un véritable génocide orchestré par le gouvernement d’extrême-droite israélien de Benjamin Netanyahou. 

Il est temps d’agir concrètement pour faire cesser cette barbarie ; cette violence meurtrière insupportable ; cette violation totale du droit international, 

Il est temps d’agir pour mettre fin à la destruction totale de Gaza et au nettoyage ethnique de sa population.

Il est temps d’agir pour mettre un terme à ce blocus inhumain du territoire palestinien, à cette situation de famine qui menace plus de 2,1 millions de personnes piégées et bombardées.

80% de l’eau de Gaza est non potable. Seules deux stations d’épuration fonctionnaient encore. Le gouvernement israélien vient d’en couper l’électricité. Tout est fait pour exterminer un peuple entier par la faim, la soif, la maladie.

L’armée israélienne se livre à une politique de terre brûlée sur un territoire qu’elle a quasi totalement rasé.

Gaza est devenu un trou noir humanitaire. Un véritable cimetière à ciel ouvert. Tous les Gazaouis sont aujourd’hui confrontés à la famine ou à la malnutrition.

Face au génocide du peuple palestinien, face au nettoyage ethnique en Cisjordanie, la communauté internationale, la France n’a pas le droit de fermer les yeux.

Car l’objectif de cette politique de terreur menée par le gouvernement suprémaciste de Benjamin Netanyahou est d’effacer de la carte du monde le peuple palestinien.

C’est ce que revendiquent ouvertement les ministres d’extrême droite du gouvernement israélien et c’est ce que soutient l’administration de Donald Trump. 

En Cisjordanie, à Jérusalem, les frappes de drones, les tirs de sniper contre des enfants, les incursions armées, les destructions de maisons, de champs, et la violence des colons israéliens se déchaînent.

Là encore, la volonté du gouvernement israélien est d’annexer illégalement ces territoires et de les vider de leur population palestinienne.



Il est urgent de faire appliquer les décisions de la Cour Internationale de Justice et de la cour pénale internationale. La place de Benyamin Netanyahou est devant un tribunal et derrière les barreaux !

Tout comme les auteurs des crimes terroristes du Hamas du 7 octobre 2023.

Nous les avons condamnés avec force, et nous les condamnons encore.

Ils sont aujourd’hui utilisés par le gouvernement Netanyahou pour effacer le peuple palestinien, raser Gaza, accélérer la colonisation dans les territoires occupés comme à Jérusalem.

Nous sommes ici rassemblés pour dire avec force : les massacres, les crimes contre l’humanité, le génocide doivent prendre fin !

Pour cela, il est temps d’agir. Les mots ne suffisent plus.

Il faut que le gouvernement français use de tout son poids pour que l’UE suspende l’accord d’association avec Israël tant que celui-ci piétine le droit international et massacre la population de Gaza.

La France peut prendre elle-même la décision de rompre toute relation commerciale avec Israël et mettre fin à l’importation de produits provenant des colonies et des territoires occupés.

Mais surtout, nous sommes ici pour dire qu’une solution politique existe.

Elle est connue depuis 1947 : deux Etats pour deux peuples, un Etat de Palestine pour le peuple palestinien, un Etat d’Israël pour le peuple israélien. 

L’OLP par la voix de Yasser Arafat a proclamé l’Etat de Palestine en 1988. Yasser Arafat est venu à Paris peu de temps après pour l’annoncer et demander à la France de le reconnaître. Il a été reçu en ce lieu même, par Georges Marchais alors Secrétaire général du parti communiste français.

Depuis toujours, nous avons été auprès de l’OLP pour défendre, ensemble, l’existence d’une Palestine libre, démocratique et laïque.

Et aujourd’hui, c’est bien de cela dont nous parlons. Il ne s’agit pas seulement de défendre la liberté et l’indépendance du peuple palestinien. C’est son existence même qui est en cause, qui est menacée. Alors oui, il y a urgence.

Aujourd’hui, 148 états ont reconnu l’Etat de Palestine. Des institutions internationales l’ont reconnu. Le président de la République, Emmanuel Macron, a déclaré il y a quelques jours que la reconnaissance de l’Etat de Palestine était un « devoir moral et une exigence politique ». 

On ne peut qu’apprécier ce changement de ton de la diplomatie française. Mais il faut passer aux actes ! Maintenant, car il y a urgence ! Il faut reconnaître immédiatement l’Etat de Palestine !

Cet acte ne serait pas uniquement une déclaration symbolique.

Ce serait un acte hautement politique.

Ce serait faire entrer de plein droit la Palestine dans la communauté des nations.

Ce serait reconnaître qu’il existe une représentation légitime du peuple palestinien, l’Organisation de libération de la Palestine.

Ce serait dire qu’il existe un interlocuteur légitime pour mettre en oeuvre une solution politique fondée sur le droit et la justice : l’Autorité palestinienne.

Ce serait reconnaître qu’il existe un territoire palestinien qui doit être gouverné d’une manière indépendante et d’un seul tenant, avec la Cisjordanie, Jérusalem-Est et Gaza. 

Ce serait reconnaître qu’il existe un peuple, le peuple palestinien, qui porte des exigences de libération nationale et d’autodétermination pour vivre en paix avec ses voisins.

Autant de réalités niées par le gouvernement israélien qui, en plus de commettre des crimes contre l’Humanité, déstabilise totalement cette région du monde.


Le but est bien d’arriver à une situation où les deux États, souverains, vivant côte à côte et en sécurité, soient mutuellement reconnus par tous les États de la région.

La reconnaissance de l’Etat de Palestine n’est pas une fin en soi. C’est un début. Pour faire appliquer le droit international, la fin de la colonisation, la fin de l’occupation, le droit au retour des réfugiés.

Pour cela, nous avons un interlocuteur politique. Il s’agit de l’Organisation de Libération de la Palestine. 

Vous aurez remarqué que nous n’avons pas choisi la date de notre conférence au hasard.

La date du 4 juin renvoie évidemment au 4 juin 1967, veille de l’offensive israélienne qui allait occuper Jérusalem Est, la Cisjordanie, Gaza. Les frontières de 1967 sont bien notre référence.



Chers amis de l’OLP, vous le savez, le PCF est à vos côtés depuis cinq décennies.

La première rencontre entre les directions de nos deux organisations remonte à 1975. 

Vos exigences et votre objectif, celles de la charte que vous avez donnée à l’OLP, sont les bases de la lutte que le PCF porte pour les droits nationaux du peuple palestinien, pour un Etat démocratique vivant selon les principes de la coexistence pacifique, de la charte des Nations Unies. 

Pour reprendre les mots de la déclaration d’indépendance de 1988, « une patrie libre pour un peuple d'hommes et de femmes libres ». 

C’est au nom de ces principes que les communistes français sont si attachés, et si mobilisés pour les droits nationaux du peuple palestinien.

C’est sur cette base que nous avons travaillé à une déclaration commune le 29 novembre dernier, à l’occasion de la journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien.

Nous allons travailler maintenant à la constitution d’une alliance internationale la plus large possible pour les droits nationaux du peuple palestinien.



Car notre boussole, c’est bien le droit international.



C’est vrai pour la Palestine, comme pour d’autres régions du monde. Faire appliquer le droit international en Palestine n’est pas simplement une exigence et une nécessité pour les Palestiniens. 

C’est une exigence internationale, pour faire appliquer partout les décisions de la justice internationale et faire vivre les instances du multilatéralisme mondial, faire vivre l’ONU, sur la base de la charte des Nations Unies. 

C’est une des questions des batailles internationales majeures qui sont en cours, alors que les forces d’extrême-droite, celles des divers fondamentalismes religieux, partout à l’offensive, cherchent à imposer la loi du plus fort.

Le monde est au bord d’un basculement dangereux pour l’humanité. Notre priorité est de faire respecter la justice et le droit.

Cette exigence grandit, y compris au cœur du peuple israélien où une mobilisation inédite appelle à l’arrêt de la guerre à Gaza, au retour des otages, au départ de Netanyahou et de son gouvernement.

Nous réaffirmons notre pleine solidarité agissante avec les forces de paix en Israël, parmi lesquelles figurent nos camarades du Parti communiste israélien et du Hadash.



Nous portons, avec vous, l’ambition de travailler à la construction d’un rapport de force pour faire avancer ces exigences, au sein du peuple français et des peuples européens.

Notre conférence d’aujourd’hui vise à construire un mouvement de paix large et influent, capable d’influer sur les décisions gouvernementales et de peser pour la mobilisation des peuples et des opinions.


Ici, dans ce lieu, le PCF a animé la résistance et la lutte pour l’indépendance et la liberté du peuple algérien, avec ses représentants. Et nous avons gagné.

Ici, dans ce lieu, le PCF a animé la résistance et la lutte pour l’indépendance et la liberté du peuple vietnamien, avec ses représentants. Et nous avons gagné.

Ici, dans ce lieu, le PCF a animé la résistance et la lutte pour mettre fin à l’apartheid et pour la libération de Nelson Mandela. Et nous avons gagné.

Chacune de ces batailles fut difficile, âpre.

Nous étions souvent seuls au départ. Et nombreux à la fin.

Car l’histoire nous a appris que rien ne peut résister à un peuple qui aspire à vivre libre, qui défend sa liberté et son indépendance.

Au nom de cette histoire, nous savons que vous gagnerez. Que nous gagnerons.

Ce jour doit être un jour d’espoir pour les peuples palestinien et israélien, l’espoir de vivre en paix et en sécurité.

Vive l’amitié des peuples français et palestinien

Vive l’alliance internationale pour les droits du peuple palestinien

 

Suspension des allocations pendant 1 à 4 mois : voici les nouvelles sanctions ciblant les chômeurs


 Six mois après l’entrée en vigueur de la loi pour le plein emploi, son volet sanctions, condamné unanimement par les associations et les syndicats, a été formalisé dans un décret publié le 31 mai au Journal officiel. Il prévoit la suspension d’au moins 30 % de l’allocation des demandeurs d’emploi, dont les bénéficiaires du RSA, pour une durée allant jusqu’à quatre mois.

Ce n’était qu’une question de temps. Six mois après l’entrée en vigueur de la loi pour le plein emploi sur l’ensemble du territoire, son volet « sanctions » a finalement été formalisé ce samedi 31 mai, à travers un décret publié au Journal officiel. Les demandeurs d’emploi n’échapperont donc pas à ce qui est considéré comme la disposition la plus délétère de cette réforme.

Cette loi impose depuis janvier dernier une inscription d’office dans les fichiers de France Travail à l’ensemble des 1,2 million d’allocataires du revenu de solidarité active (RSA), mais aussi aux 1,1 million de 16-25 ans suivis par les missions locales, ainsi qu’aux 220 000 personnes en situation de handicap qu’épaule Cap emploi. Tous sont tenus de se plier à 15 heures d’activité hebdomadaire, via un contrat d’engagement, sous peine de représailles, détaillées dans ce décret.

Il permet de dissiper quelque peu le flou entretenu autour de ce nouveau régime de sanctions que l’exécutif nomme pudiquement « dispositif de suspension-remobilisation ». Concrètement, ne pas respecter « le contrat d’engagement », en se soustrayant notamment aux quinze heures d’activité hebdomadaire, coûtera aux demandeurs d’emploi « la suspension d’au moins 30 % » de leur allocation pour une durée d’un à deux mois, qui pourra s’étendre jusqu’à quatre mois, en cas « de manquements répétés », indique le décret.

Mesure infantilisante et stigmatisante

Il s’agirait là « d’une nouvelle logique de sanctions proportionnées, graduelles, non-automatiques et réversibles », assure, dans un communiqué, le ministère du Travail, selon qui ce décret préserverait « les garanties essentielles aux droits des personnes », notamment « les bénéficiaires du RSA ayant à leur charge une famille » pour qui serait prévu « un plafonnement à 50 % de la part de leur revenu pouvant être suspendue ou supprimée ».

Si pour la ministre du Travail Catherine Vautrin, l’introduction de ce nouveau régime de sanctions serait incontournable dans l’objectif de « favoriser une remobilisation pour un retour rapide à l’emploi », les associations, les syndicats, et la Défenseure des droits, ne l’entendent pas ainsi et continuent de dénoncer unanimement une mesure infantilisante et stigmatisante, en rupture avec les principes fondamentaux au cœur du système français de protection sociale.

La Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) l’a pour sa part réaffirmé dans une déclaration rendue publique, le 19 décembre 2024, où elle s’insurgeait contre une mesure jugée « attentatoire aux droits humains ». À savoir : le droit à des « moyens convenables d’existence » prévu dans le préambule de la Constitution de 1946 et le droit à « une insertion sociale et professionnelle librement choisie » inclus dans la charte sociale européenne. L’institution pointe en outre « une relégation inacceptable des droits humains derrière les priorités économiques dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques sociales ».

Le Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale (CNLE), instance placée auprès du Premier ministre et composée des principaux acteurs institutionnels et associatifs impliqués sur ces sujets, a aussi donné de la voix, en mai, critiquant vertement ce nouveau régime de sanctions, susceptible à ses yeux « d’impacter durement les parcours des allocataires du RSA et d’accentuer les inégalités de traitement ».

mercredi 4 juin 2025

Agression au Prolé d’Alès : du Gard à l’Isère, résistance à la violence de l’extrême droite


 La foule dans la cour du Prolé, pour l'ouverture de la féria d'Alès : un lieu emblématique des luttes, de la fête et de la culture, géré par les communistes. © PCF Alès / Facebook

Une douzaine de néo-nazis ont violemment attaqué le bar associatif et militant Le Prolé, à Alès, vendredi 30 mai au soir, durant la féria, faisant une vingtaine de blessés parmi les clients et militants communistes présents. Une agression qui s'inscrit dans un climat de recrudescence des violences de la part de l'extrême droite, dans le Gard comme en Isère et partout en France. Réclamant la dissolution du Bloc montpelliérain (le groupuscule mis en cause), le PCF appelle à un large rassemblement ce lundi 2 juin, à 18h, devant la sous-préfecture d'Alès.

C’est une institution alésienne et cévenole qui a été prise pour cible par l’extrême droite le 30 mai, en pleine féria : Le Prolé, bar associatif et militant, affilié au Parti communiste. « Ce vendredi soir, une horde d’une douzaine de néo-nazis du groupe bien connu pour ses violentes expéditions, le Bloc montpelliérain, a fait irruption au Prolé d’Alès, assénant de coups et de gaz lacrymogène la foule en fête et les militants communistes et leurs ami.e.s. Une vingtaine de personnes, parmi le public et nos camarades, ont été blessées, secourues par la Croix-Rouge et le SAMU, dont un militant cheminot PCF hospitalisé en urgence », relate Giovanni Di Francesco, secrétaire de la section d’Alès du PCF dans un communiqué.

Le Prolé est affilié à la section communiste locale. © PCF Alès / Facebook

« Une agression d’une violence redoutable », décrit Le Prolé, qui a lancé un appel à témoins sur sa page Facebook afin de collecter des preuves. Pour les animateurs du lieu, le coupable de cette véritable expédition punitive est tout désigné également : le Bloc montpelliérain, groupuscule d’extrême droite qui s’était déjà distingué par ses menaces et intimidations lors de la précédente féria.

« Mercredi 28 mai, premier soir de la féria, le Bloc montpelliérain revient au Prolé en faisant cette fois une story vidéo pour nous provoquer à nouveau », racontent les responsables du bar. « C’est dans la nuit du vendredi 30 mai au samedi 31 mai qu’ils sont revenus à une douzaine dans les locaux du Prolé, avec l’envie d’en découdre et armés de leurs poings et bombes lacrymogènes. »

« L’extrême droite a montré, une nouvelle fois, son sale visage »

« Ces activistes d’extrême droite doivent être jugés et leur organisation dissoute. Ils étaient de ceux qui ont défilé à Paris dernièrement, étendard nazi en main en toute impunité », s’insurge Giovanni Di Francesco, qui a saisi le procureur de la République, tandis que les blessés déposaient plainte. De son côté, Fabien Roussel indique avoir pris contact avec le ministre de l’Intérieur « pour demander la dissolution de ce groupuscule d’extrême droite dangereux ».

« À Alès, l’extrême droite a montré, une nouvelle fois, son sale visage », accuse le secrétaire national du PCF dans un communiqué. « Le Parti communiste, dans toute son histoire, ne s’est jamais laissé intimider par la violence. La brutalité et la sauvagerie qui ont été mises en œuvre (…) à Alès par une bande de voyous ne nous impressionnent pas. Elles confortent nos convictions profondes et appellent à amplifier le travail que nous menons déjà partout en France, pour lutter contre l’extrême-droite et expliquer à tous le danger qu’elle représente pour la République. »

Des militants isérois également ciblés par l’extrême droite

Ces dernières années, les agressions, menaces et dégradations se sont multipliées envers les locaux et les militants du PCF, mais aussi d’autres partis de gauche, d’organisations syndicales ou de mouvements antifascistes. Des violences portant le sceau de l’extrême droite et qui n’ont pas épargné l’Isère.

André Mondange, maire communiste du Péage-de-Roussillon (Isère).
André Mondange, maire PCF du Péage-de-Roussillon, frappé par plusieurs individus d’extrême droite, fin 2023, près d’Avignon. © BFMTV (capture d’écran)

On se souvient notamment de la violente agression raciste dont avaient été victimes André Mondange, maire communiste du Péage-de-Roussillon, et sa fille métisse, près d’Avignon, en décembre 2023. Ou encore des tags nazis, antisémites et anticommunistes au domicile de notre camarade, rédacteur du Travailleur alpin, Édouard Schoene, en mars 2023, à Fontaine. Plus récemment, le 1er mai dernier, c’est le local de l’UL CGT de Fontaine qui a été dégradé, avec des inscriptions laissant là encore peu de doutes sur le positionnement politique des auteurs.

Rassemblement lundi 2 juin à Alès

Face à la bête immonde, l’heure est donc à la résistance. Le PCF appelle ainsi tous les républicains à se retrouver au rassemblement organisé lundi 2 juin à 18h, devant la sous-préfecture d’Alès, pour dénoncer ces groupuscules, l’extrême droite et le danger qu’ils représentent. Une mobilisation soutenue par l’ensemble des forces progressistes du Gard.

Giovanni Di Francesco prévient : « Jamais au grand jamais, nous ne laisserons sous silence se repaître les descendants de ceux qui avaient plongé la France et le monde dans leurs heures les plus sombres, ceux qui visent à opposer les humains entre eux pour mieux les dominer, les annihiler, les déshumaniser. Nous leur opposons fraternité, luttes émancipatrices et culture, solidarité et justice sociale, paix », conclut le secrétaire de la section d’Alès.