1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.
4/10 mai 1936 (18) Soutien sans participation !
Trois jours après ce second tour triomphal, Maurice Thorez et Jacques Duclos réunissent la presse à la Mutualité. Dans une déclaration liminaire (intégralement reprise dans l’Humanité du dimanche 10), le secrétaire général estime que le vote massif pour les candidats communistes, pour ceux du Front populaire est motivé par une volonté de paix (et la hantise de Hitler), par une aspiration démocratique (et la dissolution des ligues factieuses), par un désir de progrès social (salaires et semaine de 40 heures). Il juge que le slogan communiste qui a connu le plus grand succès est celui qui demande « une France libre, forte, heureuse ». À présent, pour faire autrement, il faut faire payer les riches et il reprend les cinq résolutions que le nouveau groupe parlementaire communiste vont déposer (ce sont les cinq demandes déjà présentées par lui le 1er mai, voir l’article précédent) : nouvelle politique sociale, familiale, sportive, agricole.
Ce qui implique de changer de gouvernement. Thorez précise : « Il revient au parti le plus important de la nouvelle majorité, avec lequel nous sommes liés par un pacte d’unité d’action, de prendre la direction des affaires publiques. » Autrement dit la SFIO de Blum. « Pour notre part, nous l’assurons de notre appui complet à la chambre et dans le pays pour l’application d’une politique conforme aux aspirations indiquées par notre peuple dans le dernier scrutin. Nous ne participerons pas : nous l’avons dit et répété très loyalement au cours de notre campagne électorale. »
Il ajoute : « Nous sommes le Parti communiste, nous avons l’ambition et la volonté de conduire notre peuple vers une meilleure société où la possession des grands moyens de production sera le fondement du pouvoir des travailleurs libérés du joug du capital. En attendant, nous voulons soutenir sans réserve les forces démocratiques et de paix, appuyer tout effort pour améliorer le sort des travailleurs. »
Ajoutons encore cette phrase : « Nous voyons comme condition essentielle du succès du Front populaire : sa cohésion, son organisation, l’action des masses. »
L’autre caractéristique de cette semaine très politique, ce sont les ouvriers, les paysans, les syndicats qui haussent le ton. Benoit Frachon fait la Une de l’Humanité du 8 mai avec ce titre : « La CGT devant les problèmes actuels ». Il se félicite du résultat des élections et il note : « Il s’agit maintenant de cueillir les fruits de la victoire, de satisfaire aux légitimes revendications des masses laborieuses. La CGT entend bien faire l’impossible pour qu’un résultat positif soit obtenu dans les délais les plus courts.
(…) Les syndicats ne réclameront rien qui soit irréalisable. Ils demanderont tout ce qui peut être fait, même si cela nécessite de bousculer les routines ou de porter atteinte aux privilèges des oligarchies.»
Gérard Streiff
Article publié dans CommunisteS, numéro 1085 du 6 mai 2026.

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