mardi 5 mai 2026

Lettre ouverte à la ministre de la Culture pour le maintien des aides au spectacle vivant


 Madame la Ministre,

Nous sommes des professionnels du théâtre et du spectacle vivant. Chaque jour, nous faisons vivre la culture sur l’ensemble des territoires, dans de grandes comme de petites salles, partout avec la même exigence artistique. Chaque jour, nous sommes au contact de toutes les populations, sans distinction d’âge ni de milieu social. À la campagne comme en ville, dans les festivals comme sur l’ensemble des territoires, nous avons la chance d’offrir à nos publics une diversité de création unique.

Mais à quelques semaines du début du festival d’Avignon, nous sommes contraint·es de sonner l’alerte quant aux baisses drastiques qu’a subi le fonds d’aide à l’emploi pérenne, le FONPEPS, si indispensable pour nos secteurs.

Une fois de plus, ce sont les artistes qui vont particulièrement pâtir de la situation. Nous nous alarmons particulièrement, Madame la Ministre, de la fragilisation du dispositif de soutien à l’emploi du plateau artistique pour les salles de petite jauge (APAJ) qui a été réduit de moitié par un décret pris le 30 décembre dernier en catimini, sans aucune concertation.

Depuis 2016, l’APAJ a permis à des milliers de spectacles – théâtre, cirque, musique, danse, etc.- de se créer, en assurant aux artistes et aux technicien·nes des rémunérations conformes à nos conventions collectives, et engendrant ainsi une amélioration majeure des conditions sociales dans notre secteur.

Aujourd’hui, il y a urgence car la remise en cause de ces dispositifs emporte des réalités concrètes et fait peser un risque immédiat, une menace directe pour l’emploi au Festival Off d’Avignon et au-delà. En effet, rien que pour le festival Off d’Avignon, c’est plusieurs centaines de compagnies qui bénéficient de l’APAJ.

La réduction de cette aide de moitié, représente une économie équivalente à moins 0,2 % du budget du Ministère, mais constitue une véritable catastrophe pour nos professions à quelques semaines du festival. Cette décision brutale, prise sans concertation, risque de réduire fortement le nombre de représentations et d’artistes présents sur scène… ce sont des milliers d’emplois qui sont en jeu ! Il y a donc urgence à agir et à nous entendre.

Aujourd’hui, il est plus que jamais essentiel d’affirmer que la culture est une source d’inspiration, d’espoir et parfois de réconfort. Elle crée du lien, elle nous rassemble, et elle permet de faire société. Jour après jour, nos conditions de travail se dégradent, et il devient de plus en plus difficile de proposer la diversité culturelle qui fait pourtant la richesse de notre pays. Il est temps d’écouter la profession dans l’ensemble de ces difficultés.

Ici, nos demandes sont simples, madame la Ministre : l’ouverture rapide d’une concertation sur les critères du FONPEPS et plus largement la modification de ce décret avant le 1er juillet et avant le début du Festival d’Avignon ; ainsi que l’engagement qu’au moins 15 millions d’euros soient consacrés à l’APAJ comme les années précédentes.

Madame la Ministre, vous qui débutez votre mandat, allez-vous permettre à des milliers de spectacles de se produire décemment et des milliers d’artistes de vivre dignement ?

Signer la lettre ouverte ici

Parmi les premiers signataires 

Youssouf Abi-Ayad, Vincent Acampo, Mohamed Adi, Christophe Alévêque, Louis Arene, Véronique Ataly, Marion Aubert, Jean-Philippe Azéma, Gregori Baquet, Charles Berling, Audrey Bertrand, Bernard Blancan, Jean-Paul Bordes, Thierry Bosc, Christophe Botti, Elisabeth Bouchaud, Leslie Bourdin, Anne Bouvier, Magali Braconnot, Didier Brice, Vincent Caire, Ivan Calberac, Florence Camoin, Anne Cantineau, Jil Caplan, Jessie Chaton, Arnaud Chéron, Arnaud Churin, Samuel Churin, Annelise Clément, Elodie Colin, Catherine Corsini, Guy-Pierre Couleau, Olivier Coulon-Jablonka, Laurence Courtois, Françoise Cousin, Anne Coutureau, Claire Dabos, Jean-Philippe Daguerre, Harold David, Alexandre De Dardel, Guillaume De Tonquédec, Zazie Delem, Thomas Dolié, Laurent Domingos, Julia Duchaussoy, Gabriel Dufay, César Duminil, Laurent Eyraud-Chaume, Claire Faugouin, Antoine Formica, Cécile Fraisse-Bareille, Alain Fromager, Céline Fuhrer, Christine Gagnepain, Fabien Gorgeart, Raphaëline Goupilleau, Sabine Grislin, Aurélia Guillet, Baptiste Guiton, Eric Herson-Macarel, Frédéric Hocquard, Bérangère Jannelle, Heloise Jouary, Sam Karmann, Nathalie Kousnetzoff, Emmanuelle Laborit, Ludovic Laloy, Eric Laugérias, Jeanne Lazar, Benjamin Lazar, Lazare, Marie Le Cam, Cyril Le Grix, Clémentine Lebocey, Aymeric Lecerf, Sophie-Anne Lecesne, Pierre-Yves Lenoir, Françoise Lépine, Anne-Laure Liégeois, Bernard Malaka, Laura Mariani, Agnès Marietta, Fabio Marra, Olivier Martinaud, Blandine Masson, Rousseau Mathilde, Elizabeth Mazev, Blandine Métayer, Guillaume Meurice, Chloé Morin, Anna Mouglalis, Clotilde Moynot, Didier Mugica, Olivier Neveux, Rose Xanh NguyễN TiếT-Millot, Johanna Nizard, Emmanuel Noblet, Claire Nollez, Cédric Orain, Jean Luc Palies, Etienne Parc, Dominique Parent, Lucas Partensky, Lea Passard, Marie Payen, Richard Pierre, Julie Pietri, Marianne Pommier, Louise Prieur, Rémi Prin, Bruno Putzulu, Olivier Rabourdin, Jean Yves Ravoux, Marie Remond, Pauline Ribat, Laurent Richard, Martine Ritz, Caroline Rochefort, Ivan Romeuf, Aurélien Rondeau, Stanislas Roquette, Hugo Roux, Alain Sachs, Joachim Salinger, Stéphanie Schwartzbrod, Mikaël Serre, Jean-François Sivadier, Frédéric Sonntag, Anne-Élodie Sorlin, Alexandre Steiger, Nicolas Struve, Olivier Talpaert, Sophie Tellier, Bertrand Thamin, Julie Timmerman, Roland Timsit, Charles Tordjman, Panchika Velez, Sara Veyron, Régis Vlachos, Gérard Watkins, Olivier Werner, Émilie Wiest, Lisa Wurmser…

Au plus près de celles et ceux qui créent

L’Humanité a toujours revendiqué l’idée que la culture n’est pas une marchandise, qu’elle est une condition de la vie politique et de l’émancipation humaine.

Face à des politiques culturelles libérales, qui fragilisent le service public de la culture, le journal rend compte de la résistance des créateurs et de tous les personnels de la culture, mais aussi des solidarités du public.

Les partis pris insolites, audacieux, singuliers sont la marque de fabrique des pages culture du journal. Nos journalistes explorent les coulisses du monde de la culture et la genèse des œuvres qui font et bousculent l’actualité.

Guillaume Lissy élu président de la Métropole de Grenoble.



 Guillaume Lissy élu président de la Métropole de Grenoble.

Retour sur une semaine où l’avenir du territoire s’est joué.
Alors que le conseil du jeudi 23 avril s’était révélé chaotique, et que l’issue était incertaine, une semaine d’intenses négociations aura permis à la gauche d’imposer son candidat à la présidence, assortie d’un accord de gouvernance qui préserve un cap progressiste tout en intégrant l’ensemble des sensibilités du conseil.
Révélations sur :

lundi 4 mai 2026

Flottille pour Gaza : Thiago Avila et Saif Abu Keshek emmenés de force en Israël

Arrêtés en même temps que près de 175 militants qui entendaient rejoindre les côtes de Gaza depuis libérés depuis, les deux hommes, eux, sont toujours entre les mains des forces armées israéliennes qui entendent les « interroger ». Raphaëlle Primet, co-présidente du groupe communiste au Conseil de Paris, qui vient de rentrer en France après avoir été elle aussi kidnappée, lance un appel pour leur libération.

Selon Tel Aviv, les arrestations auraient été « menées pacifiquement ». Pourtant, à leur arrivée en Grèce, après leur libération, une trentaine de participants ont été hospitalisés pour « des premiers soins », selon les autorités grecques, qui n’ont pas donné de détails. Certains participants affirment avoir été frappés à coups de poing et de pied, traînés au sol, les mains liées, et avoir essuyé des tirs de balles réelles et en caoutchouc à bord d’un navire de guerre israélien après leur enlèvement dans les eaux internationales, à plus de 500 milles (926 km) nautiques de Gaza.

La flottille a publié sur X des vidéos montrant plusieurs militants blessés, avec des traces de coups à l’oeil et au nez. « Nous avons essayé de les empêcher de garder Thiago et Saif et c’est à ce moment là qu’ils nous ont battus », explique l’un d’eux. Thiago Avila, l’un des principaux organisateurs de la flottille, avait déjà participé à cette initiative à l’automne 2025. L’armée israélienne était intervenue et Thiago avait été détenu pendant plusieurs jours en Israël, subissant des traitements particulièrement durs à la prison de Ketziot.

Saif Abu Keshek, de nationalités espagnole et suédoise, est d’origine palestinienne. . Justement conscient des dangers encourus, il ne devait pas poursuivre le périple mais débarquer en Grèce. Qui aurait pu penser que Tel Aviv déciderait d’arraisonner les navires de la Flottille si loin des côtes de Gaza, à 500 milles nautiques soit presque 1000 km?

« On nous jetait de la nourriture comme à des animaux »

Comme l’a raconté à l’Humanité Raphaëlle Primet, les conditions de détention sur un bateau-prison ont été particulièrement difficiles. « On nous jetait de la nourriture comme à des animaux », a-t-elle révélé. Beaucoup de questions restent encore en suspens, notamment l’attitude d’Athènes. Les eaux territoriales grecques ont-elles été violées par la marine israélienne ?

L’ancien ministre grec Yanis Varoufakis n’a pas ménagé ses critiques sur X. « Pendant ce temps, le gouvernement grec coopère pleinement aux agissements criminels d’Israël, a-t-il écrit, abandonnant de fait ses obligations en matière de recherche et de sauvetage et complotant avec Israël pour persécuter les courageux équipages de la flottille Sumud. »

L’Espagne a réclamé la « libération immédiate » de Saif Abu Keshek, et assuré que sa diplomatie était« en contact permanent avec ses homologues israélien et grec », promettant d’apporter « toute sa protection » à son ressortissant. Les deux militants « auront droit à une visite des représentants consulaires de leurs pays respectifs », a précisé samedi le ministère israélien des Affaires étrangères sur X. Comme si ce droit inaliénable se transformait en faveur par la grâce de Netanyahou. Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a répliqué en haussant le ton: « Nous faisons face à une arrestation illégale dans les eaux internationales, en dehors de toute juridiction des autorités israéliennes et, par conséquent, Said Abu Keshek doit être remis en liberté immédiatement afin qu’il puisse revenir en Espagne. » Des déclarations dont la fermeté tranche avec la pusillanimité du gouvernement français qui n’a pas condamné l’acte de piraterie israélien alors même qu’une élue de la république a été kidnappée.

Autant de raisons d’agir pour la libération immédiate de ces deux hommes enlevés en toute illégalité dans les eaux internationales. « Thiago et Saif doivent sortir immédiatement de prison » a lancé Raphaëlle Primet, à son arrivée en France, le 2 mai.

 

Près de 7000 personnes (selon la CGT ISERE) ont défilé ce jeudi 1er mai à Grenoble,



Près de 7000 personnes (selon la CGT ISERE) ont défilé ce jeudi 1er mai à Grenoble, entre l'avenue Alsace-Lorraine et l'anneau de vitesse, à l'occasion de la journée internationale de lutte pour les droits des travailleuses et des travailleurs. Une manifestation qui revêtait un sens particulier cette année alors que le gouvernement et le patronat, soutenus par la droite et l'extrême droite, tentent de remettre en question le droit du travail sur le 1er Mai.

 

dimanche 3 mai 2026

Congrès du Sinn Féin : en lutte pour une Irlande unie et progressiste


 La conférence annuelle du Sinn Féin s’est tenue à Belfast les 24 et 25 avril. Il était important pour le PCF d’y être représenté pour deux raisons principales.

D’une part, du fait de l’importance de nos relations de solidarité qui plongent dans l’histoire de la lutte du peuple irlandais pour une République unifiée sur l’ensemble du territoire, elle-même puisant dans l’héritage de la Révolution française, comme Gerry Adams le rappelle avec force dans son autobiographie Before the Dawn (Avant l’aube). Des grèves de la faim des prisonniers politiques irlandais aux négociations pour que le peuple irlandais ne paie pas les conséquences du Brexit, en passant par la conclusion des Accords de paix de 1998, le PCF fut toujours aux côtés du Sinn Féin.

D’autre part, parce que la question de l’unité irlandaise est une question d’avenir. Comme l’ont rappelé plusieurs délégués au congrès, il y a un « Momentum » pour effacer le drame de la partition de l’Irlande, décidée unilatéralement par Londres qui a entraîné la naissance de deux entités conservatrices au Nord comme au Sud. Comme l’a déclaré Marylou McDonald, la présidente du Sinn Féin, l’Irlande est à la croisée des chemins : soit elle poursuit la voie des politiques d’austérité, des politiques communautaristes et du maintien de la partition ; soit elle s’engage dans celle du progrès commun pour l’ensemble des habitants de l’Irlande, ce qui suppose la réalisation de l’unité irlandaise.

L’unité irlandaise n’est pas un problème théorique, c’est une question politique immédiate. Les gouvernements britanniques successifs ont refusé l’organisation d’un référendum d’autodétermination, pourtant prévu dans les Accords de 1998. Le Sinn Féin avance la date de 2030 comme perspective pour le tenir. Et, pour y parvenir, il appelle à renforcer la pression, à la fois sur Westminster mais aussi sur les partis conservateurs au pouvoir à Dublin. Il défend l’organisation d’assemblées citoyennes regroupant largement les différents secteurs de la société irlandaise pour organiser et élargir cette nécessaire pression. Le Sinn Féin met en lumière les intérêts communs du peuple irlandais, des six comtés du Nord comme des vingt-six comtés du Sud, tant sur les questions de logement, de la santé, de l’agriculture, du développement partagé, qui sont mises à mal par les politiques d’austérité.

La lutte contre l’austérité à Dublin comme à Belfast est donc le vecteur transitoire pour l’unité irlandaise. La défense de la neutralité irlandaise est également un élément central. Ces éléments sont indissociables les uns des autres. L’unité irlandaise n’est pas seulement la fin de la partition mais la naissance d’une République sociale pour tous et toutes.

Le Sinn Féin possède des atouts majeurs. Il est désormais le premier parti à l’échelle de l’Irlande. Au Nord, la première ministre Michelle O’Neill, vice-présidente du parti, lutte pied à pied contre les blocages menés par les organisations unionistes et par les gouvernements britanniques successifs. Au Sud, le Sinn Féin est la principale force d’opposition face au gouvernement regroupant les deux organisations libérales ou conservatrices qui se partagent le pouvoir depuis un siècle. Celles-ci ont mis de côté leur vielle rivalité pour empêcher le Sinn Féin d’accéder au pouvoir.

Il appartient à la France ne pas rester les bras croisés. Ces dernières années le gouvernement français s’est rapproché de Londres sur les questions militaires, y compris nucléaires, ce qui est un moyen de s’aligner sur les États-Unis. Il faut rompre avec cette politique. L’organisation d’un référendum d’ici 2030 sur l’unité irlandaise est une question de droit international. Ce n’est pas une question intérieure britannique. La France serait à la hauteur de son histoire révolutionnaire en soutenant concrètement cette perspective. La rencontre bilatérale PCF-Sinn Féin qui a eu lieu lors du congrès a permis de tracer des perspectives d’actions concrètes pour la prochaine période.

Vincent Boulet
responsable du secteur international

Article publié dans CommunisteS, numéro 1084 du 29 avril 2026.

samedi 2 mai 2026

Attaque de la flottille pour Gaza : rassemblement jeudi 30 avril 18h30 Place de la République

Cette nuit, au moins 11 bateaux de la flottille humanitaire Global Sumud Flotilla, qui faisaient route vers Gaza, ont été arraisonnés par la force et interceptés par l’armée israélienne dans les eaux internationales, au large de la Crète.

Il s’agit, une nouvelle fois, d’une violation flagrante du droit maritime international. Cet arraisonnement constitue un véritable acte de piraterie et de kidnapping perpétré par le gouvernement d'extrême droite de Benjamin Netanyahou, qui démontre une fois de plus son mépris absolu pour le droit international.

Au moins quatre ressortissants français font partie des personnes enlevées. Parmi elles, notre camarade Raphaëlle Primet, conseillère de Paris et co-présidente du groupe communiste au Conseil de Paris, qui se trouvait à bord du bateau Le Mystère.

Le PCF appelle à la pleine et totale solidarité avec Raphaëlle. Son objectif pacifiste et humaniste est le nôtre : mettre fin au blocus illégal et inhumain de Gaza afin de permettre l’entrée vitale de l’aide humanitaire.

La voix de la France ne peut rester muette face à ce coup de force.

Fabien Roussel a interpellé ce matin le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot en lui demandant de condamner avec la plus grande fermeté cette attaque contre la solidarité internationale et la paix.

La diplomatie française doit agir sans délai pour obtenir le retour de ses ressortissants !

Le Parti communiste français exige :

  • La libération immédiate de Raphaëlle Primet et de l'ensemble des participants à la flottille.
  • La fin immédiate du blocus de Gaza.
  • La mise en place concrète d'un État de Palestine, aux côtés de l’État d’Israël, sur la base des frontières de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale, ainsi que la fin de l’occupation et de la colonisation.

Pour porter ces exigences, le PCF appelle à se mobiliser largement :

Paris, le 30 avril 2026

Parti communiste français

 

vendredi 1 mai 2026

L'intersyndicale iséroise (CGT ISERE, CFDT, Fsu, Solidaires)

L'intersyndicale Isère organisait une conférence de presse ce mardi 28 avril, à la bourse du travail de Grenoble, pour présenter la mobilisation du vendredi 1er mai, journée internationale de lutte des travailleurs et des travailleuses, qui donnera lieu à plusieurs manifestations et rassemblements dans le département (à Grenoble, Bourgoin-Jallieu, Vienne et Roussillon). Dans un contexte de remise en cause du 1er Mai par le gouvernement, la droite et le patronat, les syndicats réaffirment l'importance de cette date, pour défendre les conquis sociaux et revendiquer de nouveaux droits.

« Le 1er Mai n’est pas un jour comme les autres, il est à nous ! » La journée internationale de lutte pour les droits des travailleurs et des travailleuses, à l’origine de nouveaux droits, « gagnés dans le sang aux États-Unis, par les ouvriers et ouvrières de Chicago, et en France avec Fourmies » [NDLR : respectivement en 1886 et 1891]. Léa Martinez-Comelli, secrétaire à la vie syndicale de la CGT 38, tient à ce rappel historique pour remettre les points sur les i. Comme ses camarades de l’intersyndicale Isère, elle a peu goûté l’offensive conjointe du gouvernement, de la droite, de l’extrême droite et du patronat, contre le 1er Mai.

Réunis à la bourse du travail de Grenoble, ce mardi 28 avril, les représentants de la CGT, de la FSU, de la CFDT et de Solidaires tiennent à afficher une « unité importante face aux attaques qui viennent d’un peu partout », souligne Catherine Le Coz (CFDT). Le 1er-Mai a en effet une saveur particulière cette année alors que la mobilisation des syndicats a permis de faire reculer une première fois Gabriel Attal et ses alliés patronaux. Lesquels tentent malgré tout de passer en force, concernant les salariés des boulangeries et des fleuristes.

« Le gouvernement s’assoit sur l’État de droit »

David Sujobert, co-secrétaire départemental de la FSU en Isère, fustige ainsi « le procédé du gouvernement, qui s’assoit sur l’État de droit et sur le vote démocratique d’une loi » en attaquant ce symbole de lutte politique et syndicale. « C’est très inquiétant », estime-t-il, car cela fournit « un boulevard pour un pouvoir autoritaire les années suivantes ». Et le syndicaliste d’égrener plusieurs exemples récents similaires : « Le dernier budget a été imposé par le 49.3, la réforme des retraites idem… »

Léa Martinez-Comelli raille quant à elle la communication de Gabriel Attal, qui a commencé à « diffuser son narratif sur la liberté de travailler le 1er mai ». L’ancien Premier ministre adopte même « une posture séparatiste en appelant à ne pas respecter la loi », s’indigne-t-elle. Derrière ces discours, c’est toute une idéologie qui est à l’œuvre. « Ils veulent en faire une fête du travail mais on n’est pas à Vichy, s’insurge la syndicaliste. Le 1er Mai, c’est la fête des travailleurs. »

« Ils veulent en faire une fête du travail mais on n’est pas à Vichy. Le 1er Mai, c’est la fête des travailleurs et des travailleuses. »

Les syndicats tirent en outre la sonnette d’alarme, la droite traditionnelle n’est pas la seule à la manœuvre. « Le Rassemblement national, caché, attend de prendre le pouvoir », prévient Catherine Le Coz. Tous rappellent d’ailleurs les politiques des municipalités RN, à l’image du maire de Liévin (Pas-de-Calais), qui a décidé de supprimer la cérémonie du 1er mai en hommage aux 42 mineurs morts le 27 décembre 1974. « Les masques tombent », constate David Sujobert.

« C’est la confirmation de ce que dénonce l’intersyndicale, abonde Léa Martinez-Comelli. Le RN est une imposture sociale. Il suffit de voir ce qu’ils votent à l’Assemblée nationale. » La responsable CGT évoque par ailleurs la rencontre entre Jordan Bardella et le Medef, illustrant la collaboration croissante entre le RN et le patronat. Patronat qui remet au goût du jour une vieille antienne des années 1930, adoptée à l’époque par une partie de la bourgeoisie, rappelle Léa Martinez-Comelli : « Plutôt Hitler que le Front populaire ».

L’intersyndicale pointe également « l’absence de contrôles » réalisés sur le travail illégal le 1er mai, la hiérarchie mettant des bâtons dans les roues des inspecteurs du travail, qui ont manifesté à ce sujet, lundi 27 avril, devant la Direction départementale de l’emploi du travail et des solidarités de l’Isère (DDETS 38), à Grenoble. D’où des « discriminations » vécues par certains salariés, contraints de travailler par leur employeur. Pour couronner le tout, « il manque plus de 700 inspecteurs du travail », selon la CGT, qui déplore « la fin des CHSCT, vrai problème pour freiner le patronat ».

« Revendiquer de nouveaux droits »

Dans ce contexte, il est vital de se mobiliser ce vendredi 1er mai « pour exiger le maintien du 1er Mai et des conquis sociaux, mais aussi pour revendiquer de nouveaux droits », assène Léa Martinez-Comelli. À Grenoble, Bourgoin-Jallieu, Roussillon et Vienne, les manifestants défileront ou se rassembleront pour réclamer « des mesures d’urgence contre la vie chère », pour « refuser la banalisation du racisme, de l’antisémitisme, du sexisme et des LGBTphobies ».

Sans oublier, ajoute Cyril Nicosia (Solidaires), pour « dénoncer la mise au pas des organisations contestataires s’opposant à l’autoritarisme guerrier ». Le syndicaliste cite ainsi les « envolées guerrières » d’Emmanuel Macron et la politique de la France qui « envoie des armes pour la campagne génocidaire en Palestine ». Ceci, alors que le 1er Mai représente, selon les syndicats, la solidarité entre travailleurs de tous les pays. « L’égalité, la liberté et la fraternité », résume la CGT.

Depuis 2014, les équilibres au sein de Grenoble-Alpes-Métropole ont pris un tournant très politique,



Depuis 2014, les équilibres au sein de Grenoble-Alpes-Métropole ont pris un tournant très politique, de façon mouvante, une exception (pour encore combien de temps ?) dans le paysage des intercommunalités.
🚧 Après un mandat 2020-2026 particulièrement complexe, qui aura vu des dynamiques délétères prendre une tournure hors de contrôle, l'impensable était devenu possible : la droite pouvait faire main-basse sur l'institution, au mépris du verdict des urnes.
🔀 Dans un contexte particulièrement difficile et une assemblée fragmentée, dégager un chemin partant du réel était tout sauf simple.
Bravo aux camarades qui ont su y parvenir.
✊ Et surtout, bon courage pour la suite : plus que jamais, la politique va devoir "sortir des couloirs feutrés des hémicycles" et les luttes populaires seront déterminantes !