«Entre l'hyper-austérité (...) et la sortie de l'euro, il y a une troisième voie pour les peuples européens», estime Thomas Coutrot, économiste, membre du conseil scientifique d'Attac: «rester dans la zone euro en désobéissant aux règles».
George Papandréou a joué et perdu. Son coup de poker du référendum a été mis en échec par la réaction conjointe des marchés financiers, des dirigeants européens, du G20 et de ses «amis» du Pasok. Bien entendu, son initiative était une manœuvre désespérée pour restaurer une autorité chancelante. Mais cela n'enlève rien au fait qu'un référendum aurait, au moins en partie, remédié à l'extraordinaire déni de démocratie auquel est soumis le peuple grec sous la tutelle de la finance internationale. La politique d'austérité brutale menée depuis 18 mois n'a en effet aucune légitimité démocratique.
Papandréou n'a pas été élu pour mener cette politique, et les Grecs ont suffisamment manifesté dans les rues et sur les places de tout le pays leur désaveu. Il est démocratiquement aberrant de refuser au peuple la possibilité de choisir la route à prendre dans une situation aussi dramatique.
Pourtant, la proposition de référendum n'a guère rencontré de soutien sur l'échiquier politique grec, même à gauche du Pasok ou chez les sympathisants des Indignés grecs. Outre le discrédit personnel de Papandréou, ce paradoxe tient peut-être à la nature des choix présentés comme possibles pour la Grèce. A en croire Papandréou lui-même, sur ce point parfaitement d'accord avec les dirigeants européens, l'alternative était simple: accepter le plan européen du 27 octobre, avec une nouvelle aggravation de l'austérité qui dévaste le pays, ou bien sortir de l'euro et revenir à la drachme, avec des conséquences encore plus dramatiques au plan économique et social. (N'oublions pas non plus les conséquences politiques, avec un déchaînement de nationalisme en Grèce et de xénophobie anti-grecque en Europe).
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jeudi 17 novembre 2011
mercredi 16 novembre 2011
L' Assemblée de l’ADECR Isère a eu lieu le 10/11/ 2011 salle communal à Saint Martin d’Hères
De nombreux élus étaient présent pour notre assemblée générale annuelle.
Dans un contexte politique et social tendu, alors que la droite intensifie ses plans d’austérité, le débat a été porté sur le logement, le transport, la précarité des concitoyens ainsi que les finances réduites pour les communes. Nous avons débattu sur les rencontres national de l’ANECR du 19/20 novembre.
Patrice VOIR nous proposa de travailler sur des thématique : La première se déroulera le samedi 10 Décembre sur les transport /scot.
D’autre part, avec l’objectif de marquer des points précieux pour enclencher une dynamique politique indispensable pour les échéances suivantes : présidentielles et législatives .
Voilà de quoi les élus ont débattus lors de cette assemblée .
Arrêt maladie: le gouvernement instaure la triple peine
Après la chasse aux pauvres façon Nicolas Sarkozy (voir ici), la chasse aux malades est décrétée par François Fillon. Devant les députés UMP ce mardi, le Premier ministre a jugé "raisonnable" d'instauré une journée de carence pour les fonctionnaires en arrêt maladie, soit une journée au cours de laquelle le malade ne sera pas rémunéré par l'Assurance maladie. Même punition pour les salariés du privé malades, qui se voient punis d'un jour de plus de carence pour parvenir à quatre jours sans rien toucher, sauf compensation de leur employeur.
Les salariés qui cotisent à l'Assurance maladie se voient ainsi condamnés à une double peine: être malade et ne rien toucher. Et même à une triple peine puisque le taux de remplacement des indemnités journalières (IJ) doit être modifié dans le projet de loi de finance de la Sécurité sociale. En d'autres termes, les malades seront moins indemnisés.
Le gouvernement fait valoir que cette dernière mesure allait faire économiser 220 millions d'euros à la Sécu et celle concernant un quatrième jour de carence pour les salariés du privé, 200 millions d'euros de plus. Et comble de bonheur, "les actions de contrôle des arrêts de travail, de courte et de longue durée, vont se renforcer", ont prévenu les ministres en charge du dossier. Le gouvernement joue ainsi de la part du gendarme pour pousser les salariés à ne jamais être en arrêt maladie.
Les salariés qui cotisent à l'Assurance maladie se voient ainsi condamnés à une double peine: être malade et ne rien toucher. Et même à une triple peine puisque le taux de remplacement des indemnités journalières (IJ) doit être modifié dans le projet de loi de finance de la Sécurité sociale. En d'autres termes, les malades seront moins indemnisés.
Le gouvernement fait valoir que cette dernière mesure allait faire économiser 220 millions d'euros à la Sécu et celle concernant un quatrième jour de carence pour les salariés du privé, 200 millions d'euros de plus. Et comble de bonheur, "les actions de contrôle des arrêts de travail, de courte et de longue durée, vont se renforcer", ont prévenu les ministres en charge du dossier. Le gouvernement joue ainsi de la part du gendarme pour pousser les salariés à ne jamais être en arrêt maladie.
Jean-Luc Mélenchon : Sarkozy fait la chasse aux pauvres
Sarkozy préfère chasser les pauvres plutôt que les vrais fraudeurs
L'offensive lancée par Nicolas Sarkozy et le gouvernement contre la fraude sociale est une imposture.La droite pointe du doigt la fraude aux prestations alors qu'elle ne représente que 20 % du total de la fraude sociale. Et elle reste silencieuse face aux responsables de 80 % de la fraude : les patrons voyous qui soustraient 14 milliards par an de recettes aux régimes sociaux. L'arsenal anti-fraude de Sarkozy n'est donc pas fait pour améliorer les comptes sociaux mais juste pour mener une bataille idéologique.
En traitant de la réforme du RSA dans un discours sur la fraude, Nicolas Sarkozy jette la suspicion sur les 2 millions de personnes qui survivent avec le RSA. Cet amalgame entre assurés sociaux et fraudeurs est odieux. Et la proposition de faire travailler de force les bénéficiaires du RSA est indigne et contraire à l'universalité des droits qui fonde la République. Si Nicolas Sarkozy veut trouver de l'argent, il peut trouver 40 milliards en s'attaquant aux fraudeurs du fisc.
Communiqué de Jean-Luc Mélenchon
mardi 15 novembre 2011
Réaction des jeunes communistes à la répression au stade de France vendredi soir
"Palestine : YES WE CAN !" : le MJCF au match... par MJCF
Triste soir pour la démocratie et la liberté d’expression, ce vendredi 11 novembre 2011. Le Stade de France a été malgré lui le théâtre d’une répression insupportable et totalement arbitraire. Soixante jeunes communistes s’y étaient retrouvés pour faire entendre leur voix en solidarité avec le peuple Palestinien, profitant de la symbolique du match France/États-Unis. Dans un contexte où Obama affirme que les États-Unis opposeront leur véto à la reconnaissance d’un État Palestinien.
Où la France, par la voix d’Alain Juppé, projette de s’abstenir lors de ce vote à l’ONU pour ne pas contrarier la complicité affichée par Sarkozy et son homologue Américain lors de leur show sur TF1. Où l’UNESCO, qui a accueilli la Palestine en son sein, se retrouve contraint de stopper sa programmation à cause du retrait de financement Américain. Dans ce contexte, il nous a semblé incontournable d’agir pour relayer le combat de ce peuple pour la paix et la reconnaissance de son État
PALESTINE, YES WE CAN ! Ce sont ces lettres que les jeunes communistes ont déployé du haut des tribunes, aux côtés de drapeaux palestiniens et accompagnées de slogans rassembleurs et pacifistes. Elles ont attiré l’attention des citoyens venus assister au match et suscité des premiers encouragements. Ceci dit, il semblerait qu’en face de la tribune présidentielle, l’évocation de la justice n’ait pas plu à tout le monde.
LIBERTE D’EXPRESSION, NO YOU CAN’T ! Voilà le message des stadiers puis des forces de police. En effet, après avoir été dessaisis sans violences de leur banderole, les jeunes communistes ont été agressés physiquement par les stadiers tentant de leur confisquer leurs drapeaux palestiniens alors même que ceux d’autres pays flottaient dans le stade. Dès lors il a semblé clair que c’était bien le drapeau de la Palestine qui dérangeait ceux qui « donnaient les consignes ».Lire la suite
La démocratie est en danger
par Patrick Le Hyaric
Sous couvert de gouvernements dits «techniques» et «d’unité nationale «, un coup de force caché se déroule sous nos yeux. Celui de l’oligarchie financière qui prend directement les rênes des pays de L’Union Européenne les plus en difficulté. Ceux là mêmes qui ont conduit L’Europe dans l’inextricable crise que nous connaissons. Ce syndicat malfaisant des anciens de Goldman Sachs, de la Banque centrale européenne et de la Commission de Bruxelles, s’est associé avec des cabinets de l’ombre installés dans les arrière-salles des banques et des bourses, baptisés agences de notation. Avec leurs amis en fonction dans ces mêmes institutions, ces prédateurs prennent d’autorité le pouvoir pour appliquer d’une main de fer une super-austérité qui mène les pays à la ruine.
Voilà que l’une de ces agences, «Standard and Poor’s», avait préparé un communiqué qui aurait conduit automatiquement à augmenter le service de la dette de L’État français, augmentant artificiellement les taux d’intérêt des emprunts d’État le jour même où la Commission de Bruxelles demandait quasiment un troisième plan d’austérité au gouvernement.
Voilà qu’en Grèce, un ancien dirigeant de la BCE devient premier ministre en association avec l’extrême droite fascisante dont le souvenir est encore vivace dans ce pays. Comment comprendre que les socialistes grecs puissent participer à un tel attelage si inquiétant qui va amplifier les destructions sociales et l’abaissement national ?
En Italie est envisagée la nomination de l’ancien Commissaire européen, M. Monti, champion de toutes les déréglementations et mises en concurrence destructrices.
Ces premiers ministres exécutent en fait les ordres de ce que l’on appelle désormais la «Troïka», composée des commissaires politiques et économiques dépêchés par le FMI, la BCE et la Commission de Bruxelles, conformément au pacte Euro plus, le pacte des rapaces.
Face aux dangers qui se profilent, je souhaite des initiatives d’actions unitaires, larges, ouvertes de toutes les forces progressistes et syndicales, et au delà de tous les démocrates qui n’ont jamais souhaité que la construction européenne devienne synonyme de souffrances, de malheurs, d’appauvrissement généralisé des travailleurs et de transfert direct du pouvoir aux mandataires les plus proches des requins de la finance.
L’heure est bien plus inquiétante qu’il n’y parait. Le choix de l’austérité est inefficace. Il mène à la ruine. Il menace désormais les souverainetés populaires et nationales. Il empêche aussi les projets de solidarité européenne et les indispensables mises en commun librement choisies. Oui l’heure est au rassemblement le plus large pour que la voix des peuples unis se fasse entendre, afin que l’humain prenne le dessus.
Sous couvert de gouvernements dits «techniques» et «d’unité nationale «, un coup de force caché se déroule sous nos yeux. Celui de l’oligarchie financière qui prend directement les rênes des pays de L’Union Européenne les plus en difficulté. Ceux là mêmes qui ont conduit L’Europe dans l’inextricable crise que nous connaissons. Ce syndicat malfaisant des anciens de Goldman Sachs, de la Banque centrale européenne et de la Commission de Bruxelles, s’est associé avec des cabinets de l’ombre installés dans les arrière-salles des banques et des bourses, baptisés agences de notation. Avec leurs amis en fonction dans ces mêmes institutions, ces prédateurs prennent d’autorité le pouvoir pour appliquer d’une main de fer une super-austérité qui mène les pays à la ruine.
Voilà que l’une de ces agences, «Standard and Poor’s», avait préparé un communiqué qui aurait conduit automatiquement à augmenter le service de la dette de L’État français, augmentant artificiellement les taux d’intérêt des emprunts d’État le jour même où la Commission de Bruxelles demandait quasiment un troisième plan d’austérité au gouvernement.
Voilà qu’en Grèce, un ancien dirigeant de la BCE devient premier ministre en association avec l’extrême droite fascisante dont le souvenir est encore vivace dans ce pays. Comment comprendre que les socialistes grecs puissent participer à un tel attelage si inquiétant qui va amplifier les destructions sociales et l’abaissement national ?
En Italie est envisagée la nomination de l’ancien Commissaire européen, M. Monti, champion de toutes les déréglementations et mises en concurrence destructrices.
Ces premiers ministres exécutent en fait les ordres de ce que l’on appelle désormais la «Troïka», composée des commissaires politiques et économiques dépêchés par le FMI, la BCE et la Commission de Bruxelles, conformément au pacte Euro plus, le pacte des rapaces.
Face aux dangers qui se profilent, je souhaite des initiatives d’actions unitaires, larges, ouvertes de toutes les forces progressistes et syndicales, et au delà de tous les démocrates qui n’ont jamais souhaité que la construction européenne devienne synonyme de souffrances, de malheurs, d’appauvrissement généralisé des travailleurs et de transfert direct du pouvoir aux mandataires les plus proches des requins de la finance.
L’heure est bien plus inquiétante qu’il n’y parait. Le choix de l’austérité est inefficace. Il mène à la ruine. Il menace désormais les souverainetés populaires et nationales. Il empêche aussi les projets de solidarité européenne et les indispensables mises en commun librement choisies. Oui l’heure est au rassemblement le plus large pour que la voix des peuples unis se fasse entendre, afin que l’humain prenne le dessus.
lundi 14 novembre 2011
« Le débat énergétique ne peut se satisfaire de tractations de couloirs »
Le débat public et citoyen sur la politique énergétique de la France prend de l’ampleur dans le cadre des élections présidentielles et législatives 2012. Ce débat doit se poursuivre de manière sérieuse et approfondie.
Or des tractations sont en cours, entre le Parti Socialiste et Europe Ecologie-Les Verts visant à attribuer quelques postes de députés à ces derniers sur la base de la fermeture d’unités de production nucléaire ou l’arrêt du chantier de l’EPR de Flamanville
Les communistes n’ont pas l’intention de laisser les batailles politiciennes guider la politique énergétique de la France. Ils proposent, avec leurs partenaires, dans le cadre du programme populaire partagé du Front de Gauche, un grand débat public sur les enjeux énergétiques permettant aux citoyen-nes et aux salarié-es d’en être partie prenante.
En effet, en aucune façon, la politique énergétique de la gauche pour la France et l’Europe ne peut s’affranchir des enjeux énergétiques planétaires tels que le droit à l’énergie pour tous à un prix abordable, le réchauffement climatique, l’épuisement des ressources, le développement de la recherche, la complémentarité des sources d’énergie avec les ENR, la sécurité de toutes les installations … La gravité de la situation qui peut mettre en péril l’avenir de notre planète et de l’humanité mérite l’examen de réponses pertinentes et réalistes sans exclusive. Ce débat ne peut se satisfaire de tractations de couloirs.
C’est d’autant plus déterminant que l’avenir de bons nombres de salariés et de familles de ces régions en découle, tout comme les factures énergétiques des Français qui atteignent déjà les limites du tolérable.
Le mythe du modèle allemand
Le « modèle allemand » est la nouvelle coqueluche. Nicolas Sarkozy s'enthousiasme : « Tout mon travail, c'est de rapprocher la France d'un système qui marche, celui de l'Allemagne. » Une fascination partagée par l'entourage de François Hollande.
Test : les investisseurs font-ils davantage confiance à l'Allemagne qu'à la France ? Non. La France est largement devant l'Allemagne pour les investissements directs étrangers : plus de 1 milliard de dollars en France contre 674 millions en Allemagne, selon les statistiques publiées par la Cnuced.
Les Allemands sont-ils meilleurs que nous en matière de dette ? Non. En 2010, l'Allemagne avait une dette de 83,2 % du PIB contre 81,7 % pour la France, selon Eurostat. L'Allemagne est donc tout autant que la France en dehors de la limite des 60 % du PIB exigée par le Pacte de stabilité.
La croissance allemande est-elle meilleure que chez nous ? Non plus. Sur la dernière décennie, elle a été inférieure à celle de la zone euro et moindre qu'en France. D'ailleurs, le « modèle allemand » n'a pas protégé ce pays de la crise : avec une chute de 4,9 % du PIB, il a subi en 2009 une récession deux fois plus importante qu'en France. L'embellie en 2010 est donc un rattrapage. Au final, par rapport à 2008, l'Allemagne marque encore un retard de croissance plus grand qu'en France.
Le taux de chômage en Allemagne est-il vraiment plus faible que chez nous ? Non. Officiellement de 6 % contre 9,9 % en France, il a été facialement dégonflé grâce à la réforme sociale-démocrate. Elle a rayé des comptes 1,5 million de sans-emploi. Cela correspond exactement à la baisse du chômage affichée depuis 2002. En septembre dernier, le journal « Die Welt » a aussi révélé que 200.000 chômeurs âgés avaient été radiés. Le ministère allemand du Travail a reconnu que 57 % des seniors chômeurs n'étaient plus comptés. Autre artifice : la généralisation du chômage partiel, invisible dans les statistiques. Ainsi, en 2010, selon Eurostat, il concernait 26,2 % des salariés allemands contre 17,8 % des salariés français.
La croissance allemande basée sur les exportations est-elle un modèle généralisable ? Non. 65 % des exportations allemandes sont destinées à la demande des autres pays européens. Si ces derniers imitaient le « modèle allemand » en contractant leurs achats, l'export made by Germany s'écroulerait. De plus, ces exportations ne révèlent pas une plus grande performance technique. Selon Eurostat, 16 % de celles-ci concernent des produits de haute technologie. En France, c'est 26 % des exportations. L'OCDE note que les Français travaillent 154 heures de plus par an que les Allemands. Et la productivité des travailleurs français est la plus élevée d'Europe. Elle a progressé sur la dernière décennie deux fois plus vite qu'en Allemagne.
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Test : les investisseurs font-ils davantage confiance à l'Allemagne qu'à la France ? Non. La France est largement devant l'Allemagne pour les investissements directs étrangers : plus de 1 milliard de dollars en France contre 674 millions en Allemagne, selon les statistiques publiées par la Cnuced.
Les Allemands sont-ils meilleurs que nous en matière de dette ? Non. En 2010, l'Allemagne avait une dette de 83,2 % du PIB contre 81,7 % pour la France, selon Eurostat. L'Allemagne est donc tout autant que la France en dehors de la limite des 60 % du PIB exigée par le Pacte de stabilité.
La croissance allemande est-elle meilleure que chez nous ? Non plus. Sur la dernière décennie, elle a été inférieure à celle de la zone euro et moindre qu'en France. D'ailleurs, le « modèle allemand » n'a pas protégé ce pays de la crise : avec une chute de 4,9 % du PIB, il a subi en 2009 une récession deux fois plus importante qu'en France. L'embellie en 2010 est donc un rattrapage. Au final, par rapport à 2008, l'Allemagne marque encore un retard de croissance plus grand qu'en France.
Le taux de chômage en Allemagne est-il vraiment plus faible que chez nous ? Non. Officiellement de 6 % contre 9,9 % en France, il a été facialement dégonflé grâce à la réforme sociale-démocrate. Elle a rayé des comptes 1,5 million de sans-emploi. Cela correspond exactement à la baisse du chômage affichée depuis 2002. En septembre dernier, le journal « Die Welt » a aussi révélé que 200.000 chômeurs âgés avaient été radiés. Le ministère allemand du Travail a reconnu que 57 % des seniors chômeurs n'étaient plus comptés. Autre artifice : la généralisation du chômage partiel, invisible dans les statistiques. Ainsi, en 2010, selon Eurostat, il concernait 26,2 % des salariés allemands contre 17,8 % des salariés français.
La croissance allemande basée sur les exportations est-elle un modèle généralisable ? Non. 65 % des exportations allemandes sont destinées à la demande des autres pays européens. Si ces derniers imitaient le « modèle allemand » en contractant leurs achats, l'export made by Germany s'écroulerait. De plus, ces exportations ne révèlent pas une plus grande performance technique. Selon Eurostat, 16 % de celles-ci concernent des produits de haute technologie. En France, c'est 26 % des exportations. L'OCDE note que les Français travaillent 154 heures de plus par an que les Allemands. Et la productivité des travailleurs français est la plus élevée d'Europe. Elle a progressé sur la dernière décennie deux fois plus vite qu'en Allemagne.
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