jeudi 15 novembre 2012

Les manifestations contre l’austérité dégénèrent en Espagne, en Italie et au Portugal (videos)

CRISE EUROPEENNE – Grève générale coordonnée en Espagne et au Portugal, manifestations et arrêts de travail en Grèce, en Italie, en France : l’opposition aux politiques d’austérité s’est organisée, mercredi 14 novembre, en Europe, sous la forme d’une "journée européenne d’action et de solidarité".



Pacifiques au départ, les manifestations ont, dans certaines villes, dégénéré et des affrontements ont éclaté entre manifestants et policiers. Etat des lieux de la mobilisation, pays par pays.
En Espagne, des heurts violents à Madrid
Au total, des dizaines de milliers de manifestants ont défilé dans la capitale espagnole. Des incidents ont éclaté à la mi-journée à Madrid, les forces de l’ordre dispersant à coups de matraque des centaines de manifestants.



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Le PCF est mort. Vive le PCF !

Au terme d’une élection présidentielle où le Front de gauche a franchi les 11 %, le PCF affiche son renouveau.
« Ni fleur, ni couronne ». Ainsi s’achevait le vrai-faux faire-part de décès envoyé au lendemain de la Toussaint par Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, pour inviter les journalistes à « enterrer l’enterrement du Parti communiste français né à Tours le 30 décembre 1920 ». Les « Rouges » qui font de l’humour noir... Manière de donner un petit coup de jeune à l’image du parti de Maurice Thorez qui accueillait, samedi, ses nouveaux adhérents à son siège parisien, Place du Colonel-Fabien. But de l’opération, voulue très médiatique : montrer le « mouvement de renaissance qui est le nôtre en ce moment », a insisté Pierre Laurent. Bref, le PCF n’est pas mort, il fait juste sa mue...
« Vous connaissez la série NCIS ? »
Dans la scintillante salle de réunion futuriste, sous la coupole blanche d’Oscar Niemeyer, 400 nouvelles têtes. Têtes Blondes, grises ou crépues... En tout, 6 500 nouveaux ont pris leur carte depuis le début de l’année, indique le parti. Qui, cette année plus qu’à l’ordinaire, a souhaité faire bon accueil à la « nouvelle génération ».
« On a voulu organiser cette rencontre parce que c’est assez difficile de se faire des amis dans un groupe où les gens se connaissent depuis longtemps... Il y a des anciens qui n’étaient pas trop d’accord, qui ont dit « ce n’est pas dans la tradition »... », explique la truculente « animatrice » de la matinée. Une femme pleine de peps, qui a adhéré à la section du Blanc-Mesnil en février, et qui ne manque ni de prestance ni d’humour pour faire passer le micro dans l’assemblée : « Nous, je nous appelle les « McGill » vous connaissez la série NCIS ? Eh bien on est comme le héros, on est des « bleus » ! » Éclat de rire général.
Les Anciens et les modernes...
Un « tour de table » de deux heures pour se présenter, et expliquer le « pourquoi » de son militantisme. Pourquoi Patrick, pourtant petit-fils du chauffeur de Maurice Thorez et petit-neveu de la secrétaire de Georges Marchais, a-t-il attendu quarante années passées dans le syndicalisme pour franchir le pas ? « Je suis venu au PCF car il a changé de vue, il n’est plus le parti stalinien qu’il était », avance ce militant de Bobigny. Alexis, 30 ans, « issu d’une famille communiste depuis deux générations », a décidé de faire un trait sur ses « mauvaises expériences avec des anciens de Toulouse », et loue désormais la « sacrée évolution dans la mentalité globale du parti communiste ».
Si on ne regrette pas la ligne raide du communisme d’antan, la ligne molle de Robert Hue en prend aussi pour son grade. Il faut savoir « rester unis », même quand la ligne officielle n’est pas toujours à son goût, tempère Pierre Laurent. Et de rejeter dos à dos « le communisme autoritaire qui annihile les forces créatrices » et « le compromis social-démocrate qui n’est rien d’autre qu’un pistolet à bouchon face à une meute de loups ».
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mercredi 14 novembre 2012

Voyage au sommet de l’oligarchie : La France de tout en haut

Par François Ruffin
« Oligarchie », le mot revient à la mode. Voilà vingt ans, pourtant, qu’elle a pris ses aises. À Megève comme ailleurs, « dans les années 90 ». De quoi en faire une rapide histoire, au doigt mouillé.

Avant d’écrire ce papier, je réécoute les bandes.
Je transcris des passages.
Je m’arrête sur une phrase de Philippe Charriol : « Dans les années 90, nous avons participé au renouveau de Megève avec le polo, les calèches, les sculptures… »
Ça me fait tilt.
La petite histoire, discrètement, rencontre ici la grande.
Deux livres viennent de paraître, dernièrement : Le Président des riches, sous-titré « Enquête sur l’oligarchie dans la France de Nicolas Sarkozy », de Michel et Monique Pinçon-Charlot (La Découverte). Et L’Oligarchie ça suffit, vive la démocratie, de Hervé Kempf (Seuil). Je les ai lus dans la même semaine, et la présence de ce mot, « Oligarchie », sur les deux couvertures, m’a intrigué.
J’ai appelé la sociologue Monique Pinçon-Charlot :
« C’est la première fois que vous parlez d’oligarchie ?
-C’est vrai, jusqu’ici on ne l’utilisait pas tellement. D’habitude, on disait “haute bourgeoisie”, “classe dominante”, “beaux quartiers”, en variant pour ne pas trop se répéter. Ce qui se passe, en ce moment, c’est la rencontre heureuse entre un vocabulaire marxiste et l’intuition des citoyens. Les gens se sentent violentés, et comme chez un thérapeute, on vient mettre ça en mots.
-Mais y a une différence entre “haute bourgeoisie” et “oligarchie”. On n’est plus seulement dans la domination sociale, ça devient un système, qui suppose une emprise politique presque totale.
-Tout à fait.
-Quand est-ce que vous est venu à l’esprit, puis sous la plume, ce mot “Oligarchie” ?
_ -À la fin des années 90, c’était pas tellement dicible, ni audible, parce qu’on avait un gouvernement soi-disant “de gauche”. On a commencé à prendre des notes à partir de Raffarin, de 2002. Mais l’histoire s’est accélérée, évidemment, avec Nicolas Sarkozy : il a rendu l’oligarchie visible.
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Le Front de gauche de Sevran épingle la grève de la faim de Stéphane Gatignon

Les élus et militants du Front de gauche de Sevran rejettent la grève de la faim très médiatisée de Stéphane Gatignon comme mode d'action pour résoudre les problèmes de financements de la ville du 93. Dans un communiqué publié ce mardi, ils mettent en cause les choix politiques du maire EELV dans la gestion de la ville.
"L’action publique d’un élu ne peut se résumer à jouer sur l’émotion de la population", déplore d'entrée le communiqué émis par l'assemblée citoyenne du Front de gauche à Sevran qui explique préférer l'action collective "plutôt que de soutenir une action individuelle qui engendre de la désespérance et contribue à donner de notre ville une image désespérée."
"Le maire de Sevran doit aussi s’interroger sur sa gestion. Cette nouvelle opération de communication ne peut pas servir à masquer des choix politiques qui ont conduit à des échecs", estiment ces élus et militants qui listent trois erreurs du maire de la ville de Seine-Saint-Denis: 
  • "Stéphane Gatignon a soutenu le Traité d’austérité Sarkozy-Merkel qui étrangle les collectivités locales. Son parti, Europe écologie-Les Verts, approuve le budget du Gouvernement prévoyant la baisse drastique de 2,25 milliards d’euros des dotations aux communes dans les prochaines années. Quel sens y a-t-il à réclamer 5M d’euros supplémentaires aujourd’hui, et accepter la baisse des dotations dans les prochaines années?"
  • "Avant l’été, les élus sevranais du Front de gauche ont initié une action avec la population pour obtenir de l’Etat plusieurs millions pour financer la construction d’une école dans le sud de la ville. Le maire de Sevran a refusé d’y participer. Il a préféré recourir à un financement en partenariat public-privé qui avait pour conséquence automatique de faire perdre à la ville une subvention de 3 millions de la Région Ile-de-France!"
  • "Ce partenariat public-privé, contre lequel nous avions mis en garde, a depuis échoué et retardé d’ un an la construction de l’école. Déjà en 2010, à propos d'un précédent PPP sur l’éclairage public, la Chambre régionale des comptes avait mis en cause la responsabilité de la ville, en épinglant de « nombreuses irrégularités » aux règles légales et « son manque de compétences ». Pour solder le contentieux, Sevran a dû verser plus de 1,1 million d’euros de dommage, aux frais des contribuables sevranais ! Conclusion des magistrats : « la commune n’a pas correctement défendu ses intérêts »." 
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mardi 13 novembre 2012

14 novembre : contre l’austérité, pour la solidarité !

Le 14 novembre, pour la première fois en Europe, une grève générale internationale est organisée par le mouvement syndical au Portugal, en Espagne, en Grèce, à Chypre et à Malte, et soutenue par les mouvements sociaux et des partis politiques. Dans le même temps, la Confédération européenne des syndicats a lancé un appel à une journée  d’action et de solidarité coordonnée en Europe.
Cette mobilisation exceptionnelle émerge au moment où, partout en Europe, les politiques d’austérité organisent la baisse des salaires et des pensions, la destruction des droits sociaux, de la négociation collective et des services publics, et provoquent récession,  chômage, précarité et misère. Elle témoigne d’une convergence des mobilisations qui se sont construites dans de nombreux pays contre ces politiques imposées sans débat démocratique, et qui mènent l’Europe dans le gouffre.
En France, le Collectif pour un audit citoyen de la dette publique mène depuis des mois une mobilisation unitaire pour dénoncer l’instrumentalisation de la dette publique et l’imposition de politiques d’austérité économiquement stupides, écologiquement irresponsables et socialement injustes – touchant de plein fouet les populations les plus précaires, femmes, jeunes, ouvriers, mal-logés, immigré-es. En septembre, il a organisé des mobilisations contre le Traité budgétaire pour provoquer le débat public que le gouvernement tentait d’esquiver.
Aujourd’hui, le gouvernement poursuit sur une voie sans issue, avec un budget d’austérité qui essaye désespérément de tenir l’objectif irréaliste d’un déficit public limité à 3 % du PIB en 2013. En cédant aux sirènes du patronat qui réclame un « choc de compétitivité », il poursuivrait, comme en Grèce en Espagne et au Portugal, sur la voie mortifère du dumping salarial et de la remise en cause des protections collectives.
En France comme en Europe, l’austérité doit cesser ! Ce n’est pas de purges budgétaires ou de concurrence exacerbée dont l’Europe a besoin, c’est de solidarité, d’une meilleure répartition des richesses, et de démocratie !
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Interview de Jean-Luc Mélenchon - « La confrontation sociale semble inéluctable »

La Riposte  : Quel jugement portes-tu sur les six premiers mois du gouvernement Ayrault ?
Jean-Luc Mélenchon  : Faute d’un meilleur terme, je nomme « sociale libérale » la politique de ces six premiers mois du gouvernement Ayrault. C’est celle de tout le Parti Socialiste Européen depuis Blair. Elle a conduit à l’effondrement et la capitulation sans condition de Papandréou en Grèce, premier ministre et président de l’Internationale socialiste. Cette ligne, c’est celle de François Hollande depuis les années 80, comme je l’ai montré dans mon livre Enquête de gauche. Entre le ralliement au traité Sarkozy-Merkel, le budget d’austérité, le plan Gallois, le nouveau pouvoir a mis six mois pour faire un « coming out » – dans la filiation du parti démocrate américain ou italien – qui rompt publiquement avec toutes les traditions de la gauche en France. Le Front de Gauche a bien fait de rester autonome. Ses parlementaires n’ont pas voté la confiance au gouvernement. Notre groupe a voté contre le budget de la sécurité sociale à l’Assemblée. Selon moi, il devrait en faire autant sur le budget de l’Etat.
Mais le nouveau pouvoir pose un grave problème : il détériore le rapport de force social. La victoire contre Sarkozy a été finalement très courte. Un pouvoir de gauche aurait donc dû proposer rapidement des mesures populaires profondes pour élargir sa base sociale et entrainer la société. Le devoir d’un gouvernement de gauche nouvellement élu est de créer le rapport de force avec le patronat. Au lieu de cela, Hollande et Ayrault repoussent les quelques réformes promises. Ils refusent d’amnistier les syndicalistes qui ont résisté contre la droite et ont été condamnés. Et ils traitent par le mépris et le sectarisme le Front de Gauche. Ils organisent ainsi la démobilisation de ceux qui ont permis de battre la droite. En même temps sur l’austérité, la « compétitivité » et maintenant les 35 heures, Hollande et Ayrault valident le discours du patronat. Le rapport de force se dégrade donc vertigineusement. A chaque fois, le MEDEF s’engouffre dans la brèche. Hollande et Ayrault mettent la gauche et les salariés en grand danger.
LR  : Le MEDEF fait pression pour un allègement massif des « charges patronales ». Il prétend que cela créerait des emplois. Qu’en dis-tu ?
JLM  : Le MEDEF avance ses pions car il sent que le gouvernement est faible. Mais ne nous laissons pas intoxiquer par les mots. Ce que le MEDEF appelle des « charges » est en fait des cotisations, c’est-à-dire une partie du salaire. Et le travail humain n’est pas un « coût » : il a un prix. Ce prix intègre la santé, l’éducation, la protection du travailleur contre le chômage ou la vieillesse.
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lundi 12 novembre 2012

Communiqué du collectif unitaire du Grésivaudan



Mercredi 14 novembre pour l’emploi et la solidarité en Europe
MANIFESTATION à 14h à Grenoble, de la CCI (pl. Malraux) à la Préfecture

CONTRE  L'AUSTERITE  POUR LA SOLIDARITE ET LE  PROGRES SOCIAL : MANIFESTONS

En France comme en Europe, les mêmes politiques d’austérité sont menées, produisant les mêmes effets : chômage, misère, précarité, désespérance, violence, autoritarisme et recul démocratique…
En Europe, la CES  (Confédération Européenne des Syndicats)  organise le 14 novembre prochain une « Journée d'action et de solidarité » contre les politiques d’austérité.
Malgré les réserves de certains d’entre nous sur les positions de la CES, les manifestations qui auront lieu le 14 novembre sont une étape importante soutenue aussi par d’autres syndicats qui travaillent à l’organisation d’une grève européenne.
Ainsi en Grèce, au Portugal et en Espagne des mots d’ordre de grève générale sont lancés par les syndicats, dans l’unité et avec le soutien de nombreuses organisations citoyennes de la société civile.
En France, cette mobilisation est relayée par la CGT, la CFDT, la FSU, Solidaires et l’UNSA, et soutenue par de nombreuses organisations et partis politiques de gauche.
Dans le Grésivaudan, un collectif unitaire se constitue pour lutter contre ces politiques d’austérité, pour promouvoir la solidarité et proposer des alternatives de progrès social. A ce  jour l’ont rejoints : ATTAC Grésivaudan, le Front de Gauche (citoyens, PG, PCF, PAG 38), le NPA, et des militants de la  CGT  … 
Ces politiques de baisses des dépenses publiques, de contraction des salaires, de recul de la protection sociale, de démantèlement du code du travail et des services publics, menées au nom de la réduction des déficits et de la dette publics, sont inefficaces et dangereuses : elles n’engendreront qu’aggravation des crises et récession.
C’est pourquoi nous exigeons le retrait des plans d'ajustement  et d’austérité imposés par la troïka (Commission européenne, BCE, FMI) et les gouvernements néolibéraux européens.
Déjà une crise humanitaire et sanitaire frappe les pays européens du sud et de l’est.
A terme ce sont les systèmes de protection sociale, les droits humains qui sont menacés de disparition comme l’annonce fièrement le Président du Conseil Européen, Von Rompuy : « le modèle social européen n’existe plus ».

Au moment où « pigeons entrepreneurs » et grands patrons du CAC 40 multiplient les pressions sur le gouvernement 

Au moment où les revanchards de droite et d’extrême droite menacent de descendre dans la rue

Alors que ceux-là mêmes qui accusent le coût du travail ne posent jamais la question du coût du capital

Les salariés, les chômeurs, les jeunes, les retraités, les femmes, les citoyens doivent se mobiliser et s’exprimer, pour s’opposer à ces politiques de recul social et promouvoir d’autres politiques de progrès social.

Une première action : participez nombreux à la journée de protestation du 14 novembre

Mercredi 14 novembre pour l’emploi et la solidarité en Europe
MANIFESTATION à 14h à Grenoble, de la CCI (pl. Malraux) à la Préfecture

Documentaire, "Les FTP-MOI dans la Résistance"



Les FTP-MOI dans la Résistance de Mourad LAFFITTE et Laurence KARSZNIA
Avant-première au Festival international du film d’Amiens, samedi 17 novembre 2012, 16h15, en présence de Katia Guiragossian, petite-nièce de Missak et Mélinée Manouchian Maison de la culture, place Léon Gontier – Amiens

Les FTP-MOI (Francs-tireurs et partisans - Main-d’œuvre immigrée) jouèrent un rôle essentiel au sein de la Résistance dont ils furent parmi les plus actifs et les plus déterminés. Beaucoup étaient de tout jeunes gens, d’autres plus anciens étaient issus des Brigades internationales qui avaient acquis dans le combat, l’expérience nécessaire pour mener cette lutte contre le fascisme.
S’ils étaient, en tant qu’étrangers, syndicalistes, engagés politiques, directement visés par le régime de Vichy et les nazis, leur engagement n’avait rien d’un choix par défaut.
A travers l’histoire du groupe Manouchian (Île de France) et des bataillons Carmagnole-Liberté (Lyon et Grenoble), ce documentaire revient sur les origines des FTP-MOI nés d’un long processus politique et social. Au-delà du nécessaire devoir de mémoire, ce documentaire questionne notre présent. Aujourd’hui, face au démantèlement systématique des acquis du Programme du Conseil National de la Résistance, face aux discriminations de toute sorte et à leur banalisation, face à la stigmatisation de « l’étranger », désigné comme le parfait responsable de tous les maux de notre société, comment ne pas s’interroger sur cette éternelle stratégie de la peur et sur le sens de toute résistance ?

Pourquoi nous avons aidé les Roms en bas de chez nous, à Echirolles

par Cheryl Pereira, Habitante d'Echirolles
Un lundi, je découvre un tract contre les « nuisances » des Roms qui campent près de mon immeuble : « Il y a tout lieu de redouter les cambriolages. »
Les familles roms se sont installées mi-octobre sur l’herbe, juste devant chez nous. Une soixantaine de personnes, dont des femmes enceintes et beaucoup d’enfants.
Nous vivons à la frontière entre Grenoble et Echirolles (Isère), au sud du quartier des Granges (tristement célèbre). J’habite un des trois immeubles sociaux, entourés d’une majorité de copropriétés.
De nos fenêtres nous voyons le terrain de foot, un parking et cette étendue d’herbe où ils ont planté leurs pauvres tentes igloo dans des conditions insalubres : pas de poubelles, pas de toilettes, pas d’eau.

Un tract sur la porte du hall
Des voisins sont allés à leur rencontre, discuter avec eux, essayer de savoir d’où ils venaient. Personnellement je n’y étais pas allée jusqu’à ce qu’en rentrant chez moi, lundi 22 octobre, je trouve ce tract affiché sur la porte du hall.
« Un camp de Roms s’est installé depuis mardi dernier, dans le pré qui borde le parking d’Alpexpo, à la limite entre Grenoble et Echirolles.
Afin de ne pas subir une nouvelle fois des nuisances de toute sorte, tout comme cet été, nous devons nous mobiliser en masse et avertir les autorités compétentes (mairies de Grenoble et Echirolles, ainsi que la police afin que ces gens soient obligés de partir).
Chaque jour, de nouvelles tentes sont installées et chaque jour les ordures et déjections s’amoncellent un peu plus !
Ces gens se promènent la nuit dans nos environs, et il y a tout lieu de redouter les cambriolages...
Il faut donc agir au plus vite tant qu’il n’y a qu’une quinzaine de tentes, pour le bien de tous et surtout pour éviter une dégradation constante, depuis plusieurs mois, de notre quartier.
Mobilisez-vous pour le quartier des Granges. »
Ce n’était pas signé bien sûr. J’ai tout de suite pensé à Marseille, aux habitants qui ont chassé des Roms et brûlé leurs affaires, ça m’a vraiment choquée.
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dimanche 11 novembre 2012

C’est maintenant que les "fusillés pour l’exemple" doivent être collectivement réhabilités


Dès la fin de la guerre de 1914-1918, la Ligue des Droits de l’Homme et la Libre Pensée, soutenues en cela par plusieurs organisations nationales, ont engagé un opiniâtre combat pour la réhabilitation collective des 650 fusillés pour l’exemple. Ceux-ci ont été condamnés par des tribunaux militaires implacables où régnait l’arbitraire. Ces tribunaux ont fait fusiller des soldats de leur propre pays sous divers prétextes pour "maintenir le moral des troupes" et éviter l’envie de fraternisation entre combattants des deux camps.

De nombreux livres et films ont traités de ce sujet : Pour l’exemple, Les sentiers de la gloire, Blanche Maupas, Un long dimanche de fiançailles…
Sachons que les fusillés pour l’exemple britanniques ont été réhabilités dans le cadre d’une loi (un mémorial leur a même été consacré), que ceux du Canada ont été honorés, que ceux de Nouvelle Zélande ont été réhabilités. Retenons qu’il n’y a pas eu de fusillé dans l’armée américaine !
En France, nous devons malheureusement toujours devoir réclamer la vérité et la justice face à cette honteuse tache dans notre mémoire collective. Nous pouvons cependant nous féliciter de l’attitude de 13 conseils généraux (dont celui de Corrèze sous la présidence de François Hollande), des conseils régionaux de Corse, du Limousin, et tout récemment de Champagne-Ardenne, qui ont adopté des voeux réclamant une loi de réhabilitation collective. Dans tout le pays de nombreux conseils municipaux les ont rejoints, adoptant des voeux allant dans le même sens, à l'image de ceux de Charleville-Mézières et Nouzonville.

Depuis de nombreuses années, le 11 novembre, sont programmées dans plusieurs villes et départements plus de 80 initiatives, dont plus de 50 rassemblements, la plupart du temps à l’initiative de la Libre Pensée et de la Ligue des Droits de l’Homme. Celles-ci veulent faire savoir que des hommes ont le droit d’avoir peur, de se révolter contre la barbarie de la guerre et de refuser de se faire massacrer. Gardons en mémoire cette citation d’Anatole France : "On croyait mourir pour la Patrie, on mourrait pour des marchands de canons"