lundi 20 juillet 2015

Régionales Auvergne-Rhône-Alpes: les forces anti-austérité doivent s'unir !

Par Michel Barrionuevo
Le 3 juillet dernier, après la tenue de conférences de presse, j'avais écrit un billet intitulé: Régionales: le délire, on préfère exploser le Fdg plutôt que le rassembler
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La lettre que le Comité régional du PCF a reçu en date du 10 juillet confirme les craintes émises une semaine plus tôt.
Le Parti de gauche et Ensemble nous écrivent:
"Comme vous le savez, nous avons toujours souhaité un FDG fort au sein d'un rassemblement citoyen plus large et autonome du PS dès le premier tour de l'élection régionale. Nous apprécions donc avec satisfaction votre volonté de participer à un tel Rassemblement Citoyen avec EELV, Nouvelle Donne et les deux forces du FDG qui y sont déjà inscrites : Ensemble ! et le PG....
...Vous n'ignorez cependant pas que nos AG respectives ont voté pour ce Rassemblement, suivant le calendrier connu de tous depuis deux mois, car elles se reconnaissaient dans le Socle projet et la Charte éthique qui en déterminent le périmètre politique.
Nous avons donc un engagement, non pas avec EELV ou Nouvelle Donne, mais avec toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans ce Socle et cette Charte. C'est également le cas de nos militants qui ont adopté ces deux documents à près de 85% et à la majorité de nos collectifs et ont réaffirmé notre mandat de poursuivre notre travail au sein de ce rassemblement. C'est donc dans ce cadre maintenant que nous agissons afin de construire cette alternative écologique et sociale aux politiques ultra-libérales d'austérité, seule en mesure de battre la droite extrême et l'extrême droite sur notre région Auvergne Rhône-Alpes...."
Le même jour, nous nous sommes adressés à EELV et Nouvelle Donne selon les termes suivants:
"Nous vous proposons de tenir une réunion réunissant vous-mêmes, le Front de Gauche, et EELV et Nouvelle Donne afin de reprendre les discussions interrompues fin mai. Nous vous en avons formulé la demande le 26 juin mais en l'absence de réponse nous nous permettons d'insister. Nous pensons qu'elle devrait se tenir dans un délai rapproché.
Après la conférence régionale du Parti communiste français qui a réuni des délégués des douze départements le dimanche 21 juin nous vous proposons la construction d'une liste de large rassemblement développant une dynamique populaire pour une alternative à l'austérité. Lorsque nous disons large rassemblement nous pensons prioritairement à l'engagement de nombreux citoyen-ne-s, actrices, acteurs de luttes sociales, et toutes les forces politiques qui en partagent l'objectif, voire des socialistes « frondeurs ».
Dans la période de graves crises sociale, économique, environnementale que subissent les Français, les Auvergnat-e-s, les Rhônalpin-e-s nous partageons la même volonté de rassembler autour du rejet des politiques libérales, des politiques de réduction de la dépense publique, en bref des politiques d'austérité. Ce point central qui nous rapproche peut donc être l'élément le plus fédérateur pour rassembler, celui qui assure la solidité du rassemblement et la garantie de sa réussite.
De plus ces crises se doublent d'une dégradation dangereuse de la démocratie. Nous pouvons là encore nous retrouver pour une construction avec les citoyennes et citoyens, les femmes et hommes engagés dans des luttes collectives pour l'égalité, l'emploi, les services publics, la préservation de l'environnement, etc..
Enfin nous avons, les uns et les autres, conscience du fait que la visée égalitaire et citoyenne que nous pourrions porter ensemble s'opposera frontalement aux logiques de concurrence, de compétitivité, d'attractivité qui ont présidé à la création d'une méga région Auvergne Rhône-Alpes, qui nous ont conduit à nous y opposer.
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Prendre la mesure du tournant historique

Par Clémentine Autain
La tentative de Syriza pour imposer une alternative aux institutions européennes a connu une issue sinistre. Mais elle peut être un commencement, à condition de durcir le rapport de forces, et de préparer l’affrontement – mais aussi un plan B en cas d’impasse.


L’histoire a mal tourné, mais elle s’est remise en marche. Pour la première fois, un gouvernement, celui d’Alexis Tsipras, a porté le fer contre la Troïka qui entend imposer une voie politique unique. Avec Syriza, les Grecs se sont opposés aux choix libéraux, austères, non démocratiques exigés pour tous les peuples de l’Union. Seuls, puisqu’aucun autre pays n’est gouverné par une gauche digne de ce nom et que les solidarités européennes furent bien pâles ces dernières semaines, ils ont fait une démonstration politique.

Est-il possible de mener une autre politique que celle choisie par l’Eurogroupe pour un pays de la zone euro ? La réponse, cinglante, se veut sans appel : c’est non. Quiconque s’y essaie est promis en prime à l’humiliation politique.

Une logique dans le marbre des traités
Le gouvernement de Tsipras a permis de révéler aux yeux de tous la férocité, le cynisme et la détermination d’un Eurogroupe préférant la concurrence entre les peuples à leur coopération solidaire, le dogmatisme à la démocratie, l’intérêt de la caste dirigeante à celui des catégories populaires. Que leur politique ne marche pas et massacre la vie des populations ne les fait aucunement sourciller. Que de nombreux économistes, y compris des prix Nobel, et pas seulement des hétérodoxes, rappellent jour après jour l’inanité de leur choix ne les trouble pas.

Or, l’austérité produit la récession économique, creuse les inégalités et ne règle même pas le problème, la résorption de la dette, au nom duquel elle est imposée puisque partout les déficits augmentent. Que la réduction des dépenses publiques et les ajustements structurels permettent au capital de s’enrichir – et certainement pas à l’économie d’améliorer les conditions de vie du grand nombre – leur va bien. Leur main ne tremble pas : elle assume la saignée. Et si le peuple grec affirme et réaffirme par referendum son refus, qu’à cela ne tienne, la sanction sera plus sévère encore.
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vendredi 17 juillet 2015

Yanis Varoufakis met en lumière les appétits des liquidateurs de la Grèce

L'ex-ministre des finances grec, qui a rejeté l'accord à la Vouli hier soir, décrypte sur son blog les implications concrètes de chaque point du texte imposé par l'Eurogroupe. A travers ses remarques, l'économiste révèle les desseins prédateurs des bailleurs de la troïka. Il montre comment l'accord ouvre un boulevard à ceux qui ont pour projet de faire de la Grèce un paradis social et fiscal pour les entreprises transnationales qui convoitent des pans entiers du patrimoine industriel et des secteurs vitaux dont la privatisation est exigée.

A quelques heures du vote du Parlement sur l'accord du 13 juillet, Yanis Varoufakis, pour qui la démission, n'est pas synonyme de mutisme, a publié une version intégrale du texte, avec ses remarques et annotations (en gras). Loin du "plan de sauvetage", ce texte qui porte une lourde atteinte à la souveraineté du gouvernement grec, constitue un coup d'arrêt à toute tentative de relance économique et éloigne encore davantage la résorption de la crise humanitaire grecque.
(lire la version originale en anglais)

    "Le sommet de la zone euro souligne la nécessité cruciale de rétablir la confiance avec les autorités grecques [le gouvernement grec doit instaurer une austérité encore plus rigoureuse frappant les citoyens grecs les plus vulnérables, qui ont déjà largement souffert], condition préalable pour un éventuel futur accord sur un nouveau programme du MES [pour un report de ce prêt non viable]. À cet égard, il est essentiel que la maîtrise du processus revienne aux autorités grecques [le gouvernement Syriza doit signer une déclaration stipulant qu’il s’est soumis à la ‘logique’ de la troïka], et les engagements pris dans ce contexte devraient être suivis d'une mise en œuvre effective.
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La révolution François

Un travail, un toit, une terre. C’est en se référant à « ces droits sacrés » que le pape François a prononcé un discours le 9 juillet dans la ville bolivienne de Santa Cruz lors de son voyage en Amérique latine.

Là où ses prédécesseurs, Jean Paul II et Benoît XVI, avaient fustigé les partisans de la théologie de la Libération, nommé des évêques conservateurs, mis au pas les communautés de base, François l’Argentin mise sur les mouvements populaires capables de proposer des « alternatives créatives » à « l’ambition sans retenue de l’argent qui commande ».

L’originalité de sa démarche ne tient pas à la condamnation des méfaits du capitalisme dénoncés par l’Église catholique depuis Rerum Novarum (1891) mais au fait qu’un pape quitte la sphère des considérations générales (« Personne n’aime une idée, un concept ») et rompe avec le surplomb condescendant de ceux qui se penchent sur les pauvres avec sympathie, mais de haut. En effet, affirme François, cette attitude verse dans « un excès de diagnostic qui nous conduit parfois à nous complaire dans le négatif » et suscite une « indignation élégante ». Tout autre est la démarche qu’il propose : « Vous les humbles, les pauvres, les exclus, vous pouvez et faites beaucoup. […] Ne vous sous-estimez pas ! Vous êtes des semeurs de changements », indique le pape aux membres des mouvements populaires en soulignant : « Quand nous regardons le visage de ceux qui souffrent, nous avons vu et entendu non pas la statistique froide mais les blessures de l’humanité souffrante. […] Cela nous émeut. […] Cette émotion, faite action, a un supplément de sens que seuls comprennent les peuples et qui donne aux vrais mouvements populaires leur mystique particulière. »
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jeudi 16 juillet 2015

Intervention au Sénat sur l’accord du 13 juillet avec la Grèce de Pierre Laurent

15 juillet 2015
Nous abordons le vote crucial d’aujourd’hui, toujours sous le choc, et certains que le coup porté ce week-end à la démocratie marquera durablement les esprits et les relations entre pays européens.

Trois sentiments animent le groupe CRC :

La volonté de défendre l’intérêt du peuple grec qui a eu le courage de se lever – le 25 janvier et lors du référendum – pour crier à la face de l’Europe sa souffrance et son exigence de voir lever le pilon qui l’écrase !

Vive le peuple grec digne et libre.

Et vive Alexis Tsipras dont le courage et la responsabilité politique sont exemplaires.

Le second sentiment, c’est la colère contre la violence de dirigeants de l’UE – au premier rang desquels Angela Merkel et Wolfgang Schauble.

Ils viennent de montrer quels intérêts ils défendent.
Qu’un peuple se lève contre l’ordre libéral et l’oligarchie financière, et ils s’affairent à le soumettre et le punir.

Depuis le premier jour, ils n’ont jamais recherché un accord viable avec la Grèce et ont organisé son asphyxie financière.

Ils voulaient la tête d’Alexis Tsipras.
Le référendum a douché leur tentative de coup de force.
Ils se sont alors acharné jusqu’à la dernière minute à provoquer un « grexit » de fait.

Alexis Tsipras, porteur du mandat de son peuple de rester dans la zone euro et de faire respecter la souveraineté de la Grèce, dans l’UE, s’y est refusé avec juste raison.
Dès lors, leur choix a été l’humiliation et le chantage pour imposer le couteau sous la gorge, un nouveau plan drastique à la Grèce.
Ces dirigeants et leur méthode sont la honte de l’Europe ! Ils ne servent que les pouvoirs financiers, quitte à s’appuyer sur l’extrême droite.
Des millions d’Européens ne l’oublieront pas.
Le troisième sentiment est alors celui d’une très grande inquiétude pour l’avenir de l’Europe.
Elle meurt dans les cœurs et dans les têtes si elle continue ainsi.

Tous ceux qui persistent à soutenir de telles méthodes prennent une très grave responsabilité devant l’histoire !

Des frustrations et des humiliations générées par une telle arrogance et la seule loi du plus fort naîtront des monstres politiques ! Ils grandissent déjà au cœur de l’Europe !

La leçon première à tirer, est l’impérieuse nécessité de la refondation sociale et démocratique de l’UE, et son émancipation urgente des logiques financières qui l’étouffent.

L’accord qui nous est soumis écarte à première vue le « grexit » qui était et qui reste l’objectif des dirigeants allemands.
Alexis Tsipras a dit hier, avec une grande loyauté à l’égard de son peuple, dans quelles conditions il a assumé un accord contraint et forcé, pour éviter ce cauchemar à la Grèce.

Je sais, que devant la brutalité de cet accord, certains en viennent à penser que le grexit ne serait plus qu’un moindre mal.
Je ne le crois pas.
Les Grecs non plus.
Parce qu’une sortie de la zone euro ferait passer la Grèce de la crise humanitaire à l’hécatombe.
Parce que toutes nos économies seraient déstabilisées.
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Les lois Macron et Rebsamen sont à peine votées que la prochaine vague de régressions sociales se profile

Par Thomas Clerget
Discrètement, le gouvernement prépare déjà une nouvelle offensive contre le droit du travail, dans la foulée des lois Macron et Rebsamen. Les milieux patronaux en rêvent depuis longtemps : que les règles de travail négociées dans l’entreprise, là où la pression sur les salariés est la plus forte, puissent s’imposer à la loi et aux conventions collectives. Ce rêve est-il sur le point de devenir réalité ? Pour plancher sur la question, le gouvernement vient de créer une commission, en partie composée d’ « experts » proches des milieux néolibéraux. Leur rapport est attendu pour la rentrée. Sous prétexte de simplifier le Code du travail, ce rapport pourrait être annonciateur de nouvelles régressions pour les salariés.

Le gouvernement a décidé d’enclencher la vitesse supérieure sur les « réformes » du marché du travail. Les lois Macron et Rebsamen sont à peine adoptées, qu’une nouvelle dérégulation d’ampleur est en préparation. Présentée le 4 mai dernier, une commission « accords collectifs et travail », surnommée « mission Combrexelle » du nom de son président, est actuellement à pied d’œuvre à la demande du Premier ministre. Son objectif ? Produire, pour la rentrée, un rapport dont les préconisations devront inspirer une réforme pour donner plus de place aux accords collectifs – c’est à dire les accords de branche et surtout d’entreprise – dans la définition des règles qui encadrent le travail et le lien de subordination des employés à leurs employeurs. Sous couvert de bon sens et de pragmatisme – le « dialogue social de terrain » serait plus adapté à la réalité des entreprises – le projet s’attaque en fait à l’un des piliers du droit social français, suivant l’une des revendications les plus anciennes du Medef.

Dans le code du travail, deux principes jouent un rôle crucial. La « hiérarchie des normes », d’abord, consacre la primauté de la loi : cette dernière s’impose aux conventions de branche qui s’imposent, elles-mêmes, aux accords d’entreprise. En vertu du second, appelé « principe de faveur », une règle négociée au niveau d’une branche ou d’une entreprise ne peut être que davantage favorable aux salariés. En clair, si une convention de branche fixe le salaire horaire minimum à douze euros, un accord d’entreprise, dans le même secteur, ne pourra prévoir un salaire inférieur à cette somme. En revanche, rien n’interdit d’aller au delà, par exemple à treize euros. Logique, à moins de rendre la loi ou les accords de branche caducs. En principe, donc, ces règles garantissent les mêmes droits pour tous les salariés, et préviennent le dumping social au sein d’une même branche d’activité.
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mercredi 15 juillet 2015

Grèce : le piège

Par Roger Martelli
La crise grecque montre que cette Union européenne qui agit contre les peuples ne changera que si elle trouve en face d’elle un mouvement social et politique suffisamment fort pour imposer, à la fois, d’autres choix et une démocratie d’un nouveau type.

Ce qui se passe en Grèce va peser lourdement, à court et à long terme, sur le devenir de l’Union européenne. Le peuple grec s’était prononcé, clairement et fortement. Une fois de plus, comme il l’avait fait en 2005 après le "non" français, le noyau dirigeant de l’Union a décidé de passer outre. Le marché passe avant la démocratie ; la gouvernance vaut mieux que la souveraineté populaire. Que l’on ne nous raconte pas, comme le fait le Figaro, que la Grèce a creusé le fossé entre l’Allemagne et la France. Quels que soient les ajustements tactiques de dernière heure, l’épisode grec a confirmé que le couple franco-allemand était le cœur de l’Europe de l’austérité et de la flexibilité.

Dire non, franchement non
François Hollande, de façon totalement cohérente, a fait le choix durable d’articuler la logique sociale-libérale adoptée en France depuis deux ans et le renforcement d’un "noyau dur" ou d’une "coopération renforcée" capable de dicter sa ligne à tous les peuples de l’Union. Circulez, il n’y a rien à voir : "There is no alternative". Malheur à qui n’accepte pas de passer sous les fourches caudines des marchés et de la technocratie. Pour les forces de notre pays qui n’admettent pas cette méthode et son arrogance, il n’y a pas d’autre choix, dans la rue ou à l’Assemblée, que de dire non, franchement non. La fermeté est la seule réponse possible à la fermeté.
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Des crèmes glacées à la qualité artisanale et au bon goût de... luttes sociales

Par Benoit Borrits
La coopérative de production de crèmes glacées La Fabrique du Sud prépare sa seconde saison estivale avec sa marque La Belle Aude. Ayant pris la suite de l’usine Pilpa, fermée par un fonds d’investissement, ces ex-salariés de l’entreprise réinventent de nouvelles façons de travailler, plus démocratiques et plus respectueuses du consommateur et de l’environnement. Reportage au sein de leur fabrique de Carcassonne.

Carcassonne. Fin de semaine à la Fabrique du Sud, la nouvelle coopérative de production de crèmes glacées, lancée après un an de lutte suite à la fermeture du site Pilpa. En ce vendredi après-midi, comme dans d’autres usines et ateliers, les machines s’arrêtent, les bureaux se ferment. Pourtant, devant le parking déjà désert, des salariés s’activent pour charger une camionnette. « As-tu déjà embarqué les dernières documentations ? Le présentoir est-il là ? » Le camion se prépare pour passer le weekend dans le village voisin de Villemoustaussou, où se déroule une foire gourmande. Les anciens de Pilpa, leur lutte et leur nouvelle gamme de glaces La Belle Aude, font désormais partie du paysage local.

Ils reviennent pourtant de très loin, ces anciens de Pilpa. A l’origine, c’était la filiale d’une coopérative agricole, 3A, qui livrait ses glaces aux marque de la grande distribution [1]. En septembre 2011, la filiale est vendue à son principal concurrent, et leader européen sur ce marché, R&R Ice cream, qui appartient à un fonds d’investissement états-unien. Dix mois plus tard, la fermeture du site de Carcassonne est annoncée. R&R récupère le portefeuille des marques de Pilpa, et centralise la production en Bretagne. Plus de cent salariés sont laissés sur le carreau. Sans oublier les intérimaires recrutés au printemps pour préparer la saison estivale.

La lutte commence, largement appuyée par la population locale. Un an plus tard, en juillet 2013, les salariés signent un accord avec R&R : tous obtiennent des indemnités de licenciement (entre 14 et 37 mois de salaire brut ), et un budget de formation de 6000 euros par salarié. Par ailleurs, R&R appuie la formation d’une société coopérative (Scop) à condition que celle-ci ne se positionne pas sur le créneau des marques de distributeurs. Plusieurs machines sont cédées, et plus d’un million d’euros est investi. En avril 2014, dix neuf salariés-sociétaires lancent la Fabrique du Sud, une coopérative ouvrière, qui propose des crèmes glacées de qualité artisanale avec des ingrédients naturels et si possible locaux, sous la marque La Belle Aude.
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mardi 14 juillet 2015

La Marseillaise de 1871


Ecrite en 1871, par Madame Jules Faure. Interprétée ici par Armand Mestral.

Français, ne soyons plus esclaves !,
Sous le drapeau, rallions-nous.
Sous nos pas, brisons les entraves,
Quatre-vingt-neuf, réveillez-vous. (bis)
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Grèce : "Si un accord est signé, c'est grâce au courage d'Alexis Tsipras" (Pierre Laurent)

Un accord de compromis a été trouvé ce matin par les chefs d'Etats de la Zone euro. Cet accord écarte le scenario du « Grexit » et l'asphyxie financière de la Grèce, voulus par Wolfgang Schaeuble et Angela Merkel, qui jusqu'à la dernière minute ont tenté la mise sous tutelle intégrale de la Grèce, la négation de sa souveraineté, sa soumission aux puissances financières, sa vente à la découpe.

Si un accord est signé, c'est grâce au courage du Premier Ministre grec. Pour la première fois, un chef de gouvernement a osé affronter les puissances dominantes qui pensent que tout leur est permis en Europe. Le soutien de son peuple n'a cessé de grandir depuis janvier pour cette raison. Je me réjouis que la France ait joué un rôle positif à ses côtés.

Certaines des concessions faites ont étés imposées à la dernière minute. N'oublions pas que ce fut sous la menace et après 2 semaines de fermeture des banques. Le gouvernement grec a fait un choix responsable, celui de permettre avant tout la stabilité financière durable du pays et l'investissement pour l'emploi et le redressement productif du pays. La dette sera rééchelonnée et les taux d'intérêts renégociés. Alexis Tsipras a confirmé son intention de faire porter les efforts sur les grecs les plus riches et de protéger les classes populaires. La BCE doit immédiatement décider la réouverture des robinets pour les banques grecques.

L'Europe vit des moments historiques. Les pressions et humiliations subies par Alexis Tsipras et le peuple grec durant tout le week-end soulèvent de lourdes questions pour nous tous, pour l'avenir de la coopération dans la zone euro. Le combat pour l'égalité des pays, le respect de la démocratie et de la diversité, pour la solidarité, pour la reconquête de pouvoir sur la finance doit se poursuivre. C'est une question existentielle pour un avenir solidaire dans l'Union européenne.

Tous les européens ont intérêt à amplifier leur soutien à cette bataille politique et leurs luttes contre l'austérité dans leur propre pays. J'appelle toutes les forces démocratiques et de gauche à travailler ensemble à un projet commun pour sortir l'Europe de la tourmente libérale.