mercredi 27 décembre 2023

Réforme du contrôle de la sûreté nucléaire et de la radioprotection, il faut des moyens humains et financiers !


 D’ici la fin 2023, le gouvernement doit présenter son projet de réforme du contrôle de la sûreté nucléaire. Il est prévu, en 2025, la création d’un organisme unique qui regroupera l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), et l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) qui, notamment, appuie l’ASN au plan technique. Ce projet s’inscrit dans la continuité de l’annonce de la relance du nucléaire par le président de la République.

En ce qui concerne le PCF, nous souhaitons réussir la relance du nucléaire en France et ce bien au-delà des propositions gouvernementales.

Dans ce contexte, nous tenons, en premier lieu, à réaffirmer que les exploitants sont les premiers responsables de la sûreté nucléaire et la radioprotection de leurs installations. A ce titre, il est capital que ces grands exploitants restent sous maîtrise publique.

Toutefois, l’histoire du nucléaire nous montre qu’il faut une autorité de sûreté indépendante et compétente et son évolution doit garantir un système de contrôle avec un haut niveau de sureté et de radioprotection.

Sans de solides garanties à ce sujet, il ne peut y avoir de développement de l’utilisation de l’énergie nucléaire. Ce point est essentiel et déterminant !

Si nous voulons que le nucléaire apporte sa pierre à la transition énergétique bas carbone, il faut être prêt dans les délais impartis ! Il ne serait pas judicieux de se retrouver dans une situation difficile, soit bousculé par les délais, soit par des projets retardés inutilement par une autorité qui n’aurait pas les moyens de répondre aux besoins du pays.

Pour le PCF toute évolution législative de l’organisation du contrôle de la sûreté et de la radioprotection doit s’accompagner de moyens humains et de financements de haut niveau afin d’être au rendez-vous de cette relance du nucléaire, qui est aujourd’hui souhaitable et urgente. Or, les moyens humains présents à ce jour ne sont pas adaptés à cette perspective. Que ce soit en termes de formation, de spécialités, d’écoles des métiers, dans la formation initiale au sein de l’éducation nationale, dans le domaine de la recherche au CEA, au CNRS, dans les universités, etc. Ces moyens manquent également à l’ASN et à l’IRSN ainsi que chez les exploitants.

De plus, nous sommes certains que la confiance des populations vis-à-vis du nucléaire civil ne peut s’obtenir qu’avec un haut niveau de sûreté et de radioprotection, mais aussi d’indépendance et de transparence.

Les parlementaires communistes feront part à l’occasion du débat sur ce dossier de nos appréciations comme par exemple sur l’évolution du rôle de l’OPECST ? Quels moyens donner au Parlement pour savoir si l’ASNR (nom prévu pour l’autorité créée) exerce son mandat de manière satisfaisante ? Pour que le contrôle du parlement sur les rapports d’activité de l’autorité soit efficace et démocratique.

Le statut de fonctionnaire des agents qui exercent des métiers régaliens à l’ASN qui donne un minimum d’indépendance aux inspecteurs vis-à-vis de leur hiérarchie, tout en apportant des obligations de déontologie importantes, doit être garanti. Ou encore l’exigence de la publication des avis ou des travaux de l’IRSN une fois la décision ou l’avis de l’ASN rendu doit perdurer. Et ferons part de notre exigence d’une plus grande transparence sur l’organisation du contrôle du nucléaire militaire dont la dissociation avec le nucléaire civil ne nous parait pas aller dans le bon sens.

La question essentielle qui doit nous animer est : quels niveaux de sûreté et de radioprotection pour réussir la relance du nucléaire civil qui permette de répondre concrètement et dans les délais à la question de la transition énergétique bas carbone par le développement de la production d’électricité ? Et donc, au-delà de l’organisation « technique » de l’autorité, quels moyens viendront renforcer l’organisme qui exercera le contrôle de la sûreté nucléaire et de la radioprotection pour faire face à ces enjeux.

Parti communiste français
Le 21 décembre 2023

André Mondange, le maire PCF de Péage-de-Roussillon agressé par des « nationalistes»

André Mondange, maire de la petite commune de Péage-de-Roussillon, en Isère, a été blessé au visage par un groupe d’individus dans le secteur d’Avignon. L’élu a dénoncé une agression commise par « des gens qui se sont identifiés comme nationalistes » et qui ont « tenu des propos racistes» à l’encontre de sa fille métisse. 

Les faits se sont déroulés dans la nuit de jeudi à vendredi. André Mondange, qui porte ce soir-là une cocarde tricolore au col de son manteau, sort d’un bar près d’Avignon, où il se trouve en présence de ses proches. Des jeunes lui demandent alors s’il est maire, puis, son appartenance politique. André Mondange ne répond pas, l’un des agresseurs lâche alors : «L’Isère, c’est certainement la gauche, plutôt le PCF».

«Sans ambiguïté des propos racistes»

Les individus s’adressent ensuite à la fille de l’élu, métisse, et profèrent «sans ambiguïté des propos racistes», selon le témoignage d’André Mondange. «Ils ont dit qu’elle n’était pas légitime d’être en France. L’un d’eux a crié être nationaliste identitaire», a assuré l’édile sur BFM-TV. « Un des individus a voulu porter un coup avec une bouteille de bière à la main – qui a d’ailleurs touché une de mes nièces – et donc, à ce moment-là, très clairement, on était en danger et il a fallu intervenir pour protéger le groupe familial », a raconté le maire. André Mondange et sa famille ont pu « trouver refuge à l’intérieur du bar », a précisé dans un communiqué la préfecture du Vaucluse, indiquant que le maire avait depuis déposé plainte dans sa commune « pour violence volontaire aggravée par sa qualité d’élu, violence volontaire avec arme par destination et injures et propos à caractère raciste ».

« Une fois encore, un maire fait face à un déchaînement de violence, y compris contre ses proches », a regretté le président de l’Association des maires de France, David Lisnard. L’ancienne sénatrice écologiste Esther Benbassa a également apporté son soutien au maire. «Ces violences, de plus en plus fréquentes, témoignent d’un délitement accru du lien démocratique et elles sont à ce titre éminemment choquantes», a-t-elle fustigé sur Twitter, avant d’ajouter que la loi immigration votée au Parlement alimente les tensions en France. «On ne peut pas pourrir le débat depuis des mois, depuis des années, avec la question du prétendu “danger migratoire”, sans donner à certains le sentiment qu’ils ont désormais le droit de tout faire».

L’Humanité adresse à André Mondange, ainsi qu’à ses proches, ses voeux de prompt rétablissement.

mardi 26 décembre 2023

Loi immigration, le sort des étudiant·e·s étranger·e·s toujours sur la table


 Alors que la loi immigration a subi un revers à l’Assemblée nationale, la voici maintenant débattue en commission mixte paritaire composée majoritairement de parlementaires de droite.

Ce passage en commission mixte risque de considérablement droitiser le texte et renforcer les articles concernant les étudiant·es étranger·es. En effet, un ensemble de dispositions dans le texte pourrait considérablement précariser les étudiantes et étudiants étrangers.

Depuis la loi Bienvenue en France, la situation s’était déjà largement dégradée. Venir étudier en France est devenu un sacrifice financier et la loi immigration n’arrange rien.

En effet, cette loi vise entre autres à automatiser les droits d’inscription majorés pour les non-ressortissants de l’Union européenne, dans le but de contraindre les universités et écoles qui ne l’ont pas encore appliqué, malgré les pressions gouvernementales et les suppressions de budget.

En outre, le Sénat propose que la délivrance de la carte de séjour soit « subordonnée au dépôt d’une caution par l’étranger » primo-arrivant, caution qui lui serait remise en cas de retour à son pays d’origine à la fin des études ou de changement de statut. La loi stipule qu’au-delà des difficultés déjà existantes lors de la rénovation du titre, les étudiants devraient justifier le « caractère réel et sérieux des études ».

Enfin, le report de l’ouverture des droits aux prestations sociales non contributives à 5 ans de résidence stable et régulière, notamment pour les allocations familiales, logement et handicap, ainsi que les entraves à la rénovation d’un titre avec une même mention renforcent leur exclusion de l’ESR français.

Ces mesures sont en inadéquation totale avec l’ambition d’un ESR ouvert sur le monde. L’accueil d’étudiantes et d’étudiants étrangers constitue en réalité une chance pour notre système. Ils et elles participent au rayonnement de notre enseignement supérieur et permettent un enrichissement intellectuel sans égal.

L’ensemble de ces propositions sont inaudibles et sont des attaques au principe d’un ESR ouvert et accessible, donc gratuit, suivant le schéma classique de la casse du service public : l’offensive sur un public spécifique à des motifs divers représente une porte d’entrée pour faire régresser l’ensemble de droits sociaux.

Léna Raud


secrétaire nationale de l’UEC

Luc Jacquet : « Aujourd’hui, porter la beauté du monde, c’est faire du cinéma politique »


 Les manchots Empereur prennent la pose © Cédric Gentil / Expédition Wild-Touch Antarctica

Voyage au pôle Sud, de Luc Jacquet, 1 h 22 min, France

Après « la Marche de l’empereur », récompensé en 2006 par l’Oscar du meilleur documentaire, le réalisateur Luc Jacquet retourne dans l’Antarctique et nous propose « Voyage au pôle Sud ». Un film poétique en noir et blanc et une œuvre d’utilité publique qui s’inscrit dans sa démarche de « médiation du cinéma, de la science et de l’enseignement ». En marchant au pas lent de l’explorateur, le spectateur apprécie la beauté et la rigueur de ces paysages glacés. Sans oublier d’observer, voire de caresser, ses compagnons de route, les manchots empereurs…

Vous retournez régulièrement en Antarctique. En quoi ce continent est-il magnétique ?

Ce magnétisme, on y est tous sensible. Toute personne qui pose le pied là-bas a envie d’y retourner. C’est un mystère. Et un paradoxe ! Car on est loin, on prend des risques, ça fait mal, il fait très froid… L’Antarctique, j’y suis allé plus d’une quinzaine de fois, j’y ai passé au total près de quatre ans de ma vie. D’une certaine manière, j’ai développé une variante grave à cette addiction ! Et puis il y a toujours cette « impossibilité » de raconter notre expérience. C’est insaisissable et tellement grand que c’est difficile à partager. Mais c’est bien l’objet de ce film. Je résume tous mes voyages et ceux d’autres explorateurs pour essayer de faire ressentir à ceux qui n’ont pas la chance d’y aller ce qu’on a vécu, et pourquoi on est fasciné par ce continent.

Vous retrouvez vos compagnons de marche, les manchots. Ils vous fascinent comme ils ont fasciné les spectateurs de « la Marche de l’empereur ». Comment l’expliquez-vous ?

L’incroyable esthétique de cet animal est une chose dont vous ne vous lasserez jamais : il est d’une beauté, d’une quiétude et d’une tranquillité incroyables. À chaque fois que j’y retourne, je suis toujours plus fasciné et j’ai l’impression d’avoir un privilège en côtoyant cette espèce animale. Leur absence de peur est extraordinaire : c’est un des rares animaux qui va se détourner de son chemin pour venir vous voir et passer un moment avec vous, puis repartir.

Vivre cela est une émotion qui dépasse tout. Et retourner se nourrir à cette source de paix absolue avec le règne animal et avec la nature fait un bien fou.

Dans « Voyage au pôle Sud », il n’y a presque qu’un personnage humain, vous, dans ce voyage. Pourquoi ce choix subjectif, voire intimiste ?

Ce film est tout sauf un documentaire. C’est un parti pris, je ne prétends pas raconter tout l’Antarctique. C’est un voyage subjectif, un choix d’artiste. L’important est ce que j’ai à vous faire partager à ce moment-là. Et ce choix est assumé jusqu’au fait d’incarner mon image avec une voix off qui dit « je ». La maturité m’a permis de faire cela, en sortant d’une forme de pudeur pour assumer mon message.

Est-ce que le choix de la solitude du voyageur sert à souligner la richesse du milieu naturel ?

J’aime la peinture classique chinoise où l’on voit de grands paysages et, en cherchant bien, on s’aperçoit qu’il y a un personnage tout petit en bas de la peinture qui, d’un seul coup, nous révèle l’immensité du paysage. Pour moi, la présence de cette silhouette humaine a surtout pour vertu de donner une forme d’échelle et de ramener le personnage à l’archétype : l’être humain. Ce n’est pas Luc Jacquet qui est important, c’est l’idée d’un voyageur qui entre dans des paysages bien plus grands que lui. Toute la difficulté de ce film est là : ne pas en faire un film égotique et demeurer dans le symbolique.

Vous insistez sur le silence, les temporalités lentes, le rythme du marcheur, etc. Est-ce un éloge de la lenteur en opposition à l’accélération de notre civilisation ?

Il y a un moment où cette accélération n’a plus lieu d’être ! Là-bas, en Antarctique, vous aurez beau vous exciter, vous n’irez pas plus vite que le vent ou que la glace qui va fondre ou non et vous laisser passer ou non… Le désir de maîtrise de nos sociétés n’a là-bas aucun sens. Le fait de se remettre dans ce mode plus organique, celui de la lenteur, de la capacité à avancer ou pas, ou à supporter le vent, transforme notre rapport au monde. Vous avez une intention mais son exécution est soumise au bon vouloir de la nature. Cela change tout.

Ce pôle Sud est-il comme l’inverse de notre monde dit « hypercivilisé » ?

C’est la vie réduite à l’essentiel. Quand vous êtes en Antarctique, vous n’avez pas le luxe de gaspiller votre énergie pour penser à autre chose que survivre. Cette épure est la métaphore exacte de ce qu’est l’art d’être vivant.

Vous faites le choix esthétique d’un film en noir et blanc, sauf une brève séquence bleutée de la glace. Pourquoi ?

L’idée est de sortir de la description des choses. Aujourd’hui, l’image se banalise à force d’images ! Si on va sur n’importe quel site Internet et qu’on tape « Antarctique », on va être submergé par un fil d’images plus belles les unes que les autres, mais dont l’accumulation finit par provoquer une sorte de nausée. J’avais envie d’aller plutôt dans des paysages du cœur, dans le sens des émotions et surtout sortir de la description. En effet, quand on fait des documentaires, on lutte en permanence contre ce rapport au réel. D’ailleurs, ce genre de film est en train de s’essouffler. Quand Cousteau filmait, la simple découverte suffisait à nous contenter, mais, aujourd’hui, ce n’est plus le cas : c’est la narration qui fait la différence et surtout l’étonnement. Car le monde a été vu et revu, on a désormais des images de tout. Maintenant, il faut raconter l’histoire.

Vous évoquez Magellan et les explorateurs pionniers. A-t-on encore aujourd’hui cet esprit d’aventure et d’exploration ?

Cet esprit d’aventure fait partie de la nature humaine. De nos jours, il est en train de se diriger vers l’espace, le nouveau Magellan, c’est Pesquet. Ce sont les personnes qui osent partir dans des stations spatiales… Aujourd’hui, ce désir d’exploration vieux comme Homère et Ulysse bute sur le fait que la Terre est archi-explorée et conquise. Notre rapport au monde s’inverse. Maintenant que la conquête est faite, il faut transformer le conquérant en gestionnaire. Ce n’est plus le même logiciel car on était plus pertinent dans la façon de conquérir que dans la manière de gérer !

Vous dites que vous faites du « cinéma d’acharnement, du cinéma politique »…

Oui, du cinéma politique. À notre époque, le simple fait de défendre des valeurs humanistes, des valeurs qui croient à la science, et qui essaient de porter la beauté du monde, c’est faire du cinéma politique. On est arrivé à une telle déliquescence de ces idées, à un tel affrontement de tous contre tous, que quelque chose, qui pouvait paraître futile et léger il y a dix ans, prend une portée politique. Aux États-Unis, on est en train de désenseigner Darwin, il y a les « platistes » (ceux qui croient que la Terre est plate – NDLR), cela fait froid dans le dos. Aujourd’hui, être dans le champ scientifique et rationnel revient à se placer sur un front politique majeur pour lutter contre les obscurantismes.

samedi 23 décembre 2023

Monsieur le Président : renoncez !

Monsieur le Président,

Ce soir, à l’occasion de votre intervention télévisuelle, nous vous demandons solennellement de prendre la seule décision qui vaille : vous devez renoncer à une loi qui porte une atteinte fondamentale aux valeurs de notre République et qui, au-delà de fracturer votre propre majorité, va fracturer notre pays.

Vous avez été élu et réélu face à l’extrême droite. Vous vous étiez même posé en ultime barrage contre les idées du Rassemblement National. C’est la raison pour laquelle de très nombreux Français ont voté pour vous, non par adhésion à votre politique, mais pour éviter le pire.

Mais hier soir, une digue a lâché. Loin de régler quoi que soit aux désordres du monde, à l’exil face aux guerres et au changement climatique, à la crise de l’accueil et ses conséquences, la loi sur l’immigration adoptée hier, la plus régressive depuis des décennies, consacre la préférence nationale, remet en cause le droit du sol et les droits fondamentaux affirmés dans le préambule même de notre constitution, issu du Conseil national de la résistance. Le texte voté est un désastre moral, une trahison de notre Histoire, de ce qu’est notre pays et l’esprit des Lumières, et une reddition devant l’extrême droite qui peut légitimement évoquer une victoire idéologique.

Nous, forces politiques, syndicales, associatives, ne nous résignons pas. Nous sommes là pour résister à l’arbitraire et à l’inhumain. Nous appelons l’ensemble des organisations de la société civile, toutes les forces progressistes et républicaines à agir face à cette attaque majeure contre notre République et sa Constitution, et à construire ensemble des initiatives dans les jours et les semaines qui viennent.

Monsieur le Président : renoncez !

ASSOCIATIONS ET SYNDICATS

ATTAC
Anafé
ANVITA
Confédération paysanne
Confédération Générale du Travail
CRID
Droit Au Logement
Droits d’Urgence
EMMAUS France
Fédération Syndicale Unitaire
Jeune Garde
MRAP
Les Amis de la Terre
Ligue des Droits de l’Homme
Solidaires
SOS Racisme
Thot
Union étudiante
Union nationale des étudiants de France
Union syndicale Lycéenne

PARTIS POLITIQUES

Les Écologistes - EELV
L’Engagement
La France Insoumise
Les Jeunes Insoumis
Les Jeunes Écologistes
Les Jeunes Génération·S
Les Jeunes Socialistes
Les Radicaux De Gauche
Gauche Démocratique et Sociale
Gauche EcoSocialiste
Génération·S
Gauche Républicaine et Socialiste
Mouvement des Jeunes Communistes de France
Mouvement Républicain et Citoyen
Nouvelle Donne
Nouvelle Gauche Socialiste
Parti Communiste Français
Parti de Gauche
Parti Radical de Gauche
Parti Socialiste
Picardie Debout
Place Publique
REV
Union des Étudiants Communistes

vendredi 22 décembre 2023

Grenoble. Les communistes appellent à ouvrir le débat sur l’avenir de la ville

Isabelle Peters, première adjointe au maire de Grenoble ; Emeric Vibert, secrétaire de la section communiste de Grenoble ; et Jérémie Giono, secrétaire départemental du PCF Isère.

Lors de leur conférence de section, les communistes grenoblois ont lancé un appel aux forces de gauche et citoyennes. Il y a urgence à créer les conditions d’un débat citoyen pour dessiner la ville de demain.

La gauche n’est pas indéboulonnable« L’important pour nous, c’est le débat avec la population ; ce n’est pas dans les discussions de couloir que l’on avance, nous voulons bâtir avec les gens. » Emeric Vibert, secrétaire de la section communiste de Grenoble, s’exprimait ainsi devant les journalistes pour rendre public l’appel aux forces de gauche et citoyennes adopté par la récente conférence de section des communistes grenoblois.

Un appel qui résonne comme un appel à la vigilance dans la perspective du prochain scrutin municipal : avoir le temps du débat citoyen suppose « que l’on se parle » et que le choix d’une tête de liste « soit arrêté au cours de l’année 2024, car on sait bien qu’une campagne électorale et un débat en grand sur les propositions suppose que les choix soient clairement énoncés », relève Emeric Vibert.

La gauche n’est pas indéboulonnable

D’autant que le succès de la gauche à Grenoble n’a rien d’une évidence définitive. « Carignon est un handicap pour la droite, constate Jérémie Giono, secrétaire départemental, mais Olivier Véran, qui se montre beaucoup à Grenoble ces derniers temps, est un adversaire à prendre au sérieux : il ambitionne de fédérer la droite et le centre pour « faire tomber la municipalité Piolle » ». Or, « si la droite macroniste devait l’emporter à Grenoble, c’est la métropole qui tomberait également sous l’emprise de la droite avec tout ce que cela implique de remise en cause des politiques de solidarité et de difficultés pour les communes ».

D’où l’idée de l’urgence de construire un rassemblement à gauche, de débattre « sans tabous » de ce qui a fonctionné et de ce qui doit être remis en cause, de proposer une perspective d’avenir. Sachant que la situation actuelle n’est comparable ni à 2014 – où la liste d’Eric Piolle a été élue sur la promesse de la nouveauté –, ni en 2020, où la liste de gauche a été marquée par un élargissement de l’arc humaniste qui la compose.

En ayant toujours à l’esprit que la division serait mortifère : la nature du scrutin municipal, qui donne une prime à la liste arrivée en tête, impose le rassemblement. Plusieurs listes de gauche, ce serait courir le risque de l’accident.

Construire ensemble

Raisons pour lesquelles Jérémie Giono se félicite de l’initiative prise par la section grenobloise : « les communistes sont dans leur rôle, eux qui représentent la stabilité et la loyauté à gauche, qui assurent une fonction de trait d’union entre les différentes composantes de la majorité, qui interviennent pour assurer la sincérité des débats ».

Pour Isabelle Peters, première adjointe d’Eric Piolle, « il faut rapidement nous mettre d’accord sur les axes d’un programme partagé, son processus d’élaboration avec les Grenoblois et créer une dynamique de rencontre avec les citoyens pour construire ensemble ce qui sera l’avenir de la ville ».

L’appel adopté par la section communiste

Les communistes s’adressent aux forces de gauche, citoyennes
et écologiques de Grenoble

Logement, précarité de trop nombreux emplois, prix alimentaires… les inégalités sociales n’ont jamais été aussi graves. Tandis que les combats pour la préservation de l’environnement sont plus que jamais vitaux.

Nous, forces de gauche et citoyennes, cela nous oblige.

Parallèlement, le gouvernement a fait le choix de l’asphyxie des collectivités territoriales, privées de moyens et d’autonomie par une politique de recentralisation. Sans pour autant assumer les responsabilités qui sont les siennes : le refus de financer le RER métropolitain au niveau des enjeux qu’il représente en est un exemple.

Le fonctionnement des institutions locales en est affecté, comme l’illustrent les relations complexes entre les communes et les métropoles.

Face à ces réalités, et à 28 mois des prochaines échéances électorales locales, la gauche grenobloise a aujourd’hui la responsabilité de présenter une perspective pour débattre avec les Grenoblois·es d’un projet d’avenir.

Les appétits de la droite se font jour. Même s’il a été largement battu en 2022 dans la partie grenobloise de sa circonscription législative, Olivier Véran, ministre d’Emmanuel Macron, est aujourd’hui en campagne électorale. Il ambitionne de rassembler la droite et de séduire d’anciens électeurs de gauche. L’extrême droite est là pour diviser et fracturer la société. Et cela dans un contexte où l’abstention grandit à l’aune des désillusions face à l’approfondissement des difficultés, particulièrement dans les quartiers populaires.

Nous qui oeuvrons pour une ville écologique et solidaire par delà nos différences d’appréciation, nous avons la responsabilité de mettre en débat des analyses et des propositions.

Dans l’immédiat, nos forces doivent converger vers la concrétisation rapide du bouclier social municipal voulu par la majorité de gauche et contribuer à l’approfondissement de la démocratie citoyenne.

Notre responsabilité, c’est aussi d’ouvrir une nouvelle perspective d’avenir pour notre ville. Il y a urgence.

La contribution de chacune des forces politiques et citoyennes qui composent la majorité municipale sera pour cela importante. Mais l’essentiel est, dès aujourd’hui, d’engager le débat avec les Grenoblois·es sur les grands chantiers d’une politique municipale pour le prochain mandat. Culture, enfance, école, transports, justice sociale, prévention de l’insécurité, logement, sécurité sociale alimentaire, accès à la santé, participation des citoyens, apport de la ville de Grenoble à la métropole… les pages à écrire ne manquent pas.

Nous devons également travailler ensemble à la constitution d’une équipe municipale qui saura porter ces projets.

Mettons-nous au travail dès aujourd’hui pour dessiner la ville de demain avec les Grenoblois·es. À la place qui est la leur, les communistes grenoblois sont disponibles pour y apporter leur contribution.

Appel adopté à l’unanimité par les délégués à la conférence de la section de Grenoble
Grenoble, le 2 décembre 2023

Contre la dette à perpète. Éric Bocquet en appelle à la fin de la tutelle de la finance

Le sénateur communiste du Nord, Éric Bocquet, s’en dit convaincu : « Nous [la France] ne sommes pas condamnés à la dette "à perpète"... ». C’est ainsi qu’il conclut le livre justement intitulé La dette à perpète ?* qu’il a écrit cet été et publié en novembre.

Après deux ouvrages consacrés à l’évasion fiscale, Éric Bocquet poursuit donc son œuvre pédagogique pour, cette fois, décortiquer le fonctionnement de la dette publique, pour la démystifier, pour, dit-il, « engager une véritable réflexion sur un mode alternatif de financement de l’État et de la société. »

Il le fait sur un peu plus de 90 pages très accessibles et divisées en une trentaine de chapitres qui sont autant de questions et d’explications sur le fonctionnement de cette dette dont l’essayiste Alain Minc prétend au contraire qu’elle devrait être à perpétuité. En cela le travail du sénateur est une pépite.

La démonstration commence fort avec un rappel des propos du président Macron qui, s’adressant à une infirmière le 5 avril 2018, lui affirmait : « Il n’y a pas d’argent magique. » Cette infirmière l’avait interpellé sur l’insuffisance des moyens alloués à l’hôpital public. Deux ans plus tard, la pandémie de Covid 19 change tout. « L’argent magique apparaît, l’État déverse des milliards pour financer les masques, les tests, les vaccins, mais aussi les entreprises (…) et les ménages (...) ». La suite est connue mais elle interpelle d’autant l’auteur pour qui : « Nous sommes nombreux à penser qu’il est temps d’engager un autre débat sur la dette publique en général », alors que celle-ci approche le seuil des 3 000 milliards d’euros.

Alors que les collectivités locales sont tenues de présenter chaque année un budget équilibré, le dernier budget à l’équilibre de la France remonte à 1974. Ce presque demi-siècle de dette publique n’empêche pas les discours officiels d’être anxiogènes et de culpabiliser les citoyens. C’est ainsi qu’on leur impose la réforme des retraites, celle du chômage, etc. L’adoption de la réforme des retraites avec l’article 49,3 visait à « donner un ‘’gage sérieux’’ aux marchés financiers qui investissent dans nos titres de dette publique », écrit Éric Bocquet.

Il est là, le « loup » : l’État est passé d’un système, le « Circuit du Trésor », consistant à financer les dépenses de l’État par des bons du Trésor à un système consistant à placer la dette de l’État sur les marchés financiers. Voilà la marque incontestable du néo libéralisme qui nous domine depuis plus de 40 ans.

Dès lors, l’État étant soumis aux marchés financiers, la spirale devient infernale. La France a beau faire tous les efforts possibles, elle est comme un hamster qui fait inlassablement tourner sa roue sans résultat. La politique se fait sur les marchés financiers et la feuille de route veut qu’il nous faut travailler plus longtemps et se priver davantage. Les marchés financiers ont tout intérêt à ce que cela dure. 

Pour Éric Bocquet, il faut refuser cette fatalité. « Il est temps, affirme-t-il, d’avancer vers les nouvelles sources de financement de l’État, des grands services publics, et des grands défis de notre temps. » Des moyens peuvent déjà être trouvés en s’attaquant aux niches fiscales et à l’évasion fiscale, en maîtrisant mieux les aides aux entreprises, en reconquérant la souveraineté de l’État.

Philippe Allienne

La dette à perpète ?,
Éric Bocquet, Le Temps des Cerises, 16 euros.

 

Les communistes toujours mobilisés contre la galère dans les transports !

Depuis plus d’un an, les militants communistes franciliens mènent sur le terrain la bataille pour des transports de qualité et publics dans leur région autour d’un mot d’ordre et avec un collectif politique et syndical : « Stop galère ! »

Le réseau de transports du quotidien souffre. Ses agents et ses usagers également. Cette situation est la conséquence de choix politiques néfastes faits par la présidente de région Valérie Pécresse. Maintien de la baisse de l’offre malgré le retour des voyageurs dans les transports après le Covid, économies comptables au détriment du service public, entêtement dogmatique de privatiser quoiqu’il en coûte les bus de la grande couronne puis de la RATP et les trains de banlieue… sont autant de choix libéraux qui plongent les usagers et les transports dans l’insécurité.

Plus la privatisation avance, plus les transports coûtent chers aux usagers qui verront leurs titres de transport à nouveau augmenter au 1er janvier 2024.

Si le doublement des tarifs durant les JO a fait la Une, c’était pour mieux dissimuler une autre hausse, celle des transports du quotidien alors qu’ils se dégradent de plus en plus. L’accord signé dans la précipitation entre Pécresse et Beaune en septembre dernier ne règle rien aux financements des transports. Il les fait reposer sur des hausses tarifaires des usagers chaque année jusqu’en 2028 et réduit la part payée par les entreprises pour leur fonctionnement. Cet accord des droites est insuffisant et foncièrement injuste.

Jeudi 7 décembre, alors que le Conseil d’administration d’Île-de-France Mobilités votait une nouvelle hausse du Navigo à 86,40€/mois au 1er janvier 2024, les militantes et militants communistes étaient présents dans plus de 160 gares aux 4 coins de l’Île-de-France.

La colère des usagères et des usagers était palpable et encore plus importante qu’il y a quelques semaines. Si beaucoup d’usagers ont évoqué les JO c’était pour démontrer l’incohérence et les mauvais choix faits par la droite régionale. Ceux-ci pourraient amener à déshabiller les lignes de banlieue pour les lignes desservant les sites olympiques. En effet, en l’absence de revalorisation salariale suffisante des agents et d’abandon de la privatisation, dont le seul coût des bus historiques de la RATP est estimé à 4,9 Mds €, le recrutement en nombre suffisant pour produire une offre suffisante avant, pendant et après les JO est plus qu’incertain, voire impossible pour 2024.

Avec 17 réunions publiques déjà tenues, plus de 63 000 signatures de la pétition Stop galère, des tribunes réunissant jusqu’à 250 grands élus franciliens opposés à la privatisation et à la dégradation des transports en commun, le collectif Stop galère, animé par les 8 fédérations communistes et le groupe régional Gauche communiste, écologiste et citoyen, poursuivra en 2024 la bataille pour des transports de qualité et publics. 2024 sera décisive pour les transports en Ile-de-France.

Céline Malaisé
présidente de la Gauche communiste, écologiste et citoyenne

jeudi 21 décembre 2023

Grenoble. Deuxième rassemblement en 48h contre la « loi asile immigration »

Des centaines de manifestants le 20 décembre au soir, rue Félix Poulat à Grenoble.

Après une manifestation lundi 18 décembre, lors du début de l’examen du projet de loi immigration en commission mixte paritaire (CMP), un nouveau rassemblement a eu lieu mercredi soir après l’adoption de la loi.

Six à huit cents manifestants ont répondu à un appel à protester de la CISEM (Coordination iséroise de solidarité avec les étrangers et migrants) paru tard dans la journée.

L’appel appelait à se rassembler « contre le racisme d’état et l’islamophobie, contre la préférence nationale, la déchéance de nationalité et l’exploitation des sans-papiers. »