dimanche 18 janvier 2026

Vizille


 Bonjour à toutes et tous, je me lance dans la campagne pour les municipales. Je serai présent sur la liste conduite par Catherine Troton.

Garantissons la transparence et la sécurité énergétique


 EDF a réalisé une étude sur les effets de la modulation du parc nucléaire, modulation qui augmente du fait du marché et de la progression des productions intermittentes d’électricité éolienne et solaire. Craignant qu’elle ne remette en cause les projections de déploiement des ENR de la Programmation pluriannuelle de l’énergie en préparation, le gouvernement s’oppose à ce que le rapport soit rendu public !

Le PCF demande le respect du principe de transparence et que tous les obstacles à sa publication soient levés. Les analyses scientifiques sont un bien commun, indispensables au débat démocratique.

Le plan climat adopté par le PCF, Empreinte 2050, vise l’atteinte de la neutralité carbone en 2050 par une forte électrification des usages nécessitant un déploiement important tant du nucléaire, de l’hydraulique que des énergies renouvelables en général, le tout dans un mix équilibré et adapté aux besoins.

Notre exigence de transparence ne recèle aucun à priori contre l’une ou l’autre de ces filières. Mais pour que la transition énergétique indispensable à l’atténuation du réchauffement climatique réussisse, il faut impérativement veiller à garantir la robustesse du système électrique, tout comme l’accès à l’énergie et la baisse des factures.

Le black-out qui s’est produit en Espagne en avril dernier témoigne de la fragilité du système dans ce pays et du bien vital que représente l’énergie.

La politique énergétique française souffre d’être polluée par les interventions des lobbies capitalistes sur les rouages de l’État. Le développement des énergies renouvelables est aux mains d’un soi-disant « capitalisme vert » qui a pour seul objectif l’enrichissement sur la base de subventions publiques, de garanties de prix de vente et de financement par la collectivité des conséquences de l’intermittence, non prévisible, de leurs productions sur le système électrique.

Le programme du PCF vise l’intégration de tous les moyens de production dans le service public nationalisé de l’électricité : comme pour le nucléaire ou l’hydroélectricité, le nécessaire développement des énergies renouvelables est un enjeu trop crucial pour le laisser à l’arbitrage du marché et des intérêts du privé. Il doit être piloté et planifié selon l’intérêt général et la réponse aux besoins. Il est plus que jamais d’actualité.

Dans un monde où l’impérialisme s’empare, par la force, des ressources énergétiques, la transparence contribue à l’exigence d’un avenir indépendant, souverain et décarboné aux mains de la nation.

Paris, le 15 janvier 2026

Parti communiste français.

samedi 17 janvier 2026

Vœux 2026 | Fabien Roussel


 Je voudrais saluer mesdames et messieurs les ambassadeurs, mesdames et messieurs, les parlementaires, chers Cécile, qui est là, cher Stéphane que j’ai vu à côté, monsieur le président de la coopérative des élus, cher Philippe Rio, mesdames et messieurs, les élus, les représentants des différentes forces politiques, syndicales, associatives, mesdames et messieurs de la presse que je viens aussi de saluer. Mes chers amis, mes chers camarades, vous êtes toutes et tous des personnalités, et vous êtes ici chez vous, dans la Maison du Peuple, et merci.

Et vous êtes très nombreuses et nombreux à être venus ici, je dirais, avec votre humanité. Excusez-moi d’avoir cette voix, j’ai un peu la crève. Je dirais que tout le monde a la crève. Je dirais que le monde a la crève. On va en parler ce soir.

Mais je voudrais quand même, pour ces vœux 2026 un peu particuliers, affirmer, en ces premiers jours de cette année, revendiquer le droit au bonheur, le droit à la paix, pour toute la grande famille humaine, et bien sûr pour notre pays, et pour le peuple de France.

Nous revendiquons cette année encore l’espoir et le droit de souhaiter à chacune et à chacun une belle, une très belle année 2026, pleine de paix, pleine d’amour et pleine de joie, parce que nous revendiquons toujours l’espoir des jours heureux pour tout le monde.

Et je veux adresser à tous nos concitoyens, au nom du Parti communiste français, de ses élus, de ses militantes et de ses militants, nos vœux les plus chaleureux, les plus sincères. Et ces vœux de paix et de bonheur sont d’autant plus importants pour moi que l’année a débuté sur une toute autre tonalité : chacun s’en est aperçu.

Je voudrais que, après le drame de Crans-Montana, en Suisse, dans lequel 40 femmes et hommes ont péri, dont 9 de nos compatriotes, jeunes filles, jeunes garçons, fauchés dans la fleur de l’âge, dire toute notre amitié et toute notre émotion aux familles qui ont perdu un proche. La jeunesse est la force vitale de notre avenir.

Il n’y a rien de plus cher que nos enfants. Ce sont la prunelle de nos yeux. Et nous voulons bien sûr tout faire pour les protéger. C’est pour ça que je voulais témoigner aux victimes, à leurs familles, à leurs proches, nos pensées les plus émues et tout notre soutien.

Et j’en profite aussi pour adresser, en ce début d’année, tout notre soutien aux forces de sécurité, aux pompiers, à la sécurité civile, à toutes celles et ceux qui, tout au long de l’année, nous protègent, interviennent pour nous secourir. Nous avons grandement besoin d’eux. Ils ont besoin de nous, de notre soutien.

Ces vœux 2026, je voudrais les consacrer tout au long de cette soirée à la jeunesse, à la jeunesse de France, à la jeunesse du monde comme je l’ai dit au président de la République jeudi dernier, lorqu’il nous a réunis pour nous parler de l’Ukraine, et on n’a pas parlé que de l’Ukraine.

J’ai commencé mon intervention en lui demandant : quel monde allons-nous laisser à nos enfants ? Car la guerre menace partout.

Plus de 60 pays sont, à l’heure où je vous parle, déchirés par la guerre. C’est un triste record. Le monde est en urgence absolue, comme pourraient dire les médecins.

Mais nous aussi, nous avons notre propre serment d’Hippocrate : jamais nous n’abandonnerons la paix, jamais nous n’abandonnerons nos enfants. Et nous apportons tout notre soutien à cette jeunesse qui se bat dans le monde entier pour faire respecter ses droits et sa dignité.

Nous voulons ce soir apporter tout notre soutien à la jeunesse iranienne qui se bat avec courage depuis des mois contre le régime des mollahs. Je voudrais particulièrement saluer le courage de ces jeunes femmes, de ces jeunes filles iraniennes, rayonnantes, vivantes, courageuses, qui ont été à l’origine de cette révolte avec leur mouvement « Femme, vie, liberté ». Vive la jeunesse iranienne qui veut être libre, et libérée du carcan de la religion et d’un État islamiste.

Nous apportons bien sûr tout notre soutien aussi à la jeunesse du Venezuela, pour tous les peuples libres, démocratiques. Ce qu’a fait l’administration Trump contre le Venezuela, en dehors de tout droit international, est un acte de guerre extrêmement grave, extrêmement dangereux. Le kidnapping d’un chef d’État, de son épouse qui est aussi députée, est injustifiable.

Que dirions-nous si demain Poutine venait à kidnapper le président Zelensky ? Que dirions-nous si demain une puissance étrangère venait à kidnapper Emmanuel Macron et Brigitte Macron ? Nous serions les premiers à dénoncer cette ingérence étrangère et à réclamer sa libération, et à dire que c’est au peuple français de décider de ses gouvernants. C’est la même chose pour le peuple vénézuélien, et pour tous les peuples libres du monde.

Tout le monde comprend bien, avec cette comparaison, que la question posée n’est donc pas celle de la nature du régime vénézuélien, mais bien celle de la nature de cette agression et des menaces perpétrées par Donald Trump.

C’est pour ça que je voudrais adresser notre solidarité la plus totale au peuple vénézuélien, et rendre hommage à nos amis cubains qui ont perdu, dans cette agression, plus de 30 soldats sous les balles des forces spéciales américaines.

 En votre nom, je voudrais que l’on salue chaleureusement et que l’on transmette toute notre solidarité à l’ambassadeur de Cuba, Otto Vaillant-Frias, et à la représentante de l’ambassade du Venezuela, Marta Bolivar Acosta, qui sont ici ce soir. Les représentants du peuple cubain et vénézuélien : nous sommes à vos côtés.

Nous avons eu l’occasion d’échanger ce samedi sur la situation dans vos pays respectifs. Donald Trump vient d’ouvrir en grand la porte à toutes les ingérences, à toutes les formes d’agression militaire. C’est la politique de la canonnière pour s’accaparer le pétrole, les terres rares, les minerais, les voies de circulation dans l’Arctique. C’est l’impérialisme à l’état pur : brutal, violent.

Nous ne voulons pas vivre dans un monde où la démocratie, les peuples, le climat, nos ressources naturelles, le vivant seraient sacrifiés sur l’autel des profits des multinationales et des grands pétroliers. Est-ce ce monde que nous réservons à nos enfants ?

La France, justement, devrait s’élever contre cette nouvelle stratégie de sécurité nationale américaine publiée en décembre dernier, contre cette doctrine Monroe rebaptisée « Donroe ». On y trouve pêle-mêle : soutien aux forces d’extrême droite partout dans le monde, ingérence dans tous les États, revendications impérialistes, contrôle des ressources planétaires et de leurs voies d’acheminement. Tout y est. Et les cibles sont claires : Cuba, Mexique, Colombie, Nigeria, Iran, mais aussi l’Europe, les pays de l’Union européenne, nos institutions judiciaires, le Groenland.

Personne n’est à l’abri de l’ogre Sam, ni les États, ni les individus.

Face à un tel prédateur, il ne faut pas reculer d’un pas. La France ne doit pas reculer devant Trump, surtout quand l’agression américaine contre le Venezuela déstabilise toute une région dans laquelle la France occupe une place importante, avec 1.000.000 de nos concitoyens qui habitent en Martinique, en Guadeloupe, en Guyane, à Saint-Martin, à Saint-Bartélémy. Nos députés de Guyane et des Caraïbes sont très inquiets : chaque secousse dans cette région du monde a des répercussions chez nous.

C’est de Kourou, en Guyane, que nos fusées et nos satellites décollent. C’est au large de la Guyane française, dans notre espace maritime, que des réserves de pétrole sont à ce jour inexploitées à cause de la loi Hulot, dont l’abrogation, bizarrement, est mise à l’ordre du jour à la fin du mois, au Parlement.

Emmanuel Macron croit-il que c’est en se mettant à genoux devant le président Trump qu’il sera en capacité de défendre nos concitoyens, nos institutions, nos intérêts ? Il n’a rien dit quand Thierry Breton, ex-commissaire européen, a été privé de visa par les États-Unis. Il est resté muet quand nos magistrats sont menacés, qu’ils soient membres de la Cour pénale internationale ou prêts à juger Marine Le Pen. Les États-Unis cherchent à déstabiliser nos institutions, notre démocratie. Ils nous menacent, nous aussi. Et on a un président de la République qui se couche, qui fait preuve d’allégeance : c’est la honte totale pour notre pays.

Alors je formule le vœu qu’en 2026 la France retrouve sa voix, sa diplomatie, au service d’une France libre et indépendante, comme la définissait le général de Gaulle au lendemain de la guerre : une France respectueuse du droit international, respectueuse des peuples et de leur liberté.

La France doit soutenir le peuple vénézuélien et le peuple cubain. La France doit déjouer les blocus insupportables imposés par le régime américain à ces 2 peuples. Il doit être mis à l’ordre du jour la fin des blocus insupportables contre le Venezuela et contre Cuba.

La France doit aussi se battre pour que l’Union européenne construise le plus rapidement possible son autonomie stratégique, hors du cadre de l’OTAN, hors de toute dépendance à Washington. Car les États-Unis ne sont définitivement plus nos alliés. Certes, c’est une puissance avec qui nous devons dialoguer, comme avec toutes les nations du monde. Mais il faut le dire : avec les autorités américaines actuelles, la confiance est rompue. Cette indépendance de notre diplomatie est essentielle pour garantir aussi notre sécurité en Europe, et pour mettre fin à la guerre en Ukraine.

Nous ne faisons confiance ni à Poutine ni à Trump. Les pays d’Europe ne doivent compter que sur eux-mêmes pour pouvoir bâtir la paix, enfin, la paix en Europe. C’est ce que nous avons dit avec Stéphane Peu et Cécile Cukierman au président de la République, lors de la rencontre que nous avons eue la semaine dernière. Nous lui avons dit que la coalition des volontaires qu’il a présentée n’est rien d’autre qu’une manière déguisée de faire rentrer l’Ukraine dans l’OTAN et de faire vivre son article 5.

Le déploiement de plusieurs milliers d’hommes et de femmes, de soldats français et britanniques, sur le sol ukrainien, avec le soutien des États-Unis, sans aucun mandat de l’ONU, c’est un pas dangereux vers la généralisation du conflit. Car cette présence au sol, comme dans les airs et comme sur la mer, telle que ça nous a été présentée, de forces membres de l’OTAN, prévoit également, c’est écrit dans la Déclaration de Paris qui a été signée, une riposte en cas d’attaque ou de violation du cessez-le-feu. C’est le fameux Backstop, cet anglicisme qui n’est rien d’autre que l’article 5 du traité de l’OTAN, qui prévoit la riposte en cas d’agression d’un allié.

Vous vous rendez compte : cette perspective mettrait en situation de confrontation directe 4 puissances nucléaires. Ils sont en train de construire une véritable pétaudière atomique en Europe. Est-ce là l’avenir que nous réservons à la jeunesse française, à la jeunesse européenne ? Heureusement, l’Allemagne, la Roumanie, l’Italie ont exprimé leur refus de participer à cette folie.

Nous appelons monsieur Macron à faire de même, et à revenir au seul cadre légitime pour un tel déploiement : celui des institutions internationales, celui de l’ONU et de ses mandats. Nous soutenons nos soldats, nous soutenons notre armée, mais nous refusons que nos enfants partent faire la guerre en Ukraine et qu’une 3e guerre mondiale soit déclenchée par le jeu dangereux des alliances, comme ce fut le cas en 1914.

Rappelons-nous ce qu’avait dit Jean Jaurès, en 1912, au congrès de Bâle, où il dénonçait l’engrenage dans les alliances des Balkans, en rappelant aux nations, je le cite : qu’elles tenaient « entre leurs mains la balance de leur destin ». Nous tenons dans notre main la balance de notre destin. C’est pourquoi la France doit exiger d’abord le respect du droit international. Mais elle doit aussi agir dans le respect des instances internationales. Elle doit faire respecter les résolutions de l’ONU partout en Europe, mais elle doit aussi faire respecter les résolutions de l’ONU au Proche-Orient, pour dénoncer la déstabilisation de toute cette région par le gouvernement israélien, qui frappe le Liban, l’Iran poursuit la colonisation de la Cisjordanie, et ne respecte pas le cessez-le-feu à Gaza.

Je voudrais saluer ici nos amis de l’ambassade de Palestine et de l’OLP, qui sont aussi présents ce soir, et leur dire toute notre solidarité, à poursuivre le combat avec eux, pour une solution à deux États, pour la création d’un État de Palestine, au côté de l’État d’Israël.

Merci. Oui, la paix, l’amitié entre les peuples doit rester le cœur de nos priorités, pour ne pas laisser la folie de chefs d’État nationalistes, fascistes, intégristes, redessiner le monde et entraîner les peuples dans la guerre généralisée.

À ce titre, pour cette année 2026, je voudrais m’associer au mot du pape Léon XIV, qui, lors de ses vœux, a choisi d’appeler l’humanité à construire, je le cite : « une paix désarmée et désarmante ». On doit s’approprier ces mots aussi. Il appelle à désarmer l’hostilité, à cultiver la paix. Voilà ce que nous demandons-nous aussi aux chefs d’État des principales puissances économiques et militaires.

D’autant que cette escalade guerrière pèse lourd sur tous les peuples, mais elle pèse lourd aussi sur le peuple de France.

Agriculteurs, salariés, familles, communes, services publics, tout le monde est appelé à participer à l’effort de guerre, à financer le doublement du budget des armées voulu par le président de la République. Nous disons non ! Que ce soit clair : nous ne pouvons pas voter un budget qui alimente la guerre et une armée de projection et, de manière contradictoire, affaiblit la France, affaiblit nos propres forces de défense, comme notre propre indépendance.

Formulons le vœu plutôt, pour 2026, de retrouver une France puissante, résistante et libre, autonome dans ses choix, qui puisse faire le choix, justement, de soutenir la jeunesse, d’investir dans l’école, dans la recherche, dans la formation, dans nos capacités industrielles, dans sa souveraineté alimentaire, dans la préservation de nos ressources naturelles, la protection du vivant.

Une France qui renonce à la concurrence déloyale des traités de libre-échange comme le Mercosur. C’est ce combat-là qui doit être mené par notre pays, et être inscrit dans le budget de la nation pour 2026. Et c’est ce combat-là que mèneront nos parlementaires au Sénat et à l’Assemblée nationale, que je voudrais saluer pour ce combat qu’ils mènent en 2026.

Ces batailles sont déterminantes pour reconstruire la France et répondre aux besoins de nos concitoyens. Parce qu’il ne faut pas oublier quelles sont les préoccupations des Français : si l’actualité internationale domine, leur préoccupation reste le pouvoir d’achat, la santé, l’éducation, la sécurité. Il faut répondre à ces attentes plutôt que de leur demander de nouveaux sacrifices encore. Et d’ailleurs, je salue le choix de mes camarades sénateurs, sénatrices, qui vont piloter une commission d’enquête sur la vie chère en Outre-mer, parce que là-bas aussi, cette situation nous préoccupe.

C’est pourquoi nous appelons de nos vœux un budget qui fasse le choix du pouvoir d’achat, d’investir dans les salaires, dans la production, dans l’énergie, dans la formation, dans l’innovation, dans la transition écologique, plutôt qu’un budget qui ferme les robinets des services publics et ouvre en grand les vannes libérales. Tous les secteurs sont menacés, et c’est une part de notre souveraineté qui, à chaque fois, est sacrifiée.

En ce début d’année, nous soutenons les 700 salariés de Brandt et leurs familles, mis sur le carreau à quelques jours de Noël. Nous soutenons les milliers de salariés de la cristallerie d’Arques, dans le Pas-de-Calais, qui savent bien ce que coûte à notre pays, à notre industrie, à ces travailleurs, le dogme de la concurrence libre et non faussée.

Nous soutenons les 10.000 salariés dont l’emploi risque d’être supprimé dans cent-soixante-cinq sites industriels, à travers la France.

Oui, pour cette rentrée 2026, nous appelons le gouvernement à déclarer l’état d’urgence industrielle. La production et la réappropriation de notre outil de travail, c’est la priorité que nous devons inscrire dans le budget de la France.

Écoutez juste ces chiffres : porter la part de l’industrie à 12% du PIB, elle est à 10% aujourd’hui, c’est créer neuf-cent-mille emplois ; à 15% du PIB, ce sont un million neuf d’emplois créés.

Voilà l’objectif : investir, produire, développer l’emploi, former, créer des richesses utiles pour le pays, pas pour le capital. Voilà comment nous pourrions rembourser cette dette que les gouvernements de ces huit dernières années ont largement creusée.

C’est pour cela que nous avons proposé, il y a quelques semaines, notre pacte pour l’avenir de la France, et de créer un fonds d’investissement de 100 milliards d’euros dédié à ce grand combat pour la production nationale, parce que l’argent existe, et on sait très bien où le chercher.

Je ne vais pas vous faire ici tous les arguments : vous les connaissez. Mais je voudrais quand même en dire un, et saluer notre camarade Fabien Gay, qui a été élu sénateur de l’année, pour avoir révélé les 211 milliards d’euros d’argent public versés chaque année par l’État aux grandes entreprises. Bravo.

Voilà à quoi servent les parlementaires communistes : chaque euro dépensé par l’État doit être un euro utile, à l’intérêt général, utile à la nation. C’est un enjeu de justice sociale, un enjeu de justice fiscale, et là encore un enjeu de souveraineté populaire, et donc de démocratie.

Mes chères amis, Emmanuel Macron nous a incités, lors de ses vœux, à faire de 2026, je le cite, une année utile. On l’a pris au mot, et c’est exactement ce que nous allons faire.

D’abord au plan international : soyons utiles, comme le font d’ailleurs les organisations syndicales, à appeler les travailleurs, la jeunesse, à être de toutes les mobilisations, à être de toutes les solidarités avec les peuples menacés et agressés dans leur pays. La solidarité du peuple français sera totale avec tous ces pays dans le monde.

Soyons utiles dans nos entreprises, dans nos quartiers, dans nos communes, au Parlement, pour arracher des victoires et construire les rassemblements les plus larges à leur service. Soyons utiles pour faire respecter le droit au travail, la dignité humaine. Soyons utiles pour faire reculer la haine, le racisme et l’antisémitisme, et pour concrétiser dans la loi, enfin, l’égalité réelle entre les femmes et les hommes.

Nous sommes bien décidés et bien organisés pour faire de cette année 2026 une année utile aussi pour nos communes et pour nos concitoyens.

Les élections municipales sont un temps démocratique majeur de notre pays.

Je voudrais saluer les centaines de milliers d’élus locaux, dans toute leur diversité, qui, dans nos trente-cinq-mille communes, s’engagent partout au service des habitants : ce sont les sentinelles de notre République.

Et parmi eux, je veux saluer les milliers d’élus et les 600 maires communistes, qui font honneur à leur mandat. Je veux saluer aussi les 900 chefs de file communistes qui, partout dans le pays, seront les pierres angulaires du rassemblement de la gauche et des écologistes pour faire face efficacement à la droite et à l’extrême droite.

Le rassemblement : il y a ceux qui en parlent, et il y a ceux qui le font. Et nous, nous sommes fiers d’avoir été partout à l’origine des plus larges listes de rassemblement dans les municipalités de notre pays.

Et pour conclure et pour sortir du climat anxiogène de cette actualité… parce que si on reste à ça, et qu’on écoute tous les jours la télévision, franchement, on va avoir besoin de Lexomil.

Alors je souhaite mettre en avant à chaque fois ce qui peut donner de l’espoir, ce qui peut nous donner envie de nous battre aussi, et mettre en avant ces petites lumières qui brillent, pour dire que rien n’est jamais perdu.

Je voudrais mettre à l’honneur Sophie Adnot, l’astronaute française qui va s’envoler dans l’espace dans moins de trois semaines, pour rejoindre la Station spatiale internationale, ISS. Elle y effectuera pendant 6 mois des recherches avec ses collègues américains, russes et japonais. C’est une fierté, c’est un événement, parce que c’est la deuxième femme française après Claudie Haigneré a séjourner dans l’espace.

C’est donc une fierté pour nous, et il faut le dire et en parler. Mais franchement, c’est aussi un beau message que de voir ces chercheurs travailler main dans la main, à 400 km au-dessus de notre ciel, alors qu’au sol, leurs nations s’affrontent. Comme quoi, rien n’est perdu, et que nous pouvons faire confiance à l’humain, à la coopération plutôt qu’à la confrontation.

Et puis, pour finir, je voudrais vous vendre le rêve américain.

Ne vous levez pas, mes amis cubains, vénézuéliens, je vous explique. Le rêve américain, bien sûr, ça peut surprendre quand on dit ça comme ça, mais il s’agit en fait du titre d’un film lancé ce weekend, et qui raconte l’histoire vraie : un biopic de Jérémy Medjana et de son ami Bouna Ndiaye. Ils sont tous les deux passionnés de basket, et ce sont aujourd’hui, dans la vraie vie, les principaux agents de grandes stars du basket français et de la NBA, dont Wemby. En plus, ils ont le mérite d’avoir grandi : l’un à Saint-Amand-les-Eaux, et l’autre à Grigny. Quelle histoire !

Et à l’écran, ce n’est pas fini : ce sont Jean-Pascal Zadi et Raphaël Quenard, deux immenses acteurs, qui jouent leur rôle, et qui, eux aussi, dans la vie, sont d’immenses copains. Je peux vous dire que, pour avoir passé un moment avec les acteurs et les vrais personnages, c’était joyeux, plein d’espoir. Parce que ce film raconte l’histoire de deux jeunes que tout sépare : un à Grigny, l’autre dans le Nord, et qui sont réunis par une passion : le basket, le ballon, le sport, l’engagement, mais surtout le rêve.

Ce film d’Anthony Marciano raconte avec humour comment l’amitié, la simplicité des rapports humains, la passion, le rêve, peuvent nous permettre de soulever des montagnes, autour des belles valeurs du sport et de l’engagement. Je peux vous dire qu’après avoir vu ce film, que je vous conseille d’aller voir, on se couche le soir avec la banane, on est heureux, et on en a besoin. C’est la meilleure des antidotes pour résister à la morosité et au défaitisme ambiant.

En ce début d’année, je vous appelle à prendre un gros shoot de bonheur, d’amitié et de combativité. Mes amis, place à la paix, et place au bonheur, en 2026.

 Je vous remercie.

vendredi 16 janvier 2026

Un nouveau-né pris pour cible : la République doit combattre la haine raciste !


 Premier né de France dans la nuit du nouvel an, à Avignon, le petit Zaïd a fait l’objet d’un article sur le site du journal La Provence. Alors que cette nouvelle aurait dû susciter joie et sourires, elle a provoqué des réactions racistes d’une rare violence que nous ne reproduirons pas ici.

Grâce à la vigilance de collectifs militants, certains auteurs de ces écrits nauséabonds ont pu être identifiés.
Face au déferlement de haine raciste dont a été victime en ligne ce nouveau-né et sa famille, et alors que les parents ont légitimement déposé plainte, nous, communistes, nous dressons contre cette abjection et affirmons avec conviction qu’une société humaine ne peut se fonder que sur les principes de solidarité et d’antiracisme.

Nous appelons à une réaction ferme des pouvoirs publics et à un renforcement de la lutte contre les discours racistes en ligne, ainsi que contre toutes les idéologies de haine. Le combat contre le racisme est un combat pour l’égalité, la dignité et la République.

« Dans une société raciste, il ne suffit pas d’être non raciste, il faut être antiraciste »
(Angela Davis)

Paris, le 8 janvier 2026

Parti communiste français.

jeudi 15 janvier 2026

Sassenage en commun


 

🔴🟢🟠La campagne pour les élections municipales est en plein essor !
Vous êtes nombreuses et nombreux à souhaiter l'échange, aussi en plus du dimanche de 10H à 12H ;
🔜N'hésitez pas à venir lors des permanences supplémentaires dans notre local au 6 Quai du Furon :
🕒 Les mardis de 15H à 17H, à partir de ce 13 janvier
🕠Les jeudis de 17H30 à 19H, à partir de ce 15 janvier

« Coalition des volontaires » : non à l'envoi de troupes françaises en Ukraine !


 A l’issue de la rencontre organisée par le président de la République à l’Elysée après la réunion tenue à Paris le 6 janvier de la « coalition des volontaires », Stéphane Peu, président du groupe GDR à l’Assemblée nationale, Cécile Cukierman, présidente du groupe CRCE-K au Sénat

et Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, dénoncent « une fuite en avant dangereuse qui fragilise toute perspective de cessez-le-feu et de paix durable ».

Déjà largement dévoilée et commentée dans la presse depuis mardi la déclaration d’intention signée entre l’Ukraine, la France et le Royaume-Uni prévoit, après l’éventuelle signature d’un cessez-le-feu, le déploiement de « plusieurs milliers d’hommes » des troupes françaises et britanniques sur le sol ukrainien, avec le soutien des États-Unis qui assureraient la surveillance du cessez-le-feu.

L’annonce d’un possible déploiement de troupes françaises et britanniques en Ukraine, constituerait une escalade dangereuse qui mettrait en situation de confrontation directe les trois puissances nucléaires du continent. Des pays européens comme l’Allemagne, la Roumanie et l’Italie ont ainsi exprimé leur refus de participer à ce déploiement armé.

Le président de la République comme le Chef d’état major des Armées ont confirmé que les forces de la coalition et les États Unis réagiront en cas de violation du cessez le feu ou d’agression de la Russie. C’est une manière déguisée de faire entrer l’Ukraine dans l’OTAN et d’activer son article 5.

C’est une marche de plus vers l’escalade guerrière, vers l’élargissement du conflit à l’ensemble des pays européens.

Nous appelons à ce que la France inscrive sa démarche dans le cadre des institutions internationales.

C’est la raison pour laquelle nous avons demandé qu’une force d’interposition sous mandat de l’ONU soit mise en place en cas de cessez le feu.

Nous ne faisons confiance ni au Président Poutine, ni au président Trump. Nous demandons que la France avec une coalition de pays de l’Union européenne, élargie aux pays dits du sud global appelant également à la fin du conflit, poussent à des négociations de paix et dialoguent avec les deux parties. Ne laissons pas les États Unis discuter seuls avec la Russie.

Il appartient à la France, seul pays de l’Union européenne à disposer d’un siège au Conseil de Sécurité des Nations-Unies de faire valoir cet impératif.

A l’heure de l’agression contre le Venezuela et des menaces contre le Groenland, la sécurité des peuples européens implique plus que jamais d’agir en toute indépendance des Etats-Unis d’Amérique et de l’OTAN et d’engager les discussions avec tous les pays d’Europe en vue de la construction d’un espace de sécurité collective et de paix de l’Atlantique à l’Oural.

Paris, le 8 janvier 2026.

Stéphane Peu, président du groupe GDR à l’Assemblée nationale
Cécile Cukierman, présidente du groupe CREC-K au Sénat
Fabien Roussel, secrétaire national du PCF

mercredi 14 janvier 2026

Teisseire


 

Le tribunal judiciaire de Grenoble, saisi par le CSE et la CGT de Teisseire, a jugé illégal le recours à la sous-traitance pour la fabrication de sirops, alors que les salariés sont en grève depuis l'annonce de l'arrêt de la production sur le site historique de Crolles, en Isère. Un rappel à l'ordre salutaire qui devrait permettre aux salariés de peser dans les négociations.

La CGT Isère


 La CGT Isère présentera ses Voeux au monde du travail et aux associations de solidarité le 22 janvier à la salle des fêtes d'Echirolles.

Un banquet populaire et un temps musical pour les syndiqués et leur famille (sur inscription uniquement) clotureront la soirée.

mardi 13 janvier 2026

Accord commercial UE-Mercosur : refusons le hold-up du capital sur notre agriculture

Malgré l’opposition de la France, de l’Irlande, de la Pologne, de l’Autriche et de la Hongrie, l’Union européenne s’apprête à signer l’accord commercial tant décrié avec les pays membres du Mercosur. Le volte-face italien montre bien que l’extrême droite au pouvoir sert les intérêts du capital et ne fait rien pour défendre le revenu des agriculteurs et agricultrices.

Bien qu’Emmanuel Macron et Annie Genevard aient mis du temps à s’opposer clairement à l’accord, ils affichent aujourd’hui leur refus. Mais les communistes ne sont pas dupes. Ils contestent des déclarations de circonstance, car la France aurait pu s’employer plus tôt à construire honnêtement et réellement une minorité de blocage pour éviter la ratification de cet accord.

Les producteurs de viande bovine, de betterave sucrière, de volaille et de miel seront, une fois de plus, les grands perdants d’une mondialisation débridée. Depuis les années 1990, le capital, soutenu par des institutions acquises au néo-libéralisme, s’évertue à intégrer l’agriculture dans le jeu du commerce international pour transformer les biens agricoles en commodités standardisées et produites en masse. L’objectif est clair, la mise en concurrence internationale entre agricultures doit permettre la baisse des prix à la production. Que va donc devenir le revenu des éleveurs de vaches allaitantes français, espagnols et irlandais quand on sait que, d’après l’Institut de l’élevage, les coûts de production des élevages de bovins viande du Mercosur sont inférieurs de 40% ?

Cette compression du prix payé au producteur sert inexorablement les intérêts du capital. D’une part, depuis le début des Trente Glorieuses, le prix de l’alimentation et la part de ce poste de dépenses dans le budget des ménages suit une baisse tendancielle pour justifier la stagnation des salaires, pensions et traitements dans le reste du système économique. D’autre part, l’industrie agroalimentaire, la grande distribution et les chaînes de restauration pilotent l’agriculture. Il est alors dans l’intérêt du complexe agro-industriel de s’approvisionner à bas prix auprès des agriculteurs pour conforter ses profits. Les producteurs sont donc victimes du libre-échange de marchandises au même titre que les consommateurs.

Dans le même temps, comment tendre vers la plus haute exigence environnementale et sanitaire si l’UE importe des denrées agricoles qui ne respectent pas la même règlementation ? Malgré des garanties sur l’importation de produits sans OGM ou sans hormones, l’Institut de l’élevage nous apprend qu’en 2020, un quart des substances actives utilisées au Brésil étaient interdites en Europe. Le risque est grand d’un nivellement vers le bas des normes sanitaires et environnementales. Les laboratoires phytopharmaceutiques et les firmes semencières profiteront assurément des nouvelles perspectives de développement d’un modèle agro-exportateur totalement dépendant aux intrants chimiques.

Et ce sont toujours les intérêts du capital qui priment quand l’UE s’apprête à brader des pans entiers de son agriculture pour conforter les profits dans d’autres secteurs d’activité. Ce sont d’abord les constructeurs automobiles, les fabricants de machines-outils, les grands groupes de BTP, de téléphonie et d’assainissement ou encore l’industrie pharmaceutique situés en Europe qui profiteront d’un accord qui prévoit de supprimer plus de 90% des droits de douane entre l’UE et les pays du Mercosur. Du fait de processus biologiques compliquant la division du travail, l’agriculture, bien moins lucrative que ces activités, n’est autre chose qu’une dot pour conforter les exportations de biens et services offrant de plus fortes espérances de profit.

Le Parti communiste français dénonce des intérêts capitalistes qui attaquent la souveraineté alimentaire, à savoir le droit fondamental des peuples à produire par eux-mêmes leur propre alimentation. L’heure est plus que jamais au refus de la concurrence généralisée entre peuples et territoires. Prônons un internationalisme passant par la planification démocratique de la production, l'intervention publique sur les prix et la construction de nouvelles coopérations entre peuples. Il s’agirait notamment de bâtir des partenariats scientifiques et techniques pour relever collectivement les immenses défis posés par la lutte contre la faim, le dérèglement climatique ou, de manière plus hédoniste, en faisant vivre l’amitié entre les peuples autour du partage des cultures culinaires.

Opposé de longue date aux accords de libre-échange tels que le CETA et le TAFTA, le PCF refuse la ratification du traité entre l’UE et le Mercosur, comme il toujours dénoncé l’intégration des biens agricoles dans les accords commerciaux.

Les communistes exigent dans le même temps la construction d’un service public de la traçabilité et du contrôle de la qualité pour tous les produits agricoles en imposant l’obligation de la mention d’origine des produits alimentaires pour tous les produits bruts ou transformés, qu’ils soient importés ou produits sur le sol européen. De même, le PCF propose de créer une police de la sécurité alimentaire européenne dotée de vrais moyens de contrôle aux frontières pour un contrôle large et réel de la qualité des produits agricoles commercialisés.

Parti communiste français

Paris, le 9 janvier 2026

 

« Donald Trump à l’assaut du monde comme un parrain de la mafia », l’éditorial de Stéphane Sahuc.


Donald Trump veut le Groenland. Et les mois qui viennent de s’écouler depuis sa prise de fonctions en tant que président des États-Unis prouvent qu’il fera ce qu’il estime nécessaire pour l’obtenir. À plusieurs reprises, il a fait la démonstration que ce que l’on prenait parfois pour les élucubrations d’un bonimenteur étaient en réalité l’annonce d’actions à venir.

De la « Riviera » de Gaza au kidnapping de Maduro, en passant par la chasse aux migrants dans son propre pays, sans oublier les sanctions et les pressions contre ceux qui le contestent ou qui s’en prennent à ses amis – fût-ce la justice de pays étrangers –, rien ne semble freiner le locataire de la Maison-Blanche.

Donald Trump conduit la politique de son pays comme un parrain d’une famille mafieuse mène ses « affaires ». Le cadre légal n’a pas d’importance quand ce sont les intérêts du capitalisme états-unien qu’il s’agit de favoriser. Comme Don Corleone, il fait « des propositions qu’on ne peut pas refuser ». Comme le Parrain, il accorde sa protection (jamais gratuitement), il pratique l’extorsion, le vol et le chantage. Et quand quelque chose lui résiste, il utilise la force pour le briser.

Mais est-ce si surprenant ? Après tout, les mafias et autres cartels n’ont jamais fait autre chose que de pousser la logique capitaliste jusqu’au bout : faire de la recherche du taux de profit maximum l’alpha et l’oméga de leurs activités. Trump pousse, lui aussi, la logique prédatrice jusqu’au bout.

Les États, le droit, la politique, l’intelligence et la démocratie sont des freins pour les affaires. Pour les éradiquer, les élites capitalistes, les empires de la tech, de l’énergie, de la finance et des médias ont choisi de s’appuyer sur les réseaux ultraréactionnaires, autoritaires, identitaires, intégristes, climatosceptiques, masculinistes, racistes et de leur donner des moyens démesurés.