vendredi 5 juillet 2013

Lettre du Front de gauche au Président de la République sur le Grand marché transatlantique

Monsieur le Président,

Les négociations sur le Grand marché transatlantique peuvent officiellement démarrer depuis que le Conseil des ministres du Commerce de l’Union européenne a adopté le 14 juin dernier le mandat de négociation confié à la Commission
Vous le savez, nous contestons le bien fondé de ce projet. Il a pour but est de démanteler les « barrières douanières et règlementaires » entre l’Union européenne et les Etats-Unis d’Amérique. Les droits de douane étant plus élevés en Europe, cela donnerait un avantage de 30% aux produits américains. La Commission européenne prévoit des suppressions d’emplois dans des secteurs stratégiques et admet une hausse des gaz à effet de serre. L’abolition des barrières règlementaires conduirait par exemple l’Europe à autoriser les poulets lavés au chlore et le bœuf aux hormones, à abaisser les normes environnementales sur la pollution automobile ou la construction. Les entreprises auraient le droit d’attaquer devant des tribunaux privés les Etats coupables d’avoir fixé des normes sociales ou environnementales qui limitent leur profit.
Nous considérons que ce projet de libre échange a pour objet de favoriser non les peuples, mais l’avidité d’un capitalisme financiarisé et mondialisé dont on voit partout les dégâts. Il menace notre modèle de société et nie la souveraineté des citoyens en Europe. Pourtant, il n’a jamais fait l’objet d’un débat public ni même, dans sa globalité, d’un débat au Parlement.
Nous estimons que les événements récents révélés par Edward Snowden rendent encore plus nécessaire de ne pas s’y engager.
La Commission, qui négocie en notre nom, le fait en effet sur la base d’un mandat secret, alors que les dirigeants des Etats-Unis y ont eu, eux, accès à travers un espionnage récemment révélé ! Comment dans ces conditions entamer des négociations ? Ces derniers événements, d’une rare gravité, devraient, à eux seuls, rendre caduque ce projet. Comment en effet mener des négociations quand la partie avec laquelle on négocie espionne en permanence ? Les Etats-Unis voient dans le projet de Grand marché transatlantique le moyen de défendre ses intérêts de grande puissance. La Commission européenne y voit l’occasion de favoriser le développement des multinationales et du système financier. Le peuple français comme ceux des autres pays européens n’ont rien à y gagner. 
En conséquence, nous vous demandons solennellement Mr le Président de bloquer immédiatement ces négociations
Dans cet espoir, veuillez croire, Monsieur le Président, à nos plus salutations les plus distinguées.
Front de Gauche (PCF, Parti de Gauche, Gauche Unitaire, République & Socialisme, C&A, PCOF, FASE, Gauche Anticapitaliste, Alternatifs)

"L’agression était ciblée sur nous, féministes et militantes d’extrême-gauche"

Deux militantes du NPA ont été agressées verbalement et physiquement à Toulouse. Elles ont porté plainte, mais avec difficulté. Pour elle, "il ne faut pas que les violences restent invisibles", ce pourquoi elles ont tenu une conférence de presse ce jeudi.
"Toi par contre, je te prendrais bien salope". "Pute, pour moi ce n’est pas une insulte, mais un travail que je consomme". Ce sont quelques unes des apostrophes sexistes qu’on eu à subir deux militantes féministes du NPA le 7 juin dernier à Toulouse. Elles sortaient tout juste d’un restaurant pour fumer une cigarette, lorsqu’elles ont été interpellées par deux hommes qui se sont mis à les agresser verbalement. "Dans un premier temps on les a ignorés, puis on a essayé de se protéger, mais nous avons été mises dans l’incapacité de faire quoique ce soit, tout s’est passé très rapidement", témoigne Hegoa Garay. "Au bout de 3 minutes d’horreurs misogynes, l’un d’entre eux m’a mis un coup de tête, ce qui m’a cassé le nez", raconte-t-elle. "Il y avait une vingtaine de personnes sur la terrasse du restaurant, mais personne n’a eu le temps de réagir", constate-t-elle.
Hegoa Garay et Marine Benjelloun ont décidé de porter plainte. "Cela a été le parcours du combattant, dans le premier commissariat où nous sommes allées, le commissaire nous a conseillé de ne pas porter plainte, il considérait les violences sexistes comme trop légères", s’indigne Hegoa. Pas découragées, elles se sont rendues dans le commissariat de quartier d’Hegoa, où l’accueil a été plus correct. "En tant que féministe, je passe mon temps à dire aux femmes qu’il ne faut pas que les violences restent invisibles, qu’il faut se battre, car des mesures existent contre elles, il fallait que je sois cohérente avec mes idées", explique-t-elle. L’un des deux hommes a été identifié, mais le second, qui a porté le coup, ne l’est pas encore de manière certaine.
« Le climat est nauséabond »
"L’agression était ciblée sur nous, féministes et militantes d’extrême-gauche", affirme Hegoa. En tant que candidate aux dernières législatives, sa photo a été placardée partout à Toulouse, où elles sont connues avec Marine comme militantes très actives. Avec la mobilisation contre le mariage homosexuel et le meurtre de Clément Méric, "le climat est nauséabond", observe Hegoa. L’agression a eu lieu la veille d’une manifestation antifasciste, à la sortie d’une réunion du collectif unitaire qui l’organisait.
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jeudi 4 juillet 2013

ESR : Une loi honteuse votée, l’austérité demeure ; il faut changer de cap !

Le vote de la Loi Fioraso s’achève dans un spectacle affligeant, conforme en tout point au manque total de vision d’avenir qui se manifeste à tous les niveaux de la politique gouvernementale.
La surdité aux exigences populaires était l’apanage de la droite. Le gouvernement la lui emprunte, bâillonné par ses propres choix désastreux, du traité Merkozy-Hollande en passant par le « pacte de compétitivité », l’ANI et maintenant la réforme des retraites.
L’espoir cependant n’est pas mort : les forces existent à gauche pour un changement de cap.
L’espoir est dorénavant dans cette déclaration du Conseil Scientifique du CNRS* unanime à alerter. Une génération entière de scientifiques est en danger ; nos universités et nos organismes de recherche sont en péril. Que résonne ce cri d’alarme qui ne veut pas voir notre pays sombrer dans la dépendance industrielle, technologique et scientifique !
L’espoir existe : il est dans les mains de celles et de ceux qui se lèvent pour refuser qu’on attente en catimini aux instances qu’ils élisent pour garantir au plan national les termes de l’exercice d’un métier dont l’exigence et la rigueur intellectuelle sont les premières caractéristiques.
L’espoir existe : il est dans les mains de celles et de ceux qui se lèvent pour dire que la langue française peut et doit encore parler au monde. Celles et ceux qui refusent les termes du scandaleux « grand marché transatlantique ».
Le PCF propose immédiatement les rencontres qui doivent à la fois contribuer aux luttes et mettre en chantier les orientations indispensables à une réforme progressiste de l’enseignement supérieur et de la recherche. Qu’ils ou elles soient déjà associés dans le Front de gauche, ou entendent simplement contribuer, tout repose sur leur investissement singulier ou collectif. Le PCF y engage toutes ses forces dès à présent et donne un premier rendez- vous à la Fête de l’Humanité.
Le 3 juillet 2013.
Communiqué du Parti communiste français 
*La déclaration du Conseil scientifique du CNRS est en ligne :

De l’énergie sociale à la perspective politique

Par Patrick Le Hyaric
Dans les rues et sur les places, de Turquie à la Grèce, du Brésil à l’Espagne, du Portugal à l’Egypte, d’Israël à la Tunisie, la jeunesse fait souffler le vent des exigences de justice et de démocratie sur la planète. Aucune situation dans le déclenchement de ces mouvements multiformes n’est comparable. Et pourtant, ils sont la manifestation d’une lutte féroce entre les tenants de l’ordre capitaliste et les jeunes générations qui crient partout au partage des richesses, à la réinvention de la démocratie, à l’accès au savoir ou à la santé. Partout, elles appellent le gouvernement de l’intérêt général contre la corruption, pour une autre utilisation de l’argent, contre la privatisation des richesses, la participation citoyenne aux décisions au lieu de l’arbitraire et des déploiements policiers. Bref, elles appellent à la « société commune » contre les puissances industrielles et financières, qui elles, concentrent les pouvoirs et l’argent entre leurs mains.
De partout, des pays arabes, particulièrement en Egypte ces derniers jours, d’Amérique Latine, d’Europe, surgit et se déploie une véritable énergie sociale s’opposant au pouvoir sans partage de l’oligarchie qui mène la planète à la ruine et à la catastrophe écologique. En Turquie, le déclenchement du mouvement aura été la défense d’un espace vert, un espace public d’Istanbul symbole de la convivialité et du partage contre le bétonnage, contre le « super » marché. Au-delà, comme en Egypte, c’est l’autocratie qui est contestée. Au Brésil, une augmentation des prix des transports s’est transformée en un grand mouvement populaire réclamant une inflexion politique à gauche. C’est-à-dire l’investissement dans des services publics de transport, de santé, d’éducation au moment où des dizaines de milliards vont être dépensés pour accueillir la coupe du monde de football. Elle-même de plus en plus privatisée. Tout est dans cette contradiction : pour accueillir la coupe du monde, des milliards de dollars valsent, y compris des fonds publics, qui ensuite, sont privatisés par la fédération internationale de football qui impose toutes ses conditions avec des lois votées pour elle, des entrées aux stades hors de prix, un droit à l’information bafoué, sur un fond de corruption, alors que le travail est précarisé et que la santé, l’école, les transports sont toujours plus chers et déficients. Les progrès enregistrés dans la lutte contre la pauvreté et le chômage, sous l’impulsion de Lula, ne s’accélèrent pas. C’est d’ailleurs ce qui a conduit la présidente Dilma Rousseff à s’appuyer sur le mouvement en proposant un référendum pour aller plus vite et plus loin vers plus de justice. Au fond, ces manifestations tendent à être un mouvement contre un ajustement récessif de l’économie, réclamé par les marchés financiers et le fonds monétaire international et pour réclamer une augmentation de la dépense publique pour des services publics nouveaux, éléments de droits et d’actions contre la pauvreté.

mercredi 3 juillet 2013

Marine Le Pen en flagrant délit de détournement de laïcité

Le Parlement européen vient de voter la levée de l'immunité parlementaire de Marine Le Pen, demandée par la justice pour avoir comparé la tenue de prières musulmanes dans la rue à l'occupation allemande. Que les élus du peuple mis en cause par la justice soient amenés à lui répondre est la moindre des choses. Les protestations de façade du Front national, qui déroule son plan de com, n'ont qu'un but : faire passer l'agresseur pour une victime.
Marine Le Pen doit non seulement être entendue pour les propos qu'elle assume, mais elle doit être condamnée. Il est inadmissible de tenter d'assimiler les musulmans de notre pays à l'armée nazie, pour faire monter un sentiment de peur et de haine contre une partie de la population française en raison de sa pratique religieuse. C'est inadmissible pour les croyants musulmans de notre pays. C'est inadmissible pour les victimes du nazisme.
On ne l'a pas entendue critiquer les processions pascales : elle cherche donc bien à stigmatiser l'islam en particulier. Elle cherche à diviser notre peuple et à orienter sa colère loin des véritables responsables de ses souffrances quotidiennes : les forces de la finance. Contrairement à ce qu'elle raconte, Marine Le Pen en parlant ainsi ne défend pas la laïcité, elle la détourne et elle la piétine. La laïcité n'est pas un principe d'exclusion mais de vivre ensemble. Nous lui refusons le droit de s'en revendiquer et d'en faire un trompeur fonds de commerce. La laïcité n'est pas compatible avec le racisme. Et l'extrême droite n'est décidément pas compatible avec la République. 
Pierre Dharréville responsable national du PCF

Le TTIP : la pire menace pour les peuples d’Europe

Le premier cycle de négociations pour un accord de libre échange entre l’Union européenne et les États-Unis débutera le 8 juillet à Washington. A cette occasion, Raoul Marc Jennar, ancien consultant auprès du groupe parlementaire européen Gauche unitaire européenne pour les questions liées à la mondialisation, nous a fait parvenir la deuxième partie partie d’une analyse sur ce projet de Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP en anglais).

Les dangers du marché intérieur transatlantique
Au-delà du contenu du mandat donné à la Commission européenne par les 27 gouvernements de l’UE – y compris le gouvernement PS-EELV français − il est important de se rendre compte des dangers que recèle l’ouverture de négociations sur les termes de ce mandat. Toute personne qui parle, à propos du partenariat transatlantique, de « négociations commerciales » trompe l’opinion publique. Car, contrairement à ce que les enfumeurs de tous bords racontent, il s’agit très peu de commerce. Et beaucoup de choix de société, de modes de vie, de préférences collectives qui résultent de combats politiques, sociaux, sanitaires et écologiques, menés dans nos pays tout au long des deux derniers siècles. Si les négociations aboutissent sur les différents aspects du mandat, ce qu’il faut aujourd’hui considérer comme les dangers majeurs d’une négociation qu’il fallait refuser deviendront réalités. Qu’on en juge sur quelques-uns seulement des dossiers de cette négociation.
Supprimer les droits de douane dans l’agriculture et la métallurgie
La volonté de procéder à une « élimination substantielle des droits de douane » va surtout avoir un impact majeur dans le secteur agricole, car les droits de douane sont plus élevés en Europe qu’aux Etats-Unis, dans de très nombreux secteurs où la production est très souvent excédentaire (fromages, chocolat, céréales, café, thé, épices, graisses, huiles, préparations de fruits et légumes, minoterie, sucre, viandes) ainsi que l’agroéconomiste Jacques Berthelot l’a démontré (Lire ici). Les agriculteurs européens seront les grands perdants d’une élimination des droits de douane.
Avec d’autres, Berthelot souligne qu’un tel accord dans le domaine agricole « accélérerait le processus de concentration des exploitations pour maintenir une compétitivité minimale, réduirait drastiquement le nombre d’actifs agricole et augmenterait fortement le chômage, la désertification des campagnes profondes, la dégradation de l’environnement et de la biodiversité et mettrait fin à l’objectif d’instaurer des circuits courts entre producteurs et consommateurs. »
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mardi 2 juillet 2013

Autour du « modèle » Fralib, appel à la convergence des luttes

Le carrefour des luttes organisé vendredi 28 juin sur le site de Fralib à Gémenos a été un succès. Des centaines de salariés en lutte ont partagé leur expérience. Au menu : convergence des luttes et radicalité des perspectives. Reportage.
Le soleil et un léger mistral étaient de la partie vendredi 28 à Gémenos. Juste ce qu’il fallait de météo pour parfaire une journée qui de bout en bout, s’est avérée être une réussite. Au lendemain d’un concert de soutien organisé avec le Front de gauche à Martigues, les salariés de Fralib voulaient rassembler sur leur site des salariés en lutte venus de tout le territoire. Pour parler coordination, organisation, convergence. Objectif réussi : près d’une quarantaine d’entreprises étaient représentées. Et les salariés ont pu, dans une ambiance conviviale (exemple : paella, rosé et grandes tables) et fraternelle (exemple : ukulélé et percus sur les poubelles pour une version sauvage d’On lâche rien), mettre en commun et partager leur vécu et leur expérience de bagarre pour l’emploi. Les Fralib, qui ont franchi lundi 24 juin le cap symbolique des 1000 jours de lutte étaient cités par tous comme un « modèle » en terme de longévité, de combativité mais aussi de projet de reprise alternative. C’est ce que dit Daniel, de l’entreprise Pilpa à Carcassonne, dont les salariés, après un an de lutte, s’apprêtent à déposer un projet de reprise en SCOP .
A Pilpa comme ailleurs, le refrain est désormais archi-connu : au nom d’une « rentabilité » subitement décrétée insuffisante, les patrons revendent, démantèlent, restructurent, délocalisent, licencient. Une logique globale du seul profit des actionnaires, face à laquelle les résistances isolées pèsent peu. Et qui nécessite des réponses offensives. C’est ce qu’a développé Olivier Leberquier lors du meeting en fin de matinée, s’exprimant au nom des salariés et des syndicats CGT et CGC de Fralib : « Notre initiative aujourd’hui s’inscrit dans une démarche de coordination des luttes, de cohérence, de combativité, de rassemblement, d’unité des salariés. Nous pensons utile, efficace de faire converger tous nos combats pour la défense de l’emploi et du potentiel industriel national notamment.(...) 
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Aube dorée, l’autre visage de l’extrême droite européenne

Par Ivan du Roy
L’Union européenne renoue avec ses vieux démons. La crise sociale et démocratique est un terreau fertile à la résurgence des droites extrêmes. En Grèce, elle est incarnée par Aube dorée, un parti aux références néo-nazies assumées, crédité de 13% dans les sondages. Agressions racistes et violences politiques perpétrées par ses militants et ses élus se multiplient. Et si le crépuscule brun d’Aube dorée recouvrait la Grèce ?
Vu de France, leur succès est une énigme. Leur logo ressemble à s’y méprendre à une croix gammée. Ils traquent, tabassent ou défigurent jeunes, vieux et femmes sous prétexte qu’ils sont immigrés, musulmans ou « rouges ». Africains, Albanais, Afghans ou Pakistanais ? « Des espèces de sous-hommes qui ont envahi notre patrie en nous ramenant toutes sortes de maladies », explique l’une de leur députée, Eleni Zaroulia, au Parlement grec. Leurs élus exhibent des armes à feu, intimident d’autres députés ou font le salut nazi en plein hémicycle. Mi-mai, l’un de leur député pénètre au sein du Parlement avec un revolver. Il aurait déclaré au policier en faction : « Je préfère avoir quelqu’un en premier, avant qu’ils me choppent. » Des lettres de menaces de mort, arborant leur logo, sont adressées à des journalistes ou à l’Association des musulmans de Grèce. Des images montrent leurs militants aux côtés de la police anti-émeute, participant à la répression des manifestations de gauche anti-austérité…
Aux élections législatives de 2009, Aube dorée [1] recueillait 0,29% des voix. Trois ans plus tard, le parti d’extrême droite envoie 18 députés au Parlement, avec 7% des suffrages. Aujourd’hui, les sondages le créditent d’environ 13% des intentions de votes, ce qui en ferait la 3ème force politique du pays, derrière Nouvelle démocratie (droite) et Syriza, la « coalition de la gauche radicale ». Pour obtenir ce résultat, nul besoin de « relooker » son image, comme l’a fait le Front national en France. « Nous ne sommes pas en train de parler d’un parti de droite extrême classique », résume Dimitris Psarras, journaliste grec dont « Le livre noir d’Aube dorée » est en cours de traduction aux éditions Syllepse. Loin de s’être assagie, au moins en apparence, « l’organisation, après son succès électoral, est devenue plus provocatrice et plus agressive ». « Pour eux, pas de distinction, toute la gauche doit aller dans des chambres à gaz », commente Moisis Litsis, l’un des fondateurs du Comité grec contre la dette et responsable syndical, lui-même est pointé du doigt par la presse d’extrême droite comme « trésorier [de son syndicat] et juif ».
La crise n’explique pas tout
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lundi 1 juillet 2013

Plans de sauvetage de la Grèce : 77 % des fonds sont allés à la finance

Une étude d’Attac montre que les « plans de sauvetage » mis en œuvre par les institutions de l’Union européenne et les gouvernements européens sauvent les banques, pas la population.
Depuis mars 2010, l’Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI) ont attribué 23 tranches de financement au prétendu « sauvetage de la Grèce », pour un total de 206,9 milliards d’Euros. Ils n’ont cependant fourni presque aucune précision sur l’utilisation exacte de ces énormes sommes, provenant de fonds publics. C’est pourquoi Attac Autriche a entrepris une étude sur cette question : au moins 77% de l’argent du plan de sauvetage ont bénéficié directement ou indirectement au secteur de la finance.
Les résultats en détails :
- 58,2 milliards d’Euros (28,13%) ont servi à recapitaliser les banques grecques —au lieu de restructurer ce secteur trop grand et moribond de manière durable et de laisser les propriétaires des banques payer pour leurs pertes.
- 101,331 milliards d’Euros (48,98%) sont allés aux créanciers de l’État grec. Parmi lesquels 55,44 milliards d’Euros ont été utilisés pour rembourser des bons du Trésor arrivés à échéance —au lieu de laisser les créanciers assumer le risque pour lequel ils avaient préalablement perçu des intérêts. 34,6 autres milliards d’Euros ont servi de prime d’incitation pour obtenir l’accord des créanciers sur le prétendu « allègement[1] » en mars 2012. 11,3 milliards d’Euros ont été affectés au rachat de la dette en décembre 2012, lorsque l’État grec a racheté des bons presque sans valeur à ses créanciers.
- 43,7 milliards d’Euros (22,46%) ont alimenté le budget de l’État ou n’ont pu être clairement affectés.
- 0,9 milliard d’Euros (0,43%) ont constitué la contribution de la Grèce au financement du nouveau fonds de sauvetage, le MES.
Sources : www.attac.at/uploads/mediaba...
« Le but des élites politiques n’est pas de secourir la population grecque mais de sauver le secteur financier » conclut Lisa Mittendrein d’Attac. « Ils ont utilisé des centaines de milliards d’argent public pour sauver les banques et autres acteurs financiers —en particulier leurs propriétaires— de la crise qu’ils ont provoquée. »
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Une propagande trempée dans l’eau de Vichy

Le site Atlantico, proche de l’UMP, ose taxer l’Humanité d’antisémitisme et trace un parallèle odieux avec une affiche de la Collaboration. Par Patrick Apel-Muller, Directeur de la rédaction de l’Humanité.
«Quand le PC nage dans les eaux mêlées de l’antiaméricanisme et de l’antisémitisme. » Le site Atlantico, bâti pour servir la campagne «buissonnante» de Nicolas Sarkozy et campé désormais sur les marges extrêmes de la droite, amalgamait hier la une de l’Humanité dévoilant le texte secret de l’accord transatlantique et une affiche de l’exposition antijuive de 1943 à Paris. Aucun rapport, évidemment. Sauf pour Benoit Rayski, historien fourvoyé qui ose ce parallèle infâme, justifié par cette forte pensée: "Oui, il y a du brun dans le rouge. Tout comme il y a du rouge dans le brun." Son but, asséner un sophisme de propagande: les anti-impérialismes sont antiaméricanistes, «l’antiaméricanisme a toujours fait bon ménage avec l’antisémitisme», donc l’Humanité est antisémite… Intellectuellement, c’est affligeant.
La rengaine est de saison parmi ceux qui, à l’UMP, s’acharnent à démanteler le cordon sanitaire qui séparait les républicains des troupes du Front national. Pour cela, il faut renvoyer dos à dos la gauche et l’extrême droite, brouiller tous les repères, placer les victimes dans la peau des bourreaux. L’auteur assimile ainsi Clément Méric et ses amis aux troupes fascisantes de Serge Ayoub. «Mais, à les lire de près, ose notre plumitif, et à regarder la une de l’Humanité, est-on bien sûr qu’il y ait une réelle différence entre eux?» Et de conclure doctement: «On peut se ressembler sans s’assembler.» Une propagande nauséabonde.
Sur le même site, décidément peu regardant, il avait décrit il y a quelques mois le PCF «telle une vieille pute défraîchie, ne trouvant plus de client sur le trottoir qu’elle arpente»… Raffinement très avant-guerre du vocabulaire, subtilité de la pensée, et surtout choix raffiné de l’image… psychologiquement, c’est intrigant. A-t-il voulu masquer le contenu du mandat de la Commission européenne dans les négociations sur le marché transatlantique, dévoilé par notre journal? L’a-t-il seulement lu? Rien ne le montre dans ses écrits. Il n’aurait pu alors s’autoriser, en conscience, cette manipulation. Professionnellement, c’est négligeant.