mercredi 11 juillet 2018

Gare du Nord cédée à Auchan : « Début d’une grande braderie » (Olivier Dartigolles)

En marge d’un conseil d’administration extraordinaire de SNCF Mobilités, cheminots, citoyens apprennent par voie de presse la privatisation partielle de la Gare du Nord à Paris.
La réforme ferroviaire à peine signée, la SNCF ne se contente plus de brader son patrimoine immobilier dans des zones où elle ne souhaite plus investir (terrains, PN...). Non, là elle s’attaque à un patrimoine où des milliers de personnes passent quotidiennement, avec un trafic dense et une offre multimodale importante.
Incapable d’assurer l’entretien et le développement des gares du fait notamment du désengagement de l’État, la SNCF utilise la vente d’actifs pour dégager de l’argent à n’importe quel prix.
Pire, cette opération ne bénéficiera même pas au service public ferroviaire.
La gare du Nord est la première gare d’Europe en terme de trafic voyageurs (700000 voyageurs par jour). Elle devient ainsi la première gare française dont l’actionnaire majoritaire sera une entreprise privée, pour une durée de 46 ans.
Grand gagnant de cette opération : le groupe Auchan qui, au travers de sa branche immobilière Ceetrus, deviendra à terme l’actionnaire majoritaire de la gare. La SNCF ne conserverait donc que 34% des parts.
Encore une fois, cette décision, prise sans concertation avec celles et ceux qui travaillent dans cette gare, est guidée uniquement par des intérêts financiers.
Salle de concert, jardins et piste d’athlétisme sur les toits... La superficie de la gare du Nord doit être multipliée par 3 en vue des JO Paris2024, sans qu’aucune nouvelle voie ferroviaire ne soit construite.

mardi 10 juillet 2018

Congrès. Les parlementaires communistes au Jeu de Paume contre la "monarchie présidentielle"

Un serment symbolique contre la "monarchie présidentielle": les parlementaires communistes se sont rassemblés lundi devant la salle du Jeu de Paume peu avant le début du Congrès à Versailles.
 
"Notre présence est extrêmement symbolique. Le président de la République a décidé d'instituer une journée annuelle, la journée de Versailles", et voudrait que les parlementaires mettent "en musique" ses "directives", a déclaré le secrétaire national du PCF et sénateur Pierre Laurent, entouré des parlementaires communistes, devant ce haut lieu de la Révolution française dans lequel les députés avaient juré le 20 juin 1789 de ne pas se séparer avant d'avoir donné à la France une Constitution. S'opposant à la "loi du Prince", M. Laurent a affirmé que les parlementaires communistes étaient là pour "exiger que le peuple de notre pays soit consulté" sur la réforme des institutions via un référendum, promettant "une immense bataille" pour obtenir une telle consultation.
"N'oublions pas que le Serment du Jeu de Paume c'était, de la part de 300 députés des Etats généraux, l'affirmation d'une exigence de souveraineté populaire et d'une exigence de séparation des pouvoirs entre le monarque et les députés, c'était ça en 1789", a rappelé, le chef de file des députés communistes André Chassaigne.
"Et aujourd'hui, la dimension de notre serment est très comparable puisqu'on est entré dans une phase de remise en cause très importante de la souveraineté populaire" et d'"attaque" contre la séparation des pouvoirs", a-t-il ajouté. Les parlementaires communistes, qui avaient boycotté le Congrès l'an dernier, ont décidé cette fois d'y porter la "parole populaire", a ajouté l'élu du Puy-de-Dôme. Son homologue au Sénat Eliane Assassi a ensuite lu le texte du serment des parlementaires dénonçant notamment en Emmanuel Macron un "président des riches", qui agit "de plus en plus comme un monarque méprisant le peuple".

lundi 9 juillet 2018

apport parlementaire sur le nucléaire : "On ne transige pas avec la sûreté"

Le rapport d'enquête parlementaire révèle une série de points faibles et de problèmes dans le fonctionnement de notre parc nucléaire. Ce rapport confirme ce que les organisations syndicales et les parlementaires communistes expriment de longue date, notamment en matière de recours massif à la sous-traitance pour assurer la maintenance des réacteurs (Cf. cahier d'acteur lors du débat public national sur la programmation pluriannuelle de l'énergie https://ppe.debatpublic.fr/node/4539)

En autorisant le bradage de secteurs industriels et énergétiques, l’État français abandonne des leviers stratégiques pour l'indépendance de notre pays. Cette situation ne peut perdurer au risque de provoquer un affaiblissement de la sécurité.
L’autorité (ASN) qui pilote et organise le contrôle externe, avec l’appui technique de l’IRSN, doit avoir les moyens en personnel, en compétence et en indépendance d'esprit afin de juger des contrôles à opérer, des corrections à apporter et des justifications de poursuite ou d'arrêt du fonctionnement des installations nucléaires. La sûreté des centrales nucléaires requiert une grande vigilance des autorités politiques, avec un contrôle citoyen actif rendu possible par une véritable transparence sur les conditions d'exploitation du nucléaire.
Forte de son expérience en matière de sûreté nucléaire et de radioprotection, la France a un rôle moteur à jouer dans l’élévation du niveau international de la sûreté nucléaire, en exigeant notamment l’instauration de normes internationales de sûreté obligatoires et l’outil international nécessaire pour les faire respecter.

Enfin et surtout l'énergie est un bien commun qui doit être préservé des appétits financiers du marché, des intérêts privés et des logiques de concurrence. L'énergie doit être 100 % publique.
On ne transige pas avec la sûreté du nucléaire.
Les réglementations doivent être respectées et améliorées, de nouveaux pouvoirs et droits doivent être accordés aux salariés. Dans cet objectif, la garantie d’un statut de haut niveau pour tous les salarié-es est également une nécessité.
Le PCF propose de créer un statut de l’énergéticien, élargissant le statut des industries électriques et gazières et englobant tous les personnels du secteur.

samedi 7 juillet 2018

Environnement et constitution : le gouvernement dévalorise sa parole et son action

Le gouvernement a complété, à cette étape du débat parlementaire, l'article 1er de la Constitution pour indiquer que la France « agit pour la préservation de l'environnement et de la biodiversité et contre le changement climatique ». Cette évolution, après l'introduction de la charte de l'environnement de 2005 qui a, rappelons-le, pleinement valeur constitutionnelle, ne marque aucunement une évolution supérieure à ce qui est déjà inscrit dans la Constitution.

Le PCF aurait souhaité que cela soit le cas, d'autant que l’article 1er pose les principes fondateurs de la République. En bref, cette inscription est une nouvelle opération à bon compte dont le seul but est de donner des gages de bonne volonté de Macron au ministre Hulot afin qu'il reste au gouvernement, tout en masquant les carences de l’action du gouvernement sur les sujets de l’écologie et plus particulièrement de la transition énergétique.

En effet, où en sommes-nous de la rénovation de l’habitat ? Quelques dizaines de milliers de rénovations par an alors qu’il en faudrait des centaines de milliers. Qu’en est-il du transport à l’heure ou l’on privatise la SNCF et où roulent les bus Macron ? Pas non plus de signe tangible pour l’agriculture ni pour l’énergie au moment où la privatisation de l’hydraulique est à l'ordre du jour, malgré l'opposition générale ; l’intégrité même d’EDF serait menacée. On ne peut en rester, comme seule solution à la transition énergétique, au subventionnement massif de certaines énergies renouvelables. Il en est de même du volontarisme aveugle du gouvernement sur le chemin à construire pour s’émanciper des combustibles fossiles dans l'économie.
Pour construire un monde humain durable, les déclarations sans suite sont néfastes : le gouvernement dévalorise sa parole et son action.

vendredi 6 juillet 2018

Sécurité Sociale. LREM renonce à supprimer la référence à la Sécu dans la Constitution

Le Premier ministre et le chef de file des députés LREM, Richard Ferrand, ont indiqué jeudi que la référence à la "Sécurité sociale" ne serait finalement pas supprimée d'un des articles de la Constitution, face à l'émoi provoqué, et aux dizaines de milliers de signatures recueillies par
Lors de l'examen du projet de loi constitutionnel en commission à l'Assemblée, un amendement d'Olivier Véran (LREM) a été accepté, mentionnant non plus "les lois de financement de la Sécurité sociale" mais de la "protection" sociale. L'objectif affiché était d'"étendre le champ de la loi de financement en l'étendant à la protection sociale", dans l'optique de couvrir un futur "risque dépendance, conformément au souhait du président de la République" et "la création d'un système universel de retraite".
Les députés PCF se sont alarmés mardi de ce vote, y voyant une confirmation de la volonté d'en finir avec "l'universalité de la protection sociale à la française". Ils ont été suivis mercredi par les députés Insoumis, qui ont aussi estimé qu'il serait "dangereux de minorer l'importance de ce changement sémantique, véritable changement de paradigme social". La CFDT, Force ouvrière et la CGT se sont également opposées à la suppression de cette référence, FO évoquant même "une faute historique" qui "constitutionnaliserait la mort de la Sécu".

Le Premier ministre Édouard Philippe a assuré jeudi qu'"en aucune façon, il ne s'agit de mettre en cause la Sécurité sociale", après qu'un vote en commission prévoyait de remplacer le terme par celui de "protection sociale" dans la Constitution. "En aucune façon, il ne s'agit de mettre en cause la Sécurité sociale, en aucune façon", a lancé M. Philippe devant le Sénat, en s'engageant à "lever tous les malentendus, toutes les incompréhensions".
Il s'agit de "refaire la copie afin que ne subsiste pas de malentendu" alors que "l'interprétation faite ne correspond pas à l'intention du législateur", a déclaré le rapporteur général du projet de révision constitutionnelle lors d'une conférence de presse au côté des corapporteurs et porte-parole des groupes LREM et MoDem "Nous ferons en sorte que le terme "protection sociale" figure cependant", a ajouté Richard Ferrand.  M. Véran a précisé jeudi devant la presse la nouvelle formulation: les lois de financement de la Sécurité sociale, "dont les missions seront étendues par des lois organiques à la protection sociale". Cela permettra de couvrir le sujet de la dépendance, a précisé ce rapporteur général de la commission des Affaires sociales, la protection sociale étant "plus large que la Sécurité sociale".
Le vote en commission a provoqué "beaucoup d'émotion pour rien", a déploré cet élu LREM de l'Isère (ex-PS), alors que la Sécurité sociale "est mentionnée à d'autres articles de la Constitution". Il a ainsi reçu des réactions virulentes sur son compte Twitter. Dans un communiqué, les députés PCF se sont félicités jeudi de l'annonce de M. Richard Ferrand mais restent "vigilants". Selon eux, "les attaques envers la Sécurité sociale se sont multipliées depuis un an et il y a tout à craindre pour son avenir au regard de ce qui a été dit sur les aides sociales ou de ce qui est annoncé sur les retraites".

jeudi 5 juillet 2018

Modèle social. La Macronie veut supprimer la Sécu de la Constitution

Les députés LREM ont voté en commission des Lois la transformation de la « sécurité sociale » en « protection sociale ». L’objectif est de rompre avec la doctrine du « chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins » et de brader la solidarité publique.
Un mot, dans une Constitution, ça compte énormément. Les fondamentaux d’un pays peuvent être balayés en s’attaquant à quelques lettres. La Macronie s’y emploie : elle a décidé de supprimer toute référence à la Sécurité sociale dans la Constitution. Comme si de rien n’était, la commission des Lois a profité du chantier de la réforme constitutionnelle pour faire disparaître l’un des piliers de notre République et de notre modèle social de la loi fondamentale. L’amendement 694 en question a été adopté en catimini, dans la nuit de jeudi à vendredi. Défendu par le député Olivier Véran (LREM), il s’attaque au moindre article, phrase et alinéa de la Constitution faisant référence à la Sécurité sociale, pour remplacer le mot « sécurité » par le mot « protection ».
« Cela prépare la fin de l’universalité de la protection sociale à la française. Le gouvernement veut détruire notre système de haut niveau financé par la cotisation pour ouvrir la porte au modèle anglo-saxon. Non content de s’attaquer aux territoires et à la démocratie avec cette réforme, l’exécutif cherche à faire péter le socle de la Sécurité sociale. à la veille d’une réforme des pensions et des retraites, c’est ouvrir une boîte de Pandore pour le modèle social français », s’indigne le député Sébastien Jumel (PCF). Comme souvent, ce n’est pas comme cela que la majorité a présenté les choses. Passée maîtresse dans l’art de travestir les mots, les idées, les concepts et même les valeurs, elle a encore bluffé à tour de bras. Olivier Véran a expliqué sans rire que son amendement « vise à étendre le champ de la loi de financement de la Sécurité sociale », un peu comme on ferme des hôpitaux pour « garantir l’accès aux soins ». Le député, soutenu par le rapporteur Richard Ferrand, a même argumenté avoir « besoin de cette modification constitutionnelle pour (…) intégrer demain le risque dépendance au sein de la protection sociale ». Mais pourquoi remplacer le mot « sécurité » par « protection » ? Et ce alors même que l’actuelle rédaction de la Constitution n’interdit en rien une prise en charge de la dépendance par la Sécu ?

Le travail de sape a démarré fin 2017

Sans doute parce qu’il faut parfois modifier le nom des choses pour les détruire : le gouvernement prépare depuis des mois l’enterrement maquillé de la Sécurité sociale. Son travail de sape a démarré dès le premier projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Fin 2017, le budget de la Sécu était amputé de 4,2 milliards d’euros, dont 1,2 milliard rien que pour l’hôpital public déjà exsangue. « Alors même que patients, soignants et gestionnaires nous alertent sur l’état critique des services, votre budget organise une catastrophe industrielle qui aboutira à une Sécurité sociale suffisamment indigente pour que ceux qui en ont les moyens s’en détournent et que ceux qui n’ont pas le choix la subissent », dénonçait alors Adrien Quatennens (FI).
En plus de ces coupes drastiques – tant pis si l’espérance de vie en bonne santé diminue et si un Français sur deux renonces à se soigner faute de moyens –, le gouvernement avait bouleversé le mode de financement de la Sécu, supprimant les cotisations maladie et chômage, et augmentant la CSG. Soit la fin du « chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins », qui faisait tout le sens de la création d’Ambroise Croizat. Depuis, l’assurance-chômage a elle aussi été dénaturée. Et la réécriture constitutionnelle voulue par l’exécutif constitue « une condition indispensable à la création d’un système universel de retraite à points, distinguant les droits contributifs et les éléments de solidarité », s’alarme Catherine Perret, du bureau confédéral de la CGT. En somme, la boucle est presque bouclée. « Ça y est. Ils l’ont fait. Ils ont réussi à absorber la loi de finances de la Sécurité sociale dans la loi de finances tout court. C’est le graal de tous les dirigeants du Trésor depuis Raymond Barre. Et c’est un ancien inspecteur des finances, Macron, qui le fait. Cela montre à quel point sa politique date du giscardisme », mesure Frédéric Pierru. Le docteur en sciences politiques, sociologue et chargé de recherche au CNRS y voit un changement de paradigme : « Le but est de stabiliser la part des dépenses sociales par rapport au PIB. C’est purement budgétaire. On passe d’une logique de droits associés au travail à une logique de solidarité qui passe par l’impôt. »
Dès lors, les droits sont officiellement soumis aux aléas économiques. Plus rien n’est tenu. « Imaginons une crise qui baisse mécaniquement les recettes de l’État : les pensions diminueront automatiquement. Pour les dépenses de santé, vivra-t-on ce qu’ont vécu les Anglais il y a peu ? Des opérations ont dû y être annulées car les budgets étaient tous dépensés », prévient Frédéric Pierru, qui considère que le « privé lucratif » pourra « s’engouffrer » dans l’espace laissé. Un retour à avant 1945. Olivier Véran ne s’en émeut pas. Pour lui, les « défis sociaux et sanitaires auxquels nous sommes confrontés ne sont plus ceux de l’après-guerre ». Pourtant, comme le rappelait Fabien Roussel (PCF) lors du dernier PLFSS, « la Sécu, d’une incroyable modernité, a été mise en place dans une France en ruines. Nous sommes aujourd’hui dans une France riche. Nous avons donc les moyens de garantir la santé gratuite pour tous, à 100 % ». L’objectif du gouvernement est tout autre. Mais sa réforme constitutionnelle est encore loin d’être votée.
L’histoire de la sécurité sociale
S’il existe depuis le Moyen Âge des caisses d’assistance ou de secours mutuel, essentiellement gérées par des corporations, il a fallu attendre la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1945, pour voir apparaître un projet porté par Pierre Laroque, directeur général de la Sécurité sociale, et le communiste Ambroise Croizat, ministre du Travail, d’après le programme du Conseil national de la Résistance. La « Sécu » telle qu’on la connaît aujourd’hui était née : un système « visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail », financé par les cotisations des employeurs et des salariés, et géré paritairement par les syndicats de travailleurs et les organismes patronaux.

mercredi 4 juillet 2018

Congrès de Versailles : contre la monarchie présidentielle, les parlementaires communistes prêteront serment pour la démocratie

Le 9 juillet, le président de la République, Emmanuel Macron, convoque une nouvelle fois les parlementaires en Congrès au château de Versailles. Le Président des riches agit de plus en plus comme un monarque au dessus du peuple, attendant du Parlement qu’il se contente d’exécuter ses directives politiques.
Ce jour là, Emmanuel Macron lancera une inquiétante révision de la Constitution et des lois organisant les institutions de la République, dont l’examen débutera dès le lendemain en séance à l’Assemblée nationale. Le projet présidentiel vise à concentrer davantage les pouvoirs, à en éloigner encore plus les citoyens, à réduire le rôle du Parlement et le pluralisme de sa composition. Nous alertons. Notre démocratie se porte mal. Avec ce projet, tout va s’aggraver.

Nous, député-es, sénatrices et sénateurs communistes, dénonçons ce projet et la méthode qui consiste à le faire adopter dès cet été, sans débat public dans le pays, sans consulter nos concitoyens, alors qu’ il s’agit d’un bouleversement majeur de nos institutions et de la Constitution.
Nous nous engageons à combattre ce projet dangereux pour la démocratie en faisant éclater la vérité sur son véritable contenu, à agir, propositions à l’appui, pour une nouvelle République, à exiger la consultation par référendum de notre peuple à l’issue du débat parlementaire, comme le permet l’article 89 de la Constitution.
Le 9 juillet, avant l’ouverture de la réunion du Congrès, nous nous rassemblerons à 13h devant la salle du Jeu du paume à Versailles, pour prêter publiquement serment et fidélité à ces engagements, au respect de la souveraineté populaire, pour lancer le débat public dans le pays et une campagne nationale de pétition exigeant le référendum auquel les Français et les Français ont droit. Nous appelons les élus qui partagent nos convictions et ces exigences démocratiques à se joindre à nous le 9 juillet devant la salle du jeu de Paume.
Le monarque Macron n’aura pas la dernier mot ! Mobilisation citoyenne !

mardi 3 juillet 2018

Élections au Mexique : la gauche chasse le pouvoir réactionnaire en place

Le candidat de gauche Andrés Manuel Lopez Obrador (parti Morena, Mouvement de régénérescence nationale) a remporté ce dimanche 1er juillet l'élection présidentielle mexicaine.
C’est une véritable victoire de la gauche avec 53,7% des suffrages exprimés contre le candidat José Antonio Meade qui n’obtient que 15,2% (Parti révolutionnaire institutionnel qui était au pouvoir).
Quant au candidat conservateur Ricardo Anaya, il arrive en 2e position avec 22%.des voix.

Avec ses alliés évangélistes « Encuentro Social », le nouveau président obtient la majorité à l’Assemblée et au Sénat, tout comme il gagne de nombreux postes régionaux ou locaux. Le parti Morena remporte notamment la mairie de Mexico où pour la 1ère fois, une femme, Claudia Sheinbaum, scientifique de 56 ans et fidèle du président, est élue à la tête de la mégapole mexicaine.
Ce séisme politique mexicain est une bonne nouvelle pour le continent latino-américain qui fait face actuellement à une contre-offensive néolibérale. En effet, Donald Trump ne cesse de vilipender des déclarations plus qu'insultantes à l’encontre des Mexicains qu’il tient comme responsables de la délinquance dans son pays.
Le Mexique a donc choisi le changement. De nombreux défis attendent Andrés Manuel Lopez Obrador sur le terrain des relations avec les États-Unis, le traité de libre-échange (entre le Canada, les États-Unis et le Mexique) qui est dans une phase délicate de renégociation après avoir été dénoncé par Donald Trump, tout comme la question migratoire, point de friction entre les deux pays.
Dans un pays marqué par la violence - plus de 200 000 personnes ont été tuées depuis 2006, près de 145 assassinats d’hommes et femmes politiques pendant la campagne présidentielle, dont 48 candidats ou pré-candidats -, l’objectif du président élu est d'éradiquer la pauvreté qui alimente ces violences, et de bannir la corruption qui est un des principaux fléaux du Mexique.
Le PCF félicite et apporte tout son soutien à Andrés Manuel Lopez Obrador et à ses alliés pour cette victoire sans appel qui sera, sans nul doute, un point d’appui pour l’ensemble des progressistes de la région.

dimanche 1 juillet 2018

Des élus parrainent leurs homologues kurdes

Alors que sur la Scène du peuple de la Fête du Travailleur alpin, IO assurait l’ambiance de l’après-midi, un petit groupe se tenait sous le chapiteau, cherchant un brin d’ombre quand le parc de la Poya, à Fontaine, brûlait sous un soleil de plomb. Malgré le fond sonore festif, la gravité se lisait sur le visage de Maryvonne Mathéoud, vice-présidente d’Aiak (Association iséroise des amis des Kurdes). Elle revient tout juste de Turquie où elle était observatrice des dernières élections, répondant ainsi à l’appel du HDP (Parti démocratique des peuples). Lors de cette élection, dimanche dernier, des délégations françaises, notamment celle du PCF, ont été arrêtées. Pas la sienne. Elle a donc témoigné, hier et avant-hier, à la Fête du Travailleur alpin, saisissant chaque occasion pour interpeller, mission qu’elle s’est donnée, l’opinion publique sur « ce que vit le peuple kurde en Turquie, un pays en état d’urgence, avec des élections sous haute tension ». Elle a raconté la campagne électorale « inégale, avec un candidat du HDP qui a fait son allocution de sa prison ». Durant sa mission à Hani, Maryvonne Mathéoud, Gulistan Akhan et Sandra Révolution (EELV) ont remarqué « des urnes qui n’étaient pas fermées, les personnes signaient avant de voter, allaient à deux dans l’isoloir, les listes pour la présidentielle et les législatives étaient dans la même enveloppe ». La délégation a senti « qu’on dérangeait », jusqu’à « l’ordre du préfet de nous interdire d’entrer dans les bureaux de vote. Il y a eu de la violence. Et nous, nous avons été contrôlés de façon vive et avons dû renoncer à notre mission ». Le reste, Maryvonne Mathéoud l’a raconté au Dauphiné Libéré en direct (lire notre édition du 26 juin).

« S’engager à faire respecter le suffrage universel »

Toujours est-il que 67 Kurdes ont été élus ce jour-là. Et c’est aussi de cela dont il était question hier. Sous ce chapiteau, l’association Aiak a accueilli de nouveaux parrains : des élus locaux qui acceptent d’écrire à des élus kurdes emprisonnés. « En général, ces personnes font 70 à 80 % lors des élections, ils représentent réellement la population. Nos élus s’engagent donc à faire respecter le suffrage universel. D’autant que les charges reprochées n’ont aucun fondement : avoir parlé de démocratie, d’écologie, avoir écrit en kurde, on dit qu’ils sont en lien avec le PKK ». Le PKK est considéré par Erdogan, le président, comme une organisation terroriste. « Sauf que le Tribunal international des peuples à Paris a récemment déclaré qu’il y a une guerre entre les Kurdes et les Turcs. Donc les militants du PKK sont des résistants qui ont pris le maquis ».
Lors de son séjour en Turquie, des avocats ont expliqué à Maryvonne Mathéoud que « le régime d’Erdogan arrête 50 militants du HDP par jour. Certains sont torturés. Dans les prisons, les détenus kurdes ont un lit pour quatre ». C’est pour cela qu’Aiak espère avoir de nombreux parrains : « Là-bas, ils nous demandent de faire des choses concrètes, pas seulement de venir au moment des élections. Ils sont déçus de la politique des pays européens car ils se sont battus contre Daech et que nous les avons complètement lâchés ».
Plusieurs élus, via Aiak, parrainent leurs homologues kurdes emprisonnés. « Par les avocats on sait que les lettres arrivent à destination », se réjouit Maryvonne Mathéoud. « C’est un soutien et cela leur montre que des élus français réclament la démocratie. De plus ils peuvent être des relais pour faire grandir la solidarité ». Jacqueline Madrennes, adjointe à Échirolles, parraine ainsi une co-maire (les Kurdes fonctionnent en binôme), pour montrer « qu’en France une certaine résistance existe. Et je lui montre, dans mes lettres, de manière personnelle, qu’on peut parler entre femmes, lui dire qu’on est là, qu’il y a quelqu’un qui pense à elle.  Sur le plan de l’humanité, cette rupture avec l’isolement est majeure. » Arlette Jean, élue à Saint-Martin-d’Hères, fait partie des nouvelles marraines et souhaite « apporter mon soutien à une personne emprisonnée dans des conditions très difficiles ». Et veut ainsi montrer sa « reconnaissance du peuple kurde et aller contre la privation des libertés et des droits partout dans le monde ». Bernard Macret, adjoint à Grenoble, a mis en avant « la pression du dictateur Erdogan contrairement au mode très démocratique des Kurdes. Il faut se bagarrer contre la répression qui est inadmissible : 10 000 détenus politiques et 35 000 déplacés ». Michel Barrionuevo, élu à Sassenage, n’oublie pas que « le gouvernement français a sa part de responsabilité. Pour l’heure il ne collabore pas avec la Turquie d’un point de vue démocratique mais seulement sur des questions d’argent ». Pour Guillaume Gontard, sénateur, « ce parrainage va au-delà de l’acte symbolique. La situation en Turquie est dramatique, inacceptable au niveau des élections. Et si cela peut faire bouger la parole de la France… qui est bien silencieuse sur ces combattants de Daech ».
Tous les élus locaux n’étaient pas présents hier lors de ce moment. Un autre bilan sera fait le 15 juillet à Saint-Martin-d’Hères.

Panthéon. À Simone Veil, les femmes toujours reconnaissantes

Devenue une icône intergénérationnelle, Simone Veil, figure emblématique de la lutte pour l’émancipation des femmes, rescapée de la Shoah, entre dimanche au Panthéon.
«Merci Simone », « On prend la relève ». À l’annonce de son décès, il y a tout juste un an, les hommages affluent sur les réseaux sociaux. Les murs Facebook et ceux de Paris affichent le visage volontaire de Simone Veil. Les trottoirs sont tagués ici et là d’un « Simone s’éteint, les femmes restent en Veil ».
La disparition de cette figure politique du XXe siècle, rescapée de la Shoah, devenue le symbole du droit à l’IVG, suscite une émotion intense dans tout le pays. Et touche toutes les générations. Un an plus tard, c’est tout naturellement que l’ancienne ministre et présidente du Parlement européen sera la cinquième femme à reposer dans le monument consacré… « aux Grands Hommes »…
Ce rare élan fédérateur a inspiré Julia, Éléonore et Duy-Thien, qui ont créé ensemble le collectif Merci Simone. C’est à elles qu’on doit les grandes affiches colorées du portrait, souligné d’un « Merci Simone », placardées dans les rues de Paris. « Elle est un emblème de l’émancipation des femmes. On veut transmettre son exemplarité. Notre démarche, c’est un cri d’amour collectif en son honneur, explique Julia. C’est une icône qui traverse les générations. C’est rare d’avoir un parcours de vie qui résonne encore dans l’actualité, c’est pour ça qu’elle perdure. » Au théâtre aussi, l’ancienne ministre de la Santé est à l’honneur. À la Comédie Bastille, la pièce Et pendant ce temps, Simone Veille ! retrace le parcours de trois générations de femmes, depuis 1950. Plus de 60 années d’histoire de la condition féminine y sont racontées avec humour. Et comme mentor de cette période clé du féminisme, c’est Simone qu’on a choisi. Son personnage intervient pour recadrer, guider, superviser le destin des trois autres. Poing levé, les comédiennes la nomment « mère spirituelle ». La pièce se conclut par la projection de son discours historique à l’Assemblée nationale. Un choix que Trinidad, l’auteure et compositrice de la pièce, justifie : « Simone Veil, pour moi, c’est la dignité à tous les niveaux, c’est un modèle. » À la sortie de la salle, les larmes aux yeux, une étudiante en 1968 confie : « C’est un très bel hommage, cette pièce. À la fin, on se sait plus qui on applaudit, si ce sont les comédiennes ou si c’est Simone. » Car, rarement une figure politique aura fait autant consensus, y compris chez les féministes qui pouvaient en même temps combattre sa famille politique et s’incliner devant le courage et la dignité exemplaires de cette ministre de Jacques Chirac. « C’est peut-être pas la plus féministe des femmes, mais c’est celle qui n’a pas lâché le morceau », rappelle Trinidad.

« Créer une Simone intemporelle »

Rendre hommage à Simone Veil, c’est aussi un moyen de transmettre le flambeau de la lutte féministe aux plus jeunes générations. Pour Julia, du collectif Merci Simone, il s’agit de « créer une Simone intemporelle, un totem, pour la populariser et transmettre une conscience féministe, pour que la lutte continue. Et la rue, c’est un médium très populaire. C’est comme ça qu’on touche le plus facilement. » « L’idée de ma pièce, explique Trinidad, c’était de montrer à la jeune génération d’où on vient et que rien n’est acquis. C’est très fragile tout ça. » Si la figure de Simone Veil peut paraître consensuelle, Julia dément : « On pensait naïvement que tout ce combat était acquis et, en fait, pas du tout : des gens taguent des propos fascistes sur nos affiches ou les déchirent… »
Déroulé de la journée de dimanche
La cérémonie débutera dimanche matin, à 11 heures, quand les cercueils de Simone Veil et de son mari seront portés pour remonter la rue Soufflot, accompagnés par la chanson Nuit et Brouillard de Jean Ferrat. Des films sur la Shoah ou l’Europe seront également diffusés. À 11 h 30, Emmanuel Macron prononcera son discours, avant une Marseillaise interprétée par la cantatrice Barbara Hendricks, accompagnée du Chœur de l’armée française. Les anciens chefs de l’État François Hollande et Nicolas Sarkozy seront présents. À la fin du discours, les deux cercueils entreront dans le Panthéon. De 16 heures à 22 heures, le public pourra entrer dans la nef du Panthéon pour rendre hommage au couple Veil, qui sera placé près des cercueils des résistants Jean Moulin et Pierre Brossolette.